L’hécatombe des oiseaux dans le Nord-Pas-de-Calais depuis 20 ans

524  Un article de France Bleu, par Rafaela Biry-Vicente, le 09/01/2018.

En 20 ans la moitié des oiseaux qui nichaient dans les milieux agricoles ont disparu dans la région, c’est 15 points de plus que la moyenne nationale, c’est ce que révèle une étude du groupement ornithologique du Nord.

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Linotte mélodieuse. © Christian Demussy

Les résultats de l’étude sont alarmants, en 20 ans la moitié des oiseaux qui nichaient dans les milieux agricoles ont disparu dans la région, c’est 15 points de plus que la moyenne nationale, et certaines espèces ont carrément été décimées comme les linottes mélodieuses dont la population a chuté de 82% ou encore les tourterelles des bois qui diminuent de 72%. Et même les espèces les plus communes sont touchées comme le moineau ou l’hirondelle qui perdent un tiers de leur effectif.

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Tourterelle des bois

La faute notamment à l’intensification agricole explique Christophe Luczak, docteur en écologie à l’université de Lille 1 et membre du groupement ornithologique du Nord. Une intensification propre à toute l’Europe et qui se traduit notamment par la suppression de haies, de prairies, mais aussi l’abandon des chaumes qui permettaient avant le labour aux oiseaux de récupérer des graines pour l’hiver, aujourd’hui, les agriculteurs labourent très rapidement après la récolte.

Certaines espèces menacées de disparition avant la fin du siècle

Certains oiseaux sont aussi sensibles au changement climatique, résultat certains sont carrément menacés d’extinction d’ici la fin du siècle comme le pipit farlouse, ou le bruant jaune. Pour inverser la tendance, une des solutions c’est de planter des haies, c’est ce que fait le parc naturel régional de l’Avesnois qui va planter 23 000 arbustes cette année chez les agriculteurs, 3 fois plus que l’année dernière.

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Chouette chevêche d’Athéna

En plus de recréer le paysage historique de l’Avesnois avec ses bocages, de protéger les vaches du soleil et de limiter les risques d’inondation, ces haies permettent d’attirer des oiseaux, c’est un refuge pour eux, et une cantine, car c’est là qu’ils vont trouver des insectes, ou encore des fruits. Pour attirer les chouettes chevêches qui boudent de plus en plus l’Avesnois, le parc a aussi lancé un programme de plantations de vergers hautes tiges, 3000 plantés depuis 2010 et encore 600 qui seront plantés cette année.

Et puis le parc incite aussi les citoyens à se mobiliser pour le retour des oiseaux, il propose d’ailleurs de commander des nichoirs pour chouette, mésanges et autres avant le 9 février. Pour plus d’informations : 03 27 77 52 63

L’article de France Bleu est ici.

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Eurodéputés, ne rasons pas forêts et espaces naturels pour produire de l’énergie

155  Un article de FNE, le 09 janvier 2018.

Le 17 janvier prochain, les eurodéputés voteront le projet de révision de la directive énergies renouvelables. Le texte actuel présente de vrais risques pour la biodiversité et le climat : ses effets seraient pires que les bonnes intentions affichées. Ainsi raser des forêts primaires ou encore des tourbières pour faire rouler nos voitures se révèle par exemple être une aberration que les eurodéputés pourraient encourager. En décembre dernier, les gouvernements européens ont affaibli le texte en cours de discussion. Incitons les eurodéputés à inverser la tendance. En quelques clics, soutenez les propositions de France Nature Environnement en envoyant un mail à nos eurodéputés.

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L’usine de pellets Biosyl de Cosne-sur-Loire.

Depuis plusieurs mois, l’Union Européenne a entrepris la refonte de la directive énergie renouvelable avec l’objectif d’augmenter leur production d’ici 2030. L’intention est hautement louable mais certaines dispositions soumises au vote s’avèrent particulièrement inquiétantes puisqu’elles nuisent à la biodiversité et contribuerait finalement à accélérer le dérèglement climatique qu’elle est censé combattre. Pour comprendre, il faut s’intéresser aux bioénergies, la première énergie renouvelable en France et en Europe. Ce terme regroupe l’ensemble des énergies produites à partir de matière biologique : bois, productions agricoles ou encore déchets organiques sont ainsi utilisés pour produire de l’électricité, de la chaleur et des carburants. Elles peuvent être de sérieux atouts face aux défis énergétiques et climatiques mais certaines pratiques s’avèrent, elles, bien plus nuisibles au climat et la biodiversité qu’il n’y paraît.

Ainsi, comme nous le rappelons dans notre dossier consacré aux bioénergies, les agrocarburants de première génération conduisent à remplacer des cultures alimentaires pour produire de l’énergie. Par effet domino, forêts et espaces naturels sont rasés pour remplir les réservoirs de véhicules. En contribuant à la déforestation et aux destructions d’espaces naturels, l’énergie est donc bien moins verte qu’elle ne le prétend. Pourtant le texte en discussion maintient leur développement.

Une autre disposition inquiète également France Nature Environnement et la communauté scientifique : le développement déraisonné du bois-énergie. Au lieu d’utiliser les sous-produits du bois pour créer de l’énergie, la directive en cours de débat conduiraient à couper des arbres entiers en forêt dans le seul but de les brûler pour produire de l’énergie. Ces forêts, fameuses pour leur stockage de carbone et première source de biodiversité terrestre, libéreraient alors plus de CO2… accélérateur de dérèglement climatique. Ainsi, « à énergie finale identique, les cheminées d’une centrale qui brûle des copeaux de bois émettent généralement une fois et demie le CO2 d’une centrale brûlant du charbon et au moins trois fois plus de dioxyde de carbone qu’une centrale électrique brûlant du gaz naturel » rappellent dans une tribune 15 scientifiques de renom.

En somme, si les bioénergies gérées de façon intelligente sont essentielles pour offrir un mix énergétique plus soutenable et pleinement tourné vers les énergies renouvelables, il convient d’encadrer leur utilisation et de diversifier ce mix afin d’alléger la pression sur les ressources naturelles. Il est essentiel également de faire des économies d’énergies et de ne pas chercher à remplacer totalement notre consommation actuelle d’énergie par les énergies renouvelables. C’est à ces conditions que les bioénergies peuvent devenir réellement renouvelables et bénéfiques pour la nature et l’environnement.

Ensemble, encourageons une directive énergies renouvelables qui ne nuise pas à la biodiversité et à la lutte contre le dérèglement climatique : aidez-nous à faire entendre nos recommandations auprès de l’Union européenne.

Pour adresser un mail à nos 74 eurodéputés, cliquez ici.

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Renouvelables : Nicolas Hulot précise la stratégie gouvernementale

362  Un article d’Actu Environnement, par Philippe Collet, le 08/01/2018.

En attendant l’adoption de la programmation pluriannuelle de l’énergie, Nicolas Hulot a précisé les trois axes de la stratégie française en matière de renouvelables électriques. Quelques annonces émaillent le discours ministériel.

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Ce lundi 8 janvier, Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique a présenté les grands axes de la stratégie gouvernementale visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables électriques. Il a notamment déclaré que les mesures de simplification destinées à développer l’éolien devraient être annoncées le 18 janvier.

En matière de photovoltaïque, le ministre a annoncé la sélection de 283 lauréats, pour un volume de 150 mégawatts (MW), dans le cadre de la troisième période de l’appel d’offres pour des installations photovoltaïques sur bâtiment. « Le prix moyen proposé à la troisième période de candidature est de 85 euros par mégawattheures (MWh), en baisse de 9% par rapport à la période précédente », précise le ministère.

Quant à l’innovation, elle sera notamment soutenue via un appel à projets pour des démonstrateurs lancé par l’Ademe au premier trimestre 2018. « Il s’agit de projets plus importants, pour les dernières étapes de mise au point pré-commerciale des nouvelles technologies avant la mise sur le marché« , explique le ministère.

Simplifier, développer et innover

Plus globalement, la stratégie française de déploiement des renouvelables électriques s’appuie sur trois piliers.

Le premier objectif du gouvernement est la poursuite de la simplification, explique le ministère. Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès de Nicolas Hulot, a présidé un groupe de travail afin de simplifier les procédures, le financement ou encore la planification dans le secteur de l’éolien. Le secrétaire d’État en présidera deux autres dédiés à la méthanisation et au solaire, confirme Nicolas Hulot. En outre, le ministre a rappelé trois mesures de simplification dédiées à l’éolien en mer : la création en cours du « permis enveloppe », l’organisation d’un débat public plus en amont et un nouveau cadre pour le raccordement.

S’agissant du développement des renouvelables, le ministre a rappelé que les volumes des appels d’offres pour le photovoltaïque passeront de 1,5 GW à 2,5 GW par an. Il s’agit d’atteindre l’objectif fixé pour 2023 : 18,2 à 20,2 gigawatts (GW) installés, contre 7,7 GW au 30 septembre 2017. « L’augmentation des volumes prendra effet progressivement, dès les prochaines périodes des appels d’offres, qui auront lieu en mars pour les installations sur bâtiment et en juin pour les centrales au sol », explique le ministère, précisant que la quatrième période de l’appel d’offres pour les installations sur bâtiments, dont la clôture aura lieu le 9 mars prochain, portera sur 200 mégawatts (MW). Du côté de l’autoconsommation, le ministère a rappelé que l’appel d’offres pour les consommateurs des secteurs industriels, tertiaires et agricoles lancé en 2017 a permis de sélectionner 145 projets en décembre dernier. L’appel d’offres sera relancé tous les trimestres avec un objectif de 50 MW. Sur le premier semestre 2017, quelques 6.000 projets de toutes tailles ont été déclarés, contre 8.000 sur l’ensemble de 2016, précise le ministère.

Enfin, le troisième axe de la stratégie gouvernementale vise la promotion de l’innovation. Le ministère rappelle le lancement, par Bpifrance et l’Ademe, du Concours d’innovation dédié aux projets innovants portés par les PME.

L’article d’Actu Environnement est ici.

Commentaire :

Nicolas Hulot parle ici d’énergie renouvelable servant à fabriquer de l’électricité. Il parle donc de photovoltaïque, d’éolien terrestre et d’éolien marin. Mais, comme je l’ai déjà noté à maintes reprises, l’état ne parle JAMAIS de fabriquer de l’électricité à partir de bois. Et pour cause, la France ne fabrique pas d’électricité avec du bois-énergie, car bruler du bois pollue plus que bruler du charbon !

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Journées sur la biodiversité et la transition énergétique : enquêtes sur des liaisons dangereuses

122  Un article de Médiapart, par Frédéric Denhez, le 08/01/2018.

Le titre attire, et il a attiré. Rarement l’amphithéâtre de la Maison des Océans a-t-il été aussi rempli. Pour ses quatrièmes journées, la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) a rencontré le succès. Sans doute le sujet était-il dans l’air du temps, sans doute est-il tombé à point nommé alors que l’on parle de transition écologique, et même solidaire dans l’intitulé du ministère.

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L’ambiguïté du titre a fait son œuvre, car elle suggère une perversité de la relation existant entre la transition énergétique et la biodiversité. Comment ces deux notions sont-elles articulées ? Quelle qualité de dialogue ont-elles ? Si tant est qu’elles en aient un… Supposons que oui. Souvenons-nous alors des Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos-de-Laclos, œuvre épistolaire des années de lycée qui continue, plus de deux siècles après sa parution, à perturber lecteurs et spectateurs. Qui pourrait jouer le rôle de la Marquise de Merteuil ? Qui serait le Vicomte de Valmont ?

À première vue, la biodiversité est plutôt marquise, car si elle a beau visage, elle se doit de rester dans l’ombre, la lumière étant portée sur la vicomté de la transition énergétique, par laquelle seule l’on peut espérer accéder aux salons du pouvoir afin de se faire entendre. Pour se présenter sans choquer, ne pas passer pour passéiste ni rustique, la biodiversité a dû avancer à petits pas, masquée, cachée derrière ceux et celles qui savaient manier les mots du climat et de l’énergie. Dans le film Ridicule, la biodiversité serait incarnée par Grégoire Ponceludon de Malavoy, ce noble des Dombes qui peine à se faire repérer dans une cour tout entière éblouie par les bons mots de l’abbé de Villecourt. Du moins au début. Et sans penser à la dégringolade de celui-ci ni à la fin du film de Patrice Leconte qui ne laisse pas vraiment d’espoir au spectateur.
Dans notre société, le climat a été délié dans tous les genres de sauces possibles parce que lui seul permettait d’avoir espoir d’être compris des décideurs. Il est toujours le pied que scientifiques et associatifs mettent dans la porte, la poudre qui attire les subventions, le tabouret qui assure une place dans les médias. La biodiversité, elle, occupe le terrain que la transition énergétique lui a laissé, c’est-à-dire, pas grand-chose. Alors elle se fait discrètement ennuyante en contredisant ici et là la bonne fée électricité : non, on ne peut pas faire de la transition énergétique partout, n’importe comment. Laquelle lui répond qu’on ne rase pas gratis, qu’en conséquence, il faut savoir ce que l’on veut. Vous voulez faire tourner les éoliennes ? Il y aura des oiseaux par terre ! Énergétique et écologique, les deux transitions se répondent, s’opposent et, en vérité, ne se parlent pas. Elles feraient mieux, pourtant, car le temps presse.

Et voilà ce que j’ai fait de tout cela sur UshuaiaTV : 

https://www.youtube.com/watch?v=aDpu6BQsTYY&index=16&list=PLFlKm2sEBTLSV00_hrNcoqgnaiNZNgdiJ

La biomasse n’est pas très verte

Jean-François Silvain avait le sourire de celui qui prépare un bon mot. Le président de la FRB a introduit la journée de débats par un état des lieux de la recherche en matière de biodiversité et de transition énergétique. Le bilan n’est pas brillant. « La primauté et l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique ont réduit le problème au seul impératif de la diminution des émissions de carbone. » Et la biodiversité a été mise de côté. Le bois-énergie est un bon exemple. Paré de toutes les vertus, car le bois c’est naturel, et donc, ce qu’on en fait ne peut qu’être bon pour la nature, s’intégrer au cycle du carbone et générer qui plus est une chaleur… naturelle, il est en réalité riche en défauts. « En fait, on a exporté ses externalités, à 6 000 km de distance », résume, lapidaire, M. Silvain. L’Europe, confirmera ensuite M. Gazull, chercheur au Cirad, est le premier importateur mondial de granulés, les fameux « pellets ». La Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie sont les champions de la demande. Ces granulés si promus par les vendeurs de poêles sont manufacturés à partir de bois prélevés dans les forêts du sud-est des États-Unis. On commence à s’en plaindre, là-bas. La biodiversité américaine et canadienne se ressent de ces exportations qui, en plus du reste, créent une dépendance supplémentaire entre l’Europe et ses alliés d’outre-Atlantique.
S’appuyant notamment sur « Impacts of the demand for woody biomass for power and heat on climate and forest » de Duncan Brack, publication du Chatham House (Institut royal des affaires internationales) datée du 23 février 2017, Jean-François Silvain nous remet les pieds sur terre : « la science ne s’accorde toujours pas sur la notion de neutralité carbone, par contre, elle nous dit que, pour reprendre les termes exacts de la publication, « la biomasse [de par sa plus faible densité énergétique] émet plus de carbone par unité d’énergie que la plupart des énergies fossiles. Seuls les résidus [de coupe] brûlés comme déchets sur place peuvent être considérés comme neutres sur le court et le moyen terme ». Le gisement est faible ! Couper des arbres est dans tous les cas une catastrophe, car cela crée une émission nette de carbone par les sols, et indirecte par le déséquilibre de la balance créé par la coupe d’arbres jeunes (en croissance) et matures (ils sont de considérables puits de carbone).
En vérité, aucune énergie renouvelable n’est aussi propre qu’elle n’en a l’air. L’étude bibliographique menée par Alexandre Gasparatos et son équipe dans « Renewable energy and biodiversity : implications for transitioning to a green energy », (Renewable and Sustainable Energy Reviews, Volume 70, April 2017, Pages 161-184) est terrible :

  • l’éolien ? Les mâts et leurs ailes perturbent les routes migratoires, hachent passereaux et rapaces et provoquent des barotraumatismes chez les chauves-souris.
  • Les panneaux solaires ? Ils dérangent les sens des oiseaux à cause de la polarisation de la lumière solaire réfléchie et, lorsqu’ils sont installés en ferme, détournent des sols de l’agriculture et fragmentent des habitats naturels.
  • L’hydroélectricité ? Baisse de la qualité des eaux, perturbation des flux de matières, bref, altération majeure des écosystèmes fluviaux.
  • Les énergies marines renouvelables comme l’éolien off-shore et les hydroliennes ? Leur installation accroît la turbidité de l’eau, gêne les communautés d’espèces vivant sur les fonds (benthiques) et modifie les habitats.
  • La géothermie ? Elle libère des molécules toxiques dans l’atmosphère et exige beaucoup de surface, qu’il faut çà et là déboiser ou détourner de l’agriculture.
  • Le bois-énergie pour finir le tour de table ? Fragmentation des habitats, pollution ou acidification des sols, libération d’ozone et de gaz à effet de serre, création de microclimats, concurrence (en ce qui concerne les plantations de bois-énergie) avec les arbres indigènes, la liste est déprimante.

Les bénéfices pour la biodiversité sont faibles. Ils le sont pour toutes les sources d’énergie renouvelables.

 

 

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La pollution dangereuse pour le cerveau des bébés

575  Un article de LaPresse.ca, le 06/12/2017.

Les Nations unies ont tiré mercredi la sonnette d’alarme sur les dangers posés par la pollution atmosphérique pour le cerveau en développement des bébés, un fléau qui affecte particulièrement l’Asie.

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Des enfants s’amusent lors d’un jour de smog au Pakistan. K.M. Chaudary, archives AP

Le continent asiatique, qui produit régulièrement d’impressionnantes images de « smog » à New Delhi ou Pékin, totalise 16 des 17 millions d’enfants dans le monde âgés de moins d’un an qui sont exposés à des niveaux critiques de pollution –au moins six fois supérieurs aux plafonds considérés sûrs pour la santé.

L’Inde arrive en tête de liste des pays avec le plus de bébés exposés, suivie par la Chine, indique l’Unicef dans un rapport intitulé Danger In The Air rendu public mercredi. La pollution « impacte l’apprentissage des enfants, leurs mémoires, leurs capacités linguistiques et motrices », a déclaré à l’AFP Nicholas Rees, auteur du rapport. Les liens de la pollution atmosphérique avec l’asthme, la bronchite et d’autres maladies respiratoires au long cours sont connus de longue date.

« Mais un corpus croissant de recherches scientifiques indique un nouveau risque potentiel que pose la pollution de l’air pour les vies et les avenirs des enfants: son impact sur leurs cerveaux en développement », indique désormais l’Unicef. Le rapport met en exergue les rapports entre la pollution et des fonctions cérébrales « comme la mémoire et le QI verbal et non verbal, des résultats d’examens, des notes plus faibles parmi les écoliers, ainsi que d’autres problèmes neurologiques ».

Les particules fines de la pollution urbaine peuvent endommager la barrière hématoencéphalique, la membrane qui protège le cerveau des substances toxiques, accentuant les risques de maladies de Parkinson et d’Alzheimer chez les personnes âgées.

L’Unicef avertit également du risque que représentent les nanoparticules de magnétite, de plus en plus présentes dans la pollution des villes. Celles-ci sont dangereuses pour le cerveau en raison de leur charge magnétique et sont corrélées aux malades dégénératives.

Les Nations unies appellent les gouvernements à accentuer la lutte contre la pollution ainsi qu’à renforcer la protection des enfants, notamment à travers l’utilisation de masques faciaux et de systèmes de filtration de l’air.

L’article de LaPresse.ca est ici.

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Le réseau Icos d’observation des gaz à effet de serre se déploie en Europe

362  Un article d’Actu Environnement, par Agnès Sinaï, le 02/01/2018.

A l’issue de cinq ans de préparation, l’Europe est en passe de se doter d’un réseau intégré de stations de mesure des gaz à effet de serre.

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Composé de 140 stations en Europe, le réseau Icos (Integrated Carbon Observation System) vise à cartographier les émissions et les puits de carbone à l’échelle européenne.

Sept premières stations satisfont désormais les critères de certification. Elles sont situées en Allemagne, en Belgique, en Finlande, en France et en Italie. Les stations restantes ont également entamé le processus, l’objectif étant la certification de l’ensemble du réseau d’ici fin 2019. Les standards sont conformes aux exigences internationales de l’Organisation météorologique mondiale et des Nations unies.

« Grâce à la normalisation de notre réseau de stations de mesure, nous obtenons une connaissance nettement plus précise des émissions et des puits de carbone en Europe : des émissions produites par nous, les humains, mais aussi des flux naturels de gaz à effet de serre », indique Werner Kutsch, directeur général d’Icos.

Coordonné par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le consortium Icos France comprend l’Andra, le CEA, le CNRS, l’Inra et l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

« La France prévoit d’ici trois ans de labelliser quatre stations atmosphériques, 11 stations de suivi des écosystèmes, et une station de mesure des échanges air/mer de CO2 à bord d’un navire de commerce », précise Denis Loustau, directeur de recherche à l’Inra et coordinateur d’Icos France.

L’article d’Actu Environnement est ici.

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L’année 2017 se classe dans le trio de tête des années les plus chaudes jamais enregistrées

362  Un article d’Actu Environnement, par Philippe Collet, le 05/01/2018.

L’année 2017 a été la troisième année consécutive de températures exceptionnellement chaudes, annonce ce vendredi 5 janvier le service Copernicus « Changement Climatique » (C3S), du Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT).

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Cette conclusion du programme de la commission européenne pour l’observation de la Terre s’appuie sur un jeu complet et global de données de températures pour l’année passée. « Ces résultats confirment le communiqué provisoire de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) il y a deux mois, indiquant que 2017 serait probablement parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées », explique le programme.

Hausse de 1,2°C par rapport au 18ème siècle

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Les données du CEPMMT montrent qu’en 2017 la température moyenne globale à la surface de la terre a dépassé 14.7°C. L’année écoulée est « environ 0.1°C plus froide que l’année 2016, année la plus chaude jamais enregistrée, mais plus chaude que la deuxième année la plus chaude précédente, 2015 », explique le programme européen. Il s’agit de « la plus chaude année jamais enregistrée, hors des conditions favorables de réchauffement par El Niño dans l’océan pacifique tropical », complète-t-il.

Rapportée aux données historiques, 2017 est environ 0.5°C plus chaude que la moyenne enregistrée sur la période 1981-2010. L’année passée affiche aussi une moyenne globale des températures supérieure de 1,2°C par rapport à la valeur estimée de la période pré-industrielle du 18ème siècle.

Au niveau européen, la température a été globalement plus chaude que la moyenne, particulièrement dans le grand nord. « Longyearbyen sur l’île Norvégienne de Spitsbergen, une des villes les plus au nord du monde, a connu à plusieurs reprises des températures moyennes mensuelles de plus de 6°C au dessus de la moyenne de référence de 1981–2010 », rapporte le C3S. Quant à l’Europe du sud, elle a subi les conséquences d’une sécheresse prolongée de la fin du printemps à l’automne, rappelle-t-il.

L’article d’Actu Environnement est ici.

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