L’avertissement des scientifiques sur le climat : dans trois ans, il sera trop tard.

126  Un article de Reporterre, par Élisabeth Schneiter, le 07 juillet 2017.

Selon une analyse publiée dans la revue « Nature », l’humanité n’a plus que trois ans pour sauvegarder le climat terrestre. Six axes d’action pourraient permettre d’inverser la tendance.

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Si les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter après 2020, ou même à rester stables, les objectifs de température fixés à Paris – 2°C maximum d’augmentation d’ici 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle – seront inaccessibles. C’est un des constats posés par des chercheurs du Consortium Climate action tracker, de l’Institut Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat et de l’université de Yale, dans un article récemment publié par le journal scientifique Nature. Ils s’appuient notamment sur un rapport publié en avril – 2020 : climate turning point (2020 : le point de bascule du climat).

Bien que l’activité humaine ait déjà entraîné une hausse de température globale de 1 °C, que les pôles fondent, que les récifs coralliens meurent de chaud et que des écosystèmes entiers s’effondrent, certains indicateurs sont positifs. Les émissions des États-Unis ont diminué de 3 % l’année dernière, alors que le PIB a progressé de 1,6 %. En Chine, les émissions de CO2 ont diminué de 1 % en 2016, et leur économie a progressé de 6,7 %. Autant de signes encourageants qui montrent qu’il est encore possible d’agir.

Mais il faut faire vite. Les auteurs de l’article avertissent qu’il ne reste à l’humanité que trois ans pour sauvegarder le climat terrestre, et vont même jusqu’à identifier et chiffrer six objectifs à remplir d’ici à 2020.

Ces objectifs ont été revus par et affinés avec des analystes de l’université de Yale, de Climate Action Tracker, Carbon Tracker, la coalition We Mean Business, le Partenariat sur les transports durables et à faible teneur en carbone (Slocat, pour « Sustainable, Low Carbon Transport »), le cabinet Systemiq, le projet New Climate Economy et Conservation internationale.

  1. Énergie : Augmenter le pourcentage mondial d’énergies renouvelables de 23,7 % en 2015 à 30 %, au moins. Fermer toutes les centrales à charbon qui existent encore et ne plus en ouvrir de nouvelles.
  2. Infrastructure : Les villes et les États doivent lancer des plans d’action pour décarboner complètement les bâtiments et les infrastructures d’ici à 2050, avec un financement de 300 milliards de dollars par an. Les villes doivent rendre au moins 3 % de leurs bâtiments, par an, à émissions zéro ou presque nulles.
  3. Transports : Faire passer à 15 % la part des véhicules électriques dans les ventes de voitures neuves dans le monde, par rapport aux 1 % d’aujourd’hui. Doubler l’utilisation des transports en commun dans les villes, augmenter de 20 % l’efficacité énergétique des poids lourds et diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre produits par l’aviation par kilomètre parcouru.
  4. Terres : Réduire la destruction des forêts et s’engager dans le reboisement. Les émissions nettes actuelles provenant de la déforestation et du nouvel usage des terres déboisées représentent 12 % du total mondial des émissions de gaz à effet de serre. Si on peut les réduire à zéro dans les dix ans qui viennent en cessant tout déboisement, et si la reforestation peut créer un puits de carbone d’ici à 2030, cela pourrait faire descendre les émissions globales nettes totales à zéro, tout en soutenant l’approvisionnement en eau et d’autres avantages. Les pratiques agricoles durables réduiraient les émissions et augmenteraient la séquestration du CO2 dans des sols sains et bien gérés.
  5. Industrie : Accroître l’efficacité énergétique de l’industrie lourde — comme le fer, l’acier, le ciment, les produits chimiques et le pétrole et le gaz — et en réduire de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2050. Elles émettent actuellement plus d’un cinquième du CO2 mondial, sans comptabiliser leurs besoins en électricité et chaleur.
  6. Secteur financier : Il devra mobiliser au moins mille milliards de dollars par an pour des actions en faveur du climat. Les gouvernements, les banques privées et les prêteurs tels que la Banque mondiale doivent émettre dix fois plus d’obligations vertes (81 milliards de dollars émis en 2016) d’ici à 2020.

Alors que 20 dirigeants des plus grandes économies du monde se réunissent les 7 et 8 juillet lors du sommet du G20 à Hambourg en Allemagne, les auteurs leur demandent de considérer l’importance de 2020 pour les émissions de gaz à effet de serre et de prouver ce qu’ils font pour relever ce défi.

De leur côté, Christiana Figueres et ses collègues, dont Hans Joachim Schellnhuler, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et Stefan Rahmstorf, de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat, ont lancé la mission 2020, une campagne collaborative pour baisser la courbe des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.

L’article de Reporterre est ici.

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Le Massachusetts veut ignorer les impacts climatiques de la bioénergie.

401  Un article de Climate Central, par Bobby Magill, le 07 aout 2017.

Voici ce qu’a écrit Yoann, du site Docuclimat.com sur cet article :

« La majorité des études récentes sur les forêts montrent que le développement exponentiel du bois-énergie (granulés, copeaux, bûches agglomérés, etc…) sera une catastrophe pour le climat, et pourtant chaque année les États soutiennent de plus en plus massivement cette industrie au nom de la lutte contre le réchauffement climatique et de la transition énergétique ! La vantant au passage comme une énergie propre, zéro carbone, ce qui est un mensonge éhonté mais qui passe encore massivement auprès du grand public… Un État américain, le Masachussets, veut ainsi suivre le train en marche, ce qui est l’occasion pour Climate Central (web journal de référence sur le climat) de faire un court article résumant les études qui pointent du doigt le danger concernant le développement de cette filière. Entre autres dégâts sur le climat et la biodiversité déjà présents de cette filière et qui iront en augmentant :

  • Déforestation récente et exponentielle des forêts tempérées et boréales (les forêts boréales étant déjà soumises à des incendies gigantesques au Canada et en Russie, tandis qu’elles représentent le deuxième puits de carbone terrestre…)
  • Remplacement des forêts anciennes par des forêts en monoculture, à pousse rapide pour assouvir les besoins colossaux de cette industrie
  • Déstockage de carbone de l’écosystème forestier, par prélèvement des résidus (baisse la MO dans les sols) et par la coupe des vieux arbres, remplacés par des jeunes arbres qui stockent beaucoup moins de CO2
  • Dégradation des sols, érosion et désertification du fait de l’industrialisation de la forêt, avec engrais et produits chimiques (parasitisme accru)
  • Le réchauffement climatique accroît le stress et la mortalité des arbres (sécheresse, incendies, parasitisme), notamment des jeunes sujets, ce qui annulera une grande partie du stockage espéré de CO2 des nouvelles plantations
  • Le carbone relâché par la combustion du bois-énergie (la combustion du bois est plus polluante en terme d’émissions de particules fines et de CO2 que les énergies fossiles!) ne serait restocké qu’au bout de plusieurs décennies par les nouvelles plantations, or c’est maintenant que nous ne devons plus relâcher de CO2 dans l’atmosphère !
  • La biodiversité lié aux forêts sera encore plus menacée par l’industrialisation du milieu forestier (et la France a ainsi adopté récemment un plan d’exploitation des forêts pour les années à venir qui accroîtra la pression sur les milieux forestiers)

Je n’ai pas besoin de faire dans le détail, nous courons vers un désastre total avec le développement de cette soi-disant énergie propre ! Il nous faut partager les infos la concernant pour que cesse cette escroquerie qui menace notre futur et celui d’une grande partie du vivant ! »


Le Massachusetts envisage un plan qui classerait les granulés de bois et les autres produits forestiers comme sources d’énergie renouvelable, permettant à l’industrie forestière de contribuer aux objectifs climatiques de l’État visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, les recherches montrent que la combustion de la biomasse pour l’énergie peut effectivement compromettre le changement climatique en augmentant les émissions de carbone au lieu de les réduire – des arguments  que les opposants utilisent pour attaquer ce plan.

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Pellet de bois utilisé pour produire de l’électricité. Credit: USDA/flickr

Le plan fait partie des nouvelles règles proposées, qui mettent à jour les normes de l’État en matière d’énergie renouvelables, et qui devraient être finalisées dans les prochains mois. Si elles étaient approuvées, ces normes permettraient de subventionner la biomasse et de l’ajouter aux sources d’énergie qui contribueraient à ce qu’un minimum d’environ 5% de l’électricité de l’État provienne de certaines énergies renouvelables d’ici à 2020.

Le Massachusetts est parmi les leaders du Nord-Est dans le développement de l’énergie renouvelable et propre. En juillet, un projet de nouveau parc éolien offshore – parmi les premiers aux États-Unis – a été proposé pour la côte de Martha’s Vineyard. Il sera combiné avec de grosses batteries pour aider à honorer un mandat d’état pour le développement des énergies renouvelables.

Mais à mesure que l’état poursuit sa stratégie climatique pour réduire les émissions de ses centrales électriques, il est influencée par l’industrie forestière qui veut que le bois-énergie soit considérée comme propre et comme une énergie renouvelable, selon le Boston Globe. Sur son site Web, la Massachusetts Forest Alliance , l’un des principaux promoteurs des règles de la biomasse, affirme que le bois brûlé pour fabriquer de l’électricité est neutre en carbone parce que les émissions sont compensées lorsque les arbres utilisés sont remplacés par une nouvelle plantation.

Mais une analyse de Climate Central a révélé en 2015 que le passage du charbon au bois  augmentait les émissions de dioxyde de carbone, dans la centrale électrique de Drax en Angleterre, de 15 à 20 pour cent pour chaque mégawatt produit. Couper des arbres pour les bruler réduit également la quantité de dioxyde de carbone absorbée par les forêts.

Cela peut prendre des décennies pour remplacer les arbres transformés en granulés de bois, indique l’étude. Certaines forêts de feuillus peuvent prendre jusqu’à 70 ans pour absorber autant de dioxyde de carbone qu’elles en vomissent dans l’atmosphère après avoir été coupées.

Par ailleurs, une étude de l’Université du Michigan a révélé l’année dernière que la biomasse est pire pour le climat que le pétrole. Une coalition de 14 groupes, dont l’American Lung Association, la Environmental League of Massachusetts et le Partenariat pour l’intégrité des politiques, montre que cette étude est un argument pour s’opposer au plan.

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Une usine de pellets dans le New Hampshire. Credit: PSNH/flickr

« Le projet de règlement permettra d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre dans le Massachusetts pendant des décennies, et DOER (le ministère des Ressources énergétiques du Massachusetts) n’a pas réussi à effectuer une analyse du cycle de vie des impacts du changement climatique résultant de l’incitation à une plus grande combustion de la biomasse », a déclaré le groupe dans les commentaires soumis aux autorités de l’État lundi. Le ministère n’a pas répondu à ces commentaires lundi.

Mary Booth, directrice du Partenariat pour l’intégrité des politiques, a déclaré que la coalition s’oppose à l’utilisation élargie de la biomasse dans l’état parce qu’elle émet plus de dioxyde de carbone que les combustibles fossiles et contribue donc plus à la pollution de l’air. La biomasse provenant des forêts réduit également les nutriments et le carbone du sol, ce qui rend plus difficile le retour en arrière et la compensation de la pollution atmosphérique des pellets utilisés pour l’énergie, a-t-elle déclaré.

L’article de Climate Central est ici.

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Climat : les forêts françaises suffoquent.

362  Un article d’Actu Environnement, par Baptiste Clarke, le 14 août 2017.

En plus des sécheresses récurrentes chaque été en France, les canicules se répètent ces dernières années : 2003, 2006, 2015 et 2016. Une tendance qui menace nombre de forêts métropolitaines. Profitez de l’été pour revoir notre reportage sur les recherches en sylviculture.

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Canicule, sécheresse… il va falloir faire avec. Les vagues de chaleur extrême comme celles de 2003 pourraient devenir la norme en Europe selon l’analyse de la coalition scientifique internationale, World weather attribution (WWA). La France a déjà eu chaud cet été, provoquant sécheresse et incendies de forêts. L’impact de ces épisodes météorologiques sur les forêts françaises est inquiétant.

Dans certaines régions, les arbres se dessèchent littéralement et meurent. Parfois, quelques années plus tard, certains individus ayant résisté à ces épisodes de stress hydrique vont finalement mourir d’un simple parasite, comme la chenille processionnaire, trop faible finalement pour encaisser une seconde « épreuve ».

Dans le département de l’Aude, sur le plateau de Sault, la canicule de 2003 survenue en période de sécheresse fut désastreuse. C’est surtout le sapin pectiné qui a souffert. Or, sur ce site, il représentait 38% des essences. Il s’agit d’une catastrophe écologique et économique. En plus de cette mortalité sans précédent, les professionnels préfèrent couper les arbres restant par anticipation. En conséquence, c’est toute la filière bois qui est impactée. L’offre devient supérieure à la demande et les cours s’effondrent.

A ce jour, l’adaptation au réchauffement climatique pour la filière bois consiste à modifier les pratiques sylvicoles : mélange des essences, sylviculture à faible densité et essences de qualité plus résistantes à la sécheresse. Depuis des siècles, la forêt métropolitaine est en perpétuelle évolution pour des raisons essentiellement économiques et une fois encore, elle risque bien de changer de visage.

L’article d’Actu Environnement est ici.

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Le financement du canal à grand gabarit Seine-Nord-Europe n’est pas garanti.

115  Un article d’Actu Environnement, par Agnès Sinaï, le 11 août 2017.

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Le projet de canal Seine-Nord, dont la première pierre a officiellement été posée en 2011 à Nesle (Somme) par Nicolas Sarkozy, pourrait être à nouveau être retardé. Relancé par le Grenelle de l’environnement en 2008, le canal à grand gabarit Seine-Nord-Europe devrait permettre le report vers la voie d’eau de 4,5 milliards de tonnes de marchandises par kilomètres par an, soit une économie annuelle de 250.000 tonnes de dioxyde de carbone.

Les travaux du canal Seine-Nord Europe devraient commencer avant la fin de l’année 2017. Long de 107 km, ce canal à haut gabarit reliera Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac (Nord) où il rejoindra le réseau de 20.000 kilomètres de voies navigables des pays du nord de l’Europe.

Mais pour des raisons financières, le projet de Canal Seine-Nord, soutenu par les élus des Hauts de France, pourrait ne pas voir le jour si les financements adéquats ne sont pas rassemblés. Dans le contexte de rigueur budgétaire, le gouvernement a décidé de geler les investissements des grandes infrastructures de transport.

4,5 milliards d’euros

D’un coût évalué à 4,5 milliards d’euros, son financement est réparti entre plusieurs acteurs : 1,8 milliard pour l’Union européenne, un milliard pour les collectivités territoriales, un milliard pour l’État et les 700 millions restants, financés par emprunt, dont le premier ministre Edouard Philippe a pointé en juillet l’absence de recettes correspondantes.

« L’opportunité du projet n’est pas remise en cause« , a souligné Brune Poirson lors d’une séance houleuse de questions d’actualité à l’Assemblée nationale le 9 août. « Cependant, le financement n’est pas bouclé« , a averti la secrétaire d’État à l’Écologie. « On ne peut pas promettre ce qu’on ne peut financer. Nous devons trouver de manière pragmatique des solutions soutenables« . Ces solutions seront revisitées à l’occasion des Assises de la mobilité qui se tiendront cet automne, a précisé la ministre.

L’article d’Actu Environnement est ici.

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Les émissions de CO2 liées à l’énergie atteindront leur pic en 2026.

165  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 22 juin 2017.

Commentaire : je ne sais pas si vous avez remarqué, mais chaque fois qu’un article évoque les énergies renouvelables il est question de l’éolien et du solaire. Et uniquement de cela. Aucun expert en énergie renouvelable ne parle du bois, et encore moins du pellet. Sauf Jeferco, qui non seulement veut nous expliquer que le pellet est une énergie renouvelable, mais va même jusqu’à déclarer que le pellet industriel est dans les objectifs de la troisième révolution industrielle. Sans tenir compte des émissions de CO2 liées à sa centrale « biomasse », ni des émissions de CO2 des centrales électriques qui vont bruler son pellet. Ni qu’il faut 80 ans pour renouveler un arbre de 80 ans ! Plutôt qu’une usine polluante, un projet d’avenir comme un parc photovoltaïque n’aurait soulevé aucune opposition.

Le système énergétique mondial poursuit sa route vers la décarbonation et accélère le mouvement. Selon une nouvelle étude de Bloomberg New Energy Finance, le secteur atteindra son pic d’émissions dans moins de dix ans. Merci à l’éolien et au solaire qui sont en passe de détrôner le charbon, grâce à la baisse continue de leurs coûts.

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En 2040, près des trois quarts des investissements dans l’énergie concerneront les énergies renouvelables, soit 7,4 milliards de dollars, selon les dernières prévisions de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) (1). A cet horizon, l’agence prévoit que les coûts de l’énergie solaire auront baissé de 66 %, et ceux de l’éolien de 47 %, par rapport à 2016. Le solaire est déjà au moins aussi bon marché que le charbon en Allemagne, en Australie, aux États-Unis, en Espagne et en Italie et le sera dès 2021 en Chine ou encore en Inde.

« Le rapport de cette année suggère que le verdissement du système électrique mondial est inéluctable, grâce à la baisse rapide des coûts de l’énergie solaire et éolienne, et au rôle croissant des batteries, y compris celles des véhicules électriques, pour équilibrer l’offre et la demande« , explique Seb Henbest, auteur principal du New Energy Outlook 2017. En conséquence, en suivant cette tendance, les émissions de CO2 liées à l’énergie atteindront leur pic en 2026 et baisseront ensuite de 4 % d’ici 2040, par rapport à leur niveau de 2016.

Le charbon en perte de puissance

Les capacités dans le solaire vont être multipliées par 14 et celle de l’éolien par 4 ! A elles deux, ces énergies renouvelables représenteront 34 % de la production d’électricité d’ici 2040, contre seulement 5 % actuellement. A l’inverse, le charbon s’effondre en Europe, avec un recul de 87 % ! Malgré l’engouement de l’administration Trump pour le secteur, la même tendance se dessine aux États-Unis. L’analyse de BNEF y prévoit une réduction de 51 % de la production de charbon d’ici 2040.

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Source : Bloomberg New Energy Finance, New Energy Outlook 2017.

A l’échelle mondiale, BNEF s’attend ainsi à ce que 369 gigawatts de projets de centrales à charbon soient annulés, « dont un tiers en Inde ». « La transition bas carbone est encore plus importante que ce que nous avions projeté les années précédentes », assure Jon Moore, président de BNEF. Cela s’explique aussi par le développement du stockage d’énergie, grâce aux batteries lithium-ion, le déploiement des véhicules électriques, ou encore de l’autoconsommation d’énergie solaire, qui vont « réduire la nécessité d’avoir d’importantes centrales à gaz ou à charbon à l’avenir ».

L’article de Novethic est ici.

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Maintenant en Nouvelle-Zélande, la nature a les mêmes droits qu’une personne.

391  Un article de Détours, par Thomas Ducres, le 04 août 2017.

Pour la première fois dans l’histoire pénale, un pays vient de reconnaître à un fleuve maori les mêmes droits qu’à une personne physique. Une grande première qui permet de s’interroger sur la responsabilité humaine face à la nature.

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Pas un long fleuve tranquille.

En mars dernier, le ministre de la Justice néo-zélandaise a fait un petit pas pour l’homme, mais un grand pour la nature. En reconnaissant le fleuve Whanganui, le troisième plus long cours d’eau du pays, comme une personnalité juridique à part entière, Chris Finlayson a permis à la tribu maori qui défend ses intérêts depuis 1870 de gagner une grande bataille. Non seulement le fleuve disposera à l’avenir des mêmes droits que tout le monde, mais il couronne également une bataille pour la défense de l’environnement avec, à la clé, pas moins de 80 millions de dollars de compensation pour les dégradations de l’écosystème local. Un cas qui, on l’espère, fera jurisprudence.

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Instant philo.

Si respecter un fleuve ancestral comme une personne peut sembler saugrenu, la dégradation de la planète par l’être humain l’est encore plus. Des juges, un peu partout, militent déjà dans le même sens ; on peut notamment citer le récent cas du Gange, lui aussi reconnu comme une personne et qui pourra désormais bénéficier des mêmes droits que votre voisin de palier. Si la formulation peut prêter à sourire (c’est vrai qu’on imagine mal un champ de blé porter plainte contre une marque de pesticides), elle permet aussi de questionner les juristes sur le grand mal du 21ème siècle : à priori, il est effectivement impossible de considérer la nature comme un « sujet de droit » qui est techniquement uniquement applicable à l’homme conscient. Ce serait en outre considérer que les technologies humaines sont par définition dangereuses pour la nature. Ce qui, hélas, se vérifie de plus en plus…

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Éteindre les feux écologiques.

S’il est déjà possible de voter des lois obligeant l’homme à protéger la nature, il est encore plus important de le responsabiliser. Jusqu’à preuve du contraire, les sanctions juridiques sont encore l’une des solutions les plus efficaces pour remettre l’homme dans le droit chemin ; et on se languit à ce propos que la grande barrière de corail, plus que jamais menacée, dispose des mêmes droits que la population. Plus près de nous encore : à quand un statut juridique pour les forêts ravagées par les incendies dans le sud de la France ? Sans dire qu’il faille placer l’humanité tout entière dans le box des accusés, il est sûrement grand temps de mettre à jour notre manière de penser, pour que la nature puisse, enfin, ne plus être systématiquement la grande oubliée du code pénal.

L’article de Détours est ici.

 

 

 

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La carte de France des Grands Projets Inutiles Imposés (GPII).

« Les projets inutiles et les passages en force pour les imposer questionnent fortement le fonctionnement de notre système politique. Il est temps de réorganiser les relations sociales et politiques afin de prendre au sérieux la parole des opposants face à l’oligarchie. » C’est ainsi que débutait l’article du magazine Reporterre sur les GPII, paru en décembre 2014.

Depuis, un dossier complet sur les GPII est en ligne, ainsi qu’une carte de France interactive sur laquelle on trouve le grand projet inutile de la ville d’Anor associée à la société Jeferco  pour nous imposer son ex-usine à pellets. Lorsqu’on clique sur le pavé bleue aux environs d’Anor, l’article de Reporterre du 12 juin 2015, consacré à Anor, apparait dans la marge de droite.

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Le dossier de Reporterre sur les GPII et la carte interactive sont ici.

L’article de Bernard Krieger « Dans le Nord, à Anor, les granulés de la colère » est ici.

 

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