À Kolbsheim, la mobilisation ne faiblit pas contre le GCO de Strasbourg

389  Un article de Reporterre, par Guillaume Krempp, le 17/09/2018.

Une manifestation a rassemblé près de 2.000 personnes à Kolbsheim, près de Strasbourg, au terme d’une semaine agitée par les violences de l’Etat. Dans le village, l’alliance entre les habitants et les zadistes est totale. Et la lutte continue.

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« Certains zadistes sont concernés par des fiches S à caractère terroriste » : dans la matinée du 15 septembre à Kolbsheim, tous les habitants se moquent de ces propos du préfet de la région Grand Est. Ils trouvent l’article des Dernières Nouvelles d’Alsace qui rapporte ces propos d’autant plus drôles qu’ils n’ont pas pu le lire dans l’édition de Kolbsheim : la page où le préfet Jean-Luc Marx est citée a mystérieusement disparu des canards distribués dans le village.

« Tout le monde aide les zadistes. » Alix (le prénom a été modifié) fait partie de ces Kolbsheimois en colère depuis l’évacuation de la Zad, dans la forêt voisine. Vêtu d’un bob gris et d’une chemise rayée, le retraité taille un plant de tomates tout en fustigeant un projet autoroutier vieux de 45 ans : « C’était l’époque du tout-voiture… »

Quelques maisons à colombages plus loin, Lucie tient le même discours en cette matinée du 15 septembre : « Les zadistes sont là pour nous défendre. Sans eux, il y aurait déjà eu les travaux. » Vendredi soir, cette habitante du village a offert « une soupe de légumes et des knacks ». De quoi nourrir une vingtaine de personnes, dont plusieurs anciens résidents des de la Zad. Dans cette commune au cœur de la contestation anti-GCO (Grand contournement ouest de Strasbourg), le ressentiment est sur toutes les lèvres. Chacun a une anecdote sur le sentiment de ne plus être libre de se déplacer dans son propre village à cause de la présence des gendarmes. L’une n’a pas pu cueillir ses pêches car son terrain est désormais interdit d’accès. L’autre a récolté le maïs en vitesse ce matin « avant qu’il ne soit trop tard. »

Dans l’épicerie Label Hélène, le châtelain du village ne passe pas inaperçu. Après avoir acheté cinq paquets de cigarettes, Erik Grunelius rentre chez lui. Sur le chemin, il évite le sujet du viaduc de Kolbsheim. Cette partie du Grand contournement ouest doit passer à 507 mètres de son château. Une catastrophe sonore et visuelle pour son château, classé monument historique. Son frère, Jean-Marie, est plus loquace. Depuis plus d’un an, le propriétaire du moulin éponyme de la Zad a accepté l’installation des zadistes et a payé l’utilisation de l’eau et de l’électricité. « C’était une demande de mon ami et maire de Kolbsheim, Dany Karcher », dit-il.

Retour dans le seul commerce à Kolbsheim, l’épicerie. La propriétaire a perdu sa clientèle du village voisin : « La route entre Ernolsheim et Kolbsheim a été coupée depuis l’évacuation », lundi 10 septembre. Derrière son comptoir plein de bretzels, de gelée de pot-au-feu et d’asperges artisanales, Hélène Scheffer décrit des zadistes « sympathiques, de tous les âges. » En riant, elle évoque l’idée de « vendre des lunettes de plongée » pour se protéger du gaz lacrymogène utilisé tout au long de la semaine. Avant de fermer son commerce pour l’après-midi, la commerçante résume le processus à l’œuvre à Kolbsheim : « Plus les gendarmes sont agressifs, plus nous sommes soudés.»

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L’heure du rassemblement anti-GCO approche. Vers 13h, la place devant la mairie se remplit. Depuis plusieurs jours, les zadistes se retrouvent dans la cour de récréation de l’école. Sous un auvent, ils peuvent y stocker leurs affaires et cuisiner. Luigi (le prénom a été modifié) porte deux casquettes, l’une en avant, l’autre en arrière. Il apprécie les nombreux encouragements des villageois. Selon lui, « les relations avec les habitants de Kolbsheim étaient déjà constructives avant l’évacuation. Ils nous apportaient souvent de l’aide matérielle ou venaient simplement discuter le dimanche. »

Aujourd’hui, une dizaine de zadistes dorment sur un terrain laissé par une habitante. Ils ont d’abord dormi dans le presbytère, mis à disposition depuis longtemps par la pasteure. Vers 14h, Caroline Ingrand-Hoffet s’y trouve avec plusieurs élus et membres du collectif GCO Non Merci pour organiser le rassemblement « Aux Arbres Citoyens ! » A la sortie, elle évoque l’organisation d’un lieu de parole, pour les nombreux habitants traumatisés par les interventions brutales des gendarmes tout au long de la semaine : « Il y a des gens qui pleurent, il y a des enfants qui font des cauchemars. Certaines personnes me disent ressentir en eux une violence qu’ils n’ont jamais connue. » Depuis une semaine, le village a repris vie. « Les gens sortent dans la rue pour parler. Il y a une reconnaissance réciproque entre les zadistes et les habitants. Mais cette solidarité a toujours existé », affirme la pasteure.

La manifestation commence. La foule remplit la rue de la Division Leclerc. Après quelques discours sur la place de la mairie, zadistes, villageois, élus et opposants de toute l’Alsace se dirigent vers la forêt amputée. Ils sont plus de 2.000 à marcher pendant une bonne demi-heure. A l’arrivée, le choc. Devant les troncs d’arbres au sol, certains filment, d’autres fustigent un « massacre ». L’accès au site de l’ancienne Zad est interdit par les gendarmes.

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Interrogé par Reporterre, le maire de Kolbsheim, Dany Karcher, évoque un « soutien pour les zadistes qui a explosé depuis l’évacuation, tout simplement parce que beaucoup de gens les découvrent et voient que ce ne sont pas les personnes que le préfet a décrites. »

La manifestation se termine par des prise de parole dans un pré voisin. Germaine est toujours là. Malgré ses 89 ans, cette habitante de Kolbsheim était présente lors de l’évacuation de la Zad du Moulin. Des zadistes lui chantent un hommage : « Germaine, c’est pour te dire que l’on t’aime / Germaine, matraque ou lacrymo, c’est la même. » D’une voix faible, la doyenne des opposants au GCO s’excuse de ne pas savoir que dire au micro : « Je suis très fatigué. Espérons que l’on garde un peu de cette forêt. »

Pour les opposants au GCO, les prochains rendez-vous sont fixés au tribunal administratif – en espérant que la destruction de la forêt ne se poursuivra pas d’ici là. Deux audiences concernant des procédures en référé se tiennent les 19 et 20 septembre. Si le juge donne raison à Alsace Nature suite à la première audience, les travaux engagés seraient condamnés à cesser. D’ici là, Michael Kugler, du collectif GCO Non Merci, appelle à se rendre à Pfettisheim et Pfulgriesheim pour s’opposer à d’autres déboisements possibles.

L’article de Reporterre est ici.

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Les agents de l’ONF lancent un mouvement contre la marchandisation des forêts françaises

498  Un article de Bastamag, par Gaspard d’Allens, le 17/09/2018.

De plus en plus soumises aux « lois du marché », les forêts publiques françaises vont-elles être abîmées dans l’indifférence générale ? Gardes forestiers, salariés et syndicalistes de l’historique Office nationale des forêts (ONF) ne s’y résignent pas. Face à la menace de surexploitation qui pèse sur ce bien commun, face à la mutation de leur métier qui leur impose d’être financièrement rentables plutôt que de préserver les écosystèmes, face au profond malaise social qui les ronge, les forestiers organisent à partir du 17 septembre une grande marche pour la forêt. Voici les raisons de leur révolte.

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Les garde-forestiers de l’Office national des forêts (ONF) organisent à partir de ce 17 septembre une grande marche à travers la France pour dénoncer l’industrialisation qui menace la gestion des forêts publiques. Celles-ci couvrent près de 4,6 millions d’hectares, soit l’équivalent de la région Bourgogne Franche-Comté. Partant de Mulhouse, Valence, Perpignan ou Strasbourg, les forestiers se donnent pour objectif de rejoindre à pied, d’ici le 25 octobre, la forêt de Tronçais, dans l’Allier, l’une des plus belles futaies de chênes en France plantée au 17ème siècle. Un grand rassemblement s’y déroulera le même jour.

Cette mobilisation s’inscrit dans la droite ligne d’une lutte qui oppose depuis des années les agents de l’ONF à leur direction nationale. Moins visibles que les cheminots ou les postiers, les forestiers subissent pourtant des réformes en tous points similaires : baisse des effectifs, dégradation des conditions de travail, prédominance des exigences de rentabilité… Ici, dans les sous-bois et les clairières, ce ne sont pas des lignes de train ou des bureaux de poste de proximité qui sont soumis à l’ordre gestionnaire et productiviste, mais des écosystèmes entiers.

Un tournant libéral dans les années 2000

« Notre bien commun est en danger », alertent les responsables syndicaux de l’Office, qui ont enchainé les grèves et les manifestations ces derniers mois. Le 17 mai 2018, une manifestation a rassemblé plus de 1000 fonctionnaires et salariés de droit privé de l’ONF dans plusieurs villes de France. Le mouvement, même s’il peine à se faire entendre, reste déterminé et bien structuré autour d’une intersyndicale solidaire.

C’est au tournant de l’an 2000 que l’institution forestière française entame sa mue néolibérale. La grande tempête de 1999 a engendré un traumatisme économique au sein de la filière et coûté plus de 500 millions d’euros à la forêt publique. « La tempête a servi de prétexte. Elle a accéléré le processus. Mais le ver était déjà dans le fruit, nuance Philippe Canal, porte-parole du Snupfen, le principal syndicat de l’ONF. Depuis sa création en 1964, l’ONF a un mode de financement bancal qui dépend de la vente de bois. D’où une pression toujours plus forte pour en couper davantage et délaisser certaines missions jugées non rentables, comme celles liées à l’environnement, à l’accueil du public ou à la surveillance ». Depuis quatre décennies, le volume de bois récolté a augmenté d’un tiers alors que les recettes provenant de ces ventes ont baissé de 35 %. « C’est un fonctionnement suicidaire ! Le financement de l’ONF devrait être libéré des contraintes du marché du bois », juge Philippe Canal.

S’occuper d’une forêt « comme un conseiller bancaire gère des portefeuilles »

En 2002, les forestiers voient arriver de drôles de collègues, sans bottes ni uniforme vert, mais affublés de cravates et abusant des tableaux Excel. « Des cabinets d’audit international comme Deloitte & Touche ont été mandatés par la direction pour proposer des réformes, rapporte un syndicaliste. Fortement influencés par l’univers concurrentiel et la gestion telle qu’elle se pratique dans les entreprises privées, ces consultants ont calqué ce qu’ils connaissaient pour le plaquer tel quel sur le service public. » Le « Projet pour l’office » qui est ressorti des analyses de ces consultants exige un gain de productivité de 30% en cinq ans et une baisse des effectifs. Un coup dur pour les forestiers.

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Coupe à blanc en forêt de Fourmies (Nord)

L’exploitation et la commercialisation de bois ont toujours fait partie des missions de l’ONF, mais la consécration des exigences de rentabilité amorce une transformation en profondeur de l’institution. La bataille qui commence alors est aussi sémantique. « Tout un vocabulaire nous envahit et transforme la philosophie de notre métier. Nous ne devions plus nous appeler « garde forestier », mais « agent patrimonial » », illustre Jérôme. Pour cet homme des forêts qui travaille depuis plus de trente ans au sein de l’établissement, la modification n’est pas anodine. « Elle transforme notre identité. Alors qu’un garde forestier protège les milieux naturels, prend soin d’un territoire, un agent patrimonial s’occupe d’une forêt comme un conseiller bancaire gère des portefeuilles. »

La suite de cet article est ici.

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Pourtant interdite, la chasse continue dans la réserve naturelle de la baie de Canche

524  Un article de France Bleu Nord, par Matthieu Darriet, le 05/09/2018.

La chasse au gibier d’eau est ouverte. Depuis un mois, les tirs ont repris dans la réserve de la baie de Canche, près du Touquet. Cette zone est pourtant interdite à la chasse, comme la justice l’a rappelé récemment. L’État avait promis de trouver une solution, avant l’ouverture, mais toujours rien.

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La réserve naturelle nationale de la baie de Canche

« C’est du braconnage ! » Les associations de protection de l’environnement sont très remontées. Elles dénoncent l’attitude des chasseurs qui ont ressorti les fusils, il y a un mois. Marc Evrard est le directeur du Gdeam, l’une de ces associations :

« Dès le jour de l’ouverture, le 4 août, nous avons observé la présence d’un certain nombre de chasseurs, dans la réserve naturelle, mais aussi en lisière avec des tirs dirigés vers la réserve. (…)  Dès lors que le président des chasseurs de la baie les appelle à bafouer la loi, on ne s’étonne pas de les voir là. »

Et quelques jours plus tard, c’est sous le nez des gendarmes, appelés pour constater des infractions, que des chasseurs ont tiré sur des oiseaux. Mais ils n’ont pas été verbalisés, confirme Willy Schraen, le président régional et national des chasseurs :

« Il n’y a pas eu de PV. Ils ont demandé aux chasseurs de quitter la plage des Pauvres, ce qu’ils ont fait. Les choses se sont passées très calmement. Les identités ont été relevées, mais c’est tout. (…) Pour l’instant, la volonté de l’État est de ne pas intervenir directement, mais on sait qu’il faut trouver une solution. »

Même s’ils organisent 4 à 6 contrôles par semaine, les agents de l’office national de la chasse croisent finalement assez peu de chasseurs sur la plage des Pauvres. Ce qui permet à l’État tente de calmer le jeu, en attendant de trouver un accord.

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La réserve naturelle nationale de la baie de Canche

Un échange de terrain ?

La solution pourrait venir d’un partage des huttes de chasse entre les chasseurs, mais plus certainement d’un échange de terrain : abandonner la plage des Pauvres, si emblématique, pour obtenir un bail sur un autre secteur, chassable, hors réserve. Willy Schraen en a parlé à Emmanuel Macron :

« Il faut qu’on trouve un espace pour les chasseurs locaux. C’est ce sur quoi nous discutons en ce moment. Je parle au Préfet, je parle aux Ministres concernés. (…) Bien sûr, je parle aussi au chef de l’État, car c’est un sujet qui concerne l’ensemble de l’exécutif. »

Les négociations vont donc se poursuivent, avec des nouveaux rendez vous programmés en ce mois de septembre. Des négociations qui déplaisent fortement aux associations, déjà prêtes à ressaisir la justice, pour faire appliquer la loi, rien que la loi :

« On demande simplement l’application du règlement de la réserve. Cela fait plus de trente ans que la chasse est interdite dans ce périmètre. L’État a laissé faire. Nulle part ailleurs, on voit des contrevenants à la loi s’installer comme ça dans la durée, en toute impunité. Il n’y a pas d’autres réserves naturelles en France où on voit des choses comme ça ! (…) On a assez joué au chat et à la souris, ça suffit ! »

Sur les cinq dernières années, le jour de l’ouverture, traditionnellement journée la plus fréquentée, il n’y avait qu’entre dix et vingt chasseurs sur la plage des Pauvres. Même s’ils se revendiquent beaucoup plus nombreux.

L’article de France Bleu Nord est ici.

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Du glyphosate pour accélérer la pousse des pins des Landes : un apiculteur tire la sonnette d’alarme

559  Un article de France Info, le 31/08/2018.

2 000 hectares ont été traités avec l’herbicide contesté dans la forêt des Landes de Gascogne, selon des écologistes.

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Plusieurs sylviculteurs de la forêt des Landes de Gascogne, dans le sud de la Gironde, utilisent du glyphosate pour accélérer la pousse de leurs pins, a rapporté jeudi 30 août France Bleu Gironde, alertée par des apiculteurs et des écologistes de Saint-Symphorien.

Les sylviculteurs utilisent cet herbicide contesté pour se débarrasser de la flore aux pieds des pins afin qu’ils poussent plus vite. Cette pratique, peu répandue dans ce type de cultures, semble prendre de l’ampleur. Selon les lanceurs d’alerte, environ 2 000 hectares ont été traités cette année avec des produits vendus par Monsanto.

Une pratique qui n’est pas recommandée

Jean-Pierre Duluc est apiculteur à Saint-Symphorien. Il produit son miel en forêt sous les pins mais cette année, il a dû jeter l’intégralité de sa récolte : 1,2 tonne de miel soit 10 000 euros, à cause de la présence de glyphosate. « Mon grossiste a analysé le miel et m’a prévenu qu’il dépassait les seuils autorisés. Je suis à près de 100 ppb. C’est le double de la norme autorisée en Europe« , constate Jean-Pierre Duluc.

Le président du syndicat d’aménagement du bassin versant du Ciron, Jean-Paul Meyric, s’inquiète quant à lui pour la qualité de l’eau et évoque une pollution possible des nappes phréatiques.

Selon le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, très peu d’exploitants utilisent aujourd’hui la chimie pour leurs pins. Le président de l’organisation, Bruno Lafon, indique également que c’est une pratique qui n’est pas recommandée par le syndicat.

L’article de France Info est ici.

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FILM. « Le temps des forêts », une enquête sur la malforestation

325  Un article de Sciences et Avenir, par Rachel Mulot, le 12/09/2018.

Certaines forêts françaises sont devenues des « usines à bois », désertées par les animaux, traitées aux engrais et aux pesticides, lourdement mécanisées. Ailleurs, des citoyens et des forestiers défendent des forêts diversifiées et étagées. Un film, Le Temps des Forêts, nous fait pénétrer dans ces mondes et réfléchir.

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« Sous les sapins, rien n’y pénètre…Pas même le chant des oiseaux », soupire en préambule une ancienne bergère du plateau de Millevaches (Limousin). Le film Le Temps des Forêts -dont Sciences et Avenir est partenaire- nous fait pénétrer d’emblée dans un monde insoupçonné : celui des bois monotypes du Limousin, plantés serrés de pins Douglas, dont les sols truffés d’aiguilles ne grouillent pas de lombrics et dont les futaies n’abritent nul animal (voir l’extrait numéro 1). Loin de la carte postale rêvée des urbains, des promeneurs et même des chasseurs, ces plantations sont « des usines à bois « , lourdement mécanisées, exploitées au mépris de la biodiversité. Oui, la surface boisée ne cesse de progresser dans l’Hexagone: mais comme le dit l’un des intervenants du film, « Le problème en France, ce n’est pas la déforestation, c’est la malforestation ! (…) Dans le Massif central, on ne plante quasiment plus que du pin Douglas » pointe Le réalisateur François-Xavier Drouet, récompensé le 11 aout 2018 par le prix de la semaine de la critique au Festival de Locarno (Suisse) pour son voyage à travers la sylviculture industrielle et ses alternatives, du Limousin aux landes et des Vosges au Morvan.

Reboiser, c’est bien joli.. « Mais la valeur écologique d’un arbre dépend de la façon dont il est planté, géré, abattu, transformé.. transporté.. » Certains ne valent-ils pas mieux que de finir dans des chaudières, avant même d’avoir atteint leur maturité, restitué des éléments nutritifs à la terre ? Alors que nos forêts ont un rôle régulateur pour le climat ? « Les gestionnaires adaptent la forêt aux besoins de la grande industrie pour faire face à la concurrence des grands producteurs de bois, comme les pays scandinaves, constate le réalisateur. Leurs politiques privilégient le volume de bois récolté plutôt que la qualité, d’où le choix d’une sylviculture simplifiée et débitée à flux tendu. »

Omerta et états d’âme

Il n’a pas été simple de filmer. « Il règne une omerta dans ce milieu très masculin, où se plaindre, faire preuve de sensibilité est très mal vu », précise le réalisateur à Sciences et Avenir. « Il m’a ainsi été impossible de filmer l’épandage de pesticides. » Sans provocation, sans grandiloquence, François-Xavier Drouet filme à hauteur d’homme et recueille la parole de ceux qui exploitent, gèrent ou préservent la forêt aujourd’hui. Le film dégage, du coup, une grande justesse. L’image des abatteuses monstrueuses, qui ébranchent les troncs avec une gloutonnerie et célérité effrayante impressionne. Les nouveaux bucherons se sentent  » un peu esclaves  » obligés de travailler à une cadence infernale pour rentabiliser ces ruineux engins qui défoncent les chemins, ensevelissent les cours d’eau ou encore entassent comme des déchets les arbres non calibrés, ces feuillus qui ont osé revenir spontanément dans la plantation, ruinant le bel ordonnancement !

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Alors même si les machines « économisent de la peine « , certains préfèrent revenir à la méthode traditionnelle, qui permet des coupes différenciées des arbres (voir l’extrait numéro 2), plus respectueuses. « La forêt publique, qui représente un quart de la forêt française, mais 40% du bois commercialisé, est elle aussi de plus en plus soumise à des impératifs de rentabilité, » avertit François Xavier Drouet. Les agents forestiers de l’Office National des Forêts, sont soumis à un devoir de réserve, mais certains expriment ici leur désarroi dans le cadre de leur mandat syndical. Historiquement, cette forêt a toujours eu plusieurs fonctions : économique, mais aussi écologique, sociale, récréative, paysagère… protestent-ils, refusant de devenir de « simples récoltants de bois » . « Les agents sur le terrain subissent une pression de plus en plus forte, ce qui occasionne une souffrance sociale et éthique. Plus de cinquante suicides ont d’ailleurs été répertoriés depuis la réforme de l’ONF en 2002 , plus que chez France Telecom », pointe François-Xavier Drouet… « De nombreux agents de l’ONF ressentent une perte de sens, et craignent à terme une privatisation de l’ONF. »

«Que voulons-nous ? Une forêt vivante ou un désert boisé ? »

Tandis que des agents forestiers s’arc-boutent contre la vente de forêts domaniales, des propriétaires s’essaient aux gestions alternatives, inspirées notamment d’expériences allemandes (voir l’extrait numéro 3). Au cri de « Vive le Morvan et ses forêts diversifiées et étagées! « , des citoyens rachètent même des parcelles dans le cadre de groupements forestiers, afin d’éviter les coupes à blanc et pour laisser revenir les feuillus .« Que voulons nous ? interroge in fine François-Xavier Drouet, une forêt vivante ou un désert boisé ? Les choix d’aujourd’hui dessineront les paysages de demain. »

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Extrait du film « le Temps des forêts ». (ATELIER DOCUMENTAIRE)

Le film qui démarre ce mercredi 12 septembre à l’écran, fera l’objet de projections-débats dans de nombreuses villes de France. De leur côté, les agents de l’ONF entameront à la fin de ce mois une marche pour la forêt, en partance de quatre coins de France et jusqu’à la futaie Colbert, au Tronçais (Allier), plantée par Colbert pour fournir du bois à la marine marchande et dont les chênes ont plus de 300 ans. L’ONF a décidé, en 2017, de laisser ces arbres mourir en paix. Tout un symbole.

L’article de Sciences et Avenir, avec plusieurs extraits du film, est ici.

Commentaire

Le documentaire « Le temps des forêts » sera projeté au Sonhir d’Hirson (à 8 km d’Anor) à partir du mercredi 03 octobre 2018. Pour les lecteurs habitant plus loin, le RAF (Réseau pour les Alternatives Forestières) publie une carte de France qui regroupe l’ensemble des salles projetant ce film.

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Beaucoup de pesticides et moins d’oiseaux : nos forêts sont devenues des « usines à bois »

760  Un article de L’OBS, par Sébastien Billard, le 12/09/2018.

La France n’est pas menacée par un phénomène de déforestation mais de mal-forestation, alerte le réalisateur François-Xavier Drouet.

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Extrait du film « le Temps des forêts ». (ATELIER DOCUMENTAIRE)

A première vue, la forêt française se porte bien. Très bien même. Sa surface a plus que doublé en deux siècles, pour atteindre aujourd’hui environ 17 millions d’hectares, soit un quart du territoire. Ce chiffre pourtant, ne dit rien des bouleversements qu’elle connaît depuis quelques années, et surtout de son « état de santé », alerte le réalisateur François-Xavier Drouet dans le documentaire « Le Temps des forêts », en salle ce mercredi 12 septembre. Soumise à des impératifs économiques de plus en plus forts, la forêt française obéit selon lui aux mêmes logiques que l’agriculture productiviste intensive. Entretien.

Dans votre film, « le Temps des forêts », vous dressez un tableau assez sombre de l’état de la forêt française…

A l’inverse d’autres pays, où les forêts sont décimées, la France n’est pas menacée par un phénomène de déforestation. Après un point bas au XIXe siècle, la surface boisée ne cesse depuis de progresser. Le plateau de Millevaches, où je vis, est aujourd’hui une zone boisée à 70% alors que l’on n’y trouvait aucune forêt il y a un siècle !

Mais cette croissance ne signifie pas que la forêt française se porte bien pour autant. En France, le problème ne se pose pas en termes de déforestation, mais plutôt de « mal-forestation ». Quand on regarde de plus près à quoi ressemble un nombre croissant de forêts, et la manière dont elles sont gérées, on se rend compte que celles-ci sont en effet de plus en plus standardisées et artificielles.

On plante un peu partout la même espèce d’arbre à croissance rapide (le sapin de Douglas), en ligne, tous les trois mètres ; on les coupe de plus en plus tôt, au bout de 30 ou 40 ans, parfois à blanc, au détriment des paysages ; on replante certes des arbres, mais on utilise pesticides et engrais pour les faire pousser plus vite. Dans le même temps, on se débarrasse des autres espèces d’arbres, des feuillus notamment, pour ne pas gêner cet ordonnancement.

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La forêt française est en train de suivre le même modèle que l’agriculture productiviste intensive : elle est gérée comme s’il s’agissait d’un champ de blé à moissonner. Mais ce mode de gestion pose d’importants problèmes environnementaux.

Lesquels ?

Dans les forêts où on ne trouve qu’un seul type d’arbre, il n’y a pas ou peu de biodiversité. Mon film s’ouvre sur une scène tournée dans une forêt du Limousin. On y voit des rangées d’arbres uniformes. Il règne dans cette forêt un profond silence, il n’y a aucun bruit d’oiseaux. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils n’ont pas de quoi se nourrir ou construire leur nid. Ces plantations en monoculture sont de plus en plus privilégiées alors qu’elles appauvrissent considérablement les sols et la biodiversité.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, planter un arbre n’est pas en soi un acte positif. Sa valeur écologique dépend de la manière dont il est planté, de comment il est géré puis abattu. Un arbre n’est pas l’égal d’un autre arbre… Raser une forêt naturelle pour la remplacer par une monoculture n’a rien d’écologique. Certes on plante beaucoup d’arbres aujourd’hui en France, mais on est de moins en moins à l’écoute de leur rythme naturel. On ne leur laisse pas le temps de se régénérer naturellement ni de gagner en maturité.

Vous dénoncez dans ce documentaire une industrialisation sans précédent de la forêt. Quelles sont les raisons de ce phénomène ?

Le mode de gestion actuel consiste à adapter la forêt aux besoins de la grande industrie pour faire face à la concurrence d’autres pays producteurs de bois, comme les pays scandinaves. Les politiques ont décidé de privilégier le volume de bois récolté plutôt que la qualité, d’où le choix d’une sylviculture ultra-simplifiée, néfaste pour la biodiversité. Par exemple, dans le Massif central, on ne plante quasiment plus que du douglas. Pour l’industrie, il n’a que des avantages : il se plaît bien en France− il vient des États-Unis −, il produit du bois pour des usages multiples, son cœur est imputrescible, il pousse vite et droit.

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La mécanisation, à partir des années 1990, a évidemment accéléré ce phénomène. L’abatteuse réalise le travail qui était auparavant assuré par sept à douze bûcherons. On peut donc couper plus d’arbres, plus rapidement, et alimenter des méga-usines qui travaillent à flux tendu. Le coût de ces machines est par ailleurs tellement élevé que pour les rentabiliser et rembourser leurs prêts contractés auprès des banques, les exploitants sont obligés de couper toujours plus, y compris les jours de pluie, ce qui contribue à saccager les sols et les cours d’eau en raison du poids des engins. Les entrepreneurs de travaux forestiers sont en quelque sorte devenus esclaves de ces machines.

Ces dernières années, l’essor du « bois-énergie », pourtant présenté comme écologique puisqu’il est une alternative aux énergies fossiles, participe aussi à cette forte pression sur les forêts. Alors qu’autrefois on utilisait des déchets de scierie, des parcelles entières sont désormais rasées pour être transformées en granulés. Ces peuplements sont jugés improductifs parce qu’ils ne correspondent pas aux standards de l’industrie. Ils sont remplacés par des monocultures à grands renforts d’aides publiques.

La forêt publique, gérée par l’Office national des forêts (ONF), échappe-t-elle à ce phénomène ?

L’industrialisation de la forêt est une politique soutenue et encouragée par la puissance publique. La forêt publique, qui représente un quart de la forêt française, mais 40% du bois commercialisé, est elle aussi de plus en plus soumise à des impératifs de rentabilité. Historiquement, cette forêt a toujours eu plusieurs fonctions : économique, mais aussi écologique, sociale, récréative, paysagère… La pression de la filière bois est telle que la première prédomine de plus en plus clairement. Les syndicats dénoncent une tendance à considérer la forêt comme une « usine à bois », où le forestier n’est plus qu’un simple récolteur de bois.

Pour les agents de l’ONF, cette priorité donnée aux activités rentables de la forêt, au détriment de celles de service public − comme la surveillance et la protection des espaces − est une forme de négation du métier de forestier. Les agents sur le terrain subissent une pression de plus en plus forte, ce qui occasionne une souffrance sociale et éthique. Plus de cinquante suicides ont d’ailleurs été répertoriés depuis 2002… De nombreux agents de l’ONF ressentent une perte de sens, et craignent à terme une forme de privation de l’ONF.

Au-delà des gardes-forestiers, quelques citoyens commencent eux aussi à questionner cette manière de gérer la forêt…

Des citoyens, mais aussi de plus en plus de gestionnaires forestiers et propriétaires s’opposent à ce modèle productiviste et tentent de promouvoir une approche différente. Dans le Morvan, des habitants se sont unis pour former un Groupement forestier afin de racheter des forêts. Ils militent pour une sylviculture plus douce et défendent l’idée qu’on peut produire du bois sans saccager la biodiversité.

L’association Pro Silva, qui regroupe plus de 6.000 forestiers en Europe, montre bien qu’économie et écologie n’ont pas à être opposées. S’appuyer sur les dynamiques naturelles est d’ailleurs souvent la meilleure façon d’obtenir les meilleurs rendements à longs termes…

Quelle forêt voulons-nous ? Un espace naturel vivant ou bien un champ d’arbres artificiel ? C’est cette question qui est au cœur du film. Le modèle productiviste actuel doit être questionné : les choix que nous faisons aujourd’hui nous engagent pour des décennies.

Propos recueillis par Sébastien Billard

L’article de L’OBS est ici.

 

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Le tribunal administratif de Strasbourg donne un coup d’arrêt au GCO (Grand Contournement Ouest)

389  Un article de Reporterre, par Guillaume Krempp, le 14/09/2018.

Vendredi 14 septembre, le tribunal administratif de Strasbourg a suspendu l’arrêté permettant les travaux préparatoires pour la construction du viaduc de Kolbsheim.

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Nouveau rebondissement dans le dossier GCO. En fin d’après-midi ce vendredi 14 septembre, le tribunal administratif de Strasbourg s’est prononcé en faveur de la suspension d’un permis d’aménagement d’un ouvrage du GCO, près de Kolbsheim : « L’arrêté du préfet du Bas-Rhin du 26 octobre 2017 accordant à la société ARCOS un permis d’aménager […] est suspendu. » C’est une victoire pour les opposants au GCO, dont une cinquantaine s’était réuni dans la matinée, moment où l’audience se déroulait.

- Communiqué de presse du tribunal

- Ordonnance du tribunal

L’audience avait débuté par la plaidoirie de François Zind, représentant de l’association Alsace Nature. L’avocat a dénoncé une « insuffisance substantielle dans la notice d’impact » du viaduc sur le château de Kolbsheim. Pour le spécialiste du droit environnemental, le concessionnaire du GCO, Arcos, a négligé les conséquences de l’ouvrage sur le paysage visible de ce monument historique. Ce point a été retenu par le tribunal administratif de Strasbourg :

« Le premier moyen est tiré de ce que les prescriptions de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) sont dénuées de portée normative et renvoient à l’avenir, l’ABF n’ayant pas entendu donner un avis définitif sur les caractéristiques essentielles du projet et ne pouvant valoir accord au sens de l’article L. 632-2 du code du patrimoine. »

L’avocat a aussi fustigé une étude d’impact du projet datant de 2005, « la préhistoire de la prise de conscience environnementale en France. » Le tribunal administratif de Strasbourg a aussi repris cet argument dans ses conclusions :

« Le second moyen est tiré de la méconnaissance de l’article R. 441-5-2° du code de l’urbanisme, le dossier de demande d’autorisation de permis d’aménager ne contenant pas l’étude d’impact actualisée du projet GCO alors que cette disposition est susceptible de s’appliquer dès le 1er février 2017 au motif que l’Etat doit être regardé comme maître d’ouvrage au sens de l’article 6 de l’ordonnance du 3 août 2016 par l’effet de la directive n° 2011/92/UE. »

Le tribunal administratif de Strasbourg condamne l’État à verser 2.000 euros à l’association Alsace Nature. Interrogé suite à l’audience, l’avocat de l’association environnementale Me François Zind a indiqué qu’une telle conclusion « ne signifiait pas automatiquement la fin du déboisement mais qu’elle pouvait peser lourd dans le débat public. »

Si en droit, le déboisement entrepris par Vinci pourrait continuer lundi, ce serait en fait une provocation, alors que l’on attend mercredi d’autres décisions du tribunal.

Deux audiences, le 19 et 20 septembre

Car deux autres requêtes en référé lancées par Alsace Nature doivent encore être traitées la semaine prochaine. Mercredi 19 septembre, le tribunal administratif de Strasbourg se penchera sur l’arrêté unique pour la totalité des travaux du GCO. Jeudi 20 septembre, une autre procédure portera sur la modification du Plan Local d’Urbanisme de Brumath, nécessaire pour s’adapter à la conception de l’échangeur nord.

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« Aux arbres citoyens ! »

En attendant les prochaines audiences, les opposants au GCO appellent à se rassembler à Kolbsheim samedi 15 septembre à 14h. Michael Kugler, l’un des meneurs de la lutte contre le projet autoroutier, évoque la venue de militants écologistes de Paris et de Lorraine. Intitulée de la manifestation : « Aux arbres citoyens ! »

Les travaux avaient commencé avant la conclusion des requêtes en référés. Un point dénoncé par le syndicat des avocats de France dans un communiqué du 13 septembre :

« Comment admettre que les gendarmes mobiles en place actuellement sur la zone facilitent un déboisement irréversible potentiellement illégal, et repoussent violemment les opposants, alors que les recours ne sont pas purgés ? »

Les réactions des élus

Quatre jours après avoir été victime du gaz lacrymogène, Karima Delli, eurodéputé écologiste, est toujours sous le choc : « J’ai été bousculée par ce qui m’est arrivé lundi, donc je suis en train de me reposer. » D’une voix faible, dont elle s’excuse régulièrement, elle enjoint le ministre de la Transition écologique à suspendre le projet :

« Combien de violence inutile pour en arriver là… C’est une bonne nouvelle que la destruction aveugle de la biodiversité et de la nature prenne fin. Je demande à François de Rugy de mettre en place un moratoire et d’ouvrir la discussion. Il faut mettre fin à la confrontation. »

Dany Karcher, maire de Kolbsheim, tempère la joie des opposants au projet autoroutier :

« Le résultat de l’arrêté qu’on attend surtout, c’est celui de mercredi prochain. Il peut suspendre les travaux. De mon point de vue, on devrait déjà arrêter les travaux et attendre les autres conclusions des autres procédures en référé. Parce que là, le déboisement peut continuer lundi et ce, « légalement ». Mais de tels agissements ne seraient pas légitimes. Heureusement, samedi n’est pas un jour de travail. Les gens n’auraient pas compris que l’on continue de couper les arbres. »

Sur le plan européen, Yannick Jadot, eurodéputé écologiste, souhaite lancer une pétition et questionner le financement du projet par la Banque européenne d’investissement (BEI) :

« Nous travaillons sur le financement de la BEI, pour avoir des explications sachant qu’elle est censée répondre à des critères environnementaux et climatiques. Et on va voir ce qu’on peut faire au niveau d’une pétition autour de le menace qui pèse sur la biodiversité. Nous souhaitons ainsi interpeller la commission européenne. »

M. Jadot poursuit :

« Cette voracité à détruire est choquante pour un gouvernement qui prétend encore avoir des idées écologistes. Quelle est l’urgence à abattre en 20 secondes un arbre centenaire ? Il faut absolument suspendre l’ensemble des travaux. Ce gouvernement aurait dû les suspendre en attente des décisions de justice. Je souhaite que François de Rugy ne se fasse pas l’allié cynique de décisions profondément choquantes du point de vue de l’environnement et du point de vue des gens sur place. La France est incapable de tenir ses objectifs sur le climat parce qu’elle est obsédée par la satisfaction des appétits d’un certain nombre de lobbies, qui sont à des années lumières de l’intérêt général. »

Martine Wonner, députée du Bas-Rhin et qui a elle aussi subi les gaz lacrymogènes, sera présente lors de la manifestation des opposants au GCO, à 14h à Kolbsheim. Elle sait que la décision du tribunal est incomplète :

«C’est une première étape, un soulagement mais je ne crie pas du tout victoire. Ils peuvent continuer les travaux préparatoires. D’autres arbres tomberont. Le plus important, c’est mercredi au tribunal administratif. Là, l’autorisation unique pourrait être suspendue et ce serait tout le projet qui serait suspendu. Nous avons fait un appel en entendant les propos de François de Rugy estimant qu’il n’y avait plus rien à faire et que tout était lancé. Il en décide avant même qu’on se rencontre. Nous lui avons proposé de venir sur site. Nous tenons à ce que le dialogue puisse reprendre.»

« Samedi une marche citoyenne aura lieu, et sans doute une chaine humaine, des chants. Madame la pasteure va sans doute dire quelques mots. Il y aura une petite délégation qui ira sur le site des arbres coupés, le temps d’aller voir l’état de la forêt au moins. J’ai demandé à ce qu’il y ait au moins deux zadistes, représentants, afin qu’ils puissent raconter ce qu’ils ont vécu pendant l’évacuation. Il y aura aussi le maire de Kolbsheim, des membres des associations Alsace Nature, France Nature Environnement et moi-même. »

L’article de Reporterre est ici.

 

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