La Commission Européenne demande à la France de mettre fin à la chasse illégale

  Un article de LPO, le 02/07/2020.

La France dispose désormais de 3 mois pour se mettre en conformité avec le droit européen ou risquer une saisine de la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Dans une série de décisions juridiques relatives à des poursuites engagées contre ses États membres publiée le 2 juillet, la Commission Européenne vient d’adresser un avis motivé à la France afin qu’elle prenne des mesures contre certaines pratiques de chasse et de capture d’oiseaux. Cette décision fait suite à une plainte contre la France déposée par la LPO le 2 avril 2019 concernant plusieurs infractions au droit européen: l’autorisation de pratiques cynégétiques traditionnelles selon des méthodes de capture non sélectives, tel le piégeage à la glu ; le prolongement de la chasse aux oies sauvages au mois de février pendant leur période de migration printanière ; l’autorisation de chasser des espèces en mauvais état de conservation, comme la Tourterelle des bois.

Ces pratiques sont en effet illégales et interdites par la directive européenne 2009/147, dite « directive oiseaux », qui vise à protéger toutes les espèces d’oiseaux naturellement présentes à l’état sauvage dans l’Union européenne. La Commission Européenne déplore notamment que parmi les 64 espèces pouvant aujourd’hui être chassées en France, seules 20 présentent un bon état de conservation.

Cet avis motivé de la Commission Européenne fait suite à une première lettre de mise en demeure envoyée à la France en juillet 2019, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour se mettre en conformité avec le droit européen. Le gouvernement français dispose à présent d’un délai de trois mois pour répondre aux préoccupations de la Commission. À défaut, celle-ci pourrait décider de saisir la Cour de justice de l’UE.

Provocation française

Le 26 juin dernier, 11 projets d’arrêtés ministériels fixant les quotas de chasses traditionnelles dans plusieurs départements français ont été publiés par le Ministère de la Transition écologique et solidaire. Strictement identiques à ceux de l’année précédente, ils prévoient d’autoriser à nouveau pour la campagne de chasse 2020-2021 la capture de 156 030 oiseaux sauvages dans les conditions que dénonce la Commission Européenne.

La LPO demande le retrait immédiat de ces 11 projets d’arrêtés qui constituent une provocation envers la justice européenne et font encourir de lourdes sanctions financières à la France. Dans les trois mois qui suivent, la France devra également s’engager à ne pas prolonger la chasse aux oies sauvages au-delà du 31 janvier et interdire de chasser 20 espèces d’oiseaux inscrites sur la liste rouge européenne des espèces menacées de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), dont le prochain congrès mondial aura lieu à Marseille en Janvier 2021.

Pour Allain Bougrain Dubourg : « Emmanuel Macron avait promis de suspendre la chasse aux oiseaux les plus gravement menacés. Non seulement il n’a pas tenu ses engagements, mais il s’est acharné à faire couler le sang lors de pratiques iJnqualifiables qui conduisent à la souffrance et l’agonie de la biodiversité. Après avoir tenté tous les recours et devant le mépris de l’exécutif, la LPO s’est retournée vers l’Europe qui, aujourd’hui, tire nos consciences vers le haut. »

L’article de la Ligue de Protection des Oiseaux est ici.

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L’exploitation des forêts s’accroît de manière abrupte en Europe

  Un article de Reporterre, le 02/07/2020.

C’est une étude qui fait frémir. Alors que les forêts constituent un important puits de carbone, indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique, les États membres de l’Union européenne (UE) auraient augmenté de manière « abrupte » leur récolte de bois depuis 2016 pour nourrir la hausse de la demande et les nouvelles centrales électriques.

Publiée mercredi 1er juillet dans la revue Nature et écrite par le centre de recherche de la Commission européenne, cette étude s’appuie sur des données satellitaires d’une résolution à échelle fine. Elle montre que les aires boisées exploitées se sont largement étendues : leur superficie a augmenté de 49 % par an en moyenne en 2016-2018 par rapport à 2011-2015, ce qui représente une perte annuelle de biomasse de bois de 69 % pour les forêts de l’UE.

Cette intensification des coupes n’est pas liée à l’arrivée d’arbres à maturité mais bien à un boom des marchés, précise l’étude. Ce phénomène est particulièrement visible dans les pays du nord comme la Suède et la Finlande. Les deux pays concentrent à eux deux la moitié de l’augmentation totale. Mais la France, l’Espagne, la Pologne, le Portugal sont aussi touchés. La taille moyenne des parcelles coupées a grandi de 44 % dans 21 des États membres. Les forêts de feuillus sont violemment touchées.

Les auteurs de l’étude rappellent que les forêts européennes ont absorbé ces 25 dernières années, environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne. Mais au rythme actuel, elles ne seront bientôt plus en mesure d’atténuer le changement climatique, alertent-ils.

L’article de Reporterre est ici.

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Convention climat : «Il y aurait eu moyen de progresser sur une taxe carbone socialement juste»

  Un article de Libération, par Coralie Schaub, le 24/06/2020.

Ancien président de l’Autorité environnementale, Michel Badré salue les travaux de la Convention citoyenne sur le climat. Mais regrette que certains sujets n’aient pas été abordés, comme la taxe carbone ou le nucléaire.

Emmanuel Macron à la Convention citoyenne pour le climat, le 10 janvier. Photo Yoan Valat. AFP

Ancien haut fonctionnaire, Michel Badré a présidé l’Autorité environnementale, instance du ministère de l’Ecologie contrôlant l’évaluation environnementale des grands projets d’infrastructure en France. Membre de l’association Humanité et biodiversité, il la représente au Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui organisait la Convention pour le climat.

La Convention citoyenne pour le climat était-elle une première ?

Il y a déjà eu des expériences de démocratie citoyenne dans d’autres pays et en France, mais celle-ci est originale. D’abord en raison du nombre de citoyens réunis. L’effectif des conventions déjà organisées en France était plus réduit : 25 ou 30 personnes et pas 150. Ce qui change beaucoup de choses. Vous ne mettez pas 150 personnes dans une salle en leur demandant de produire toutes seules un avis, spontanément, sur des sujets complexes. Ce qui veut dire que le pilotage est essentiel. Et celui-ci n’est jamais neutre. Nul ne peut dire que ce genre de processus échapperait complètement à tous les jeux de pression divers, contrairement aux débats parlementaires habituels. Il y a forcément des jeux d’influence : les 150 personnes ont auditionné des experts et un expert n’est jamais neutre, ce qui est normal.

Ensuite, en raison de la question posée. On a souvent fait référence à des expériences internationales, notamment en Irlande et en Islande, où il y a eu des assemblées citoyennes avec des effectifs importants. Mais c’était sur des questions sociétales, plutôt que techniques ou économiques.

Ceci dit, faire participer 150 personnes représentant tous les âges, les catégories socio-professionnelles, la parité hommes-femmes, était une excellente idée. Si la société n’est pas impliquée sur les enjeux de climat et de biodiversité, qui sont fondamentaux et concernent tout le monde, on continuera à faire du surplace. Et l’expérience qui vient de se tenir est remarquable en ce que les citoyens se sont approprié ces sujets complexes.

Qu’avez-vous pensé de l’organisation elle-même et de la méthode de vote ?

A première vue, du bien. On peut discuter de la méthode consistant à voter les propositions par blocs. Il aurait pu être envisagé de procéder à un vote mesure par mesure, comme nous l’avons déjà fait au Cese, par exemple pour le vote de la contribution citoyenne sur le thème «fractures et transitions». Il est significatif de voir que la plupart des blocs de propositions ont été votés avec un score stalinien, et certaines, plus rares, à 60 ou 70%. Ce sont ces dernières, qui portaient sur les questions de fond, les plus délicates, qu’il faut regarder de près.

Sur le fond, que pensez-vous des propositions ? Assez ambitieuses ou pas ?

J’essaye souvent de lire et analyser des documents volumineux, comme ce rapport de propositions de la Convention citoyenne, en cherchant ce qui y figure et aussi ce qui n’y figure pas. Des propositions intéressantes figurent dans le rapport final, par exemple sur la rénovation thermique des bâtiments ou les transports en commun. Ces idées étaient souvent déjà sur la table, mais le fait que les citoyens se les approprient est important. Cela doit permettre aux pouvoirs publics d’engager désormais les moyens – qui se chiffrent en milliards d’euros – à la hauteur des enjeux.

Reste que certaines choses ne figurent pas dans le rapport, ou partiellement. A commencer par la question de la fiscalité. Il y a deux sujets qui fâchent dans ce domaine : l’écotaxe poids lourds, qui a mobilisé les bonnets rouges, et la taxe carbone, qui a mobilisé les gilets jaunes. Les deux ne sont abordés dans le rapport final que d’une façon très prudente. Or il y a quand même un moment où le sujet doit être mis sur la table.

Sur l’écotaxe, la proposition d’une vignette pour les poids lourds ne résout que très partiellement le problème, puisque la vignette est un droit d’usage non limité en kilomètres. Celui qui a pris la vignette a au contraire intérêt à rouler le plus possible et donc consommer le plus possible pour amortir celle-ci. Contrairement à l’écotaxe, qui est une taxe au kilomètre permettant de limiter la consommation.

Même chose pour les transports aériens. Là aussi, la Convention fait une proposition très prudente sur la modulation du prix des billets d’avion. On sait bien que la crise frappe durement le secteur des transports et que des décisions brutales peuvent poser problème. Il n’empêche que ces questions de transport routier de marchandises et de transport aérien sur des distances relativement courtes devront être posées. Enfin, s’agissant de la taxe carbone, les citoyens ont proposé de poursuivre le moratoire sur sa hausse, qui est déjà appliqué. C’est une proposition on ne peut plus prudente.

Pourquoi cette opposition à l’écotaxe et à la taxe carbone ? Un défaut de pédagogie ?

C’est un peu plus qu’un défaut de pédagogie. Je me méfie de moi-même et des experts qui affirment, lorsque le public ne les comprend pas : «On n’a pas été assez pédagogique vis-à-vis d’un public pas assez intelligent, donc on va lui réexpliquer.» Le public n’est pas idiot, et quand il est contre un sujet c’est en général qu’il a une bonne raison.

Si on regarde la taxe carbone telle qu’elle est préconisée par les économistes, ils disent tous sans exception qu’elle peut être un bon outil incitatif pour que les gens émettent moins de CO2 par leurs actions directes ou indirectes, mais à une condition impérative : qu’il y ait compensation des inégalités sociales. Or, la taxe carbone telle qu’elle a été mise en place en France ne comportait pas ces mesures de compensation sociale, donc son rejet n’est pas étonnant. Si le pilotage de la Convention avait conduit les citoyens à se demander quels sont les moyens de compensation à mettre en place pour que la taxe carbone soit acceptable, socialement juste, il y aurait peut-être eu moyen de progresser.

Autre question qui n’a pas été posée : le nucléaire…

Le rapport final traite de la production, du stockage et de la distribution d’énergie. Le mot nucléaire n’y figure pourtant jamais. C’est dommage car il intéresse la question posée à la Convention citoyenne. C’est maintenant, dans un avenir très proche, qu’il va falloir décider si on investit beaucoup pour prolonger la durée de vie des réacteurs actuels, ou pour en construire de nouveaux, ou si on choisit plutôt d’investir plus dans les énergies renouvelables et la réduction de la consommation d’énergie. Les questions des déchets nucléaires, des coûts et de la sûreté ne sont pas non plus complètement réglées, c’est le moins qu’on puisse dire. Je ne pense pas que qui que ce soit ait cherché à tout prix à éviter que ces questions ne soient posées à la Convention citoyenne. Mais je trouve dommage que cela n’ait pas été le cas.

Que pensez-vous de l’idée de soumettre certaines questions à référendum ?

Je faisais partie de la commission de médiation sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il y a deux ans. J’avais alors regardé d’assez près la consultation locale qui avait été organisée en 2016 et qui avait à peu près tous les défauts. Y compris de conduire à un résultat qui n’a pas été mis en œuvre, ce qui a provoqué une amertume profonde et très compréhensible chez beaucoup de gens. Aujourd’hui, les 150 citoyens proposent de soumettre à référendum un projet de révision de la Constitution et un projet de reconnaissance du crime d’écocide. Les 150 ont eu raison de retenir ces deux questions plus générales, plutôt que de proposer un référendum sur une série de points très précis, comme la taxation du kérosène pour les avions. Plus un sujet est précis, plus il est complexe d’en décider par référendum.

Convention puis référendum : n’est-on pas en train de perdre du temps ?

Je ne pense pas du tout que la Convention ait fait perdre du temps. Le fait que 150 citoyens représentatifs de la société française s’expriment et disent «oui, tout cela est important, il faut faire d’urgence des choses sur le logement, la mobilité ou l’alimentation pour agir sur le climat», ce n’est pas du tout du temps perdu, cela a une grande valeur. Organiser un référendum sur l’article 1er de la Constitution, cela peut être intéressant aussi si cela permet de donner plus de poids à la Charte de l’environnement. Mais un référendum, c’est aussi un risque d’instrumentalisation à d’autres fins, et les 150 l’ont bien perçu.

L’article de Libération est ici.

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Glyphosate : soupçons de conflits d’intérêts au sein de l’Anses

  Un article de GoodPlanet, le 18/06/2020.

Dans une enquête publiée mardi 16 juin, Le Monde révèle les conditions, sujettes à caution, d’attribution d’un appel d’offre pour une étude sur le glyphosate par l’Anses (Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Photo d’illustration. Jean-François Monier/AFP

L’agence est chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché des pesticides et aussi de surveiller leur impact sanitaire ou environnemental. Or, un collectif de scientifiques alerte le journal en mettant en cause la procédure de sélection de laboratoires chargées de réaliser des études sur le glyphosate. Ils s’interrogent ainsi sur l’indépendance et la déontologie dont a fait preuve l’Anses.

L’Anses avait lancé un appel d’offre pour mener une étude sur le potentiel cancérogène du glyphosate. Un consortium de sept laboratoires a donc été retenus par l’agence, fin avril. Sa composition est cependant dénoncée par la députée Delphine Batho, qui a interpellé le gouvernement sur le sujet, ainsi que par un collectif de lanceurs d’alerte dans un rapport remis au Monde.

En effet, le consortium sélectionné est coordonné par l’IPL (Institut Pasteur de Lille), dirigé par Fabrice Nesslany. Or, cette même personne est à la tête du groupe d’expertise collective d’urgence (GECU) de l’Anses. C’est ce groupe qui a participé à la rédaction du cahier des charges l’appel d’offre selon Mme Batho, citée par le Monde.

Selon le collectif, « conflits d’intérêts et favoritisme ‘minent la réponse scientifique attendue par les autorités’ ». Le rapport du collectif lanceur d’alerte révèle de plus que deux autres laboratoires sélectionnés présentaient aussi des chercheurs qui avaient pris part à l’élaboration de l’appel d’offre. Les lanceurs d’alertes remettent aussi en cause le choix du GECU pour établir le cahier des charges.

En 2016, M. Nessany avait par ailleurs pris part à la rédaction d’un rapport d’expertise ayant conduit l’Anses à émettre un avis plutôt favorable au glyphosate, a soulevé Delphine Batho, créant selon elle un « risque d’un manquement à l’impartialité ».

Glyphosate et fongicides SDHI, mêmes enjeux ?

Ces révélations iraient donc à l’encontre de la déontologie de l’Anses. « Cela peut faire naître le soupçon que le cahier des charges a été constitué de manière à favoriser sa propre candidature », selon Marie-Angèle Hermitte, directrice de recherche au CNRS et membre du Comité de déontologie et de prévention des conflits d’intérêts de l’Anses (CDPCI), s’exprimant à titre personnel dans Le Monde.

Un doute renforcé par les exigences sur les tests contenus dans le cahier des charges pour lesquels l’IPL est le seul laboratoire en France homologué. Or, le CDPCI de l’Anses ne peut être saisi actuellement car inactif en raison de nombreuses démissions. Le collectif lanceur d’alerte souligne d’autres lacunes dans l’appel d’offre et le cahier des charges, comme notamment le fait que seul le principe actif soit étudié et non les produits commercialisés.

Suite à ces révélations, le Mouvement des Coquelicots a considéré que ces informations pouvaient renforcer leurs craintes concernant les autorisations d’épandages de SDHI délivrées par l’Anses, une « nouvelle famille de pesticides toxiques » au sujet desquels « l’agence favorise systématiquement les intérêts industriels au détriment de la santé publique ». Alors qu’au moment de ces révélations, leurs questions à l’Anses étaient demeurées sans réponses, le Mouvement des Coquelicots a demandé à être reçu à l’Anses, ce mercredi.

L’article de GoodPlanet Mag’ est ici.

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[Bonne Nouvelle] La population de loups continue à progresser en France

  Un article de Novethic, le 21/06/2020.

La population de loups gris en France est estimée à 580 loups adultes, contre 530 un an plus tôt. Une très bonne dynamique pour cette population de canidés qu’il faut toutefois légèrement nuancer alors que le rythme de croissance ralentit un peu et que la mortalité augmente. De leur côté, les fédérations d’agriculteurs dénoncent de trop nombreuses attaques.

« L’estimation des effectifs (de loups en France) est à 580 au sortir de l’hiver », a indiqué l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’AFP. Mais « la dynamique de progression de la population ralentit » avec « un taux de survie qui baisse », les raisons devant encore être étudiées. Il y a un an, la population adulte avait progressé de 100 individus, passant le cap des 500.

Le plan loup adopté en 2018 prévoyait que ce seuil ne serait atteint qu’en 2023. Il correspond à l’aptitude d’une population à moyen terme (100 ans) « à résister au risque d’extinction ». « Il n’y a toujours pas de meutes constituées en dehors des Alpes et du Jura », même si le loup peut être présent de façon permanente dans d’autres régions et que des individus solitaires ont pu être observés jusqu’au Centre ou en Normandie, selon l’OFB.

Ces carnivores, éradiqués par l’homme dans les années 1930 et revenus naturellement par l’Italie dans les années 1990, se concentrent dans les Alpes, le Sud-Est et l’Est. La présence de plus en plus importante du prédateur est combattue par les éleveurs qui dénoncent les attaques contre leurs troupeaux. Dans un communiqué commun, huit fédérations agricoles et d’éleveurs, dont la FNSEA, critiquent des « attaques à répétition (…) les retards de paiements observés pour le financement des moyens de protection et les indemnisations des dommages ».

Demande d’accroissement des prélèvements

En 2019, 3742 attaques ont eu lieu contre 12451 animaux, en majorité des ovins, selon les chiffres officiels. Plus de 7,4 millions d’ovins sont présents en France, avec plus de 21000 éleveurs ovins professionnels, selon la Fédération nationale ovine (FNO). L’État finance des dispositifs de protection dans les zones de prédation (parcs électrifiés, chiens, gardiennage par des bergers).

Bien que le loup gris soit une espèce protégée en France et en Europe, un quota est fixé chaque année autorisant à en tuer. Ce quota est actuellement de 17 à 19 % de la population estimée. En 2019, une centaine de loups ont été prélevés. La FNSEA, les Jeunes agriculteurs ou encore la FNO demandent « le droit de n’avoir aucun plafond de prélèvement » ou encore « le droit d’avoir zéro attaque sur son troupeau ».

L’article de Novethic est ici.

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La coupe rase, une aberration écologique qui menace nos forêts

  Un article de Reporterre, par Gaspard d’Allens, le 15/06/2020.

Résultats d’une gestion industrielle des forêts, les coupes rases se développent en France. Forêts uniformisées, biodiversité en berne, érosion des sols et hausse des températures… Reporterre fait le point sur les conséquences de cette pratique.

Des forêts moissonnées comme des champs de blé. Des machines qui arrachent, coupent et débitent un arbre en moins d’une minute. Des hectares entiers dévastés, la surface scalpée de toute végétation, creusée par des ornières béantes à même l’humus. Ces scènes ne se déroulent pas à l’autre bout du monde mais au cœur des massifs français, dans le Morvan, dans le Limousin, dans les Landes. En cause ? La sylviculture industrielle et la pratique, si singulière, des coupes rases qui s’est développée ces derniers temps.

« Les forêts françaises sont aujourd’hui à la croisée des chemins, comme le modèle agricole dans les années 1950 », alerte l’association Canopée. La menace d’une industrialisation plane et devient sur certains territoires de plus en plus palpable. Des forêts de feuillus diversifiées sont transformées en monocultures résineuses. L’âge d’exploitation des arbres est sans cesse abaissé. En France, 79 % des arbres ont moins de cent ans. Plus de la moitié des forêts du Morvan ont été remplacées par des plantations de douglas ou d’épicéas.

Au centre de ce système productiviste, la coupe rase cristallise toutes les tensions. Début juin, des associations écologistes, dont Canopée et SOS forêts, ont lancé une série d’actions et de manifestations pour dénoncer cette pratique. Des parlementaires, à l’initiative de la députée France insoumise Mathilde Panot vont aussi déposer dans les prochains jours une proposition de loi pour interdire les coupes rases supérieures à 0,5 hectare. Le bras de fer est engagé. Reporterre revient sur les éléments clés de la bataille.

Une coupe rase, qu’est-ce que c’est ?

Pour les habitants du Morvan ou du Limousin, la définition saute aux yeux. Le bruit des machines et le fracas des arbres qu’on tronçonne se déroulent devant chez eux. D’après l’Inventaire forestier national (IFN), une coupe rase « désigne en gestion forestière l’abattage de l’ensemble des arbres d’une parcelle ». Elle est utilisée soit pour remplacer une essence par une autre, souvent des feuillus par des résineux, soit pour couper l’ensemble d’une parcelle cultivée en futaie régulière : un modèle de gestion sylvicole où les arbres ont le même âge, la même hauteur et peuvent donc être abattus en même temps.

Coupe rase en Gironde, à Lugos.

Les coupes rases ont pris de l’ampleur après la Seconde Guerre mondiale, d’abord aux États-Unis où les militaires ont reconverti leurs matériels — tanks et autres engins à chenilles — en outils agricoles et forestiers. Elles se sont ensuite propagées en Europe à mesure que la mécanisation des travaux forestiers s’intensifiait. Avec l’arrivée des abatteuses en France — ces monstres d’acier mi-tractopelle mi moissonneuse-batteuse — les coupes rases sont devenues la norme en futaie régulière. Les abatteuses remplacent entre huit et dix bûcherons, pèsent au moins vingt tonnes et empilent plus de 250m3 de bois par jour.

Pour l’association Canopée, « la coupe rase est indissociable d’un modèle industriel de la forêt ». Elle termine le cycle de la plantation artificielle et est d’autant plus rentable et efficace que la forêt est uniformisée. Ce système est portée par les grosses coopératives forestières qui proposent aux propriétaires une gestion clé en main. Elles détiennent sur l’ensemble de la filière un quasi monopole puisqu’elles produisent à la fois les plants, conduisent et conseillent les travaux et commercialisent le bois. La coopérative Alliance forêts bois, par exemple, vend un tiers des plants forestiers en France grâce à sa filiale Forelite. Elle a donc tout intérêt à préconiser des coupes rases… pour mieux vendre ensuite des travaux de plantation.

Peu de données existent pour évaluer en France l’étendue des coupes rases. La dernière étude remonte à 1999. Elle estimait à l’époque le nombre de coupes à 48.900 chaque année, couvrant une surface totale d’environ 104.300 hectares. Soit 0,8 % de la surface forestière nationale. Les chiffres actualisés manquent. Les plantations représenteraient aujourd’hui environ 16 % de la forêt française. Une proportion qui peut sembler assez faible à l’échelle nationale mais qui cache des disparités locales. Sur le plateau de Millevaches ou les Landes, par exemple, la majorité des forêts sont plantées et soumises aux coupes rases.

Des forêts de feuillus diversifiées sont transformées en monocultures résineuses.

La demande accrue en bois énergie, depuis le Grenelle de l’environnement en 2007, contribue aussi à la multiplication de cette pratique. Les forêts sont de plus en plus considérées comme la solution miracle pour remplacer notre dépendance aux énergies fossiles et des arbres entiers sont transformés en granulés alors qu’ils pourraient être utilisés pour d’autres usages. Dans le projet de Stratégie nationale bas carbone, le gouvernement prévoit d’augmenter les coupes de 70 % d’ici 2050 — passant de 48 mégamètres cubes de bois récolté en 2015 à 65 en 2030 et 83 en 2050.

Quelles conséquences sur l’environnement et la biodiversité ?

Les coupes rases n’ont pas seulement un impact paysager ou esthétique, loin de là. En rasant du jour au lendemain l’ensemble d’une parcelle forestière, elles stoppent net le cycle de la vie et dégradent durablement les écosystèmes. Les espèces d’oiseaux associées aux gros bois perdent leurs habitats, comme les pics ou les sittelles, de même que les insectes xylophages ou encore les chiroptères. C’est tout un cortège d’animaux, de petits mammifères, de champignons et de plantes connexes qui s’en trouve bouleversé. La microfaune est broyée. Le monde fongique aussi.

« Après une coupe rase, la température peut augmenter de plus de dix degrés au sol, indique le naturaliste Alain-Claude Rameau, auteur du livre Nos forêts en danger (Atlande, 2017). Les champignons mycorhiziens — indispensables à l’alimentation des arbres — ne supportent pas le dessèchement ni l’exposition à de trop fortes températures. Ils sont éliminés, décrit-il. Une coupe rase peut aussi créer des frontières et être impossible à traverser pour des insectes comme le pique prune ou le grand capricorne. »

Plusieurs études montrent un déclin de la faune et la flore dans les milieux forestiers. 40 % des espèces de coléoptères saproxyliques (dépendant du bois mort) sont menacées. D’autres insectes le sont également comme la cétoine dorée, la lucane cerf-volant ou la rosalie alpine. Même des oiseaux sont concernés : la pie grièche grise, le torcol fourmilier ou le gobe mouche. L’homogénéisation des forêts explique en partie cette chute de la biodiversité. 30 % des insectes forestiers dépendent des arbres morts, 40 % des oiseaux des bois ont besoin d’arbres sénescents : ce sont des écosystèmes qui n’existent pas dans des plantations gérées en coupes rases.

L’utilisation de matériels lourds — abatteuses et débardeurs — malmène aussi les sols, elle les tasse et les rend durs comme une cuirasse de béton. Elle appauvrit la vie organique. L’arrachage des souches enlève également une source précieuse d’humus et de minéraux. « Il faut cent ans pour fabriquer un centimètre de sol forestier et dix minutes pour le détruire », résume Vincent Magnet, adhérent de l’association Nature sur un plateau dans le Limousin.

Mis à nu par une coupe rase, le sol s’érode. Ici, une coupe dans le Morvan.

Mis à nu, le sol s’érode. Avec la pluie, sur les parcelles en pente, la terre descend dans les fonds de vallons, polluant les rivières et ensablant les frayères. L’association Eaux et rivières du Limousin a porté plainte à plusieurs reprises contre la filière bois. Les procès sont toujours en cours.

Quels impacts sur le climat ?

Le changement climatique sert d’alibi pour accroître les coupes rases. Les sécheresses et les attaques de pathogènes se multiplient notamment dans l’est de la France où la mortalité des arbres et les dépérissements sont très importants. « La filière en profite pour raser des peuplements jugés pas assez productifs en les remplaçant par des plantations », regrette l’association SOS forêt.

Pour accélérer le rythme des coupes, les industriels affirment, en effet, que les forêts vieillissantes seraient mal adaptées aux changements climatiques et que les jeunes plantations stockeraient plus de carbone. Ces deux arguments ne sont pourtant pas avérés scientifiquement.

De récents travaux, dans la revue Nature notamment, ont montré que les forêts âgées de plusieurs siècles, voire de millénaires, continuaient d’absorber du carbone. Le stockage ne se fait pas seulement dans la biomasse aérienne mais dans les sols forestiers. « Plus ces sols sont riches avec une forte activité biologique, plus il y a de carbone accumulé », précise le professeur au Museum national d’histoire naturelle, Jean-François Ponge.

Les espèces d’oiseaux associées aux gros bois perdent leurs habitats, comme les sittelles.

En mettant subitement à nu une forêt et en retournant la terre, une coupe rase peut être particulièrement néfaste. La matière organique se décompose et la coupe libère le carbone qui était stocké dans le sol. Nicolas Martin, chercheur à l’Inra (Institut national de recherche agronomique), a calculé qu’il faut environ 40 ans pour que la forêt compense les émissions qu’elle a produite suite à la coupe. « À court-terme, ce n’est donc pas neutre. Augmenter les coupes est incompatible avec les objectifs de la COP21 et l’urgence de la crise », dit-il.

Une étude parue en 2016 dans la revue Science remet aussi en cause le mode de gestion des forêts et leur capacité à tempérer le changement climatique. Les scientifiques y révèlent que « sur plus de deux siècles si les forêts étaient restées majoritairement feuillues et non gérées, elles auraient stocké 10 % de carbone en plus ». Remplacer des feuillus par des conifères, comme c’est le cas dans le Morvan, n’est pas forcément une bonne idée d’un point de vue climatique. Un article publié en 2018 dans la revue Nature montrait que les résineux, plus sombres, captaient plus de chaleur et alimentaient le réchauffement.

En rasant la végétation, la coupe rase accroît aussi les températures. Tout récemment, le 25 mai dernier, le CNRS a encouragé à maintenir en permanence un couvert forestier dense. « On augmente ainsi l’effet tampon de la canopée forestière qui agit comme une couverture isolante atténuant les températures maximales journalières, écrivent les scientifiques. Sur le long terme, une augmentation de cet effet tampon permet d’infléchir la courbe du réchauffement climatique tel que ressentie dans le sous-bois et ainsi de laisser le temps aux communautés végétales inféodées à ces milieux de s’adapter à ce changement. »

Existe-t-il des alternatives ?

Les coupes rases ne sont en rien une fatalité. De nombreux pays ont décidé de les réglementer voire de les interdire. Depuis 1902, la Suisse a banni les coupes rases de son pays. Dans une loi de 1991, elle précise que « les coupes rases et toutes les formes d’exploitation dont les effets pervers peuvent être assimilés à ceux des coupes rases sont inadmissibles ». En 1948, la Slovénie a suivi son exemple et rendu obligatoire « une sylviculture proche de la nature ». Depuis 1975, l’Autriche soumet les coupes de plus de 0,5 hectare à une autorisation spéciale et interdit celles de plus de deux hectares. Plusieurs Länder d’Allemagne ont aussi imposé de fortes restrictions aux coupes rases.

En Lettonie, leur taille est régulée en fonction du type de sol. Sur sol sec, elle ne doit pas dépasser cinq hectares. Sur sol humide, la coupe se fait par bandes n’excédant pas cinquante mètres de largeur pour les sols tourbeux, et cent mètres pour les sols minéraux. Toutes ces politiques se veulent des réponses locales aux dégradations des écosystèmes forestiers.

Coupe rase dans la forêt domaniale de Fourmies en septembre 2016.

À l’inverse, en France, la réglementation est assez permissive. Par exemple, l’article L124-6 du code forestier fixe une obligation de reconstitution du peuplement au plus tard cinq ans après une coupe rase plutôt que de définir une surface maximale à partir de laquelle les conséquences négatives des coupes rases seraient interdites.« Autrement dit, dans le code forestier actuel, la forêt n’est pas définie comme un écosystème vivant mais plutôt comme un capital dont on souhaite assurer la capacité à fructifier », analyse l’association Canopée.

Pourtant des alternatives existent. Depuis les années 1980, le collectif Pro silva qui compte près de 300 propriétaires en France prône la futaie irrégulière – une forêt diversifiée avec un mélange d’essence que l’on récolte pied par pied. Partout en France, des collectifs citoyens rachètent aussi des monocultures résineuses pour les gérer différemment en introduisant peu à peu des feuillus et en bannissant les coupes rases. Et ces modèles n’ont rien d’une utopie, ils fonctionnent dès à présent.

L’article de Reporterre est ici.

 

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L’Europe a échoué à enrayer le déclin de la biodiversité

Reporterre  Un article de Reporterre, le 09/06/2020.

Comment enrayer la sixième extinction de masse ? En Europe, la biodiversité connaît un déclin ininterrompu depuis plusieurs années, notamment pour les espèces présentes sur des terres agricoles. Depuis 1990, les effectifs des populations d’oiseaux des champs et de papillons des prairies – de bons indicateurs de l’évolution de la biodiversité – ont diminué de plus de 30 %.

Papillon

En 2011, la Commission a adopté une stratégie visant à enrayer la perte de biodiversité à l’horizon 2020, en mobilisant notamment la Politique agricole commune (PAC). La Cour des comptes européenne a cherché à tirer un bilan de cette stratégie : pour ce faire, ses auditeurs se sont rendus en Allemagne, en Irlande, à Chypre, en Pologne et en Roumanie.

Leur conclusion, publiée le 5 juin, est sans appel : « La politique agricole commune n’est pas parvenue à inverser la tendance à la baisse que connaît la biodiversité depuis des décennies, et l’agriculture intensive reste l’une des principales causes de la perte de biodiversité. »

« Jusqu’ici la PAC n’a pas suffi à contrer le déclin de la biodiversité des terres agricoles, lequel représente une grave menace pour l’agriculture et l’environnement », a déclaré Viorel Ștefan, membre de la Cour des comptes européenne responsable du rapport, intitulé Biodiversité des terres agricoles : la contribution de la PAC na pas permis d´enrayer le déclin.

D’une part la stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité souffre de graves lacunes : manque d’objectifs clairs et mesurables, mauvaise coordination des politiques. D’autre part, la majeure partie des fonds de la PAC (les paiements directs aux exploitations agricoles) a un impact limité sur la biodiversité.

Les rapporteurs de la Cour des compte recommandent donc à la Commission « de mieux coordonner la stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, d’accroître la contribution des paiements directs et du développement rural à la biodiversité des terres agricoles, d’assurer un suivi plus précis des dépenses budgétaires et d’élaborer des indicateurs fiables pour évaluer l’incidence de la PAC ».

L’article de Reporterre est ici.

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Un décret gouvernemental cherche à contourner la Directive Oiseaux

LPO  Un article de la LPO-PACA, le 09/06/2020.

Alors que la France fait l’objet d’une procédure judiciaire pour non respect de la Directive européenne de protection des oiseaux, ce décret introduit de sournoises subtilités juridiques afin de pouvoir y déroger en faveur des chasseurs.

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Voici la réalité de l’hypocrisie au plus haut niveau de l’État, en matière de protection de la biodiversité, dès lors qu’il s’agit de favoriser les abus de la chasse en France. 

Extrait du Décret n° 2020-612 du 19 mai 2020 du Ministère de la transition écologique et solidaire précisant les modalités de mise en œuvre des dérogations prévues aux articles L. 424-2 et L. 424-4 du code de l’environnement pour la chasse de certains oiseaux de passage :

Art. 2. – Après l’article R. 424-15 du code de l’environnement, il est inséré un article R. 424-15-1 ainsi rédigé: « Art. R. 424-15-1. – Pour l’application des dispositions du troisième alinéa des articles L. 424-2 et L. 424-4, l’utilisation de modes et moyens de chasse consacrés par les usages traditionnels est autorisée dès lors qu’elle correspond à une exploitation judicieuse de certains oiseaux.»

Vous n’y comprenez rien ou pas grand chose ?

Rassurez-vous c’est normal ! C’était l’objectif de celui qui « tenait la plume » pour le Ministère en principe en charge de l’écologie, à savoir le Président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen ; il s’en était d’ailleurs vanté sur Facebook : « La rédaction proposée répond à la demande de la FNC (…) Ce décret va permettre de mieux fonder les décisions que le ministre sera amené à prendre pour la prolongation dérogatoire de la chasse des oies et les quotas des chasses traditionnelles. »

Sous son apparence anodine et technocratique, ce décret publié au Journal Officiel le 23 mai est en fait une énième tentative des lobbies cynégétiques de faire prolonger la chasse aux oies migratrices en février, annulée à treize reprises par le Conseil d’État suite à des recours de la LPO, et de pérenniser les chasses traditionnelles, dont le piégeage à la glu, qualifiées dans ce texte d’« exploitation judicieuse de certains oiseaux ».

Déni de démocratie

La consultation publique obligatoire préalable au décret, à laquelle la LPO avait appelé ses sympathisants à participer en novembre dernier, a recueilli 13752 avis recevables dont 57% étaient défavorables au projet, pourtant maintenu en l’état. Ce nouveau déni de démocratie participative fait écho au rapport rendu en décembre dernier par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) qui relevait les dysfonctionnements de ces consultations, notamment l’absence de prise en compte de leur résultat. 

Alors que, suite à une plainte de la LPO, la France a fait l’objet de l’ouverture d’une infraction de la part de la Commission européenne pour avoir contrevenu à la Directive Oiseaux en autorisant la chasse aux oiseaux migrateurs en février et pour être le dernier pays à autoriser le piégeage des oiseaux avec de la glu, voici donc la réponse du gouvernement. Ce dernier fait en outre prendre des risques inconsidérés de recours devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, avec des pénalités potentielles de plusieurs millions d’euros pour satisfaire à nouveau les lobbies de la chasse. Ce mépris à l’égard de la biodiversité et du droit environnemental se dessine à la veille d’accueillir, en janvier 2021 à Marseille, le Congrès mondial de l’Union international de conservation de la nature. 

Il va devenir de plus en plus difficile pour la France, dernier pays européen à chasser un oiseau en danger comme le Courlis cendré et à piéger les oiseaux avec de la colle, de donner des leçons de préservation de la nature au reste du monde.

L’article de la LPO est ici.

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Bas-Lieu : des haies sont arrachées, des chemins de randonnée disparaissent

La Voix du Nord

Un article de La Voix du Nord, par Pierre Descamps, le 18/06/2020.

Les chemins des Gripets et de la Cense à Cailloux, empruntés par ceux qui souhaitent rallier Avesnes-sur-Helpe à la Taquennerie ou au-delà à Sars-Poteries ou Felleries, sont devenus impraticables.

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Le chemin des Gripets, recouvert de terre.

Qu’est-il arrivé aux chemins des Gripets et de la Cense à Cailloux ? Le premier a été recouvert de terre et se trouve donc rayé de la carte. À sa place, un immense champ de blé et de maïs qui s’étend de la Départementale 104 au chemin de Notre-Dame-du-Bois et jouxte le ruisseau de Bas-Lieu, affluent de l’Helpe Majeure. Le second est complètement obstrué, encombré sur plusieurs centaines de mètres par une quantité impressionnante de souches et de branchages issue de l’arrachage de haies. Ces chemins sont toujours présents sur les cartes IGN [1] (Bas-Lieu) mais ont disparu ou sont rendus impraticables sur le terrain.

Les usagers de la Départementale 104 ne manqueront pas de remarquer cette décharge sauvage de débris végétaux, là où la route présente un angle droit ; elle se trouve régulièrement inondée d’eau et de boue. Les haies, quand elles étaient encore là, s’opposaient au ruissellement de l’eau. Elles constituaient de plus un réservoir de biodiversité et participaient au maillage bocager, identité paysagère du territoire.

La disparition des chemins de randonnée, l’arrachage des haies, le retournement de prairies posent de nombreuses questions autour de quelques thèmes : paysages, inondations, tourisme, pesticides et qualité de l’eau, agriculture intensive ou agro-écologie, respect de la propriété, du droit de passage, conformité des transformations avec la législation en vigueur et la responsabilité des élus et aussi les priorités définies par le Parc de L’Avesnois [2].

L’article de La Voix du Nord est ici.

[1] https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/cartes-ign-classiques

[2] http://www.parc-naturel-avesnois.fr/wp-content/uploads/2013/02/Le-bocage…

Merci à Pierre Descamps pour cet article.

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Souches et branchages issue de l’arrachage de haies à Bas-Lieu.

 

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1 346 tonnes de pesticides illégaux saisies en Europe, une enquête en cours en France

626  Un article de Ouest France avec AFP, le 03/06/2020.

Europol a annoncé ce mercredi 3 juin 2020 que les polices européennes ont saisi plus d’un millier de tonnes de pesticides illégaux à travers l’Europe. Selon l’agence, les faux pesticides peuvent endommager gravement les cultures agricoles.

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Photo d’illustration.

Les polices européennes ont saisi plus d’un millier de tonnes de pesticides illégaux à travers l’Europe, un nombre record suffisant pour pulvériser l’ensemble des terres agricoles en Allemagne, a annoncé ce mercredi 3 juin Europol. Cette large opération menée entre janvier et avril a conduit à la saisie de 1 346 tonnes de ces pesticides, a déclaré l’agence européenne de police dans un communiqué.

Cette quantité pourrait suffire à pulvériser plus que toutes les terres agricoles en Allemagne, qui représentent près de la moitié du pays, et près de 75 % des terres agricoles en France, a indiqué Europol, dont le siège se trouve à La Haye (Pays-Bas).

Des composants dangereux pour la santé

De nombreux composants de ces pesticides provenaient d’Asie, en particulier de la Chine et du Japon, mais aussi du Mexique et des États-Unis, a expliqué Rien van Diesen, un expert d’Europol.

Selon l’agence, les faux pesticides peuvent endommager gravement les cultures agricoles, polluer l’environnement et nuire à la santé. Beaucoup sont également hautement inflammables, a souligné Rien Van Diesen.

Suivant les saisies, des enquêtes sont toujours en cours en Belgique, en France, en Allemagne, en Pologne, en Slovénie et en Suisse, a précisé Europol.

L’article de Ouest France est ici.

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En Chine et en France, les élevages industriels de porcs sont une source de pandémies

Reporterre  Un article de Reporterre, par Jocelyne Porcher, le 06/06/2020.

Qu’est-ce qui, depuis les années 1980, explique la multiplication des virus et les abattages à grande échelle d’animaux ? Le développement de l’élevage industriel porcin en Chine, accompagné par la France, répond l’auteure de cette tribune. Qui en appelle à d’autres modes d’élevage, respectueux des animaux.

Cochon

Photo d’illustration.

Jocelyne Porcher est directrice de recherches à l’Inra de Montpellier. Elle travaille sur la relation de travail entre les éleveurs et leurs animaux. Avant, elle a été elle-même éleveuse et technicienne agricole.


La crise sanitaire mondiale que nous traversons actuellement fait des milliers de morts, dont une grande part, sans aucun doute, aurait pu être évitée par des politiques de santé humaines plutôt que gestionnaires. Elle atteint notre humanité, mais elle touche également de manière insidieuse une part de notre intégrité : nos relations aux animaux. Alors que nombre de nos concitoyens se réjouissent de la présence de leurs compagnons animaux dans le contexte actuel de rupture des contacts entre humains, reconnaissent leur importance dans leurs vies, leurs vies concrètes, matérielles, mais aussi psychiques, d’autres, avec plus d’opportunisme que de décence, insistent sur le fait que la cause première de cette pandémie serait à rechercher dans notre proximité avec les animaux, à travers l’élevage et la domestication. Haro sur le baudet, sur le pangolin, sur la chauve-souris et, plus récemment, sur le chien. Car, si pour les uns, le criminel est l’animal sauvage, pour les autres, c’est l’animal domestique, et, au-delà, l’animal humain, générique, celui dont Gaïa aspirerait à se débarrasser enfin.

Nous l’avons lu depuis le début de l’épidémie, l’origine du virus serait à rechercher chez les animaux. Il aurait été transmis aux humains à cause de pratiques hautement répréhensibles comme consommer de la viande ou vendre du poisson sur les marchés. Plus globalement, nos relations aux animaux provoqueraient ces zoonoses et cela depuis le Néolithique. Avant cette malheureuse rencontre entre les humains et les animaux, avant cette « monstrueuse cohabitation », au temps béni des chasseurs cueilleurs, voire au temps béni (surtout l’hiver) des cueilleurs tout court, la planète était un éden. Les communautés humaines ne connaissaient ni la guerre ni la faim, ces calamités étant venues avec l’agriculture, paraît-il.

Comment ces fables des origines peuvent-elles avoir un tel écho aujourd’hui alors que les animaux domestiques occupent une place si importante dans nos vies, dans nos vies concrètes, matérielles, mais aussi dans nos vies psychiques ? On peut proposer de penser au contraire, à propos de la domestication des animaux, que l’aventure humaine aurait pu tourner court sans cette extraordinaire bifurcation de l’évolution des espèces opérée il y a dix millénaires, l’association entre des individus de l’espèce humaine et ceux d’autres espèces animales, intéressés à mettre en jeu ensemble les conditions de leur survie respective [1].

Au cours de cette association et depuis dix millénaires, nous avons échangé bien des choses et, bien sûr, également des micro-organismes et virus. Qu’est-ce qui a changé ces dernières décennies pour que ces zoonoses se multiplient et soient rendues plus dangereuses et plus mondialisées ?

Ce qui a changé : les conditions d’élevage des animaux, notamment en Chine

Ce qui a fondamentalement changé et dont on entend fort peu parler à l’heure du Covid-19, ce sont les conditions d’« élevage » des animaux en Chine. En quelques décennies, ce pays est devenu un leader mondial des productions animales, et notamment de la production de porcs. La Chine est le premier producteur de porcs au monde et elle est également le premier pays consommateur. Cela, « grâce » à des structures industrielles de très grande taille – d’ailleurs développées en partie avec le concours d’entreprises françaises (génétique, aliments du bétail, équipements…), qui ont remplacé les élevages paysans.

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Lutte contre une ferme-usine dans la Vienne, en 2018.

Wuhan est la capitale de la province du Hubei, forte productrice de porcs (production, sélection, reproduction, abattoirs…). On trouve dans cette province de très grandes structures de production de porcs (de 10.000 à 50.000 animaux). Le dernier salon du China international animal husbandry exhibition (CAHE) [2], consacré aux productions animales (porcs et volailles notamment), s’est tenu à Wuhan en 2019.

Si la Chine détient sans doute aujourd’hui le triste record de la densité de porcs par mètre carré et fait preuve d’inventivité en entassant les porcs dans des bâtiments de plusieurs étages, elle ne fait que reproduire et étendre un modèle que les zootechniciens et vétérinaires français ont largement participé à développer. Quand, en 1970, a été conçu le « plan de rationalisation de la production porcine », il s’agissait bien de sortir les porcs des fermes où ils étaient dispersés et de mettre en place un « élevage » rationnel, moderne et productif.

Depuis les débuts de l’élevage industriel, les pathologies dévastatrices se sont multipliées

Ce modèle industriel de production porcine, celui qui existe actuellement en Bretagne comme en Chine, même s’ils sont à des niveaux de taille différents, n’a pas été mis en place si facilement et il n’a pu s’imposer comme « modèle dominant » que dans les années 1980. Pendant dix ans, il a fallu batailler contre les virus et microbes qui assaillaient les animaux enfermés et sans défense contre les pathologies générées par l’enfermement, la promiscuité et le volume des déjections [3].

Il n’était pas rare que le producteur entrant dans sa porcherie trouve une partie de ses animaux agonisants ou morts : « En post-sevrage, on a perdu jusqu’à 30 % de porcelets mais économiquement on n’a jamais souffert. […] J’ai eu énormément de cochons à crever, on était tous des apprentis sorciers dans l’élevage en fait, il y en avait un qui voulait trouver son virus, l’autre qui voulait ceci, l’autre qui voulait cela », explique un producteur installé en 1968 [4].

Cette bataille contre les virus n’a en fait jamais cessé. Régulièrement, une pathologie dévastatrice – [SRDP|Syndrome dysgénésique et respiratoire du porc], diarrhée épidémique, rhinite atrophique, grippe porcine, [MAP|Maladie de l’amaigrissement du porcelet.], mais aussi les zoonoses comme l’hépatite E, etc. – apparaît dans les exploitations et est refoulée par l’abattage massif des animaux.

Les ravages que fait actuellement la peste porcine africaine (PPA) en sont un rappel. En Chine, depuis 2018, des millions de porcs ont été abattus à la hâte pour cause de PPA. Selon les sources, entre 30 % et 50 % du cheptel de truies aurait disparu. Il faut noter que, dans le cas d’abattages massifs, la gestion des cadavres est un véritable problème qui peut être résolu localement par des solutions expéditives, comme jeter les porcs (morts ou vifs éventuellement) dans des fosses sauvages ou dans des cours d’eau [5].

Les élevages industriels empêchent la pérennité des systèmes paysans

Mais, dans le monde des productions animales mondialisées, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi la faillite de la production porcine chinoise a-t-elle donné de grandes satisfactions à la filière industrielle française, ravie d’exporter ses porcs à très bon prix. En décembre 2019, le prix du porc atteignait des sommets (prix de base à 1,7 euro le kilo). Comme le souligne un analyste de l’Institut du porc : « Les perspectives sont prometteuses pour les grands exportateurs mondiaux en 2020 dans le contexte actuel. » Elles le sont nettement moins pour les éleveurs-paysans qui sont sommés, pour limiter la propagation de la PPA et dans le cadre de mesures de biosécurité, de mener leur élevage plein air en appliquant des procédures industrielles. Ce qui est un contresens du point de vue du travail et ruine ce qui fait la valeur du plein air et du parcours, l’autonomie des animaux et leur proximité avec leurs éleveurs.

Non seulement, donc, les systèmes industriels participent de la destruction des équilibres naturels et de notre capacité à vivre avec les virus mais ils empêchent l’émergence et la pérennité des systèmes paysans, qui sont précisément ceux qui conviennent aux animaux et qu’attendent nos concitoyens.

Entre industrie porcine et Covid-19, il y aurait sans doute bien des choses à voir, et tout un système de production à revoir, radicalement. Non pas en misant sur l’agriculture cellulaire et la viande in vitro, comme semblent y penser très fortement aussi les Chinois, mais en revenant sur cinquante ans d’industrialisation de l’élevage. Les animaux ne sont pas des choses et, à travers ces virus (qu’ils les tuent ou qu’ils nous tuent), c’est la vie qui résiste en eux. C’est pourquoi nous devons de toute urgence renoncer à la violence industrielle et à ses conséquences mortifères, et mettre en place des modes d’élevage et de consommation respectueux des animaux. Non pas sans eux ni contre eux, mais avec eux.

L’article de Reporterre est ici.

[1] Pour en savoir plus, lire Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle, de Jocelyne Porcher, aux éditions La Découverte, 2011.

[2] L’équivalent XXL du Space breton.

[3] Sur les conditions de vie et de travail dans les porcheries industrielles dans les années 1970-1980, voir le film Cochon qui s’en dédit, de Jean-Louis Le Tacon (1979) en ligne ici et complété par des interviews et des commentaires.


[4] Le producteur était rémunéré quelle que soit sa production, comme expliqué dans Cochons d’or. L’industrie porcine en questions de Jocelyne Porcher, 2010, Quæ.

[5] Rappelons aussi que des abattages massifs similaires avaient déjà eu lieu en Corée du Sud il y a une dizaine d’années pour cause de fièvre aphteuse. Cette maladie n’est pas mortelle pour l’animal, elle n’est pas contagieuse pour l’humain, mais elle entrave les exportations.

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Faut-il interdire l’abattage massif dans les forêts ?

462  Un article du Parisien, par , le 05/06/2020.

Ce vendredi, des dizaines d’affiches seront collées dans le Morvan pour dénoncer les coupes rases. Un enjeu écologique majeur selon les associations.

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L’objectif de la campagne des associations de défense de l’environnement est d’interpeller les députés et le gouvernement pour obtenir une loi interdisant les coupes rases de plus de 2 ha, sauf en cas de motif sanitaire. (Illustration) LP/Olivier Arandel

Une parcelle de forêt abattue où quelques souches d’arbres éparses gisent encore au sol comme autant de cadavres. Des troncs transportés par un engin de chantier sur un vallon ratiboisé par les tronçonneuses. Et en légende de ces photos géantes de 3 m de haut, le même message : « Amazonie? Non, France. Stop aux coupes rases ».

Ce vendredi matin, des dizaines d’affiches de ce type seront collées dans trois villages du Morvan pour dénoncer les « coupes rases » opérées au cœur de ce massif forestier de basse montagne situé en Bourgogne Franche-Comté. Cette opération a été organisée à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement par les associations Canopée et le collectif SOS Forêt France. Elle est le point de départ d’une mobilisation nationale contre la « déforestation industrielle » en France.

« Le phénomène des coupes à blanc se développe partout sur le territoire, dans le Morvan mais aussi en Auvergne, dans les Landes, en Alsace ou dans le Périgord », dénonce le coordinateur des campagnes de Canopée Sylvain Angerand. D’après les associations, le gouvernement « prévoit d’augmenter la récolte de bois de plus de 70 % entre aujourd’hui et 2050 ». L’objectif de la campagne est d’interpeller les députés et le gouvernement pour obtenir une loi interdisant les coupes rases de plus de 2 ha, sauf en cas de motif sanitaire. Un projet de loi, élaboré dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire et citoyenne sur les forêts, sera déposé en ce sens le 10 juin par la députée insoumise Mathilde Panot.

« Chaque hectare récolté doit être intégralement reboisé » « La Suisse a interdit les coupes rases depuis 1976 tandis que l’Allemagne et l’Autriche ont adopté des réglementations très restrictives », affirme l’élue LFI du Val-de-Marne. « Il existe actuellement 136 espèces d’arbres dans les forêts françaises mais on s’oriente de plus en plus vers un modèle d’industrialisation de la gestion forestière avec une volonté de faire au maximum de la monoculture de résineux ». Le choix du Morvan pour lancer cette campagne nationale n’est pas le fruit du hasard. Le 17 novembre déjà, les associations avaient réuni plus de 500 personnes pour matérialiser au sol un Stop géant sur une parcelle récemment défrichée.

«En décalage avec les enjeux écologiques actuels»

Contactée alors par nos soins lors de cette première opération médiatique, l’Union de la coopération forestière française (UCFF) qui représente 110 000 sylviculteurs forestiers privés, s’était vertement défendue. « Nous n’avons aucun intérêt à saccager les forêts que nous gérons et si nous effectuons des coupes rases, nous le faisons de manière professionnelle et maîtrisée, nous expliquait le secrétaire général de l’UCFF, Julien Bluteau. Par ailleurs, il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de déforestation puisque chaque hectare de forêt récolté doit être intégralement reboisé ». Sauf que les partisans de la diversité en forêt dénoncent les conséquences de ces forêts « artificielles » qui remplacent parfois des massifs de chênes centenaires.

« Ces forêts plantées sont moins résistantes aux maladies et au réchauffement, attirent moins d’oiseaux, d’insectes et on y voit moins de champignons, énumère Mathilde Panot. Et puis quel effet terrible sur le paysage quand la coupe rase a été effectuée ». « Ces pratiques ne sont plus acceptées par la société et en décalage avec les enjeux écologiques actuels, estime Sylvain Angerand. Avec cette campagne, nous voulons plus largement ouvrir le débat sur l’avenir des forêts en France ».

Plusieurs associations nationales de protection de l’environnement (notamment le WWF et France Nature Environnement) se sont emparées du sujet et ont rendu ce jeudi un rapport enrichi de 21 propositions pour « mieux préserver les forêts françaises en crise ». Parmi ces propositions figure l’encadrement strict du « développement des plantations industrielles ». D’ici la fin du mois, la députée LREM Anne-Laure Cattelot compte de son côté remettre au gouvernement un rapport et des suggestions d’action sur la « politique forestière française ». Elle aborde elle aussi la question controversée des coupes rases et de la politique sylvicole à l’heure du réchauffement. « C’est un sujet de discorde entre les intérêts économiques, écologiques et sociétaux mais je crois que c’est au pied du mur climatique que chacun pourra faire un pas vers l’autre ».

L’article du Parisien est ici.

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Le changement climatique menace la capacité de stockage du carbone des forêts tropicales

Reporterre  Un article de Reporterre, le 25/05/2020

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Photo d’illustration (Falco/Pixabay)

S’il avait déjà été montré que les forêts tropicales absorbent aujourd’hui un tiers de carbone en moins que dans les années 1990, une nouvelle étude, publiée le 21 mai dans la revue Science, montre que l’augmentation de la température terrestre réduit la durée durant laquelle le carbone absorbé par les forêts tropicales peut rester stocké dans le sol.

Cette diminution de la capacité de stockage des arbres des forêts tropicales est due à leur « sensibilité thermique », selon l’équipe de chercheurs. Lorsqu’ils sont exposés à un climat trop sec et chaud, ils grandissent plus lentement, voire meurent. Ils relâchent ainsi prématurément dans l’atmosphère le carbone qu’ils ont absorbé au cours de leur vie. « Le stock de carbone contenu dans ces forêts reste stable jusqu’à une température diurne seuil de 32 °C. Au-delà de ce seuil, ce stock diminue très fortement », précise Bruno Hérault, coauteur de l’étude et spécialiste des forêts tropicales dans l’unité Forêts & Sociétés au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).

Les chercheurs ayant participé à cette étude craignent que le changement climatique ne réduise considérablement la capacité de stockage du carbone des forêts tropicales. Selon eux, les objectifs formulés dans l’Accord de Paris sont insuffisants. « Si nous limitons les températures moyennes mondiales à une augmentation de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, cela pousse près des trois-quarts des forêts tropicales au-dessus du seuil de température que nous avons identifié, explique Martin Sullivan, l’auteur principal de la publication, chercheur à l’Université de Leeds et à l’Université métropolitaine de Manchester. Toute nouvelle augmentation de la température entraînera des pertes rapides de carbone forestier en zone tropicale. »

L’article de Reporterre est ici.

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Développer les énergies renouvelables est favorable à la relance économique

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 04/06/2020.

Le développement des énergies renouvelables pourrait tout à la fois relancer l’économie et prévenir le monde d’une nouvelle crise, climatique cette fois. C’est ce que croit l’Agence internationale des énergies renouvelables. Dans un nouveau rapport, elle développe plusieurs scénarios de transition. Parmi les plus ambitieux, les externalités positives sur la santé et l’environnement seraient jusqu’à huit fois plus importantes que le surcoût engendré, tout en créant massivement de l’emploi et du PIB. Cela vaut le coup d’essayer !

Hand holding light bulb in front of global show the world's consumption with icons energy sources for renewable, sustainable development. Ecology concept

Avec des scénarios de transition ambitieux, les externalités positives pourraient être jusqu’à huit fois plus importantes que les surcoûts engendrés. iStock

La crise du Covid-19 peut être l’occasion de sortir des énergies fossiles et développer massivement les énergies renouvelables pour atteindre les objectifs climatiques internationaux tout en relançant la croissance économique, estime l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), dans la première édition de son Panorama mondial des énergies renouvelables, publié en avril (1). L’Irena y développe plusieurs scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, en comparant les surcoûts aux bénéfices sur la santé et l’environnement.

Le scénario énergétique dit « planifié », qui s’appuie sur les contributions nationales climatiques des pays, suppose un investissement de 95 000 milliards de dollars. Le scénario de transformation, qui permettrait de limiter le réchauffement global à 2°C d’ici la fin du siècle en réduisant les émissions de 70 % entre aujourd’hui et 2050, induit un investissement supplémentaire de 19 000 milliards de dollars. Mais les externalités positives engendrées sont estimées entre 50 000 et 142 000 milliards de dollars, soit de 3 à 8 fois le surcoût.

Encore plus ambitieux, le scénario de décarbonation profonde de l’énergie (zéro émission entre 2050 et 2060) suppose un surcoût de 35 000 à 45 000 milliards de dollars pour des bénéfices évalués entre 62 000 et 169 000 milliards de dollars, soit entre 1,5 et 5 fois l’investissement supplémentaire consenti. Ce scénario permettrait en outre de viser 1,5°C de réchauffement d’ici la fin du siècle.

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Au niveau mondial, ce sont 42 millions d’emplois supplémentaires qui pourraient être créés d’ici 2050, principalement en Asie. La croissance mondiale serait en hausse de 2,4 % par rapport au scénario planifié. Là encore, l’Asie mais aussi l’Union européenne, seraient les grandes régions gagnantes, tandis que le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord ou l’Océanie verraient leur PIB reculer.

Pour réussir la transition énergétique, l’Irena préconise l’électrification, une meilleure flexibilité du système, le maintien des énergies renouvelables conventionnelles comme l’hydraulique, la géothermie et le solaire thermique et le développement de l’hydrogène vert.

Une autre étude (2), réalisée par plusieurs universités anglaises, montre également que « que les projets verts plus d’emplois, génèrent des rendements à court terme plus élevés et conduisent à des économies de coûts à long terme accrues par rapport aux mesures de relance traditionnelles ». Ils ont passé en revue plus de 700 politiques de relance économique lancées pendant ou depuis la crise financière de 2008.

« La réduction des émissions initiée par COVID-19 pourrait être de courte durée », a déclaré Cameron Hepburn, auteur principal et directeur de la Smith School of Enterprise and Environment de l’Université d’Oxford. « Mais ce rapport montre que nous pouvons choisir de reconstruire mieux, en conservant bon nombre des améliorations récentes que nous avons vues en matière d’air plus pur, de retour de la nature et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. »

L’article de Novethic et son infographie sont ici.

(1)  Voir le rapport de l’Irena

(2)  Voir l’étude de plusieurs universités anglaises sur les plans de relance post-2008

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Total se rêve en vert ? Les associations détruisent son écoblanchiment

Reporterre  Un article de Reporterre, par Justine Guitton-Boussion, le 29/05/2020.

Le groupe pétrolier et gazier Total tient son assemblée générale des actionnaires ce vendredi 29 mai. L’entreprise a récemment publié de nouveaux engagements climatiques, vertement critiqués par les associations de protection de l’environnement. Elles dénoncent une stratégie de communication trompeuse depuis plusieurs années.

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Siège social de Total, à Paris-la Défense.

La question climatique devrait s’inviter au débat de la traditionnelle assemblée générale des actionnaires de Total, ce vendredi 29 mai. Depuis quelques années, la stratégie de communication environnementale de l’entreprise pétrolière et gazière a bien évolué. « Total a découvert le climat en 2016, avec la première publication de son rapport climat », rappelle Lucie Pinson, directrice de l’association Reclaim finance. Avant cette date, le groupe français se contentait de mentionner rapidement les risques environnementaux de ses activités dans des bilans non dédiés à la question.

Mais l’Accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement de la planète à 2 °C voire 1,5 °C [1], a changé la donne. La société civile et les actionnaires de l’entreprise ont pris conscience des enjeux environnementaux et ont demandé des changements aux multinationales. La stratégie de communication de Total s’est alors mise en marche. « Le groupe a annoncé des engagements climatiques, qui sont depuis régulièrement mis à jour, poursuit Lucie Pinson. Cependant, on y trouve toujours les mêmes problèmes. »

Depuis 2016, l’entreprise affirme avoir l’ambition de devenir « la major de l’énergie responsable » (elle fait partie des six plus grosses entreprises du secteur à l’échelle mondiale) et répète qu’elle « s’applique à réduire les émissions de gaz à effet de serre issues de ses activités ». Pourtant, la firme continue d’investir massivement dans les énergies fossiles, cause principale des émissions de CO2. « En 2018, plus de 90 % des investissements de Total allaient dans des hydrocarbures (pétrole et gaz), indique Cécile Marchand, chargée de campagne climat des Amis de la Terre. La majeure partie de leur business est de continuer à explorer de nouvelles réserves de pétrole et gaz, de les transporter, de les raffiner et de les vendre. Et ils ne comptent pas du tout changer cette stratégie. »

Des « fausses solutions » pour faire oublier les investissements dans les énergies fossiles

Récemment, le groupe a lancé de nouveaux projets d’exploitation de réserves pétrolières en Ouganda, et de gaz naturel liquéfié (GNL) au Mozambique. Il est d’ailleurs accusé de violer les droits humains des communautés vivant à proximité de ces installations. Mais Total légitime une partie de ces investissements en clamant que le gaz naturel — pourtant une énergie fossile — est une énergie de transition. « Il représente une excellente alternative au charbon dans la génération électrique et un complément flexible bon marché pour les énergies renouvelables intermittentes et saisonnières », écrit la multinationale dans son Rapport climat 2019 [2]. Une aberration pour les associations environnementales.

« Aujourd’hui, on a beaucoup de mal à mesurer les fuites de méthane liées à l’exploration du gaz, à son transport, etc., dit Cécile Marchand à Reporterre. Or le méthane est un gaz à effet de serre qui est beaucoup plus émetteur que le CO2 à courte échéance, alors que ce sont les vingt prochaines années qui vont être importantes pour agir contre le dérèglement climatique. » D’après le rapport Carbon Majors de 2017 [3], Total fait partie des entreprises contribuant le plus au réchauffement de la planète dans le monde.

FILE PHOTO: Demonstrators wearing yellow vests, a symbol of a French drivers' protest against higher fuel prices,  block the access to the Total biodiesel refinery at La Mede near Fos-sur-Mer

Raffinerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône), le 22 novembre 2018. Jean-Paul Pelissier / REUTERS

Pour détourner l’attention de ces investissements dans les énergies fossiles, le groupe affiche une écologie de façade et propose des « fausses solutions », selon les associations de protection de l’environnement. « Nous devrons investir dans les puits de carbone naturels [la reforestation] et dans les technologies de capture de CO2 », a par exemple affirmé Patrick Pouyanné, PDG de Total, dans un entretien accordé au Figaro le 5 mai. « Les techniques de [capture et de séquestration de carbone] sont encore au stade de recherche et développement, note le collectif Notre affaire à tous dans un rapport [4] dédié à firme française. Leur prise en compte, aujourd’hui, relève donc plus de la spéculation voire de l’incantation que d’une stratégie sérieuse d’atténuation du changement climatique. »

Enfin, depuis plusieurs années, Total a axé sa stratégie de communication sur les énergies renouvelables. « Jusqu’à présent, le groupe s’est plutôt illustré en rachetant des entreprises d’énergies renouvelables déjà existantes, observe Lucie Pinson. On pourrait se dire que c’est bien, qu’il va avoir la possibilité de les faire grossir, mais jusqu’ici, ça a surtout permis à Total de faire diminuer la part relative du fossile dans son mix énergétique, sans la réduire de manière absolue. »

Les investisseurs veulent que le groupe contribue plus fortement à l’atteinte de l’Accord de Paris

En outre, la multinationale de Patrick Pouyanné entretient la confusion sur certains de ses chiffres. Le collectif Notre affaire à tous relève que dans ses annexes aux comptes consolidés, Total indique que le New Policies Scenario (NPS) établi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est « le scénario principal retenu par le groupe » [5]. Or ce scénario mène à un réchauffement global compris entre 2,7 °C et 3,3 °C, bien loin de l’objectif de 1,5 °C à 2 °C de l’Accord de Paris.

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En janvier 2020, Notre affaire à tous a assigné Total devant la justice. Le collectif demandait au tribunal judiciaire de Nanterre d’obliger la multinationale française à reconnaître les risques générés par ses activités et de s’aligner sur une trajectoire compatible avec une limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C. En outre, Notre affaire à tous a déposé deux signalements auprès de l’Autorité des marchés financiers, le 15 mars puis le 28 mai : ils estiment que Total ne rend pas suffisamment compte des risques financiers liés à la dépendance de son modèle économique (axé sur les hydrocarbures), ni des risques d’une possible dépréciation très forte de ses actifs, mettant ainsi en péril les actionnaires.

Ces derniers commencent à mesurer l’incompatibilité des projets de Total avec la lutte contre le dérèglement climatique. Pour la toute première fois, un groupement de onze investisseurs européens a déposé un projet de résolution portant sur le climat, en vue de le proposer à l’assemblée générale de ce 29 mai. Ils demandent à Total de modifier ses statuts « afin de renforcer la contribution de son modèle économique à l’atteinte de l’Accord de Paris ». Ils souhaitent aussi que l’entreprise pétrolière précise un plan d’action avec des étapes intermédiaires pour fixer des objectifs de réduction en valeur absolue, à moyen et long terme, de ses émissions directes ou indirectes de gaz à effet de serre.

Sous leur pression, Total a publié le 5 mai de nouvelles ambitions climatiques… largement insuffisantes, selon les associations environnementales. Le groupe a annoncé un objectif de neutralité carbone (zéro émissions nettes) pour ses opérations mondiales en 2050 ou avant. Mais cet objectif ne concerne que les « scopes 1 et 2 » (émissions directes et indirectes, comme le montre le schéma ci-dessus). « En ce qui concerne Total, le scope 3 représente 90 % des émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise, dénonce Greenpeace France. Ce sont les émissions de carbone liées à la vente de carburant. […] Cet objectif est un leurre, cela ne permettra pas à Total de s’aligner sur l’Accord de Paris. »

Des annonces climatiques loin d’être ambitieuses

Total s’engage également à atteindre en Europe une neutralité carbone en 2050 ou avant, cette fois sur les trois scopes — mais uniquement en Europe. « L’Europe est déjà engagée à atteindre une neutralité carbone en 2050, donc de toute façon ils sont obligés de le faire ! » s’exclame Edina Ifticene, chargée de campagne pétrole à Greenpeace France. Total répond : « L’Europe pèse pour 60 % des émissions (scope 3) de Total. Cela inclut notre réseau de stations, les raffineries européennes, etc. C’est un effort considérable et ce n’est ni une aberration, ni négligeable. »

Enfin, le groupe pétrolier affirme son « ambition » de réduire de 60 % ou plus de l’intensité carbone des produits énergétiques de Total utilisés dans le monde par ses clients d’ici 2050. « L’intensité carbone, ce sont les émissions de carbone émises par rapport à un baril de pétrole, précise Edina Ifticene. Pour que ce soit ambitieux, il faudrait qu’ils s’engagent en se référant au volume de valeur absolue, c’est-à-dire la quantité concrète de carbone émise dans l’atmosphère. »

Les annonces de Total — qui ne les engagent en rien puisqu’elles ne sont pas encore inscrites dans leur plan de vigilance — sont donc largement moins ambitieuses que le projet de résolution déposé par les investisseurs, qui plaide pour une neutralité carbone mondiale, trois scopes compris. Le conseil d’administration de Total a accepté de présenter la résolution au vote lors de l’assemblée générale, mais a annoncé qu’il n’y donnera pas son agrément. C’est bien le scope 3 qui pose problème. « Rendre le groupe responsable des émissions de CO2 de ses clients, sur lesquelles il n’a pas de levier ni de moyen d’action, créerait un risque juridique inacceptable qui pourrait nourrir des contentieux et limiterait la capacité de Total à se développer », a affirmé le PDG Patrick Pouyanné dans un entretien accordé au Revenu. Citant un investisseur anonyme, le site Climatico révèle que la multinationale a fait « une pression monstre » ces derniers jours pour décourager les actionnaires de voter en faveur du projet de résolution. La branche BNP Paribas AM a d’ores et déjà fait savoir qu’elle s’abstiendra lors du vote. Pour Reclaim Finance il s’agit d’une « manière polie de signaler au pétrolier que ses dernières mesures climat sont très insuffisantes face aux enjeux ».

Tous les regards vont donc se tourner vers l’assemblée générale, ce 29 mai. « La résolution ne sera jamais votée, prévoit Lucie Pinson de Reclaim Finance. Mais ce sera intéressant de voir à quel niveau elle sera soutenue. Si elle obtient 10 % des votes, ce sera déjà énorme. » Il s’agirait d’un désaveu de la part d’une partie des investisseurs. Un désaveu qui pourrait, qui sait, mener au désinvestissement des actionnaires sur le long terme.

L’article de Reporterre est ici.

[1] Par rapport aux niveaux préindustriels d’ici la fin du 21e siècle.

[2] Voir page 28 du rapport.

[3] Voir page 8 du rapport.

[4] Voir page 3 du rapport.

[5] Voir page 1 du rapport.

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Nord et Pas-de-Calais face au spectre d’une nouvelle sécheresse

La Voix du Nord

Un article de La Voix du Nord, par Christian Canivez, le 27/05/2020.

Ensoleillement record, températures en hausse, déficit de pluie… les voyants commencent à se mettre à l’orange dans le Nord et le Pas-de-Calais, figurant d’ores et déjà parmi les 53 départements français où l’on craint une nouvelle sécheresse cette année.

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Le déficit en eau commence sérieusement à inquiéter. Photo Baziz Chibane – VDNPQR

Ils se sont mis à tournoyer au-dessus de la parcelle de maïs. Ailes noires dans un ciel d’un bleu immaculé. Une escadrille de corbeaux. Oiseaux à la réputation d’être de mauvais augure. Déjà dévastateurs en tout cas : « Les terres sont tellement sèches que les corvidés viennent manger les semis sans difficulté. Ça pose un vrai problème », témoigne Sébastien Delahaye, agriculteur et éleveur à Templeuve, dans la Pévèle.

Un problème qui n’est en vérité qu’un effet collatéral d’un déficit en eau qui commence sérieusement à inquiéter notre homme. Lui et toute la profession. Lui et tous ceux qui ont déjà constaté, dans leur jardin ou leur terrain, une pelouse déjà jaunie.

« L’an dernier, on avait déjà subi la sécheresse, vers le mois de juillet. Mais là ça vient très tôt. On n’est que fin mai. C’est très préoccupant. » relève Sébastien, qui fait vivre avec son père l’exploitation familiale, plus de 200 bovins et 90 hectares de polyculture (blé, betterave, maïs fourrager). « On a fait -20 % dans notre première coupe de fourrages. Si ce temps sec et chaud, accompagné d’un vent qui dessèche, continue, cette année sera très difficile. Il va falloir acheter des fourrages supplémentaires pour nourrir nos bêtes, consommer davantage d’eau. » Et l’éleveur de s’inquiéter pour les rendements, et au-delà pour la fertilité de ses animaux. « L’an dernier, pour nos cultures, il nous a déjà manqué 200 litres d’eau au mètre carré en pluviométrie. Si le scénario se répète, ça va être très dur ».

Les prévisionnistes de MétéoFrance et les analystes du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ne rassureront personne en la matière. L’hiver a été exceptionnellement doux, le printemps hors norme non seulement en matière d’ensoleillement (le record d’avril 2007 est égalé dans la région), mais encore de températures : en avril ces dernières étaient supérieures de 3º aux normales dans la région, avec par exemple 26º enregistrés à Roubaix le 8 avril, 26,1º à Watten le 12… Il n’a jamais fait aussi chaud aussi tôt dans l’année, relève MétéoFrance. Chaud et sec (lire ci-dessous). Et c’est justement ce que l’on attend aussi pour juin et juillet selon les prévisions saisonnières.

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Courons-nous droit vers une nouvelle sécheresse et de nouvelles restrictions à la clé, comme l’an dernier ? Sébastien Delahaye en est convaincu. Le ministère de la Transition écologique a déjà placé 53 départements en risque sécheresse, le Pas-de-Calais à un niveau de risque « probable » et celui du Nord à un niveau « possible ». La prise d’arrêtés sécheresse par les préfets ne semble être qu’une question de jours…

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Déficit de pluie, débit des cours d’eau en baisse, nappes en vidange, ces signaux qui alertent…

Dans son bulletin hydrologique mensuel, la Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (DREAL) pointe des signes avant-coureurs d’un épisode de sécheresse.

Déficit de pluie. Les cumuls de précipitations en avril sont d’environ 40 % déficitaires par rapport à la normale, malgré des épisodes orageux avec de violentes averses les 17 et 18 avril. On relève ainsi un cumul de 16mm de pluie à Cambrai-Epinoy (67 % de déficit) ; 27,8 mm à Desvres (contre 66,3 mm par rapport à la normale en avril) ; 25,9 mm à Fourmies (contre 61,2) ; 41,1 mm à Lille (contre 50,7).

Débits des cours d’eau en baisse. En avril, le débit moyen des cours d’eau est en baisse dans les 24 stations de mesure des Hauts-de-France. Baisse vertigineuse dans l’Avesnois, à Etrœungt (Helpe-Mineure) qui passe de 4,94 m3 d’eau par seconde en mars à 0,47 m3/s en avril ; idem en Flandre, à Bambecque, sur l’Yser (5,25 m3/s en mars, 0,23 m3/s en avril).

Nappes déjà entamées. La recharge en eau est bel et bien terminée dès le mois d’avril et la vidange des nappes a débuté pour huit des quinze stations de mesures. Si les niveaux demeurent globalement proches de la moyenne, voire au dessus (Audrehem dans l’Audomarois, Preures et Buire-le-Sec dans le Ternois, Tincques dans l’Artois), la tendance est majoritairement à la baisse dans le Nord et le Pas-de-Calais.

L’article et la vidéo de La Voix du Nord sont ici.

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450 ans pour disparaître, non-recyclable… Avec les incivilités, l’utilisation des masques vire au désastre écologique

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 27/05/2020.

Ce sont les nouveaux mégots. Partout en France, les éboueurs retrouvent des masques chirurgicaux qui jonchent les trottoirs. Une association vient même d’en retrouver au fond de la Méditerranée. Cette situation est un vrai désastre écologique : les masques mettent 400 à 450 ans à se dégrader et ne se recyclent pas. Pour limiter les dégâts un député LR veut que l’amende encourue pour ce type de délit passe de 68 à 300 euros.

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Un masque prend 450 ans à se dégrader dans la nature. Marina Fabre

C’est un autre fléau de la crise du Covid-19. Alors que les livraisons de masques jetables arrivent enfin à bon port, depuis des semaines, les villes et éboueurs constatent que de plus en plus de masques et gants jonchent les rues de l’Hexagone. « Quand certains sortent des transports en commun où le masque est obligatoire, ils s’en débarrassent aussitôt », explique Dominique Lemesle, directeur général délégué chargé des services urbains à Lyon. Et du trottoir à la mer, il n’y a qu’un pas.

L’association Opération mer propre vient en effet d’en retrouver au fond de la Méditerranée. « On les attendait, ils sont arrivés, mais pas au bon endroit », ironise l’association sur son compte Facebook. « Si rien ne change, ça va devenir un vrai désastre écologique et peut être même sanitaire », explique le plongeur Laurent Lombard. Il faut dire que ces « nouveaux mégots » sont des déchets très polluants qui prennent de 400 à 450 ans à se dégrader selon plusieurs associations.

Un risque de contamination

« Un masque par terre, en plus de générer une pollution, c’est une rupture dans notre chaîne commune de protection face au virus, car c’est potentiellement un déchet infecté que l’on met dans l’espace public », explique le cabinet de la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, dans L’Obs. « Il y a quelque chose d’assez paradoxal à chercher à se protéger soi-même du virus tout en participant potentiellement par ailleurs à sa propagation ». 

Face à cette situation, le ministère a lancé une campagne de sensibilisation concernant la gestion des masques usagés. L’affiche indique une démarche en trois étapes pour éviter la pollution et la contamination : il faut d’abord placer son masque dans un sac poubelle dédié, le conserver 24 heures puis le jeter dans un sac pour ordures ménagères.

Organiser d’urgence une filière de recyclage

De plus, les masques chirurgicaux, en matière thermoplastique, ne se recyclent pas. « Il y a eu pas mal d’incompréhension, certains pensant que c’était recyclable », explique à l’AFP Marc-Antoine Belthé, directeur du développement chez Veolia Recyclage. « En termes de volume, ça pèse peu, mais on a vu arriver d’un seul coup et très régulièrement ces déchets « porteurs de risques pathogènes ». D’où la demande début mai de 27 députés LREM demandant à la ministre Brune Poirson, dans une lettre, d’organiser une filière de récupération et de recyclage des masques « dans les meilleurs délais » afin d’assurer « un réemploi des masques qui permettrait d’éviter un énorme gâchis de matières ». 

En attendant, pour que chaque citoyen prenne ses responsabilités, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Paugret a déposé une proposition le 18 mai pour lutter contre les incivilités liées aux masques et gants jetés sur la voie publique. Il demande ainsi que l’amende passe de 68 à 300 euros. « La France vient de commander un milliard de masques », explique-t-il à France Info. « Cela veut dire que dans les semaines qui arrivent, ils vont devenir un objet qui va se populariser de manière très forte. Il y a un enjeu sanitaire, car les masques sont potentiellement contaminants. Et il y a surtout un enjeu environnemental en termes de pollution », résume-t-il.

L’article de Novethic est ici.

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La Chine fait main basse sur le bois du Limousin

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Un article de France 3 Nouvelle Aquitaine, par Gwenola Beriou, le 30/03/2020.

Ces dernières années, les exportations de chêne et de châtaignier français vers la Chine ont bondi de 35%. Résultat : les scieries limousines ne fonctionnent plus au maximum de leurs capacités, faute de matière première.

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© F3 – Maxence Régnault

La filière bois en France tire la sonnette d’alarme. Lentement, mais sûrement, la concurrence chinoise est en train d’étouffer nos petites scieries et de menacer la filière française de fabrication de parquets et de meubles.

A La Chapelle-Montbrandeix, en Haute-Vienne, la scierie Mazières emploie une quarantaine de salariés et génère une vingtaine d’emplois indirects. Mais aujourd’hui, elle ne tourne qu’à 80% de ses capacités et doit limiter le recours aux emplois intérimaires.
En cause : la diminution de la ressource en bois qui ne cesse de diminuer pour les scieries françaises : de 2,5 millions de tonnes en 2007 à 1,3 million aujourd’hui.

En dix ans, les exportations de feuillus vers la Chine ont explosé : de 50 000 tonnes en 2007 à 500 000 tonnes aujourd’hui. Depuis quelques années, le géant asiatique a jeté son dévolu sur cette essence noble, afin de répondre à la forte demande de la nouvelle classe moyenne chinoise. Parallèlement, le pays a décidé de stopper la surexploitation de ses forêts et cherche désormais à s’approvisionner sur les marchés extérieurs.
Conséquence directe de cette concurrence pour la filière française : 26 000 emplois seraient menacés, et le prix du chêne flambe (+60% en dix ans).

L’article et la vidéo de France 3 sont ici.

 

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Ouverture précipitée de la chasse : plus de 78.000 personnes s’y opposent

Reporterre  Un article de Reporterre, le 22/05/2020.

Vendredi 22 mai 2020 – Des associations opposées à la chasse et de protection des animaux ont lancé une pétition qui demande au gouvernement de ne pas rouvrir la chasse trop rapidement. Dans cette pétition, déjà signée au 22 mai par plus de 56.000 personnes sur internet, les signataires s’inquiète de voir la précipitation avec laquelle le gouvernement veut ré-ouvrir la chasse dès le 1e juin prochain, alors que la pandémie du Sars-Cov-2 n’est pas achevée.

« Le gouvernement cherche à profiter de l’état d’urgence sanitaire », explique la pétition, pour assouplir les procédures de fixation des périodes de chasse. Or, l’autorisation précipitée de la chasse « n’a aucune justification sanitaire et qui ne participe donc pas à la lutte contre la pandémie de Covid-19 ».


Actualisation – Samedi 23 mai, 10h00 – Le nombre de signataires dépasse maintenant 59.000.

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Cette pétition a suscité une réaction étonnante de la Garderie fédérale de France, qui regroupe les agents de développement assermentés des Fédérations départementales des chasseurs en France. Sur son compte twitter, cet organisme a diffusé vendredi 22 mai au soir une image affirmant que la chasse n’est pas « un vrai problème touchant le pays » et qu’il ne faut pas « toucher à [la] passion » des chasseurs.


Actualisation – Lundi 25 mai, 09h00 – Le nombre de signataires dépasse maintenant 64.000.


Actualisation – Samedi 30 mai, 12h00 – Le nombre de signataires dépasse maintenant 78.000.


Actualisation – Lundi 01 juin, 11h00 – Le nombre de signataires dépasse maintenant 87.000.



L’article de Reporterre est ici.

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La baisse des émissions de CO2 due au Covid-19 devrait se répéter chaque année pour atteindre nos objectifs climatiques

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 26/05/2020.

Selon deux études publiées récemment, la baisse des émissions de CO2 depuis le début de l’année atteint 8,5 % par rapport à 2019. Sur l’ensemble de l’année 2020, leur diminution pourrait atteindre 7,5 %. C’est ce qu’il faudrait réaliser chaque année, d’ici 2030, pour espérer contenir le réchauffement global sous la barre des 1,5°C, conformément aux objectifs de l’Accord de Paris.

Achieve zero co2 emission

Sur l’ensemble de l’année, la baisse pourrait être comprise entre 4,2 % et 7,5 % par rapport à 2019, en fonction des mesures de déconfinement. (iStock)

Sur les quatre premiers mois de l’année, les émissions de CO2 mondiales ont baissé de 8,5 %, selon une étude publiée par la Cornell University (1). Une chute historique ! Sur l’ensemble de l’année, la baisse pourrait être comprise entre 4,2 % et 7,5 % par rapport à 2019, en fonction des mesures de déconfinement et du degré de retour à la vie normale. À titre de comparaison, l’ONU environnement estime que pour limiter le réchauffement global à 1,5°C, il faudrait réduire nos émissions de CO2 de 7,6 % par an, d’ici 2030.

Cela laisse entrevoir l’immensité des efforts qu’il faudrait réaliser pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. En somme, il faudrait une baisse de ce type chaque année. C’est pourquoi les experts rappellent qu’il ne faut pas se réjouir trop vite de cette chute inédite des émissions et recommandent des investissements massifs dans la transition bas-carbone, la rénovation énergétique et la mobilité propre.

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Une goutte d’eau

« Le confinement de la population a entraîné des changements profonds dans l’utilisation de l’énergie et les émissions de CO2 », a déclaré Corinne Le Quéré, auteure principale d’une autre étude sur la chute des émissions de CO2 liée au Coronavirus et publiée dans la revue Nature Climate Change (2). « Mais ces chutes seront probablement temporaires, car elles ne reflètent pas des changements structurels dans les systèmes économiques, de transports ou énergétiques », ajoute celle qui préside le Haut Conseil pour le Climat français.

Le site Carbon Brief rappelle ainsi que sans le confinement « la quantité totale de CO2 dans l’atmosphère aurait augmenté de 0,68 % en 2020, par rapport à la moyenne mondiale de 2019 ». Avec la pandémie, l’augmentation sera de 0,60 %… Une goutte d’eau ! « C’est comme réduire le débit du robinet sur une baignoire. L’eau monte toujours, mais juste moins vite », souligne Richard Betts, directeur des études sur les impacts climatiques à l’Office national de météorologie britannique.

« Une légère réduction des émissions de CO2 ne réduit pas immédiatement les concentrations atmosphériques, elle ne fait que ralentir le taux d’augmentation. Pour que le CO2 cesse de s’accumuler dans l’atmosphère, les émissions d’origine humaine devraient baisser d’environ 50 % à court terme (les puits naturels compensant déjà environ 50% des émissions). Les réductions d’émissions devraient être encore plus importantes à long terme, car les puits s’affaibliront si le CO2 commence à se stabiliser » prévient Carbon Brief dans une note (3).

L’article de Novethic et l’infographie sont ici.

(1) Voir l’étude de Cornell University (les résultats sont régulièrement mis à jour)

(2) Voir l’étude publiée dans la revue Nature Climate Change

(3) Voir la note de Carbon Brief

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À la télé – Pesticides, la tension monte

Reporterre  Un article de Reporterre, le 20/05/2020.

Tous les ans, 65.000 tonnes de pesticides sont utilisées en France, l’un des plus hauts niveaux mondiaux de consommation de produits phytosanitaires. Alors que la tension monte entre agriculteurs et riverains, maires et pouvoirs publics, pro et anti-pesticides, le magazine « Réseau d’enquêtes » diffuse « Pesticides, le débat empoisonné », mercredi 20 mai 2020 à 23 h 15 sur France 3. (visible en replay)

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Photo d’illustration. Sébastien Jarry / MAXPPP

  • Présentation du film par son producteur :

Des rapports accablants ont dénoncé l’effet extrêmement nocif des pesticides sur notre santé et notre environnement. Les politiques ne sont pas avares de déclarations choc en la matière, mais leurs propositions d’action, souvent controversées, restent également bien timides.

Avant d’arriver dans nos assiettes, certains produits reçoivent jusqu’à 35 traitements phytosanitaires ! Manger sain est devenu un vrai défi quotidien. Il y a ceux qui se ruent sur les produits bio, ceux qui consomment les fruits et légumes traditionnels, ceux qui privilégient l’agriculture locale… Alors ? Que choisir ?

Charles-Henry Boudet est parti à la rencontre de plusieurs agriculteurs français. Parmi eux, certains défendent une agriculture raisonnée. « On utilise une grande partie de produits bioconformes et une infime partie à base de synthèse. » Ici, vous l’aurez compris, le mot « pesticide » est banni. Mieux vaut éviter les polémiques, surtout avec un lotissement implanté à moins de huit mètres sur un terrain voisin jusqu’alors agricole. « Je ne vois pas pourquoi le monde agricole devrait reculer alors que c’est la ville qui s’approche. Il faut discuter. » Discuter. Et trouver des solutions… vite.

Du côté de cet agriculteur bio, Gérard Daumas, « c’est une détresse profonde qu’ils ressentent car ces agriculteurs ne savent pas les conséquences de ces produits qu’ils épandent. Et ne savent comment faire pour revenir en arrière ». Ignorance ? Détresse ? Un peu des deux ? Un viticulteur se justifie — « on est obligé, la vigne, si on ne la soigne pas, on ne produit pas ! » —, avant d’implorer aux consommateurs de lui faire confiance…

À Langouët, une petite commune près de Rennes, Daniel Cueff, son maire, a choisi de rompre le silence. Il a défié l’État avec un nouvel arrêté imposant une distance de 150 mètres entre les champs et les maisons du village. Son initiative a été imitée par d’autres maires et saluée par des lettres de soutien reçues en masse : « On a osé poser la question publiquement d’un modèle agricole qui empoisonne la planète, les citoyens, les agriculteurs. »

Nicole Duperron, une habitante du village, vit à côté d’un champ en limite de sa propriété. Des analyses ont révélé chez elle un taux de glyphosate dix fois supérieur à la moyenne. Son voisin agriculteur lui demande de lui laisser du temps… Il y a pourtant urgence. Et Paul François, céréalier en Nouvelle-Aquitaine, peut en témoigner. Il est le premier agriculteur à avoir porté plainte contre Monsanto en 2007, après voir inhalé un pesticide maintenant interdit. Aujourd’hui, après un coma, des séquelles neurologiques et un long combat judiciaire, l’agriculteur a choisi de changer son modèle agricole pour se tourner vers le bio. « Je me sens bien. J’ai retrouvé plaisir à être agriculteur. On retrouve une liberté et un bien-être au milieu de ses champs. »

Un véritable cri d’espoir. Reste à convaincre les exploitants d’aujourd’hui de suivre ce chemin. Et, surtout, de leur en donner les moyens. Devant le lycée agricole d’Angers où sont formés les agriculteurs de demain, Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire, revient sur ce métier de vocation et de passion, en proie à l’agribashing. « Je trouve que les agriculteurs ne sont pas aidés dans cette sortie de pesticides. Il faut mettre des moyens humains et financiers pour accompagner tous ces agriculteurs, il faut investir massivement. » Alors que l’interdiction du glyphosate ne cesse de tendre le débat, elle incarne aujourd’hui, et plus que jamais, le symbole d’une agriculture plus raisonnée.

  • Magazine produit avec les rédactions régionales de France 3 – Présentation Charles-Henry Boudet – Rédaction en chef Claire Combe – Production exécutive Grand Angle Productions – Réalisation Laetitia Vans et Jean Louis Perez

  • Pesticides, le débat empoisonné, Réseau d’enquêtes, mercredi 20 mai 2020 à 23 h 15 sur France 3

L’article de Reporterre est ici.

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L’UE veut diviser par 2 l’usage des pesticides et amplifier l’agriculture bio

Boursorama  Un article de Boursorama, le 20/05/2020.

BRUXELLES (Reuters) – L’Union européenne doit diviser par deux l’usage des pesticides dans l’agriculture tout en augmentant les cultures biologiques, a déclaré mercredi le commissaire européen au climat, Frans Timmermans, un volonté saluée par les groupes de défense de l’environnement mais accueillie avec scepticisme par les lobbies agricoles.

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Frans Timmermans, commissaire européen au climat.

L’agriculture contribue au changement climatique, en rejetant 10% des émissions européennes de gaz à effet de serre, tout en étant l’une des principales victimes de ses conséquences, qu’il s’agisse des épisodes de sécheresse ou des inondations.

La Commission européenne dit souhaiter restaurer les écosystèmes naturels tout en accompagnant le secteur agricole vers son objectif de zéro émission nette de CO2 d’ici 2050. « Si la crise du coronavirus nous apprend quelque chose, c’est qu’il faut revoir nos relations avec l’environnement naturel (…) », a dit Frans Timmermans.

L’exécutif européen souhaite que l’usage de pesticide soit réduit de moitié, que celui des engrais diminue de 20% et de faire baisser de 50% les ventes d’antimicrobiens d’ici 2030. Il suggère aussi de revoir la gestion des sols de manière à ce que l’agriculture biologique représente 25% du secteur en 2030 tout en transformant 10% des terres agricoles en paysages de « haute diversité » en favorisant les haies et les zones humides.

Ces objectifs n’ont pour l’heure aucune valeur contraignante pas plus qu’ils ne seront soumis à des études d’impact, a prévenu la Commission. Les lobbies agricoles rappellent de leur côté que les cultures biologiques ont des rendements moindres que l’agriculture conventionnelle et que le retour des clôtures risque de les empêcher de s’adapter aux évolutions de la demande.

(Kate Abnett et Marine Strauss; version française Nicolas Delame)

L’article de Boursorama est ici.

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2020, « l’année de tous les dangers » pour le secteur associatif

Reporterre  Un article de Reporterre, par Hortense Chauvin, le 19/05/2020.

Les mesures de confinement ont aussi pénalisé le secteur associatif, qui a dû mettre à l’arrêt la plupart de ses activités rémunératrices. De nombreuses associations, notamment environnementales, craignent désormais que les dons ne se raréfient avec la crise économique, ce qui mettrait en péril la poursuite de leurs actions.

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« 2020, c’est l’année de tous les dangers. » À l’évocation de la situation économique de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), son directeur général, Yves Verilhac, ne cache pas son inquiétude. Comme un grand nombre d’associations, la LPO a été fortement affectée par la crise sanitaire et les mesures de restriction mises en place par le gouvernement. « C’est une année qui va être très, très compliquée pour nous », confie-t-il.

Une récente enquête du Mouvement associatif, l’organe représentatif des associations françaises, montre que la LPO n’est pas la seule à craindre pour son avenir : 40 % des associations employeuses se déclarent inquiètes quant à leurs difficultés de trésorerie. Près d’un quart des répondants affirment disposer d’à peine trois mois de budget devant eux. Les associations sociales et environnementales sont les plus touchées.

« Les bénévoles qui comptaient pour nous les outardes n’ont pas eu le droit de sortir » 

Cette situation s’explique avant tout par la mise à l’arrêt de la plupart de leurs activités rémunératrices. Depuis la mise en place du confinement, seulement 22 % des associations ont réussi à maintenir une activité minimale. À la LPO, l’ensemble des animations à destination du grand public ont été annulées. La boutique en ligne, dont le chiffre d’affaires varie entre 2 et 3 millions d’euros, a été fermée. Les collectes de rues, qui constituent une part importante de ses revenus, ont également été interrompues. Eau et Rivières de Bretagne a elle aussi dû brutalement mettre un terme aux activités d’éducation à l’environnement qu’elle organise en milieu scolaire, qui constituent près de 40 % de ses recettes. « Ça a été un choc », raconte Arnaud Clugery, son directeur opérationnel.

Très présentes auprès des plus démunis pendant la crise, notamment à travers la distribution de plusieurs dizaines de milliers de repas, les associations gestionnaires du tiers-lieu parisien des Grands Voisins ont également vu leurs recettes fondre. « Nous avons dû fermer le bar et le restaurant, explique Axel Henry, membre de l’association Yes We Camp et habitant des Grands Voisins. Nous tirons également des revenus de la location d’espaces à des petites entreprises et des artistes, dont beaucoup sont précaires. À cause de la crise, certains ne peuvent plus payer le loyer, ce qui nous met en difficulté. » Leurs pertes s’élèvent aujourd’hui à 150.000 euros. « À l’échelle de ce projet, c’est énorme », déplore Clémence Dumanoir, membre de l’association Aurore et coordonnatrice de projets aux Grands Voisins.

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La cantine solidaire des Grands Voisins.

La situation est particulièrement difficile pour les associations naturalistes, qui ont l’habitude de réaliser au printemps leurs inventaires d’espèces. Ces derniers sont généralement rétribués par l’État ou les collectivités territoriales. En temps normal, explique Bénédicte Hermelin, directrice générale de France Nature Environnement (FNE), la plupart sont réalisés grâce au travail de bénévoles. Cette année, confinement oblige, ils n’ont pas pu se rendre sur le terrain. « Certains de nos programmes, comme celui de Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc), risquent de pâtir de la situation, confesse Yves Verilhac. Par exemple, les bénévoles qui comptaient pour nous les outardes n’ont pas eu le droit de sortir. Nous risquons donc d’avoir quelques trous dans nos banques de données. »

« Certaines entreprises qui nous soutenaient risquent d’avoir d’autres priorités dans les mois qui viennent » 

Le directeur général de la LPO se veut néanmoins rassurant sur les conséquences de cette interruption des inventaires de la biodiversité : « Nous avons pu collecter d’autres types de données. Nous allons par exemple avoir une connaissance extraordinaire de l’avifaune des jardins grâce à l’opération “Confinés mais aux aguets”, qui nous a permis de récolter des dizaines de milliers de données que nous n’aurions pas pu avoir en temps normal », se rassure-t-il. L’association s’est également « battue » pour obtenir des dérogations gouvernementales afin de poursuivre des activités essentielles à la protection de certaines espèces menacées, comme les busards [des rapaces diurnes]. « Nous avons pu intervenir pour éviter que leurs nids ne se fassent détruire par les moissonneuses-batteuses en respectant les consignes de sécurité et les gestes sanitaires », souligne-t-il.

Parmi les associations environnementales, seules celles qui se concentrent sur le plaidoyer semblent relativement épargnées par la crise. « L’effet de la pandémie de Covid-19 n’a pas été très fort pour nous, assure Anne Bringault, responsable de la coordination des activités sur la transition énergétique au Réseau Action Climat (RAC). Nous nous sommes adaptés en organisant des points presse et des réunions avec des cabinets, des ministères et des parlementaires en ligne. » Arnaud Clugery, d’Eau et Rivières de Bretagne, confirme : « Toute la partie plaidoyer de l’association a pu rester très active pendant le confinement. » « Nous sommes plus inquiets pour les associations qui sont en lien avec le public et font de l’animation dans les écoles ou les parcs naturels », confie Anne Bringault.

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La Ressourcerie créative, aux Grands Voisins.

De nombreuses incertitudes demeurent en effet quant à l’avenir de ces dernières : si les associations employeuses ont pu bénéficier du chômage partiel et du report de leurs charges, beaucoup n’ont pas été en mesure d’obtenir de prêts garantis par l’État, selon Bénédicte Hermelin. La question du mécénat d’entreprise génère également beaucoup d’inquiétudes. « Certaines entreprises qui nous soutenaient risquent d’avoir d’autres priorités dans les mois qui viennent, explique Yves Verilhac. Nous avions déjà subi cela lors de la crise de 2008. Cette fois, ça risque d’être pire. » Bénédicte Hermelin craint également que la crise ne modifie le comportement des donateurs individuels : « Vont-ils continuer à donner pour des causes environnementales dans ces conditions ? C’est un gros point d’interrogation. »

« Il faut que le gouvernement prenne davantage en compte la question des associations dans l’après-crise » 

Selon Florian Martinez, militant à l’Union syndicale Solidaires, les employés sous contrats atypiques risquent d’être les premières victimes de cette baisse de revenus. « Le secteur associatif compte beaucoup de personnes précaires, dont la grande majorité sont des femmes, rappelle-t-il. Le taux de CDI ne dépasse pas 60 %. Avec la crise sanitaire, beaucoup de CDD, de vacations et de stages n’ont pas été renouvelés. Cette crise ne fait qu’aggraver des conditions de travail qui étaient déjà très mauvaises », regrette-t-il.

Afin de soulager les associations, certaines collectivités territoriales, comme l’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne ont mis en place des fonds d’urgence. Le gouvernement a également publié, jeudi 7 mai, une circulaire stipulant qu’aucune sanction ne pourra être prononcée contre les associations qui, en raison de la crise, ne seront pas en mesure de réaliser des projets subventionnés. Elle recommande aux autorités administratives de décaler ces projets, voire de transformer les subventions accordées sur projet (un inventaire, par exemple) en subventions de fonctionnement. Un dispositif vital, selon Bénédicte Hermelin, mais insuffisant : « Il faut que le gouvernement prenne davantage en compte la question des associations dans l’après-crise », insiste-t-elle. Cela pourrait être fait, selon elle, en mettant en place des aides similaires à celles prévues pour le secteur du tourisme. « L’associatif permet de combler les vides laissés par les politiques publiques. Il faut absolument aider les associations à passer ce cap difficile. Sinon, cela va devenir très compliqué pour certaines d’entre elles. » 

L’article de Reporterre est ici.

 

 

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La Commission européenne mise sous pression pour allier relance économique et Green Deal

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 18/05/2020.

Plus d’un million de citoyens, une centaine d’ONG environnementales, des dirigeants d’entreprises et 18 États membres réclament un grand plan de relance vert, au cœur duquel le Green Deal (Pacte vert) doit jouer un rôle central. Le think tank Jacques Delors propose quant à lui un plan d’investissement de 800 milliards d’euros, sur cinq ans, dans des secteurs phares, permettant à la fois la relance économique et la lutte contre le changement climatique.

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La Commission européenne doit présenter son plan de relance de l’économie ce mercredi 20 mai. @CE

Alors que la présentation du grand plan de relance européen est attendue fin mai, la pression se fait de plus en plus forte pour que celui-ci intègre en son cœur le Green Deal, le Pacte vert européen présenté en décembre dernier. La semaine dernière, le Forum économique mondial a annoncé la création d’un groupe d’action de PDG pour un pacte vert européen, présidé par le patron d’Axa, Thomas Buberl. Parmi ses membres, on trouve les dirigeants d’Ikea, de Suez, de Sanofi, de Natixis ou encore de Schneider Electric.

« Les plans de relance européens façonneront les économies et les sociétés européennes pour les décennies à venir – nous devons nous assurer qu’ils conduisent à un avenir plus vert, plus résilient et inclusif », écrivent-ils dans un communiqué. La plateforme doit permettre de soutenir des plans et des idées concrètes pour accélérer l’action climatique et stimuler les investissements du secteur privé pour la transition verte.

18 États membres engagés

Outre ces grands PDG, plus d’un million de citoyens européens et 100 ONG environnementales appellent aussi à un grand plan de relance vert. Ils demandent que le soutien aux entreprises soit conditionné, l’établissement d’un fond de redressement vert de grande ampleur, que l’investissement public et privé soit guidé par la taxonomie verte et enfin que tous les plans de redressement mettent le bien-être des personnes au centre de la réponse à la crise du coronavirus.

Par ailleurs, ce sont désormais 18 États-membres qui souhaitent que le Green Deal joue un rôle central dans le plan de relance. Signée au départ par onze ministres européens en avril, la tribune vient de convaincre la Roumanie. Neuf États ne l’ont pas signée, parmi lesquels la Pologne, la Hongrie ou encore la République tchèque. Ce qui laisse deviner les rapports de force qui vont s’affronter à Bruxelles ces prochaines semaines.

Cinq secteurs d’avenir

De son côté, le think tank Jacques Delors est allé plus loin en proposant un plan d’investissement chiffré (1). Il a identifié cinq secteurs phares pour stimuler l’économie – les bâtiments, la mobilité, l’innovation verte, l’économie circulaire et le tourisme côtier – dans lesquels l’Union européenne pourrait investir 800 milliards d’euros au cours des cinq prochaines années, « sans prendre de risque ».

500 milliards d’euros pourraient être fléchés rien que dans le secteur du bâtiment en commençant par la rénovation des écoles et des foyers en précarité énergétique, 150 milliards dans le traitement des eaux usées, 80 milliards pour soutenir le tourisme vert et créer de nouvelles aires marines protégées, ou encore 70 milliards dans les usines de batteries électriques.

« L’objectif pour l’Union européenne est de mettre sur pied le premier plan de relance aligné avec l’Accord de Paris sur le climat » a commenté l’eurodéputé Pascal Canfin. Il avait lui-même lancé une vaste coalition de parlementaires, de dirigeants et d’investisseurs pour une relance verte. Devant le Parlement européen, la semaine dernière, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a affirmé qu’il fallait « saisir l’occasion de bâtir une économie moderne, propre et saine qui garantisse les moyens de subsistance de la prochaine génération. »

L’article de Novethic est ici.

(1) Voir la proposition de l’institut Jacques Delors

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Des organisations écolos et paysannes dénoncent le lobbying de l’agro-industrie

Reporterre  Un article de Reporterre, le 14 mai 2020.

Jeudi 14 mai, des organisations — dont Greenpeace, les Amis de la Terre, la Confédération paysanne ou Générations futures — ont dénoncé dans un communiqué commun « les manœuvres menées par les partisans de l’agriculture industrielle ».

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Photo d’illustration.

« Loin de vouloir aider l’ensemble de la profession, le syndicat majoritaire [la FNSEA] et d’autres acteurs tels que les distributeurs instrumentalisent la crise pour imposer en sous-main leur vision d’une agriculture « à la française ». À coup de communication mensongère, de pression sur les agriculteurs et de tentatives de détricotage de la réglementation sanitaire et environnementale, ils conduisent l’alimentation vers une impasse et les paysans vers la précarité économique, tout ceci dans un contexte d’émergence d’une crise alimentaire majeure partout dans le monde. « 

Les organisations ont cité plusieurs exemples de manœuvres de lobbying :

  • « Des syndicats agricoles ont déposé, en pleine crise et sans concertations réelles, des chartes leur permettant de réduire de moitié les distances nationales minimales entre les zones d’épandage de pesticides et les habitations. »
  • Le 6 mai, les coopératives agricoles françaises demandaient le report d’une mesure importante sur les pesticides, à savoir la séparation de la vente et du conseil.
  • La grande distribution, en pleine crise sanitaire, a augmenté une partie de ses marges, par exemple sur la viande bovine : « Si les prix aux consommateurs sont restés stables, les prix d’achat payés aux producteurs [ont diminué] encore plus drastiquement depuis le début du confinement. »

« Cette conjonction de faits inacceptables montre à l’envi que les tenants de l’agriculture industrielle ne reculent devant rien, même devant l’instrumentalisation d’une crise sanitaire majeure pour défendre un système périmé. Pourtant cette épreuve collective devrait nous apprendre au contraire que le temps est venu pour une paysannerie fondée sur l’agroécologie. « 

Les organisations sont : CCFD-Terre Solidaire, Confédération paysanne, Fédération nationale d’agriculture biologique, Générations futures, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Réseau Action Climat, Réseau Civam.

L’article de Reporterre est ici.

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Glyphosate : craignant une crise économique, Bayer durcit le bras de fer avec les plaignants

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 15/05/2020.

Malgré de bons résultats financiers liés à crise du Covid-19, Bayer ne compte pas relâcher la pression concernant le glyphosate. Au contraire, lors de l’Assemblée générale, le DG du groupe a annoncé durcir les négociations en cours avec les 52 000 personnes qui ont porté plainte concernant les effets cancérigènes du Roundup. Le risque financier est énorme pour le géant qui ne trouve pas d’issue à la crise provoquée par le rachat de Monsanto.

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Entre les plaignants du Roundup et Bayer, le combat continue. @Bayer

Les affaires sont revenues à la normale pour Bayer. C’est en tout cas ce qu’on pouvait penser en assistant à l’Assemblée générale virtuelle du géant le 28 avril dernier. Les actionnaires du groupe allemand ont voté à plus de 92 % pour la stratégie de la direction. L’année dernière, les investisseurs avaient rejeté à 55,5 % les « actions du directoire », du jamais vu. Un vote qui avait poussé le président de l’entreprise, Werner Wenning à la démission alors qu’il avait porté avec le directeur-général Werner Baumann  le rachat de Monsanto. Cette fois, le ton a changé. Il faut dire que les résultats sont particulièrement bons. Le groupe allemand enregistre une hausse de 6 % de son chiffre d’affaires pour le premier trimestre. Le Covid-19 a en effet poussé les citoyens a réalisé des stocks de médicaments.

Mais les « effets bénéfiques du Covid-19 » sur le groupe ne reflètent pas une tendance de fond. Werner Baumann a averti qu’il n’était pas capable d’évaluer l’impact de la pandémie sur ses résultats annuels. Surtout, à long terme, c’est l’ombre du glyphosate qui noircit le tableau. En l’espace de trois mois, de février à avril, le nombre de personnes ayant déposé une plainte contre Bayer concernant l’utilisation du Roundup, un herbicide à base de glyphosate, a encore augmenté, passant de 48 600 à 52 500 plaignants.

Bayer serre la vis face aux plaignants

Une hausse de plaintes qui a poussé Bayer à durcir le ton. Depuis quelques mois déjà, le géant avait entamé des pourparlers afin de régler les affaires. Mais en raison du « contexte d’une récession imminente et compte tenu, en partie, des défis considérables en matière de liquidités », le groupe a finalement changé de braquet. « L’entreprise n’envisagera un accord que s’il est financièrement raisonnable et met en place un mécanisme permettant de résoudre efficacement les éventuelles réclamations futures », a prévenu Werner Baumann.

Une annonce qui marque une rupture avec les dernières positions du groupe. Car, si Bayer avait toujours défendu le glyphosate depuis son rachat de Monsanto, il commençait quelque peu à plier sous la pression judiciaires. Selon le journal allemand Handelsblatt, il envisageait même d’arrêter, aux États-Unis, les ventes au détail du glyphosate tout en continuant de servir les agriculteurs. L’enjeu est de taille car le risque financier lié à ses plaintes est énorme pour Bayer, il est évalué entre 10 et 15 milliards d’euros.

Monsanto, un gouffre financier

« La tentative de rendre Bayer plus résilient et plus fort en achetant Monsanto a jusqu’à présent échoué », a déclaré à Reuters Ingo Speich, responsable de la gouvernance d’entreprise pour Deka Investment, l’un des principaux actionnaires de Bayer. Alors que Deka a voté en faveur de Baumann et du conseil de surveillance, il a déclaré : « Tant que Bayer ne pourra pas se libérer de ces poursuites, nous ne verrons probablement pas de reprise du cours de l’action ».

Depuis le rachat du géant des OGM pour 56 milliards d’euros, le cours de l’action de Bayer n’a cessé de chuter, tout comme sa capitalisation boursière. En avril 2019, le groupe allemand avait perdu plus de 30 milliards d’euros en Bourse ainsi que trois procès emblématiques dont les amendes cumulées représentent des centaines de millions d’euros.

L’article de Novethic est ici.

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Dans le Nord, un accident industriel a tué toute vie dans le fleuve l’Escaut

Reporterre  Un article de Reporterre, par Simon Henry, le 12/05/2020.

Mi-avril, près de Cambrai dans le Nord, environ 100.000 mètres cubes d’eaux de lavage de betteraves se sont déversées accidentellement dans le fleuve l’Escaut, entraînant la mort de milliers de poissons. Un désastre écologique qui ruine vingt ans d’efforts en faveur de la biodiversité.

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Le fleuve court de la Picardie jusqu’en Belgique en passant par Gand, Tournai ou Anvers, avant de se jeter dans les eaux néerlandaises de la mer du Nord.

 

Confinement oblige, le fleuve l’Escaut respirait enfin : la cadence des bateaux sur son lit est au ralenti, tout comme l’activité des usines qui le bordent. L’Escaut (de Schelde en néerlandais) n’était alors qu’un long fleuve tranquille de 355 kilomètres, s’écoulant de Gouy en Picardie jusqu’en Belgique en passant par Gand, Tournai ou Anvers, avant de se jeter dans les eaux néerlandaises de la mer du Nord. Un cours d’eau international méconnu il y a encore quelques semaines, jusqu’à ce qu’un accident de pollution majeur le place sous les feux des projecteurs.

Dans la nuit du 9 au 10 avril, à Escaudœuvres, près de Cambrai dans le Nord, la digue d’un bassin de décantation de la sucrerie Tereos a cédé. Près de 100.000 m3 d’eaux organiques, contenant les sédiments issus du lavage de betteraves, se sont échappées et une dizaine d’habitations aux alentours ont été inondées. Une grande quantité de l’eau a ruisselé jusque dans l’Escaut, à quelques centaines de mètres en aval de l’usine. Dès le lendemain, des poissons morts flottaient à la surface du fleuve, asphyxiés. Car si les matières organiques sont habituellement inoffensives, « en surabondance, leur dégradation provoque une consommation excessive d’oxygène dans l’eau et ainsi asphyxie tous les organismes vivant à proximité », explique sur son site l’Office français de la biodiversité.

La préfecture du Nord, l’autorité compétente en matière de pollution aérienne, terrestre ou maritime, n’a pas semblé maîtriser la situation. « Bien qu’une diminution d’oxygène avec l’apparition d’une mortalité piscicole ait pu être constatée dans les jours suivant l’accident, un retour progressif à un taux d’oxygène plus normal a été mesuré », indique-t-elle dans un communiqué publié deux semaines après les faits, le 24 avril. « Il n’y a donc pas eu d’alerte aux régions situées en aval, en particulier côté belge. »

La partie flamande a été plutôt épargnée grâce à l’alerte lancée par les autorités wallonnes

Audrey Lieval est cheffe de projet au syndicat mixte de l’Escaut (Symea), une structure coordonnant toutes les actions relatives à la ressource en eau du territoire de l’Escaut. Confinée et dans l’incapacité de se rendre sur place, elle se désole de n’avoir pas pu réagir à temps. «Je recevais au début des bribes d’informations, mais rien d’alarmant,jure-t-elle. Jusqu’au jour où mon homologue wallon m’a appelé pour m’annoncer que toute la faune avait péri de leur côté. J’étais catastrophée.» En aval du bassin et jusqu’en Wallonie, l’eau polluée et au taux d’oxygène proche de zéro a causé la mort de la quasi-totalité des espèces vivantes du fleuve, parmi lesquelles près de cent tonnes de poissons. Selon le biologiste Patrick Meire, qui a œuvré à l’opération de sauvetage express, « même si la pollution s’estompera naturellement, il faudra des années pour que la biodiversité se reforme dans les zones touchées ».

La partie flamande a en revanche été plutôt épargnée grâce à l’alerte lancée par les autorités wallonnes. « De Gand à Anvers, nous avons réussi à préserver environ 95 % des poissons », estime Patrick Meire. « Grâce à des pompes disséminées en divers endroits du fleuve, on a ajouté de l’oxygène dans l’eau, ça a été efficace. »

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L’accident provoqué par la sucrerie industrielle a asphyxié tous les organismes vivant à proximité.

Plusieurs plaintes ont été déposées dans ce dossier, notamment par les autorités wallonnes et diverses associations environnementales des deux côtés de la frontière. Soit contre X, soit contre Tereos directement. « Cet incident est loin d’être banal et il doit être considéré comme le plus gros incident écologique depuis vingt ans », fulmine Europe Écologie Les Verts (EELV) Hauts-de-France dans un communiqué publié le 25 avril. Le parti met en cause Tereos « dans un incident du même type [qui] s’est produit en février », soit deux mois plus tôt, et appelle les autorités à prendre de nouvelles mesures pour prévenir à l’avenir les risques d’accident de cette ampleur.

En attendant les résultats des enquêtes judiciaires lancées par le parquet de Cambrai et celui de Charleroi (Wallonie), Tereos considère dans un communiqué qu’« à ce stade, il est encore trop tôt pour établir de quelconques liens de causalité ». Tout en ajoutant « qu’en tant qu’entreprise citoyenne, elle assumera sa responsabilité si elle venait à être établie ».

Plus qu’un désastre écologique, cet accident de pollution donne surtout le sentiment d’un retour en arrière. Car l’Escaut ne s’est jamais distingué par la clarté de son eau. « Il est même plutôt d’une couleur marron chocolat assez repoussante », décrit Audrey Lieval, témoignant ainsi d’une pollution endémique. Laëtitia Deudon, géohistorienne de l’environnement, planche depuis cinq ans sur une thèse sur les aménagements et le paysage fluvial de l’Escaut du XIIe siècle à aujourd’hui. « D’une ressource énergétique et piscicole à la base, il est devenu un cloaque, surtout à partir du XIXe siècle, une période à partir de laquelle l’Escaut a été canalisé à plusieurs reprises jusqu’à son état de grand gabarit actuel », explique-t-elle. Le fleuve est alors devenu « un corridor industriel entraînant la polarisation des usines le long du cours d’eau ». Le récent épisode de pollution a un précédent : « En 1883, des rejets de matières organiques provenant de la sucrerie de Curgies et de la distillerie de Saultain ont été observés dans l’eau. » Ces pollutions avaient entraîné, là aussi, la mort des poissons malgré les mesures prises à l’époque par les autorités municipales, les commissions d’hygiène, de salubrité et la préfecture du Nord.

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La forte pollution s’explique aussi par la typologie du territoire et les aménagements qui en ont découlé. « C’est un fleuve de plaine à cours lent, assez marécageux, qui a une tendance naturelle à l’envasement et à l’encombrement du fait de la faible circulation de l’eau qui rend difficile le renouvellement des eaux sur la partie amont du fleuve », poursuit Laëtitia Deudon. « D’autre part, l’Escaut circule à travers un environnement qui s’est fortement anthropisé et urbanisé. » Il longe ou traverse de grandes villes comme Cambrai et Valenciennes en France, ou Tournai, Gand ou Anvers en Belgique. En plus des eaux usées des villes et des dépôts sauvages, le fleuve subit aussi « les résidus de pesticides du fait de l’agriculture très présente sur ses rives ». Par ailleurs, toutes les eaux (fossés, étangs, rivières, canaux) se jettent ensuite dans l’Escaut, « qui est l’exutoire final, ce qui tend à empirer la situation en cas de pollution ».

« Cette catastrophe a ruiné tous les efforts fournis depuis près de vingt ans »

« Il y a encore trente ans, l’Escaut était l’un des fleuves les plus pollués d’Europe. À tel point qu’il a été cité dans un livre japonais comme l’exemple à ne pas suivre », se souvient Arnould Lefébure. Il a participé en 1994 à la mise en place d’une commission internationale de l’Escaut, dont il était le secrétaire général jusqu’en août 2019. Une instance destinée en cas de problème à faciliter la gestion et la coordination des États par lesquels le fleuve circule. « En 1998, la commission a créé un système d’alerte en cas de pollution accidentelle pour faciliter la communication, précise M. Lefébure. Dans le département du Nord par exemple, la préfecture dispose d’un centre de crise disposé à nous alerter en cas de problème. Les protocoles sont nombreux et très stricts. »

Dès lors, comment expliquer pour le dernier accident en date, le raté des autorités françaises que les Belges accusent aujourd’hui de « négligence » ? « Il peut y avoir parfois des trous dans la raquette, la chaîne de diffusion des informations n’est pas toujours optimale », concède l’homme, sans toutefois dédouaner la préfecture du Nord qui n’a communiqué officiellement que deux semaines après les faits, le 24 avril.

« C’est triste parce que cette catastrophe a ruiné tous les efforts fournis depuis près de vingt ans », se désole Audrey Liéval, assurant que tout était mis en œuvre à travers de nombreuses initiatives locales pour permettre à l’Escaut de prétendre à la mention « bon potentiel 2027 », selon l’objectif écologique fixé par la directive cadre sur l’Eau (DCE) adoptée en 2000. Ces dernières années, le Conservatoire d’espaces naturels du Nord Pas-de Calais a par exemple mené en partenariat avec Valenciennes Métropole des actions de dépollution et de requalification des berges et friches industrielles de l’Escaut. Un renforcement des mesures de contrôle de la qualité des eaux a été pris à tous les échelons. 27.622 hectares de milieux humides (étangs, tourbières, canaux, marais, prairies et forêts humides, etc.) dans les vallées de la Scarpe et de l’Escaut ont aussi été labellisés Ramsar [1] en janvier 2020 pour endiguer leur dégradation ou leur disparition et préserver au mieux l’écosystème. Des initiatives qui ont, semble-t-il, porté leurs fruits, à en juger la richesse de la biodiversité décimée par le récent épisode de pollution. « Quand on observait l’Escaut, on ne se doutait pas qu’il y avait autant de vie, s’étonne encore Audrey Liéval. C’est finalement en repêchant ses poissons morts qu’on s’en est vraiment rendu compte. »

L’article de Reporterre est ici.

[1] La Convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau, appelée Convention de Ramsar, a été adoptée en 1971 à Ramsar, en Iran.

Publié dans Biodiversité - Écologie, Pollution

Épandage des pesticides : le Conseil d’État fait reculer le ministère de l’Agriculture

Reporterre  Un article de Reporterre, le 12/05/2020.

Ce mardi 12 mai, le ministère de l’Agriculture s’est engagé à retirer de son site internet les textes qui incitaient à réduire les distances d’épandage au minimum. Cette décision a été annoncée lors d’une audience devant le Conseil d’État, qui examinait un recours de neuf associations contre le ministère déposé le 23 avril dernier.

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Photo d’illustration. Sébastien Jarry / MAXPPP

Elles contestaient le choix du ministère, en pleine crise du Covid-19 et en plein confinement, de permettre une réduction des distances de sécurité entre les épandages de pesticides et les habitations au minimum. Cette réduction ne devait être au départ autorisée, dans chaque département, qu’après une consultation du public permettant l’adoption d’une sorte de charte de bon voisinage. Mais les consultations pouvant être difficilement menées en temps de confinement, le ministère avait fait le choix d’en dispenser les agriculteurs jusqu’à fin juin. Ce contre quoi les associations ont protesté, en déposant deux recours devant le Conseil d’État, l’un dans l’urgence et l’autre sur le fond.

L’audience de ce mardi a donc permis aux associations d’obtenir le retrait des textes d’information du gouvernement sur le sujet, mais toute l’affaire n’est pas encore jugée : les associations demandaient également le retrait d’une instruction officielle permettant ces réductions de distance à peu de frais. « Nous saurons d’ici la fin de la semaine si le Conseil d’État accède ou non à nos attentes sur ce point », ont-elles indiqué.

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans Justice - Législation, Pesticides-Fongicides

L’élevage intensif nous mène droit vers la prochaine pandémie

Courrier international

Un article de Courrier International, par Jonathan Safran Foer et Aaron S Gross (The Guardian – Londres), le 01/05/2020.

Continuer à élever des animaux comme on le fait aujourd’hui équivaut à un suicide collectif, s’insurge dans cette tribune l’écrivain Jonathan Safran Foer. C’est maintenant qu’il faut agir, au risque de voir éclater une crise infiniment plus grave que celle du Covid-19.

Poulailler géant

Il peut paraître malvenu, ou simplement impossible, de se concentrer sur autre chose que l’épreuve que nous traversons actuellement. Et puisque tirer les leçons de cette crise ne changera rien à nos souffrances actuelles, il est tentant de les reporter à plus tard. Mais c’est justement parce que nous sommes dans une situation de vulnérabilité douloureuse que certaines discussions ne peuvent pas attendre.

Imaginez : alors que votre pays pratique la distanciation sociale, le pays voisin réagit au Covid-19 en entassant ses citoyens dans des gymnases par dizaines de milliers. Imaginez que le gouvernement voisin les bourre de médicaments et pratique des modifications génétiques pour permettre à ses citoyens de maintenir leur productivité malgré ces conditions déplorables, même si cela a pour effet secondaire de bousiller leur système immunitaire. Et pour compléter cette vision dystopique, vos voisins divisent par dix le nombre de leurs médecins. De telles mesures feraient radicalement augmenter le taux de mortalité non seulement dans leur pays, mais aussi dans le vôtre. Les agents pathogènes ne respectent pas les frontières nationales. Ils ne sont ni espagnols ni chinois.

Circulation entre espèces

Les agents pathogènes ne respectent pas non plus la barrière des espèces. Le virus de la grippe et les coronavirus se déplacent sans problème entre les populations humaines et animales, tout comme ils passent facilement d’un pays à un autre. En matière de pandémies, il n’y a pas différence entre la santé animale et la santé humaine – pas plus qu’il n’y en a entre la santé coréenne et française. La distanciation sociale ne fonctionne que si tout le monde la pratique, et ce “tout le monde” inclut les animaux.

La viande que nous mangeons aujourd’hui provient en grande majorité d’animaux au patrimoine génétique uniforme, qui sont immunodéprimés et régulièrement placés sous traitement médicamenteux. Ils s’entassent par dizaines de milliers dans des bâtiments ou empilés dans des cages – même si l’étiquette de la viande prétend le contraire.

Nids à virus

Nous ne savons pas encore tout de l’histoire de l’apparition du Sars-CoV-2, cette souche particulière de coronavirus qui nous menace aujourd’hui. Mais si l’on considère les récentes menaces de pandémie de grippe à virus tels que le H1N1 (grippe porcine) ou le H5N1 (grippe aviaire), il n’y a aucune ambiguïté : ces virus se sont développés dans des élevages industriels de poulets et de porcs. Les analyses génétiques ont montré que des constituants essentiels du H1N1 sont issus d’un virus circulant dans les élevages de porcs d’Amérique du Nord. Mais ce sont les exploitations avicoles qui sont apparemment les meilleurs laboratoires de création de virus.

C’est dans les élevages industriels de poulets que nous avons le plus souvent trouvé des virus ayant muté et étant passé des animaux aux humains (ce que les scientifiques appellent une “cassure antigénique”). […]

La suite de l’article, réservée aux abonnés, est ici.

Publié dans Agriculture chimique, Santé

Le tigre de Sumatra pourrait bientôt disparaître

565  Un article de National Geographic, par Juliette Heuzebroc.

Le tigre de Sumatra, dernière espèce de tigres indonésiens encore vivante, voit son habitat détruit jour après jour et les derniers spécimens sont désormais menacés d’extinction.

Tigre de sumatra

Un tigre fixe l’appareil d’un piège photographique qu’il a activé en chassant au petit matin dans les forêts du nord de Sumatra, en Indonésie. Photo Steve Winter

La survie des tigres de Sumatra (Panthera tigris sumatrae) est de plus en plus menacée par la détérioration de son habitat naturel. Évoluant dans de vastes étendues sauvages, un tigre de Sumatra a besoin d’un espace de vie d’environ 400 km² sur cette île de plus de 473 000 km². Mais ces 27 dernières années ont transformé l’état naturel de l’île. De 1990 à 2010, Sumatra a perdu environ 40 % de ses forêts, principalement pour faire place à la culture d’huile de palme.

Le recul de ces espaces naturels réduit significativement l’habitat du tigre de Sumatra qui se voit isolé dans des zones de plus en plus petites et divisé en sous-population, un handicap majeur pour la perpétuation de l’espèce. Une étude publiée dans la revue Nature Communications évalue le nombre de spécimens adultes encore vivants à 618 en 2012, soit 124 de moins qu’en 2010, la baisse étant proportionnelle à la destruction de 17 % de son habitat sur ces deux ans. La WWF, elle, évalue le nombre de spécimens restants à seulement 500.

Si ce nombre est déjà très faible, la séparation des groupes a mené à des sous-populations composées de maximum 50 tigres : « Des sous-populations de tigres sont également considérablement plus fragmentées, augmentant de beaucoup la menace d’extinction en tant qu’espèce dans chaque forêt », explique l’auteur principal de l’étude, Matthew Luskin, étudiant en doctorat à l’université de Californie à San Diego. L’étude précise que seuls deux espaces restent assez vastes sur l’île pour accueillir des regroupements de 30 femelles reproductrices, seuil nécessaire à la survie de l’espèce.

Le braconnage est également un obstacle de taille à la conservation de la plus petite espèce de tigres au monde. La Chine est le premier importateur mondiale des différentes parties du corps du tigre, réputées pour leurs bienfaits supposés sur la vitalité et la virilité.

L’enjeu de la protection des tigres de Sumatra est immense. L’espèce est au stade de danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) depuis 2008 ; elle reste la seule espèce de tigres indonésiens encore existante, les tigres de Java et Bali étant déjà complètement éteints. Les autorités indonésiennes s’investissent dans sa préservation grâce à la mise en place de grands parcs nationaux et à des partenariats avec les zoos australiens pour maintenir des spécimens en vie et favoriser la reproduction.

L’article de National Geographic est ici.

Publié dans Biodiversité - Écologie

L’agroforesterie pour restaurer un écosystème vertueux dans les champs… avec le retour des arbres et des haies

https://anorenvironnement.files.wordpress.com/2019/11/france-info.jpg?w=169&h=40  Un article de France Info, le 02/05/2020.

« L’agroforesterie désigne les pratiques, nouvelles ou historiques, associant arbres, cultures et/ou animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ », selon l’Association française d’agroforesterie. Bonne nouvelle, les arbres et les haies reviennent dans les champs.

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Le mouvement est encore timide, mais devant l’urgence, quelques paysans s’y sont convertis. Comme Anne-Catherine et Nicolas Petit, dont la ferme dans le Gers est aujourd’hui devenue une référence dans le domaine. Le couple a quitté la ville en 2001 pour s’installer sur une parcelle qui était un désert végétal : « C’est comme ça qu’on a trouvé notre ferme au départ, c’est-à-dire sans arbres, ni haies, avec un travail dans le sens de la pente, plus de végétation… explique ce néo-rural diplômé d’une école de commerce au magazine « 13h15 le samedi » (replay). Nous, on voulait travailler en bio et être éleveurs, redonner de la vie et de la biodiversité. On a planté 8 000 arbres en dix-huit ans. Le résultat montre les signes d’une amélioration et d’un bien-être. »

« L’arbre est un hébergeur de biodiversité »

Les arbres sont plantés en ligne dans les champs cultivés pour laisser passer les tracteurs et autres machines agricoles. Quand il prépare ses sols pour l’hiver, le paysan n’emploie pas de pesticides et ne laboure pas. Juste un grattage en surface pour couper les mauvaises herbes qui vont sécher au soleil d’automne et ensuite nourrir la terre. « L’arbre est un hébergeur de biodiversité. Au cœur de la parcelle, on va ainsi planter un support qui va permettre aux insectes et à une certaine faune de venir se nourrir, s’abriter et se reproduire », développe-t-il.

« Au lieu d’avoir l’arbre sur le bord du champ, on l’a au cœur de la parcelle car il est aussi un fertilisateur, poursuit Nicolas Petit. A l’automne, les feuilles tombent pour venir fertiliser les sols. Au niveau de leur perméabilité, le système racinaire va créer une porosité. La pluie va pénétrer dans  le sol. Dans les systèmes avec des tracteurs un peu lourds, les sols sont tassés et glissants. Donc, la matière organique de la partie supérieure, la plus riche et la plus importante, a tendance à être lessivée en hiver. Avec les arbres agroforestiers, les couverts végétaux et l’absence de produits intrants, je suis sûr que je soigne mon sol. J’en suis certain. »

L’article et la vidéo de France Info sont ici.

Publié dans Agriculture biologique, Biodiversité - Écologie

Le Coronavirus a des effets très positifs sur la pollution de l’air due au trafic routier

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 28/04/2020.

Jamais l’air n’aura été aussi pur. En tout cas pour ce qui est de la pollution atmosphérique liée au trafic routier et aux centrales thermiques. Plusieurs études révèlent des baisses de concentration d’oxydes d’azote pouvant aller jusqu’à 70 % à Paris. En revanche, la pollution aux particules fines n’est pas impactée par le confinement car elle est davantage liée aux épandages agricoles, au chauffage et à des températures particulièrement douces.

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La pollution de l’air due au trafic routier a considérablement diminué dans les grandes villes en raison du confinement.

Les concentrations d’azote (NO2 et NOx), produit principalement par les véhicules et les centrales thermiques, ont chuté dans les grandes villes françaises et européennes en raison du confinement imposé par la crise du Coronavirus. A Paris, les émissions de dioxyde d’azote (NO2) ont ainsi baissé de 54 % en un mois, comparé à la même période l’année dernière. Si on prend en compte l’ensemble des oxydes d’azote (NOx), émis aux deux tiers par le trafic routier, la chute atteint même 70 % dans la capitale. Cette baisse est également constatée à Nantes, Strasbourg ou encore dans l’agglomération grenobloise.

« L’indicateur NOx est plus stable que le simple NO2 en période de variation importante de température », explique Atmo France dans son étude (1). Mais que l’on prenne l’un ou l’autre des indicateurs, la baisse est quoiqu’il en soit « remarquable », relève Simonetta Cheli, experte de l’Agence spatiale européenne. « Du jamais vu en 40 ans de mesure pour Airparif, avec une telle ampleur et autant de stations », confirme l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France.

Pas d’impact sur les particules fines

En revanche, « l’impact du confinement est resté moins visible sur les particules (PM10 et PM2,5), avec des niveaux toujours soutenus certains jours », relève Airparif. Le seuil d’alerte a ainsi été franchi le 28 mars dernier pour les PM2,5, principalement à cause de l’agriculture. La diminution du trafic routier ne permet donc pas toujours de compenser ces émissions qui sont liées aux épandages agricoles, au chauffage résidentiel et à des température plus douces.

« Une météo printanière (…) a favorisé les réactions chimiques et la formation de particules », explique Airparif. Mais « avec des conditions de trafic normales, les niveaux auraient été plus conséquents et plus problématiques du fait du rôle aggravant joué par la pollution de l’air dans l’épidémie de Covid-19″, souligne l’organisme.  

Selon une récente étude parue dans la revue de la Société européenne de cardiologie, la pollution de l’air est responsable de 8,8 millions de décès prématurés par an dans le monde, dont 68 000 dans l’Union européenne. A titre de comparaison, la crise du Coronavirus a tué plus de 200 000 personnes dans le monde dont la moitié sur le territoire européen.

« Nos résultats montrent qu’il existe une « pandémie de pollution de l’air’ », commente Thomas Münzel, responsable de cette recherche. Or, « les deux tiers environ des décès prématurés sont imputables à la pollution d’origine humaine, principalement due à l’utilisation de combustibles fossiles (…) et sont potentiellement évitables », conclut-il.

L’article de Novethic est ici.

(1) Voir l’étude d’Atmo France

Publié dans Pollution, Santé

L’éducation à la nature est primordiale, finançons-la

Reporterre  Un article de Reporterre, par Dimitri de Boissieu, le 27/04/2020.

Le confinement nous rappelle à quel point nous avons besoin des sensations que nous offre le monde naturel. Pourquoi ne pas en profiter pour impulser une vaste politique d’éducation à la nature ? C’est ce que propose l’auteur de cette tribune, en suggérant notamment l’instauration d’une taxe spécifique. Pour notre plus grand bien, et celui de la transition écologique.

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La crise sanitaire que nous vivons aujourd’hui prouve que toutes les activités d’intérêt général, comme la culture, l’éducation, l’action sociale et l’environnement sont totalement indispensables à notre bien-vivre. Néanmoins, un des axes totalement négligés depuis plusieurs décennies par les pouvoirs publics est l’éducation à la nature et à l’environnement pour tous et toutes, à tous les âges de la vie.

De nombreux travaux de pédagogues, de scientifiques et de journalistes ont pourtant déjà montré qu’une fréquentation régulière de la nature est indispensable au bien-être des humains. En témoignent les écrits de Louis Espinassous, du réseau École et nature, de Sarah Wauquiez, de Matthieu Chéreau et Moïna Fauchier-Delavigne, de Richard Louv ou d’Anne-Caroline Prévot.

Le contact avec le dehors permet aux enfants et adultes de se sentir bien, d’avoir confiance en eux, de gagner en autonomie et en créativité, d’être en meilleure santé et moins stressés. Il développe le goût de la coopération avec les autres et une certaine empathie envers la biodiversité et la planète Terre. L’éducation à la nature permet aussi l’acquisition de connaissances sur le monde vivant et l’établissement d’un lien affectif fort entre les personnes et leur environnement. Elle transforme ainsi notre rapport au monde et construit une société plus respectueuse des écosystèmes et des cycles naturels.

Les enfants reçoivent des enseignements sur le développement durable assis devant des écrans

Malgré ces précieuses potentialités de l’éducation à la nature, depuis une vingtaine d’années, le nombre et la durée des classes de découverte et des séjours de vacances nature ne cessent de diminuer, comme le prouvent les travaux de la « Dynamique sortir » du réseau École et Nature [1]. La peur du risque, les contraintes réglementaires et administratives, la prégnance des écrans dans la vie quotidienne, la société consumériste et le manque de budgets alloués aux sorties et séjours nature éloignent de plus en plus les enfants et adolescents du dehors.

Alors que, dans de nombreux pays d’Europe, les jardins d’enfants de plein air, les écoles en forêt et le réensauvagement des cours d’école sont monnaie courante, ils restent en France le plus souvent à l’initiative militante de quelques enseignants et animateurs isolés. Un inquiétant « syndrome du manque de nature » se développe donc dans la population, aujourd’hui très certainement amplifié par le confinement.

Le plan biodiversité du ministère de la Transition écologique et solidaire annonçait en 2018 l’objectif de « promouvoir le développement de séjours nature au collège ». Mais, dans les faits, rien ne bouge. La circulaire « transition écologique » de 2019 de l’Éducation nationale n’abordait, quant à elle, même pas la notion de besoin de nature. Alors que, dans les médias, on vante les bienfaits de la reconnexion à la nature, des bains de forêt ou de la sylvothérapie, les enfants de nos villes et campagnes restent du matin au soir cloîtrés entre quatre murs. Ils sont assignés à recevoir des enseignements sur le développement durable assis sur des chaises et devant des écrans. Pour éviter de créer une société atrophiée et afin de réussir la transition écologique, il devient donc urgent de développer massivement une politique d’éducation à la nature sur tout le territoire.

Pourtant, bien que la crise sanitaire ait permis une certaine prise de conscience sur la nécessité de construire rapidement une société de justice sociale et environnementale, l’actualité nous montre que les tenants du pouvoir utilisent plutôt le prétexte de la relance économique pour asseoir l’ordre néolibéral, en prenant précipitamment des décisions anti-environnementales [2].

Le changement ne sera donc envisageable que si un solide rapport de force social s’établit dans le pays. En cette période inédite, les forces progressistes se doivent d’être tenaces et créatives. Comme nous y invite Bruno Latour, il est utile de lister les activités que nous souhaitons diminuer ou développer. L’an 01 est de retour : soyons réalistes, demandons l’impossible !

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Le nombre et la durée des classes de découverte et des séjours de vacances nature ne cessent de diminuer.

Une taxe de la publicité pourrait financer l’éducation à la nature

En 1976 a été intelligemment créée la taxe départementale des espaces naturels sensibles (TDENS). Renommée aujourd’hui taxe d’aménagement, elle permet aux collectivités locales de taxer à hauteur de 1 à 5 % toutes les opérations soumises à autorisation d’urbanisme — notamment les nouvelles constructions. Ces fonds publics sont affectés à l’acquisition foncière d’espaces naturels, dans le but de les protéger, de les gérer et de les ouvrir au public. Il s’agit en quelque sorte d’appliquer le principe pollueur-payeur au processus d’urbanisation. En construisant une maison, on artificialise durablement les sols, au détriment de la nature ordinaire. On paye donc pour compenser cette dégradation. Entre 2001 et 2010, la TDENS a permis de générer à l’échelle du pays un budget moyen annuel de 167 millions d’euros [3].

Cette logique pourrait tout à fait s’appliquer au financement de l’éducation à la nature en « prenant l’argent où il se trouve », comme le propose la réalisatrice Coline Serreau dans son message « Le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit ». Certains « pollueurs de l’enfance » sont facilement identifiables : les publicitaires dégradent en toute impunité les cerveaux de nos jeunes générations. En les bombardant de publicités dès le plus jeune âge, les marchands manipulent les enfants pour les transformer en « prescripteurs d’achats », notamment d’aliments trop gras et trop sucrés. La publicité développe par ailleurs chez eux un sentiment de frustration. Surtout, elle leur assigne durablement un rôle de consommateur et ancre en eux les stéréotypes de genre.

Une loi interdisant la publicité commerciale dans les programmes jeunesse de la télévision publique a été promulguée fin 2016. C’est une avancée importante [4]. Mais qu’en est-il de la publicité diffusée sur les chaînes de télévision privées, sur les panneaux publicitaires, dans la presse jeunesse et sur Internet ? Il faut continuer à militer pour l’interdire ou la limiter. De manière plus pragmatique, une taxe pourrait aussi tenter de compenser, a minima, l’influence néfaste de la publicité sur l’éducation des enfants.

En France, les recettes publicitaires augmentent constamment depuis une décennie, atteignant, selon le Baromètre unifié du marché publicitaire la valeur de quinze milliards d’euros en 2019. En imaginant qu’un quart des publicités soit à destination des 0-18 ans et en appliquant aux marques une taxe de seulement 1 % sur leurs investissements publicitaires, la collectivité pourrait ainsi bénéficier d’un budget annuel de 37,5 millions d’euros.

Enfin de quoi envisager le développement d’une ambitieuse politique d’éducation à la nature… Afin que les enfants puissent à nouveau courir dans les prés, et que s’accélère la transformation écosociale de notre monde.

L’article de Reporterre est ici.

[1] Animée par le réseau École et nature, la Dynamique sortir rassemble des acteurs de l’éducation à l’environnement, de l’Éducation nationale, de l’Éducation populaire, des sports de nature et du plein air souhaitant promouvoir l’éducation dans la nature.

[2] Voir notamment l’adoption du projet de loi de finances rectificative, qui permet à l’État, par le plan de relance, de financer des multinationales polluantes sans aucune conditionnalité environnementale, et le décret autorisant les préfets à déroger à certaines normes environnementales.

[3] Selon le ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement (2011), tel que présenté dans le bilan des recettes et des emplois de la taxe départementale des espaces naturels sensibles (TDENS), années 2001-2010, situation au 31 décembre 2010, 19 p..

[4] Acquise grâce à la mobilisation du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente), du RAP (Résistance à l’agression publicitaire) et de plusieurs sénateurs.

Publié dans Biodiversité - Écologie

Nicolas Hulot livre ses propositions pour un « monde d’après » plus solidaire

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 07/05/2020.

Le temps du changement est venu. Dans une tribune, Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique, appelle à se délester du « monde d’avant » mis à l’arrêt par le Covid-19 pour construire un après « radicalement différent ». Il donne le cap à travers cinq propositions qui sont les « cinq premières marches vers un nouveau monde ». Et l’ancien ministre n’est pas isolé, tant les appels se multiplient en ce sens.

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L’ancien ministre aspire à guider la France vers « une troisième voie entre l’autarcie et le néolibéralisme ». Photo François Mori – AFP

La démission de l’ancien ministre de la Transition écologique avait provoqué, il y a deux ans, un véritable sursaut écologique chez bon nombre de citoyens, via notamment, l’Affaire du siècle, pétition la plus signée de l’histoire, et les marches pour le climat. À l’heure où la France doit engager sa sortie de crise du Covid-19, Nicolas Hulot tente de nouveau de proposer un cap. « Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force. On ne pourra plus prendre l’avion comme avant, plus avoir un produit par Amazon du bout du monde en 24 heures », prévient-il dans un entretien au Monde.

L’ancien ministre a ainsi publié cinq mesures politiques concrètes, les « cinq premières marches vers un nouveau monde », écrit la Fondation qui porte son nom. Il appelle à une Europe des solidarités via la création d’un fonds européen de relance et de transformation écologique de « plusieurs milliers de milliards d’euros ». Nicolas Hulot demande également de financer la transition dans les collectivités territoriales et juge que « le temps est venu de passer du libre-échange au juste échange en mettant fin aux accords de libre-échange par l’Union européenne ».

Enfin, Nicolas Hulot appelle à la relocalisation en France et en Europe de certaines activités. Surtout, il demande un engagement écologique explicite des acteurs économiques qui bénéficieraient d’aides financières. L’ancien ministre aspire ainsi à guider la France vers « une troisième voie entre l’autarcie et le néolibéralisme » et espère que la crise sanitaire va « éveiller les esprits, y compris d’Emmanuel Macron ».

Une mobilisation massive 

Et dans cette démarche, il n’est pas isolé. Dans une tribune publiée le 6 mai dans Le Monde, 200 artistes et scientifiques, de Madonna à Cate Blanchett en passant par Juliette Binoche ou Marion Cotillard, disent « non à un retour à la normale ». « La transformation radicale qui s’impose – à tous les niveaux – exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. À quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence », écrivent-ils.

Et justement, pour pousser les décideurs politiques aux actes, ce ne sont pas moins de 70 organisations qui ont lancé ce 7 mai un appel à une « reconstruction écologique, sociale et sanitaire ». Une coalition éclectique et large, rassemblant à la fois Emmaüs, WWF, The Shift Project ou encore Entrepreneurs d’Avenir, qui a pour ambition de créer une mobilisation telle que l’Affaire du siècle avait engendré. Le but est de rassembler un maximum de citoyens pour interpeller les élus.

L’occasion ou jamais de changer de cap

« On est à un carrefour historique en termes de prises de décisions », avance Véronique Andrieu, directrice générale du WWF. « Il est vraiment temps de peser et d’influencer ces décisions », croit-elle. Cette démarche est issue, à l’origine, de mouvements de jeunes, dont le collectif des étudiants de grandes écoles « Pour un réveil écologique », qui ont appelé les autres organisations à les rejoindre. Ils ont réussi à rallier plusieurs associations qui défendent l’écologie, la biodiversité, la démocratie, le partage des richesses mais aussi le service hospitalier. En temps de crise du Covid-19, leur présence était cruciale.

« Aujourd’hui les effets du changement climatique impactent directement la santé environnementale et la population. Nous observons de nouvelles pathologies émergentes liées au changement climatique. Ce qui nous semble important c’est de garantir la pérennité des activités essentielles du service public, de l’éducation au système de santé », appelle Félix Ledoux, président de la Fédération Nationale des Étudiants en soins infirmiers. Tous espèrent qu’au-delà de leurs mots, repris par les élus, parfois même par les grandes organisations patronales, déboucheront des actes à la hauteur de l’urgence actuelle.

L’article de Novethic est ici.

Publié dans Dérèglement climatique, Environnement

Pays-de-la-Loire : Destruction illégale de bocages pendant le confinement

https://anorenvironnement.files.wordpress.com/2017/05/317.jpg?w=115&h=93 Un article de La Relève et La Peste, par Laurie Debove, le 22/04/2020.

FNE et la LPO Pays de la Loire dénoncent des « pratiques illégales et irresponsables » qui risquent de causer des dégâts énormes sur la biodiversité, alors que le printemps est la période de l’année où se passent nidification, pontes, couvées et croissance des petits.

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Au Pays-de-la-Loire, France Nature Environnement et la Ligue de Protection des Oiseaux dénoncent les destructions de haies qui sont commises en période d’interdiction printanière et de confinement. Pour les deux ONG, cette destruction est à contre-courant de ce que nous confirme la crise sanitaire actuelle : l’importance de préserver et régénérer la biodiversité.

Destruction illégale de haies bocagères

Avec la plateforme de vigilance citoyenne « Sentinelles de la Nature », France Nature Environnement Pays-de-la-Loire a reçu de nombreux signalements de destruction de haies et de brûlage du bois vert issu de ces coupes. En cause, les conditions hivernales qui n’ont pas permis de réaliser un grand nombre de chantiers, et leur relance avec l’arrivée du printemps.

Problème : cette destruction se fait en illégalité au regard de la législation en cours. En effet, les tailles de haies en milieu agricole sont interdites du 1er avril au 31 juillet, pour respecter la nidification et l’essor de la biodiversité, tandis que le brûlage des déchets verts est interdit pour ne pas aggraver la pollution de l’air.

« La haie joue pourtant plusieurs rôles importants pour l’environnement : filtre naturel des eaux polluées par les activités de l’homme, rôle d’éponge permettant de stocker l’eau dans les terres agricoles, rôle de brise vent et créateur de micro-climats favorables à l’agriculture de polyculture élevage ; rôles pour la biodiversité : espace refuge et d’alimentation pour la faune, lieu de nidification pour les oiseaux et de gîte pour les chauve-souris et composante importante du puits de carbone face au changement climatique. » rappelle François Halligon, président de la LPO Pays de la Loire

FNE et la LPO Pays de la Loire dénoncent des « pratiques illégales et irresponsables » qui risquent de causer des dégâts énormes sur la biodiversité, alors que le printemps est la période de l’année où se passent nidification, pontes, couvées et croissance des petits.

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La Ferme Ursule, en Vendée, a choisi de conserver et entretenir les bocages – Crédit : Laurie Debove

Le bocage, une espèce en voie de disparition

Lors de l’industrialisation de l’agriculture, à la fin de la deuxième guerre mondiale, le «remembrement» a détruit plus de 600 000 km de haies bocagères qui délimitaient les parcelles paysannes. Pour créer de grands champs accessibles aux tracteurs, les bocages ont été systématiquement éradiqués des campagnes françaises, arrachant des arbres par milliers, souvent contre l’avis de la population.

Au Pays-de-la-Loire mais aussi dans d’autres régions françaises, de nombreuses initiatives émergent pour redonner leur place aux haies dans le paysage agricole. Les agriculteurs sont souvent partagés entre les bénéfices des bocages dans les champs, et le travail d’entretien qu’ils réclament. Alain Quéro, éleveur laitier, a choisi de replanter plus de 1500m de haies épaisses sur sa ferme.

« Avant il n’y avait plus d’arbres, j’entendais pas un moineau, aujourd’hui j’ai un concert de gazouillement tous les jours. Ça coupe le vent, les rendements ne sont pas moins bons, les insectes qui mangent les pucerons ont un abri et je commence même à avoir du bois pour me chauffer. » énumère-t-il pour l’AFP.

Les bocages sont ainsi adaptés pour limiter l’érosion des sols causée par le vent. Cependant, les politiques agricoles menées en faveur d’une agriculture industrielle mécanisée vont à l’encontre des petites exploitations agroécologiques dans lesquelles les bocages ont toute leur place.

Une question reste en suspens : les bocages vont-ils retrouver leur juste place dans nos campagnes ou périr sous les assauts de l’agrandissement des exploitations agricoles industrielles ?

L’article de La Relève et La Peste est ici.

Publié dans Biodiversité - Écologie, Bocage Avesnois

Belgique : l’AFSCA a saisi 778 tonnes de pesticides importés depuis le port d’Anvers

L'avenir  Un article de L’avenir, le 28/04/2020.

L’Unité Nationale d’Enquête (UNE) de l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) a saisi différents lots de pesticides non conformes ou suspects importés via le port d’Anvers, indique l’Agence dans un communiqué.

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BELGA

La saisie a été réalisée aux mois de mars et avril dans le cadre d’une enquête menée en coopération avec le parquet d’Anvers. Les produits concernés, en provenance d’Inde ou de Chine, étaient destinés au marché professionnel européen. La quantité totale des produits saisis aujourd’hui est de 778 tonnes.

Les analyses d’échantillons et de risques réalisées au cours de l’enquête sur la présence de substances non conformes ou suspectes dans des produits phytopharmaceutiques, herbicides et fongicides, destinés à des usages professionnels, ont démontré que ces produits ne présentaient aucun risque pour le consommateur. Il reste cependant «inacceptable que des produits illégaux ou non conformes soient mis sur le marché», souligne l’Afsca dans son communiqué.

Pesticides

Précédemment, l’enquête menée par l’UNE avait déjà abouti au retrait et au rappel de produits ainsi qu’à la suspension d’autorisation de mise sur le marché d’herbicides à base de bentazone (substance active) et de fongicides à base de captan tech (substance active), destinés à un usage professionnel. Bien que ces produits phytopharmaceutiques soient autorisés, leur teneur (et/ou la présence d’impuretés pertinentes) dans certains produits à usage professionnel n’était pas conforme à la législation européenne. Le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement a donc immédiatement procédé à la suspension de l’autorisation de mise sur le marché de ces produits.

L’enquête a par ailleurs démontré que des substances actives importées par la même société, via le port d’Anvers, étaient également non conformes. De plus, certains documents fournis n’étaient pas fiables.

Des perquisitions ont été réalisées le 13 mars 2020 sur l’ordre du juge d’instruction sur trois sites par la police fédérale judiciaire d’Anvers – Team Environnement, en collaboration avec l’UNE. Un blocage complet de tous les produits de la société concernée a été imposé par l’Afsca lors de ces opérations. La quantité totale des produits saisis aujourd’hui est de 778 tonnes.

L’enquête est toujours en cours et il est possible qu’un certain nombre de lots actuellement sous saisie puissent être débloqués s’il est démontré qu’ils répondent à l’ensemble des normes en vigueur.

L’article de L’avenir est ici.

Publié dans Pesticides-Fongicides

Onze des douze années les plus chaudes ont eu lieu après 2000

Reporterre  Un article de Reporterre, le 22/04/2020.

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©CC0

Mercredi 22 avril, le service climatologique européen Copernicus a publié un rapport annuel complet sur le climat. En Europe, 11 des 12 années les plus chaudes ont eu lieu depuis 2000. L’année la plus chaude enregistrée pour l’Europe, en 2019, a été suivie de près par 2014, 2015 et 2018.

Voici en outre les principales conclusions pour l’année 2019 :

  • Trois périodes exceptionnellement chaudes sont survenues en février, juin et juillet, entraînant des températures record en France et en Allemagne notamment ;
  • Le nombre d’heures d’ensoleillement en Europe a atteint son plus haut niveau depuis au moins 1983, bien qu’il y ait eu quelques variations régionales ;
  • L’un des mois de novembre les plus humides jamais enregistrés a apporté des précipitations jusqu’à quatre fois supérieures à la normale en Europe occidentale et du sud ;
  • L’Arctique européen est resté relativement plus froid que ces dernières années, mais la canicule estivale a provoqué une fonte record de la glace de surface au Groenland.

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans Dérèglement climatique

Le Covid-19, un prétexte pour épandre au plus près des riverains : nous saisissons la justice

https://anorenvironnement.files.wordpress.com/2016/07/155.jpg?w=167&h=56  Un communiqué de FNE, le 23/04/2020.

Sous le prétexte que le Covid-19 empêcherait les consultations du public, le Gouvernement recule de nouveau en accordant des réductions supplémentaires pour épandre les pesticides à des distances encore plus faibles des habitations que celles pourtant insuffisamment protectrices imposées en décembre. Afin de protéger les riverains, nous déposons, avec 8 ONG, deux recours devant le Conseil d’État contre cette décision inadmissible.

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Contexte : des distances d’épandage à proximité des habitations déjà très faibles

Le Gouvernement avait organisé durant l’automne 2019 une parodie de consultation nationale aboutissant à des distances d’épandage de pesticides à proximité des habitations, ridiculement faibles. Avec plusieurs organisations, nous avions alors  dénoncé et attaqué ces mesures devant le Conseil d’État. Mais voilà que profitant du Covid-19, le Gouvernement a adopté une instruction et communiqué sur la possibilité de réductions supplémentaires. Ces dérogations permettent de passer outre le processus de concertation à l’initiative des utilisateurs de pesticides, et l’obligation faite dans la Loi de respecter des zones sans traitement en l’absence de chartes. Chartes dont la démarche de concertation et le contenu doivent être approuvés par les préfets.

En clair, pas besoin de concertations autour de chartes, ni d’approbations préfectorales : il suffit d’un simple projet de charte pour pouvoir pulvériser des produits toxiques à des distances encore plus faibles des habitations et des riverains qui y sont confinés, et ce jusque fin juin, période durant laquelle les épandages sont nombreux.

Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’une exposition chronique à la pollution de l’air est considérée par ATMO-France comme un facteur aggravant les conséquences d’une infection par le Covid-19. Il serait justifié, dans de telles circonstances sanitaires, d’éloigner les pulvérisations de pesticides des domiciles des riverains des zones cultivées. Malgré la forte mobilisation de collectifs, d’associations et de citoyens qui ont interpellé largement les préfets sur ce sujet depuis plusieurs jours, aucune annonce de mesures visant à éloigner les épandages n’a été faite. Au contraire, dans de nombreux cas, les distances sont fortement réduites. En témoignent les chartes proposées actuellement en Bretagne ou dans le Nord, ou encore dans les Pays de Loire dans 5 départements : Loire-Atlantique, Maine et Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée. Des chartes ont été déposées par les syndicats agricoles, divisant les distances nationales par quasiment 2 voire 3 selon les cultures, sans concertation réelle.

Des actions juridiques indispensables

Parce que le Gouvernement refuse toujours de répondre à nos organisations sur ce sujet, que les conditions de dialogue et de participation de nos organisations ne sont pas réunies pour réellement atteindre le “mieux-vivre ensemble”, et que les Préfets font également la sourde oreille, nous avons décidé d’engager deux recours, l’un sur le fond devant le Conseil d’État et l’autre en référé suspension, contre :

  • L’instruction technique DGAL/SDQSPV/2020-87 du 3 février 2020 (N° NOR AGRG2003727C),
  • Le communiqué de presse « Distances de sécurité pour les traitements phytopharmaceutiques à proximité des habitations », publié le 30 mars 2020 sur le site internet du Ministère de l’agriculture,
  • La note « Éléments de mise en œuvre », dans sa 4e version du 30 mars 2020, mise en ligne sur le site internet du Ministère de l’agriculture.

Lire le dossier de presse complet

Afin de protéger la santé et les conditions de vie des citoyen.es confiné.es en milieu rural, la période actuelle commanderait que les questions de santé publique deviennent de réelles priorités. Nous entendons tout mettre en œuvre pour que soit mis fin aux mesures dérogatoires permettant aux utilisateurs de pesticides d’épandre leurs produits dangereux aux pieds des habitations avant que de réelles concertations aient lieu dans les territoires. Rappelons que les populations confinées dans ces zones sont considérées par la réglementation européenne comme des groupes vulnérables, car exposées sur le long terme à petites doses aux produits, et que les études scientifiques démontrent un risque accru de développer des pathologies lourdes du fait de ces expositions. A la justice d’entendre nos arguments ainsi que nos attentes et celles de populations fragiles concernées.

Les ONG impliquées : AMLP / Collectif de Soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest / Eau et Rivières de Bretagne / France Nature Environnement / Générations Futures / LPO / UFC-Que choisir / Union syndicale Solidaires : sont requérantes. Le Collectif Victimes des Pesticides des Hauts de France est en soutien car organisation non constituée.

Le communiqué de FNE est ici.

Publié dans Justice - Législation, Pesticides-Fongicides

Coronavirus : le Medef souhaite un moratoire sur des lois environnementales

France Info  Un article de France Info, avec l’AFP, le 23/04/2020.

« Le Medef demande un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales », selon une lettre adressée au ministère de la Transition écologique et publiée par « Le JDD ».

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Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, arrive au ministère de l’Économie, le 3 mars 2020, à Paris. (Michel Stoupak / Nurphoto/AFP)

Le Medef s’engouffre dans la brèche. En pleine crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus, l’organisation patronale demande « un moratoire » sur la mise en place de mesures environnementales, notamment dans la lutte contre le gaspillage et le recyclage, selon un courrier publié jeudi 23 avril par Le JDD. Dans ce courrier daté du 3 avril, adressé à la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, et signé par son président Geoffroy Roux de Bézieux, « le Medef demande un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales » liées à la loi sur la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire.

Cette loi prévoit notamment la création de nouvelles filières pollueur-payeur, l’interdiction pour les grandes surfaces ou les plateformes en ligne de détruire les invendus non alimentaires en 2022 ou la suppression des contenants en plastique dans les fast-food en 2023. Pour la principale organisation patronale, compte tenu de la crise liée au coronavirus, il est « indispensable d’envisager de reporter (…) les délais d’application de la loi afin de garantir une participation pleine et entière des entreprises à la préparation des textes sur l’économie circulaire ».

« Un moratoire de l’ordre de six mois »

Pour le Medef, « la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie et la Stratégie nationale bas carbone doit être reportée » en raison de son « impact très significatif sur les marchés et les acteurs de l’énergie et du climat ». L’organisation souhaite encore « un moratoire de l’ordre de six mois », pour protéger la filière automobile, concernant un projet de décret qui oblige à mettre en place des zones à faibles émissions, en cas de dépassement récurrent des normes concernant la qualité de l’air. La pollution de l’air, causée notamment par le trafic routier, est responsable de 48 000 morts par an en France.

« Cette liste de textes en préparation n’est pas exhaustive, il nous paraît opportun de se poser la question de la pertinence d’un moratoire systématique sur tous les textes actuellement en cours d’élaboration », selon le courrier. Pour le ministère de la Transition écologique, contacté par l’AFP, « des ajustements de calendrier sont envisageables au cas par cas pour prendre en compte la période de confinement ». Mais « il n’y a aucune logique de moratoire, il n’y a pas de remise en question des objectifs et des mesures écologiques du gouvernement », assurent les services d’Elisabeth Borne.

L’article de France Info est ici.

Publié dans Environnement, Transition énergétique

Pas-de-Calais : pendant le confinement, certains agriculteurs ont la main lourde sur le Roundup

524  Un article de France Bleu Nord, par Matthieu Darriet, le 20/04/2020.

Suite à des contrôles de l’Office français de la biodiversité, des agriculteurs font l’objet d’une enquête pour ne pas avoir respecté les règles d’utilisation des désherbants. La justice a été saisie pour des cas flagrants, à Marck et Saint-Omer.

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Dans le marais audomarois, un maraîcher a été verbalisé pour avoir pollué l’eau avec du désherbant Roundup. (Photo archives) © Radio France – Matthieu Darriet

Certains agriculteurs profitent-ils du confinement pour se lâcher, loin des regards, sur les produits phytosanitaires ? C’est en substance la question que se pose l’Office français de la biodiversité. Ses agents assermentés de la Police de l’eau viennent de mener des contrôles dans le Pas-de-Calais.

Suite à des signalements, ces contrôles se sont portés sur la zone littorale du département, en particulier dans le secteur de Marck, près de Calais. Egalement ciblé, le très fragile et très protégé, marais audomarois, sur la commune de Saint-Omer. Dans ce dernier cas, selon nos informations, il s’agirait d’une personne qui a déjà été rappelée à l’ordre plusieurs fois, y compris par ses collègues agriculteurs.

Du Roundup dans l’eau

Pesticides

 

Des Pv ont été dressés suite à des épandages non-conformes de Rondup, sur des parcelles avant leur mise en culture. Le problème porte sur les libertés prises par ces producteurs avec les règles d’utilisation de ce désherbant puissant et très controversé. Il a été répandu sur des fossés et des points d’eau, en dehors des parcelles visées. 4 km de fossés ont ainsi été contaminés au Roundup, provoquant une pollution des eaux superficielles. Quant à la destruction de la végétation de bordure des parcelles, elle a des conséquences sur la biodiversité, en attaquant les habitats des amphibiens, des insectes et des petits mammifères.

Dossiers transmis à la justice

Les PV établis par les inspecteurs de la police de l’eau ont été transmis à la justice pour ouverture d’enquêtes par les procureurs de Boulogne-sur-mer et Saint-Omer. Pour utilisation  irrégulière de produits phytopharmaceutiques, les contrevenants encourent 150.000 d’amende et 6 mois de prison.

L’article de France Bleu Nord est ici.

Publié dans Justice - Législation, Pesticides-Fongicides

Crise sanitaire : la liste des atteintes à la protection de l’environnement s’allonge

155  Un communiqué de FNE, le 23/04/2020.

Hier est paru au journal officiel un décret permettant des enquêtes publiques au rabais pour autoriser plus vite des projets destructeurs. Depuis le début de la crise sanitaire, plusieurs textes étaient déjà venus malmener la démocratie et le droit de l’environnement, en complète contradiction avec le discours du gouvernement. France Nature Environnement dénonce ce piétinement de la consultation citoyenne et appelle le Gouvernement à la raison : le « monde d’après » ne peut pas se construire de cette façon.

Assemblée nationale

En utilisant les décrets, le gouvernement court-circuite le pouvoir législatif.

Non, des consultations « en ligne » ne peuvent pas suffire

Pour France Nature Environnement, les procédures de participation nécessitant des réunions (enquêtes publiques notamment, avis d’instances de concertation…) ne peuvent avoir lieu dans de bonnes conditions durant le confinement. En effet, si les procédures numériques peuvent être utiles, elles ne peuvent en aucun cas se substituer aux échanges humains permettant le débat argumenté car contradictoire. Surtout elles excluent de la participation les personnes non-voyantes ou malvoyantes ou celles qui subissent la fracture numérique. La participation du public en matière d’environnement est pourtant un droit protégé par la Constitution.

Une première ordonnance au début du confinement a prévu la suspension des délais de ces procédures. Mais quelques jours et de nombreuses pressions des lobbys plus tard, de nouveaux textes ont été pris afin de raccourcir les délais de suspension et créer des dérogations…

Des projets destructeurs pourraient voir le jour

Certains entendent ainsi profiter du confinement pour faire passer en force des projets destructeurs, comme la construction d’une route dans l’Allier, projet vieux de 25 ans qui devient subitement urgent, ou encore une centrale de production d’électricité au fioul dans les mangroves de Guyane ! De même, le ministère de l’agriculture a autorisé les agriculteurs à épandre des pesticides tout près des habitations, sans attendre la concertation promise sur les « chartes riverains » qui devaient définir les conditions de dérogation aux distances légales, déjà minimalistes [1]. Dans la même veine, une autre ordonnance « d’urgence » a permis de faciliter l’implantation de nouvelles antennes relais téléphoniques, sans concertation, avec une possibilité de les pérenniser par la suite. N’en jetez plus !

Pour Emmanuel Wormser, juriste de France nature Environnement, « il est inadmissible que l’administration et certains lobbys profitent de cette période troublée durant laquelle les citoyens ne sont pas vraiment en mesure de donner leurs avis pour faire passer des projets en force. Nous demandons donc que ces dérogations soient supprimées pour que le confinement ne soit pas synonyme de régression démocratique et environnementale ; et de toute puissance de la loi du marché. »

La loi à la carte, ce sont les préfets qui cuisinent !

Ce n’est pas tout. Le 8 avril, un décret a étendu et pérennisé la faculté donnée aux préfets de déroger à certaines normes, notamment en matière de protection de l’environnement. Pour France Nature Environnement, ce nouveau pouvoir donné aux préfets est un pas de plus dans une déréglementation sournoise. La fédération a de nombreuses fois constaté que l’autorité préfectorale fait primer une appréciation laxiste et contestable de la réglementation au nom d’un développement économique à courte vue, au détriment des enjeux environnementaux et de l’intérêt général. Pour Antoine Gatet, juriste de France Nature Environnement, « la protection de l’environnement est un impératif pour notre survie, pas une variable que les préfets peuvent décider d’ignorer ! Pour être efficace, le droit de l’environnement doit être appliqué de la même façon sur tout le territoire, ça ne peut pas être ‘à la carte’. »

Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement, conclut : « Les citoyens soumis en ce moment à de fortes contraintes ne peuvent accepter qu’on profite de la crise sanitaire pour faire primer des intérêts économiques sur la protection de leur environnement, sans même leur laisser la possibilité de s’exprimer. Si la démocratie et le droit de l’environnement sont ainsi mis à mal pendant le confinement, c’est de mauvaise augure pour les promesses du Gouvernement sur le « monde d’après » et cela interroge sur sa capacité à changer de logiciel ! Est-il réellement capable de ‘bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience’, comme l’avait appelé Emmanuel Macron le 13 mars, pour les citoyens et la défense des biens communs, plutôt que pour les lobbys ?

Le communiqué de FNE est ici.

 

Publié dans Environnement, Justice - Législation

Le gouvernement permet aux préfets de déroger à des normes environnementales

Reporterre  Un article de Reporterre, par Gaspard d’Allens, le 22/04/2020.

En pleine pandémie, le gouvernement publie un décret qui fragilise, encore une fois, le droit de l’environnement au profit d’une future relance économique. Les associations écologistes alertent sur les menaces qu’il pourrait entraîner et le manque de transparence qui entoure sa publication.

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Alors que la crise sanitaire charrie son lot d’inquiétudes et que la récession guette, l’exécutif cherche de nouveaux outils pour relancer économiquement le pays. En plein confinement, il a publié le 8 avril dernier un décret passé curieusement inaperçu. Celui-ci permet aux préfets de déroger à certaines normes réglementaires dans des champs d’application aussi vastes que la construction, le logement, l’urbanisme, l’emploi, les subventions, l’aménagement du territoire mais aussi l’environnement.

Concrètement, dans ce dernier domaine, le préfet pourra, à l’avenir, restreindre la durée d’une enquête publique, passer outre une étude d’impact, limiter certaines consultations préalables ou même déroger à la nomenclature dite ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a jugé la mesure « utile pour faciliter la reprise de notre pays ». De leur côté, les associations écologistes s’inquiètent et voient dans cette dérogation un véritable « sabotage du droit de l’environnement ».

En soi, le récent décret n’a rien de nouveau. C’est un copié-collé d’un précédent décret de 2017 qui expérimentait cette mesure dans deux régions — les Pays de la Loire et la Bourgogne-Franche-Comté — ainsi que dans dix-sept départements pour une durée de deux ans. Le texte a ensuite été reproduit tel quel pour être généralisé à l’ensemble du territoire. Il comporte les mêmes garde-fous : pour déroger aux normes réglementaires, l’arrêté préfectoral doit être justifié par un motif d’intérêt général, répondre à des circonstances locales et être compatible avec les engagements européens et internationaux de la France. Il doit aussi « avoir pour effet d’alléger les démarches administratives, de réduire les délais de procédure ou de favoriser l’accès aux aides publiques ».

« Ce décret est un cadeau accordé aux professionnels de l’immobilier et au lobby agricole »

Déjà, en 2017, le décret d’expérimentation avait suscité la polémique. Des avocats avaient critiqué son champ d’application trop étendu et l’insécurité juridique qui pouvait en découler. Au sein de l’administration, des fonctionnaires s’étaient mobilisés contre « l’affaiblissement des politiques publiques » induite par le décret, tandis que l’association Les Amis de la Terre avait même porté un recours au Conseil d’État pour dénoncer la rupture d’égalité devant la loi que le texte entraînait. Les écologistes avaient été déboutés au motif que le mesure était expérimentale et limitée dans le temps.

« Il ne faut pas être dupe. À l’origine, ce décret est un cadeau accordé aux professionnels de l’immobilier et de la construction, juge Me Louis Cofflard, l’avocat des Amis de la Terre, contacté par Reporterre. Le lobby agricole use aussi de tout son poids pour affaiblir les normes à son encontre. Le décret de 2017 s’inscrit dans ce contexte de déréglementation et de dérégulation. C’est un cheval de Troie. »

Avec sa généralisation, « les risques de dérives vont se démultiplier », estime, de son côté, Patrick Saint-Léger du Syndicat national de l’environnement (SNEFSU). « Ce n’est pas un hasard si le décret est publié maintenant, juste en amont d’un éventuel plan de relance où le gouvernement va vouloir agir vite et fort. Cette mesure va permettre aux acteurs économiques de se libérer de certaines procédures qu’ils jugent trop lourdes. »

Ministere de la Transition ecologique

Une grande partie des arrêtés préfectoraux de dérogation concerne des normes environnementales.

La publication de ce décret, au milieu de la crise, interroge. Les associations environnementales s’étonnent de ne pas avoir été consultées. « Le gouvernement affirme que le résultat de l’expérimentation est très positif, mais il ne met à disposition aucun rapport d’évaluation, indique Sophie Bardet, juriste à France Nature Environnement. Nous n’avons pas de visibilité sur l’ensemble des actes qui ont été pris par les préfets et notre travail de veille est devenu, aujourd’hui, très complexe. D’ordinaire, après chaque expérimentation, on fait collectivement un bilan. C’est d’ailleurs prévu dans l’article 5 du décret de 2017. Alors comment expliquer cette précipitation et ce manque de transparence ? »

Le 10 avril dernier, France Nature Environnement envoyait un courrier au ministère de l’Intérieur pour exiger la transmission des documents qui ont permis au gouvernement d’évaluer l’expérimentation. La lettre est, pour l’instant, restée sans réponse comme nos courriels répétés au service presse du cabinet ministériel. « Dans ce contexte, il est très difficile d’avoir un avis tranché sur la mesure. On ne peut avoir que des inquiétudes », soupire la juriste Sophie Bardet.

L’environnement est le deuxième domaine où l’on compte le plus d’arrêtés

En juin 2019, un premier rapport d’information avait été effectué par deux sénateurs de droite, Jean-Marie Bockel et Mathieu Darnaud, intitulé « réduire le poids des normes en aval de leur production ». Mais le rapport s’arrêtait à mi-parcours et restait assez lacunaire. Il n’étudiait que 61 des 183 arrêtés émis au cours des deux ans d’expérimentation. C’était aussi un véritable plaidoyer pour la déréglementation.

« Très souvent, l’un des obstacles majeurs au dynamisme local est le trop-plein de lois, lorsque celles-ci brident les énergies, encadrent les volontés et bloquent les projets », écrivaient les sénateurs en introduction de leur rapport.

Plusieurs de leurs recommandations avaient également fait frémir les associations environnementales. Ils proposaient d’« étendre le droit de dérogation aux actes des collectivités territoriales », ou d’ « envisager l’autorisation de dérogation à des normes législatives ».

Malgré cet aspect idéologique clairement affiché, le rapport donne quelques informations intéressantes. Il révèle ainsi qu’une grande partie des arrêtés préfectoraux de dérogation concerne des normes environnementales : 19 sur les 61 étudiés. Après les subventions, l’environnement avec l’agriculture et la forêt est le deuxième poste où l’on compte le plus d’arrêtés …

La suite de l’article de Reporterre est ici.

 

Publié dans Environnement, Justice - Législation

Changer notre alimentation pour éviter d’autres crises comme le coronavirus

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 23/04/2020.

La perte de biodiversité favorise l’émergence de virus comme le Covid-19. Or, la production de viande en est l’une des principales causes entraînant déforestation et destruction d’habitats naturels. De nombreux chercheurs appellent à réduire notre consommation carnée en la remplaçant par des protéines végétales.

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Notre alimentation de viande devrait encore augmenter de 76 % d’ici 2050. @CC0

Une nouvelle étude pointe la responsabilité de l’activité humaine et de la destruction de la biodiversité dans l’apparition de nouveaux virus venus du monde animal, tel le coronavirus. Les chercheurs de l’école vétérinaire de l’Université de Californie ont étudié 142 cas de « zoonoses » virales (maladies transmises de l’animal à l’humain) et ont identifié les rongeurs, primates et chauve-souris comme hôtes de la majorité des virus transmis à l’Homme (75,8 %) et les animaux domestiques comme porteurs de 50 % des zoonoses identifiées.

Parmi les espèces sauvages menacées, « celles dont les populations sont en baisse en raison de l’exploitation et de la perte d’habitat partagent plus de virus avec les humains », notent les chercheurs. « Nos données illustrent la manière dont l’exploitation de la faune sauvage et la destruction de l’habitat naturel sous-tendent les transferts de maladies, nous confrontant au risque de maladies infectieuses émergentes », a déclaré à l’AFP Christine Johnson, qui a dirigé l’étude. Selon les experts biodiversité de l’ONU (IPBES), 60% des maladies infectieuses et 75% des maladies émergentes chez l’Homme étaient d’origine animale.

Or, « la première cause de perte de biodiversité est le changement d’usage des sols au profit d’une agriculture de plus en plus industrialisée, pour satisfaire un régime alimentaire de plus en plus mondialisé, de plus en plus carné, gras et sucré », constate Yann Laurans, directeur du programme Biodiversité et écosystèmes à l’Iddri. Pour éviter d’autres crises comme le coronavirus, il est donc impératif de revoir nos régimes alimentaires et nos modes de production afin de réduire notre consommation de viande et les élevages intensifs.

Transmission des virus et antibiorésistance

Afin de répondre à la croissance démographique et à l’apparition de nouvelles classes moyennes, notre consommation de produits animaliers est depuis des dizaines d’années une cause majeure de l’effondrement de la biodiversité en contribuant à la déforestation et en réduisant ainsi la surface disponible pour les espèces sauvages. Celles-ci se trouvent davantage en contact avec les humains et les animaux d’élevage. Or, l’élevage, qui utilise 80 % des terres agricoles, ne fournit que 18 % des calories que nous consommons. En outre, notre consommation de viande mobilise un tiers des cultures via les céréales uniquement pour l’alimentation des animaux.

Les élevages intensifs sont également pointés du doigt car ils nécessitent d’importantes quantités de soja dont la culture contribue à la déforestation au Brésil et en Argentine et qu’ils favorisent la transmission des virus et la sur-utilisation d’antibiotiques. 38 % des antibiotiques consommés en France et 73 % des produits antimicrobiens dans le monde sont destinés aux animaux d’élevage, selon Greenpeace. Et l’OMS estime que l’antibiorésistance pourrait tuer 10 millions d’humains tous les ans si rien n’est fait d’ici 2050 alors qu’elle cause déjà 12 500 morts par an en France.

« Faire le choix collectif d’une alimentation ne contenant plus de produits d’origine animale serait un changement bien moins contraignant que celui que nous subissons actuellement », estiment des scientifiques et militants de la cause animale dans une tribune publiée dans Libération. « La préservation des habitats naturels, la diminution de la consommation carnée, la réduction de la taille des élevages intensifs et l’arrêt de la commercialisation (légale ou non) de la viande d’animaux sauvages constitueraient autant de mesures cohérentes et efficaces pour les politiques de santé publique de demain », plaident également trois chercheurs dans un autre appel paru dans Le Monde.

L’article de Novethic est ici.

Publié dans Biodiversité - Écologie, Santé

Nantes : Une grande centrale solaire sur le toit du centre commercial Atlantis

Journal 20 minutes  Un article de 20 Minutes, par Frédéric Brenon, le 17/04/2020.

A Saint-Herblain, la toiture du centre commercial sera équipée de panneaux solaires. L’électricité produite sera essentiellement consommée sur place. Les travaux devraient débuter cet été pour une mise en service en septembre.

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Le toit du centre commercial Atlantis avec l’ajout prévisionnel de panneaux solaires — Legendre Énergie

Le centre commercial Atlantis, à Saint-Herblain, était déjà le plus grand de l’ouest de la France (120 boutiques). Il disposera également bientôt de l’une des plus grandes centrales photovoltaïques françaises en autoconsommation, même si les clients n’en verront rien. A l’initiative de l’enseigne E.Leclerc, qui détient l’hypermarché, la toiture du parking silo sera en effet équipée d’un peu plus de 5.000 panneaux solaires, répartis sur 9.000 m2 de surface.

Dotée d’une puissance de 1,7 MWc, cette installation produira 1.756 MWh chaque année, « soit l’équivalent de la consommation électrique de 660 foyers (hors chauffage) », annonce Legendre Énergie, société spécialisée dans le photovoltaïque et chargée de la réalisation de centrale.

Un quart des besoins de Leclerc

L’énergie produite serra consommée essentiellement (94 %) sur place par l’hypermarché. Un apport « local et durable » qui devrait lui permettre de couvrir à terme un quart de ses besoins annuels et ainsi « réduire sa facture d’électricité ». La direction d’E.Leclerc s’est d’ailleurs fixée comme objectif de diminuer sa consommation énergétique d’au moins 30 % d’ici à 2025. Le reste de l’électricité produite sera revendu au réseau.

Les travaux devaient commencer en avril mais ont été retardés en raison de la crise du coronavirus. Les porteurs du projet tablent désormais sur un démarrage « au début de l’été 2020 » pour une mise en service prévue courant septembre.

Déjà sur le MIN et les parkings du Zénith

Legendre Énergie s’était déjà fait remarquer dans l’agglomération nantaise pour l’installation, l’an passé, de deux gros projets publics. D’abord la centrale photovoltaïque de 5 MW sur le toit du nouveau Marché d’intérêt national (MIN), à Rezé. Ensuite l’installation d’ombrières (2,5 MW) couvrant les parkings du Zénith de Nantes.

Depuis l’adoption du « Plan soleil » métropolitain en 2015, la production issue du photovoltaïque a été multipliée par quatre dans l’agglomération nantaise.

L’article de 20 Minutes est ici.

Publié dans Environnement, Transition énergétique

Anor : le Conseil d’État enterre définitivement le premier projet d’usine à pellets

La Voix du Nord

Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 20/03/2020.

La plus haute juridiction administrative a tranché : le Conseil d’État a enterré le premier projet d’usine à pellets sur la commune d’Anor. Une victoire pour l’association d’opposants. Un second avait vu le jour en 2018… et le tribunal administratif sera bientôt appelé à statuer sur le sujet.

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L’usine de 3 000 m 2 devait s’implanter sur sept hectares.

On en était arrivé là. Au sommet de la pyramide juridique. Dans le cadre du projet d’implantation d’une usine à pellets déposé par la société Jeferco, en 2014, sur la commune d’Anor. Qui prévoyait la construction de l’une des plus grandes unités d’Europe, pour un coût de quelque 20 M€, de 3 000 m2 sur sept hectares, pour une production de 120 000 tonnes de granulés de bois par an destinés aux industriels européens. Sauf qu’en réponse, une association de défense, Anor Environnement, s’est formée. Et qu’une bataille s’est engagée dès lors devant les tribunaux entre les opposants et …

L’article de La Voix du Nord est ici (réservé aux abonnés).

Commentaire

Faisant suite au communiqué sur la troisième victoire judiciaire de notre association, cet article a été publié il y a un mois. Je ne l’avais pas relayé car, étant réservé aux abonnés, il n’est pas complet. Mais le plaisir de le publier a été le plus fort.

On lache rien

Publié dans Justice - Législation, Media - Tracts - Soutiens

Pour 3.600 scientifiques, la politique agricole européenne est « la cause centrale » de l’effondrement de la biodiversité

Reporterre  Un article de Reporterre, le 11/03/2020.

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Plus de 3.600 scientifiques originaires de 63 pays affirment que la Politique Agricole Commune (PAC) actuelle est « la cause centrale » de l’effondrement de la biodiversité et de l’urgence climatique au sein de l’Union Européenne. Elle serait également incapable de résoudre les défis socio-économiques en zones rurales. Ils dénoncent notamment une distribution injuste entre agriculteurs, avec son corollaire : le financement de pratiques « qui contribuent à la dégradation des sols et des terres ». Leur constat est sans appel, pour eux, la PAC « sert les intérêts d’une oligarchie agro-industrielle ».

Cette déclaration intervient au moment même où le budget européen 2021-2027 est en cours de négociation, avec notamment la part qui devrait être allouée à la PAC. Les signataires demandent aux institutions européennes d’améliorer « drastiquement » cette politique afin qu’elle « cesse de nuire à l’environnement ». Ils proposent dix actions urgentes pour « inverser les processus destructeurs en cours et permettre de dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète ».

Les scientifiques imaginent éliminer immédiatement les aides liées à la production, dédier 10 % de la surface agricole aux habitats naturels et semi-naturels comme les haies, les bandes fleuries, fossés, talus et mares. Ils proposent aussi des financements spécifiques accordés aux fermiers pour des activités de protection de la nature.

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans Agriculture chimique, Biodiversité - Écologie

« Agribashing » : Deux associations déposent un recours contre la cellule Déméter, lancée par l’Intérieur

Journal 20 minutes Un article de 20 Minutes, avec AFP, le 14/04/2020.

Lancée à l’automne 2019, cette cellule a été mise en place pour « identifier et poursuivre » les auteurs d’intrusions ou d’agressions chez des agriculteurs.

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Photo d’illustration. MAXPPP/Sébastien Jarry

Deux associations ont déposé un recours contre Déméter, la cellule anti-agribashing mise en place par la gendarmerie nationale. Pollinis et Générations futures estiment que ce « dispositif de surveillance » fait « pression » sur les associations dénonçant l’agriculture industrielle. Le recours a été déposé ce vendredi devant le tribunal administratif de Paris.

Déméter,« cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole » mise en place mi-décembre, constitue « une pression » sur les associations dénonçant les méthodes de l’agriculture industrielle, fait valoir François Veillerette, de Générations futures.

Des contours « dangereusement flous »

Selon le ministère de l’Intérieur, cette cellule permet « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », « de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ». Elle permet aussi « de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées ».

Pollinis et Générations futures y voient « un dispositif de surveillance dont les contours sont dangereusement flous », selon un communiqué. La cellule Déméter viserait des « actions de nature idéologique », y compris « de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole » qui relèvent de la liberté de penser et d’expression », dénoncent les associations.

Juridiquement, pour qu’il y ait dénigrement, « il faut être dans une position de concurrence », explique François Veillerette. Appliquée à l’activité d’associations environnementales, cette notion lui paraît « fantaisiste ».

Dans ce recours, l’ancienne ministre de l’Environnement et avocate Corinne Lepage, qui défend les associations, dénonce « l’atteinte à la liberté de communication et au secret de l’instruction et des enquêtes » et « la rupture d’égalité entre les syndicats agricoles représentatifs et la délégation grave des missions de police administrative à des acteurs privés », selon le communiqué.

L’article de 20 Minutes est ici.

Publié dans Agriculture chimique, Bocage Avesnois

Onze ministres européens de l’Environnement veulent une relance économique verte après la crise du Coronavirus

Novethic  Un article de Novethic, par l’AFP, le 11/04/2020.

Ce n’est pas un message anodin. Onze ministres de l’Environnement de l’Union Européenne, dont la France, ont signé une tribune appelant à ne pas oublier la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité, dans l’urgence de la reprise économique. Le risque de recul sur les normes environnementales est en effet bien réel. Les ministres de l’Environnement appellent à « résister à la tentation de solutions à court terme ».

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Élisabeth Borne fait partie des onze ministres européens de l’Environnement ayant signé l’appel à une relance verte. @Aron Urb

Des ministres européens de l’Environnement ont appelé vendredi 10 avril à ce que les plans de relance post-épidémie de Coronavirus prennent en compte les questions d’environnement et de climat. Pour le moment, l’heure est plutôt à la lutte contre l’épidémie et les ministres des Finances européens viennent de signer un accord sur un plan de soutien à l’économie de 540 milliards d’euros.

Mais les ministres de l’Environnement veulent penser à l’après crise. « Nous devrions nous préparer à reconstruire nos économies en introduisant des plans de relance destinés à redonner à l’Europe et à ses citoyens un progrès et une prospérité rénovés et soutenables », écrivent-ils dans un texte publié par le site Climate Home News.

Leur crainte, partagée par de nombreux acteurs de l’économie durable, est que les gouvernements préfèrent relancer l’économie le plus vite possible en reculant sur les normes environnementales et climatiques pour ne pas risquer d’entraver l’activité des entreprises. « Nous devons résister à la tentation de solutions à court terme en réponse à la crise actuelle qui risquent d’enfermer l’Union européenne dans une économie basée sur les énergies fossiles pour des décennies », avertissent-ils.

Un risque bien réel

Les risques sont bien réels. Certains constructeurs automobiles commencent ainsi à demander un report des normes européennes sur les émissions des véhicules entrées en vigueur début janvier 2020. « La leçon du Covid-19 est qu’il est essentiel d’agir rapidement. Nous devons donc tenir nos ambitions pour réduire les risques et les coûts de l’inaction dans les domaines du changement climatique et de la perte de biodiversité », poursuivent-ils.

Les onze ministres appellent à une « réponse européenne commune » dans le cadre du « Green deal » européen annoncé par la Commission européenne, et à « accroître les investissements, particulièrement dans les domaines de la mobilité soutenable, de l’énergie renouvelable, la rénovation des bâtiments, la recherche et l’innovation, le rétablissement de la biodiversité et l’économie circulaire ».

Le Green deal européen, ou Pacte vert, a été présenté par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, dès son entrée en fonction au mois de décembre 2019. Il prévoit d’inscrire la neutralité carbone de l’Europe d’ici 2050 dans une loi européenne, et de verdir tous les secteurs de l’économie. Il s’accompagne d’un plan d’investissement qui devrait mobiliser jusqu’à 1000 milliards d’euros sur les dix prochaines années.

Un signal politique fort

Ce pacte ne doit pas être sacrifié à cause de la crise estiment les onze ministres signataires. « Nous devons envoyer un message politique fort au monde et à nos citoyens que l’UE montrera l’exemple même dans ces moments difficiles et ouvrira la voie vers la neutralité carbone et le respect de l’Accord de Paris », écrivent-ils. Il s’agit d’un signal politique fort de la part de ces onze pays. Les destinataires en sont notamment les autres pays non-signataires. Certains, comme la Pologne dont le mix énergétique est très dépendant du charbon, avaient été difficiles à convaincre pour signer le Green deal.

Le texte a été signé par les ministres autrichien, danois, italien, finlandais, français, letton, luxembourgeois, néerlandais, portugais, espagnol et suédois. La ministre française Élisabeth Borne a annoncé sa signature sur Twitter, écrivant que « la France est également à l’initiative d’un courrier à l’attention de la Commission européenne qui va dans ce sens ». Neuf ONG, dont la Fondation Nicolas Hulot et la branche européenne de 350.org ont de leur côté apporté leur soutien à l’initiative des ministres européens, estimant que nous traversions « un moment de vie ou de mort pour l’Union européenne et notre planète ».

L’article de Novethic est ici.

Publié dans Environnement

En mars, le gouvernement a lancé l’achat de gaz lacrymogènes plutôt que des tests du coronavirus

Reporterre  Un article de Reporterre, le 13/04/2020.

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Un pompier aspergé de gaz lacrymogène par un gendarme, lors d’une manifestation, le 15 octobre 2019. (Yann Levy / Hans Lucas)

Étrange choix du gouvernement français, en mars.

Le 3 mars, il a publié l’appel d’offre de gaz lacrymogènes pour plus de 3,6 millions d’euros, « au profit de la police nationale et de la gendarmerie nationale », précisément des «Aérosols CS à diffusion dispersive petite capacité (40 à 50 ml)», des «Aérosols CS à diffusion dispersive moyenne capacité (300 ml)»et des «Aérosols CS à diffusion dispersive grande capacité (500ml)».

Avis d’achat d’aérosols lacrymogene le 03-03-2020

En revanche, ce n’est que le 28 mars que le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé que le gouvernement avait commandé 5 millions de tests rapides du coronavirus.

Le 12 avril, par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a lancé un autre appel d’offre pour des drones de surveillance (651 dromes) pour un montant total de 3,8 millions d’euros : des « microdrones du quotidien » et des «drones de capacité nationale».

L’article de Reporterre est ici.

 

Publié dans Santé

Le coronavirus va freiner la transition énergétique

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 10/04/2020.

Éolien, solaire, batteries électriques… La filière des énergies renouvelables va subir de plein fouet les conséquences du Coronavirus, à l’instar de l’industrie dans son ensemble. Mais le risque est fort que les gouvernements se détournent des renouvelables à la faveur des fossiles, dont les prix sont en chute. D’ores et déjà, les prévisions ont toutes été revues à la baisse.

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Les nouvelles installations solaires et éoliennes devraient reculer pour la première fois cette année.

Pour la première fois depuis 1980, les nouvelles installations de production solaire vont baisser cette année en raison de la pandémie de Covid-19. Un rapport de BloombergNEF (BNEF) revoit en effet à la baisse ses prévisions pour 2020, avec une demande mondiale en matière d’énergie solaire passant de 121-152 gigawatts (GW) initialement prévus à 108-143 GW. Pour l’éolien, BNEF anticipe également un « risque considérable ».

« Les usines chinoises redémarrent, la pression sur l’offre de composants et équipements clé devrait donc s’alléger », soulignent les auteurs. « Mais nous sommes plus préoccupés par la demande, les décideurs politiques pouvant détourner l’attention des énergies propres au profit de préoccupations plus pressantes », craignant-ils. Et ce d’autant plus que le prix des énergies fossiles, qu’il s’agisse du pétrole, du gaz ou du charbon, est en forte baisse.

Des effets encore plus forts en 2021

Le cabinet spécialisé Rystad (1) estime que les effets du virus se feront encore plus sentir à partir de 2021 avec un ralentissement des projets de 10 %, « alors que le dollar américain augmente et que les devises chutent à travers le monde ». « Nous prévoyons que ces mouvements sur le marché des changes amèneront les entreprises à suspendre la sous-traitance des principaux composants, qui sont généralement achetés en dollars américains » notent les experts.

Les pays les plus touchés seront l’Australie, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud, qui avaient tous d’ambitieux objectifs d’installation de panneaux solaires. « Les projets pourraient subir des augmentations de coûts en capital pouvant aller jusqu’à 36 % en raison de la dépréciation rapide des devises locales dans ces pays », précisent les experts. En Amérique latine, le Mexique et le Brésil ont la plus grande capacité de projets solaires photovoltaïques en cours de construction mais les deux pays connaissent une forte baisse des devises par rapport au dollar américain et les achats devraient s’arrêter complètement sur la plupart, sinon la totalité, des projets qui n’ont pas encore été engagés.

Les nouvelles installations éoliennes pourraient quant à elles décliner de près de 5 gigawatts, une baisse de 6,5 % au niveau mondial selon une étude du cabinet Wood Mackenzie (2), alors que 2020 aurait dû être une année record. « L’impact le plus significatif se situe en Chine et aux États-Unis où des livraisons record étaient attendues mais la France, l’Espagne et l’Italie pourraient être touchées encore plus fortement en pourcentage en raison des mesures drastiques de confinement », prédit Dan Shreve, directeur de la recherche sur l’énergie éolienne.

Des mesures de soutien

Du côté de la demande de batteries, BNEF entrevoit 3GWh à 9GWh de moins sur les 74 GWh initialement prévus. Une forte contraction du marché de l’automobile, qui « aura des ramifications sur la demande de véhicules électriques et de batteries », est notamment à l’origine de ce phénomène. Pour ces experts, les difficultés des fournisseurs chinois ont en tout cas « mis en lumière la nécessité de diversifier les chaînes d’approvisionnement et renforcé l’argument en faveur d’une production localisée en Asie, en Europe et aux Etats-Unis, en particulier pour les batteries ».

En France, des mesures viennent d’être annoncées pour soutenir la filière : délais additionnels, maintien des tarifs d’achat pour trois mois, appels d’offres décalés. « La crise sanitaire que nous traversons ne doit en aucune façon nous faire renoncer aux objectifs ambitieux en termes de développement des énergies renouvelables », a déclaré dans un communiqué la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

Plusieurs associations de l’énergie regroupées dans la Électrification Alliance ont demandé aux gouvernements que les investissements de relance soient particulièrement dirigés vers l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la chaleur renouvelable ou encore la mobilité électrique.

L’article de Novethic est ici.

(1) Voir l’étude du cabinet spécialisé Rystad

(2) Voir l’étude du cabinet Wood MacKenzie

Publié dans Transition énergétique

Pesticides : des préfets réduisent les distances de protection, une association crie au scandale

Journal 20 minutes  Un article de 20 minutes, le 08/04/2020.

Vingt-cinq préfets ont déjà donné leur feu vert. D’après l’association Eau et Rivières de Bretagne, 25 départements auraient déjà validé une charte proposée par la FNSEA permettant de réduire les distances de protection entre les zones d’épandage des pesticides et les habitations. 

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Photo d’illustration.

L’association dénonce une décision « scandaleuse » en cette période de crise du coronavirus.

« En pleine crise sanitaire, sans aucune concertation, au moment même où Air Breizh, l’agence de contrôle de la qualité de l’air, alerte sur les émissions d’ammoniac qui proviennent des élevages de porcs, bovins et volailles, les préfets de tous les départements bretons valident une charte qui divise par deux les distances de précaution pour pulvériser des pesticides », dénonce dans un communiqué Eau et Rivières. Il y a dix jours, l’association Air Breizh avait émis des alertes à la pollution aux microparticules. Le trafic routier étant limité en cette période de confinement, l’agriculture était clairement visée, notamment en raison des émissions d’ammoniac.

Selon l’arrêté pesticides du 27 décembre, les distances de sécurité minimales pour la pulvérisation des pesticides à proximité des lieux habités ont été fixées à cinq mètres pour les cultures basses, type maraîchage, et à dix mètres pour les cultures hautes. « Insuffisant pour la protection des riverains », selon Eau et Rivières, qui avait déposé un recours devant le conseil d’Etat avec huit autres associations. Avec ce nouvel arrêté, ces distances auraient été réduites à trois mètres et cinq mètres, sur proposition du puissant syndicat agricole la FNSEA.

« La décision doit être suspendue »

Pesticides

L’association environnementaliste « demande qu’en cette période d’épidémie grave, soit suspendue la décision scandaleuse de valider ainsi des chartes qui auront des conséquences négatives sur la santé. Il sera temps, après la grave crise sanitaire actuelle, de savoir s’il faut diviser par deux les distances de sécurité pour épandage de pesticides ou les augmenter sensiblement comme le souhaitent toutes les associations ». Pour Eau et Rivières de Bretagne, « l’objectif reste la sortie complète des pesticides dans les plus brefs délais en accompagnant les agriculteurs dans cette démarche ».

Suivi par de nombreux maires, le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, qui ne se représentait pas aux dernières municipales, avait pris en mai dernier un arrêté, cassé en justice, interdisant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel ». Des arrêtés systématiquement attaqués par les préfectures.

L’article de 20 minutes est ici

 

 

 

Publié dans Pesticides-Fongicides

Défendre l’industrie au détriment de l’écologie ? À Gardanne, la ville est partagée

Reporterre  Un article de Reporterre, par Maud de Carpentier, le 03/04/2020.

Gardanne, sa mine de charbon, sa centrale, sa production d’alumine… Il y a 50 ans, la ville était un fleuron de l’industrie française. Aujourd’hui, on évoque plutôt les dégâts environnementaux causés par ces usines. Sur place, les locaux sont partagés entre la nostalgie d’une époque glorieuse, le besoin d’emplois et les désirs d’un avenir plus vert.

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La centrale thermique de Provence, à Gardanne.

Impossible de la rater quand on arrive à Gardanne par la départementale 6, en venant de Marseille. L’immense tour carrée, orange, se dresse du haut de ses 49 mètres, à l’entrée de la ville. Le puits Yvon-Morandat est l’un des derniers vestiges de la mine de charbon, qui a fermé en 2003 après un siècle de service — le premier puits de Gardanne, à Biver, date de 1893. « C’est ici qu’on descendait au fond, dans la cage. On y tenait à 173 ! » Didier Veratti montre fièrement du doigt ce qui ressemble à un énorme ascenseur sur deux étages. Large sourire, accent chantant et des anecdotes plein les poches, l’ancien mineur a emprunté cet ascenseur chaque jour pendant plus de vingt ans.

Les visites de l’ancien puits, transformé aujourd’hui en pôle culturel et scientifique par la ville, sont assurées par l’association des anciens mineurs. Dans le public du jour, des éducateurs en environnement. Les souvenirs de Didier Veratti résonnent au milieu d’un immense hall blanc et gris béton. C’est l’ancien hall des mineurs. Les regards se lèvent pour observer les verrières. « Avant c’était tout noir ici, maintenant c’est beau et propre ! » Désormais, à l’étage, une vingtaine de start-up sont installées dans des bureaux. À terme, le site accueillera la Cité des sciences de la métropole Aix-Marseille et un restaurant panoramique, posé tout en haut de la tour. « On conserve notre patrimoine, ce décor, pour que les gens n’oublient pas, mais on pense aussi valorisation de cette histoire », dit Nicolas Fortuit, le directeur de la Société d’aménagement de Gardanne (la Semag), qui accompagne les visiteurs ce jour-là.

La valorisation, par exemple, des anciennes galeries minières, qui ont été remplies d’eau au moment de la fermeture de la mine. 35 millions de m3 d’eau ont ainsi permis la mise en place du premier réseau d’énergie d’Europe basé sur les eaux de mine de charbon. Une géothermie qui alimente en chauffage et climatisation les quatorze hectares de cet éco-quartier depuis deux ans. Impressionné, le petit groupe regarde ses pieds, et tente se figurer les galeries souterraines creusées à plus de mille mètres de profondeur. La parenthèse futuriste se ferme, et la visite reprend.

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Didier Veratti, Philippe Bodas et Claude Sbodio, anciens mineurs, assurent les visites.

Pendant près de deux heures, Didier Veratti, fils d’immigré italien, raconte avec fierté ses anecdotes du fond. « Quand je suis rentré en 1982, j’avais 19 ans et demi. On descendait dans les cages, à toute vitesse : trois mètres par seconde, j’ai d’ailleurs un tympan qui a explosé. » Silence dans l’assistance. Difficile aujourd’hui d’imaginer ce métier qui semble d’un autre âge. Celui des gueules noires, de Germinal, et des coups de grisou. Mais pour Didier Veratti, pas de mauvais souvenirs. « On était accros à la mine ! On vivait pour la mine, et par la mine. On avait la sécurité de l’emploi, on était logés, on nous payait le médecin… C’était vraiment de bonnes conditions. » La nostalgie l’habite, voire les regrets. « Je n’ai pas pu transmettre ce que j’ai appris. »

« On a tous ici du sang de mineur qui coule dans nos veines, c’est dans notre ADN »

Didier Veratti aurait rêvé que ses enfants travaillent à la mine. « Si mon fils était entré ingénieur, j’aurais été fier. Ce que les anciens nous ont transmis, ça s’est perdu. » D’autant que les anciens collègues qui accompagnent Didier en sont convaincus, « le charbon, on y reviendra, c’est la ressource naturelle la mieux répartie au monde ». Mais quid des panneaux photovoltaïques installés sur un ancien terril par la municipalité ? Et quid de la géothermie vantée quelques minutes auparavant par Nicolas Fortuit ? À l’ombre du puits Yvon-Morandat, il semble que la mémoire minière résiste aux désirs de modernisation de la ville.

Cet idéal de transmission d’un savoir-faire, d’une culture populaire et d’une solidarité dans les combats ouvriers se retrouve chez les salariés de la centrale à charbon, toujours en activité. Et chez ceux d’Alteo, l’usine d’alumine. Dans cette ville de 20.400 habitants, tout le monde est lié, de près ou de loin, à l’une des trois industries fondatrices de Gardanne. Un grand-père ancien mineur, un frère qui travaille à la centrale, un cousin qui bosse chez Alteo, Pechiney pour les anciens… « On a tous ici du sang de mineur qui coule dans nos veines, c’est dans notre ADN », dit Nadir Hadjali, 40 ans, petit-fils de mineur et secrétaire général adjoint de la CGT à la centrale thermique de Provence.

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Nadir Hadjali, 40 ans, petit-fils de mineur.

Ce jeudi 27 février, il marche dans le cortège opposé à la fermeture de l’unité 5 de la centrale, annoncée par Emmanuel Macron en 2022, pour réduire les émissions de CO². Dans la foule des manifestants ce jour-là, anciens mineurs et salariés d’Alteo côtoient ceux de la centrale. Tous défendent une seule et même chose : les emplois industriels de Gardanne. « La fermeture de la mine en 2003 a été une catastrophe, explique Nadir Hadjali ; ici on a créé une centrale à charbon, parce qu’il y avait une mine. C’était du circuit court, et donc environnemental ! Aujourd’hui, on fait venir ce charbon par bateau, d’Afrique du Sud ou d’Asie, dans des mines où l’on ne respecte pas les travailleurs, mais comme ce n’est pas en France, cela ne nous dérange pas ». Pour lui, fermer la centrale — propriété depuis l’été dernier du magnat tchèque Daniel Kretinski —, c’est mettre au chômage ses 250 employés, mais aussi 750 emplois indirects.

« Je veux respirer mais je veux aussi pouvoir manger, et pour ça, il faut travailler »

Depuis décembre 2018, les salariés sont donc en grève pour protester contre cette fermeture. « Je veux respirer mais je veux aussi pouvoir manger, et pour ça, il faut travailler. Comment vont faire nos enfants si les industries ferment ? » Un combat de longue haleine soutenu par la majorité des anciens mineurs, comme Jean-Luc Gaudry qui marche lentement dans la foule, parapluie à la main. Il a été embauché comme mineur de fond en 1979. « On s’est battus jusqu’à la fermeture, et quand la mine a fermé, j’ai compris le désastre de la désindustrialisation. À la centrale, c’est pareil, ils vont se battre jusqu’au bout. Mais si le gouvernement veut se donner les moyens de dépolluer, il les a. »

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L’usine d’alumine Alteo est au cœur de la ville de Gardanne.

Or des moyens, il en faut. Parmi les propositions faites par la CGT pour maintenir l’unité 5 (l’unité 6 fonctionnant à la biomasse n’est pas directement menacée), il y a « un projet global pour une plateforme énergétique », explique Nadir Hadjali. Avec d’un côté du captage, stockage et valorisation du CO2, en baissant notamment la puissance de l’unité (de 600 à 280 MW) — c’est le projet dit « du charbon propre » — et de l’autre côté, pour alimenter le tout, une « unité de valorisation des déchets, avec des déchets qui sont impossibles à trier ou à récupérer comme les déchets humides, qui seraient brûlés ». Le projet suscite cependant beaucoup de critiques de la part des riverains et des associations environnementales qui craignent la pollution de ce qu’ils voient comme un incinérateur. Autre problème, le coût aujourd’hui estimé pour ces investissements et ces technologies : 170 millions d’euros selon la CGT. « Pour faire vivre mille familles et conserver notre indépendance énergétique, ça vaut le coup non ? » interpelle Nadir Hadjali, qui dit se battre aussi pour la génération suivante. « J’ai une fille de huit ans et pour moi ce serait une fierté qu’elle perpétue la tradition familiale de la centrale. Mon grand-père a travaillé ici, j’ai travaillé ici, il n’y a pas de raison que ma fille soit obligée d’aller travailler ailleurs. »

« L’écologie, ça ne les intéresse pas. C’est une ville du passé »

Si les « anciens » semblent inquiets pour leur progéniture, les « jeunes » eux, sont plutôt optimistes. Et ils n’imaginent pas forcément leur avenir à Gardanne. Ni la pluie ni le froid glacial n’ont découragé Yanis, 13 ans, venu marcher aux côtés de sa maman, Nahima, employée municipale. Fille d’employés de la centrale, elle défend elle aussi corps et âme toutes les industries de Gardanne, et aime se rappeler « les manifs sur les épaules de [s]on père ».

L’adolescent, lui, semble davantage tourné vers l’avenir. Il est venu protester contre la réforme des retraites, mais « la centrale, ça ne me concerne pas trop ». Nahima reprend avec tendresse : « Mais si ça le concerne ! On est tous concernés ! La centrale nous appartient, il faut maintenir ces emplois pour l’avenir de tout le monde. » Pourtant, travailler à la centrale ne fait pas partie des plans de Yanis : « J’aimerais bien quitter Gardanne, j’aimerais être dessinateur ».

Dylan, 21 ans, buraliste dans le centre-ville de Gardanne depuis deux ans, rêve de tout quitter pour le Canada et y suivre des études de psychologie. « J’en peux plus d’être ici, explique-t-il. J’ai envie de voyager, connaître ma planète pour l’aider à aller mieux. » Pour Dylan, la question de la centrale est tranchée : « Il faut l’arrêter, voire la raser ! Le charbon ça pollue, il faut passer à autre chose. » Le jeune homme au franc-parler reconnaît le poids important de la centrale dans la ville, en terme d’emplois et d’histoire, mais il regrette les mentalités trop passéistes. « L’écologie, ça ne les intéresse pas, c’est très difficile de parler de ça ici. C’est bien simple, conclut-il, c’est une ville du passé, s’ils pouvaient rester en 2000, pour eux c’était la meilleure période. Depuis, ça ne bouge plus. »

Une Gardanne divisée donc. Plus qu’un conflit générationnel, deux visions du monde s’opposent. Il y a ceux qui pensent pouvoir maintenir l’industrie, avec des évolutions techniques qui permettraient de moins polluer. Et ceux qui veulent définitivement tourner la page industrielle. « Aujourd’hui, on écrase l’environnement avec des emplois, qui, quoi qu’il arrive, ne peuvent pas se maintenir. » Il a le verbe haut et s’emporte aussitôt qu’il parle de la centrale. Jean-Luc Debard est membre de l’association Convergence écologique du Pays de Gardanne (CEPG). Cet électricien de formation de 64 ans est, lui aussi, petit-fils de mineur et ancien mineur lui-même.

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Jean-Luc Debard, membre de Convergence écologique en Pays de Gardanne.

« À l’époque, se défend-il, le problème des mines de charbon n’était pas flagrant. » Convaincu aujourd’hui que la ville doit évoluer, il milite vigoureusement pour qu’on rase la centrale, l’unité au charbon comme celle à biomasse. « C’est une hérésie écologique, une hérésie financière, et même une arnaque pour les salariés en déshérence. On brûle des arbres, on rejette du CO², et après on nous dit qu’il faut trouver une façon de stocker ce CO²… mais les arbres font ça tout seul très bien ! Ils le font gratuitement, depuis des millénaires ! » Pour ce Gardannais, qui habite une maison avec une vue imprenable sur la centrale, on pourrait transformer les emplois de l’industrie en emplois agricoles. D’autres membres d’associations expriment leur ras-le-bol de ce conflit qui n’avance pas. « Je n’ai même plus envie d’aller me balader dans le centre-ville, dit l’un d’entre eux. On m’interpelle parce que je suis contre la centrale, mais je ne suis évidemment pas pour que ces gens perdent leur travail. Il s’agit juste d’évoluer vers autre chose. »

L’article de Reporterre est ici.

Source et photos : Maud de Carpentier pour Reporterre

Publié dans Corrèze, Gardanne, Hourtin, Morvan., Transition énergétique

Abattre un arbre, une pratique anti-écologique ?

155  Un dossier de France Nature Environnement.

Face à une telle question, France Nature Environnement vous déconseille tout avis trop… tranché, car elle demande plusieurs lectures. D’un côté, les arbres et les forêts représentent un refuge privilégié de nombreuses espèces animales et végétales et nous rendent d’innombrables services. Les forêts nous procurent de nombreux bienfaits et sont symboles de liberté face à la marchandisation effrénée que notre société impose à toute chose. De l’autre, les utilisations du bois sont multiples dans notre quotidien : du papier toilette, à nos meubles, en passant par le bois de chauffage ou les livres. Ce matériau se révèle même écologique dans bien des cas. Petit tour d’horizon de la question par France Nature Environnement.

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Une forêt à Arc-en-Barrois (Haute-Marne).

Dans le monde, trop d’abattages sont sources de déforestation

Plus de 240 millions d’hectares de forêts ont disparu entre 1990 et 2015, principalement en Amérique du sud, Afrique et Asie du Sud-Est. Ces abattages-là constituent une dangereuse déforestation : les surfaces forestières sont remplacées à jamais par des zones urbaines et agricoles. Principaux responsables de cette perte irréversible d’écosystèmes forestiers ? Le remplacement de ces surfaces par des cultures de soja, d’huile de palme, de cacao mais également l’élevage de bœufs et ses co-produits. Si par notre consommation, la France participe indirectement à cette déforestation mondiale, notre territoire national, lui, a vu apparaître 6 millions d’hectares de forêts supplémentaires en un siècle [1]. Est-ce suffisant pour considérer que les coupes d’arbres en France sont irréprochables ? Non.

Coupe rase en forêt : elles sont la cause de perturbations majeures de la biodiversité, des sols et du climat

Par exemple, la coupe rase – autorisée en France – consiste à abattre la totalité des arbres sur une même parcelle ce qui entraine des perturbations majeures pour l’équilibre biologique et structurel des sols. En effet, lors de ces coupes, le sol perd en fertilité, il s’érode, se dégrade, sa biodiversité est profondément affectée et le carbone stocké dans le sol est massivement relâché dans l’atmosphère.

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Coupe rase – photo d’illustration

Cette pratique n’est pas à confondre avec la coupe définitive des derniers grands arbres réalisée lorsque la régénération naturelle est obtenue. Elle est utilisée dans la production industrielle de bois, où plantations et coupe rase se succèdent indéfiniment. Pour France Nature Environnement, il est urgent de sortir de cette logique coupe rase/plantation, où tous les arbres sur une parcelle sont de la même espèce et du même âge : « La Forêt ne doit pas être une usine à bois ». À la place, la diversification, en âges et en espèces, est bien plus intéressante d’un point de vue biologique, écologique et climatique.

La clef pour des coupes soutenables : analyser et tenir compte de l’écosystème forestier

Non, les forêts ne sont pas une succession d’arbres à abattre. Elles sont des écosystèmes complexes. Les plantes, animaux et micro-organismes mais aussi le sol, l’eau, la température ou encore la luminosité ont de fortes interdépendances. Ils vivent et font vivre ensemble, par leurs interactions, cet écosystème. Ces écosystèmes fonctionnent parfaitement sans la moindre intervention humaine. Lors de l’exploitation de forêt, une combinaison harmonieuse entre l’intervention de l’homme et le fonctionnement naturel des écosystèmes se montre indispensable.

Aussi, avant exploitation, les équipes de France Nature Environnement militent pour qu’un diagnostic de la biodiversité soit réalisé par le gestionnaire forestier. Il a pour objectif :

  • d’identifier et localiser la biodiversité remarquable présente ;

  • de formuler des recommandations adaptées sur le choix de coupe ;

  • d’inscrire des mesures à adopter pour une bonne prise en compte de la biodiversité et de la protection des paysages, comme par exemple le fait de limiter la fréquence des interventions dans les zones où les espèces sensibles sont présentes, en particulier pendant les périodes de reproduction et d’hivernage.

Dans cette perspective, notre mouvement appelle également à bannir les abattages d’arbre dans les forêts à fort enjeux écologiques ou dans les forêts dont le statut de protection inclut des mesures réglementaires, contractuelles ou foncière dédiées à la biodiversité. Cela doit notamment être le cas dans le cœur du Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne (« feuillus de plaine »), où les coupes de bois sont toujours autorisées. Les abattages ne doivent pas non plus aller à l’encontre des continuités écologiques, la fragmentation des habitats constituant l’une des causes principales de la 6ème extinction des espèces.

Quitte à couper un arbre de 150 ans, autant en faire un long usage

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Charpente en chêne du Château médiéval de Sully-sur-Loire (Loiret) Crédit : Lambert AD

Si les conditions de coupe d’un arbre s’avèrent primordiales, l’usage fait de ce bois pose aussi question. En effet, un chêne est en moyenne coupé après 100 à 150 ans d’existence, un temps long qui appelle à une utilisation durable de ce bois. Le principe de hiérarchie des usages du bois doit donc devenir la règle : le bois d’œuvre (construction et ameublement) est à privilégier en premier lieu, suivi par l’usage du bois d’industrie (papier, emballage) et enfin du bois énergie. La priorité est ainsi donnée à une utilisation de produits bois à usage durable. France Nature Environnement rappelle ainsi que « le bois énergie est à la production de bois ce que les épluchures sont aux patates. Si on peut les valoriser, c’est bien, mais on ne produit pas des patates pour leurs épluchures ! ». Pour bien respecter cette hiérarchie des usages, des objectifs contraignants liés au recyclage et à l’utilisation du bois dans la construction et la rénovation se révèlent indispensables.

Couper du bois… peut aussi se révéler bénéfique pour le climat

Aussi surprenant que cela puisse paraître, couper un arbre et respecter ces priorités peut aussi avoir un bilan positif… pour le climat. Dans un rapport publié en 2016, la FAO [2] – Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture – explique ainsi que les produits en bois, sur le long terme et s’ils sont issus de forêts exploitées de manière durable, contribuent à lutter contre le réchauffement climatique en présentant une alternative à bien d’autres matières.

« Le bilan carbone d’un bâtiment en bois équivaut seulement à la moitié d’une structure faite de béton » note par exemple l’organisation. L’utilisation de produits bois évite ainsi le recours à d’autres matériaux plus énergivores comme le PVC (Polychlorure de vinyle), l’aluminium, le béton ou l’acier.

Mais ce n’est pas tout, les produits bois continuent aussi à stocker du carbone pendant toute leur durée de vie.

Par ailleurs, l’utilisation de bois pour produire de l’énergie permet également d’éviter des émissions issues de la combustion d’énergies fossiles, plus fortes émettrices de gaz à effet de serre. Les forêts peuvent donc être de formidables alliées dans la transition écologique.

Reste deux facteurs à ne jamais omettre :

  • si le bois est une alternative intéressante, le premier objectif de la transition énergétique reste la sobriété écologique.
  • il existe une limite à l’utilisation du bois pour assurer la durabilité des écosystèmes forestiers. Ces derniers sont le second puits de carbone planétaire (après les océans). Les forêts absorbent en France, 12 % de nos émissions de gaz à effet de serre annuelles.

En ville, il est parfois nécessaire d’abattre des arbres quand ils mettent en danger les habitants

Et le sort des villes dans tout ça ? Si les arbres ont d’innombrables atouts en milieu urbain, certaines coupes nécessaires sont prévues dans l’article L 350-3 du Code de l’environnement. Il est ainsi possible d’abattre un arbre lorsqu’il présente un danger. Malheureusement, cet article de loi reste trop permissif en facilitant les dérogations, comme cela a été le cas de façon récurrente ces dernières années pour les platanes. La végétalisation des communes présente de nombreux avantages et doit s’inscrire dans un schéma global d’aménagement.

L’arbre, la société et les forestiers : le besoin de dialogue entre deux mondes

Alors, abattre un arbre est-il anti-écologique ? Nous vous avions prévenu : impossible d’avoir une réponse unique. L’analyse des conditions de coupes, de prise en compte de la biodiversité et de l’écosystème forestier mais aussi la bonne utilisation du bois apparaît indispensable avant d’émettre un jugement. France Nature Environnement s’attache aussi à regarder de près le respect d’un principe du code forestier français : celui de la « multifonctionnalité des forêts ». Ces espaces naturels possèdent en effet des fonctions sociales (promenades, sorties sportives…), économiques (meubles, emballages cartons, papiers, bois de chauffage…) et écologiques (refuge de biodiversité, stockage du carbone, épuration des eaux, fixation des sols…). Pour une gestion durable des forêts, l’économie ne doit pas prendre le dessus sur les intérêts sociaux et écologiques.

La question est aussi prise en tenaille entre deux réalités sociétales. Le bois est partout dans notre quotidien. PQ, meubles, toits, livres… Il suffit de faire ce petit quizz pour mesurer à quel point il est omniprésent. En parallèle, un changement rapide du regard de la société sur les forêts s’opère, passant d’une lointaine bienveillance à un fort niveau de préoccupation. Les citoyens et citoyennes sont de plus en plus alertés sur les phénomènes de déforestation et les bienfaits de ces écosystèmes. Les forêts sont ainsi associées à la sérénité et au ressourcement. Il devient alors compliqué d’exercer des modifications de ces écosystèmes. D’autant plus que ces modifications ne doivent pas intervenir n’importe comment.

Le besoin de dialogue et de compréhension entre société et forestiers devient alors criant. En effet, les moments et lieux de contacts société-forestiers se font trop souvent à l’occasion de conflits locaux et régionaux qui ont leurs causes et leurs dynamiques propres. Pour renouer le dialogue, combattre les idées reçues, mais surtout co-construire la gestion forestière future, des lieux de débats doivent être créés. C’est au niveau des territoires, en lien avec celles et ceux qui y vivent ou qui en ont la charge, que ce lien entre société et monde forestier doit se construire avant tout.

Le dossier de FNE est ici.

[1] – Source : Un siècle d’expansion des forêts françaises. De la statistique Daubrée à l’inventaire forestier de l’IGN. IGN magazine mai 2013.

[2] Source : Forestry for a low carbon future : integrating forests and wood products in climate change strategies – FAO 2016.

 

Publié dans Biodiversité - Écologie, Forêts - Déforestation

La pollution liée aux épandages grandit, aggravant l’épidémie de Covid-19

Reporterre  Un article de Reporterre, par Emilie Massemin, le 01/04/2020.

Des épisode de pollution printanière s’enchaînent, en grande partie liés aux épandages agricoles et qui sont susceptibles d’aggraver l’épidémie de Covid-19. Des associations appellent donc à « encadrer les épandages pour limiter la propagation du coronavirus ».

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Photo d’illustration. Jean-François Monier/AFP

Dimanche 29 mars, Atmo Grand Est, l’organisme chargé de la surveillance de la pollution de l’air dans la région, alertait sur un épisode de pollution aux particules fines de diamètre inférieur à dix microns (PM10), samedi 28 et dimanche 29 mars. « Cet épisode de pollution de type mixte, en plus d’être lié aux particules d’origine carbonée, se caractérise également par une part importante de particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote, a précisé le communiqué. L’ammoniac étant issu majoritairement des épandages de fertilisants, ces épisodes interviennent essentiellement entre février et mai. Les niveaux de particules ont monté progressivement à la faveur du temps sec et doux des derniers jours. Le seuil d’information-recommandations a été dépassé ce samedi sur les départements des Ardennes, de la Marne, de l’Aube, de la Meurthe-et-Moselle, de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. »

Vendredi 27 mars, ce même type de pollution avait été détecté sur le nord de la Bretagne et en particulier les départements des Côtes d’Armor, du Finistère et de l’Ille-et-Vilaine, d’après l’observatoire de la qualité de l’air Air Breizh. « Cet épisode de pollution particulaire printanier résulte d’une conjonction de différents facteurs et notamment des conditions météorologiques propices à l’accumulation des polluants (temps ensoleillé, conditions atmosphériques stables, vents faibles), des émissions locales de particules fines PM10, dont principalement les activités agricoles (épandage et émissions d’ammoniac générant des particules secondaires) et le chauffage (dont chauffage au bois) et de transferts de masses d’air chargées en particules en provenance du Nord-Est », a annoncé l’observatoire, prévenant que cet épisode de pollution allait perdurer le samedi 28 mars.

« Nous demandons donc des mesures exceptionnelles de restriction d’épandage »

Jeudi 19 mars, c’est l’association de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France Airparif qui alertait sur un épisode de pollution aux particules, causé par le chauffage au bois et les activités agricoles : « Une météo printanière favorise actuellement les réactions chimiques avec la formation de particules, dites secondaires, à partir de gaz : les oxydes d’azote (liés principalement au chauffage, le trafic étant extrêmement restreint), et l’ammoniac (en provenance des activités agricoles), a indiqué le communiqué. À ces particules s’ajoutent celles produites par une part de chauffage au bois, le soir, et des phénomènes de transfert de pollution puisqu’une partie de la France est soumise aux mêmes conditions. Les niveaux de particules liés au trafic sont toutefois très faibles. L’augmentation constatée aurait été beaucoup plus importante avec des conditions normales de circulation, comme par exemple lors de l’épisode printanier du 17 mars 2014 qui avait donné lieu à la remise en place de la circulation alternée. »

Mardi 31 mars, l’association Eau & rivières de Bretagne a appelé à «encadrer les épandages pour limiter la propagation du coronavirus : les épandages agricoles sont en partie responsables de la mauvaise qualité de l’air actuellement. Cet épisode de pollution amplifie la détresse respiratoire des malades atteints du coronavirus. Nous demandons donc des mesures exceptionnelles de restriction d’épandage. En plus de fragiliser notre système immunitaire et de nous rendre plus sensibles aux infections notamment virales, la pollution de l’air amplifie la diffusion et la transmission des agents pathogènes tels que le coronavirus. Ces épisodes de pollution amplifient la détresse respiratoire des malades atteints du coronavirus et compliquent les soins qui leur sont apportés. »

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Le fait que les premiers foyers épidémiques aient été situés en Chine (à Wuhan), des zones très polluées, n’est pas un hasard. © Pixabay

Le même jour, la directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et responsable de l’équipe épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires (Épar) Isabella Annesi-Maesano indiquait à Reporterre que les premiers foyers de l’épidémie de Covid-19 correspondaient à des zones particulièrement polluées de Chine, d’Iran et d’Italie. « La pollution atmosphérique est irritante et abîme les muqueuses des voies aériennes. En réaction, ces dernières décompensent, deviennent plus perméables et les agents pathogènes les pénètrent plus facilement. C’est valable pour le SARS-CoV-2, mais pas seulement : quand l’environnement est très pollué, les gens attrapent plus facilement un rhume ou commencent une pollinose », a-t-elle expliqué au quotidien de l’écologie. Par ailleurs, les particules fines franchissent la barrière des alvéoles pulmonaires, rejoignent la circulation sanguine et s’attaquent à tous les organes, provoquant une inflammation systémique [et] « de nombreux problèmes respiratoires mais aussi cardiovasculaires, neurologiques, et métaboliques : AVC (Accident vasculaire cérébral), diabète, obésité… (…) Une fois que les gens sont malades, la pollution aggrave encore leur pathologie et les rend vulnérables aux infections comme le SARS-CoV-2. Enfin, nombre de ces pathologies environnementales sont traitées avec des médicaments de type anti-inflammatoires et cortisone, qui peuvent aggraver l’infection Covid-19. »

Pesticides

Lundi 23 mars, elle avait cosigné la tribune de chercheurs et d’associations appelant elle aussi « les préfets à prendre des mesures urgentes visant à limiter drastiquement – les émissions liées aux épandages agricoles (restriction, technique d’enfouissement de l’engrais) afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus », publiée sur le site de l’association Strasbourg Respire.

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans Pesticides-Fongicides, Santé

Sans bateaux ni touristes, les eaux de Venise retrouvent leur clarté

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 31/03/2020.

Alors que l’Italie est confinée depuis le 8 mars dernier, l’absence de touristes et de bateaux de croisière à Venise se fait sentir. Les eaux de la Cité des Doges ont retrouvé leur transparence et les habitants ont remarqué des bancs de poissons dans certaines zones. Il y aura un avant et un après Coronavirus, note le journal local La Nuova di Venezia e Mestre, pour qui la question d’une Venise plus propre se posera inévitablement après la crise sanitaire.

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La question du tourisme de masse à Venise est habituellement épineuse. Massimo Bertolini / NurPhoto

C’est une bonne nouvelle alors que la pandémie de Coronavirus sévit partout dans le monde. À Venise, où les habitants sont en confinement depuis le 8 mars, les Italiens ont remarqué que les eaux de la Cité des Doges retrouvaient peu à peu leur clarté.

« Les canaux de Venise sont extraordinairement et incroyablement propres, immobiles et clairs, car peu de bateaux-bus et de véhicules de service passent », note le journal local La Nuova di Venezia e Mestre. « Pour tous les autres moyens de transport, le service est suspendu. Le résultat est que les canaux sont clairs et propres, avec des eaux calmes en raison du manque de mouvement des vagues », souligne-t-il.

Un avant et un après Coronavirus

Les bateaux de croisière, habituellement si nombreux, ainsi que les touristes, ne sont plus autorisés à circuler dans la cité. Des habitants ont ainsi filmé des eaux limpides, où, dans certaines zones, des bancs de poissons reviennent. Le plastique a lui aussi disparu des eaux.

« Tout le monde remarque maintenant la différence par rapport à avant et il ne fait aucun doute qu’une fois l’urgence du Coronavirus surmontée, le problème d’une Venise moins obstruée, plus propre plus protégée dans son intégrité se posera inévitablement (…) », souligne très justement La Nuova di Venezia e Mestre. Le tourisme de masse et les navires de croisières sont un véritable problème à Venise. Un seul croisiériste pollue dix fois plus que les 260 millions de voitures de tourisme que compte le Vieux-Continent estimait en juillet l’ONG Transport & Environnement.

Certains Vénitiens ont formé un collectif pour lutter contre la présence de ces mastodontes dans la cité des Doges. Les militants de « No Grandi Navi » demandent depuis des années que les navires de croisière soient interdits dans la ville. Mais ils représentent une manne financière pour la ville, il est donc difficile de les déloger.

L’article de Novethic est ici.

Publié dans Biodiversité - Écologie, Pollution

Début des déboisements pour la plus grande plantation d’huile de palme du monde

Sauvons la foret  Un article de l’association Sauvons la Forêt, le 30/03/2020.

280 000 hectares de forêt doivent être rasés en Papouasie afin d’établir ce qui deviendrait la plus grande plantation d’huile de palme de la planète. L’entreprise Digoel Agri a commencé les déboisements de son scandaleux projet.

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Les déboisements pour la plus grande plantation d’huile de palme du monde ont commencé en Papouasie. © Pusaka

Nouvelles choquantes en provenance de Papouasie

La coupe de rase de 280 000 hectares a été validée dans le cadre du projet Tanah Merah. Cela constitue une atteinte brutale aux dernières grandes forêts tropicales continues d’Asie du Sud-Est, où doit être créée la plus grande plantation de palmiers à huile du monde.

The Gecko Project, l’organisation indonésienne Pusaka et le site d’information écologiste Mongabay rapportent que l’entreprise  Digoel Agri, détenue par un milliardaire, a commencé les coupes rases et déjà détruit 170 hectares.

La Papouasie est la province la plus orientale de l’Indonésie. Elle est située à proximité immédiate de l’État de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le projet concerne le district de Boven Digoel, où le groupe indonésien et coréen Korindo déboise des forêts tropicales depuis des années. Dans le district Merauke situé au sud, les mégaplantations MIFEE ont été créées dans la forêt des indigènes Mahuze en 2010 pour cultiver des palmiers à huile et du riz.

Ce nouveau mégaprojet implique la destruction intégrale des forêts riches en espèces du sud-est de la Papouasie. Il est une tragédie pour la biodiversité, le climat, les indigènes et la santé humaine ! Différents zoonoses et virus auparavant limités à ces forêts pourraient désormais contaminer l’humanité.

Les forêts et les terres de Papouasie sont menacées depuis 2007, année marquée à la fois par une pénurie de riz en Indonésie et par une forte augmentation de la demande en huile de palme pour le biodiesel. Depuis, des centaines de permis ont été octroyés sur plus de quatre millions d’hectares. Au moins un million d’hectares de forêt ont déjà été détruits. Et on y cultive principalement des palmiers à huile, et non pas du riz.

Les concessions ont constamment changé de propriétaires dans des conditions obscures, notamment dans le district de Boven Digoel, ce qui entretient les soupçons de favoritisme, de corruption et d’escroquerie. Ainsi, selon The Gecko Project, des autorisations ont été signées par un politicien local, alors qu’il était en prison.

La nouvelle entreprise Digoel Agri a repris le projet Tanah Merah. Greenpeace Indonesia dénonce un « scandale public » en raison des « irrégularités » commises lors du processus d’autorisation et de nombreuses objections écologiques et sociales. Un grand nombre d’autochtones, de militants des droits de l’homme et de défenseurs de l’environnement demandent, tout comme nous, l’arrêt immédiat du projet Tanah Merah.

L’article de The Gecko-Project, Pusaka et Mongabay intitulé « New Player starts clearing rainforest in worlds biggest oil palm project » montre comment le monde des affaires et la politique sont impliqués de manière choquante dans ce projet. Les promesses du gouvernement indonésien de protéger les forêts primaires et les tourbières et de prendre des mesures climatiques ne sont que des mots creux.

L’article de l’association Sauvons la Forêt est ici

Publié dans Forêts - Déforestation

600 milliards de dollars d’actifs charbon menacés à cause de la compétitivité des énergies renouvelables

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 12/03/2020.

Le think tank Carbon Tracker International a comparé les coûts de l’éolien et du photovoltaïque à celui du charbon. Il en conclut qu’il est d’ores et déjà plus rentable d’investir dans nouvelles capacités renouvelables que dans de nouvelles centrales à charbon. Investir dans les énergies renouvelables est aussi plus rentable que de faire tourner plus de la moitié des centrales existantes.

Power plant, photovoltaic, wind energy

Dans 90 % des centrales européennes et 70 % des centrales chinoises, il est plus rentable de construire de nouvelles capacités renouvelables que de faire tourner ces centrales. @iStock /tibu

Il ne fait plus bon investir dans le charbon. C’est un fait incontestable pour les défenseurs du climat, mais cela va très rapidement devenir un argument implacable pour les investisseurs. Selon une étude de Carbon Tracker International (1), publiée ce jeudi 12 mars, il va être plus rentable d’investir dans des nouvelles infrastructures d’énergie renouvelable que de faire tourner les centrales à charbon existantes dans tous les marchés d’ici 2030 au plus tard. Et c’est déjà le cas aujourd’hui pour 90 % des centrales européennes, 70 % des centrales chinoises et la moitié des centrales américaines, indiennes et australiennes.

En outre, il est déjà plus rentable d’investir dans des nouvelles capacités renouvelables que dans des nouvelles capacités charbon dans les principaux marchés mondiaux, à savoir, la Chine, les États-Unis, l’Union européenne, la Turquie, l’Inde, l’Indonésie, la Russie, le Japon ou encore l’Australie. L’étude a comparé le coût actualisé de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque au coût de fonctionnement de 95 % des centrales à charbon en exploitation, en construction ou prévues.

Risque extrême en Chine 

Il en ressort que les nouvelles capacités de charbon déjà en construction ou planifiées (499 gigawatts) feraient peser un risque sur 638 milliards de dollars d’actifs. Les pays où le risque est extrême sont la Chine (158 milliards), l’Inde (80 milliards), les États-Unis (où une nouvelle faillite dans le charbon a été annoncée cette semaine) et l’Union européenne (16 milliards). Le risque est également élevé en Turquie et au Japon. Il est modéré dans les pays d’Asie du Sud-Est en raison d’une forte régulation du marché, d’absence de prix carbone et de politiques peu incitatives pour les renouvelables. Le rapport appelle les gouvernements à déréglementer le secteur de l’électricité afin que les énergies renouvelables puissent concurrencer le charbon.

« Le non-respect de ces mesures aggravera le risque lié aux actifs échoués et pourrait entraîner des surcapacités. Cela entraînera à son tour une baisse des prix de l’électricité, enverra un signal d’investissement négatif pour les énergies renouvelables et ralentira la transition vers une économie sobre en carbone », expliquent les auteurs.

Selon les estimations du think tank Ember (ex-Sandbag), publiées cette semaine (2), la production mondiale d’électricité à base de charbon a chuté de 3 % en 2019. Cette baisse — la plus importante enregistrée depuis 1990 — résulte d’un moindre recours au charbon dans l’Union européenne (-24 %) et aux États-Unis (-16%), tandis qu’il continue d’augmenter en Chine. Or, selon le rapport spécial du GIEC sur l’objectif 1,5°C, l’atteinte de ce seuil de réchauffement global passe par une réduction de 80 % de la part du charbon dans le mix électrique entre 2010 et 2030.

L’article de Novethic est ici.

(1) Voir l’étude de Carbon Tracker International

(2) Voir l’étude du think tank Ember

Publié dans Environnement, Transition énergétique

Les images incroyables de la chute de pollution en Europe

Le Point  Un article du journal Le Point, par Michel Revol, le 27/03/2020.

L’Agence spatiale européenne vient de révéler les images du satellite Sentinel 5P, qui montrent la chute de la pollution au dioxyde d’azote depuis le confinement.

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Jusqu’alors, on pouvait observer les effets de la quarantaine en Chine, en particulier à Wuhan, épicentre de l’épidémie due au coronavirus, avec quelques cartes mises en ligne. L’Agence spatiale européenne vient de diffuser des images satellites qui concernent directement les Européens. Captées par le satellite Sentinel-5P, issu du programme européen Copernicus, elles montrent de façon éclatante les effets du confinement et de la chute de l’activité économique dans différents pays comme la France, l’Italie et l’Espagne.

Ces images comparent la pollution au dioxyde d’azote moyenne mensuelle en 2019 avec la période du 14 au 25 mars, au cours de laquelle les mesures de confinement ont été prises en Europe. Le dioxyde d’azote (NO2), dégagé lors de la combustion d’énergie fossile, est l’un des principaux polluants émis par le transport routier et l’activité industrielle. Il affecte particulièrement la fonction pulmonaire et aggrave les maladies respiratoires.

L’ESA a choisi une période de dix jours de relevés pour obtenir un résultat fiable. La météo peut en effet influer sur la concentration des polluants et fausser les données, par exemple en cas de couverture nuageuse. L’effet est saisissant. La pollution au NO2 dans les grandes villes comme Paris et Madrid est en chute libre, tout comme dans la plaine du Pô, en Italie et dans le nord de l’Europe.

L’article du Point est ici.

Publié dans Pollution

C’est en altérant la vie sauvage que l’Homme accroît le risque d’épidémies

30 millions d'amis  Un article de La Fondation 30 millions d’amis, le 26/03/2020.

En précipitant le déclin de la biodiversité et les interactions avec les animaux, les activités humaines ont contribué à accentuer les risques d’épidémies. 30millionsdamis.fr revient sur la responsabilité de l’Homme dans la propagation des virus, qui ne pourra être évitée qu’au prix d’une prise de conscience mondiale.

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En favorisant la promiscuité avec les animaux, la déforestation, l’élevage intensif et les marchés ouverts accélèrent la transmission de virus. ©AdobeStock

60 à 65 % des maladies infectieuses seraient d’origine animale, selon une étude publiée en 2014 par Kates Jones, écologue à l’University College de Londres. Et pour cause, la faune sauvage abriterait 1,7 million de virus  ! Or, ces zoonoses devraient se multiplier dans les années à venir… par la faute de l’Homme.

La destruction de la biodiversité inciterait les virus à nous contaminer

L’intensification de l’agriculture, la construction des infrastructures, le développement des activités minières et l’urbanisation ont précipité la perte des surfaces forestières (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rapport sur l’état mondial des forêts, 2016). Or, les forêts abritent une biodiversité riche et fragile. En détruisant les habitats naturels, la déforestation constitue donc une menace majeure pour les animaux sauvages dont la population diminue, voire disparaît.

En perdant leur hôte naturel, les virus en cherchent un nouveau à infecter. « Nous envahissons les forêts tropicales et autres paysages sauvages qui abritent tant d’espèces animales et, en leur sein, tant de virus inconnus, confie au New-York Times David Quammen, écrivain spécialisé dans les sciences et la nature (28/01/2020). Nous perturbons les écosystèmes et nous débarrassons les virus de leurs hôtes naturels. Lorsque cela se produit, c’est souvent nous qui le devenons ». Et une fois que les virus ont franchi la barrière des espèces et se sont adaptés à l’organisme humain, nos sociétés modernes favorisent sensiblement leur propagation.

La promiscuité avec les animaux favorise la transmission des virus

La déforestation accroît le risque d’épidémies, non seulement au regard de la disparition des espèces qu’elle implique, mais également eu égard à la promiscuité qu’elle engendre. « La perturbation des forêts vierges rapproche les gens des espèces animales avec lesquelles ils n’avaient peut-être jamais été au contact auparavant, explique Kate Jones pour la revue Ensia (17/03/2020). Ce faisant, nous créons des habitats où les virus se transmettent plus facilement ».

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De même, la généralisation de l’élevage intensif à travers la planète a largement favorisé la transmission des maladies. « Prenez H5N1, le virus de la grippe aviaire (…). C’est l’élevage industriel qui a créé les conditions de son succès, grâce à une concentration exceptionnelle d’oiseaux et une promiscuité des volatiles favorisant la transmission du virus, analyse François Renaud, chercheur en biologie au CNRS. En théorie, le virus aviaire n’est pas transmissible à l’Homme mais à force d’essayer, il finit par passer ». 

Enfin, les virus sont susceptibles de passer des animaux aux humains via les nombreux marchés, en Asie comme en Afrique, où de nombreux animaux sauvages sont abattus, découpés et vendus. « Ces marchés constituent le lieu idéal pour la transmission inter-espèces d’agents pathogènes », alarme Thomas Gillespie, Professeur en sciences de l’environnement à l’Université Emory aux États-Unis.

Une concertation mondiale et multidisciplinaire indispensable

Certes, le risque que des agents pathogènes passent des animaux aux humains n’est pas nouveau. Mais en réduisant les barrières naturelles entre les animaux hôtes du virus et nous-mêmes, les humains ont facilité la propagation des maladies. « La nature contient des menaces, c’est vrai, mais ce sont les activités humaines qui font des dégâts. Le risque sanitaire dans un environnement naturel peut être aggravé quand on interfère avec,» résume Richard Ostfeld, scientifique émérite du Cary Institute of Ecostystem Studies à New-York. « Le drame actuel doit donc servir de modèle pour l’avenir, préconise François Renaud. L’Homme devra notamment repenser son mode de production de protéines ».

« Il me semble que nos vivons, en ce moment, le dernier signal d’alerte de la faune sauvage, fustige Serge Morand, chercheur au CNRS (Marianne, 17/03/2020). Si nous ne préservons pas la biodiversité, les crises sanitaires vont se multiplier. Pour prévenir une prochaine crise comme celle-ci, il faut traiter les causes plutôt que de se retrouver encore et encore à en traiter les conséquences ».

Mais pour ce faire, encore faudra-t-il mettre en place une concertation à la fois mondiale et interdisciplinaire, associant tant les professionnels de la santé que les spécialistes de l’écologie. Seule cette prise de conscience dessinera les contours d’un véritable changement de paradigme…

L’article de La Fondation 30 millions d’amis est ici.

Publié dans Biodiversité - Écologie, Santé

[Coronavirus, le jour d’après] Faire redécoller le secteur aérien avec des ailes plus vertes

Novethic  Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 20/03/2020.

De nombreuses compagnies aériennes vont faire faillite ou s’en approcher de très près. Elles sont mises à genoux par la crise du coronavirus. Le secteur appelle à des aides d’État pour être sauvé. Pour beaucoup, ces aides doivent être données en contrepartie d’un virage environnemental une fois la crise passée. Toute la semaine, Novethic se penche sur la fragilité de nos modèles économiques, secteur par secteur, mis en lumière par la crise sanitaire actuelle. 

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Toutes les compagnies aériennes européennes ont vu baisser leurs activités de 70 à 90 %. DR

Il y a encore quelques mois, le secteur aérien était visé par un vaste mouvement écologique. Il s’agissait du Flygskam, « la honte de prendre l’avion »  en raison de ses émissions de CO2. Le secteur avait taché de convaincre de sa vertu, et au final avait plutôt bien résisté à ces attaques. Aujourd’hui la filière fait face à une nouvelle crise, beaucoup plus brutale, qui réussit là où les militants « anti-avion » ont échoué.

De tous les secteurs économiques, l’aérien est l’un des plus touchés par le Covid-19. Peu à peu toutes les frontières se sont fermées, partout. Lors de ses résultats annuels le 19 mars, le Président de l’allemand Lufthansa, Carsten Spohr, décrit : « Depuis quelques jours, plus personne ne veut prendre l’avion. Depuis quelques jours, plus personne n’a le droit de prendre l’avion ». En conséquence, 80 % de son personnel est au chômage.

Ryanair et Easyjet ont diminué leur vol de 70 à 90 %. Les deux géants du secteur, American Airlines et Delta Airlines, ont déjà diminué leur activité de 20 à 30 % et la situation va s’aggraver avec l’essor du virus aux États-Unis. Du côté d’Air France-KLM, dont l’activité a chuté de 80 à 90 %, le gouvernement en est venu à évoquer une nationalisation de l’entreprise. Mais l’opération complexe et qui ne changera pas le problème pourrait plutôt laisser place à des aides publiques directes, exceptionnellement autorisées par l’Union européenne.

Pire que le 11 septembre

Le coronavirus est « une crise d’une ampleur mondiale comme nous n’en avons jamais connue (…) pire qu’après le 11 Septembre », déplore Alex Cruz, Président de British Airways. « Plus la crise dure, moins il est probable que l’avenir de l’aviation puisse être garanti sans aides publiques », prévient Carsten Spohr. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), il faudra 200 milliards de dollars aux transporteurs pour s’en sortir, précise l’IATA.

Ces aides seront indispensables, mais des voix s’élèvent pour qu’il ne s’agisse pas d’un chèque en blanc. « L’industrie aéronautique emploie des dizaines de milliers de personnes à travers l’UE, et le soutien financier doit être priorisé pour (soutenir ces) emplois en danger », explique l’influente ONG européenne Transport & Environnement (T&E). Elle ajoute : « Mais les aides d’État aux compagnies aériennes ne devraient être approuvées que si les pays s’assurent que (les compagnies) commenceront plus tard à payer des impôts ».

En effet, les transporteurs aériens sont entre autres exonérés de la taxe sur les carburants en Europe, un manque à gagner de 27 milliards d’euros selon l’ONG. Andrew Murphy, directeur de l’aviation chez T&E, lance un appel : « Les compagnies aériennes appelant au soutien du public en période de crise devraient accepter de payer leurs impôts dans les temps sereins ». De plus, « les États devraient également exiger que les compagnies aériennes commencent à utiliser des carburants à faible émission de carbone. L’argent public doit soutenir les technologies du futur et ne pas renforcer les erreurs du passé », ajoute-t-il.

8 % de la consommation

Le Président de l’Agence International de l’énergie a très précocement alerté sur l’impact de la crise du Coronavirus sur la transition énergétique. Il juge que la situation actuelle ne doit pas faire oublier la crise climatique profonde. « Je parle avec plusieurs gouvernements et dirigeants d’institutions financières internationales parce qu’ils sont tous occupés à concevoir des programmes de relance pour l’économie (…) je leur dis que nous pouvons utiliser la situation actuelle pour renforcer notre ambition de lutter contre le changement climatique ».

Aussi, il rappelle que « l‘aviation représente 1 % de l’économie mondiale, mais elle représente 8 % de la consommation mondiale de pétrole. Je comprends que lorsque je parle aux gouvernements, ils sont très préoccupés par la crise économique actuelle », dit-il. Mais il insiste sur la nécessité de garder l’œil rivé sur le coup d’après, pour bien prendre en compte le changement climatique.

L’article de Novethic est ici.

Publié dans Dérèglement climatique, Transition énergétique

Maires ruraux, ils sont à la pointe de la transition écologique

Reporterre  Un article de Reporterre, par Marie Astier, le 09/03/2020.

Langouët, Puy-Saint-André, Faux-la-Montagne… Les petites communes sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans la transition écologique. Souvent à l’origine de projets précurseurs, leurs maires font montre d’un optimisme sans faille… Mais pointent aussi les difficultés que peut rencontrer un village sur le long chemin de la transition.

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Là, c’est une cantine 100 % bio. Ici, une production d’énergie renouvelable et locale. Ailleurs, une impulsion décisive donnée à une agriculture paysanne. Plus loin, une école en matériaux écologiques et très peu consommatrice d’énergie. Ou encore, une rivière renaturalisée et la biodiversité revenue sur le territoire. À Reporterre, les reportages dans les (petits) villages faisant de grandes choses pour la transition écologique poussent tels des herbes folles au printemps. Et nous vous le rappelions grâce à un kit détaillé à l’usage des citoyens et de leurs futurs élus il y a quelques semaines : l’échelon de la commune est assurément l’un de ceux auxquels il faut et on peut agir.

Mais suffit-il de vouloir pour pouvoir ? Ce chapelet d’expériences est-il généralisable à l’ensemble des communes rurales ? Est-il plus facile de mener la transition écologique dans un village qu’en ville ? « Je peux sortir de mon bureau, mettre les bottes, et aller voir ce qui se passe. Le village est une échelle qui permet une prise sur le réel », dit Daniel Cueff, maire de Langouët, dans le Finistère. Désormais connu pour son arrêté anti-pesticides, il a aussi impulsé dans sa commune de 600 habitants la première cantine totalement bio, une école basse consommation, la construction de maisons « zéro carbone, zéro déchet de chantier », etc.

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Le maire de Langouët, Daniel Cueff, le 22 août à Rennes. Sébastien Salom-Gomis / AFP

Le personnage donne le ton, l’engagement écologique d’un village est souvent porté par une forte personnalité qui met l’écologie au centre de sa politique. « Ces maires incarnent un projet et se démènent pour y arriver », observe Charlotte Tardieu, animatrice du réseau des Territoires à énergie positive. « Quand j’ai été élu en 1999, le mot développement durable n’existait pas dans le vocabulaire politique local », se souvient Daniel Cueff. « Une des premières difficultés est de convaincre l’ensemble des élus de la commune », confirme un autre pionnier, Michel Maya, qui termine son cinquième mandat à Tramayes, en Saône-et-Loire (1.045 habitants). La commune est récemment devenue la première commune de plus de mille habitants n’utilisant que de l’énergie renouvelable en France. « Le plus important, c’est une volonté politique forte », dit Nicolas Garnier, délégué général de l’association Amorce, qui accompagne les collectivités locales engagées dans la transition écologique sur les questions d’énergie, de gestion des déchets et de l’eau. « Il faut être courageux. Et convaincre l’adjoint aux finances… »

Ces élus témoignent aussi être bien entourés. Une équipe de salariés communaux et d’élus qui fonctionne (ce n’est pas toujours le cas !) apparaît comme essentielle. « Avec les autres élus, on se répartit la tâche, on a du plaisir à travailler ensemble et à partager nos idées », se réjouit Estelle Arnaud, première adjointe à Puy-Saint-André dans les Hautes-Alpes. Elle est tête de liste pour les prochaines élections. Parmi les réalisations de ce village de 460 âmes, une société d’économie mixte pour produire de l’énergie renouvelable dont les habitants sont aussi actionnaires.

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Patrick Barbier, maire de Muttersholtz, en pleine visite du gymnase à énergie positive.

Leur adhésion est ainsi centrale. « On a fait un questionnaire en début de mandat, il en est ressorti que la protection de l’environnement était un sujet important pour les habitants », raconte Estelle Arnaud. « On a mis en place des assemblées d’habitants, le conseil municipal travaille avec elles pour que les projets ne soient pas portés que par les élus », dit Catherine Moulin, maire de Faux-la-Montagne (Creuse, 420 habitants). « Je ne suis pas maire par hasard, on a eu la première Maison de la nature de France dans les années 1970, on a deux générations d’habitants éduqués à la biodiversité », raconte Patrick Barbier, maire de Muttersholtz (Bas-Rhin, 2.200 habitants), où une attention particulière à la biodiversité a permis le retour d’espèces animales qui avaient quitté le village.

« Il faut une réappropriation des savoir-faire dans les territoires »

Ce travail d’équipe est indispensable, car ces projets qui sortent des sentiers battus sont souvent plus compliqués à porter, surtout par des villages où les ressources techniques, juridiques et financières sont limitées. « Le plus bloquant c’est l’aspect technique, l’ingénierie », dit Charlotte Tardieu du réseau des Territoires à énergie positive. « Il y a vingt-cinq ans, quand on allait voir les services de l’État, il y avait des ingénieurs et des techniciens à disposition des communes, qui nous aidaient à monter les projets. Maintenant ces services ne sont là que pour contrôler, regarder si les projets respectent la loi », déplore Michel Maya à Tramayes. Une conséquence, notamment, de la réduction des effectifs de l’État sur les territoires.

Il faut donc être persévérant et dénicher les compétences. « Moins je vois les services techniques de l’État, mieux je me porte, dit Daniel Cueff. Après, tout n’est pas monolithique. J’ai toujours trouvé des interlocuteurs compétents au sein de l’État, mais c’est moi qui suis allé les chercher. » Il a fait de même quand il a été décidé de rénover l’école, ou de lancer la construction de logements sociaux municipaux : « Nous fixons un cadre, qui est d’avoir les performances les plus écologiques possibles, puis nous sélectionnons des architectes « citoyens » qui acceptent le projet politique que l’on a et qui expérimentent avec nous. »

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A Langouët, l’école, construite en 2003 selon la norme HQE, possède des puits de lumière rendant moins utile l’éclairage électrique.

Le contexte local semble jouer, car dans les Hautes-Alpes, Estelle Arnaud a une autre expérience. « On s’appuie beaucoup sur la communauté de communes, le département, les services de l’État. » « Même le sous-préfet nous accompagne », confirme Patrick Barbier côté Bas-Rhin.

Mais est-il souhaitable d’attendre de l’État cet appui technique ? « Plutôt qu’une expertise nationale mise à disposition, il faut une réappropriation des savoir-faire dans les territoires, dit Nicolas Garnier de l’association Amorce. Que les ingénieurs soient dans les communes ou les inter-communalités. »

Financièrement, « nous sommes désormais sous dépendance de l’État »

La transition écologique dans les villages demande aussi « une mise de départ, un peu de trésorerie et des comptes communaux sains », estime Nicolas Garnier. « On a parlé pendant quinze ans du groupement scolaire. On s’est serré la ceinture pour avoir un reliquat à mettre dans ce projet », relate ainsi Michel Maya, fier du bâtiment à énergie positive qu’il a pu réaliser. Daniel Cueff, lui, est intransigeant sur un principe : « Il est intolérable d’avoir de l’écologie chère. Quand un architecte vient nous voir et nous explique que ce sera 30 % plus cher pour avoir un bâtiment écologique, nous lui indiquons la porte. »

Pour se lancer, les élus font la chasse aux subventions. Certaines paraissent faciles à obtenir. « L’Ademe nous a financé à 80 % un poste de chargé de mission énergie », se félicite le maire de Muttersholtz. « Sur la question de la biodiversité, les agences de l’eau et les régions ont souvent des programmes, et ne sont pas débordées par les demandes car beaucoup de mes collègues maires considèrent que le génie écologique n’est pas une priorité. » « Mais il arrive aussi que les communes aient des projets et que l’État leur réponde que les aides ne seront délivrées qu’à l’intercommunalité », note Cédric Szabo. Et l’inconvénient de ces subventions est qu’elles sont rarement pérennes car basées sur des appels à projet : « L’État est en train de passer d’une logique où il donne de manière égalitaire à tous, à une logique de projets, on donne là où c’est efficace », observe Patrick Barbier. Il fait partie des gagnants de cette nouvelle compétition. Mais comment entraîner tout le monde avec ce mode de fonctionnement ?

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Puy-Saint-André, dans les Hautes-Alpes, 460 âmes.

Quand on peut les faire, les investissements enclenchent un cercle vertueux. « Par exemple avec la rénovation thermique des bâtiments publics, vous pouvez diviser par deux la facture énergétique d’un village et gagner 5 % sur le budget de la commune. Vous en faites des choses avec ça ! » s’enthousiasme Nicolas Garnier. À Faux-la-Montagne, la commune a rénové des bâtiments du centre du village pour les transformer en bureaux, gérés par une association. « La location rapporte 30.000 euros par ans », indique la maire, Catherine Moulin. À Puy-Saint-André, l’énergie renouvelable est devenue une recette. « Cela nous permet de financer la navette pour aller au marché », se félicite Estelle Arnaud.

Autant de stratégies qui permettent de parer à la baisse des dotations données par l’État aux communes. « On nous a réduit les dotations de 15, 20 % lors du dernier mandat, on nous a incité à des économies de gestion mais ça a ses limites », estime le maire de Tramayes. « Les dotations aux régions, départements et communes ont baissé de quinze milliards d’euros » lors du mandat de François Hollande, calcule Cédric Szabo, directeur de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). « On nous dit que la baisse est finie, mais les dotations n’ont jamais été aussi faibles. »

À cela s’ajoute la suppression de la taxe d’habitation, décidée par Emmanuel Macron en début de mandat. Pour l’instant, les petits maires interrogés par Reporterre indiquent ne pas en ressentir l’effet car elle est compensée à 100 % par l’État. En revanche, Daniel Cueff en souligne l’impact démocratique : « On a supprimé le lien entre l’impôt et l’électeur. Nous sommes désormais sous dépendance de l’État. » « Le gouvernement nous dit que les collectivités locales sont les chevilles ouvrières de la transition écologique. S’il est sincère, il doit donc décentraliser la fiscalité », ajoute Nicolas Garnier d’Amorce.

Les territoires ruraux sont indispensables à la transition énergétique

« On a renoncé à faire une politique d’aménagement du territoire, l’essentiel des investissements est fait dans les grandes villes », regrette ainsi Cédric Szabo, de l’AMRF. « La séquence législative des dix dernières années à transféré beaucoup de compétences aux intercommunalités et les préfets écrivent aux présidents de ces intercommunalités comme s’ils étaient les chefs des maires. Ce n’est pas le cas ! »

Les relations des petits maires avec leur communauté de commune ou l’agglomération sont d’ailleurs aléatoires. Catherine Moulin regrette ainsi amèrement le regroupement imposé par la loi NOTRe de 2015. « On avait une petite communauté de communes qui fonctionnait très bien. Puis on a été obligé de fusionner avec celle d’Aubusson. La ville est à 45 minutes de route et eux sont en plaine, nous en montagne. Ce ne sont pas du tout les mêmes problématiques ! » L’agrandissement des régions n’a pas davantage amélioré les choses : « Pour nous, le siège, à Bordeaux, est à quatre heures de route sans transports en commun, ce n’est pas très écologique… »

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L’édile Catherine Moulin, devant la mairie de Faux-la-montagne.

« Nous sommes dans un système du haut vers le bas. Tout se décline, est pensé de la même façon jusqu’aux petits territoires, c’est catastrophique, dénonce Daniel Cueff depuis la Bretagne. Beaucoup de maires, d’ailleurs, attendent tout de l’État. Il faut changer ce centralisme et voir que la particularité de la France avec ses 36.000 communes n’est pas une faiblesse, mais une force. »

Michel Maya souligne notamment que les territoires ruraux sont indispensables à la transition énergétique : « Les économies d’énergie vont devoir avant tout se faire dans les villes, là où il y a beaucoup de consommation. Mais la production d’énergies renouvelables va se faire en milieu rural. La transition écologique doit être menée comme un contrat entre rural et urbain. »

Une transition en bonne voie, veut croire Charlotte Tardieu, du Réseau des territoires pour la transition énergétique, qui regroupe d’ailleurs essentiellement des communes rurales. « On poursuit bien sûr la sensibilisation, mais on en est désormais à l’heure de la concrétisation, se félicite-t-elle. Le réseau va fêter ses dix ans, donc c’est autant d’années d’expériences à partager. Les maires qui démarrent aujourd’hui ne partent pas de zéro, d’autres ont expérimenté pour eux. »

La suite de l’article de Reporterre est ici

Publié dans Biodiversité - Écologie, Transition énergétique

Barrage illégal de Caussade : encore une prime à la délinquance écologique

155  Un communiqué de FNE, le 11/03/2020.

Inacceptable. Construit et rempli illégalement par et pour quelques agriculteurs de la Coordination Rurale, le barrage de Caussade dans le Lot-et-Garonne sera utilisé cet été. Il y a quelques semaines pourtant, la préfecture demandait à ce qu’il soit vidé. À l’encontre de l’État de droit, de la sécurité des riverains, de la nécessaire adaptation de notre agriculture au changement climatique et d’un juste partage de la ressource en eau, l’État cède donc au chantage et à la violence. Tout en assurant que le lac sera vidangé cet automne. France Nature Environnement déplore le message envoyé quant au respect du droit.

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Le barrage de Caussade en juillet 2019. © Alain Pitton/Reporterre

Les irrigants pourront utiliser l’eau du barrage cet été

Ce 10 mars 2020, des élus du Lot-et-Garonne se sont fait les portes paroles d’un petit nombre d’agriculteurs, irrigants et menaçants, devant Mme Wargon, Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, pour arracher le droit d’utiliser l’eau illégalement stockée en vue de l’irrigation estivale de leurs cultures. Le 26 février 2020, la préfète du Lot-et-Garonne avait pourtant mis en demeure de le vidanger, car une étude de sécurité commanditée par la Chambre d’Agriculture elle-même soulignait des risques de rupture de l’ouvrage.

Devant cette annonce incompréhensible pour la sécurité de la population située en aval mais aussi pour le respect du droit, France Nature Environnement a interpellé Mme Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire, et Mme Wargon ce même mardi 10 mars. Contrairement à ce qu’ont annoncé les élus à la sortie de leur réunion, les deux ministres ont confirmé à France Nature Environnement que cet arrangement n’équivaut aucunement à une démarche de régularisation et que les exigences de l’État pour un retour à la légalité restent entières.

La politique du chantage et de la violence récompensée

Il n’en demeure pas moins que « cette nouvelle concession, qui consiste à laisser utiliser cet été l’eau du barrage de Caussade, est une véritable prime à la délinquance écologique ! Des passe-droits sont donnés à ceux qui ont refusé les règles de gestion du bien commun qu’est l’eau, alors que ce type de projet devrait toujours être issu d’un vrai projet de territoire, collectif, prenant en compte tous les usages. L’État cautionne un accaparement illégal de l’eau dans un contexte de menaces verbales et physiques de la part d’irrigants et syndicalistes agricoles, ceci est inacceptable en démocratie ! », fustige Michel Dubromel, président de France Nature Environnement. C’est un très mauvais signal pour le déploiement des Projets Territoriaux de Gestion de l’Eau, prônés par les Assises de l’Eau.

Le risque à court terme sur la sécurité publique est évidemment inadmissible et France Nature Environnement est prêt à engager la responsabilité de l’État à ce sujet. Des vies humaines sont en danger. Mais ceci ne doit pas masquer les risques à moyen terme pour une gestion quantitative de l’eau, qui sont pourtant avérés. Développer massivement l’irrigation est une mauvaise réponse face à la raréfaction de la ressource en eau. C’est encore plus vrai dans le bassin versant du Tolzac où la multiplication des retenues (plus de 700 recensées, de toute taille) aggrave le problème. Le Comité de Bassin Adour-Garonne avait identifié ce territoire pour qu’une stratégie plus globale y soit envisagée afin de répondre aux besoins de l’agriculture irriguée sans écraser les autres usages et détruire les milieux aquatiques. Les dérives de Caussade constituent un précédent gravissime pour la gestion quantitative de l’eau.

Le barrage de Caussade, symbole de l’agriculture intensive

Coûteux et destructeur de biodiversité, le projet de barrage de Caussade participe au maintien d’un mode agricole intensif, qui prône le développement de l’irrigation pour s’adapter au changement climatique, au détriment du cycle naturel de l’eau et des autres usagers. Il a d’ailleurs reçu de nombreux avis défavorables tout au long de l’instruction administrative. Le projet avait finalement été stoppé par le tribunal administratif de Bordeaux le 13 novembre 2018 grâce à l’action de la SEPANSO Aquitaine et de France Nature Environnement. Malgré cette décision de justice interdisant les travaux, ceux-ci ont commencé le 22 novembre 2018 et se sont prolongés en 2019, jusqu’à la finalisation de l’ouvrage… sans aucun contrôle technique. Toujours au dépit de la loi, le lac a ensuite été rempli, laissant planer la perspective d’une rupture de la digue et d’une vague de 920 000m3 inondant la vallée.

C’est la raison pour laquelle le 26 février 2020, la préfecture du Lot-et-Garonne a exigé, dans un courrier aux élus locaux, une vidange du lac. Une demande qui a conduit les agriculteurs de la Coordination Rurale à se rassembler près de ce dernier, afin d’en empêcher l’accès aux forces de l’ordre.

Le communiqué de FNE est ici.

Publié dans Agriculture chimique, Biodiversité - Écologie

Pour le climat, il y aura « un avant et un après coronavirus »

Reporterre  Un article de Reporterre, par Gaspard d’Allens, le 17/03/2020.

En ralentissant l’activité économique, la pandémie de coronavirus baisse aussi les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique. Mais le répit ne pourrait être que de courte durée… À moins que la situation ne provoque une prise de conscience inédite.

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Populations confinées, usines à l’arrêt, transports paralysés… Le coronavirus pèse sur l’économie mondiale et grippe l’activité industrielle avec, comme corollaire inattendu, une chute des émissions de gaz à effet de serre. C’est sans doute l’un des rares effets positifs de la crise sanitaire : dans de nombreux pays, la pollution de l’air a considérablement diminué, offrant à la planète un bref moment de répit.

Ce phénomène est particulièrement visible en Chine, le berceau de l’épidémie, où plusieurs instances scientifiques ont scruté, depuis l’espace et à travers les données récoltées par leurs satellites, les évolutions du taux de particules fines et de polluants dans l’atmosphère. Leur constat est sans appel.

En janvier et février dernier, la concentration de dioxyde d’azote (NO2), un gaz très toxique émis par les véhicules et les sites industriels, a diminué de 30 % à 50 % dans les grandes villes chinoises par rapport à la même période en 2019. Le taux de monoxyde de carbone (CO) a, quant à lui, baissé de 10 % à 45 % dans toute la région entre Wuhan et Beijing. Les niveaux de particules fines ont aussi chuté de 20 % à 30 % en février par rapport aux trois années précédentes.

Depuis décembre, l’économie chinoise tourne au ralenti et consomme moins de charbon, de pétrole et d’acier. Le pays a ainsi vu ses émissions de gaz à effet de serre s’effondrer d’au moins un quart entre le 3 février et le 1er mars comparé à 2019, selon une estimation du Centre de recherche sur l’énergie et la qualité de l’air. L’épidémie aurait conduit à une réduction de 200 millions de tonnes de rejets de CO2, ont calculé les chercheurs.

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« Les émissions de polluants sont intimement liées à l’activité économique, dit à Reporterre le climatologue Philippe Ciais. Si la croissance s’arrête subitement comme en ce moment, on baisse directement les émissions. C’est logique. L’épisode du coronavirus nous apporte une preuve élémentaire face aux climatosceptiques et tous ceux qui croient encore qu’il n’existe pas de corrélation entre les activités humaines et le taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. »

« La réduction de la pollution de l’air en Chine a probablement sauvé bien plus de vie que le coronavirus en a tué »

Sur les images des satellites, l’évolution de la concentration du dioxyde d’azote est particulièrement frappante. Le nuage orange qui flotte d’ordinaire au-dessus des villes chinoises a entièrement disparu après un mois de mesures restrictives et de confinement. « C’est spectaculaire. L’ampleur est inédite, explique Philippe Ciais. La lutte contre le coronavirus a transformé radicalement l’air respiré par les Chinois. »

C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. Pour plusieurs scientifiques, l’épidémie aurait indirectement sauvé des vies. « Les mesures de confinement et de ralentissement économique, en Chine, sont de bonnes nouvelles de santé publique, souligne le chercheur François Gemenne. Le nombre de vies épargnées grâce à la baisse de la pollution atmosphérique est plus important que le nombre de morts causés par le coronavirus. »

Il y a eu pour l’instant, en Chine, 3.500 décès liés au coronavirus tandis que la pollution atmosphérique tue en moyenne chaque année 1,1 million de personnes dans le pays, en proie à de violentes périodes « d’airpocalypse ».

Un chercheur de l’université Stanford, en Californie, Marshall Burke, a fait différents calculs. Il estime notamment que l’amélioration de la qualité de l’air en Chine a sauvé la vie de 4.000 enfants de moins de cinq ans et de 73.000 personnes âgées. « La réduction de la pollution en Chine a probablement sauvé vingt fois plus de vies que celles qui ont été perdues en raison du virus », écrit-il sur le site web G-Feed, un groupe de travail sur la société et l’environnement.

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Beijing (Pékin) souffre d’une pollution atmosphérique majeure.

Le constat d’une baisse des émissions de gaz à effet de serre et des particules fines n’est pas spécifique à la Chine. Il s’observe dans plusieurs régions du monde et notamment en Italie. Dans la vallée industrielle du Pô, dans le nord de la péninsule, la chute des émissions de dioxyde d’azote est considérable.

Dans un communiqué publié vendredi 13 mars 2020, l’Agence spatiale européenne écrit que, « bien qu’il puisse y avoir de légères variations dans les données en raison de la couverture nuageuse et des changements météorologiques, nous pensons que la réduction des émissions coïncide avec la mise en confinement de l’Italie, la diminution du trafic et des activités industrielles ».

« Les conséquences de la récession sur les investissements écologiques »

Même s’il est encore trop tôt pour l’affirmer publiquement, plusieurs scientifiques, interrogées par Reporterre, s’accordent sur l’idée que les émissions de CO2 au niveau mondial vont baisser à court terme du fait du ralentissement économique. En février 2020, le trafic aérien a diminué de 4,3 %, en raison de l’annulation de dizaines de milliers de vols vers les zones touchées par la pandémie. Cette tendance va s’accroître avec les récentes annonces de Donald Trump et de l’Union européenne, qui ferment leurs frontières. Ces derniers jours, plusieurs dirigeants politiques, comme Emmanuel Macron, ont aussi plaidé pour une nécessaire relocalisation de l’activité productive.

« Le coronavirus peut avoir plusieurs conséquences indirectes et difficilement mesurables sur les émissions de gaz à effet de serre, estime le chercheur François Gemenne. En écornant le bilan économique de Donald Trump, par exemple, l’épidémie peut participer à sa défaite électorale. Ce qui serait plutôt une bonne chose pour le climat. »

Contacté par Reporterre, le scientifique Hervé Le Treut nuance l’idée d’une future embellie climatique. « On est encore loin d’inverser la courbe. Les émissions ont continué d’augmenter ces dernières années. Le changement climatique est lié à l’accumulation de gaz à effet de serre produits depuis plusieurs décennies, ce n’est pas quelques jours ou mois de pause qui changeront le phénomène. C’est complètement marginal. »

Surtout, la relance qui suivrait la pandémie pourrait s’avérer particulièrement polluante, comme en 2008 au sortir de la crise financière, où on avait assisté à un rebond des émissions. La Chine pourrait rouvrir ses usines à charbon et les différents gouvernements faire le choix d’investissements dans les énergies fossiles pour relancer l’activité économique le plus rapidement possible.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’attend à ce que les retombées économiques du Covid-19 réduisent la demande mondiale de pétrole pour l’année à venir, mais son directeur exécutif, Fatih Birol, s’inquiète aussi des « conséquences de la récession sur les investissements écologiques. La crise pourrait compromettre la transition vers des énergies propres », alerte-t-il dans The Guardian.

« Il existe encore beaucoup d’incertitudes », juge, prudemment, le climatologue Hervé le Treut, avant d’affirmer qu’« il y aura un avant et un après coronavirus d’un point de vue climatique. L’épidémie et les mesures prises à son encontre vont créer un choc psychologique dans nos sociétés. L’épisode que nous allons vivre ne va pas nous laisser indemnes. Il aura des conséquences sur les politiques environnementales à venir, prévoit-il. Le déni envers le coronavirus et le changement climatique est finalement assez similaire, c’est toujours face à la catastrophe que nous réagissons en urgence. »

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans Dérèglement climatique, Pollution, Santé

Nord-Pas-de-Calais : La moitié des oiseaux nicheurs menacée de disparition

Journal 20 minutes  Un article de 20 Minutes, par Mikaël Libert, le 11/12/2019.

En parallèle à la sortie de son dernier atlas, le Groupe ornithologique et naturaliste dresse un constat alarmant

Tarier des près

Le tarier des près a disparu du Nord-Pas-de-Calais. — D.Huyghe / GON

Quand les oiseaux désertent nos campagnes. Le Groupe ornithologique et naturaliste (GON) vient de publier un ouvrage intitulé Les oiseaux nicheurs du Nord-Pas-de-Calais (Ed. Biotope). Cet atlas de plus de 500 pages compile des centaines de milliers de données sur les 176 espèces d’oiseaux typiques de l’ancienne région. Un beau livre qui dévoile néanmoins une réalité beaucoup moins réjouissante : la moitié de ces espèces sont menacées.

Il y a quelques mois, le conservatoire botanique de Bailleul avait diffusé la liste rouge de la flore régionale menacée de disparition. Le principe est le même ici avec la faune et le bilan n’est guère plus reluisant. « Cet atlas est un état des lieux des connaissances liées aux oiseaux nicheurs, le dernier en date remontant à 1996 », explique Rudy Pischiutta, directeur du GON Nord-Pas-de-Calais. Cet ouvrage, aboutissement d’un travail mené par de nombreuses personnes entre 2009 et 2015, contient lui aussi une liste rouge : « 44 % des 176 espèces répertoriées sont menacées à plus ou moins long terme dont 11 % sont en danger critique d’extinction », insiste l’ornithologue. Rien que sur la période d’étude, la Pie-grièche grise et le Tarier des prés ont disparu.

La protection des espèces fonctionne quand elle existe

Ce sont les espèces dites « communes » qui ont beaucoup décliné ces dernières années, « particulièrement celles que l’on trouvait dans les milieux agricoles comme l’alouette des champs », constate Rudy Pischiutta. Pour autant, le directeur du GON ne stigmatise personne en particulier : « Il n’y a jamais une seule raison. Certes l’intensification de l’activité agricole y est pour beaucoup mais il y a aussi le facteur de pression humaine comme l’artificialisation des campagnes. Le réchauffement climatique menace aussi les espèces dites à affinité septentrionale ».

Cigogne-2

Protégée, la population de cigognes blanches est en augmentation. – B.Boulangé / GON

A l’inverse, le GON remarque que les espèces protégées se portent plutôt bien. Ainsi, la population de cigognes blanches croît à l’instar des rapaces et des hérons. « Quand il y a des actions de protection, on voit tout de suite que ça fonctionne. Mais la logique de protection est basée sur des besoins humains plutôt que sur les besoins de la nature », déplore-t-il. La tourterelle de bois, par exemple, est toujours considérée comme gibier et peut être chassée alors que sa population a diminué de 70 % en 20 ans. Même constat pour la perdrix grise.

La situation est-elle désespérée ? Le directeur du GON n’est pas si pessimiste : « La région part de loin et, avec seulement 1 % de son territoire protégé, elle est au pied du mur. En revanche, on constate une évolution des consciences et il est relativement facile de se faire entendre par les agriculteurs ou les autorités », reconnaît Rudy Pischiutta. Avec un peu de bonne volonté, il restera peut-être quelques oiseaux dans le ciel du Nord-Pas-de-Calais dans dix ans, pour le prochain atlas.

L’article de 20 Minutes est ici.

Publié dans Biodiversité - Écologie

Dax : il reconnaît avoir braconné 10.000 oiseaux depuis 2011

524  Un article de France Bleu Landes, le 04/03/2020.

Dans les Landes, un homme de 68 ans sera jugé en septembre prochain par le tribunal de Dax pour des faits de braconnage. Le Landais, qui a fait l’objet d’une longue surveillance, reconnaît avoir braconné 10.000 oiseaux en huit ans et les avoir revendus à des personnalités du « mundillo dacquois ».

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Photo d’illustration © Maxppp – Le Lievre Nicolas

L’affaire débute en 2015 avec un signalement de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage au parquet de Dax. Ses agents ont repéré un homme qui braconne des petits oiseaux protégés dans les forêts autour de Dax. L’homme chasse à la matole, mais il est discret.

Décision est alors prise de faire appel à la gendarmerie pour bénéficier de plus de moyens d’enquête. Les gendarmes le repèrent et pour le suivre, ils installent une balise GPS sous sa voiture. C’est ce qui permettra de l’interpeller le 19 décembre 2019, après quatre ans d’enquête.

Des carnets de comptes

Quand les enquêteurs se rendent chez lui, ils découvrent des carnets de comptes, remplis de chiffres. Le braconnier est en effet organisé. Face aux enquêteurs, il reconnait avoir braconné 10.000 petits oiseaux protégés : des passereaux, des rouges-gorges ou encore des moineaux. Les faits remontent à 2011 et se sont poursuivis jusqu’à la fin de l’année 2019.

L’homme explique braconner pour assouvir sa passion de la tauromachie : faire des voyages en Espagne et assister aux corridas. Il a besoin d’argent et pour cela il revend le fruit de ses chasses illégales. Chez lui, il conditionne des brochettes de cinq petits oiseaux qu’il congèle. Il vend ensuite ces brochettes entre 25 et 30 euros. Depuis 2011, on peut estimer le montant du trafic à 50.000 euros.

Des acheteurs identifiés 

Mais ce n’est pas tout. Sur les carnets, le nom des acheteurs est codé par des surnoms, il y en a dix. Mais, huit vont être identifiés par la police. Parmi les huit personnes identifiées, trois sont de gros acheteurs qui font également partie du « mundillo dacquois ».  Le plus gros de ces acheteurs, qui a acheté tout de même plus de 1.000 oiseaux au braconnier, est une figure dacquoise bien connue, mais dont on ne peut pas aujourd’hui révéler le nom. Tout ce que l’on sait de source judiciaire c’est que cet acheteur est un ancien international français de rugby et ancien joueur de l’US Dax.

Le braconnier et les trois plus gros acheteurs de petits oiseaux protégés sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Dax le 17 septembre 2020 pour répondre de leurs actes devant la justice. Le braconnier, connu de la justice pour des faits similaires, a déjà été condamné deux fois. Mais, sur les 10.000 oiseaux, la justice ne peut en retenir que 8.500 car il y a prescription des faits entre 2011 et 2013.

L’article de France Bleu Landes est ici.

Publié dans Chasse - Braconnage

3600 scientifiques interpellent la « désastreuse » politique agricole européenne

RTBF Info  Un article de rtbf.be, par Maxime Paquay, le 09/03/2020.

3600 scientifiques, dont 137 Belges demandent aux institutions européennes d’améliorer  » drastiquement «  la proposition pour la Politique Agricole Commune afin qu’elle « cesse de nuire à l’environnement ». Leur constat est sans appel. Pour eux, la PAC, telle que proposée actuellement, voit ses ambitions environnementales diluées et risque de mettre en danger le Pacte Vert pour l’Europe.

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Photo d’illustration.

Une déclaration qui intervient au moment même où le budget européen 2021-2027 est en cours négociation, y compris la part qui devrait être allouée à la PAC et à quelles conditions.

« Dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète. »

Sécurité alimentaire, protection de la biodiversité et atténuation du changement climatique, les signataires proposent dix actions urgentes pour « inverser les processus destructeurs en cours et permettre de dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète ». Il est question de 60 milliards d’euros annuels (l’ensemble des subsides aux institutions européennes) dont 40% constituent le budget de la PAC. « L’argent public ne devrait financer que des pratiques agricoles qui respectent l’environnement », concluent les signataires.

« PAC, moteur central des crises du climat et de la biodiversité »

La PAC actuelle, disent ces 3600 scientifiques est un « moteur central des crises du climat et de la biodiversité, et […] elle échoue à répondre aux enjeux socio-économiques des zones rurales« . Ils dénoncent une distribution injuste entre agriculteurs, avec son corollaire : le financement de pratiques « qui détruisent la biodiversité à grande échelle, en contribuant au changement climatique et à la dégradation des sols et des terres ».

Oligarchie industrielle

Actuellement, le premier déterminant du montant des “aides aux revenus” versé à un agriculteur est la taille de sa ferme : 80% des paiements vont à 20% des plus grandes fermes en Europe. Une répartition qui « sert les intérêts d’une oligarchie agro-industrielle », affirme la déclaration, en s’appuyant sur une enquête du New York Times, fin 2019, qui a révélé que sur les 65 milliards de dollars par an que l’UE dépense pour subventionner l’agriculture, « une partie de cet argent […] enrichit les politiciens et finance la corruption ».

« Moins ils ont de terre, moins ils ont d’aide et de revenu, et moins ils peuvent s’agrandir – quelle que soit la qualité environnementale de leurs pratiques. »

Parmi les propositions émises par les signataires :

  • Mettre un terme aux pratiques destructrices pour l’environnement, en éliminant immédiatement les aides liées à la production, en éliminant progressivement les paiements directs, au bénéfice d’un soutien significativement accru à la transition des exploitations vers une agriculture respectueuse de la nature.
  • Dédier 10% de la surface agricole aux habitats naturels et semi-naturels comme les haies, les bandes fleuries, fossés, talus et mares.
  • Des financements spécifiques accordés aux fermiers pour des activités de protection de la nature.

La possibilité d’un désastre

La déclaration dénonce le cercle vicieux dans lequel se trouvent de nombreux petits agriculteurs. « Moins ils ont de terre, moins ils ont d’aide et de revenu, et moins ils peuvent s’agrandir – quelle que soit la qualité environnementale de leurs pratiques », estime Emmanuelle Beguin de Natagora, qui ajoute que « la proposition de PAC de la Commission porte en elle la possibilité d’un désastre ».

L’article de rtbf.be est ici.

Publié dans Agriculture chimique, Biodiversité - Écologie, Dérèglement climatique

Le Conseil d’État récuse une nouvelle fois la gestion adaptative des espèces

Alliance des opposants à la chasse  Un article de l’Alliance des opposants à la chasse, le 27/02/2020.

Courlis cendré

Courlis cendré (Numenius arquata) – Crédit photo : Aurélien Audevard

Courlis cendré et gestion adaptative : petit rappel …

« La frange ultra protectionniste des scientifiques membres du comité de gestion adaptative avait émis un avis défavorable à cette chasse sous prétexte d’absence de données sur l’espèce et notamment des données de prélèvements, alors que les chasseurs avaient transmis celles-ci de longue date au Ministère de l’Ecologie. »

« La Ministre Emmanuelle Wargon reconnaissant cet argument comme fallacieux avait pris la décision d’ouvrir la chasse sur un quota restreint s’appuyant notamment sur deux rapports dont un de l’ONCFS lui-même, indiquant qu’un prélèvement durable serait au moins de l’ordre de 4,5 fois supérieur au prélèvement actuel. »

« De plus, la FNC a développé une application smartphone unique au monde pour la saisie des prélèvements en temps réel. Les chasseurs, dont certains peu familiarisés avec les nouvelles technologies, se sont mobilisés pour acquérir un smartphone et utiliser cette application. A la demande de la Ministre, les fédérations des chasseurs ont organisé la collecte d’ailes des oiseaux prélevés. Tous ces efforts sont balayés une nouvelle fois par une décision arbitraire, sur de faux arguments. »

« Le Conseil d’État vient de récuser une nouvelle fois la gestion adaptative des espèces, proposée et souhaitée par les chasseurs, en annulant l’arrêté du Ministère de l’Écologie qui autorisait le prélèvement de 6 000 courlis cendrés depuis le 3 août. « 

L’article de l’Alliance des opposants à la chasse est ici.

Publié dans Chasse - Braconnage

Confinement : la chasse (finalement) suspendue… contre l’avis des chasseurs !

30 millions d'amis  Un article de la Fondation 30 Millions d’amis, le 21/03/2020.

Malgré l’urgence du confinement et la gravité de la crise sanitaire, le Président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen annonçait, en concertation avec le ministère de la Transition écologique, des mesures… dérogatoires pour les chasseurs ! Un laisser-passer finalement désavoué moins de 48 heures plus tard. 30millionsdamis.fr fait le point.

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Depuis le 19 mars et jusqu’à nouvel ordre, sont effectivement suspendues « toute action de régulation ou de chasse », mais aussi « le piégeage et le gardiennage » ainsi que « l’agrainage (1) du petit gibier ou des sangliers ». Les chasseurs pourront continuer de nourrir – individuellement et accompagnés de leur attestation et de leur permis de chasser – leurs animaux qui ne se trouvent pas sur leur lieu de résidence, comme les chiens, les chevaux et les appelants, à savoir les oiseaux captifs utilisés pour attirer d’autres congénères afin de les tuer…

Les chasseurs désavoués

Un véritable revirement, donc. Car à l’annonce du confinement, seules les chasses collectives avaient été déclarées interdites, à l’instar des battues aux sangliers et des battues administratives impliquant un lieutenant de louveterie. La saison de la chasse à courre, quant à elle, avait été clôturée avec deux semaines d’avance.

En revanche, certaines pratiques désastreuses pour la faune sauvage restaient possibles : chasse individuelle des corvidés, chasse individuelle du sanglier à l’approche, mais aussi, piégeage, remplissage des agrainoirs et nourrissage des appelants (seule cette dernière pratique reste aujourd’hui autorisée). Le 18 mars 2020, l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) s’était indignée contre ces « garanties scandaleuses qui semblaient avoir été obtenues par le patron de la FNC auprès du ministère de la Transition écologique, pour permettre aux chasseurs et piégeurs de continuer leurs macabres acivités à l’égard de la faune sauvage, et ce, malgré l’état d’urgence sanitaire en vigueur ». Sur Twitter, Willy Schraen avait alors tenté de justifier la poursuite de la chasse par « la nécessité de protéger les cultures, pour que demain tout le monde puisse se nourrir, même les technos de l’écologie »

Un peu de répit pour la faune sauvage

La suspension de la chasse devrait donc profiter à la faune sauvage : « une aubaine pour la biodiversité », selon l’Aspas. « Le printemps arrive à grand pas, et avec lui, la période fragile des naissances. L’association avait dénoncé avec force la décision de l’État de prolonger au niveau national la chasse des sangliers jusqu’à fin mars, à cause justement du risque important de dérangement pour toute la faune en cette période critique de reproduction ».

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Sanglier avec ses marcassins en train de chercher de la nourriture. © Luc souret

 « Cette période est un temps de pause pour les animaux sauvages qui profitent d’une accalmie  très passagère », confirme Benoît Thomé, Président d’Animal Cross, à 30millionsdamis.fr.  Des animaux habituellement chassés pourraient même réadapter leurs habitudes. Ainsi, le sanglier – qui n’est naturellement pas un animal nocturne – s’est habitué à sortir la nuit pour échapper aux chasseurs. « Si les chasseurs restent confinés, il est donc possible que les sangliers se ré-adaptent et sortent en journée, ajoute Xavier Japiot, naturaliste et auteur de « Sauvages et urbains – à la découverte des animaux dans la ville » (éd. Arthaud). Il en est de même pour le chevreuil ».

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui expriment déjà leur difficultés à vivre enfermés, loin de la nature. A l’inverse, certains animaux sauvages profitent de l’éloignement des humains. « Confiné chez lui, l’Homme ne se rend que trop compte combien il est difficile de vivre éloigné de la nature ; car, sans elle, il est déséquilibré, note B. Thomé. Loin des arbres et des animaux sauvages, il titube. Souhaitons que, lorsqu’il  retrouvera cette nature – c’est vrai aussi du chasseur – l’Homme comprenne enfin tout ce qu’il lui doit, tout ce qu’elle lui apporte et qu’il n’a pas le droit d’y porter atteinte ».

L’article de 30 Millions d’Amis est ici.

(1) Agrainage : Fait d’attirer le gibier en répandant du grain sur un terrain de chasse

Publié dans Chasse - Braconnage

Les forêts tropicales perdent leur capacité à absorber le carbone

Reporterre  Un article de Reporterre, le 09/03/2020.

L’Amazonie pourrait devenir une source de carbone dans l’atmosphère, au lieu d’être l’un des plus grands absorbeurs de ce gaz, dès la prochaine décennie, en raison des dégâts causés par la déforestation et des conséquences de la crise climatique, ont constaté de nouvelles recherches.

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Sécheresse en Amazonie en 2018. Photo Nasa.

Si cela se produit, la dégradation du climat risque d’avoir des conséquences beaucoup plus graves, et le monde devra réduire beaucoup plus rapidement les activités productrices de carbone pour compenser la perte des puits de carbone.

« Nous avons découvert que l’un des effets les plus inquiétants du changement climatique a déjà commencé », a déclaré Simon Lewis, professeur à l’école de géographie de l’université de Leeds, l’un des principaux auteurs de la recherche. « C’est des décennies en avance, même sur les modèles climatiques les plus pessimistes ».

Au cours des trois dernières décennies, la quantité de carbone absorbée par les forêts tropicales intactes du monde a diminué, selon l’étude. Elles absorbent aujourd’hui un tiers de carbone de moins que dans les années 1990, en raison des conséquences de la hausse des températures, des sécheresses et de la déforestation. Cette tendance à la baisse devrait se poursuivre, car les forêts sont de plus en plus menacées par le changement climatique et l’exploitation. La forêt tropicale typique pourrait devenir une source de carbone d’ici les années 2060, selon Lewis.

L’absorption du carbone de l’atmosphère par les forêts tropicales a atteint son maximum dans les années 1990, lorsque quelque 46 milliards de tonnes ont été retirées de l’air, ce qui équivaut à environ 17 % des émissions de dioxyde de carbone dues aux activités humaines. Au cours de la dernière décennie, cette quantité est tombée à environ 25 milliards de tonnes, soit à peine 6 % des émissions mondiales.

La différence est à peu près la même qu’une décennie d’émissions de combustibles fossiles du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la France et du Canada réunis.

Les climatologues craignent depuis longtemps l’existence de « points de basculement » dans le système climatique, qui, une fois franchis, condamneront le monde à un réchauffement planétaire incontrôlé. Il existe de nombreux mécanismes de rétroaction connus : par exemple, la fonte de la glace arctique laisse une plus grande partie de la mer à découvert et, comme elle est plus sombre que la glace réfléchissante, elle absorbe plus de chaleur, ce qui entraîne une fonte plus importante.

Ces mécanismes de rétroaction sont susceptibles d’accélérer la crise climatique bien plus vite que ne le suggèrent les projections actuelles. Si les forêts commencent à devenir des sources de carbone plutôt que des absorbeurs de carbone, cela constituerait une puissante rétroaction positive conduisant à un réchauffement beaucoup plus important qu’il serait difficile d’arrêter.

L’étude, publiée mercredi 4 mars dans la revue Nature, a suivi 300.000 arbres sur 30 ans, fournissant la première preuve à grande échelle du déclin de l’absorption du carbone par les forêts tropicales du monde. Les chercheurs ont combiné les données de deux grands réseaux d’observation des forêts en Afrique et en Amazonie, ainsi que de nombreuses observations directes sur des sites de terrain.

Ils ont découvert que le puits de l’Amazone a commencé à s’affaiblir en premier, mais que les forêts africaines suivent maintenant rapidement. Les forêts amazoniennes sont exposées à des températures plus élevées, à des augmentations de température plus rapides et à des sécheresses plus fréquentes et plus sévères que les forêts africaines.

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans Dérèglement climatique, Forêts - Déforestation

La forêt est un bien commun, pas une entreprise

Reporterre  Un article de Reporterre, le 28/02/2020.

La liste des signataires de cet article se trouve à la fin du texte.

Baisse des effectifs, ouverture à la contractualisation massive… L’Office national des forêts se transforme progressivement en entreprise, dénoncent les auteurs de cette tribune, alors qu’« à l’heure du changement climatique, les forêts françaises nécessitent une politique forestière forte ».

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Une forêt à Arc-en-Barrois (Haute-Marne).

Après deux ans d’une gestion catastrophique et inhumaine sur fond de contrat d’objectif et de performance 2016-2020 irréaliste et de ce fait abandonné dès 2017, puis un an d’incertitude, les personnels de l’Office national des forêts (ONF) ont vu arriver en début d’année un nouveau directeur général, Bertrand Munch. Sa lettre de mission : redresser des comptes dans le rouge sans aucune aide de l’État, transformer l’ONF en cinq ans notamment par de nouvelles suppressions de postes et la filialisation de 40 % de ses activités.

C’est dans cette logique qu’il annonçait aux personnels, en janvier, l’ouverture à la contractualisation massive dans l’établissement. Désormais, les fonctionnaires assermentés seront remplacés par des salariés de droit privé y compris pour les missions de protection et de police ! Cette décision du gouvernement marque une nouvelle étape vers la privatisation de la gestion des forêts publiques et la disparition du service public chargé de les protéger.

Depuis les années 2000, l’Office national des forêts est soumis à une pression croissante. Le « projet pour l’Office » de 2002 préconisait un gain de productivité de 30 % en cinq ans et une baisse importante de ses effectifs. Alors que l’établissement comptait 15.900 agents dans les années 80, on en compte seulement 8.200, fin 2019, année au cours de laquelle l’État a détruit 400 postes à l’ONF soit un emploi sur vingt en un an. Désormais, les fonctionnaires ne représentent plus que 57 % des effectifs de l’établissement.

L’endettement de l’ONF sert de prétexte à sa transformation progressive en entreprise

L’endettement de l’ONF qui n’est rien d’autre qu’un défaut de financement par l’État des missions confiées à l’établissement par la loi sert de prétexte à sa transformation progressive en entreprise. Cette vision néo-libérale instillée dans l’établissement a été vécue comme une grande souffrance par les agents. Sommés notamment d’extraire toujours plus de bois, de couper des arbres de plus en plus jeunes dans un seul but de rentabilité économique, ils dénoncent une perte de sens de leur métier. Dans de nombreux territoires, les liens de confiance qui s’étaient tissés entre l’ONF et les citoyens s’étiolent et font place à la défiance et à la contestation. Tout ceci a des conséquences dramatiques : depuis 2005, on recense plus de cinquante suicides à l’ONF.

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Les agents sont sommés d’extraire toujours plus de bois, de couper des arbres de plus en plus jeunes.

Cette situation ne peut pas durer. Le gouvernement sacrifie les forêts publiques et l’intérêt général. Cet abandon par l’État de l’Office national des forêts ne dit pas autre chose. Or, à l’heure du changement climatique, les forêts françaises nécessitent une politique forestière forte. Le Président de la République affirmait lui-même, cet été, que la forêt était un bien commun à protéger.

Les actes valent mieux que de belles paroles. Alors que les enjeux forestiers liés au changement climatique, à la biodiversité, à la fonction sociale des forêts, à la protection des eaux et à la filière sont colossaux, le gouvernement montre une fois encore son inconséquence quand il s’agit de préserver le service public forestier.

Notre commission « Forêts, biens communs », composée de parlementaires, syndicalistes forestiers et associations de protection de l’environnement, présentera dans les prochains mois une proposition de loi de contre-modèle au système actuel de gestion forestière. Celle-ci intégrera la nécessité d’un service public forestier fort, à travers la création d’un secrétariat d’État à la forêt placé sous l’égide du ministère de l’Écologie, d’un financement à coût complet des missions de l’ONF par l’État ainsi que d’une meilleure prise en compte des conditions de travail des ouvriers forestiers et bûcherons.

Parce que la forêt est notre bien commun à toutes et tous, il est du devoir de l’État de la protéger ainsi que celles et ceux qui y travaillent.

  • La liste des signataires :

Par la commission « Forêts, biens communs » :

- Mathilde Panot, députée, présidente de la commission
- Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes de Canopée, forêts vivantes
- Loukas Benard représentant des personnels de l’ONF
- Ugo Bernalicis, député
- Brigitte Blang, membre de SOS forêt et du Réseau des alternatives forestières (RAF)
- Philippe Canal représentant des personnels de l’ONF
- Guillaume Gontard, sénateur
- Sébastien Jumel, député
- Régis Lindeperg, coordinateur de SOS Forêt France
- Loïc Prud’homme, député
- Hubert Wulfranc, député

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans Forêts - Déforestation

Troisième victoire de l’association Anor Environnement

Le 20 juin 2019, la Cour Administrative d’Appel de Douai avait pris un arrêt concernant le premier projet de Jeferco, selon lequel « il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de la société Jeferco ». C’est le non-lieu à statuer.

Suite à cet arrêt, la Sas Jeferco a déposé le 26 août 2019, toujours pour ce premier projet, un pourvoi en cassation auprès du Conseil d’État. Celui-ci devait examiner puis admettre ou refuser la demande, selon une procédure habituelle d’admission. Les moyens du pourvoi étaient en contradiction avec une jurisprudence établie du Conseil d’État.

Le 13 mars 2020, le Conseil d’État a rendu publique sa décision qui est la suivante : le pourvoi de la SAS Jeferco est déclaré irrecevable et cette décision met fin à la procédure.

L’arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Douai est donc confirmé par le Conseil d’État et le premier projet est définitivement enterré.

Merci aux personnes et aux associations qui nous ont soutenus, publiquement, par des écrits ou en privé.

Reste le second projet pour lequel une procédure est en cours au Tribunal Administratif de Lille. L’instruction est close depuis le 31 janvier 2020. Une audience publique aura lieu après la fin du confinement. Nous allons bien entendu gagner une nouvelle fois car selon le promoteur : « il n’y a pas de second projet mais un acte de régularisation hors prétoire du premier projet, ayant un caractère modificatif ou substitutif ». Et le premier projet vient d’être annulé.

 

On lache rien

 

 


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Contre la crise climatique, les grandes entreprises françaises ne font rien

Reporterre  Un article de Reporterre, par Lorène Lavocat, le 03/03/2020.

Dans une étude publiée lundi 2 mars, l’ONG Notre Affaire à tous constate que l’écrasante majorité de 25 grandes entreprises françaises n’a pris aucune mesure pour limiter les conséquences de son activité sur le climat.

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Siège social de Total, à Paris-la Défense.

Pas de quoi lancer un cocorico : nos entreprises nous emmènent droit dans le mur du réchauffement. C’est le résultat d’une étude publiée lundi 2 mars par l’ONG Notre Affaire à tous sur la « vigilance climatique » des entreprises françaises : « Aucune multinationale française n’a adopté d’objectif à 1,5 °C », alertent ses auteurs. En clair : aucun des 25 plus gros pollueurs hexagonaux n’a mis en place une stratégie de diminution des conséquences de son activité sur le climat en lien avec une trajectoire visant à maintenir à 1,5 °C l’augmentation des températures par rapport à l’ère préindustrielle. BNP, Total, Engie, Bouygues…

« Ces 25 entreprises ont pourtant un bilan carbone huit fois supérieur à celui du territoire français, précise Paul Mougeolle, auteur principal de ce rapport. Les gaz à effet de serre auxquelles ces entreprises sont liées contribuent dangereusement au dépassement de l’objectif 1,5 °C de l’Accord de Paris. Le Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] a confirmé en 2018 les risques d’atteintes graves et irréversibles aux droits humains et à l’environnement qui surviendront au-delà d’un tel réchauffement. Malgré cela, aucune entreprise ne s’est fixé un tel objectif de limitation de la température. »

Pour parvenir à cette conclusion, Notre Affaire à tous s’est appuyée sur le devoir de vigilance, mis en place depuis la loi du 27 mars 2017 : « Celle-ci contraint chaque société mère basée en France de grands groupes transnationaux à publier un plan de vigilance visant à “identifier les risques et à prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement, résultant des activités de la société et de celles des sociétés qu’elle contrôle directement ou indirectement” », rappelle le rapport, financé par un projet universitaire.

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Marie Toussaint et Paul Mougeolle lors de la conférence de presse, lundi 2 mars.

Pendant un an, avec ses collègues, Paul Mougeolle a donc épluché les « plans de vigilance », mais également d’autres documents stratégiques des 25 multinationales françaises les plus émettrices. Première surprise, « 10 entreprises sur 25 (soit 40 %) n’intègrent pas du tout le climat à leurs plans de vigilance, alors que leurs activités ont un impact non négligeable sur le système climatique », dit l’étude. Autres critères scrutés : « On a regardé si elles étaient transparentes sur leurs émissions de gaz à effet de serre, si elles sont conscientes du problème climatique et des risques liés, et si les mesures qu’elles prennent, notamment les mesures concrètes de réduction des gaz à effet de serre, sont suffisantes mais aussi crédibles et cohérentes », explicite M. Mougeolle. Pour chaque élément, une note sur 100 a été attribuée à l’entreprise ; seul un résultat final de 100/100 garantirait que l’entreprise se conforme bien à une stratégie compatible avec un réchauffement limité à 1,5 °C. Le tout a suivi une méthodologie d’analyse juridique validée par des chercheurs.

Sur la ligne d’arrivée, les bonnes élèves se font rares : 20 sociétés mères sur 25 n’ont pas obtenu la moyenne, et aucune ne met en œuvre toutes les mesures nécessaires pour faire baisser significativement ses émissions. Dans le haut du panier, Schneider Electric, avec une note de 77,5 %, a pris « des mesures intéressantes de lutte contre le changement climatique », mais n’aborde pas le « climat dans son plan de vigilance ». À l’autre bout du classement, le groupe gazier Air Liquide, la banque Natixis et le pétrolier Total n’atteignent même pas 20/100.

De multiples leviers d’action pour réduire les effets sur le climat

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La centrale à charbon EDF de Cordemais.

Dans le secteur de l’énergie, « aucune entreprise ne reconnaît explicitement contribuer au réchauffement climatique », regrette le rapport. Total notamment « a une stratégie climat de façade et continue d’investir à 95 % environ dans les hydrocarbures ». Quant aux banques et assurances, aucune n’obtient la moyenne, car « aucune ne s’est désengagée du financement du pétrole et du gaz conventionnels ». Bien souvent, les entreprises pèchent par omission, en ne reportant pas la totalité de leurs émissions. Ainsi, les constructeurs Eiffage, Vinci et Bouygues ne prennent pas en compte l’impact climatique lié à l’utilisation de leurs infrastructures : « Le goudron coulé pour faire une autoroute va faire rouler des voitures thermiques, qui vont émettre », illustre Paul Mougeolle. Idem pour Carrefour et Auchan qui n’intègrent pas les émissions liées à la production agricole. Autre écueil, les informations sont parfois trompeuses ou floues : Veolia s’engage à la neutralité carbone sans donner de date, Danone parle de zéro déforestation en 2020 sans dire comment elle va s’y prendre.

Pourtant, les multinationales ont de multiples leviers d’action pour réduire leurs effets sur le climat. « Si les banques cessent de financer les énergies fossiles, si les entreprises du secteur énergétique réduisent drastiquement leurs émissions, cela aura un impact sur l’ensemble du modèle économique », soutient Paul Mougeolle. Le plan de vigilance apparaît ainsi comme une première étape essentielle, car juridiquement contraignant.

Après avoir assigné l’État et Total en justice pour inaction climatique, Notre Affaire à tous pourrait utiliser cette étude pour « contraindre les entreprises à plus d’ambition », selon les mots de Marie Toussaint, membre de l’ONG et députée européenne écologiste. Des courriers d’interpellation ont ainsi été envoyés aux dirigeants des 25 entreprises retardataires… Avant, peut-être une action en justice. « La loi sur le devoir de vigilance donne la possibilité à toute personne pouvant justifier d’un intérêt à agir de demander au juge une injonction en cas de manquement à la loi », rappelle ainsi le rapport.

Pour Marie Toussaint, « si on n’est pas en mesure de contraindre les entreprises, principales émettrices, à agir, on n’arrivera pas à protéger le climat ». Elle ajoute : « Tant qu’on restera dans le dogme absolu de la croissance, sans prendre en compte les droits de la nature et les limites planétaires, on ne pourra pas s’en sortir. » À bon entendeur…

L’article de Reporterre est ici.

Publié dans CO² - Ozone, Dérèglement climatique

Coronavirus et guerre économique : la baisse des cours du pétrole met la transition énergétique mondiale sous pression

Novethic  Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 13/03/2020.

La question de la protection du climat sera-t-elle reléguée à la dernière place des préoccupations des États ? La faiblesse des cours du baril, due à la guerre entre Ryad et Moscou et à la crise du Coronavirus Covid-19, pourrait inciter les gouvernements à favoriser les investissements dans les fossiles, plutôt que dans les renouvelables.

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En quelques jours, les cours du baril de pétrole ont baissé de 25 %. @Prim91

D’un côté, le Coronavirus fait tourner l’économie mondiale au ralenti, en particulier celle du mastodonte chinois, dont la consommation de pétrole a reculé de plus de trois millions de barils par jour en février 2020. De l’autre, une guerre sur les prix de pétrole est engagée entre l’Arabie saoudite et la Russie en inondant le marché d’or noir. Conséquence, les cours du pétrole se sont effondrés de 25 % en quelques jours, flirtant avec les 35 dollars. Ceux-ci ne semblent pas près de remonter alors que les perspectives de croissance mondiale pour 2020 sont revues à la baisse.

Dans ce contexte, Fatih Birol, directeur de l’Agence Internationale de l’énergie (AIE), alerte sur un « test » de l’engagement des pays du monde à réduire leurs émissions de CO2. « Cela va certainement exercer une pression à la baisse sur l’appétit pour une transition énergétique plus propre », explique-t-il. « Les observateurs remarqueront rapidement si l’accent mis par les gouvernements et les entreprises sur la transition s’éteint lorsque les conditions du marché deviennent plus difficiles », prévient-il.

En effet, dans un contexte de prix du pétrole et du gaz très faible, investir dans le solaire ou l’éolien pourrait être très rapidement remis en cause dans un souci d’opportunisme économique immédiat. Déjà la Chine s’oriente en ce sens. L’administration nationale de l’énergie vient d’annoncer une division par deux des subventions 2020 pour de nouvelles capacités solaires et une suppression des soutiens à l’éolien offshore. L’objectif de Pékin consiste à se donner des marges financières alors que les perspectives de croissance du pays sont au plus bas depuis 30 ans.

Garder l’œil sur l’objectif

Interrogé par le Financial Times, Mark Lewis, directeur de la recherche sur le changement climatique chez BNP Paribas Asset Management, juge : « s’il y a un choc économique très sévère, les énergies renouvelables et le changement climatique risquent de retomber dans l’agenda politique, mais je ne pense pas qu’ils tomberaient aussi bas qu’ils l’ont fait par le passé. . . C’est différent, l’économie (vers un monde bas carbone, NDR) est allée trop loin maintenant ».

Fatih Birol, quant à lui, prévient : « Les gouvernements doivent garder l’œil sur l’objectif, ici l’objectif est le changement climatique. Les problèmes actuels sont importants – coronavirus, conditions de marché – mais ils sont temporaires. Dans quelques mois, peut-être plus longtemps, les conditions du marché se rétabliront, mais notre défi climatique sera toujours là ».

Si les États font des choix économiques à court terme, la situation actuelle pourrait en revanche pousser les énergéticiens à se diversifier à long terme alors qu’investir dans de gros projets pétroliers se fait moins intéressant, explique Valentina Kretzschmar, directrice de la recherche chez Wood Mackenzie. « L’argument selon lequel les sociétés pétrolières et gazières perdront de la valeur si elles investissent dans les énergies renouvelables ne tient vraiment pas dans un monde à 35 dollars le baril », assure-t-elle.

L’article de Novethic est ici.

Publié dans Transition énergétique

Après des années de suppression de postes, les parcs nationaux s’interrogent sur leur avenir

286  Un reportage de France Culture, le 04/03/2020.

Alors que l’extension des aires naturelles protégées est au cœur des ambitions gouvernementales, les employés des parcs nationaux se plaignent de ne plus pouvoir remplir leurs missions correctement, faute de moyens humains. Mais la situation pourrait changer, veulent croire certains.

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Les montagnes du parc national des Écrins. • Crédits : Damien Mestre – Radio France

A cette période de l’année, c’est généralement avec des skis de randonnées ou une paire de raquettes que Michel Bouche part travailler. La neige tombe, épaisse, et le garde moniteur du parc national des Écrins (Hautes Alpes) se démène pour installer un « piège photographique ». Son hiver, il le passera sur les traces du loup. Cette période de l’année, où la montagne est plus calme et beaucoup moins fréquentée, est en effet propice à l’observation de canis lupus. Ses données alimentent un recensement national. « Hum, on a du blaireau un peu de renard… mais rien d’autres ce matin », marmonne-t-il en inspectant les images capturées la nuit précédente.

Cela fait 24 ans que Michel Bouche est garde moniteur et qu’il travaille tous les jours sur le terrain. Au siège du parc, il a également été « chargé de mission éducation« , durant trois ans. Un poste aujourd’hui disparu au Parcs des Écrins. « J’étais en relation avec l’éducation nationale : je menais des projets pédagogiques, des classes découvertes… Tout cela a été redistribué sur un certains nombre de personnes qui avaient déjà leurs propres missions », explique-t-il. « Alors forcément, chacun se retrouve avec une charge de travail un peu plus importante ».

Surtout qu’ici, comme dans les onze parcs nationaux français, ce n’est pas le seul poste à avoir été supprimé. En 10 ans les Écrins a perdu un cinquième de ses effectifs. Alors qu’ils étaient 109 employés, ils sont désormais 85. Des baisses continues d’effectifs demandées chez l’ensemble des opérateurs de l’environnement pour réduire la dépense publique.

« Des financements à court terme »

Aujourd’hui, le manque de financement est tel qu’il rend difficile le suivi scientifique selon Frédéric Goulet, garde moniteur, élu au syndicat national de l’environnement. « Les espèces, végétales ou animales réagissent sur des décennies. Quand on veut voir l’évolution d’un milieu, on a besoin de travailler sur le temps long », analyse-t-il. « Or, aujourd’hui, on nous demande d’aller chercher au cas par cas des sous à l’Europe, à la région… Ce sont à chaque fois des programmes financés sur trois ans qu’il faut en permanence renouveler. Cela nous amène une grosse charge administrative en plus ». Le tout, sans même être sûr de continuer à toucher cet argent une fois le programme terminé.

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Frédéric Goulet et Michel Bouche.• Crédits : Damien Mestre – Radio France

Face à ce constat, certaines voix se veulent plus rassurantes. « Le parc a 50 ans, et il y a déjà eu des années similaires à maintenant en terme de personnels », relativise Pierre Commenville, le directeur du parc des Écrins. « Nous restons dans la norme de ce qui se fait en Europe… Les Italiens sont généralement moins bien dotés que nous par exemple ». Le directeur, qui est arrivé aux responsabilités en 2016, concède cependant que les quatre années écoulées n’ont pas été de tout repos. « Ce qui a été compliqué dans cette période c’est le manque de visibilité… Impossible de prévoir d’une année sur l’autre », détaille-t-il. Une situation qui pourrait être selon lui de l’histoire ancienne.

L’irruption du dérèglement climatique

Huit nouveaux postes devaient disparaître aux Écrins d’ici 2022, mais l’assemblée nationale a voté un amendement qui suspend les suppressions dans l’ensemble des parcs pour l’année en cours. Pierre Commenville veut y voir un signe que les choses sont en train de bouger. En 10 ans, « beaucoup de facteurs ont changé », confie-t-on effectivement au Ministère de la transition écologique. L’opinion publique est devenue plus sensible aux enjeux environnementaux. Et puis surtout : le dérèglement climatique est désormais mesurable concrètement dans les Parcs. Aux Écrins, les glaciers fondent et l’habitat du lièvre variable se fait de plus en plus étroit.

Alors le ministère laisse entendre qu’il pourrait y avoir un changement de politique à l’avenir. Est-ce à dire que la baisse continue des effectifs est sur le point d’être enrayée ? « Des ambitions élevées ne vont pas sans les moyens adéquats », conclut-on au ministère. Référence aux engagements d’Emmanuel Macron qui souhaite élargir la surface d’aire naturelle protégée en France.

Coincé entre deux vallées, Michel Bouche relève le dernier « piège » de la matinée. Toujours rien. Un peu déçu, il dégaine son téléphone portable pour nous faire voir les fruits d’une précédente mission. Sur le petit écran, dans le creux de sa main, l’on distingue alors parfaitement huit loups qui passent et repassent devant l’objectif. Après plusieurs heures à crapahuter, on a le souffle coupé. Lui continue, facile. « Je crois qu’on aime trop ça », sourit-il avant d’entamer la redescente.

Le reportage de France Culture est ici.

Publié dans Biodiversité - Écologie, Environnement

Ohain ne loue plus ses prairies qu’avec un bail environnemental

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Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 11/03/2020.

Après avoir pris un arrêté anti-pesticides, le maire d’Ohain, Alain Rattez, a changé la donne pour les 30 hectares de terres proposés par la collectivité. Neuf locataires – dont des agriculteurs – ont donc signé des baux environnementaux. Ils s’engagent, entre autres, à ne pas : retourner les prairies, arracher les haies, épandre des boues…

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Le maire d’Ohain, Alain Rattez, et des bénéficiaires du bail environnemental, mardi.

Le maire d’Ohain, Alain Rattez, avait réuni les agriculteurs (et autres bénéficiaires) du village, mardi soir. Avant de céder sa place – il ne se représente pas aux élections municipales –, il a tenu à signer, avec eux, les nouveaux baux communaux arrivés à terme, et ce pour une durée de neuf ans. En effet, sur les quelque 800 hectares de prairies, 30 sont la propriété de la collectivité. Sauf que, depuis que le premier magistrat a pris un arrêté anti-pesticides (1), les clauses de la location ont changé.

« Il faut aller au bout du raisonnement, insiste M. Rattez. Et trouver des solutions ensemble ». Ainsi, les nouveaux baux sont devenus environnementaux et incessibles : « Pour résumer, il y a désormais des conditions particulières (lire ci-dessous), comme l’interdiction de retourner les prairies si l’exploitation n’est pas en culture bio, d’arracher des haies, d’utiliser des pesticides de synthèse et des boues d’épandage ». Sur les dix locataires, neuf se sont engagés à jouer le jeu. « Il y en a encore un qui pose problème, précise le maire. Il cultive des pommes de terre… et c’est 31 traitements annuels ». Et si le premier magistrat ne désespère pas de trouver un accord, en attendant ce sont quatre qui n’ont pas été attribués et qui resteront en jachère.

Avec les agriculteurs

Du côté des agriculteurs locaux, à l’heure où la profession est décriée, certains n’ont pas hésité à parapher le document – un acte administratif validé par la perception. Après avoir déjà fait des efforts pour échanger des parcelles nécessitant traitements, de l’intérieur vers l’extérieur du village. C’est le cas de Christophe Destailleurs, producteur de lait bio à partir de vaches rustiques : « C’est une bonne initiative. Ce bail va permettre de valoriser les prairies et de prendre le temps de faire les choses. A ne plus démolir le paysage ».

Même si, rappelons-le, l’agriculture  » industrielle  » n’est pas hors la loi et qu’elle a beaucoup à perdre : par exemple, avec la nouvelle loi sur les distances réglementaires d’épandage de pesticides 5 à 10 mètres, dans le département du Nord, ce sont quelques 6 000 hectares qui ne seront plus cultivables, soit l’équivalent de cent exploitations. « La plupart des agriculteurs cherchent à travailler proprement, ajoute M. Destailleurs. Il ne faut pas opposer les modèles. Mais simplement leur laisser le temps de s’adapter ».

(1) L’arrêté anti-pesticides interdit les produits phytosanitaires à moins de 100 mètres des habitations et des bâtiments publics. Il reste toujours valide, à ce jour, puisque l’État ne l’a pas attaqué au tribunal administratif.


Ce qui dit le document

Selon le décret du 8 mars 2007 relatif aux clauses visant au respect de pratiques culturales pouvant être incluses dans les baux ruraux, bailleur et preneur s’obligent respectivement à respecter les dispositions suivantes :

  • Le retournement des prairies est autorisé pour le bio ;
  • La création, le maintien et les modalités de gestion des surfaces en herbes ;
  • L’interdiction de l’irrigation, du drainage et de toutes formes d’assainissement sans autorisation du bailleur ;
  • La création, le maintien et les modalités d’entretien des haies, talus, bosquets, arbres isolés, mares, fossés, terrasses, murets ;
  • L’interdiction d’arracher ou d’araser les haies sauf autorisation et sous conditions de compensation ;
  • L’interdiction d’utiliser des pesticides de synthèse et des boues d’épandage ;
  • Seules les préparations naturelles peu préoccupantes et les produits bio sont autorisés.

En chiffres : 8 000

C’est actuellement l’inflation en matière de foncier agricole dans le sud du département du Nord. Et pour cause. A trois heures de route de chez nous, les terres cultivables deviennent rares aux Pays-Bas (dont une partie est sous le niveau de la mer) ; elles peuvent se négocier jusqu’à 120 000 € l’hectare à la vente.

En Belgique, dans les Flandres, on évoque désormais un hectare à 30 000 €. Et quand, dans l’Avesnois, il y a trois ans, on était à environ 5 000 €, le montant peut aujourd’hui dépasser les 8000 €.

L’article de La Voix du Nord est ici (abonnés).

Commentaire.

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Cette initiative va permettre de respecter de bonnes distances entre les pesticides et les habitations, en valorisant les prairies communales. Bravo Monsieur le maire pour cette très belle idée. Vos concitoyens vont pouvoir « Bien vivre à Ohain ».

Publié dans Agriculture chimique, Bocage Avesnois

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts… et c’est très grave

Reporterre  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 21/02/2020.

Pour protéger la planète, le geste réflexe est de planter des arbres. Mais il y a un autre écosystème vital qui se meurt trois fois plus vite et dans l’indifférence : les zones humides. Peu connues du public, elles désignent aussi bien les marais, rivières, lacs, tourbières que les mangroves ou les récifs coralliens. À l’approche du Congrès mondial de la Nature qui se tiendra en juin à Marseille, la France souhaite mobiliser tous les acteurs concernés.

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Les Vallées de la Scarpe et de l’Escaut sont le 50e site à avoir reçu le label Ramsar pour la protection des zones humides. @Bruno Bosilo / Ramsar

À l’échelle mondiale, 35 % des zones humides ont disparu entre 1970 et 2015, un rythme trois fois supérieur à celui des forêts, selon le panorama dressé en 2018 (1) par la Convention Ramsar sur les zones humides. Les menaces sont nombreuses : agriculture intensive, usage croissant d’engrais, urbanisation, extraction minière, changement climatique, espèces envahissantes et pollution. Plus de 80 % des eaux usées sont ainsi déversées dans les zones humides sans traitement adéquat.

Pourtant, les zones humides que constituent les marais, rivières, lacs, tourbières, mangroves et récifs coralliens, jouent un rôle fondamental pour la vie sur Terre. Elles fournissent, directement ou indirectement, presque toute l’eau douce consommée dans le monde et sont une source d’aliments pour plus d’un milliard de personnes. Elles sont aussi une source de matières premières, de ressources génétiques pour la pharmacopée et d’énergie hydroélectrique. Elles nous protègent des catastrophes et elles stockent plus de carbone que tout autre écosystème terrestre.

Une valeur cinq fois plus élevée que celle des forêts tropicales

Des études montrent que la valeur économique des services fournis par les zones humides dépasse largement celle des écosystèmes terrestres et est cinq fois plus élevée que celle des forêts tropicales. Selon une estimation réalisée en 2011 par le Commissariat général au développement durable (CGDD), leur valeur s’établit dans une fourchette comprise entre 2 400 et 4 400 euros par hectare.

Pour promouvoir leur conservation et leur utilisation rationnelle, la Convention Ramsar a été adoptée dans les années 70 par 170 pays. Ils se sont engagés à préserver plus de 2 300 zones humides, représentant 250 millions d’hectares, soit 13 à 18 % des zones humides de la planète. En France, 50 sites ont été labellisés « Ramsar ». Les vallées de la Scarpe et de l’Escaut, dans les Hauts-de-France, sont les dernières à avoir intégrer le réseau international début février. Parmi les autres sites, il y a les Baies de Somme et du Mont Saint-Michel, le Golfe du Morbihan ou encore les Marais du Cotentin.

Un rapport parlementaire (2), remis au gouvernement en janvier 2019, préconise de doubler le nombre de zones humides d’importance internationale en dix ans et de restaurer 100 000 hectares de tourbières. Il propose aussi d’appliquer aux zones humides les dispositifs de compensation carbone et de « paiements pour services environnementaux » qui rémunèrent les actions de protection de la biodiversité. La fiscalité peut aussi jouer un rôle. Dans ce cadre, le gouvernement vient de supprimer la taxe additionnelle qui s’appliquait sur les tourbières.

Air Liquide, L’Oréal et Danone en tête

Les entreprises sont elles aussi mobilisées au sein de la coalition « Entreprises engagées pour la nature-Act4 Nature » car la perte des zones humides peut impacter leur business model – le rapport de l’IPBES montre que 40% de l’économie mondiale dépend de la biodiversité. Alors que l’année 2020 est cruciale avec la tenue du Congrès mondial pour la nature de l’UICN à Marseille et la COP15-biodiversité en Chine, 38 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs tels que CDC, Suez, Carrefour, Séché environnement ou Utopies s’engagent à respecter les principes communs de respect de la biodiversité. Un bilan de leur action sera fait tous les deux ans.

Dans le dernier classement du CDP sur les forêts et la protection des ressources en eau, trois entreprises françaises rejoignent la prestigieuse « liste A » pour l’exhaustivité des informations publiées, la gestion des risques environnementaux et la mise en œuvre des meilleures pratiques. Il s’agit d’Air Liquide, L’Oréal et Danone. Ce dernier a fait de la protection des cycles de l’eau une priorité il y a plus de deux décennies en s’associant à la convention de Ramsar. Le groupe est numéro deux mondial des eaux en bouteille (en volume), un marché qui représente 18 % de ses ventes.

L’article de Novethic est ici.

(1) Lire le rapport sur l’état mondial des zones humides de la Convention Ramsar

(2) Lire le rapport parlementaire « Terres d’eau, terres d’avenir »

 

Publié dans Biodiversité - Écologie, Dérèglement climatique

Agriculture : 28 associations demandent la dissolution de la cellule Demeter

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  Un communiqué de FNE, le 27/02/2020.

A l’occasion de l’ouverture du Salon de l’Agriculture le 20 mars, le Président de la République l’a annoncé : « Je ne tolérerai aucune violence à l’égard des agriculteurs ». Le mouvement France Nature Environnement ne peut qu’approuver un tel message, que ce soit à l’égard des agriculteurs ou de toute autre population.

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En revanche, lorsque le Ministère de l’Intérieur établit une convention avec deux syndicats agricoles dont l’un des objectifs est de dénoncer des « actions de nature idéologique », les associations de protection de l’environnement ne peuvent que le condamner. Avec 27 associations, France Nature Environnement dénonce cette mise à disposition de moyens publics et demande dans un courrier au Premier Ministre la dissolution immédiate de la cellule Demeter.

2 défis à ne pas opposer : les conditions de vie des agriculteurs et la transition agro-écologique

Depuis plusieurs années, la situation économique et financière des paysans a fait l’objet de nombreuses études et communications. Comme l’ensemble de la société, nous estimons que la France doit être fière de ses paysans et que ceux-ci doivent percevoir des revenus décents.

Dénonçant systématiquement toute action violente et consciente de l’importance des mutations nécessaires, France Nature Environnement a toujours prôné le dialogue dans les territoires pour la nécessaire transition du modèle agricole. Les associations du mouvement défendent dans toutes les instances une agriculture respectueuse des agriculteurs et de leur santé, de la santé de l’ensemble de la population et de l’environnement. Un travail du quotidien, avec des associations paysannes, pour améliorer les conditions de vie des agriculteurs de ce pays : leur assurer un meilleur revenu, de meilleures conditions de travail et une plus grande reconnaissance du travail qu’ils mènent au quotidien.

La cellule Demeter criminalise le fait de remettre en question l’agriculture intensive

Le 13 décembre, lors de la mise en place de cette cellule spécialisée, Christophe Castaner déclarait : « Nous devons assurer la sécurité des agriculteurs et les défendre impérativement ». Mais le problème réside dans le périmètre d’action de cette cellule. Le Ministre de l’Intérieur précise que ceci concerne « des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ». Au-delà de l’affichage, il s’agit désormais de criminaliser l’expression d’une opinion, en contradiction formelle avec le principe de liberté d’opinion.

Dans une lettre ouverte adressée ce jour au Premier Ministre Edouard Philippe, 28 associations demandent la dissolution immédiate de la cellule Demeter, condition indispensable pour apaiser les relations avec le monde paysan.

Lire la lettre ouverte

Les associations signataires de la lettre ouverte :
Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme
France Nature Environnement
Générations futures
Groupe de Recherche sur les Cétacés
Humanité & Biodiversité
La Garance Voyageuse
Ligue des Droits de l’Homme
Ligue pour la Protection des Oiseaux
Société Française du Droit de l’Environnement
Société Nationale de Protection de la Nature
WWF
Combat Monsanto
Fonds d’Intervention Eco Pastoral, membre de France Nature Environnement
Fédération Bretagne Nature Environnement
France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes
France Nature Environnement Bourgogne-Franche-Comté
France Nature Environnement Centre-Val de Loire
France Nature Environnement Grand Est
France Nature Environnement Hauts-de-France
France Nature Environnement Ile-de-France
France Nature Environnement Languedoc-Roussillon
France Nature Environnement Midi-Pyrénées
France Nature Environnement Normandie
France Nature Environnement Nouvelle-Aquitaine
France Nature Environnement Pays de la Loire
France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur
Poitou Charentes Nature
U Levante

Le communiqué de FNE est ici.

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