La biomasse pollue plus que le charbon !

Les collectifs luttant contre la méga centrale biomasse de Gardanne ont un dossier complet sur les méfaits du bois-énergie. En voici un extrait qui démontre que la biomasse pollue.

« Brûler de la biomasse est en général plus polluant que brûler du charbon, sauf en ce qui concerne l’oxyde de soufre. Des données de centrale en activité indiquent que la biomasse émet 98% de la quantité d’oxyde d’azote d’un volume équivalent de charbon bitumineux, 51% de plus de CO2 et un niveau global comparable de particules, sauf que la biomasse émet davantage de particules fines (PM10) et encore beaucoup plus de particules plus fines et plus dangereuses (PM2.5). Les dioxines – particules chimiques les plus toxiques – sont émises en quantité 7 fois supérieures que par combustion du charbon.

Les polluants atmosphériques les plus abondants sont les oxydes d’azote (NOx), le monoxyde de carbone (CO), les particules fines en suspension (PM 10 et PM 2,5) et le dioxyde de soufre (SO2) ainsi que le dioxyde de carbone, qui affecte autant le climat que la santé publique lorsqu’il est émis massivement comme dans les centrales de production d’énergie. La combustion de bois propre génère aussi un grand nombre d’autres polluants tels que l’antimoine, l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre, les dioxines et furanes, le plomb, le manganèse, le mercure, le nickel, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le sélénium, le vanadium et le zinc.

Il a été découvert que le bois « propre », en provenance directe des forêts, n’est pas aussi propre qu’on le supposait. Il s’avère que les arbres absorbent les polluants de leur environnement et que ces polluants se retrouvent dans l’atmosphère lors de la combustion du bois. Par exemple, les arbres qui sont recommandés pour les centrales (saule et peuplier) absorbent plus de mercure que les autres. Mais des polluants tels que le plomb, le cuivre, le zinc et le cadmium sont également absorbés par les arbres. Les conifères sont de très bons « accumulateurs » de plomb. Le cuivre et le zinc étant des catalyseurs de dioxine, la combustion des bois en contenant va émettre une quantité plus importante de dioxine.

Un exemple avec la centrale (12MW) de Hopkinson (New Hampshire) qui n’a brûlé que des plaquettes de bois « propre » a émis annuellement 272 kg de plomb et 3,6 kg de mercure.

La combustion de bois de récupération traité chimiquement émet le même type de polluants que le bois propre auxquels d’autres s’ajoutent. Elle génère une plus grande émission de certains polluants que la combustion de bois propre – spécialement les métaux lourds, les dioxines et les furanes. Le bois peut avoir été traité avec du cuivre, du chrome, de l’arsenic, du cuivre organique, de la créosote, des solvants organiques légers, des conservateurs, des micro-émulsions, de la peinture, des teintures ou des vernis, des fongicides et insecticides. Les types de substance toxique et leur concentration dépend de la composition des produits utilisés. Le chrome hexavalent (Chrome VI) est particulièrement préoccupant lorsque le bois traité est incinéré.

Pour compléter ce tableau, il faut noter que le pouvoir énergétique de la biomasse est environ deux fois plus faible que celui du charbon : il faut donc environ 2 tonnes de biomasse pour obtenir l’équivalent énergétique d’une tonne de charbon.

Si l’on rajoute à tout ceci le fait que, étant donné la quantité de biomasse nécessaire au fonctionnement des grosses unités de production d’énergie, ces unités sont alimentées en bois vert ayant un pouvoir énergétique entre 2 à 3 fois plus faible que la biomasse dite sèche, il est aisé de voir que cette combustion va générer beaucoup plus de pollution que la combustion du charbon. Même si la biomasse génère moins de polluants par unité de masse (ou de volume) – ce qui n’est pas tout à fait le cas- la nécessité d’un volume beaucoup plus important pour un résultat énergétique équivalent fait que le résultat final en terme de pollution est largement supérieur à celui d’une énergie fossile.

Pour ce qui est des particules fines, c’est l’un des polluants qui semble le plus facile à contrôler. Sauf que, pour les centrales de grande puissance, les normes de rejet sont rarement respectées. Les filtres à manches, solution d’épuration recommandée, sont très efficaces… à condition d’être correctement entretenus. Cet entretien étant relativement onéreux, il est négligé. C’est d’ailleurs l’un des motifs de suspension, voire d’annulation, de certains projets. Voir l’exemple de la centrale de Tilbury près de Londres.  

Augmentation considérable de la pollution lors des cycles de démarrage et d’arrêt

Toute centrale est arrêtée et redémarrée plusieurs fois par an, même lorsqu’il n’y a pas de problèmes techniques qui pourraient occasionner d’autres arrêts. Quand une nouvelle centrale se met en route, ou lorsque qu’une centrale à charbon transformée démarre pour la première fois comme en centrale à biomasse, les arrêts et départs seront plus fréquents au début. Durant ces périodes, il a été observé que les émissions de Dioxines, de Furanes, d’Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) et d’autres polluants, y compris les NOx, augmentent, souvent de manière significative.

L'usine de pellets de Cosne-sur-Loire.

L’usine de pellets de Cosne-sur-Loire.

Une étude taïwanaise montre qu’une seule opération de démarrage peut représenter 60% des émissions de Dioxine et Furanes qui seraient émises en une année de marche en régime établi.

(Ces informations sont extraites, d’une part, du dossier « Combustion du bois dans les centrales électriques : Impacts sur la santé publique » publié en septembre 2014 par Biofuelwatch, et, d’autre part, du document « Biomasse énergie : Réalité de la situation », réalisé par Jean-François Davaut de l’association ADRET-Morvan, à partir de plusieurs études américaines, canadiennes et britanniques). »

On peut vérifier ce que va rejeter l’ex-future usine de pellets de Jeferco en lisant l’arrêté préfectoral autorisant sa construction,  page 9 – chapitre 3.2.5 : Valeur limites des flux de polluants rejetés, en suivant ce lien :

http://www.nord.gouv.fr/content/download/22136/145944/file/ARRETE%20AUTORISATION%20-%20STE%20JEFERCO.pdf

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en mai 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact, avis de l’autorité environnementale, avis de la commissaire enquêteur, avis du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une unité de fabrication de granulés de bois et une centrale biomasse. J'ai été atterrés par ce que j'y ai lu. Plusieurs riverains étaient du même avis, nous avons donc créé un collectif. Au bout de quelques mois ce collectif est devenu une association : Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient une autorisation complémentaire permettant d'utiliser du bois de classe B (bois peints, collés, vernis et contenant potentiellement des métaux lourds) dans le process de fabrication de son pellet industriel. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter que le préfet du Nord avait accordé à la société Jeferco.
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