Partout en France, d’importants projets tombent à l’eau pour des raisons environnementales

Un article de Novethic, par la rédaction, le 22/11/2021.

Annulation d’autorisation environnementale pour un entrepôt Amazon, interdiction d’extension d’une base de loisir en pleine forêt de Romainville, projet de surf-park en Loire-Atlantique au point mort… Ces derniers mois, face aux mobilisations citoyennes ou par décision judiciaire, de nombreux projets ont été suspendus voire abandonnés pour des raisons environnementales. Tour d’horizon.

Le projet de centre de tri des colis de 38 000 m2 d’Amazon a été annulé vers le pont du Gard. Pascal Guyot / AFP

Les entrepôts Amazon face à la fronde 

Le géant de l’e-commerce, qui prévoit de doubler ses entrepôts dans l’Hexagone, fait face à une véritable fronde sur le terrain. Le 9 novembre, le tribunal administratif de Nîmes a annulé l’autorisation environnementale pour un projet de centre de tri des colis de 38 000 m2. Celui-ci doit voir le jour à proximité du Pont du Gard, l’un des sites touristiques les plus anciens et visités de France, classé à l’Unesco. Les juges ont estimé que « malgré la création probable de six cents emplois équivalents temps plein et les retombées économiques (…), celui-ci ne répondait pas à une raison impérative d’intérêt majeur« . Ce revers pour Amazon intervient deux semaines après l’abandon d’un projet de centre logistique près de Nantes, à Montbert (Loire-Atlantique), en raison des retards liés à « l’accumulation de contraintes techniques et juridiques. »

Les « Jardins à défendre » d’Aubervilliers font de la résistance

En Seine Saint Denis (93), les jardins ouvriers presque centenaires d’Aubervilliers devaient être détruits pour y construire la future piscine des Jeux Olympiques et son solarium. C’était sans compter la détermination de citoyens prêts à défendre leurs 4 000 m² de terres. Pour protéger dix-neuf parcelles menacées (sur 273), des jardiniers se sont rassemblés en collectif. Ils ont créé une Jad (« Jardins à défendre ») et fait appel à toutes les bonnes volontés pour les aider à sauvegarder leurs terres. Le collectif a également porté l’affaire devant les tribunaux. Ils ont remporté une bataille le 20 septembre dernier. Alors que par les rouleaux-compresseurs et les bulldozers avaient commencé à détruire des parcelles, la justice a ordonné la suspension des travaux. Toutefois, le bras de fer n’est pas terminé : la mairie a fait appel de cette décision.

[Mise à jour le 23 novembre] La cour d’appel de Paris a levé mardi 23 novembre la suspension du permis de construire permettant « la reprise des travaux ». La procédure judiciaire n’est pas terminée car elle doit être jugée « au fond » en décembre prochain.

À Romainville, la forêt est sanctuarisée 

La base de loisir de Romainville ne pourra plus s’étendre sur la forêt. Les associations locales ont signé en juin 2021 un contrat d’Obligations réelles environnementales (ORE) avec la région Ile-de-France et la commune de Seine-Saint-Denis afin d’en sanctuariser 20 hectares. Le projet de l’Ile de loisir de la Corniche des forts est en cours depuis plusieurs années et rencontre une vive opposition locale, soucieuse de préserver ce refuge de la biodiversité. Le projet risquait de détruire en partie cette forêt un peu spéciale, poussée sur une ancienne carrière de gypse et interdite d’accès en raison des risques d’effondrement. Des aménagements de loisirs ont déjà entamé en partie la forêt, mais l’obtention de la protection par le contrat ORE devrait permettre de mieux protéger les espèces animales et végétales.

En Loire-Atlantique, un surf park à l’agonie 

C’est un projet qui a fait des vagues. Présentée en 2018, la construction d’un surf park à Saint-Père en Retz (Loire-Atlantique)  a divisé élus, population et surfeurs. Si le projet a été mis en pause dans le cadre du Covid-19,  il semble plus que jamais compromis : l’un des deux porteurs du projet, Thibault Coutançais, a quitté le navire. La structure, qui devait détruire 20 hectares de terres agricoles, est accusée d’artificialiser les sols et est pointée du doigt pour sa consommation en eau (plus de 11 000 m3  par an). Elle est d’autant plus critiquée qu’elle est située à 10 kilomètres de vagues naturelles. Le collectif Terres Communes a particulièrement manifesté son opposition en organisant des rassemblements et des occupations du territoire.

La privatisation du campus d’AgroParisTech suspendu 

La mobilisation a payé. Alors que l’État avait retenu le promoteur immobilier Atarea Cogedim pour racheter le domaine de Grignon, berceau de l’agronomie française et campus des ingénieurs d’AgroParisTech, il a finalement fait machine arrière le 15 novembre pour « tenir compte du temps de concertation nécessaire ». L’annonce de la vente avait provoqué la colère de nombreux étudiants, élus et associations qui craignaient que le domaine, qui s’étend sur des centaines d’hectares de forêts et de terres agricoles, soit bétonné. Si le gouvernement n’a pas clairement justifié la suspension du projet pour des raisons environnementales, les failles de procédure sont mises en avant. Un espoir pour l’association Grignon 2 000 qui porte un projet alternatif.

L’article de Novethic est ici.

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Plus de 400 tués dans des accidents de chasse en France depuis vingt ans

Un article de Libération, par Alice Clair et Julien Guillot, le 03/11/2021.

En moyenne, une vingtaine de personnes sont tuées chaque année par des chasseurs depuis deux décennies. En plus des quelque 20 millions d’animaux abattus annuellement.

(Alice Clair/Julien Guillot)

L’automobiliste grièvement blessé par balles par un chasseur en Ille-et-Villaine samedi a remis en lumière la problématique des accidents de chasse en France. En retraçant l’historique des données communiquées par l’Office français de la biodiversité (OFB, ex-Office national de la chasse et de la faune sauvage) on arrive à un total de 428 personnes tuées accidentellement en deux décennies. Plus précisément entre les saisons 1999-2000 et 2020-2021.

Les chiffres pour la dernière saison n’ont pas été publiés officiellement, mais juste évoqués dans un communiqué de presse de la Fédération nationale des chasseurs. La baisse constatée doit être relativisée par le contexte sanitaire et les confinements qui ont pu réduire la pratique de la chasse la saison dernière. Dans la majorité des cas, ce sont des chasseurs qui sont les victimes de ces accidents. Mais on dénombre aussi au moins 12 tués non-chasseurs entre 2013 et 2021.

Des études commandées par la Fédération nationale des chasseurs permettent de dresser le portrait-robot du chasseur français. Dans les catégories socioprofessionnelles, celles des cadres et des employés sont sur-représentées parmi les chasseurs, alors que les ouvriers et professions intermédiaires sont sous-représentées. Globalement la majorité des chasseurs sont des retraités et seulement 2 % sont des femmes. Par ailleurs les «premiers écologistes de France» déversent chaque année 8 000 tonnes de plomb dans la nature. Et avaient ôté la vie à 22 millions de bêtes en 2013-2014, saison de la dernière enquête nationale tableau de chasse menée par l’OFB.

L’article de Libération est ici.

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Le catastrophisme climatique dans les médias, une couverture à double tranchant

Un article de Novethic, par Mathieu Viviani, le 19/11/2021.

Images chocs, citations annonçant la fin du monde, chiffres terrorisants… Dans les médias, la question climatique est majoritairement abordée avec sensationnalisme. Si cette couverture participe à la sensibilisation du grand public, elle agit différemment selon les profils, provoquant paralysie, déprime ou indifférence. « Les journalistes doivent absolument se faire l’écho des ressources disponibles pour agir », appelle la journaliste Anne-Sophie Novel.

Des pluies torrentielles ont touché Zhengzhou, dans le centre de la Chine, le 20 juillet 2021. Noel Celis / AFP

Un ours polaire en détresse sur sa banquise, un bout de forêt rasé par les bulldozers, un pâturage ravagé par la sécheresse… ces images se retrouvent régulièrement en Une des journaux. Dernier exemple en date : les inondations et pluies torrentielles au Canada qui ont transformé « des villes » en « lacs ». L’objectif est d’interpeller sur une réalité crue et implacable : la destruction de l’environnement. Mais tous les profils ne répondent pas de la même façon à une « image catastrophiste » sur le climat. « Pour un militant ou une personne éclairée sur le sujet, ce genre d’image va renforcer sa vision du monde. Pour les personnes peu conscientisées, ce type de photo va plutôt provoquer de l’indifférence voire le rejet. Elles marchent peu sur leur profil car c’est trop éloigné de leur réalité quotidienne », explique Mickael Dupré, psychosociologue et Maître de conférences à l’Université de la Polynésie française (UBF).

Une analyse partagée par la cofondatrice de Place To Be, Anne-Sophie Novel, spécialisée dans les alternatives écologiques. « On a tous une sensibilité différente qu’on soit novice sur le sujet climat ou militant. Mais je dirais que cette perception évolue au fil du temps. Pour ma part, à certains moments, le catastrophisme m’a vraiment fait déprimer, mais à d’autres, je pense qu’il est utile pour réveiller les consciences. Une chose est certaine, relayer seulement les problèmes est loin d’être suffisant. Les journalistes doivent absolument se faire l’écho des ressources disponibles pour agir. »

Journalisme de solutions

Parler des problèmes de notre société est la responsabilité des journalistes, au même titre que les solutions. Telle est la vision du journalisme des solutions, ce mouvement journalistique arrivé en France il y a une quinzaine d’années. Parmi les médias tricolores pionniers, se trouvent Kaizen, We Demain, Socialter, Up Le Mag, PositivR, Carenews, etc. D’autres titres de presse plus généralistes, à l’instar de Nice-Matin, Libération ou le quotidien anglais The Guardian, s’y sont aussi mis via des rubriques, des newsletters ou des suppléments. « Dans mon travail, j’ai constaté que cette information-là est de plus en plus demandée par les citoyens qui, davantage conscients de l’enjeu écologique, aspirent de plus en plus à agir concrètement et à leur échelle », commente Anne-Sophie Novel.

Un constat de terrain qui fait écho au fonctionnement psychologique des êtres humains selon Mickael Dupré : « Les gens ne font pas s’ils ne comprennent pas. Si les journalistes font cet effort de pédagogie sur le sujet climat, c’est un premier pas. Ensuite, j’ai constaté dans mes recherches que l’expérience concrète, à son échelle, en collaboration avec d’autres personnes favorisait le passage à l’action. Un journalisme qui relaye des initiatives de terrain, proches de soi et portées par des gens en qui on peut s’identifier, apparaît comme une vraie alternative au catastrophisme médiatique. »

L’article de Novethic est ici.

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Éolien : le casse-tête du recyclage des pales

Un article de Novethic, par Pauline Fricot,  le 15/11/2021.

Alors que les premiers parcs français arrivent en fin de vie, des centaines d’éoliennes vont devoir être prises en charge ces prochaines années. Or aujourd’hui, les pales ne sont quasiment jamais recyclées en raison de leur composition. Mais une innovation pourrait changer la donne. Siemens-Gamesa a annoncé en septembre la commercialisation de la première pale 100% recyclable.

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Photo d’illustration

C’est un grand pas pour le secteur de l’énergie éolienne. L’entreprise espagnole Siemens-Gamesa a annoncé début septembre la commercialisation des premières pales d’éoliennes 100% recyclables : la « RecyclableBlade ». Au cœur de l’innovation : un nouveau type de résine, l’époxy, qui permet de séparer facilement la fibre de verre ou de carbone utilisée pour fabriquer les pales. Selon le constructeur, un simple bain d’acide chauffé permettrait de dissocier les matériaux. Ceux-ci pourraient ensuite être récupérés pour être recyclés. Avec la résine utilisée aujourd’hui, ce processus était bien plus compliqué et peu rentable.

De fait, aujourd’hui, les pales sont principalement broyées pour être revalorisées comme combustible ou le broyat est récupéré pour constituer de nouveaux matériaux composites. Leur enfouissement est interdit en France, sauf si l’exploitant prouve qu’il n’y a pas d’autres solutions. « C’est socialement très mal vu, souligne la chargée de mission économie et industrie de France Énergie Éolienne (FEE) Rachel Ruamps, et la réutilisation et la revente sont toujours plus avantageuses économiquement ». Le marché de l’occasion se développe parallèlement dans la filière. « Des machines sont envoyées dans d’autres pays européens », ajoute la chargée de projet, comme en Russie ou en Pologne.

Des parcs à bout de souffle

Il faut dire que les innovations de recyclage des pales émergent seulement, alors que la première éolienne a été posée en France en 1991. La filière se confronte en vérité à la réalité du terrain : les éoliennes ont une durée de vie de 20 à 30 ans et les premiers parcs commencent à arriver à bout de souffle. « La question du démantèlement des parcs se pose donc depuis peu de temps, c’est une problématique récente » atteste Rachel Ruamps.

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La France compte entre 8 500 et 10 000 éoliennes

Un défi qui ne fait que commencer. Environ 300 à 500 éoliennes par an devront être démantelées entre 2025 et 2030, selon la responsable éolien terrestre au Syndicat des énergies renouvelables, Camille Charpiat, interrogée par Challenges. À l’échelle européenne, selon des chiffres de l’association pro-éolienne WindEurope communiqués à l’AFP, environ 9 000 tonnes de pales par an devront être éliminés en 2020 en Europe, 14 000 en 2023 et 25.000 tonnes en 2025.

Parallèlement la législation est de plus en plus exigeante. Un arrêté de juin 2020 oblige un recyclage d’au moins 90% de la masse des machines d’ici juillet 2022, et d’un minimum de 35% des rotors (dont les pales). D’ici 2025 ces pourcentages devront passer respectivement à 95% et 55%.

La course est lancée

La course est en tout cas lancée. Siemens-Gamesa a annoncé avoir conclu des accords avec trois géants de l’énergie, les allemands RWE et Wpd mais aussi le français EDF Renouvelables. Et il n’est pas le seul à se pencher sur ce sujet crucial. En décembre 2020, l’Institut français de Recherche Technologique Jules Verne et un consortium d’acteurs de l’énergie éolienne, dont Engie, SUEZ, LM Wind Power ou Arkema ont lancé le projet ZEBRA visant à concevoir une pale 100% recyclable d’ici 2023, pour un budget de 18,5 millions d’euros.

D’autres pistes plus créatives sont aujourd’hui explorées. Des pales ont par exemple été récupérées pour concevoir des tunnels et toboggans pour une aire de jeux à Rotterdam aux Pays-Bas ou pour concevoir un abri à vélo à Aalbord au Danemark.

L’article de Novethic est ici.

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Le Conseil d’État suspend tous les piégeages traditionnels d’oiseaux sauvages

Un communiqué de presse de la LPO, le 25/10/2021.

Le Conseil d’État a rendu son délibéré ce jour concernant les recours en urgence présentés par la LPO et l’association One Voice : sans surprise il suspend les arrêtés litigieux sans perdre plus de temps. C’est une grande et belle victoire pour la biodiversité.

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Le 15 octobre 2021, plusieurs arrêtés ministériels ré-autorisant certaines pratiques de piégeage traditionnel d’oiseaux sauvages avaient été publiés au Journal Officiel sur ordre d’Emmanuel Macron, soucieux de ménager les fédérations de chasseurs à la veille des élections. La LPO et One Voice avait immédiatement déposé des recours auprès du Conseil d’État pour demander leur suspension en urgence.

Lors de l’audience du 21 octobre, toutes les parties semblaient s’accorder sur l’irrégularité du piégeage non sélectif des oiseaux sauvages suite aux arrêts de la Cour de Justice de l’Union Européenne le 17 mars 2021 puis du Conseil d’État le 28 juin 2021, confirmant l’illégalité de la chasse à la glu. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les arrêtés ayant autorisé le piégeage des alouettes dans le Sud-Ouest, et celui des vanneaux huppés, pluviers dorés, grives et merles dans les Ardennes pour la saison 2019-2020 avaient à leur tour été annulés par le Conseil d’État le 6 août 2021.

Le prétexte de tradition ne saurait justifier le manquement aux exigences de la Directive Oiseaux.

Avec une telle jurisprudence constante, qui plus est portant sur les mêmes pratiques, on aurait dû en rester là. C’était sans compter la faiblesse du gouvernement face au lobby cynégétique : le 15 octobre, le Ministère normalement en charge de la biodiversité, signait, sans tenir compte une nouvelle fois des avis rendus lors de la consultation publique, 4 nouveaux arrêtés litigieux autorisant le piégeage de :

  • 106 285 alouettes aux pantes (filets horizontaux) et matoles (cages tombantes) dans 4 départements du Sud-Ouest (Landes, Gironde, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques)
  • 1200 vanneaux huppés, 30 pluviers dorés, 5800 grives et merles à l’aide de filets rabattants ou de lacets à nœud coulissant (Ardennes).

De leur côté la LPO et One Voice ont expliqué en quoi la suspension était rendue urgente, et ce notamment en raison du mauvais état de conservation de certaines espèces visées et du caractère non sélectif des pièges en question capturant, mutilant voire tuant des espèces y compris protégées. Sans compter le risque de voir la France, déjà mise en demeure car laissant faire ces pratiques, poursuivie devant la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Sans aucune honte, les représentants du Ministère en charge de la transition écologique ont prétendu lors de l’audience que les piégeages étaient moins violents que le fusil, et que les oiseaux ainsi capturés ne souffraient pas puisqu’on leur tordait le cou !

La fédération nationale des chasseurs avaient quant à elle osé menacer de « troubles à l’ordre public » si les arrêtés se voyaient suspendus !!

Bien sûr il faudra désormais attendre le jugement sur le fond qui prendra plusieurs mois. Mais cette décision permet de stopper immédiatement le massacre des oiseaux sauvages, dont de nombreux migrateurs.

La stratégie cynique du gouvernement qui consistait, comme trop souvent, à reprendre des arrêtés pourtant cassés les années précédentes sous de faux prétextes, la veille de leur application et de préférence un week-end afin de laisser quand même braconner le temps que justice soit rendue, a pris du plomb dans l’aile. Elle aura néanmoins sans doute permis de tuer en toute impunité des milliers d’oiseaux entre le samedi 16 octobre et le lundi 25 octobre.

« A 6 mois des élections présidentielles, il est plus que temps que le gouvernement soit à la hauteur de ses prétentions en matière de biodiversité. Non seulement les promesses non tenues sont sources de défiance, mais le temps presse pour les espèces à l’agonie » Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO

L’article de la LPO est ici.

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La COP 26 accouche d’un accord décevant

Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 13/11/2021.

Baptisé le « Pacte de Glasgow pour le climat », le texte a été adopté samedi 13 novembre après un changement de dernière minute accordé à l’Inde sur le charbon. Le président de la COP26 s’est dit d’une voix émue et les larmes aux yeux « profondément désolé ». L’accord a également échoué sur la question des pertes et dommages, un sujet vital pour les pays déjà impactés par le changement climatique. 

Alok Sharma, le président britannique de la COP26, ému, s’excuse pour la façon dont le processus s’est déroulé. Paul Ellis/AFP

La COP26 était à deux doigts de se terminer sur un texte qui était loin d’être parfait, mais qui contenait tout de même quelques avancées. Elle s’est finalement achevée sur une immense déception, de l’aveu même d’Alok Sharma. Extrêmement ému, le président britannique de la COP26 s’est excusé pour la façon dont le processus s’est déroulé. « Je comprends la profonde déception, mais il est vital que nous protégions ce texte », a-t-il déclaré. Le changement de dernière minute est venu de l’Inde, sur le sujet très controversé des énergies fossiles et plus particulièrement du charbon.

La dernière version de l’accord, publiée samedi matin, avait déjà été largement édulcorée. Il s’agissait « d’accélérer les efforts vers une sortie du charbon sans système de captage et stockage de CO2 et des subventions inefficaces pour les énergies fossiles, tout en reconnaissant le besoin de soutien vers une transition juste ». Finalement, il ne s’agit plus de « sortir » (phase-out) mais de « réduire » (phase-down) le charbon. À noter que la première version appelait directement à « supprimer progressivement le charbon et les subventions aux combustibles fossiles ».

Si beaucoup d’observateurs craignaient que les termes ne résistent pas aux assauts de certains pays, alors que l’Accord de Paris avait notamment échoué à introduire le sujet, le recul proposé par l’Inde, après un accord de dernière minute avec la Chine, les États-Unis et l’Union européenne, en toute fin de processus, a énormément choqué. « Énième camouflet et ultime trahison à la COP26 » réagit l’ONG Greenpeace. Ce changement de termes a également été condamné par les petits États insulaires, la Suisse ou encore le Mexique, les délégués évoquant une démarche non-inclusive.

Échec sur les pertes et dommages

La position de l’Inde contraste avec l’esprit de compromis qui s’était dégagé plus tôt dans l’après-midi. Les pays du Sud avaient en effet cédé sur les pertes et dommages, un sujet pourtant vital pour eux. Vendredi, ils avaient mis la pression pour introduire un mécanisme de facilité afin de financer les dégâts déjà causés par les impacts du changement climatique. Soutenus par les deux-tiers des pays participant au sommet, ils avaient reçu une fin de non-recevoir de la part des pays riches, et notamment des États-Unis et de l’Union européenne.

L’accord final s’engage à mettre en place « un dialogue de Glasgow entre les parties, les organisations concernées, et les parties prenantes pour discuter des modalités de financement. » « Si le sujet a enfin été mis à l’agenda, il n’y a aucun engagement pour mobiliser de nouveaux financements dédiés aux pertes et dommages. C’est un lot de consolation qui ne vaut rien, nous n’avons plus besoin de blablabla » dénonce Fanny Petitbon, de l’ONG Care France. « Les pays riches poussent vers un système qui aboutirait à un forum de bavardages incessants », a également dénoncé Mohamed Adow de l’ONG Power Shift Africa.

Une relève de l’ambition d’ici 2022

Sur les émissions de gaz à effet de serre, il est demandé aux États membres de revoir et renforcer leurs contributions nationales déterminées (NDC) à 2030 de façon à être alignés avec l’Accord de Paris, et ce d’ici la fin de l’année prochaine. Il est toutefois ajouté que les « circonstances nationales particulières » seront prises en compte, ouvrant la voie à des aménagements pour certains pays. Le texte n’a pas réussi à maintenir le seul objectif 1,5°C, malgré le rapport du Giec publié cet été. Il reprend les termes de l’Accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C.

Sur la finance et les 100 milliards de dollars par an promis par les pays riches aux pays pauvres à partir de 2020, le texte ne fait que « regretter » la promesse non tenue et « exhorte » les pays développés à tenir leurs engagements d’ici 2025. Concernant l’adaptation, le texte prévoit d’« au moins doubler » les fonds par rapport au niveau de 2019 d’ici 2025. Et enfin, un accord a été trouvé sur l’article 6 et la création d’un marché carbone international, en souffrance depuis six ans. La grande avancée porte sur la création d’un mécanisme de plainte indépendant pour les communautés affectées négativement par ces mécanismes carbone. Mais des inquiétudes persistent sur d’éventuelles failles qui pourraient desservir les réductions d’émissions.

L’article de Novethic est ici.

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Les pesticides dans les sites Natura 2000, c’est terminé

Un communiqué de presse de FNE, le 15/11/2021.

Nouvelle victoire de France Nature Environnement. Par arrêt du 15 novembre 2021, le Conseil d’État ordonne au Gouvernement d’agir pour réduire drastiquement l’utilisation des pesticides dans les sites Natura 2000, sites dont la mission est de préserver la biodiversité européenne. Les arguments de France Nature Environnement ont porté devant la plus haute juridiction administrative française. Le Gouvernement a désormais 6 mois pour prendre les dispositions nécessaires pour enfin protéger les sites terrestres des méfaits de l’agriculture chimique.

Photo d’illustration.

Les sites Natura 2000 enfin libérés des pesticides 

Une directive européenne impose aux États membres d’interdire ou de restreindre l’utilisation des pesticides de synthèse dans les sites Natura 2000. Si la loi française reprend bien cette obligation, nos associations constatent une absence de mise en œuvre sur le terrain.

Sur demande de France Nature Environnement, le Conseil d’État dans son arrêt du 15 novembre 2021 constate l’illégalité de cette situation, et demande au gouvernement dans un délai de 6 mois de prendre les mesures utiles et nécessaires à la protection de la biodiversité d’intérêt européen exposée aux pesticides dans les zones Natura 2000 terrestres.

Redonner aux sites Natura 2000 leur mission première : la protection de la biodiversité 

Le réseau des sites Natura 2000 existe depuis bientôt 30 ans en France et recouvre 12,9% du territoire hexagonal dont 15% d’espaces agricoles. L’objectif de ce réseau est simple : préserver les espèces et les milieux menacées ou caractéristiques au niveau européen tout en tenant compte des activités humaines.

Pour Antoine Gatet, vice-président de France Nature Environnement : «En France, seulement 20% des écosystèmes et 28 % des espèces justifiant la désignation de sites Natura 2000 sont considérés en bon état de conservation. La protection de la biodiversité européenne n’est donc pas assurée dans notre pays. Cette décision obtenue par France Nature Environnement vise à mettre un terme à plus de 10 ans d’inaction coupable des gouvernements successifs trop à l’écoute des lobbies de l’agriculture chimique ou des syndicats majoritaires. Si le président de la République s’est engagé au Congrès mondial de la Nature le 3 septembre dernier à Marseille à mener des initiatives fortes au niveau européen pour sortir des pesticides, le changement doit aussi et sans attendre être mené dans notre pays. » 

Pour Cécile Claveirole, secrétaire nationale de France Nature Environnement : « La transition agroécologique, plus que jamais nécessaire à la protection de l’homme et de la biodiversité, ne peut rester au stade des déclarations d’intention. Désormais, le gouvernement dispose de 6 mois pour respecter le droit européen et présenter des mesures ambitieuses pour engager cette transition agroécologique et sortir des pesticides de synthèse dans les sites Natura 2000. »

Le communiqué de presse de FNE est ici.

Pour aller plus loin : Télécharger la décision du Conseil d’État

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La colère gronde contre la chasse meurtrière

Un article de Reporterre, par Gaspard d’Allens, le 09/11/2021.

Face à la multitude d’accidents liés à la chasse, la mobilisation grandit pour demander un encadrement plus strict de cette pratique. Aucune modification législative n’est toutefois envisagée par le gouvernement.

À la veille de la présidentielle, les débats autour de la chasse pourraient prendre de l’ampleur. Depuis le début de la saison, de nombreuses initiatives appellent à réguler cette activité alors même que les accidents se sont multipliés ces derniers jours. Samedi 30 octobre, un automobiliste était blessé près de Rennes. Touché au cou par une balle de gros calibre, l’homme de 67 ans est mort jeudi 4 novembre. Quelques jours plus tôt, le 28 octobre, en Haute-Savoie, une autre personne était grièvement blessée d’une balle dans le thorax, alors qu’elle se promenait sur un sentier.

Au total, plus d’une vingtaine d’accidents ont été recensés ces deux derniers mois. En septembre, une cyclotouriste a notamment reçu du plomb dans la cuisse en Dordogne ; une automobiliste a pris une balle dans l’épaule en Corse ; un homme de 60 ans a aussi été blessé à la tête dans le Var, avant de mourir une semaine plus tard à l’hôpital.

Face à la répétition de ces drames, l’émoi est palpable. Sur le site du Sénat, une pétition portée par le collectif Un jour un chasseur, créé à la suite de la mort de Morgan Keane en décembre 2020, exige la mise en place d’une réforme en profondeur des pratiques cynégétiques. Ses soutiens ne cessent d’augmenter : le 6 novembre au matin, la pétition comptait plus de 65 000 signataires. Si le chiffre dépasse les 100 000 avant mars prochain, le Sénat pourra décider d’y donner suite en créant une mission de contrôle ou en inscrivant le texte à l’ordre du jour en séance publique.

« Nous refusons d’accepter la banalisation de ces drames »

Le collectif, composé des amies de Morgan, demande « un juste partage du territoire » entre usagers des espaces naturels. Depuis un an, le collectif a rassemblé des milliers de témoignages accablants sur « les comportements abusifs des chasseurs ». Ils ont pu identifier plusieurs insuffisances dans le droit et exigent des modifications d’ordre législatif pour « mettre fin à l’impunité et à l’omerta qui règnent dans nos campagnes ».

Morgan Keane, devant sa maison, a été tué par un chasseur en décembre 2020. © Alain Pitton/Reporterre

Le collectif réclame la mise en place de cinq mesures : l’interdiction de la chasse le dimanche et le mercredi ; une formation plus stricte pour les chasseurs ; un suivi des armes de chasse et des comportements à risque ; un renforcement des sanctions pénales en cas d’accident et un meilleur accompagnement des victimes.

« C’est simplement du bon sens, pour éviter un prochain mort. »

« Nous souhaitons créer un débat de société. Le statu quo n’est plus tenable. Nous refusons la banalisation de ces drames », dit à Reporterre Mila, du collectif. Elle souligne « les nombreuses aberrations dans la loi à l’heure actuelle » : « Comment se fait-il, par exemple, que la consommation d’alcool ne soit pas interdite lors de la chasse ? Comment se fait-il que la zone de protection autour des habitations soit inférieure à la portée des armes utilisées, ou encore qu’un chasseur ayant commis un homicide involontaire puisse à nouveau chasser quelques années plus tard ? »

« Nous demandons l’application de règles de sécurité élémentaires, ajoute Léa, une autre membre du collectif. C’est simplement du bon sens, pour éviter un prochain mort. » En vingt ans, les accidents de chasse ont provoqué la mort de plus de 400 personnes. Selon le dernier bilan dressé par l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Fédération nationale des chasseurs, on dénombre 141 victimes, dont 11 morts, au cours de la saison 2019-2020.

« Il faut que la nature soit accessible à tout le monde »

Depuis la semaine dernière, la fronde grandit. Elle s’est aussi déplacée sur le terrain politique. Yannick Jadot, le candidat écologiste à la présidentielle, a annoncé vouloir interdire la chasse le week-end et les vacances scolaires. « Il faut que la nature soit accessible à tout le monde. Quand j’entends que les trois quarts des personnes qui vivent dans la ruralité n’osent pas aller se promener le dimanche quand il y a des tirs de fusil, ce n’est pas normal », a-t-il déclaré sur BFMTV.

La bataille est lancée. Selon le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, engagé dans la campagne de Yannick Jadot, « rarement une de nos mesures n’avait soulevé autant d’enthousiasme et de commentaires positifs. Il y a une grande attente. La majorité de la population veut vraiment que la situation évolue », assure-t-il à Reporterre. D’après un sondage du Journal du dimanche, 69 % des personnes interrogées se disent, en effet, favorables à l’interdiction de la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires.

Manifestation à Cahors après la mort de Morgan Keane, le samedi 23 janvier 2021.

Progressivement, l’idée fait des émules. Dans un courrier envoyé à Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, cinq maires d’Ille-et-Vilaine concernés par l’accident mortel près de Rennes ont proposé au gouvernement de « fixer des demi-journées sans chasse le samedi et le dimanche après-midi, afin de garantir la sécurité publique des concitoyens ». Toutes ces propositions ne sont pas sans rappeler la loi Voynet, adoptée en juillet 2000. Celle-ci prévoyait déjà un jour par semaine sans chasse. La loi avait cependant été abrogée en 2003 avec le retour de la droite au pouvoir. Aujourd’hui, la mesure reste ainsi facultative et laissée à la discrétion du préfet de département.

« Seuls la pression populaire et le rapport de force pourront changer la donne »

Dans de nombreux pays européens, une journée sans chasse est déjà mise en place. Au Royaume-Uni, par exemple, la chasse est interdite le dimanche depuis… 1831. C’est le cas également aux Pays-Bas, dans plusieurs cantons suisses, dans des régions espagnoles ou des Länder allemands. Cela n’a pas empêché le président de la Fédération nationale des chasseurs de s’offusquer et de trouver « la proposition débile ». Tout en s’excusant pour ces « accidents dramatiques », Willy Schraen a estimé que « le risque zéro n’existait pas » et que « l’erreur était humaine ».

De son côté, mercredi 3 novembre sur France Info, la ministre de la Transition écologique a déclaré que l’interdiction de la chasse le week-end était «  une idée sur laquelle on doit avoir un débat » : « Ça fait partie des débats qui existent depuis longtemps sur la question du partage de l’espace. Mon rôle, en tant que ministre chargée de la chasse, est de faire en sorte qu’elle respecte un certain nombre de règles », a-t-elle poursuivi.

Photo d’illustration.

Reporterre a contacté le ministère pour mieux comprendre comment ce débat pourrait prendre forme dans les prochains temps. Au vu des réponses, il semblerait bien qu’aucune modification législative à l’échelle nationale ne soit envisagée. « La ministre pense que le débat doit avoir lieu au niveau local, territoire par territoire, comme c’est déjà le cas, confirme un membre du cabinet. Il existe déjà des jours non chassés en France, il faut généraliser les bonnes pratiques dans la concertation au niveau local. Par exemple, dans toutes les forêts domaniales d’Île-de-France il est interdit de chasser le week-end. En Isère, la chasse est interdite le vendredi. »

Pour le collectif « Un jour un chasseur », cette approche est largement insuffisante. L’année dernière, lorsqu’ils avaient été reçus par la secrétaire d’État à la biodiversité, Bérangère Abba, quelques semaines après la mort de leur ami Morgan Keane, ils avaient déjà défendu l’idée d’une interdiction nationale pendant les week-ends. La secrétaire d’État leur avait alors répondu que c’était « culturellement impossible ». Plutôt qu’un encadrement strict des pratiques de chasse, Bérangère Abba aurait défendu lors de cette réunion « une meilleure communication » entre usagers de la nature et proposé que les promeneurs portent des gilets orange en forêt, racontent les membres du collectif. Contactée par Reporterre, la secrétaire d’État dément cette information. « Je trouverais invraisemblable de devoir imposer ce type de signalement au promeneur », précise-t-elle.

« Un jour un chasseur » ne décolère pas. « Nous n’attendons plus rien de ce gouvernement, affirme Mila. Nous avons eu l’impression d’être instrumentalisés. Maintenant, nous savons que seuls la pression populaire et le rapport de force pourront véritablement changer la donne. »

L’article de Reporterre est ici.

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Plus de 200 revues médicales appellent à agir urgemment pour le climat et la biodiversité

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 07/09/2021.

Les rédacteurs en chef de 200 revues médicales ont publié le 6 septembre un éditorial appelant les dirigeants du monde entier à agir sans attendre contre le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité. C’est une première. Le texte rappelle les menaces qui pèsent sur la santé, et la nécessité d’augmenter les financements, évoquant les dépenses sans précèdent engagés lors de la pandémie.

Le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité ont des effets directs sur la santé, alertent les médecins.
@Halfpoint / Istock

C’est la première fois qu’autant de revues scientifiques s’associent pour publier un texte en commun. Plus de 200 journaux médicaux ont diffusé le 6 septembre un appel aux dirigeants mondiaux à agir urgemment contre le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité, en raison de leur impact sur la santé des populations. « La science est sans équivoque, alerte les rédacteurs en chef. Une augmentation mondiale de 1,5°C par rapport à la moyenne préindustrielle et la perte continue de biodiversité risquent d’entraîner des dommages catastrophiques et irréversibles pour la santé (…) Aucune hausse de température n’est « sûre ». »

Parmi les signataires, des revues prestigieuses, comme le Lancet, le New England Journal of Medicine, le National Medical Journal of India ou encore la Revista de Saúde Pública au Brésil. Une vingtaine d’autres revues ont apporté leur soutien comme l’International Journal of Cancer ou GeoHealth.

Des impacts déjà observés

« La santé est déjà altérée par l’augmentation de la température mondiale et la destruction de la nature », soulignent les auteurs, qui ont recensé les différents impacts d’ores et déjà observés. Ils alertent par exemple sur l’émergence de nouvelles pandémies, comme celle du Covid-19. La destruction des écosystèmes favrorise l’apparition de maladies en facilitant les contacts entre animaux sauvages, potentiels porteurs de virus dangereux, et les humains. « Les professionnels de santé ont été en première ligne dans la crise du Covid-19. À l’unanimité, ils mettent en garde contre le risque que le dépassement des 1,5 °C et la poursuite de la destruction de la nature engendrent une autre crise, bien plus mortelle » ont plaidé scientifiques.

Le réchauffement climatique a déjà lui aussi frappé les populations, alors que la planète ne s’est réchauffée que de 1,1°C depuis l’ère préindustrielle. « Les températures plus élevées ont entraîné une augmentation des cas de déshydratation et de problèmes rénaux, de tumeurs dermatologiques malignes, d’infections tropicales, de problèmes mentaux, de complications de grossesses, d’allergies, et de mortalité et de morbidité cardiovasculaire et pulmonaire », ont observé les auteurs, qui évoquent également le déclin des productions agricoles qui balayent des décennies d’efforts pour lutter contre la malnutrition.

Augmenter les investissements 

Le texte soutient une augmentation conséquente des investissements pour le climat, en évoquant les dépenses « sans précèdent » engagées pour lutter contre la crise sanitaire. « Ces investissements produiront des résultats positifs considérables en matière de santé et d’économie. […] Une meilleure qualité de l’air permettrait à elle seule d’obtenir des améliorations pour la santé qui compensent facilement le coût global de la réduction des émissions ».

Les auteurs insistent également sur la nécessité d’apporter une aide aux pays les plus pauvres qui subissent de « façon disproportionnée » les effets de la crise climatique alors qu’elles ont « le moins contribué au problème ». « Les pays développés doivent s’engager à augmenter le financement de l’action climatique en honorant leur promesse non encore tenue de fournir 100 milliards de dollars par année et de maintenir une double approche axée à la fois sur l’atténuation et l’adaptation, notamment en améliorant la résilience des systèmes de santé », ajoute l’éditorial.

Mais surtout, les auteurs appellent à un « changement fondamental de la façon dont nos sociétés et nos économies sont organisées et de notre mode de vie », à travers notamment la transformation des villes, des transports, des marchés financiers, et des systèmes de production.

L’article de Novethic est ici.

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Transition énergétique : l’enjeu désormais incontournable de la sobriété

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 02/11/2021.

« Retour à la bougie », « modèle amish », « dogme ». La sobriété énergétique est encore aujourd’hui victime de nombreux clichés. Longtemps fer de lance de l’association NégaWatt, la notion de sobriété s’immisce désormais jusque dans les rapports des institutions de référence, comme le gestionnaire du réseau électrique de transport d’électricité en France (RTE) ou l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).

Hand holding light bulb in front of global show the world's consumption with icons energy sources for renewable, sustainable development. Ecology concept. Elements of this image furnished by NASA.

De moins en moins considérée comme « un retour à la bougie », la sobriété s’immisce dans les trajectoires énergétiques et dans les débats politiques. IStock @ipopba

Avec la flambée des prix du gaz et de l’électricité, un concept a été propulsé sur le devant de la scène ces dernières semaines : la sobriété énergétique. Un concept qui prône une réduction de notre consommation globale d’énergie par le biais d’une transformation de nos modes de vie et du fonctionnement de nos sociétés. Dans ce contexte, le cinquième  rapport de l’association Négawatt tombe à pic. Depuis sa création il y a vingt ans, l’organisation élabore des scénarios pour réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles et au  nucléaire en s’appuyant sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, mais aussi et surtout la sobriété.  Dans ses derniers travaux publiés le 26 octobre, NégaWatt table sur une réduction de la consommation d’énergie de 53% d’ici 2050. Un objectif qui coïncide avec la stratégie nationale bas carbone de la France (SNBC) , feuille de route pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Dans un premier temps, NégaWatt mise sur l’ « efficacité énergétique »  c’est-à-dire la réduction de la quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire un même besoin. Mais l’ambition ne pourra être atteinte  sans aller vers un mode de vie plus sobre, alerte Négawatt. L’association propose un ensemble de mesures pour y parvenir : développer massivement le télétravail, privilégier les transports en commun et le covoiturage plutôt que les déplacements individuels ou encore réduire sa consommation de viande. Un scénario qui conduirait à une demande en électricité de 530 TWh en 2050, et qui pourrait être satisfaite à 100% par les énergies renouvelables, plaide l’association.

La trajectoire sobriété de RTE

La notion de sobriété s’est immiscée jusque dans le très attendu rapport du gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France (RTE) sur les « Futurs énergétiques 2050 » , publié le 25 octobre. Le gestionnaire a été missionné pour proposer plusieurs scénarios compatibles avec les objectifs de la SNBC, qui table sur une hausse de l’électricité de 35% d’ici 2050 (645 TWh). RTE a présenté six trajectoires allant de 100% renouvelables entre 2050 et 2060 à un mix électrique composé au maximum à 50% de nucléaire.

S’il n’était pas mandaté pour, RTE a néanmoins proposé en plus une trajectoire « sobriété » à 554 TWh, proche donc des estimations de NégaWatt. Dans les « enseignements » à tirer de ses travaux, RTE souligne qu’agir sur la consommation grâce à l’efficacité énergétique, « voire la sobriété » est « indispensable pour atteindre les objectifs climatiques » . Le scénario, exposé brièvement, doit prochainement faire l’objet d’une présentation plus détaillée.

« Pas si étonnant »

« Voir apparaître la sobriété dans un rapport de RTE n’est pas si étonnant, note Nicolas Raillard, chef de Projet au sein du Think Thank Shift Project. On ne peut plus couper à la sobriété. Plus on attend, plus on se rapproche de l’échéance de 2050, et plus il va falloir réduire les émissions de CO2 de façon rapide ». L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a mis elle aussi pour la première fois en avant la sobriété pour atteindre l’objectif de zéro émissions net de CO2 dans son rapport publié en mai.

Un enjeu devenu majeur qui a désormais pris sa place les débats politiques. Si la notion de sobriété a traditionnellement été portée par les écologistes, comme aujourd’hui Yannick Jadot, elle infuse désormais jusque dans les rangs de la droite. Dans une tribune publiée fin septembre dans le Journal du dimanche, François Durovray, porte-parole du candidat aux élections présidentielles Xavier Bertrand (LR), a souligné que l’ « écologie de progrès » portée par la droite s’appuie sur trois piliers : la décarbonation, le localisme, et la sobriété.

L’article de Novethic est ici.

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COP26 : une large coalition de pays s’engage à sortir du charbon

Un article de Reporterre, par Alexandre-Reza Kokabi, le 04/11/2021.

Chili, Égypte, Pologne… À la COP26, une coalition de 190 pays et organisations s’est engagée à sortir de l’énergie au charbon à partir de 2030. La Chine et la France n’en font pas partie.

400 activistes écologistes ont bloqué les trains miniers du bassin rhénan, en Allemagne. Juin 2019. – © Gilles Potte/Reporterre

« La fin du charbon est en vue », jubile la présidence britannique de la COP26. Londres a annoncé, mercredi à 23 h 30, que 190 pays et organisations (régions, entreprises, institutions financières) s’engageaient à éliminer le charbon, combustible fossile le plus polluant du monde, et à ne plus financer ou construire de nouvelles centrales à charbon pour produire de l’électricité. Cette « Déclaration mondiale sur le passage du charbon à l’énergie propre » va être présentée officiellement ce jeudi 4 novembre. La liste complète des signataires sera publiée à 13 h, mais plusieurs pays sont déjà connus. La France n’en fait pas partie.

Le Canada, le Chili, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Vietnam, des États disposant d’une importante capacité de production d’électricité reposant sur le charbon, ont signé ce document. Tout comme la Pologne, dernier grand bastion charbonnier en Europe, ou encore l’Afrique du Sud et le Maroc, responsables de 95 % de la production d’électricité à partir du charbon en Afrique. « Les nations du monde entier s’unissent pour affirmer que le charbon n’a aucun rôle à jouer dans notre future production d’électricité », a déclaré le secrétaire d’État britannique à l’Énergie, Kwasi Kwarteng.

Ces États s’engagent à mettre fin à tout investissement dans une production nouvelle d’électricité au charbon, que ce soit à l’échelle nationale ou mondiale, mais surtout à éliminer « progressivement » la roche noire de leur mix énergétique, en fermant les centrales existantes. Cette transition devra être juste et profiter aux travailleurs. Les économies les plus avancées — correspondant aux pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) —, devront faire aboutir ces promesses dans « les années 2030 ». « Le reste du monde », lui, devra sortir du charbon dans « les années 2040 ».

Dans le bassin houiller du Kouzbass, en Sibérie occidentale.

« Jusqu’à présent, les négociations portaient surtout sur l’arrêt des constructions de nouvelles centrales électriques au charbon. Cette annonce déplace l’exigence vers l’élimination complète du charbon dans les mix énergétiques », a salué Dave Jones, responsable d’Ember, un groupe de réflexion sur la transition énergétique. « L’ère du charbon touche à sa fin et, à Glasgow, le tapis roulant qui l’emmène dans la poubelle de l’Histoire avance bien », s’est réjoui Leo Roberts, membre du groupe de réflexion sur le changement climatique E3G. Mais, a-t-il prévenu, « l’effort devra encore s’accélérer pour que le monde parvienne à contenir le réchauffement climatique à 1,5 °C ».

La Chine, plus gros émetteur de charbon ne devrait pas signer le texte

À ce jour, le monde est encore loin d’être libéré de la roche noire. Environ 8 500 centrales à charbon sont encore en activité dans le monde, soit une capacité totale de plus de 2 000 gigawatts. Elles produisent plus d’un tiers de l’électricité et sont à l’origine d’un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre, plus que toute autre source d’énergie. En Chine, en Inde, ou encore en Indonésie, près de 60 % de l’électricité produite proviennent du charbon.

En pleine COP26, quelques jours après s’être engagée à ne plus financer de centrales à charbon à l’étranger, la Chine a d’ailleurs augmenté sa production à plus d’un million de tonnes par jour pour faire face à une pénurie d’électricité. Le plus gros émetteur de charbon ne devrait pas faire partie de la coalition.

« Année après année, la part du charbon dans le mix énergétique mondial ne diminue guère, et reste actuellement autour de 27 %, a déclaré mercredi, dans un tweet, le politologue François Gemenne. C’est pourtant la pire des énergies fossiles. Éradiquer le charbon, c’est la priorité des priorités. » À la COP26, cet objectif a gagne en consistance.

L’article de Reporterre est ici.

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Déchets plastiques : Coca-Cola reste l’entreprise la plus polluante au monde

Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 28/10/2021.

À qui appartiennent les bouteilles, flacons, bidons, en plastique qui jonchent les plages, les rues ou les forêts ? En premier à Coca-Cola, ensuite, loin derrière, à PepsiCo puis Unilever, selon le podium de l’ONG Break Free From Plastic qui déploie ses bénévoles chaque année pour identifier les entreprises les plus polluantes en ramassant les déchets plastiques dans la nature. En pleine COP26, ce peu reluisant classement tombe mal alors que le plastique est désormais considéré par certains experts comme le « nouveau charbon » à cause des émissions qu’il génère.

Selon le classement de l’ONG Break Free From Plastic, Coca-Cola est l’entreprise qui génère le plus de déchets plastiques au monde. Juanmonino/Istock

C’est la quatrième année que les bénévoles de l’ONG Break Free From Plastic passent au peigne fin les plages, parcs, forêts… du monde entier pour y ramasser les déchets plastiques. Cette année plus de 11 000 volontaires ont sillonné 45 pays de six continents différents. Le but est d’identifier les entreprises responsables de cette pollution plastique. Et, sans surprise, comme chaque année, c’est Coca-Cola qui termine en tête de ce classement peu reluisant. Au total près de 20 000 morceaux de plastique appartenant à la firme américaine, qui détient les marques Tropico, Honest, Fanta ou encore Sprite, ont été retrouvés dans 39 pays différents.

Loin derrière, on retrouve, en deuxième place du podium, PepsiCo avec 8 231 déchets plastiques, puis Unilever qui entre pour la première fois dans le Top 3 après avoir éjecté Nestlé. « Il s’agit d’une évolution particulièrement flagrante d’autant que l’entreprise est l’un des principaux partenaires de la COP26 à Glasgow cette année », note l’ONG. Et de fait, le géant de l’agroalimentaire a été retenu comme « partenaire principal » au côté par exemple de Microsoft pour son engagement en faveur d’une trajectoire 1,5°C. Un détail qui n’a pas échappé à Greenpeace.

Le plastique, cinquième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde

« Si l’on considère que 99% du plastique est fabriqué à partir de combustibles fossiles et que les compagnies pétrolières se tournent activement vers le plastique comme source croissante de revenus, le rôle d’Unilever à la COP26 est particulièrement cynique », a réagi l’ONG. « L’addiction du monde au plastique à usage unique est une grave contribution à la crise climatique. Si l’ensemble du plastique était un pays, il serait le cinquième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde », abonde Break Free From Plastic

Un nouveau rapport publié par le Bennington College estime même que l’industrie du plastique aux États-Unis pourrait libérer plus de gaz à effet de serre que les centrales à charbon d’ici 2030, avec 232 millions de tonnes de CO2 émis par an, soit 116 centrales à charbon. « Le plastique est le nouveau charbon et c’est une préoccupation majeure de justice environnementale… Les impacts sur la santé des émissions sont supportés de manière disproportionnée par les communautés à faibles revenus et les communautés de couleur », a déclaré au Guardian Judith Enck, présidente de Beyond Plastics et ancienne administratrice de l’Agence régionale de protection de l’environnement sous la présidence Obama.

Des premiers efforts

Si Coca-Cola est l’entreprise qui génère le plus d’emballages plastiques, selon un rapport de la Fondation Ellen MacArthur, Danone n’est pas en reste. Le Français fait une entrée fracassante dans le Top 10 des plus gros pollueurs plastiques en se hissant à la huitième place. Contacté par Novethic, le groupe se dit « conscient de l’impact de la pollution plastique sur la crise climatique » et travaille à « découpler ses emballages des ressources fossiles ». D’ici 2025, Danone veut ainsi réduire d’un tiers la quantité de plastiques vierges utilisés. « Mais nous pensons que l’action politique est essentielle pour conduire une transformation à l’échelle du secteur, c’est pourquoi nous avons soutenu dès le début l’appel à la création d’un traité mondial sur les plastiques », explique Danone.

Reste que les grands groupes font des efforts, remarquait début octobre l’organisation américaine As You Sow qui a classé les pratiques des grandes entreprises utilisatrices de plastique. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Coca-Cola qui apparaissait comme l’entreprise la plus vertueuse notamment en raison de la transparence dont le groupe fait preuve sur ses politiques pour réduire la pollution plastique. Si As You Sow notait une prise de conscience globale des industriels sur leur responsabilité en matière de pollution et de réels progrès, même Coca-Cola en tête du classement n’a pas obtenu la meilleure note possible.

L’article de Novethic est ici.

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Le manque d’engagement des pays sur les émissions de CO² conduit le monde à un réchauffement de 2,7°C, alerte l’ONU

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin avec AFP, le 20/09/2021.

À quelques semaines de la prochaine COP26 sur le climat, l’ONU s’alarme. Les pays, qui devaient prendre de nouveaux engagements en matière d’émissions de CO², tardent. Si 113 pays ont renforcé leurs ambitions, cela concerne moins de la moitié des émissions mondiales. En l’état, le monde va largement dépasser l’objectif de réchauffement maximum de 2°C, voire 1,5°C, fixé par l’Accord de Paris.

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Vues les ambitions de chaque État, le monde est engagé sur une trajectoire de réchauffement de 2,7°C selon l’ONU. @FranckWagner

Cela fait des années que des appels à l’engagement des pays se succèdent et s’accroissent. Mais trop peu, trop lent, alerte une nouvelle fois l’ONU à six semaines de la COP26 à Glasgow. « Les engagements déposés par les États signataires de l’Accord de Paris mènent le monde à un réchauffement de +2,7°C, très loin de l’objectif de 1,5°C espéré pour limiter ses retombées destructrices », s’est alarmée l’organisation internationale.

Lors de la présentation du rapport évaluant les engagements nationaux de 191 pays, publié vendredi 17 septembre, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a évoqué « un chemin catastrophique ». « L’échec à respecter l’objectif (de 2°C, voire 1,5°C, ndr) se mesurera à l’aune du nombre de morts et de moyens de subsistance détruits », a-t-il insisté, en appelant tous les gouvernements à proposer des engagements plus ambitieux.

113 pays engagés

En vertu de l’Accord de Paris, chaque pays devait réviser d’ici à la fin 2020 sa « contribution déterminée au niveau national », dit NDC. Mais au 30 juillet 2021, seuls 113 pays, représentant moins de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre (49 %), avaient effectivement déposé leurs engagements révisés. Avec ces nouvelles promesses, les émissions de ces pays, dont les États-Unis et l’UE, seraient réduites de 12 % en 2030 par rapport à 2010. Une « lueur d’espoir », veut croire Patricia Espinosa, responsable climat à l’ONU.

Mais « dans l’ensemble, les chiffres des émissions de gaz à effet de serre vont dans la mauvaise direction », a-t-elle déploré. Le monde est en effet loin du compte. Pour tenir les objectifs climatiques, il faudrait réduire les émissions de 40 % d’ici à 2030. Mais en l’état, vu l’ensemble des engagements – révisés ou non – des 191 pays, les émissions devraient augmenter de 16 % en 2030 par rapport à 2010.

Cet écart dramatique met encore plus la lumière sur le dernier rapport des scientifiques du Giec. Il mettait déjà en garde contre le risque d’atteindre le seuil de 1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu’estimé, menaçant l’humanité de désastres sans précédent. Dans ce contexte, « la COP26 doit être un succès », a insisté Patricia Espinosa. Elle a appelé les États à négocier en étant « poussés pas uniquement par le désir légitime de protection de leur intérêt national mais aussi par l’objectif de contribuer au bien-être de l’humanité ».

La place clé de la Chine

Une nouvelle évaluation, la dernière avant la COP26, sera réalisée fin octobre. Patricia Espinosa espère de nouveaux engagements. « Nous devons agir, nous tous, nous devons agir maintenant », a déclaré de son côté le président américain Joe Biden au début d’un sommet virtuel avec neuf dirigeants étrangers. « Pour ceux qui ne l’ont pas fait, le temps presse« , a-t-il ajouté, appelant à la « plus grande » ambition.

L’attention est notamment tournée vers la Chine, responsable de plus d’un quart des émissions mondiales de CO². Le président Xi Jinping a annoncé il y a un an viser la neutralité carbone d’ici à 2060 et un pic d’émissions « autour de 2030 », mais sans réviser sa NDC. Et il est très clair qu’aujourd’hui, sans Pékin les objectifs mondiaux sont inatteignables.

L’article de Novethic est ici.

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À Rambouillet, des faisans massacrés pour le plaisir des riches

Un article de Reporterre, par Luc Tribel, le 22/10/2021.

Héritée de la monarchie, la faisanderie de Rambouillet produit chaque année des milliers de volatiles destinés à être tirés par quelques privilégiés. Et certains profitent du mécénat d’entreprise défiscalisé pour s’adonner à ce type de chasse contestée par les environnementalistes.

Dans la ferme pédagogique du domaine national de Rambouillet, les visiteurs se pressent chaque week-end pour admirer des moutons mérinos, des poules de toutes espèces ou encore des vaches et cochons certifiés bio qui s’ébattent en plein air. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’à quelques centaines de mètres de cette ferme qui se veut à la pointe des techniques de reproduction, de sélection des races et du bien-être animal, subsiste le dernier élevage de gibier géré par la puissance publique. Aucune publicité n’est faite sur ce lieu, fermé au grand public. Et pour cause, ici les faisans sont élevés dans des conditions bien plus industrielles que bucoliques.

Reporterre a pu jeter un œil derrière les murs centenaires : disséminées dans une vaste prairie, des installations s’alignent sur plusieurs centaines de mètres. Dans les parcs de reproduction, les mâles fécondent les femelles, qui sont ensuite placées dans des cages minuscules, hors-sol et grillagées, pour faciliter la récupération des œufs. Une fois pondus, ces derniers sont transférés dans une vingtaine de couvoirs. Dans ces pavillons équipés de lampes chauffantes, les faisandeaux éclosent et grandissent avant d’être lâchés sur des parcelles du parc de chasse attenant de 650 hectares, tout aussi fermé au public que la faisanderie.

Des tirs pour la « conservation de l’espèce » ?

Les domaines publics de Marly et Chambord ont fermé leurs élevages intensifs de gibier, seul le domaine public de Rambouillet conserve le sien. « Les mutations importantes du domaine [de Rambouillet], qu’elles soient sur les plans administratif, financier, politique et stratégique, remettent en cause l’existence même de cet enclos de chasse, mis sous cloche et préservé du regard des citoyens depuis plus de 300 ans », reconnaît pourtant Pierre Rivière, chef de l’unité spécialisée Environnement & Chasse du domaine national de Rambouillet, dans une revue spécialisée sur la forêt.

Pourquoi alors maintenir cet élevage de gibier sous tutelle publique à Rambouillet [1] ? À cette question, ce n’est ni l’Office national des forêts ni le domaine de Rambouillet qui répondent, mais le domaine de Chambord : ce dernier a repris en 2018 la gestion du parc de chasse francilien et donc l’élevage de faisans qui s’y trouve [2]. La direction ne souhaite pas accorder d’entretien sur ce sujet, mais le service communication livre quelques informations par courriel. Ainsi, l’objectif de la faisanderie de Rambouillet ne serait pas de produire des oiseaux destinés à être tirés, mais d’assurer la conservation de l’espèce : « La population est gérée dans les conditions les plus naturelles possibles avec des reprises et relâchements ponctuels.  »

L’élevage de faisans dans le domaine national de Rambouillet. © DR

La faisanderie de Rambouillet reconnaît dépenser 50 000 euros par an pour élever quelque 16 000 faisans, relâchés pour l’essentiel dans le parc de chasse. Durant la saison de chasse, 3 000 volatiles y sont abattus. Ces « prélèvements » seraient destinés à réguler les populations d’animaux. Les gestionnaires ne voient aucune contradiction entre leur mission de « conservation de l’espèce » — qui justifie le maintien de la faisanderie —, et le fait de tuer 20 % de l’effectif chaque année : « Cela n’a rien de comparable avec un élevage pratiqué en masse à des fins commerciales. [… ] Cette gestion a vocation à servir d’exemple d’une chasse durable, respectueuse des équilibres naturels, qui pourrait contribuer à une évolution des pratiques », insiste-t-on au service communication.

Des arguments contestés par les environnementalistes. Le raisonnement de la « régulation » vaut éventuellement pour le gros gibier, qui n’a plus de prédateur naturel et finirait par manquer de nourriture dans ces enclos. Mais absolument pas pour le faisan, explique à Reporterre le naturaliste Pierre Rigaux. Le même balaie l’argument des « équilibres naturels ». D’origine asiatique, le faisan n’est pas une espèce autochtone en Europe et il survit difficilement en milieu naturel : « Les élevages et lâchers ne contribuent donc en rien au maintien de la biodiversité, contrairement à ce que disent les chasseurs. »

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) dénonce le cercle vicieux qu’engendrent ces pratiques : nés dans des couvoirs sous des lampes chauffantes, les faisandeaux n’ont pas de mère pour leur apprendre à se nourrir et à échapper aux prédateurs, leur inexpérience limitant fortement leur espérance de vie. Alors, pour éviter que les faisans d’élevage ne soient décimés par la faune sauvage — renards et divers mustélidés (belettes, putois, blaireaux, etc.) —, les chasseurs abattent et piègent leurs concurrents à fourrure, à Rambouillet comme partout en France. « Cela prive les agriculteurs d’alliés précieux, sachant que chaque renard consomme 4 000 à 5 000 micromammifères par an, essentiellement des rongeurs », déplore le directeur général de la LPO, Yves Verilhac.

L’élevage de faisans dans le domaine national de Rambouillet. © DR

Milliardaires, politiques, oligarques étrangers…

Outre les arguments de la conservation de l’espèce, les gestionnaires de ce système hérité de l’Ancien Régime le défendent en faisant valoir les retombées économiques. Ce parc de chasse aménagé en parcelles, des « tirés de faisans » dans le jargon cynégétique, aménagées depuis Louis XVI afin d’assurer aux nemrods un tableau abondant dès l’ouverture de la saison, sont à la disposition d’invités triés sur le volet. Parlementaires, ministres, élus locaux, dirigeants d’entreprises et du monde cynégétique… en permettant à des invités de marque d’aligner des tableaux de chasse impressionnants, les gestionnaires du parc espèrent drainer plus de recettes. Car accéder à ces chasses non commerciales nécessite de disposer d’une invitation, obtenue généralement en devenant mécène de l’Épic. Un don d’au moins 5 000 euros donne le droit de participer à une battue au faisan dans l’enclos de Rambouillet.

Directeur général du domaine national de Chambord et commissaire à l’aménagement du domaine national de Rambouillet, Jean d’Haussonville ne se contente plus de la manne des grandes fortunes françaises. Il lorgne aussi « de riches chasseurs étrangers qui choisissent encore trop peu la France », raconte Marcelo Wesfreid dans Le jardin secret de la République (édition Plon), livre consacré aux domaines nationaux de chasse. En ligne de mire : les milliardaires, dirigeants politiques et oligarques de tous pays, du golfe Persique aux États-Unis.

En développant le mécénat, Jean d’Haussonville espère éteindre la controverse [3] que suscite l’accaparement du domaine public à des fins strictement cynégétiques pour le plaisir de quelques « happy few » de la gâchette, dont la liste est tenue secrète. Dans Le jardin secret de la République, le directeur soutient ainsi qu’« il n’y a plus aujourd’hui un euro du contribuable qui serve à financer les chasses de Chambord ou de Rambouillet ». Difficilement accessibles au public, des documents transmis à Reporterre détaillant en 2018 le budget du domaine de chasse de Rambouillet, partie prenante de celui de Chambord à la suite du rapprochement des deux domaines, montrent en effet que ce mécénat permet à de riches donateurs de s’adonner à moindres frais à la « chasse à la cocotte », comme on appelle ici la chasse au faisan. Et même gratuitement quand il s’agit de mécénat d’entreprise.

En contrepartie des dons réglés par les firmes ou fondations qu’ils dirigent, les dirigeants concernés, souvent chasseurs eux-mêmes, se font inviter à Rambouillet. D’où leur générosité : par exemple, Guillaume Poitrinal, le promoteur immobilier et cofondateur de Woodeum, a contribué en 2018 à la mise aux normes de l’élevage de faisans à hauteur de 30 080 euros et versé 25 000 euros pour la rénovation des murs et clôtures, via la Fondation du patrimoine, qu’il préside. Axa, dont les anciens dirigeants Claude Bébéar et Henri de Castries « sont des familiers des chasses de l’État », a financé de son côté l’aménagement de la perspective nord du parc de chasse à hauteur de 475 000 euros. Enfin, le courtier en assurances AON, dont le PDG, Robert Leblanc, se dit également chasseur, a participé en 2018 à la rénovation du pavillon de la faisanderie et L’Oréal à la réfection d’un parquet de pontes pour 35 000 euros. Ainsi, par la grâce du mécénat, la « chasse à la cocotte d’élevage » organisée sous la tutelle de l’État devient une pratique culturelle subventionnée. Et les Français et les Françaises continuent de mettre indirectement de leur poche puisqu’il s’agit d’un mécénat largement défiscalisé, donc correspondant à un manque à gagner pour l’État.

Quand bien même ils ne seraient pas mécènes, des dirigeants politiques étrangers peuvent y exprimer toutes sortes d’extravagances. Il faut alors s’incliner, dans l’intérêt supposé de la France. En 2007, lors de sa visite à Paris, le dictateur libyen Kadhafi avait ainsi demandé à ce qu’on lui organise une partie de chasse à Rambouillet, dont Marcelo Wesfreid révèle les dessous dans son livre. Pour lui assurer un « tableau riche de 500 volatiles », les gestionnaires procédèrent à des lâchers dans le parc. Mais cette débauche de moyens ne suffit pas à satisfaire Kadhafi. Frustré par sa propre maladresse, le fantasque colonel exigea alors un fusil à pompe pour décimer plus vite les faisans. Et, à force de s’énerver, il en vint à les tirer à même le sol, au mépris de tous les usages. Ce jour-là, l’éthique de la chasse dont se prévaut Rambouillet prit aussi du plomb dans l’aile.

L’article de Reporterre est ici.

Notes

[1] L’élevage de gibier étant de plus en plus contesté, les domaines nationaux de Marly et Chambord ont cessé leur activité. Chambord affirme par ailleurs avoir renoncé à tirer le petit gibier sédentaire car les faisans, perdrix, bécasses ou canards présents dans le parc « ne justifient pas de régulation », selon le service de presse du domaine de Chambord, gestionnaire du parc de chasse de Rambouillet.

[2] Constitué en établissement public industriel et commercial (Épic), dont l’activité est de nature industrielle ou commerciale, Chambord dispose d’une grande latitude pour développer toutes sortes de recettes commerciales, y compris cynégétiques, en fonctionnant avec des règles de droit privé. Il doit au moins viser l’équilibre entre recettes et dépenses.

[3] Articles de journaux et diverses personnalités critiquent depuis des décennies ces chasses ex-présidentielles, mais toujours élitistes, financées et gérées par la puissance publique. Si Jacques Chirac a voulu y mettre un terme, Emmanuel Macron les a remises à l’honneur.

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Quel pays réchauffe le plus la planète : la vidéo impressionnante de Carbon Brief

Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 17/10/2021.

Le site Carbon Brief vient de publier une datavisualisation extrêmement parlante sur la responsabilité de certains pays dans le réchauffement climatique. Fait inédit, il a inclus dans son analyse les émissions de CO2 provenant de l’utilisation des terres et de la forêt, en plus de celles provenant des combustibles fossiles.

Les États-Unis représentent 20 % du total de CO2 émis au niveau mondial depuis 1850. @Carbon Brief

Les États-Unis arrivent, sans surprise, en tête des pays les plus émetteurs de CO2 entre 1850 et 2020. Mais ce qui est plus surprenant dans la datavisualisation que propose le site Carbon Brief (1), c’est l’énorme écart qui le sépare des autres pays. D’ici la fin de 2021, les États-Unis auront émis plus de 500 gigatonnes de CO2 en 170 ans. Cela représente 20,3 % du total mondial, et quelque 0,2 °C de réchauffement à ce jour.

Relativement loin derrière les États-Unis se trouve la Chine. Le pays représente 11,4 % des émissions cumulées de CO2 à ce jour et environ 0,1°C de réchauffement. Mais la deuxième position a longtemps été occupée par la Russie. Ce n’est que dans les années 1980 que Pékin revient en force dans le Top 10 en raison de son boom économique permis par le développement du charbon.

La Russie arrive en troisième position, avec quelque 6,9 ​​% des émissions mondiales cumulées de CO2, mais cette troisième place a été occupée pendant un siècle, de 1870 à 1970 environ, par le Royaume-Uni. L’atelier du monde au XIXe siècle avait alors exporté de grands volumes de produits à forte intensité énergétique et carbone. Ce troisième rang a aussi brièvement été occupée par la Chine dans les années 1850 en raison de ses émissions liées à l’utilisation des terres.

Un budget carbone épuisé dans dix ans au rythme actuel

Suivent le Brésil (4,5 %) et l’Indonésie (4,1 %), deux pays qui doivent en grande partie leurs émissions à la déforestation. L’Allemagne se classe à la sixième place avec 3,5 % des émissions cumulées en raison de son industrie charbonnière. L’Inde occupe la septième place du classement, avec 3,4 % du total cumulé – juste au-dessus du Royaume-Uni, avec 3 %. Le Japon avec 2,7 % et le Canada, avec 2,6%, clôturent les dix principaux contributeurs aux émissions historiques.

La France, qui était 8e en 1850, a complètement disparu du Top 10 en raison de son énergie décarbonée. A noter aussi que les émissions du transport international provenant de l’aviation et du transport maritime, qui sont presque toujours exclues des inventaires et objectifs nationaux, se classeraient au 11e rang de la liste, si elles étaient considérées comme une nation.

Ensemble, les émissions cumulées entre 1850 et 2021 représentent environ 86 % du budget carbone pour espérer rester en dessous de 1,5°C de réchauffement. Avec l’augmentation des émissions, le budget carbone s’est épuisé à un rythme accéléré, la moitié du total cumulé depuis 1850 ayant été libérée au cours des 40 dernières années seulement. Dès le début de 2022, le budget restant serait épuisé dans les dix ans, si les émissions annuelles restent aux niveaux actuels.

L’article et la vidéo de Novethic sont ici.

(1) Voir l’article de Carbon Brief

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Partout dans le monde, le changement climatique exacerbe la crise énergétique

Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 21/10/2021.

Le changement climatique est une sérieuse menace pour le secteur de l’énergie. De la sécheresse en Amérique du Sud aux inondations en Chine et en Inde en passant par les canicules records au Canada… les évènements climatiques extrêmes exacerbent la hausse des prix de l’énergie. Or, ces crises vont être amenées à se multiplier et à s’amplifier si rien n’est fait pour dévier la trajectoire actuelle. 

Des inondations ont entraîné la fermeture de dizaines de mines de charbon dans une grosse région productrice du nord de la Chine. China OUT / AFP

Des barrages hydrauliques asséchés en Amérique du Sud

Cet été, l’Amérique du sud a connu sa pire sécheresse depuis un siècle. Le fleuve Parana, le deuxième plus grand fleuve du continent, est bientôt à sec. Il a perdu six mètres en deux mois, en raison du manque de pluie et de la déforestation. Conséquence : les centrales hydrauliques tournent au ralenti. Or, celles-ci fournissent 55 % de l’électricité du continent. Le Brésil par exemple, extrêmement dépendant de l’hydroélectricité, a dû se tourner vers le gaz américain. Cela a contribué à faire grimper les prix mondiaux à des niveaux records et a accru les problèmes d’approvisionnement, notamment vers le continent européen.

Des mines de charbon inondées en Asie

En Chine, cet automne, des pluies diluviennes ont provoqué la fermeture d’une soixantaine de mines de charbon dans la région du Shanxi qui assure 30 % de l’approvisionnement en charbon du pays. La province, habituellement sèche, a reçu en l’espace de cinq jours trois fois les précipitations normales pour l’ensemble du mois d’octobre. Cela vient accentuer la pénurie d’électricité à laquelle est confrontée la Chine, alors que le charbon assure encore 60 % de la production électrique du pays. Même scénario en Inde, où de fortes pluies de mousson ont joué les prolongations, compliquant l’extraction de charbon et perturbant les réseaux de transport.

Pénurie de vent pour les éoliennes britanniques

Alors que le Royaume-Uni a installé près de 11 000 éoliennes sur son territoire, le pays a été confronté en septembre à une pénurie… de vent. Le secteur n’a fourni que 7 % de l’électricité pendant cette période, contre 24 % fournit habituellement. Le Royaume-Uni a été contraint de rallumer une centrale à charbon. La France avait dû faire de même un an plus tôt en raison d’un vent faible et d’un parc nucléaire en sous régime avec la fermeture de Fessenheim. Et le phénomène risque de devenir de plus en plus fréquent. Si elles ne sont pas unanimes, de nombreuses études estiment que le réchauffement climatique conduira à des vents plus faibles. Le problème se pose également pour le photovoltaïque. Le rendement des panneaux solaires baisse avec la chaleur : moins 10 % en moyenne pendant les canicules, selon le fournisseur d’énergie belge Essent.

Les infrastructures victimes des canicules en Amérique du Nord

La question de l’adaptation des infrastructures face au réchauffement climatique est un des grands enjeux des prochaines décennies et le secteur de l’énergie n’en est pas exempt. L’Amérique du Nord en a été témoin cet été. Dans le cadre de l’exceptionnelle vague de chaleur qui a touché la région, avec des températures atteignant 47°C dans l’Oregon (États-Unis) en juin, les câbles d’alimentation électrique ont fondu. Le trafic du tramway de Portland a par exemple dû être interrompu. En France, en août 2018, deux câbles du réseau Enedis avaient fondu dans la ville d’Aubagne (Bouches-du-Rhône) sous la chaleur. 2 000 foyers avaient été privés d’électricité pendant plusieurs heures.

Le nucléaire sous tension en France

La filière du nucléaire est elle aussi sous tension. Les centrales ont besoin d’eau en permanence pour évacuer la chaleur issue de la réaction nucléaire, c’est pourquoi elles se situent à proximité de points d’eau. Mais avec la multiplication des sécheresses, ces réserves en eau sont de plus en plus incertaines. La centrale nucléaire de Chooz, dans les Ardennes, en a fait les frais : elle a été totalement mise à l’arrêt en août 2020, en raison d’un débit insuffisant de la Meuse. Par sécurité, un seuil de 20 m3/seconde a été fixé pour le refroidissement des deux réacteurs. Dans d’autres cas, sans être arrêtées, les centrales peuvent être mises au ralenti. C’était notamment le cas fin 2019 : EDF annonçait avoir réduit la puissance de la centrale du Bugey (Ain) en raison de débits d’eau insuffisants.

L’article de Novethic est ici.

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Le bruit détruit plus la santé que la pollution de l’air

Un article de Reporterre, par Yves Sciama, le 04/10/2021.

Infarctus, stress, réduction des défenses immunitaires… Un rapport de l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, démontre les impressionnants dégâts sanitaires causés par le bruit, notamment des voitures et deux-roues. Des dégâts totalement ignorés par les autorités.

Notre société prendrait-elle enfin la mesure des dégâts réels du bruit ambiant ? Lancée le 20 septembre par l’association Ras le scoot, une pétition pour limiter la pollution sonore des deux roues comptait plus de 20 000 signatures [1] le lendemain de sa mise en ligne malgré une totale absence de couverture médiatique. Cet engouement révèle une exaspération ainsi qu’une inquiétude : longtemps vu comme un facteur de nuisance à la qualité de vie, le bruit est désormais une affaire de santé publique.

Un rapport réalisé par le Conseil national du bruit et l’Agence de la transition écologique (Ademe), publié au mois de juillet de cette année, en donne la mesure. Selon ce document, hélas passé presque inaperçu dans la torpeur de l’été, le « coût social du bruit » en France est de 155,7 milliards d’euros annuels. Une somme astronomique, supérieure à ce que coûte la pollution atmosphérique : plus de 100 milliards d’euros, selon un rapport sénatorial de 2015. Supérieure, également, au coût du tabac : 120 milliards d’euros par an.

Le bruit est ainsi responsable de la perte, uniquement en France, de 950 000 années de vie en bonne santé. 25 millions de Français et de Françaises sont exposés à des niveaux sonores nocifs. 68 % des dommages sont induits par le bruit des transports, catégorie où la route se taille la part du lion, avec 75 % des dégâts — le reste provient du ferroviaire et de l’aérien. Autres facteurs de nuisance : les chantiers, le travail et le voisinage.

Ademe/Conseil national du bruit

Comment aboutit-on à ces chiffres ? Il y a environ une décennie, un rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les dégâts sanitaires du bruit, encore imprécis mais alarmant, avait mis le sujet sur le bureau des épidémiologistes. À l’époque, les données étaient rares, souvent issues d’actions d’habitants proches d’aéroports. Depuis, les études se sont accumulées et ont permis à l’OMS, en 2018, de produire des « lignes directrices ». Elles comportaient une série de courbes dites « dose-réponse » qui déterminent combien de personnes tombent malades dans une population exposée à un certain niveau de bruit, et établissent plus précisément où sont les seuils de danger. Par exemple, l’exposition au bruit de la route devrait être de 53 décibels maximum le jour et 45 décibels la nuit.

« Un lien entre l’exposition au bruit ambiant et les maladies cardiovasculaires »

Car l’épidémiologie est désormais claire : l’exposition au bruit perturbe gravement le sommeil, et induit une « forte gêne ». Le terme médical anglo-saxon, qui n’a pas d’équivalent français, est « annoyance » et désigne une sorte de pré-stress. Les conséquences du bruit ne sont pas toujours perceptibles : pour compenser l’impossibilité de fermer les oreilles, comme on fermerait les yeux, le cerveau humain parvient à détourner son attention du bruit, et l’être humain ne le remarque alors plus. « Si vous emménagez dans un appartement bruyant, pendant quinze jours vous n’allez pas dormir, puis cela va se régler et vous croirez que vous êtes habitué, résume Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif, le centre d’évaluation technique de l’environnement sonore d’Île-de-France. En réalité, votre sommeil restera perturbé, raccourci et fragmenté, et votre santé en subira les conséquences. »

Tout comme la perturbation du sommeil, l’« annoyance » finit par s’oublier ; mais ses effets biologiques sont désormais clairement documentés par la littérature médicale : augmentation du rythme cardiaque, de la tension artérielle, de la concentration sanguine des hormones de stress, stress oxydatif, réduction des défenses immunitaires…

« Tout ceci a été long à démontrer, explique Zorana Jovanovic-Andersen, épidémiologue de la santé et professeure à l’université de Copenhague, car mettre en évidence les effets sanitaires d’une pollution environnementale n’est jamais simple, les expositions étant difficiles à reconstituer sur de longues périodes. » La chercheuse a publié en avril 2021 une étude impressionnante montrant qu’à partir de 56 décibels de fond sonore, chaque augmentation d’exposition de 10 décibels se traduisait par un risque d’infarctus du myocarde en augmentation de 30 %. « Nous avons eu la chance, pour pouvoir montrer cela, de disposer d’une cohorte danoise de 25 000 infirmières suivie depuis 1993, détaille l’épidémiologue. Nous avions leurs adresses successives, ce qui nous a permis de mesurer leur exposition au bruit, et nous avions tout l’éventail entre la campagne la plus calme et les cœurs de ville les plus passants. Nous connaissions aussi leur alimentation, leurs habitudes de vie (sport, tabagisme, etc.) grâce à des questionnaires, sans cela nous n’aurions pas pu faire ce travail. »

Grâce à ce genre d’études, l’OMS a établi un lien causal entre l’exposition au bruit ambiant et les maladies cardiovasculaires : infarctus, hypertension et accidents cardiovasculaires. Zorana Jovanovic-Andersen vient de publier une autre étude montrant des effets sur les arythmies cardiaques. «À cause des effets du bruit sur le stress et le sommeil, d’autres maladies sont induites : l’obésité, le diabète, les troubles anxio-dépressifs, les difficultés d’apprentissage… poursuit-elle. Nous avons aussi montré un accroissement du cancer du sein, et on peut penser que d’autres cancers suivront puisque le stress réduit les défenses immunitaires.»

La suite de l’article de Reporterre est ici.

[1] Elle recueille à l’heure où nous écrivons ces lignes, le 22 septembre — 22 600 signatures.

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Affaire du siècle : la France est condamnée, pour la première fois, à réparer son manque d’action climatique

Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 14/10/2021.

C’est une décision inédite que vient de rendre le tribunal administratif de Paris, dans le cadre de l’Affaire du siècle, soutenue par une pétition signée par plus de 2 millions de citoyens. Les juges ont condamné l’État à réparer le préjudice écologique causé par le non-respect de ses engagements climatiques, une première au niveau mondial. Il a quatorze mois pour agir.

Lancée il y a trois ans, l’Affaire du siècle est parvenue à faire condamner l’État à réparer son inaction climatique.
@Affaire du siècle

Nouvelle victoire de l’Affaire du siècle devant les juges. Après avoir été condamné pour son inaction climatique en février dernier, l’État est désormais condamné à réparer le préjudice écologique qu’il a causé en ne tenant pas ses engagements, une première au niveau mondial. C’est la décision prononcée ce jeudi 14 octobre par le Tribunal administratif de Paris (1), qui a suivi les recommandations de la rapporteuse publique. « Cette décision crée une jurisprudence qui obligera l’État et tous les gouvernements successifs à rattraper tout dépassement », a réagi Jean-François Julliard de Greenpeace.

« Nous touchons aujourd’hui au but de cette action lancée il y a 3 ans avec le soutien de 2,3 millions de personnes : obliger l’État à agir pour le climat ! », ont réagi les quatre organisations de l’Affaire du Siècle (Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France et Oxfam France). Soutenues par une pétition qui a battu des records, elles avaient saisi début 2019 le tribunal administratif de Paris pour faire constater les carences de l’État dans la lutte contre le réchauffement sur la période 2015-2018.

« Nous touchons au but : obliger l’État à agir pour le climat ! »

Le gouvernement a un peu plus d’un an, jusqu’au 31 décembre 2022, pour rattraper son retard. Il s’agit pour lui d’éviter l’émission de 15 millions de tonnes de gaz à effet de serre… ce qui correspond au dépassement de son premier budget carbone (2015-2018), selon les estimations des juges. Pour réduire ses émissions de CO2 et atteindre ses objectifs climatiques, la France se fixe chaque année un « budget carbone », c’est-à-dire un plafond d’émissions de CO2 sur une période déterminée, qui est régulièrement dépassé.

En 2022, la France devra donc prendre des mesures additionnelles pour éviter l’émission de 13 millions de tonnes de CO2, tel que prévu dans son budget carbone, auxquelles viennent s’ajouter ces 15 millions de tonnes, soit un total de 28 millions de tonnes de CO2. « Il y a du pain sur la planche dans un délai très court », a réagi l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, initiatrice de l’Affaire du siècle. « Ce que dit le juge, avec cette échéance à fin 2022, c’est qu’il faut agir vite car une tonne de CO2 aujourd’hui n’a pas la même valeur qu’une tonne de CO2 demain. C’est le signe que ça bouge et que les juges ont compris l’urgence climatique » ajoute-t-elle.

Au 31 décembre 2022, les juges pourront établir une astreinte financière si l’État n’a pas respecté cette nouvelle trajectoire – les ONG proposaient qu’elle atteigne 78 millions d’euros par semestre de retard. Par ailleurs, les juges n’ont pas proposé de mesures spécifiques, estimant qu’il ne revenait pas au tribunal de se « substituer à l’exécutif » pour choisir parmi « la multiplicité des réparations possibles ».

L’article de Novethic est ici.

(1) Voir la décision du tribunal administratif de Paris

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Montpellier : Les constructeurs indélicats recevront la facture en cas de dommage infligé à un arbre

Un article de 20minutes, par Nicolas Bonzom, le 24/09/2021.

La ville de Montpellier a décidé de durcir les amendes délivrées aux entreprises indélicates, en cas de dommages infligés au patrimoine arboré, lors de travaux. Pour mettre en œuvre sa nouvelle mesure, la ville s’appuiera sur un nouvel outil, le Barème de l’arbre, mis au point par plusieurs associations et organismes. Selon les cas, la valeur des arbres peut grimper de 500 euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros (ou plus), pour les plus remarquables d’entre eux.

Des travaux, à Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse

Constructeurs, prenez garde aux arbres ! La ville de Montpellier (Hérault) a décidé de durcir les amendes délivrées aux entreprises indélicates, en cas de dommages infligés au patrimoine arboré, lors de travaux sur le domaine public. Un dispositif similaire existait déjà dans la capitale héraultaise, mais la commune va fortement renforcer les pénalités, en les multipliant par deux, en moyenne.

« Quand un chantier est mal conduit, qu’un arbre est malmené, soit on ne fait rien, soit on fait payer, confie Michaël Delafosse (PS), le maire de Montpellier. Parce qu’il a été dégradé, comme on peut dégrader un sol ou une vitrine. Le mieux, c’est de ne pas dégrader le patrimoine végétal, d’être attentif. Mais lorsque cela arrive, il faut pouvoir mettre à l’amende. » Pour l’élu, « un arbre ne peut pas être détruit parce que l’on dit « Ce n’est qu’un arbre » ». Pour mettre en œuvre sa mesure, la ville s’appuiera sur un nouvel outil, le « barème de l’arbre », mis au point par plusieurs associations et organismes. Il permet de connaître la valeur des arbres, et d’évaluer les dégâts.

De 500 à plusieurs dizaines de milliers d’euros

Photo d’illustration

« C’est un calculateur, accessible gratuitement en ligne », explique Alice Meyer-Grandbastien, chargée d’études à Plante et Cité, une association d’études et d’expérimentations sur la nature en ville, qui a œuvré à la conception de ce calculateur. « Un formulaire permet de renseigner différents critères sur l’arbre, comme la dimension du houppier [l’ensemble des branches au sommet] ou son importance dans le paysage, son caractère endémique par exemple, et le logiciel calcule la valeur de l’arbre en euros. » De 500 à plusieurs dizaines de milliers d’euros, pour les plus remarquables. « L’objectif est que la valeur soit relativement élevée, pour permettre de sensibiliser le plus grand nombre à ce que représente un arbre », poursuit Alice Meyer-Grandbastien. L’outil permet, ensuite, d’évaluer le coût des dégâts infligés à l’arbre, en indiquant si les dommages concernent les racines, le tronc ou le houppier. Ou si l’arbre est tombé. « Selon la gravité, l’outil définit un pourcentage de la valeur de l’arbre », note-t-elle

« Les maîtres d’ouvrage ne sont pas les ennemis de la nature »

Si la mesure a été approuvée par le conseil municipal, elle n’a pas fait l’unanimité. Pour le mouvement Nous sommes, ce dispositif, « comme un clin d’œil au monde des banques et des assurances, ne fait qu’entretenir ce système où tout a un prix, où tout se vend et s’achète, et qui met précisément à mal la biodiversité ». « C’est un courant, la monétarisation de la nature, qui consiste à penser que l’on va tout régler en donnant une valeur monétaire à la nature », déplore Alenka Doulain (divers gauche), qui siège dans l’opposition. Avec un tel dispositif, poursuit l’élue, « ceux qui peuvent se permettre de payer pour polluer ou pour compenser ne changent pas leurs pratiques ».

Pour Laurent Villaret, président de la Fédération des promoteurs immobiliers d’Occitanie, « les maîtres d’ouvrage ne sont pas les ennemis de la nature ». « Croire qu’ils sont là pour couper des arbres, c’est n’avoir rien compris. La première chose que demandent nos clients, c’est un cadre paysager. » Avant de pénaliser les constructeurs, Laurent Villaret aurait souhaité que soient mises en place, « avec, aussi, ceux qui construisent », des « règles claires, qui permettent de protéger l’environnement, mais aussi de répondre aux demandes de logements. Punir un maître d’ouvrage alors qu’il n’y a pas de règles, cela ne sert à rien. Pour autant, si les choses sont trop contraignantes, si l’on protège une espèce très répandue, hyper invasive ou que l’on peut facilement replanter, le risque, c’est de tomber dans une logique d’inconstructibilité. »

L’article de 20minutes est ici.

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Une propriété de chasse condamnée à 120 000 euros d’amende pour préjudice écologique au marais Audomarois

Un article de La Relève et La Peste, par Maïté Debove, le 06/10/2021.

Les juges d’appel ont en outre condamné les propriétaires à enlever les matériaux potentiellement polluants déposés sur les terres dans un délai de six mois. A partir de ces délais, ils seront sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Philippe TURPIN / Photononstop via AFP

Fin août 2021, une société de chasse a été condamnée par la Cour d’Appel de Douai pour avoir porté un lourd préjudice écologique au marais Audomarois, au nord-ouest de la région Hauts-de-France. L’étang a été agrandi, de nombreux habitats et tourbières ont été modifiés ou détruits, ce qui constitue une atteinte non-négligeable envers l’environnement. L’écosystème ne peut malheureusement pas véritablement être remis en état, car cela causerait d’autant plus de dégradations. Les dommages sont ainsi irréparables. Cette condamnation refait la lumière sur l’importance de protéger les zones humides, fortement menacées de disparition en France.

Des dégâts irréparables

Le marais Audomarois se situe à la rencontre entre l’Artois et la Flandre. Vaste de 3726 ha, riche de 700 km de canaux, de paysages pittoresques, de 300 espèces de plantes dont 40 légalement protégées, de plus de 200 espèces d’oiseaux, de 26 espèces de poissons, c’est un réservoir biodiversité extraordinaire. Il a même été labellisé par l’UNESCO en 2013.

Pourtant, la société de chasse incriminée a creusé illégalement des plans d’eau à Clairmarais et Noordpeene sur leur terrain, dans le but de faire des mares de chasse. Ces lieux font partie d’une zone protégée, le Parc naturel des caps et Marais d’opale. L’évaluation des dégâts et des coûts environnementaux est complexe. Les juges estiment que l’infraction « porte uniquement sur une mise en eau non autorisée de 1,5 hectare à l’intérieur du parc et sur une propriété privée ».

Après plus de 8 ans de procédure judiciaire, les propriétaires sont condamnés à 120 000 euros dont 40 000 euros d’amende avec sursis, et d’autres indemnités.

« On espère que cette condamnation mettra un coup d’arrêt à toutes les autres infractions que nous relevons dans le parc. Il y a beaucoup trop d’endroits où on s’affranchit des règles, avec des impacts très lourds sur les milieux. Ces interventions sont très dégradantes pour les paysages, les milieux et l’agriculture. » a commenté Luc Barbier, chargé de mission au marais Audomarois

Les juges d’appel ont en outre condamné les propriétaires à enlever les matériaux potentiellement polluants déposés sur les terres dans un délai de six mois. A partir de ces délais, ils seront sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Le creusage des plans d’eau et l’aménagement de fossés a également provoqué une modification de l’hydraulique générale de la zone, ce qui pourrait causer davantage d’inondations. En effet, la dégradation des sols peut entraîner leur imperméabilisation et couper les chemins naturels que prennent les eaux pour rejoindre les nappes phréatiques.

Des sommes complémentaires sont comprises dans la condamnation : 2000 euros pour la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et 5000 euros au syndicat mixte du parc naturel régional des caps et Marais d’opale. Cette décision de la justice fait écho au besoin grandissant de protection des zones humides en France et est particulièrement significative.

L’importance de protéger les zones humides

Les zones humides sont aujourd’hui pourtant l’un de nos meilleurs réservoirs pour s’armer contre les inondations. Ces écosystèmes bien que méconnus sont fondamentaux : ils filtrent la pollution, sont le refuge de près de la moitié des espèces animales de la planète, ainsi que de nombreuses plantes. Ils purifient et stockent l’eau, sont donc également créateurs d’eau potable. Lors d’inondations, l’eau est absorbée dans leurs sols comme par une éponge et est restituée progressivement dans les mois qui suivent. En France, la rapidité de disparition des zones humides est trois fois plus élevée que les forêts, elles sont donc particulièrement menacées. Plus de 50% de ses zones humides ont été détruites depuis 1960.

Marais Audomarois – Crédit : Dominic Barnes

Depuis le 25 novembre 2020, le Parlement Européen a strictement interdit l’usage de munitions de chasse au plomb dans les zones humides pour freiner les dégâts environnementaux entrainés par ce métal dévastateur pour la faune, la flore et les êtres humains. Les zones humides sont particulièrement concernées, 4000 tonnes de plomb étant déversées chaque année dans ces régions; contre 500 tonnes par toutes les sources industrielles ponctuelles.

Une zone de 100 mètres aux alentours des zones humides doit désormais être respectée et protégée. En France, les législations n’ont pas encore été modifiées pour répondre à cette mise en vigueur, qui permettrait pourtant une meilleure protection de ces zones essentielles à la biodiversité.

L’avocat du parc naturel, Sébastien Mabile, se félicite de la justice exemplaire rendue face au préjudice écologique mais regrette un manque de législation sur le sujet : « Bien que reconnu, il est valorisé selon une estimation forfaitaire non justifiée, les sommes n’étant pas affectées à la réparation de l’environnement ».

L’article de La Relève et La Peste est ici.

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En 2020, la France a largement respecté son budget carbone, en raison de la baisse d’activité liée au covid-19

Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 06/10/2021.

En 2020, la France a respecté sa trajectoire de baisse des émissions, en émettant moins de CO2 que prévu dans ses objectifs. Mais cette bonne nouvelle pour le climat n’est due qu’à la pandémie de Covid-19 qui a mis à l’arrêt l’économie. Le pays est par ailleurs l’un des plus en retard au niveau européen sur le développement des énergies renouvelables.

La France a émis 8 % de moins que le plafond de CO2 autorisé.
CC0

C’est ce que l’on peut appeler une fausse bonne nouvelle. Alors que la France a été condamnée au début de l’année, dans l’Affaire du siècle, pour ne pas avoir respecté son budget carbone, des données récentes montrent que le pays a largement tenu ses objectifs pour l’année 2020. Pour réduire ses émissions de CO2 et atteindre ses objectifs climatiques, la France se fixe un « budget carbone », c’est-à-dire un plafond d’émissions de CO2 sur une période déterminée. Ce budget carbone est sans cesse dépassé.

Mais, en 2020, la France est restée sous le plafond autorisé. Selon des données encore provisoires publiées par l’Observatoire Climat-Énergie (1) du Réseau Action Climat (RAC), la France a émis 364 millions de tonnes équivalentes CO2 (MtCO2e), c’est 8 % de moins que le plafond autorisé de 397 MtCO2e. De quoi se réjouir ? Oui, mais il faut relativiser car cela est dû à la pandémie de Covid-19 et à la paralysie économique.

La France en retard sur les renouvelables

« C’est une année 2020 en trompe-l’œil », dénonce le RAC. « La crise du Covid, avec un arrêt brusque de nombreuses activités durant plusieurs mois, a permis une baisse malheureusement très temporaire des émissions de gaz à effet de serre. Il y a de plus un fort risque de rebond, car pour réduire durablement, il est nécessaire d’effectuer des changements structurels profonds et durables, ce qui n’est pour l’instant pas le cas », s’inquiète le Réseau.

Il pointe en outre un retard dans le déploiement des énergies renouvelables avec un écart de 17 % par rapport à l’objectif fixé par la France. Le pays est l’un des plus mauvais élèves au niveau européen dans ce domaine. « Mais une accélération récente est à noter avec une poursuite du développement de l’éolien, en phase avec les objectifs fixés, et une croissance plus forte du solaire et du biogaz », précise toutefois le RAC.

Pour favoriser l’essor des parcs éoliens, qui font l’objet d’une vive contestation, le gouvernement vient d’annoncer une série de mesures : création d’un « médiateur de l’éolien », d’un fonds pour le patrimoine, bridage sonore, soutien aux projets citoyens… « Les énergies renouvelables, dont l’éolien, sont vitales pour garantir la sécurité énergétique de la France et lutter contre le dérèglement climatique. Mais mon devoir est de trouver les moyens d’un développement maîtrisé et responsable », a dit lors d’une conférence de presse la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

L’article de Novethic est ici.

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À un mois de la COP26, tous les enjeux de ce rendez-vous clé pour le climat

Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 05/10/2021.

À un mois de la COP26, Novethic revient sur les principaux enjeux de ce sommet climatique international. Il se tiendra du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow, en Écosse, après avoir été reporté d’un an en raison de la pandémie de Covid-19. C’est la plus importante rencontre internationale sur le climat depuis l’Accord de Paris, mais son succès est loin d’être garanti.

La COP26 s’ouvre dans moins d’un mois à Glasgow, au Royaume-Uni. COP26

Pourquoi ce sommet est-il si important ?

Il est le premier test de la mise en application de l’Accord de Paris, adopté en 2015. Celui-ci prévoit que les États soumettent tous les cinq ans de nouvelles contributions climatiques (NDC). Et la première échéance de cette relève de l’ambition aura lieu pendant la COP26. « Je ne sous-estime pas la somme de travail requis », a reconnu Alok Sharma, le président de la conférence à l’issue de la Pré-COP26 qui s’est tenue la semaine dernière à Milan. « Tout le monde a reconnu que Glasgow sera probablement un moment-clé pour fixer les ambitions pour la décennie à venir. Il y a eu un consensus sur le fait que nous devons faire plus pour qu’il soit possible de limiter la température à +1,5°C, » a-t-il ajouté.

Où en est-on ?

Au 31 juillet dernier, date butoir fixée par l’ONU, 113 parties, sur 191 à avoir ratifié l’accord de Paris, avaient soumis de nouvelles NDC. Aux abonnés absents, on compte de gros émetteurs de CO2 comme la Chine, l’Inde, la Turquie ou encore l’Arabie saoudite. Les engagements actuels nous mènent ainsi vers un réchauffement de 2,7°C d’ici à la fin du siècle, selon la dernière évaluation des Nations unies. Depuis la rentrée, de nouveaux engagements ont cependant été pris. La Turquie a ainsi promis de ratifier, dans le mois, l’Accord de Paris. Et la Chine, qui s’était déjà engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060 et un pic des émissions de CO2 avant 2030, assure qu’elle ne construira plus de nouvelles centrales à charbon à l’étranger.

Quels sont les principaux obstacles ?

Le rôle de la Chine reste flou. Le pays, premier émetteur mondial, n’a toujours pas traduit ses engagements dans une nouvelle NDC et n’a pas confirmé la présence de son président Xi Jinping à la COP26. En outre, l’affaire des sous-marins nucléaires américains vendus aux Australiens contribue à geler un peu plus le climat entre Washington et Pékin. La pandémie de Covid-19 risque elle aussi de mettre à mal l’équité des négociations alors que la représentation des pays les moins avancés est remise en cause. Selon un nouveau rapport d’Amnesty international, moins de 1 % de la population est entièrement vaccinée dans les pays à faible revenu, contre 55 % dans les pays riches. Reste enfin la question, cruciale, des financements Nord-Sud. Ils devaient atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. En 2019, nous en étions encore loin avec 79,6 milliards mobilisés. Mais les États-Unis se sont engagés à doubler leur effort.

Quels sont les autres dossiers à l’ordre du jour ?

Outre la relève de l’ambition climatique et les financements, les États devront trouver un accord sur des sujets techniques (« Paris Rulebook ») laissés en suspens, faute d’un consensus lors de la dernière COP25 à Madrid, en 2019. À l’ordre du jour, il y a notamment la mise en place de nouvelles règles de fonctionnement des marchés carbone, la finalisation du cadre de transparence pour le reporting climatique ou encore l’adaptation au changement climatique. Ce dernier sujet est trop souvent oublié à la faveur des réductions d’émissions alors que les impacts du réchauffement se font déjà sentir partout sur la planète. Le G20, qui se tient les 30 et 31 octobre, constitue la dernière étape pour lancer une véritable dynamique.

L’article de Novethic est ici.

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Ferme des 1000 vaches à Abbeville : l’exploitation définitivement déboutée par le Conseil d’État

Un article de Actu.fr avec Le Journal d’Abbeville, par Yann Defacque, le 03/10/2021.

La dernière page du grand livre de la ferme des 1000 vaches à Abbeville vient d’être écrite par le Conseil d’État. Elle a rendu sa décision (finale).

Le retour à 500 vaches a été confirmé par la plus haute juridiction administrative française. (©Le Journal d’Abbeville)

Le Conseil d’État a tranché concernant la ferme des 1000 vaches à Abbeville (Somme). La plus haute juridiction administrative française a rendu sa décision (finale) le 23 septembre 2021. Comme attendu, le Conseil d’État a donné raison à la préfecture de la Somme, en déboutant les porteurs du projet.

L’exploitation gérée par la SCEA Côte de la Justice avait contesté la décision de la cour administrative d’appel de Douai d’un retour du cheptel à 500 vaches contre 880 à l’époque. Les porteurs du projet avaient mis en avant un accord tacite portant sur un regroupement de cheptels présenté en 2015 pour lequel l’administration ne s’était à l’époque pas prononcée.

Clap de fin

Mais pour le Conseil d’État, les demandes de regroupement d’installation classées pour l’environnement (ICPE) constituent une exception à la règle de l’accord tacite. Cette décision sonne comme le clap de fin pour ce feuilleton juridico-médiatique. L’exploitation avait de toute façon jeté l’éponge fin 2020 en annonçant l’arrêt de l’activité laitière au 1er janvier 2021.

L’article d’Actu.fr avec le Journal d’Abbeville est ici.

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Les catastrophes naturelles ont été multipliées par cinq depuis 1970

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 30/09/2021.

Entre 1970 et 2019, environ 11 000 catastrophes d’origine climatiques, météorologiques et hydrologiques ont été recensées par l’Organisation Météorologique Mondiale . Leur fréquence a considérablement augmenté tout au long de la période, et les pertes économiques associées ont été multipliées par sept. En revanche, grâce à une amélioration des systèmes d’alerte et de prévention, le nombre de victimes de ces aléas a progressivement diminué. Mais les pays sont inégalement préparés face aux désastres.

L’augmentation des catastrophes météorologiques est attribuée au réchauffement climatique.
Données : Organisation Météorologique Mondiale / Réalisation : Pauline Fricot

La sonnette d’alarme est tirée. Depuis 1970, le nombre de catastrophes d’origine météorologiques, hydrologiques et climatiques a été multiplié par cinq en raison du réchauffement climatique. Sur l’ensemble de la période, un total 11072 catastrophes ont été répertoriées, soit la moitié des catastrophes observées dans le monde, à l’origine de plus de deux millions de morts et 3,6 billions de dollars de pertes économiques.  Cela signifie en moyenne une catastrophe par jour depuis 50 ans, tuant 115 personnes et causant 202 millions de dollars de pertes quotidiennes.

Parmi les catastrophes les plus meurtrières, l’organisation pointe du doigt les sécheresses (650 000 morts), les tempêtes (577 232 morts), les inondations (58 700 morts) et les températures extrêmes (55 736 morts). Les phénomènes les plus coûteux ont été les tempêtes et les inondations, pour respectivement 521 milliards et 115 milliards de dollars. Les pertes économiques globales ont été multipliées par sept entre les années 1970 et les années 2010.

Malgré une augmentation significative des catastrophes naturelles, l’Organisation météorologique souligne un déclin important du nombre global de décès. « Heureusement, parallèlement à ces sinistres statistiques nous pouvons communiquer un message d’espoir: l’amélioration des systèmes d’alerte précoce multidangers se traduit par une réduction considérable de la mortalité. Nous sommes simplement mieux armés que jamais pour épargner des vies », a détaillé le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

Des inégalités marquées

Mais cette amélioration est encore largement inégale. 91 % des décès ont eu lieu dans les pays en développement, selon la classification des Nations-Unies. En cause notamment, des systèmes de prévention et d’alerte moins performants. « Seulement la moitié des 193 Membres de l’OMM disposent de systèmes d’alerte précoce multidangers et les réseaux d’observation météorologique et hydrologique souffrent de brèches en Afrique, dans certaines zones d’Amérique latine et dans les États insulaires du Pacifique et des Caraïbes » souligne l’OMM dans son communiqué, qui appelle à une meilleure coopération internationale.

l’un des risques est notamment de perdre le fruit de tous les efforts menés depuis des décennies pour lutter contre la pauvreté. « Si nous ne parvenons pas à diminuer les pertes dues aux catastrophes […] nous compromettons la capacité des pays en développement d’éradiquer la pauvreté et de réaliser d’autres objectifs de développement durable importants », a alerté Mami Mizutori, représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe.

L’article et l’infographie de Novethic sont ici.

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Le gouvernement lance des sites industriels « clés en main » au détriment de l’environnement

Un article de Reporterre, par Hortense Chauvin, le 27/09/2021.

Jeudi 23 septembre, le gouvernement a rendu publics les 49 nouveaux sites industriels labellisés « clés en main », destinés à l’accueil des investisseurs. Avec des procédures allégées, l’environnement va y perdre, observent les associations environnementales.

Le site de l’île du Carnet, classé «clé en main». – © Héloïse Leussier/Reporterre

La liste s’allonge. Jeudi 23 septembre, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, a dévoilé dans Les Échos les 49 nouveaux sites industriels dits « clés en main », où pourront être implantées des usines en un laps de temps fortement raccourci. On en compte désormais 127 dans toute la France, situés en majorité dans les Hauts-de-France, le Grand Est et en Auvergne-Rhône-Alpes.

Le label « clés en main » a été lancé par le gouvernement en janvier 2020. L’objectif : accélérer la réindustrialisation de la France et attirer de nouveaux investisseurs, notamment étrangers, en leur garantissant des délais d’implantation d’usines de six à douze mois. Afin de raccourcir les délais, l’essentiel des procédures administratives relatives à l’urbanisme, à l’archéologie préventive et à l’environnement sont « purgées » en amont de l’arrivée des investisseurs, selon les mots de Marie-Cécile Tardieu, directrice générale déléguée « invest » chez Business France, interrogée par les Échos.

« L’idée est qu’il n’y ait pas de loup caché lorsque le porteur de projets arrive, explique-t-on à Reporterre au cabinet de la ministre. Il ne risque pas de découvrir un plan local d’urbanisme (PLU) ne permettant pas de construire à cet endroit, ou d’être obligé de refaire des diagnostics faune-flore. » Le dispositif ne consiste pas à « accélérer » les procédures, insiste-t-on, mais à les « anticiper » afin de créer de l’emploi et accroître l’attractivité de la France.

« Comment peut-on juger des conséquences sur l’environnement sans connaître les projets qui viendront à s’implanter ? »

Chloé Gerbier, juriste de l’association Notre affaire à tous, a ressenti une « profonde frustration » en apprenant cette nouvelle. En septembre 2020, l’association avait déposé un recours contre les 66 sites déjà labellisés. Notre affaire à tous dénonçait à l’époque la création d’une « dérogation » portant « profondément atteinte aux droits à l’information et à la participation du public ». « Comment peut-on juger des conséquences sur l’environnement sans connaître les projets qui viendront à s’implanter sur les sites ? », demandaient ses représentants.

Chloé Gerbier regrette que la décision de créer de nouveaux sites « clés en main » ait été prise avant que ce recours ait été jugé. « Il est parfaitement hallucinant que l’on n’ait pas eu les résultats avant que l’on en labellise 49 de plus », estime-t-elle. La création de ces nouveaux sites s’inscrit, selon elle, dans une dynamique de « détricotage » du droit de l’environnement : « On a réellement une accélération et une simplification des possibilités d’industrialisation du territoire, par exemple avec la loi Asap. » Cette labellisation constitue selon elle un recul de plus, dans la mesure où elle pourrait permettre aux pouvoirs publics de « préparer » une zone à une implantation industrielle « sans que l’on sache quels types de projets vont y être créés ».

Industrialiser ou renaturer ?

Le gouvernement insiste sur le fait que la grande majorité de ces sites sont d’ores et déjà à l’état de friches industrielles. Selon la ministre Agnès Pannier-Runacher, ce dispositif pourrait donc être un moyen de les « valoriser ». L’exemple de l’île du Carnet, classée « clé en main » alors qu’elle compte 51 hectares de zone humide et abrite 116 espèces protégées, montre cependant que ces sites ne sont pas systématiquement dans un état dégradé. « La majorité des douze premiers sites labellisés était sur un terrain naturel, indique Chloé Gerbier. Sur les soixante-six suivants, près d’un tiers était peu industrialisé. » Elle regrette que ces friches soient utilisées comme un « appât » pour de nouveaux projets industriels, sans que l’on s’interroge d’abord sur les possibilités de les renaturer.

L’accélération du processus d’implantation de sites industriels grâce à ce dispositif pourrait également entraver les mouvements de contestation citoyens, selon une membre du collectif Stop Carnet souhaitant rester anonyme. « Plus on a de temps, plus on peut saisir les enjeux et s’organiser d’un point de vue juridique, explique-t-elle. D’un point de vue écologiste, c’est désastreux. »

L’article de Reporterre est ici.

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Les jeunes sont terrifiés par la crise climatique… et l’inaction des gouvernants

Un article de Reporterre, par Marie Astier, le 14/09/2021.

Une large étude menée dans une dizaine de pays a trouvé que les jeunes étaient, dans leur large majorité, dénués d’espoir sur le futur de l’humanité mis en péril par la crise climatique. Ils partagent aussi une défiance très prononcée dans l’honnêteté et l’action de leurs représentants politiques.

À la marche climat du 25 mai 2019 à Paris. – © Pierre-Olivier Chaput / Reporterre

60 % des jeunes sont « très » voire « extrêmement » inquiets du changement climatique, nous apprend une étude scientifique rendue publique ce mardi 14 septembre [1]. 45 % estiment même que cette inquiétude a des répercussions négatives dans leur vie quotidienne. Et plus ils vivent dans des pays du Sud, plus pauvres et plus exposés au changement climatique, plus ce sentiment est fort.

En cours d’évaluation par les pairs pour la revue Lancet Planetary Health, ce travail se présente comme « l’enquête la plus vaste et la plus internationale sur l’éco-anxiété des jeunes à ce jour », ainsi que la première à faire le lien entre la perception de l’action des gouvernements et cette détresse psychologique. Elle a été financée par l’ONG Avaaz.

L’étude a été réalisée par une équipe de chercheurs du Royaume-Uni, de Finlande et des États-Unis. Un sondage a été mené auprès d’un panel de 10 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans, répartis dans dix pays dans le monde et choisis pour représenter à la fois le Nord et le Sud, une diversité de cultures, de revenus, et de vulnérabilité au changement climatique. La liste comprend ainsi le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, le Brésil, les Philippines, le Nigeria ou encore l’Inde [2]. Les participants ont été invités à s’exprimer sur leur niveau d’inquiétude et les émotions ressenties face au changement climatique (peur, anxiété, désespoir, optimisme, indifférence…), les conséquences qu’il peut avoir sur leur vie quotidienne, les émotions et pensées positives ou négatives qu’ils ressentent à ce sujet, ainsi que leur sentiment concernant la prise en charge du problème par leurs gouvernements.

75 % des jeunes voient le futur comme « effrayant »

Les résultats montrent une quasi-unanimité des jeunes, en accord avec l’affirmation selon laquelle « on a échoué à prendre soin de la planète » (83 % des répondants). Ils sont 75 % à penser que « le futur est effrayant » et 56 % à considérer que « l’humanité est condamnée ». Si l’on détaille par pays, les Philippines sont celui où les jeunes expriment le plus de sentiments négatifs vis-à-vis du changement climatique (92 % voient le futur comme effrayant). La Finlande est au contraire celui où les jeunes apparaissent comme les moins abattus (56 % déclarent le futur effrayant). Un lien clair peut ainsi être fait entre la vulnérabilité du pays face à la catastrophe climatique, et le niveau d’anxiété de sa population.

Concernant la perception de l’action climatique des gouvernements, on constate que 65 % des répondants considèrent qu’ils « laissent tomber les jeunes », 64 % qu’ils « mentent concernant l’impact de leurs actions » dans le domaine climatique, 60 % qu’ils « ignorent leur détresse ».

C’est le Brésil qui enregistre les taux de réponses négatives face à l’attitude du gouvernement les plus élevés. L’action de Jair Bolsonaro apparaît ainsi comme très sévèrement jugée : seuls 20 % des jeunes estiment qu’il « fait assez pour éviter la catastrophe », uniquement 22 % qu’il « agit selon la science du climat » et 78 % pensent qu’il « ment sur ses actions »

À l’inverse, la Finlande apparaît à nouveau comme la bonne élève — ou plutôt la moins mauvaise : 47 % des jeunes se sentent abandonnés par leur gouvernement (contre, on le rappelle, 65 % au niveau mondial). En France, 55 % des jeunes se sentent abandonnés. Seulement 26 % d’entre eux jugent par ailleurs que le gouvernement en fait suffisamment pour éviter la catastrophe, et 28 % qu’il agit en accord avec ce que dit la science sur le climat.

« L’échec des gouvernements à réduire, prévenir ou atténuer le changement climatique contribue à une détresse psychologique, à un préjudice moral et à de l’injustice »,

En résumé, les chercheurs calculent tous pays confondus que « 60 % de l’échantillon a déclaré être en désaccord avec toutes les affirmations positives et en accord avec toutes les affirmations négatives ». Un résultat élevé. « On aurait souhaité qu’il ne le soit pas tant », commentent d’ailleurs les scientifiques dans leur conclusion.

Ils observent aussi que « les résultats montrent que la détresse est plus grande quand les personnes pensent que la réponse du gouvernement n’est pas adéquate […]. Cela va inévitablement avoir des conséquences sur la santé mentale des enfants et des jeunes », alertent-ils, estimant que plus l’inaction climatique se poursuivra, plus la santé mentale des jeunes risque de se dégrader. « Nous soutenons que l’échec des gouvernements à réduire, prévenir ou atténuer le changement climatique contribue à une détresse psychologique, à un préjudice moral et à de l’injustice », poursuivent les auteurs, qui considèrent que cela peut être vu comme « cruel, inhumain, dégradant et même une sorte de torture. » Ces résultats pourraient donc, selon les auteurs, légitimer les actions en justice climatique menées par la jeunesse à travers le monde.

L’éco-anxiété, un problème de santé publique ?

Mais ils reconnaissent également des limites à cette étude, car pour y participer il était nécessaire d’avoir accès à internet, et les échantillons de jeunes interrogés ne sont donc pas « pleinement représentatifs de la population des pays ». Par ailleurs, on peut souligner que le nombre de langues utilisées pour interroger les jeunes était limité (anglais, finlandais, portugais, français). Il est donc possible que seuls les jeunes les plus éduqués aient été atteints par l’étude.

« Le manque d’information sur le profil des jeunes est une limite à ce papier », confirme Alice Desbiolles, médecin en santé publique et autrice d’un ouvrage sur l’éco-anxiété [3]. Pour elle, il est donc encore un peu tôt pour confirmer qu’il s’agit d’un problème de santé publique. « Il faudrait ce que l’on appelle une étude randomisée, représentative de toute la population ».

« Et puis le problème, ce sont surtout les causes de cette éco-anxiété. Le changement climatique, et d’ailleurs la crise écologique dans toutes ses dimensions, a déjà a un impact réel et reconnu sur la santé physique et mentale. » C’est ce que concluent les auteurs de l’étude en d’autres mots. Pour éviter une épidémie de dépressions climatiques chez les jeunes, la solution est à la fois simple et terriblement compliquée : il faut agir dès maintenant contre la crise climatique.

L’article de Reporterre est ici.

Notes

[1] Young people’s voices on climate anxiety, government betrayal and moral injury : a global phenomenon, Caroline Hickman, Elizabeth Marks, Panu Pihkala, Susan Clayton, R. Eric Lewandowski, Elouise E .Mayall, Britt Wray, Catriona Mellor, Lise van Susteren.

[2] Les dix pays sont : le Royaume-Uni, la Finlande, la France, les États-Unis, l’Australie, le Portugal, le Brésil, l’Inde, les Philippines, le Nigeria.

[3] L’éco-anxiété, vivre sereinement dans un monde abîmé, Fayard, septembre 2020.

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Effondrement de la biodiversité : une action en justice contre l’État français

Un article de Reporterre, par Amélie Quentel, le 09/09/2021.

Les associations Notre affaire à tous et Pollinis lancent ce jeudi 9 septembre la campagne Justice pour le vivant. L’idée : contraindre l’État français, par le biais d’une action en justice, « à agir pour la nature » et à œuvrer pour la protection de la biodiversité.

Grève des jeunes pour le climat en mai 2019, à Paris. – © Mathieu Génon/Reporterre

En février 2021, la France était condamnée par le tribunal administratif de Paris pour « carences fautives » dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cette action en justice, qui s’inscrivait dans la continuité de la pétition l’Affaire du siècle, avait été notamment menée par l’association de juristes Notre affaire à tous. Laquelle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : ce jeudi 9 septembre marque le début de la campagne Justice pour le vivant, menée de front avec l’association de protection des abeilles domestiques et sauvages Pollinis. L’idée, présentée à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) se tenant actuellement à Marseille : initier une action en justice afin de « contraindre l’État français à agir pour la nature ».

À l’heure où les associations environnementales ne cessent de dénoncer le bilan d’Emmanuel Macron concernant les questions climatiques et de biodiversité et où la France a très largement poursuivi son soutien à des mesures nuisibles pour la planète, Notre affaire à tous et Pollinis entendent ainsi pointer du doigt le « manquement [de l’État] à ses obligations de protection de la biodiversité » et «faire reconnaître [sa] faute dans la sixième extinction de masse».

Comme le rappellent les deux associations dans le communiqué de lancement de Justice pour le vivant, la France, au-delà des beaux discours de son président, reste par exemple l’un des pays consommant le plus de pesticides (en valeur absolue) en Europe, alors même que ces substances sont considérées comme étant l’une des causes de la destruction de la biodiversité. Ainsi, « force est de constater que l’État français ne tient pas les objectifs de protection de la biodiversité qu’il s’est lui-même fixés », écrivent ainsi les équipes de Justice pour le vivant, dont la démarche est une première mondiale.

Grève des jeunes pour le climat en mai 2019, à Paris. © Mathieu Génon/Reporterre

Le vivant et la biodiversité à intégrer dans le droit français

« On se retrouve avec une situation qui est connue et documentée par la science depuis vingt ans concernant l’effondrement des espèces et le déversement dans les champs, et ce en quantité industrielle, de pesticides toxiques pour l’environnement. Or, en face, les politiques ne sont jamais à la hauteur des enjeux et de l’urgence qui se dessine, explique à Reporterre Julie Pecheur, porte-parole de Pollinis. Il semblerait donc qu’il faille tenter de nouvelles voies, et notamment celle du droit de l’environnement. »

Tout en soulignant comment la France, au même titre que d’autres États membres, « se protège derrière l’Union européenne » pour ne pas agir au niveau national et respecter ses engagements. Celle qui est également directrice du plaidoyer chez Pollinis nous présente la démarche derrière cette campagne : «À partir de ce jeudi 9 septembre, nous allons faire des injonctions à l’État français, en lui demandant de nous répondre sur ces questions et d’agir. En fonction de ses réponses — ou absence de réponse — dans les deux mois, on décidera ou non de déposer en novembre un recours en carence fautive [lequel vise à « voir reconnaître le préjudice écologique » de l’inaction de l’État] devant le tribunal administratif de Paris.» Et d’ajouter : «Sachant que ce gouvernement, au même titre que ses prédécesseurs, n’a jamais mis en place de politique ambitieuse sur l’homologation des pesticides… D’où l’intérêt pour nous d’intégrer au niveau du droit français la notion du vivant et de la biodiversité. Nous formulons notamment la demande très concrète de réformer le système d’évaluation des pesticides, et de retirer du marché les néonicotinoïdes, les fongicides SDHI ou encore les produits à base de glyphosate.»

Le site internet de la campagne de mobilisation citoyenne Justice pour le vivant, qui présente toutes les demandes des deux associations, est disponible depuis ce jeudi 9 septembre à 10 h 30, avec notamment une vidéo de présentation. Vendredi 10 septembre, des membres de Notre affaire à tous et de Pollinis participeront en outre, à titre individuel, à l’action de désobéissance civile prévue par Extinction Rebellion aux alentours du congrès de l’UICN.

L’article de Reporterre est ici.

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Le manque d’engagement des pays sur les émissions de CO² conduit le monde à un réchauffement de 2,7 ° C, alerte l’ONU

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin avec AFP, le 20/09/2021.

À quelques semaines de la prochaine COP26 sur le climat, l’ONU s’alarme. Les pays, qui devaient prendre de nouveaux engagements en matière d’émissions de CO2, tardent. Si 113 pays ont renforcé leurs ambitions, cela concerne moins de la moitié des émissions mondiales. En l’état, le monde va largement dépasser l’objectif de réchauffement maximum de 2°C, voire 1,5°C, fixé par l’Accord de Paris.

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Vues les ambitions de chaque État, le monde est engagé sur une trajectoire de réchauffement de 2,7°C selon l’ONU. @FranckWagner

Cela fait des années que des appels à l’engagement des pays se succèdent et s’accroissent. Mais trop peu, trop lent, alerte une nouvelle fois l’ONU à six semaines de la COP26 à Glasgow. Les engagements déposés par les États signataires de l’Accord de Paris mènent le monde à un réchauffement de +2,7°C, très loin de l’objectif de 1,5°C espéré pour limiter ses retombées destructrices, s’est alarmée l’organisation internationale.

Lors de la présentation du rapport évaluant les engagements nationaux de 191 pays, publié vendredi 17 septembre, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a évoqué « un chemin catastrophique ». « L’échec à respecter l’objectif(de 2°C, voire 1,5°C, ndr)se mesurera à l’aune du nombre de morts et de moyens de subsistance détruits« , a-t-il insisté, en appelant tous les gouvernements à proposer des engagements plus ambitieux.

113 pays engagés

En vertu de l’Accord de Paris, chaque pays devait réviser d’ici à la fin 2020 sa « contribution déterminée au niveau national », dit NDC. Mais au 30 juillet 2021, seuls 113 pays, représentant moins de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre (49 %), avaient effectivement déposé leurs engagements révisés. Avec ces nouvelles promesses, les émissions de ces pays, dont les États-Unis et l’UE, seraient réduites de 12 % en 2030 par rapport à 2010. Une « lueur d’espoir », veut croire Patricia Espinosa, responsable climat à l’ONU.

Mais « dans l’ensemble, les chiffres des émissions de gaz à effet de serre vont dans la mauvaise direction », a-t-elle déploré. Le monde est en effet loin du compte. Pour tenir les objectifs climatiques, il faudrait réduire les émissions de 40 % d’ici à 2030. Mais en l’état, vu l’ensemble des engagements – révisés ou non – des 191 pays, les émissions devraient augmenter de 16 % en 2030 par rapport à 2010.

Cet écart dramatique met encore plus la lumière sur le dernier rapport des scientifiques du Giec. Il mettait déjà en garde contre le risque d’atteindre le seuil de 1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu’estimé, menaçant l’humanité de désastres sans précédent. Dans ce contexte, « la COP26 doit être un succès », a insisté Patricia Espinosa. Elle a appelé les États à négocier en étant « poussés pas uniquement par le désir légitime de protection de leur intérêt national mais aussi par l’objectif de contribuer au bien-être de l’humanité ».

La place clé de la Chine

Une nouvelle évaluation, la dernière avant la COP26, sera réalisée fin octobre. Patricia Espinosa espère de nouveaux engagements. « Nous devons agir, nous tous, nous devons agir maintenant », a déclaré de son côté le président américain Joe Biden au début d’un sommet virtuel avec neuf dirigeants étrangers. « Pour ceux qui ne l’ont pas fait, le temps presse« , a-t-il ajouté, appelant à la « plus grande » ambition.

L’attention est notamment tournée vers la Chine, responsable de plus d’un quart des émissions mondiales de CO2. Le président Xi Jinping a annoncé il y a un an viser la neutralité carbone d’ici à 2060 et un pic d’émissions « autour de 2030 », mais sans réviser sa NDC. Et il est très clair qu’aujourd’hui, sans Pékin les objectifs mondiaux sont inatteignables.

L’article de Novethic est ici.

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Arrachage de haies : huit agriculteurs jugés

Un article de La Thiérache, par Clément Raveaux, le 23/09/2021.

Pour avoir détruit l’habitat d’espèces animales protégées, huit agriculteurs de Thiérache se sont retrouvés devant la justice. Tous ont pratiqué l’arrachage de haies pour cultiver leurs terres. Tous minimisent leurs actes.

Afin d’expliquer leurs procédures, la police de l’environnement était au procès. Depuis les années 90 et le remembrement, certains agriculteurs ont pris l’habitude de détruire les haies pour agrandir les zones cultivables.

240 mètres de haies à Plomion, 256 mètres de haies à Besmont, 308 mètres de haies à Thenailles, 350 mètres de haies à Iviers et Dohis, 1 et 1,5 km de haies à La Flamengrie…

Ce vendredi 17 septembre, au tribunal correctionnel de Laon, les jugés du jour ne sont pas le public de délinquants habituel. Sur le banc des prévenus, huit agriculteurs comparaissent pour les mêmes faits : la destruction non autorisée de l’habitat d’espèces animales protégées. En clair : pour de l’arrachage de haies. « 1ere cause de la perte de biodiversité mondiale », comme l’a rappelé le chef de service départemental de l’Office français de la biodiversité.

3 ans encourus pour arrachage de haies

La destruction d’habitat des espèces est désormais passible de 3 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende. Une peine de prison potentiellement lourde. « Autant que le vol simple » a rappelé la substitute du procureur, Anne Decarpentrie, pour faire saisir aux prévenus la gravité de leurs actes.

« 3 ans, c’est à la hauteur des dégâts sur la biodiversité », lance-t-elle à des agriculteurs presque surpris d’être là. Tous ceux qui ont été jugés ce jour se sont présentés sans avocat. Et tous ont minimisé les faits. « On se retranche derrière de petites excuses mesquines et pathétiques », s’est agacée Anne Decarpentrie. « C’est exaspérant, ça montre le niveau de l’indifférence à la protection de la Terre ».

Constatations incontestables

Dans chacun des cas, c’est la police de l’environnement, bras armé de l’Office français de la biodiversité (OFB), qui a constaté les faits, dans sa mission de « surveillance du territoire, et grâce à des comparaisons photographiques », a rappelé la présidente, Karell Chan. « L’habitat est le lieu qui peut être utile à la reproduction, au nourrissage ou au repos des espèces protégées. Un seul de ces éléments, ou les trois », explique alors l’officier de l’OFB. Ce qui est le cas des haies du bocage thiérachien. « Elles abritent plusieurs types d’espèces… »

L’article de La Thiérache est ici.

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Congrès de la nature 2021 : un bilan salué malgré des réserves

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 13/09/2021.

Après une semaine intense de négociations et de conférences, le Congrès de la nature a pris fin. Le bilan général est positif : les 1 200 membres de l’UICN ont voté une vingtaine de motions qui doivent rehausser l’ambition en matière de protection de la biodiversité. Pour la première fois, les peuples autochtones ont été invités à prendre part aux votes. Mais les associations dénoncent un bilan mitigé du côté de l’Hexagone, alors que des annonces fortes étaient espérées.

Organisé tous les quatre ans, le Congrès de la nature s’est déroulé pour la première fois en France du 3 au 11 septembre.
Quentin Hulo / Hans Lucas / via AFP

La semaine a été dense. Le Congrès de l’UICN s’est achevé le 11 septembre à Marseille après huit jours d’échanges entre représentants de gouvernements, du monde des affaires et des ONG pour dessiner les contours d’une stratégie ambitieuse en matière de protection de la nature.

Dans un document intitulé Manifeste de Marseille, l’UICN, instance de référence en matière de conservation, a mis en avant un bilan positif, également salué par les ONG. « Face aux cris d’alarmes et à l’urgence absolue, le Congrès de l’UICN met les points sur les i, a souligné le WWF dans un communiqué. Le cadre est posé, les décisions doivent maintenant suivre rapidement « . Le gouvernement français a lui aussi applaudi le travail des congressistes. « Le bilan de ce congrès est absolument satisfaisant » a déclaré la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique, Bérangère Abba, au micro de RFI le 10 septembre.

Parmi les grandes avancées, pour la première fois, les peuples autochtones ont été invités à prendre part aux votes. Un Sommet mondial des peuples autochtones a été organisé en amont du Congrès et les peuples autochtones ont pris part aux discussions à travers des dizaines de réunions tout au long de la semaine. L’enjeu est d’autant plus important que 80% de la biodiversité forestière se situe sur le territoire des peuples autochtones, dont le rôle est crucial dans la protection de la biodiversité. Une motion allant dans ce sens a été votée au cours du Congrès.

De nouvelles orientations votées

Une vingtaine d’autres motions ont été validées par les 1 400 membres de l’UICN au cours de la semaine. Celles-ci structurent la politique de l’organisation, et doivent ensuite être reprises dans les politique publique des États. Bien qu’elles soient non contraignantes, elles ne sont pas anecdotiques :  l’objectif d’atteindre 30% d’aires marines protégées d’ici 2030 a par exemple émergé lors du dernier Congrès de l’UICN à Hawaï en 2016.

Parmi les nouvelles prérogatives: la protection et la restauration de 80% de la forêt amazonienne, la reconnaissance du lien inextricable qui existe entre nature et santé pour éviter l’émergence de futures pandémies, la fin de la pollution plastique dans les océans d’ici 2030 , le renoncement à l’exploitation minière des fonds marins ou encore la réduction de l’impact de l’industrie minière sur la biodiversité. Sur cette dernière motion, la France s’est abstenue. Une position critiquée par de nombreuses ONG comme Greenpeace ou le WWF.

Un bilan français critiqué par les associations

Les associations pointent du doigt un bilan mitigé du côté de l’Hexagone. « Les annonces du plus haut niveau n’ont été ni à la hauteur des enjeux ni assorties de moyens : la France continue de donner des leçons à tous sur les enjeux de biodiversité et de climat, mais reste largement dans l’incantation », déplore France Nature Environnement (FNE) dans un communiqué. L’association dénonce notamment des orientations dénuées d’objectifs chiffrées, comme la réduction de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture.

Des annonces fortes étaient attendues en faveur de la protection des océans. Le président a annoncé la mise sous protection forte de 5% des océans français d’ici 2027, mais  « il s’agit d’une promesse déjà formulée en 2019 et qui attend d’être concrétisée » ajoute FNE, qui « salue » malgré tout l’initiative. Le président a par ailleurs annoncé l’organisation d’un One Ocean Summit d’ici quelques mois pour réfléchir à un cadre international de protection des océans. « Que le Président de la République veuille sensibiliser au-delà de nos frontières, c’est bien, mais qu’il donne d’abord l’exemple, sinon à être totalement décrédibilisé… » estime Elodie Martinie-Cousty, pilote du réseau Océans Mers et Littoraux de FNE.

Les discussions doivent reprendre lors de la COP15 biodiversité en avril 2022, dont l’objectif est de fixer un cadre de protection de la biodiversité pour la prochaine décennie.

L’article de Novethic est ici.

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Effondrement de la biodiversité : des associations attaquent l’État en justice

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 09/09/2021.

Les associations Notre Affaire à tous et Pollinis attaquent l’État en justice pour manquement à ses obligations de protection de biodiversité. C’est inédit. Les associations pointent notamment du doigt les défaillances du processus d’homologation et de mise sur le marché des pesticides, toxiques pour l’environnement.

Eurasian Skylark Birds

L’alouette des champs, aujourd’hui sur la liste des espèces menacées en France, est symptomatique du déclin des espèces sur le territoire. Ali Tellioglu / istock

C’est une première au monde. Les associations Pollinis et Notre affaire à tous, avec le soutien du réalisateur Cyril Dion, attaquent l’État français en justice pour manquement à ses obligations de protéger la biodiversité. « L’État français ne tient pas les objectifs de protection […] qu’il s’est lui-même fixés » dénonce les associations qui « entendent faire reconnaître la faute de l’État dans la sixième extinction de masse ». L’action en justice est lancée dans le cadre du Congrès mondial de la nature, qui se déroule à Marseille jusqu’au 11 septembre.

Les associations ont d’abord rédigé une « demande préalable ». « Dans un premier temps, on enjoint l’État à se conformer à notre demande », détaille Chloé Gerbier, juriste et porte-parole de Notre affaire à tous. Si d’ici deux mois, l’État n’a pas répondu ou émis un retour négatif, les associations enclencheront la deuxième étape, soit le dépôt du recours de plein contentieux devant le tribunal administratif de Paris. Cela permet d’obtenir du juge qu’il annule ou réforme des décisions ou qu’il demande une indemnisation. Une option d’ores et déjà envisagée : « On ne pense pas que l’État va répondre favorablement », admet la juriste.

En ligne de mire : les pesticides

L’urgence est bien réelle. Selon une étude publiée dans la revue Plos One en 2017, en Europe, la masse des insectes ailés a déjà diminué de 75 % en moins de trente ans.  En France, environ 20% des espèces sont menacées selon une étude publiée début mars par l’instance de référence en matière de conservation, l’UICN, le Muséum d’histoire naturelle et l’Office français de la biodiversité, qui ont en partie pointé du doigt le rôle des pesticides dans cet effondrement.

Un argument mis au cœur de l’action des associations : « La France est toujours, en valeur absolue, parmi les plus gros consommateurs de pesticides d’Europe ». « Tous les plans Écophyto de réduction des pesticides ont échoué », souligne le communiqué, qui déplore également la réautorisation temporaire des néonicotinoïdes, particulièrement toxiques pour les insectes, dans les champs de betterave sucrière, ou l’usage du glyphosate.

Pollinis et Notre affaire à tous dénoncent en particulier les processus d’homologation et de mise sur le marché des pesticides qu’elles jugent défaillantes. « Le processus d’homologation ne prend par exemple pas en compte l’effet cocktail des différents pesticides sur la biodiversité, les effets sur le long terme, ni la toxicité chronique », c’est-à-dire les effets liés à une exposition répétée à petite dose, alerte la juriste de l’Affaire du siècle. Elle dénonce également des études réalisées « hors sol », c’est-à-dire en dehors des champs, qui rendent difficiles l’évaluation de l’impact réel des pesticides. Cette attaque en justice fait suite à l’Affaire du siècle, qui attaquait la France pour inaction climatique. Le tribunal administratif a reconnu en février 2021 les manquements de l’État.

Dans un communiqué, l’UIPP, l’Union de la protection des plantes et des cultures regroupant les entreprises commercialisant les produits phytosanitaires souligne que le secteur « a fait des progrès très importants en la matière ». Et ajoute être étonnée que « la protection de la biodiversité se résume ici aux effets éventuels des pesticides. De très nombreuses activités comme l’urbanisation, l’artificialisation des sols, les éclairages nocturnes, la pollution atmosphérique… peuvent impacter la biodiversité ».

La vidéo et l’article de Novethic sont ici.

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Requins, dragons du Komodo, thons… La nouvelle « liste rouge » des espèces en danger publiée

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 06/09/2021.

Une réactualisation de la « Liste rouge », qui répertorie les espèces menacées dans le monde, a été présentée le 4 septembre par l’UICN, instance de référence en matière de conservation. Environ un tiers des espèces analysées sont menacées, dont le dragon du Komodo, les requins et les raies. Bonne nouvelle cependant du côté des thons, dont le statut s’améliore pour quatre espèces. L’UICN a également annoncé la mise en place d’un « statut vert » pour évaluer l’efficacité des politiques de conservation.

Les dragons du Komodo vivent exclusivement en Indonésie.
@5477687 / Pixabay

C’est une alerte rouge et un appel à l’action. Un total de 28 % des espèces répertoriées par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) sont considérées comme « menacées ». Dans le cadre du Congrès de la nature, qui se déroule actuellement à Marseille, l’instance a présenté le 4 septembre l’actualisation de sa Liste rouge, l’inventaire mondial de référence sur l’état de conservation des espèces. 1 600 nouvelles espèces ont intégré le répertoire, portant le nombre total d’espèces suivies à 138 000.

Parmi les espèces menacées, le dragon du Komodo, plus gros lézard du monde. Son statut est passé de « vulnérable » à « en danger ». Les quelques milliers d’individus qui évoluent en Indonésie sont fragilisés par la destruction de leur habitat et le réchauffement climatique. Le constat est aussi alarmant du côté des océans. Environ 37 % des espèces de requins et de raies sont menacées d’extinction (contre 24 % en 2014). Principalement victimes de leur surexploitation par les humains, un tiers sont menacées par la perte et la dégradation de leur habitat. Pour l’UICN, ce constat démontre que « des mesures de gestion efficaces font défaut dans la plupart des océans du monde ».

Une pêche durable efficace pour les thons

Pourtant, les politiques de protection peuvent se révéler efficaces. Preuve en est : l’amélioration des populations de quatre espèces de thons pêchées commercialement. Par exemple, le thon rouge de l’Atlantique est passé de la catégorie « en danger » à « préoccupation mineure », c’est-à-dire avec un risque d’extinction faible. Au cœur de cette amélioration : la mise en place réussie de quotas de pêche.

« Ce constat démontre que les mesures de conservation fonctionnent, a souligné la directrice mondiale du groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN, Jane Smart, mais il est nécessaire de rester vigilant », a ajouté la scientifique, rappelant que « la nature est dans le pétrin ». Malgré les succès, la nouvelle Liste rouge « montre que nous sommes tout près d’une sixième extinction de masse », a insisté Craig Hilton-Taylor, responsable de l’élaboration de la Liste rouge. « Si l’augmentation se poursuit à ce rythme, nous serons bientôt confrontés à une crise majeure », a-t-il ajouté.

La création d’un « statut vert »

Pour mieux mesurer la capacité des espèces en danger à se rétablir, l’UICN a présenté un nouvel outil en cours d’élaboration : le statut vert. L’objectif est double. Il s’agit d’évaluer l’impact des programmes de conservation, et de « mesurer la régénération des espèces, ce qui n’a jamais été fait », a détaillé la coordinatrice du groupe de travail sur le Statut Vert, Molly Grace.

À terme, le statut vert sera intégré à la liste rouge et attribuera à chaque espèce une catégorie de récupération, allant de « rétablissement complet » à « extinction à l’état sauvage ».  Aujourd’hui, 181 espèces sont déjà évaluées. Ce nouvel instrument s’ajoute à la Liste verte de l’UICN, qui répertorie les aires protégées les mieux gérées dans le monde.

L’article de Novethic est ici.

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Appel pour des forêts vivantes

Un article de La Revue Terrestres, le 02/08/2021.

Les forêts sont riches, diverses, complexes, bref : vivantes. Mais l’industrie aimerait les transformer en monocultures d’arbres bien alignés, faciles à récolter, maîtrisés. Partout en France, des individus, des collectifs et des associations s’activent, inventent des alternatives et défendent les forêts. Le temps est venu d’unir ces forces, pour faire front commun contre l’industrialisation des forêts !

 

Des forêts de feuillus diversifiées sont transformées en monocultures de sapins Douglas : originaires d’Amérique du Nord, ils sont importés en France dans les années 60 et sont l’objet de monocultures qui affectent la biodiversité.

Nos forêts sont devenues un champ de bataille en proie aux machines et à l’appétit insatiable des industriels. Partout, dans nos communes, départements et régions de France, nous voyons notre bien commun se faire malmener, les coupes rases et les monocultures se multiplier. C’est un fait palpable que nous éprouvons au quotidien, une violence que nous ressentons dans notre chair. Le productivisme gagne nos massifs forestiers et plie le vivant aux règles du marché. Des paysages séculaires sont dévastés parfois en quelques heures… Les arbres sont moissonnés comme du blé. Partout, les forêts sont vues comme un gisement inépuisable que l’industrie est appelée à exploiter et le bois comme un simple matériaux à transformer. 

Depuis cinq ans, l’action du gouvernement est déplorable. Alors que la Convention citoyenne pour le climat avait émis des propositions ambitieuses pour les forêts, l’Exécutif a tout fait pour s’y opposer, en amoindrir la portée et les vider de leur substance. Quant au plan de relance [1], il a capitulé devant les lobbies des planteurs d’arbres sans aucune contrepartie environnementale sérieuse. Tout au long du quinquennat, il n’a cessé de démanteler le service public. Plus de 1 000 emplois ont été supprimés à l’Office national des forêts depuis 2017 [2]. 475 emplois supplémentaires pourraient disparaître au cours des cinq prochaines années.

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie.
© Lionel Bonaventure/AFP

Au sommet de l’État, tout est verrouillé. Les solutions ne viendront pas d’en haut. C’est une certitude. Seule une pression, à la base, sur le terrain, pourra les faire plier. Dans les couloirs feutrés des ministères, les industriels déploient leur stratégie à coup de bulldozers. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, s’en fait le porte-voix. Dans une lettre adressée à la Commission européenne [3], il s’est attristé de voir « les forêts réduites à des considérations environnementales en ne tenant pas compte des aspects socio-économiques ». A l’Assemblée nationale, il a affirmé qu« une forêt, ça se cultive, ça s’exploite ». Le gouvernement veut accroître les prélèvements en forêt de 70 % d’ici 2050 [4] et passer d’environ 60 millions de mètres cubes de bois récoltés par an à plus d’une centaine de million. Nous savons ce que cela implique : une exploitation toujours plus accrue de nos forêts et une intensification des coupes-rases.

Nous ne voulons pas être les spectateurs passifs de la destruction en cours

Il n’y a aucune fatalité à la situation actuelle et il ne tient qu’à nous d’en inverser la tendance. Un grand mouvement populaire est en train de naître autour de la défense des arbres. Après avoir été dépossédé.e.s de tout un pan du territoire national, des habitant.e.s, des citoyen.ne.s, des associations, des forestier.e.s ont décidé de se le réapproprier. Nous refusons que les  forêts subissent à leur tour la logique industrielle qui a ravagé et ravage encore  l’agriculture, qui détruit des métiers et des savoir-faire reconnus et appauvrit la biodiversité. 

Partout, localement, des résistances sont déjà à l’œuvre. Des alternatives éclosent, des alliances naissent. D’autres imaginaires s’inventent. Ici, on achète des forêts pour les gérer de manière soutenable ou les laisser en libre évolution. Là, on développe des circuits courts de la grume à la poutre. Là-bas, on s’oppose à un projet de méga-scierie. Des associations s’engagent pour faire bouger la loi, des forestiers parviennent à s’extraire de pratiques sylvicoles qu’ils savent nocives pour se tourner vers une sylviculture douce, des habitant.e.s créent des vigies citoyennes. Des syndicalistes de l’ONF se mettent aussi en grève. Nos luttes sont multiples. Nos actions s’enrichissent mutuellement. Elles font bruisser le monde que nous souhaitons voir advenir. Elles lui donnent corps.

Mais ce n’est pas suffisant. Pour gagner, nous devons passer à un cran supérieur, tisser la toile d’un récit commun, constituer un front. Tout porte à croire que c’est maintenant ou jamais. Nos forêts sont à la croisée des chemins.

Nous appelons à une année de mobilisation pour les forêts françaises. La question des forêts ne concerne pas seulement l’autre bout de la planète l’Amazonie, la Sibérie ou l’Ouest Canadien qui sont touchés par les grands feux ou la déforestation. Elle se joue ici sur nos territoires, en bas de chez nous. Ici aussi, les conséquences du réchauffement climatique se font sentir, les sécheresses représentent une menace devenue réalité, les forêts dépérissent et la vision extractiviste continue de se propager. Ici aussi, les indicateurs sont dans le rouge. L’horizon se couvre. Il y a urgence à agir.

Nous appelons chaque collectif et association engagés dans les forêts à participer à une campagne nationale contre leur industrialisation.

Celle-ci se déroulera au cours des trois prochaines saisons, en trois temps. C’est une première étape, le début d’une lente montée de sève !

SAISON 1 : En automne, nous ferons éclater les couleurs chatoyantes de nos luttes !

Le week-end du 16 et 17 octobre, nous invitons chaque association et collectif d’habitant.e.s à organiser une action localement sur son territoire. Pour que le plus grand monde puisse y participer à sa manière, avec son élan et son énergie, nous nous donnons un cadre d’action non-violent ce qui n’exclut pas les actions de désobéissance civile. Nous ferons résonner ces luttes au même moment sous un même cri de ralliement. Contre leur industrialisation et leurs grands projets inutiles, nous montrerons les forces de nos alternatives et défendrons le maintien d’un service public forestier digne de ce nom ! Nous appelons aussi à ce que cesse l’exploitation forcenée des travailleurs de la forêt, bûcherons, débardeurs et de tous les auto-entrepreneurs taillables et corvéables.

#Pourdesforêtsvivantes

#stopindustrialisation

Nous invitons chaque collectif à nous contacter et à se présenter pour que nous puissions en amont répertorier leur mobilisation sur une carte interactive en nous écrivant à l’adresse : pourdesforetsvivantes [at] riseup.net D’autres infos viendront à partir de septembre. Nous pouvons déjà dire que dans le Morvan, des groupes locaux prévoient de planter une forêt diversifiée sur une ancienne coupe rase. Dans le Limousin, des habitant.e.s et des associations appellent à une marche. Tandis que dans les Pyrénées, le collectif Touche pas à ma forêt se mobilise contre le projet de méga scierie Florian. D’autres actions sont à prévoir.  

SAISON 2 : En hiver, nous ferons fructifier nos imaginaires ! 

L’hiver sera propice à la rencontre. Après une première action sur chacun de nos territoires le 16-17 octobre, nous nous retrouverons début décembre pour une grande assemblée des luttes et des alternatives forestières. Si nous voulons construire le mouvement dans la durée, tenir dans l’adversité, cela passe selon nous par une culture commune qui manque encore et que nous devons enrichir puis faire croître comme un maquis.

SAISON 3 : Au printemps, nous lancerons une grande action d’envergure !

Alors qu’au printemps, tout renaît, nous laisserons nos jeunes pousses se déployer. Nous prévoyons d’organiser tous ensemble une action de désobéissance civile dans un lieu précis pour marquer notre présence et montrer que nous ne sommes pas dupes des tentatives de greenwashing. L’action aura lieu une semaine avant la journée internationale des forêts, un événement devenu lisse et récupéré par les industriels. Avec ce coup d’éclat, nous avons bien l’intention de détourner les projecteurs. A l’étalage des bons sentiments, nous opposerons la vitalité de nos luttes et les espoirs qu’elles soulèvent.

Ce n’est que le commencement.

Les prémices d’un mouvement.

Retrouvons-nous !


Pour nous contacter : pourdesforetsvivantes@riseup.net

Premiers signataires :

SOS forêt – Réseau pour les Alternatives Forestières – Canopée Forêt vivante

Adret Morvan – Touche pas à ma forêt – Le syndicat de la Montagne Limousine

Groupe  national de surveillance des arbres – Snupfen 

L’appel de La Revue Terrestres est ici.

NOTES :

[1] https://reporterre.net/Le-hold-up-des-planteurs-d-arbres-sur-le-plan-de-relance

[2] https://reporterre.net/Les-effectifs-des-gardes-forestiers-sont-tailles-a-la-hache

[3] https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/10/le-ministre-de-l-agriculture-rallie-le-camp-des-defenseurs-d-une-exploitation-intensive-des-forets_6087840_3244.html

[4] https://www.alternatives-economiques.fr/france-veut-couper-arbres-couper-emissions/00098486

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Cordemais : EDF abandonne le projet Ecocombust, fin de la reconversion écologique de la centrale à charbon

Un article de France 3 Pays de Loire, par , le 08/07/2021.

La direction d’EDF a annoncé aux syndicats l’abandon du projet Ecocombust de reconversion de la centrale à charbon en incinérateur de biomasse produisant de l’énergie. Surprise générale mais surtout déception, amertume et colère chez les salariés ainsi que les élus qui avaient soutenu le projet.


La centrale thermique de Cordemais (Loire-Atlantique), combinée charbon et fuel •
© Christophe François, France 3 Pays de la Loire

L’information émane du journal Les Echos : EDF abandonne le projet de reconversion de sa centrale fuel-charbon de Cordemais. « Dans une lettre adressée mercredi aux syndicats du groupe, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Levy, indique mettre un terme au projet dit ‘Ecocombust’. Ce projet visait à convertir la dernière centrale à charbon française située à Cordemais (Loire-Atlantique) à la biomasse afin de réduire ses émissions de C02 et continuer à produire de l’électricité. » Un projet jugé peu rentable par la direction d’EDF.

La décision a bien sûr « secoué » l’ensemble des salariés et des syndicats et la réaction de la CGT ne s’est guère fait attendre. La Direction lâche le projet, selon le syndicat qui s’interroge sur l’idée d’une « vengeance politique face à ce projet Ecocombust porté par la CGT dans le cadre de sa lutte pour un Service Public de l’Énergie ». Et le syndicat de poursuivre : « dans son sinistre courrier du 7 juillet 2021, EDF reconnait la performance technique et environnementale du projet Ecocombust mais justifie son renoncement par des critères uniquement financiers. Et donc la centrale de Cordemais va poursuivre sa production électrique 100% charbon jusqu’à 2026 sans aucune perspective de transition écologique ». (l’alimentation de la centrale au fuel est stoppée depuis plusieurs années, seul restait le charbon, dont Emmanuel Macron a décidé l’arrêt de la consommation en 2026).

A la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique), EDF souhaitait produire, dès 2022, de l’électricité en mixant 20 % de charbon et 80 % de biomasse. @EDF

Nul doute que l’annonce de l’arrêt du projet Ecocombust va faire l’effet d’une bombe à plusieurs cercles de déflagration. La décision met en effet un écran de brouillard au-delà de l’horizon 2026. Quid de l’outil industriel et de ses infrastructures fluviales et ferroviaires qui pouvaient pourtant être un argument de poids quant à l’approvisionnement de la centrale en biomasse et autres déchets bois? Et surtout, quid des salariés et de l’emploi de demain sur Cordemais et tout le bassin industriel ?

La surprise des élus

La nouvelle a pris de court également des élus, car nombre d’entre eux avaient soutenu ce projet, mené par les syndicats mais aussi par la direction d’EDF, jusqu’à la décision d’abandon.

À commencer par la députée locale, Anne-France Brunet, qui s’était engagée, durant son mandat, à accompagner la transition écologique de la centrale de Cordemais. La députée a tenu a marquer sa surprise. « Je ne comprends pas. Une occasion ratée de mettre en place une filière qui permettait de maintenir des emplois directs et indirects, de proposer une vision à long terme et de continuer à faire vivre la centrale de Cordemais après 2026, voilà ce que m’inspire la décision de la direction d’EDF de ne pas poursuivre le projet Ecocombust. »

Depuis 2017, Anne-France Brunet déclare n’avoir jamais cessé de discuter avec les syndicats, la direction de la centrale et les ministres pour porter ce projet synonyme de maintien d’emplois et d’activité économique sur le territoire.

« Aujourd’hui, rien n’est envisagé pour la transformation des centrales charbon, ni à Cordemais, ni même au niveau européen alors qu’Écocombust était une proposition constructive et innovante en France, c’est déplorable. Je suis déçue et amère, je vais m’entretenir, comme je l’ai toujours fait, avec les syndicats. Ma priorité ? Le maintien de l’emploi. »

On se souvient aussi que François De Rugy, dans ses différentes fonctions dont celle de ministre de la Transition Ecologique, avait soutenu à plusieurs reprises le projet Ecocombust et en avait rencontré les différents acteurs. Le consensus des élus était d’ailleurs connu de tous et s’affichait même le 17 janvier 2020 alors qu’Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’État à la Transition Ecologique et Solidaire était venue signer une convention d’accompagnement des salariés et des sous-traitants.

La région accuse réception et interpelle l’État

La présidente de la Région des Pays de la Loire réagit elle aussi. La Région a soutenu le projet dès ses débuts et pose aujourd’hui la question sur l’avenir du site de Cordemais et demande une réponse rapide au gouvernement. Christelle Morançais a ainsi demandé un rendez-vous à Barbara Pompili pour que soit lancée rapidement une réflexion sur l’avenir du site industriel qu’elle qualifie de « pôle économique de référence pour l’ensemble de l’économie ligérienne ». Elle s’aligne avec les élus locaux et les salariés et se dit déterminée à tout mettre en œuvre pour que Cordemais ait un avenir.

La centrale à charbon EDF de Cordemais.

Le combat des salariés

Les salariés et les syndicats se battent depuis des années pour que le projet Ecocombust soit accepté, suivi, financé, validé et viabilisé. Les encouragements ont été nombreux, mais il restait toujours une part de doute. Les acteurs du projet n’ont jamais molli et savaient que leur avenir dépendait de la réussite de ce projet. Ces premières conditions sont remplies, mais il restait la part financière et la rentabilité. EDF a coupé court à ce projet. D’autres technologies comme l’EPR ont plus de chance et sont maintenues par l’opérateur, malgré les milliards de déficit.

En Bretagne nord, à St Malo, d’autres salariés se battent pour demander les moyens humains d’entretenir l’usine marémotrice de la Rance, dont la production d’énergie est basée sur la dynamique des marées. Là aussi, changement de cap. À la direction, on ne parle plus de production d’énergie, mais de « stratégie patrimoniale ». EDF gagnerait à expliquer sa stratégie quant à la transition écologique et à l’avenir de ses salariés. C’est l’attente de tous, salariés, élu(e)s, citoyen(ne)s.

L’article et la vidéo de France 3 Pays de Loire sont ici.

Commentaire

Depuis que Jeferco a sortie son histoire de fabriquer du pellet avec des bois pollués de classe ‘B’ nous disons haut et fort que ça ne fonctionne pas, car les déchets tels que la colle ou la peinture obstrueront les presses. Et il y a plusieurs années que nous parlons ici du projet Ecocombust, consistant aussi à fabriquer du pellet à partir de bois pollué de classe ‘B’, autrement appelé granulés noir ou black pellet.  En janvier 2019, nous avons relayé un article assez long des « Amis de la Terre » qui expliquait pourquoi ce projet était une « entourloupe d’EDF », pourquoi les finlandais puis les américains, les norvégiens et les canadiens avaient abandonné cette technologie. Considéré comme « farfelu » par le ministère de la Transition écologique et solidaire, ce projet Ecocombust est devenu en quelques semaines « intéressant » pour la transition énergétique locale après l’arrivée de François De Rugy. Il suffit de relire l’avis défavorable donné par l’autorité environnementale des pays de Loire lors de l’instruction du dossier pour comprendre que ce projet non abouti d’usine expérimentale comporte beaucoup trop d’incertitudes et d’inquiétudes. D’ailleurs, s’il était réellement une « performance technique et environnementale », le promoteur (EDF) aurait cherché à revendre le concept plutôt que de l’abandonner purement et simplement.

Ni EDF ni les politiques locaux et nationaux ne veulent l’avouer mais il est clair que fabriquer du black pellet est impossible car techniquement ça ne fonctionne pas. Sauf peut être à Anor ou Jeferco, plus fort que la terre entière, pourrait y arriver. Ou pas !

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Congrès de la nature 2021 : placer la crise de la biodiversité au même niveau que la crise climatique

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 04/09/2021.

Le Congrès mondial de la nature a été inauguré à Marseille le 3 septembre par Emmanuel Macron. Alors que la crise climatique occupe souvent le devant de la scène, le Président a alerté sur la nécessité de remettre la biodiversité au cœur des préoccupations. Les solutions basées sur la nature ont été mises en avant pour mener de front ces deux combats. Quant à la protection des océans, elle a fait l’objet de deux nouvelles annonces.

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Entre 17 heures et 20 heures, plusieurs invités ont défilé. Ici (de gauche à droite) Barbara Pompili, le premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis, le président du Conseil européen Charles Michel et l’acteur Harrison Ford. Capture d’écran @IUCN

C’est quitte ou double : la bataille pour le climat ne pourra être gagnée sans le combat en faveur de la biodiversité. A l’inauguration du Congrès de la nature le 3 septembre à Marseille, le Président Emmanuel Macron l’a répété : alors que la biodiversité a longtemps été reléguée au second plan par rapport au climat, « il y a urgence » à « rattraper » le temps perdu et à « resynchroniser les agendas ». Préserver les forêts, protéger les océans ou les mangroves… « Chaque fois qu’on accélère les actions sur la biodiversité, on apporte une solution au réchauffement climatique », a plaidé le chef de l’État.

Un constat partagé par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et la Présidente de la Banque Centrale européenne Christine Lagarde. Cette dernière évoque « les deux faces d’une même pièce » et appelle les acteurs de l’économie à investir dans la nature autant que pour le climat, et à élaborer des outils de mesures et d’évaluation. « Il n’y a pas de stabilité financière sans stabilité de la nature », a-t-elle avancé aux côtés du Président. Elle a rappelé que, selon une étude de la Banque de France, 42 % des actifs détenus par les acteurs financiers français sont fortement dépendants des services rendus par les écosystèmes naturels.

Une protection renforcée des océans

Pour mener de front le combat pour la nature et le climat, le développement des solutions basées sur la nature a été mis au cœur des stratégies. Au centre des préoccupations : la préservation des forêts et des océans, qui représentent à la fois des réservoirs de biodiversité et des puits de carbone.

Le Congrès se déroulant aux abords de la Méditerranée, Emmanuel Macron a mis l’accent sur la nécessité de rehausser les ambitions en matière de protection des mers. Il a fait deux annonces. Premièrement, un objectif de 5 % de « protection forte » des océans en France d’ici à 2027, contre 0,2 % aujourd’hui. Deuxièmement, l’organisation sur le territoire d’un Sommet pour la protection des océans (One Ocean Summit) au plus tard début 2022. Avec en ligne de mire l’élaboration d’un cadre international pour protéger la haute mer qui représente 60 % des océans et échappe aux juridictions nationales.

Une étape stratégique

Si les associations saluent l’initiative, le WWF regrette cependant une vision et un cap « flous et sans consistance ». Dans l’ensemble, « le Président a fait une revue de l’existant sans annoncer de nouvelles mesures concrètes », a ajouté dans un communiqué Pierre Cannet, directeur du plaidoyer pour WWF France. L’ONG espérait plusieurs engagements forts, comme la sortie des subventions publiques dommageables à la nature ou un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins.

L’ambition du Congrès n’est cependant pas de déboucher sur des engagements de la part des États. Rassemblant pendant neuf jours jusqu’à 6 000 représentants de gouvernements, de la société civile, des milieux universitaires du monde des affaires, l’objectif est d’organiser des échanges entre les acteurs pour fixer des priorités et influer sur les négociations à venir.

Le moment est particulièrement propice : le Congrès se tient à quelques mois de la COP15 biodiversité, prévue en octobre et avril 2022. Elle doit fixer un nouveau cadre de protection de la nature pour la décennie à venir, et de la COP26 pour le climat à Glasgow organisé début novembre.

L’article de Novethic est ici.

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Chasse à la tourterelle des bois : le conseil d’État siffle la fin de la partie !

Un article de la LPO, le 11/09/2021.

Suite à un recours de la LPO, le Conseil d‘État vient de suspendre avec effet immédiat la chasse des tourterelles des bois sur tout le territoire français.

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Tourterelle des bois

Le juge des référés du Conseil d’État a ordonné vendredi 11 septembre la suspension immédiate de l’arrêté du ministère de la transition écologique et solidaire publié le 28 août autorisant le prélèvement de 17 460 tourterelles des bois en France lors de la saison de chasse 2020-21 (du lendemain 29 août jusqu’au 20 février 2021).  La LPO avait attaqué l’arrêté le jour de sa publication au Journal Officiel.

Notre recours similaire de 2019 n’ayant pas été encore jugé sur le fond plus d’un an après, nous avions cette année ajouté une demande de référé-suspension pour avoir une chance de stopper la chasse des tourterelles avant que le quota ne soit atteint. Jeudi 10 septembre, notre président Allain Bougrain Dubourg s’est ainsi rendu à l’audience de référé pour défendre nos arguments.

Sans doute le gouvernement pensait-il que la suspension pour un an de la chasse à la glu allait permettre de perpétuer d’autres scandales cynégétiques français comme la destruction de près de 18 000 Tourterelles des bois, espèce mondialement menacée dont les effectifs en Europe sont en chute libre (-80% depuis 1980).

Comme l’an dernier, et alors que la consultation publique (> 19 000 contributions pour 77 % d’avis contre) sur le projet d’arrêté était pourtant clôturée depuis le 12 août 2020, la Ministre a une nouvelle fois publié l’arrêté au dernier moment, à la veille de la date d’ouverture. Le délai de la procédure de référé au Conseil d’Etat ainsi offert aux chasseurs leur a permis de tuer près de 7 000 tourterelles des bois en moins de 2 semaines, soit 40% du quota autorisé.

La Commission européenne a mis en demeure l’État français de mettre en œuvre toutes les mesures pour favoriser un retour à un bon état de conservation de la Tourterelle des bois, et notamment de stopper sa chasse conformément au plan d’action international de conservation de l’espèce. Selon l’avis des experts du Comité des Experts de la Gestion Adaptative (CEGA) exprimé en mai 2019 et réitéré en 2020 : le seul quota admissible est zéro pour avoir une chance d’enrayer le déclin des tourterelles.

Tourterelle des bois-2

Tourterelle des bois morte.

Cette suspension demeure une satisfaction et un nouveau jalon dans la sauvegarde de la biodiversité. La LPO persistera sur ce dossier qui concerne une espèce prioritaire pour laquelle elle se bat depuis plus de 40 ans, obtenant notamment en 2005 la fin du braconnage pratiqué pendant des décennies au mois de mai dans le Médoc (Gironde).

L’article de la LPO est ici.

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L’agenda climat et biodiversité 2021-2022 : le rattrapage des rendez-vous manqués

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 30/08/2021.

La pandémie continue à bouleverser l’agenda. Les grands rendez-vous internationaux en matière de climat et biodiversité qui devaient marquer l’année 2020 vont finalement s’échelonner entre 2021 et 2022. Congrès de la nature, COP15 biodiversité, COP26 sur le climat… Novethic fait le point sur les évènements à ne pas manquer.

Avec la pandémie, les négociations sur le climat et la biodiversité ont pris du retard.
@Andrii Yalanskyi / Istock

Congrès de la nature 

Marseille – du 3 au 11 septembre 2021

Initialement prévu en 2020, le Congrès de la nature, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a finalement été maintenu cette année malgré les craintes sur la pandémie. Rassemblant la communauté mondiale de la conservation de la nature, comme des acteurs politiques, des scientifiques et des membres de la société civile, c’est une étape importante qui doit permettre de préparer les négociations avant la COP15 biodiversité, reportée en 2022. 

COP15 Biodiversité (réunion préparatoire)

Virtuel – du 11 au 15 octobre

Cette année, la COP15 biodiversité s’organisera en deux temps. Alors que les négociations en présentiel ont été de nouveau décalées en raison de la pandémie, un sommet virtuel sera organisé en octobre à la date initialement prévue pour entamer les discussions. Il s’agit de s’entendre sur l’agenda à venir. Des hauts représentants des pays devraient se rassembler du 12 au 13 octobre, pour établir une « déclaration de Kunming » et ainsi marquer une « impulsion politique », a indiqué le secrétariat de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique dans un communiqué.

Climate finance day

Paris- 26 octobre 2021

La septième édition du Climate finance day est organisée au Palais Brongniart à Paris. L’évènement rassemble des acteurs majeurs du secteur de la finance internationale pour trouver des solutions financières pour lutter contre le réchauffement climatique. Le thème de cette année : la finance durable et ses impacts.

COP26 sur le climat

Glasgow Écosse – du 1er au 12 novembre

Il s’agit de l’évènement le plus attendu de l’année en matière de climat. La vingt-sixième édition de la COP est organisée cette année à Glasgow, en Écosse. C’est un moment clé : pour respecter l’Accord de Paris, et limiter le réchauffement planétaire à 2°C maximum, les Nations-Unies ont sommé les États de fournir des objectifs climatiques plus ambitieux.

COP15 biodiversité

Kumming (Chine) – du 25 avril au 8 mai 2022

Souvent présenté comme la « COP21 de la biodiversité », pour son importance, la COP15 biodiversité, qui aurait dû se tenir en 2020 puis en automne 2021, doit permettre de fixer un cadre pour protéger les écosystèmes. La Convention de l’ONU sur la biodiversité biologique a présenté en juillet un projet de texte devant être finalisé lors des négociations de Kunming et visant à « vivre en harmonie avec la nature » à l’horizon 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030. Il fixe 21 cibles pour réduire les menaces qui pèsent sur la biodiversité, comme la mise sous protection d’un tiers des espaces terrestres et maritimes.

Le Sommet de la terre

Rio de Janeiro – 2022

La date exacte n’est pas encore connue, mais l’évènement est prévu l’année prochaine et pour la troisième fois à Rio de Janeiro. Ces rencontres décennales entre dirigeants mondiaux ont notamment permis la naissance du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en 1972 et de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en 1992. D’après le site internet Vie-Publique, l’édition 2022 doit permettre la création d’un Conseil de la Terre et d’un Institut sur les océans et sur le climat.

L’article de Novethic est ici.

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« Nouveaux OGM » : la France n’applique pas la loi

Un article de Reporterre, par Magali Reinert, le 23/08/2021.

Après une décision du Conseil d’État, moult « nouveaux OGM » auraient dû être retirés des catalogues des semences. Las, le gouvernement n’a rien fait. Alors que Bruxelles ouvre le débat sur le sort de ces plantes, les partisans d’une réglementation stricte mettent l’État français devant ses responsabilités.

Un plant de colza. – Flickr/CC BY-NC-ND 2.00/Arnet

Pas question de faire baisser la pression. Fort d’une pétition signée par près de 137 000 personnes, le collectif Objectif zéro OGM a rencontré le cabinet du Premier ministre le 19 juillet 2021 pour réclamer l’application de la loi. L’État n’a en effet toujours pas mis en œuvre la décision du Conseil d’État du 7 février 2020 qui soumet les plantes obtenues par les nouvelles techniques de modification génétique, dites « OGM cachées » ou « nouveaux OGM », à la réglementation stricte des OGM« Le gouvernement joue la montre », s’énerve Guy Kastler, porte-parole du collectif, comme le montre cette chronologie des manquements de l’État publiée par Inf’OGM.

Pour les neuf organisations paysannes et de la société civile qui avaient saisi le Conseil d’État en 2014, l’enjeu porte en particulier sur le contrôle des variétés rendues tolérantes aux herbicides (VrTH) déjà sur le marché. Certaines tombent sous la réglementation OGM depuis le jugement de 2020 et, faute des évaluations nécessaires, auraient donc dû être retirées des catalogues des semences. Mais rien n’a bougé. Si le gouvernement a bien rédigé décret et arrêtés, ces derniers restent dans les tiroirs au motif qu’ils seraient en contradiction avec la législation européenne. « Un argument qui ne dispense en rien l’État d’appliquer les décisions de justice ! », dénonce Guy Kastler, du Réseau semences paysannes.

Évaluer les risques liés aux variétés tolérantes aux herbicides

Concrètement, des centaines de variétés de colza Clearfield sont concernées. Ces semences sont produites par des industriels sous licence avec BASF, géant de l’agrochimie qui a breveté cette modification génétique permettant aux plantes de résister à ses herbicides. « Certains semenciers disent ne pas avoir vendu de colza Clearfield depuis 2020, étant donné l’incertitude règlementaire. Mais c’est impossible à vérifier. En tout cas, elles sont toujours sur les catalogues », souligne Guy Kastler.

Autre injonction faite au gouvernement : prendre les mesures nécessaires pour évaluer les risques liés à ces variétés tolérantes aux herbicides. Pointées notamment par des instituts de recherche, les inquiétudes portent en particulier sur les dangers liés à une utilisation accrue d’herbicides et sur l’accélération de la résistance aux herbicides chez les plantes sauvages. « Le gouvernement a demandé de nouvelles évaluations, mais ne prend toujours pas la première mesure qui s’impose : se donner les moyens de collecter les données nécessaires à ces évaluations ! », dénonce encore le militant paysan.

En effet, l’Anses a déjà rendu un avis en 2019. On y apprenait qu’« aucun effet indésirable n’a pu être observé d’après les données collectées »… mais que les données en question sont « incomplètes, imprécises ou peu représentatives ». Toujours selon l’avis, il n’existe pas de liste « permettant d’identifier de manière fiable et officielle » ces variétés VrTH. Faute de déclaration par les industriels, les données restent donc encore et toujours lacunaires.

Pour les tenants d’une réglementation stricte des OGM, le moment est crucial

En représailles, les faucheurs volontaires font des descentes chez les semenciers pour détruire les semences Clearfield. Dernière en date, quatre-vingt faucheurs se sont introduits dans les locaux d’un producteur de semences dans la Drôme mi-juin. Pour les tenants d’une réglementation stricte des OGM, le moment est crucial. Bruxelles ouvre en effet le débat pour une réforme du cadre législatif sur les OGM en 2023. Ce dossier a été mis à l’agenda après les décisions de la Cour de justice européenne et du Conseil d’État français en faveur d’une réglementation contraignante à tous les « nouveaux OGM ».

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, souhaite que les « nouveaux OGM » échappent à la réglementation concernant leurs prédécesseurs. © Lionel Bonaventure/AFP

« Nous avons gagné avec la loi de 2008 le droit de semer, cultiver et manger sans OGM. Nous entendons préserver ce droit », défend le collectif Objectif Zéro OGM dans un communiqué. La bataille est loin d’être gagnée. Les arguments des industriels favorables à une dérèglementation trouvent un large écho à Bruxelles. Une position partagée par le ministre de l’Agriculture français. La France occupera d’ailleurs la présidence du Conseil de l’Union européenne au deuxième semestre 2022, période à laquelle doit être réalisée l’étude d’impact des « nouveaux OGM » pour orienter les décisions règlementaires.

L’article de Reporterre est ici.

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La filière viticole française présente une feuille de route pour s’adapter au réchauffement climatique

Un article de Novethic, par Arnaud Dumas, le 28/08/2021.

Vendanges plus précoces, degré d’alcoolémie plus élevé, plus grande acidité du raisin… le réchauffement climatique a déjà des conséquences concrètes sur la production de vin français. Pour en préserver la qualité et le rendement, les organisations professionnelles de la filière viticole ont présenté un plan d’action afin d’adapter les modes de production à l’élévation des températures et aux événements climatiques plus fréquents.

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La date des vendanges a avancé de 15 jours en moyenne dans les vignobles français depuis les années 1980. @CCO

Le changement climatique menace de changer radicalement le goût du vin français. Pour sauvegarder à la fois son modèle économique et la qualité de sa production, la filière viticole vient de présenter une feuille de route à Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, afin d’adapter le secteur aux conséquences du réchauffement.

Pour les producteurs de vins, il s’agit en effet d’un problème concret dont les effets se font déjà ressentir sur leur activité. La date des vendanges ne cesse d’avancer, elles se font aujourd’hui 15 jours plus tôt qu’avant 1980 dans les Côtes du Rhône et à Saint Émilien, et 26 jours plus tôt en Alsace. L’augmentation des températures transforme par ailleurs le profil du raisin récolté. Les vignerons constatent une augmentation du degré alcoolique, une baisse de l’acidité du raisin ou encore un changement des arômes. À cela s’ajoute la multiplication des événements climatiques qui pèsent sur les niveaux de production, tels que des canicules, des épisodes de gel tardif comme au printemps dernier, des hiver trop doux, des étés trop pluvieux, etc.

« À l’horizon 2050, le changement climatique aura modifié à la fois les conditions de production des vins, leurs caractéristiques organoleptiques et leurs marchés. Dès à présent, la filière viti-vinicole française doit s’y préparer pour s’adapter tout en s’engageant à contribuer à l’atténuation du changement climatique », écrivent ainsi les dirigeants des organisations professionnelles FranceAgriMer, l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) et l’Institut français de la vigne et du vin.

Sept domaines d’intervention

Elles travaillent depuis 2017 avec l’INRAE (Institut national de recherche agronomique) pour trouver des solutions permettant de préserver la spécificité de chaque région viticole françaises. La feuille de route propose ainsi une quarantaine d’actions à mettre en œuvre, organisées autour de sept axes. Ceux-ci prennent en compte aussi bien l’adaptation des vignes, en améliorant la connaissance des zones viticoles, ou encore en transformant les modes de production (meilleure gestion de l’eau, nouvelles pratiques de culture, etc.), en choisissant des vignes mieux adaptées aux conditions climatiques.

Les professionnels du vin veulent aussi agir sur les pratiques œnologiques pour préserver la qualité de leur production. Ils préconisent notamment d’adapter la réglementation pour leur permettre de réduire la teneur en alcool du vin dans de plus fortes proportions que celles autorisées actuellement, ou encore pour modifier l’acidification des vins.

Le plan d’action recommande également aux producteurs de se garantir contre les aléas climatiques, au moyen de contrat d’assurance spécifiques et d dispositifs de protection des vignes. Les organisations professionnelles veulent également amplifier les efforts de recherche et développement, pour continuer de trouver de nouvelles solutions d’adaptation. Enfin, elles préconisent également des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la filière, comme des initiatives permettant d’augmenter la capacité de captage de CO2 des vignobles ou de réduire la consommation énergétique.

L’article de Novethic est ici.

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Des centaines d’espèces animales mises en danger par les feux géants en Europe

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin avec AFP, le 24/08/2021.

Les incendies, qui parsèment la planète, ont pris de nombreuses vies et vont coûter des milliards de dollars de dégâts. Mais il est une perte qui est inestimable, c’est celle en matière de biodiversité. Le WWF s’inquiète des conséquences des incendies qui ravagent le bassin méditerranéen et la Russie, pour une partie de la faune sauvage. L’ONG a commencé à en dresser la liste.

Dans le Var, une opération de sauvetage des tortues d’Hermann a été menée après les incendies.
@SylvainThomas/AFP

Au niveau mondial, les incendies d’origine humaine compromettent la survie de la faune sauvage, tuée ou blessée par le contact direct avec les fumées et les flammes ou qui souffre d’une destruction importante de son habitat », alerte Margaret Kinnaird, responsable faune au Fonds mondial pour la nature (WWF), auprès de l’AFP. Difficile toutefois de savoir quel sera l’impact exact sur chaque espèce, en particulier celles déjà menacées, complète Craig Hilton-Taylor, responsable de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de nature (UICN)

France : la tortue d’Hermann

Un violent incendie dans le sud a ravagé pour partie la réserve naturelle de la plaine des Maures, l’un des « derniers spots à abriter la tortue d’Hermann, dernière tortue terrestre d’Europe« , indique à l’AFP Concha Agero, directrice-adjointe de l’Office français de la biodiversité (OFB). La tortue d’Hermann ne vit en France que dans le Var et en Corse. Sa population est estimée à 15 000 tortues dans le Var, dont 10 000 sur la seule réserve. « On espère que comme lors de précédents feux, elle s’est enfouie sous terre et que certaines ne sont que partiellement brûlées« , ajoute-t-elle. Dans le Var des vétérinaires et des pompiers ont monté une opération pour sauver de nombreux reptiles.

Turquie : le lynx du désert, la chèvre sauvage, le lérotin laineux…

Selon les premières observations du WWF, « les forêts et les montagnes des provinces de Mugla et d’Antalya, où résident les espèces iconiques du caracal (ou lynx du désert, un félin) et de la chèvre sauvage égagre, ont subi des dégâts importants« . Ces territoires abritent aussi une espèce endémique de rongeur, le lérotin laineux, poursuit WWF. « Les populations locales de 121 espèces en danger pour Antalya et 87 espèces menacées pour Mugla pourraient avoir été touchées, dont cinq espèces de hiboux, cinq de pics, 21 de reptiles et d’amphibiens« , précise l’ONG.

Grèce : le cerf élaphe, le renard, la bécasse…

Selon WWF, « le nord de l’Attique est la seule zone dans le sud de la Grèce où vit toujours le cerf élaphe, en danger critique d’extinction«  dans le pays. Le plus grand cervidé des forêts d’Europe a souffert du braconnage et de la destruction de son habitat. Cette zone abrite aussi deux meutes de loups gris, espèce protégée au niveau européen, et est une zone importante pour les animaux vivant dans les forêts de conifères (renards, écureuils, bécasses).

Italie : le lièvre sarde et les arbres centenaires…

Le parc national de l’Aspromonte, qui s’étend sur une majeure partie de la région de la Calabre, a connu plusieurs incendies. Il abrite, entre autres, un petit rongeur rare endémique de la zone, semblable à un loir, et des arbres centenaires. « En Sardaigne, une des régions les plus riches en biodiversité de la Méditerranée, les flammes menacent aussi la survie de plusieurs espèces endémiques« , s’inquiète WWF, dont le cerf sardo-corse, sauvé de l’extinction dans les années 1980, la perdrix gambra et le lièvre sarde. Les feux ont aussi tué un nombre important de reptiles, dont des tortues bordées, déplore l’ONG.

Russie : le wapiti, le renne sauvage, l’ours…

En Russie, ce sont des grands animaux qui sont en danger comme le wapiti, le renne sauvage, le chevreuil, l’ours brun, le glouton, le lynx et l’écureuil volant et des espèces plus rares comme le cerf porte-musc (reconnaissable à ses deux canines supérieures en forme de longs crocs effilés), le mouflon des neiges, une espèce de marmotte, la grue blanche, la grue noire, le faucon gerfaut, le faucon pèlerin, le pygargue à queue blanche et l’aigle royal, énumère le WWF.

L’article de Novethic est ici.

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Le Brésil vit la pire sécheresse de son histoire

Un article de Reporterre, par Pierre Le Duff, le 23/08/2021.

L’hiver austral n’est pas épargné par les évènements climatiques extrêmes observés cet été dans l’hémisphère Nord. Le Brésil subit sa pire sécheresse depuis que le phénomène a commencé à être mesuré en 1910.

Champ de canne à sucre à Campos de Goytacazes : l’absence de pluie en été a empêché les plants de se développer.  © Tito Livio Campello Inojosa de Andrade

Sao Paulo (Brésil), correspondance.

Quand il a pris connaissance du rapport alarmant publié par l’ensemble des services de météorologie fin mai dernier, le gouvernement fédéral brésilien a aussitôt émis une alerte officielle pour cinq États du Centre-Ouest du pays. Comme prévu, le niveau de précipitations y est inférieur à la moyenne normalement observée en cette saison. 40 % du territoire national souffre en ce mois d’août du manque de pluie et dans certaines régions des États de Minas Gerais et de São Paulo, la sécheresse est classée par le Centre national de surveillance et d’alerte des désastres naturels (Cemaden) à un niveau « exceptionnel », le plus élevé.

Dans l’État de São Paulo, qui compte 45 millions d’habitants, les nappes phréatiques sont sous pression. Le plus grand système d’approvisionnement en eau de la région frôle son niveau d’alerte de 40 %, et devrait terminer l’année entre 20 % et 29 % de sa capacité, d’après les prévisions du Cemaden. Un niveau qui rappelle celui du début de la grande crise hydrique en 2014, quand jusqu’aux quartiers du centre de la capitale économique avaient subi des coupures d’eau.

Pour tenter d’éviter ce scénario, la mairie d’Itu, ville de 175 000 habitants située à une centaine de kilomètres de São Paulo, a instauré le 6 juillet pour trois mois un système de rationnement, suivant les quartiers, qui reçoivent désormais l’eau courante de façon alternée, un jour sur deux. Le rationnement s’est peu à peu étendu à 53 villes des alentours. Malgré cette mesure, l’eau vient parfois à manquer pendant plusieurs jours d’affilée.

« Ici, on a toujours des coupures », assure Neuza Giatti, qui habite depuis 26 ans le quartier de Cidade Nova, « mais cette fois, ça fait plus de cinq jours qu’il n’y a pas une goutte ». Un camion-citerne passe de temps en temps, et grâce à la solidarité familiale, elle s’est constitué une petite réserve de trois bassines d’eau. « La douche, c’est avec une tasse », se résigne-t-elle, « mais il faut chauffer l’eau, et ça fait augmenter la facture de gaz ». Excédés, des habitants ont bloqué les rues du quartier en montant des barricades improvisées pour attirer l’attention sur leur situation.

Berge récemment incendiée du fleuve Paraíba do Sul, au milieu duquel apparaissent des bancs de sable, Campos de Goytacazes. © Pierre Le Duff/Reporterre

Ce rationnement, qui a désormais été étendu à plus de cinquante villes dans les États de São Paulo et du Paraná, a commencé au moment où une masse d’air venue de l’Antarctique a envahi pendant une dizaine de jours le Sud du Brésil, provoquant de rares chutes de neige et des températures négatives. À Curitiba, ville de deux millions d’habitants, un système semblable est en place depuis plus d’un an.

63,8 % du mix électrique du Brésil provient de ses centrales hydrauliques. Dans l’ensemble du bassin du fleuve Paraná et de ses affluents, qui alimente 130 barrages – un record mondial -, les précipitations sont inférieures à la moyenne presque tous les mois depuis octobre 2019. Fin juillet, le niveau des réservoirs en amont des centrales qui alimentent les deux plus grands foyers de population, São Paulo et Rio de Janeiro, et qui servent à équilibrer le système de distribution au niveau national, a atteint le seuil critique de 25 %. Pour éviter le risque d’un black-out, le gouvernement a pris des mesures préventives. Il incite notamment les ménages brésiliens, qui ont vu le prix du kilowatt-heure augmenter de plus de 50 % au 1er juillet, à ne pas gaspiller l’électricité.

La sécheresse et les gelées de juin et juillet ont particulièrement affecté les plantations d’agrumes, de maïs, de canne à sucre, et surtout de café. Dans le sud de l’État du Minas Gerais, certains producteurs ont perdu jusqu’à 70 % de leur récolte. Seules les grandes exploitations ont les moyens de mettre en place de coûteux systèmes d’irrigation. L’agriculture familiale, qui n’occupe que 25 % de la superficie exploitée au Brésil, mais représente 75 % de la population agricole, est la plus vulnérable à cette extrême sécheresse.

Au début du mois d’août, après cinquante jours sans une goutte de pluie, une averse s’est abattue sur les pâturages jaunis et les potagers de la communauté « Zumbi dos Palmares », dans le Nord de l’état de Rio de Janeiro. « C’est un énorme soulagement », assure Emilton Basilio de Souza, petit producteur qui s’est installé en même temps que 500 familles il y a plus de vingt ans sur les terres d’une usine de canne à sucre, abandonnée en 1995 quand son activité a décliné. « En 2015, nous avons tout perdu avec la sécheresse, et nous avons mis cinq ans à nous en remettre », explique Emilton, qui a déjà renoncé à la pêche dans les lacs voisins, complètement asséchés il y a six ans, et qui n’ont depuis jamais retrouvé leur richesse en poissons.

Travaux entrepris pour retirer la végétation qui obstrue un canal dans la région de Campos de Goytacazes
© Pierre Le Duff/Reporterre

Cette région rurale au nord de Campos de Goytacazes, bordée à l’est par l’océan Atlantique, dans l’État de Rio de Janeiro, au climat tropical, a toujours souffert d’une répartition irrégulière des pluies au cours de l’année. José Carlos Mendonça, professeur d’agrométéorologie à l’Université d’État de la ville, constate cependant une baisse du niveau moyen de précipitations depuis les années 1980 : « La moyenne annuelle de référence pour la région est légèrement supérieure à 1 000 millimètres par an. Dans certaines localités, ces dernières années, on a observé des moyennes autour de 750 millimètres par an, un niveau caractéristique d’un climat semi-aride ».

Un réseau de canaux long de 1 500 kilomètres, creusé au XIXe siècle pour transporter la canne à sucre vers le port de Macaé, a longtemps servi à équilibrer la distribution hydrique entre certaines régions inondées une partie de l’année, et d’autres, souffrant d’un manque chronique de pluie. Aujourd’hui, ils sont inutilisables : le niveau du fleuve Paraíba do Sul est trop bas pour atteindre les vannes permettant d’inonder les canaux. La coopérative des producteurs locaux de canne à sucre a investi dans une pompe pour aspirer l’eau jusqu’à l’une des écluses. La mairie de Campos a aussi dû entreprendre des travaux pour creuser un passage pour l’eau au milieu d’immenses bancs de sable qui sont apparus avec la baisse du niveau du fleuve.

« Les faits sont là, bien réels. Chacun peut en ressentir les effets », a plaidé José Carlos Mendonça devant une commission parlementaire en avril. « Les données de l’Institut national de météorologie indiquent une augmentation de la température moyenne annuelle de 0,8 degrés depuis soixante ans à Campos, et une baisse de l’humidité relative de l’air de l’ordre de 5 % ». À Brasilia, un projet de loi est en discussion à la Chambre des députés ; il classerait le climat de la région comme semi-aride. Pour enrayer la désertification déjà en cours dans d’autres régions du Brésil, il prévoit des mesures de reforestation et débloquerait des fonds du gouvernement fédéral, permettant notamment aux petits producteurs d’obtenir des prêts.

Alors que la saison des incendies ne va pas tarder à atteindre son pic au Brésil, tous les signaux sont déjà au rouge dans le Cerrado, dans le Pantanal et dans le sud de l’Amazonie. Après deux années marquées par une déforestation et des incendies record, le gouvernement de Jair Bolsonaro subit une pression internationale. Pourtant, les données satellitaires montrent que la déforestation se poursuit à un rythme effréné. « Cette année, le climat est bien plus sec, et près de 5 000 kilomètres carrés déboisés il y a des mois, avec une végétation sèche qui n’a pas encore été brûlée, sont comme une poudrière prête à exploser », avertit Paulo Moutinho, chercheur et fondateur de l’Institut de Recherche Environnementale de l’Amazonie. Le nombre de foyers de chaleur détectés dans la partie brésilienne par les satellites au mois de juin est déjà supérieur de près de 3 % par rapport à la même période il y a un an.

L’article de Reporterre est ici.

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Juillet 2021, le mois le plus chaud enregistré sur Terre

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 20/08/2021.

Depuis 142 ans que les températures sont enregistrées sur la planète, jamais les humains n’avaient mesuré un mois aussi chaud que celui de juillet 2021. C’est surtout l’hémisphère Nord qui a été touché avec un mercure 1,54°C au-dessus de la moyenne. Le record absolu de température sur un point du globe a même été dépassé, atteignant plus de 80°C.

Le record de température en Europe a été battu à 48,8°C. C’est la Sicile qui déteint ce record.
@Antonio Masiello / Getty Images Europe / Getty Images via AFP

Les Français métropolitains n’ont pas vraiment ressenti cet effet en juillet 2021. La grisaille et la pluie ont donné aux Français une impression de mauvais temps et les ont forcés à sortir les coupe-vent et les pulls. En réalité, selon Météo France, les températures dans l’Hexagone n’ont été que de 0,1°C inférieures aux normales saisonnières, mais avec d’importantes disparités régionales. Pourtant au même moment, le monde a enregistré son mois le plus chaud depuis 142 ans selon l’Agence nationale océanique et atmosphérique américaine (NOAA). C’est-à-dire depuis que ces mesures sont enregistrées.

Rick Spinrad, Président de la NOAA, alerte : « Le mois de juillet est généralement le mois le plus chaud de l’année, mais juillet 2021 s’est surpassé, devenant le mois de juillet et le mois tout court le plus chaud jamais enregistré ». « Ce nouveau record accentue la trajectoire inquiétante et perturbante sur laquelle le changement climatique a mis le globe », ajoute-t-il alors que, début août, les experts du climat à l’ONU, le GIEC, ont publié leur nouveau et alarmant rapport.

Graph temp juillet 2021

80°C dans le désert

Ainsi si la température globale à la surface de la planète a été plus élevée de seulement de 0,01°C par rapport aux précédents mois de juillet le plus chaud, à savoir en 2016, 2019 et 2020, elle était de 0,93°C au-dessus de la moyenne des températures au 20ème siècle. C’est en particulier l’hémisphère Nord qui a tiré le mercure vers le haut. La température enregistrée à la surface des continents a été de 1,54°C au-dessus de la moyenne, surpassant le précédent record de 2012.

Durant cette période, les records absolus de températures extrêmes sur Terre se sont multipliés. Ainsi, la plus haute température jamais enregistrée sur un continent a été battue de 10°C, avec plus de 80°C mesuré dans le désert de Lout en Iran et dans le désert de Sonora au Mexique. L’Europe a également battu son record avec 48,8°C en Sicile. Quant au Canada, qui a connu un dôme de chaleur inédit au début de l’été, le thermomètre y a grimpé jusqu’à 49,6°C dans la ville de Lyton.

Enfin, le plus inquiétant vient peut-être du Groenland où dans le nord du territoire le mercure à dépasser les 20°C, soit 10°C de plus que la normale. Cela a entraîné d’importantes fontes de la glace jusqu’à huit milliards de tonnes chaque jour, soit le double de la normale en période estivale. De quoi avoir un impact mesurable à terme sur la montée des eaux.

L’article de Novethic est ici.

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Première naissance de Lynx dans le massif des Vosges depuis 300 ans

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin,le 18/08/2021.

Deux petits chatons Lynx sont en train de découvrir le massif des Vosges, leur mère Lycka leur a donné vie le 13 août dernier. La nouvelle est loin d’être anecdotique. Aucune naissance de la seule espèce de grand félin sur le territoire français n’avait été observée depuis le XVIIe siècle. Aujourd’hui, les Vosges comptent seulement une dizaine d’individus.

Deux chaton lynx ont vu le jour dans le massif des Vosges. @Office Français de la Biodiversité

L’Afghanistan repris par les Talibans, le Liban au bord de l’effondrement, des incendies généralisés sur la planète, un rapport du Giec alarmant… Au cœur de ce mois d’août 2021, on traque les bonnes nouvelles comme des bouffées d’air pour respirer un petit peu. Une nous vient tout droit de la montagne vosgienne. Pour la première fois depuis le XVIIe siècle – plus de 300 ans ! – la naissance de deux chatons lynx boréal a été observée.

Cette espèce de félins a presque complètement disparu de la région. C’est l’Office français de la biodiversité (OFB) qui a fait l’annonce de cette naissance début août. La mère, baptisée Lycka, est arrivée sur le territoire français en mars 2020 depuis la Réserve de Biosphère Pfälzerwald-Vosges du Nord. Elle est suivie grâce à un collier GPS. « Lors de son lâcher, elle pesait plus de 20 kg : il s’agit d’un animal vigoureux et expérimenté« , écrit l’OFB dans un communiqué.

Liste rouge des espèces menacées

« Cet évènement majeur pour l’avenir du lynx dans le massif des Vosges a été rendu possible par le programme LIFE porté par les partenaires allemands de l’OFB de la Stiftung Natur und Umwelt (Rheinland-Pfalz)« , se réjouit l’organisme français. Le lynx boréal est le seul grand félin sauvage présent en France. Mais cette bonne nouvelle n’enlève en rien la précarité de cet animal qui est inscrit sur la « liste rouge » nationale des espèces menacées publiée par l’Union mondiale pour la nature (UICN).

Dans le Nord des Vosges, malgré le travail de réintroduction depuis la fin du XXe siècle, on ne compte qu’une dizaine d’individus dont une seule femelle, Lycka. Outre la faiblesse de cette cohorte, l’OFB craint des accidents, soit par collision avec des véhicules, soit par acte de chasse volontaire. « Cet enjeu majeur de la coexistence du lynx avec les activités humaines est au cœur du Plan Régional d’Actions en faveur du Lynx dans les Vosges« , écrit encore l’OFB.

Ces questions de biodiversité seront au cœur du sommet de l’UICN qui se déroulera du 3 au 11 septembre prochain à Marseille. En France, environ 17 % de la faune est menacée.

L’article de Novethic est ici.

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Les scientifiques du GIEC : « Le changement climatique s’accélère et s’intensifie »

Un article de Reporterre, par Justin Carrette et Hervé Kempf, le 09/08/2021.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat publie ce 9 août son rapport faisant l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique. Il détaille notamment la multiplication à attendre des événements extrêmes. Et avertit qu’il reste à peine vingt ans pour limiter le pire. Une condition : amener les émissions de gaz à effet de serre à zéro.

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Les discussions pour adopter le rapport du Giec se sont déroulées sur internet. Photo Friederike Otto

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publie lundi 9 août le rapport sur l’état des connaissances sur le changement climatique, ainsi que son Résumé pour les décideurs (Summary for policymakers).

Établi par le groupe 1 rassemblant des climatologues [1], ce document dresse un état des lieux exhaustif en synthétisant des centaines d’études parues depuis huit ans dans les revues scientifiques. Il montre que depuis son précédent rapport publié en 2013, les connaissances se sont consolidées, et surtout que la situation globale s’est aggravée. Comme le résume le communiqué publié par le GIEC, « Le changement climatique se généralise, s’accélère et s’intensifie ».

Dans un langage technique et sans effet de manche, le Résumé pour les décideurs énonce un certain nombre de faits qui montrent la rapidité du bouleversement à l’oeuvre. Il pose d’abord ce qui ne fait plus de doute : « L’influence humaine a sans équivoque réchauffé l’atmosphère, l’océan et les terres émergées ». Ce réchauffement est intense : « Chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que toute décennie depuis 1850 ». Le réchauffement est plus important qu’il n’était évalué en 2013 : la température moyenne de surface est 1,09°C plus chaude qu’en 1850. En fait, ce réchauffement se produit à un rythme jamais observé depuis 2 000 ans

La concentration de CO2 (dioxyde de carbone) dans l’atmosphère atteint plus de 410 ppm – un niveau que la planète n’a pas connu depuis… deux millions d’années. Cette transformation due à l’activité humaine se traduit par des effets déjà nettement observables, écrit le GIEC : les glaciers se retirent partout dans le monde, la glace arctique décroit fortement, la couverture glacée du Groenland a commencé à fondre, l’acidification des océans est engagée, le niveau des mers s’élève continuellement (3,6 mm par an depuis 2006).

De plus en plus d’événements climatiques extrêmes

Les scientifiques du GIEC assurent aussi que le changement climatique « produit déjà de nombreux extrêmes climatiques dans chaque région du globe », tels que vagues de chaleur, précipitations intenses, sécheresses et cyclones tropicaux. Nouveauté majeure depuis le précédent rapport de 2013, on peut maintenant produire des évaluations régionales, par exemple à l’échelle de l’Europe de l’ouest et centrale, de la Méditerranée ou du Sahara. L’accroissement des vagues de chaleur est ainsi scientifiquement validée dans presque toutes les régions du globe. La certitude est moins établie en ce qui concerne les sécheresses ayant des conséquences agricoles.

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Le pyrocumulus causé par le Dixie Fire en Californie en juillet 2021. L’incendie se poursuivait début août. Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Frank Schulenburg

« C’est la première fois qu’un chapitre est dédié aux événements climatiques extrêmes. Nous avons beaucoup plus d’informations là dessus » indique à Reporterre la climatologue Sonia Seneviratne, une des 234 co-auteurs et autrices du rapport. « Certains événements extrêmes comme les canicules ou les fortes précipitations, peuvent désormais être attribués à l’influence humaine. »

Pour modéliser le lien entre ces événements et le réchauffement climatique, les scientifiques rappellent qu’une vague de chaleur extrême se produisait sur un territoire donné une fois tous les dix ans en moyenne durant l’ère pré-industrielle (1850-1900). Avec un réchauffement de 2°C par rapport à cette époque, les vagues de chaleur extrême se produiraient 5,6 fois en dix ans et seraient en moyenne 1,9°C plus chaude. Avec un réchauffement global de 4°C, ces vagues de chaleur se produiraient 9,6 fois sur dix ans, soit quasiment une fois par an. « Ce n’est pas seulement la fréquence de ces événements extrêmes qui va augmenter, mais également leurs intensités », précise Sonia Seneviratne. Difficile d’imaginer le Canada, pour prendre un exemple, essuyer tous les ans une vague de chaleur plus intense que celle que le pays a connue fin juin.

Le Résumé pour les décideurs évoque aussi plusieurs points importants, qui sont développés dans le rapport complet :

• plusieurs changements dus aux émissions de gaz à effet de serre sont déjà irréversibles, et notamment l’élévation du niveau de la mer ou la fonte des glaciers. Mais leur ampleur sera variable selon le niveau des émissions.

• des phénomènes à faible probabilité, comme l’effondrement de la banquise, ou les changements de courants océaniques, « ne peuvent être exclus ». Le document évoque ainsi les tipping points (seuils de basculement), c’est-à-dire la possibilité que le réchauffement dépasse un seuil à partir duquel se produiraient des effets irréversibles et s’amplifiant sans limitation possible. Le texte cite comme exemple une fonte accélérée de la banquise antarctique ou le dépérissement des forêts (perdant leur capacité d’absorption du CO2).

• l’urbanisation accroîtra l’impact des vagues de chaleur extrêmes et les cités côtières seront plus vulnérables, pouvant subir la combinaison de déferlements de vagues dus à l’élévation du niveau de la mer et des précipitations intenses provoquant des débordements de fleuves.

• le ralentissement du grand courant océanique atlantique, dit AMOC (Atlantic meridional overturning circulation), dont le Gulf Stream est une branche, se produira « très probablement » durant le XXIe siècle, entraînant notamment un assèchement en Europe.

À peine vingt ans pour éviter le pire

Le Résumé pour les décideurs recommande de « limiter les émissions cumulées de CO2 » et une « forte réduction » des émissions d’autres gaz à effet de serre, et notamment du méthane. C’est la seule solution pour empêcher une aggravation insupportable du changement climatique – en clair, empêcher de dépasser 1,5°C voire 2°C de plus qu’en 1850, des niveaux auxquels les conséquences seront déjà lourdes.

Les scientifiques ont précisé leurs analyses du budget carbone, c’est-à-dire la quantité de CO2 que nous pouvons encore rejeter dans l’atmosphère tout en restant sous la limite des 2°C de réchauffement à la fin du siècle. Sachant que l’humanité émet de l’ordre de 40 milliards de tonnes de CO2 par an, il reste vingt-deux ans d’émissions à ce niveau (ou 900 milliards de tonnes à émettre) pour rester en-dessous de 2°C, ou 7 ans et demi (ou 300 milliards de tonnes) pour rester en-dessous de 1,5°C. Les experts notent que la réduction des émissions en 2020 dues au Covid n’a pas eu d’effet notable sur la concentration atmosphérique en CO2. Des réductions continues et importantes sont indispensables, sans doute aidées par le retrait de CO2 de l’atmosphère par des moyens qui seront étudiés dans le rapport du Groupe 3, en 2022.

Le texte du GIEC est d’autant plus impressionnant qu’il est d’une austérité sévère. Aux « décideurs » – et à tout un chacun – d’en tirer les conclusions. Si les mots techniques n’étaient pas assez clairs, les événements de cet été meurtrier – vagues de chaleurs en Amérique du Nord et en Europe de l’est, incendies en Turquie et en Grèce, inondations en Allemagne, en Inde et en Chine,… – devraient constituer une explication de texte suffisante.

L’article de Reporterre est ici.

[1] Le GIEC compte deux autres groupes de scientifiques, dédiés aux impacts du changement climatique et aux moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils publieront leurs rapports d’ici 2022.

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Réchauffement climatique : Un monde à +2°C n’est déjà plus assurable

Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 28/07/2021.

Notre monde subit un réchauffement de +1,2 °C et déjà, des assureurs se désengagent de certaines zones qu’ils considèrent trop à risques. En Floride, région particulièrement touchée par les catastrophes climatiques, certains particuliers ne trouvent ainsi plus d’assureurs privés. En Allemagne, après les inondations historiques, les assureurs ont prévenu : si rien n’est fait pour limiter un réchauffement à +2 °C, l’assurance ne sera plus possible.

La Californie a compté 9600 incendies en 2020, selon Munich Re.
@DavidMcnew/Getty Images North America/Getty Images via AFP

C’était à la veille de la COP21 en 2015. Henri de Castries alors président d’Axa, premier assureur mondial, expliquait qu’un « monde à +2 °C pourrait encore être assurable, un monde à 4 °C ne le serait certainement plus ». Cette déclaration, qui a eu un fort retentissement à l’époque, était-elle trop optimiste ? Alors que le monde enregistre déjà un réchauffement de 1,2 °C par rapport à 1900 et que la barre des + 1,5 °C pourrait être franchie d’ici trois ans, les assureurs commencent déjà à se désengager de certaines zones particulièrement à risque.

Il y a un mois, dans la ville de Surfside en Floride, l’effondrement spectaculaire d’un immeuble résidentiel a tué une centaine de personnes, provoquant une vive émotion. Si l’enquête est toujours en cours pour trouver l’origine de cet effondrement, la piste de mauvais entretiens et d’une structure détériorée sont en cause. Mais cette région, particulièrement sous pression du changement climatique, est de plus en plus fragile. Depuis les années quatre-vingt, date de construction de l’immeuble, le niveau de la mer a augmenté de plus de 20 centimètres dans le sud de la Floride.

En accélérant la dégradation des bâtiments, la crise climatique fait fuir les assureurs. « Quelques jours après l’effondrement, les compagnies d’assurance ont envoyé des lettres menaçant de ne plus couvrir les vieux bâtiments qui n’avaient pas passé les inspections de sécurité obligatoires. En Californie, les assureurs ont commencé à fuir les zones exposées aux incendies ; dans d’autres régions de l’Ouest, les responsables disent qu’ils reçoivent des rapports similaires d’assureurs refusant de renouveler les polices », rapporte ainsi le New York Times. Avec des incendies de plus en plus fréquents et intenses, des ouragans dont Irma en 2017 et Michael en 2018, les compagnies d’assurance accusent des pertes sans précédent. À tel point que certains particuliers ne peuvent même plus renouveler leur assurance. Et cette situation n’est pas isolée.

Une explosion des primes d’assurance

En Allemagne, le secteur a déjà prévenu : « Si rien n’est fait pour maintenir le réchauffement en dessous de 2 °C, nous devrons arrêter l’assurance contre les risques de catastrophe naturelle ». Les assureurs affirment que 2021 pourrait être une des années les plus importantes en termes de pertes financières alors que le pays a subi des inondations historiques à la mi-juillet. Et la France n’est pas épargnée. 200 millions d’euros pour la tempête Alex qui a dévasté la vallée de la Roya, un milliard d’euros de dommages en raison des épisodes de gel dans les vignes, 550 millions d’euros concernant les inondations dans plusieurs départements en juin… Au total, la facture des sinistres climatiques a triplé depuis les années quatre-vingt, passée de 1,2 milliard d’euros par an à 3,6 milliards.

Face à la hausse des impacts du changement climatique, le monde de l’assurance appelle tous les acteurs à ne plus négliger « l’adaptation ». En attendant, le secteur ne peut plus supporter seul le surcoût de la crise climatique. Même les réassureurs sont de plus en plus frileux de sorte qu’ils cherchent de nouveaux outils de financement et certains font appel au marché des « cat bond« , des « obligations catastrophe ».

Concrètement, ces instruments financiers permettent de faire supporter le risque d’indemnisation des désastres naturels aux marchés financiers. Reste que les surcoûts liés au changement climatique vont inévitablement se répercuter sur les primes d’assurances. L’Autorité de contrôle prudentiel et de supervision (ACPR), qui dépend de la Banque de France, prévoit une explosion des primes de 130 à 200 % sur trente ans. 

L’article de Novethic est ici.

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ArcelorMittal Méditerranée condamnée : victoire pour la santé et l’environnement

Un article de France Nature Environnement, le 16/07/2021.

Démarrée en 2018, l’action de France Nature Environnement, FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur et FNE Bouches-du-Rhône porte aujourd’hui ses fruits. Le Tribunal vient de condamner le site d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer pour 36 infractions environnementales. Un message fort envoyé en faveur de la santé des populations et de la préservation de l’environnement.

Un cocktail de polluants dans l’air qui met la santé publique en danger

La justice sanctionne aujourd’hui ArcelorMittal Méditerranée de façon exemplaire. Le Tribunal reconnaît les infractions commises par l’industriel et le préjudice subi par nos associations. Il condamne la société à payer 30 000 euros d’indemnités aux trois associations.

Non, on ne peut pas mettre la santé des populations en danger en polluant impunément. C’est un travail de longue haleine de nos associations qui est reconnu : en 2018, après un travail de collecte d’informations environnementales concernant le site d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, les associations France Nature Environnement, FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur et FNE Bouches-du-Rhône déposaient une assignation devant le Tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence pour des manquements répétés à la réglementation.

Classée Seveso seuil haut en raison de la dangerosité de ses activités, l’installation Arcelor-Mittal Méditerranée exploitait ce site en infraction avec son arrêté d’autorisation depuis de nombreuses années. Benzène, oxyde d’azote, dioxyde de soufre, particules fines… l’usine sidérurgique rejette un cocktail de substances qui dépassent régulièrement les valeurs limites d’émission fixées par la réglementation. Ces polluants présentent pourtant des effets néfastes sur la santé des salarié·es et des habitant·es de la région. Il s’agit de cancérigènes avérés, altérant la fonction pulmonaire chez l’enfant et exacerbant des symptômes respiratoires aigus chez l’adulte, pouvant conduire à l’insuffisance pulmonaire permanente [1].

La pollution atmosphérique n’est pas le seul impact d’Arcelor-Mittal sur l’environnement et la santé. Les associations avaient également relevé plusieurs manquements à la réglementation en matière de rejets aqueux, de traitement des déchets industriels, de sécurisation de certaines installations.

En cause, des investissements trop tardifs et insuffisants

Malgré plusieurs avertissements et mises en demeure, l’exploitant n’a eu de cesse de reporter la réalisation des travaux nécessaires et a rechigné à se mettre en conformité avec la réglementation. On aurait espéré un peu plus d’innovation et d’exemplarité de la part du leader mondial de l’acier dans la gestion de son site pour aller vers une industrie plus respectueuse de l’environnement et de la santé publique.

En décembre 2018, l’industriel avait écopé d’une amende administrative de 15 000 euros avec astreinte journalière de 1 500 euros par jour de retard, car il ne s’était toujours pas mis en conformité avec l’arrêté de mise en demeure du 12 décembre 2017 concernant les émissions de benzène. Les agents de l’inspection des ICPE avaient en effet relevé des taux jusqu’à 10 fois supérieurs aux valeurs limites d’émissions.

En octobre 2020, une nouvelle amende du même montant lui avait été infligée pour des dépassements toujours significatifs du paramètre poussières, en violation de ce même arrêté de mise en demeure du 12 décembre 2017.

« Le jugement d’aujourd’hui confirme la légitimité du travail de sentinelle de nos associations, toujours vigilantes pour faire respecter la réglementation environnementale. Nous nous assurerons qu’Arcelor-Mittal Méditerranée réalisera bien les investissements nécessaires annoncés pour mettre son site en conformité. » Gilles Marcel, Président de FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur.

L’article de FNE est ici.

[1] Ces émissions participent également à la hausse de l’effet de serre, aux phénomènes de pluies acides et à la formation de l’ozone.

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Des centaines de milliards d’euros et des milliers de morts : le coût de la pollution sonore

Un article de Reporterre, par Laury-Anne Cholez, le 24/07/2021.

Une étude qui détaille le coût de la pollution sonore en France le chiffre à 155,7 milliards d’euros chaque année. Un chiffre supérieur à celui de la pollution de l’air dont le premier responsable est le trafic routier.

Trafic sur le boulevard périphérique de Paris, France, à hauteur de Gentilly. – Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0 / Geralix

Les klaxons des embouteillages. Le marteau-piqueur qui arrache le bitume. Les voisins qui font la fête jusqu’au bout de la nuit. La pollution sonore n’est pas qu’une simple nuisance quotidienne : elle a des conséquences sur notre santé et sur l’économie. Selon une étude présentée le 22 juillet par l’Agence de la transition écologique (Ademe), le coût social du bruit est estimé à 155,7 milliards d’euros par an. Il s’agit du prix payé par la collectivité pour compenser les externalités négatives de la pollution sonore : les médicaments pris parce qu’on dort mal à cause du bruit, la baisse du prix de l’immobilier ou encore la perte de productivité au travail.

Les transports sont la première source de nuisance sonore, avec la route en première place du podium (52 % des coûts) suivie par le trafic aérien (9 % des coûts). Les avions dérangent environ deux millions de personnes sur le territoire français. Le bruit du trafic ferroviaire est d’une ampleur moindre (7 % des coûts) mais concerne tout de même près de 11,5 millions de personnes. Au total, ces trois sources de bruit affectent 9,8 millions de citoyens. Près de 694 000 années de vie en bonne santé sont ainsi perdues chaque année à cause des morbidités générées par le bruit des transports.

Autres sources de nuisance soulignées dans le rapport : le voisinage, évalué à 8,9 milliards d’euros, et les bruits de chantier à 4,2 milliards d’euros.

Le prix donné à la vie

Pour chiffrer les coûts de cette pollution sonore, l’Ademe s’est fondée sur la valeur d’une année de vie en bonne santé, estimée à 132 000 € pour 2020 par la Commission Quinet (Commissariat général à la stratégie et à la prospective, 2013). Ainsi, les coûts des perturbations du sommeil, de la gêne et de l’obésité représentent respectivement 30,6 milliards, 25,9 milliards, et 18 milliards d’euros, et forment plus de 81 % des coûts sanitaires des morbidités liées au bruit des transports, d’environ 91,6 milliards d’euros. À cela, il faut ajouter le coût des médicaments anxiolytiques consommés par les 287 000 personnes dérangées par le bruit routier. Soit un coût total de 3,5 millions d’euros. Ajoutons enfin à la facture le prix de la mortalité prématurée liée aux maladies cardiovasculaires causées par le bruit, soit environ 2 405 décès prématurés causés par le bruit routier, ce qui revient à un coût de 8,4 milliards d’euros.

Au-delà des conséquences sur la santé humaine, l’étude de l’Ademe s’intéresse aussi aux répercussions économiques. La perte de productivité liée au manque de sommeil coûterait 4,7 milliards d’euros. La décote des prix immobiliers s’élèverait à 2,9 milliards d’euros à cause du bruit routier, 413 millions d’euros pour le ferroviaire, et 94 millions d’euros pour l’aérien. Les bruits dans le milieu professionnel entraîneraient une perte de productivité de plus de 10,5 milliards d’euros par an. Ce coût social total estimé pour le bruit de 155,7 milliards d’euros est à mettre en regard avec d’autres coûts, comme celui de la pollution de l’air, estimé à 101,3 milliards par le Sénat en 2015.

L’étude propose enfin une dizaine de mesures pour réduire le bruit et ses conséquences financières que nous venons de détailler. Par exemple, la réduction de 10 km/h de la vitesse sur les routes (qui n’est pas sans rappeler une proposition de la Convention citoyenne pour le climat) ou encore une meilleure isolation thermique et acoustique des bâtiments. L’Ademe propose aussi la mise en place de zone à faibles émissions atmosphériques et sonores ou encore la réduction des émissions sonores sur les chantiers. Il ne manque plus qu’une volonté politique pour mettre en œuvre toutes ces suggestions.

L’article de Reporterre est ici.

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Le jour où la dernière voiture thermique a été vendue en France

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 21/07/2021.

La nouvelle Présidente de la République l’avait annoncé en 2027 et elle l’a fait. À partir du 1er janvier 2030, plus aucune voiture essence ou diesel ne sera vendue en France. Le pays prend cinq ans d’avance sur le reste de l’Europe. Mais la casse sociale a été difficile à assumer. Dans les années à venir, le monde va changer, Novethic vous propose d’imaginer ces « jours où » nos modèles vont basculer.

En 2030, la dernière voiture thermique est vendue en France et c’est l’État qui s’en porte acquéreur.
@KoonsiriBoonnak

Ce 31 décembre 2029, la Présidente de la République se tient aux côtés du patron de Renault à Flins dans les Yvelines. Des chaînes d’assemblage de l’immense usine, sort une Clio 6 1.4 essence flambant neuve. Symboliquement, la cheffe de l’État signe le contrat d’achat de ce beau modèle bleu métallisé. Elle brandit les clés en souriant devant les caméras des grands médias. L’État vient de se porter acquéreur de la dernière voiture thermique vendue en France.

La cheffe de l’État vient d’accomplir l’une de ses plus belles promesses de campagne. Peu de temps avant l’élection de 2027, elle avait promis qu’à partir de 2030, plus aucune voiture thermique ou hybride ne serait vendue en France. Soit avec 10 ans d’avance par rapport aux engagements français initiaux et avec cinq ans d’avance sur les pays européens les plus ambitieux. Personne n’avait cru cela possible en moins de deux ans. D’autant plus que, dès le processus engagé, plusieurs usines françaises se sont mises en grève. Les ouvriers de ses sites arguaient qu’ils allaient perdre leur emploi.

Colère dans les usines

À juste titre, cette décision politique devait effectivement créer environ 80 000 postes pour des sites de production de batteries, en électrotechnique, en matière de logiciels embarqués, etc. Mais près de 100 000 salariés spécialistes de la propulsion thermique risquaient de se retrouver le bec dans l’eau. La colère a flambé et quelques voitures toutes neuves, à peine sortie d’usine, ont été incendiées sur le parking des grands fabricants et même parfois près de l’Élysée. Ces salariés et leurs syndicats n’étaient pas contre la transition assuraient-ils, mais il fallait qu’elle soit juste.

L’État et les régions ont donc organisé une grande bourse nationale des emplois industriels. Dans l’énergie, l’industrie lourde, l’aéronautique, on recherchait justement des spécialistes de la thermodynamique, des soudeurs, des mécaniciens. Près de 50 % des ouvriers de l’automobile ont été reclassés grâce à un vaste programme de formation, un quart a été mis en pré-retraite et le reste s’est retrouvé sans emploi. La Présidente allait devoir « en porter le poids social lors de l’élection de 2032 », prévenaient les syndicats. Mais en ce jour du 31 décembre, elle ne s’en préoccupait pas encore, elle venait de faire entrer la France de plain-pied dans le véhicule électrique.

L’article de Novethic est ici.

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Été 2021 : quand l’extrême climatique devient la normalité

Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 22/07/2021.

Des Américains se réfugiant dans des centres de refroidissement pour échapper au dôme de chaleur, des Chinois coincés dans une rame de métro où l’eau monte dangereusement, des Liégeois fuyant leur ville victime d’inondations historiques… Le réchauffement ne frappera pas plus loin ou plus tard. Cet été 2021, il est déjà à l’œuvre, partout dans le monde, et nous force à repenser ce que nous considérons comme « normal ». Chaque année, l’exceptionnel se reproduit.

Des pluies torrentielles ont touché Zhengzhou, dans le centre de la Chine, le 20 juillet 2021.
Noel Celis / AFP

C’est un film catastrophe qui se déroule sous nos yeux. Partout dans le monde, des évènements extrêmes, dopés par le réchauffement climatique, éclatent. Entre record de chaleur et pluies diluviennes, le changement climatique que nous redoutions pour les générations futures est déjà là. Et personne n’est épargné. Aux États-Unis, des populations se réfugient dans des « centres de refroidissement » pour échapper aux chaleurs intenses. En Belgique, Liège est évacuée en raison des pluies intenses. En Chine, des usagers se retrouvent bloqués dans un métro noyé. Au Canada, une ville, Lyton, disparaît dans les flammes.

Depuis le début de l’été, ce qu’on pensait être exceptionnel se reproduit quotidiennement. Le 30 juillet 2018, Novethic titrait « 37°C  en Norvège, 41°C au Japon, 51°C en Algérie… 2018 fait tomber tous les records planétaires« . Le 6 août 2019 : « C’est officiel : Juillet 2019 a été le mois le plus chaud jamais mesuré dans le monde ». Un an plus tard : « 2020, année record des températures en France ». Et cette année encore, nous pourrions titrer « 2021, l’été de tous les records ». L’exceptionnel devient la norme. En décembre dernier, Météo France assurait d’ailleurs que l’idée de normales saisonnières n’avait plus vraiment de sens.

« Le changement climatique n’est pas une question future »

Et l’on découvre des phénomènes fous. Les nuages « cracheurs de feu », dont le grand public avait appris l’existence en 2020 en Australie lors des incendies records dans le pays frappent actuellement le Canada. Les feux sont si importants qu’ils ont créé leur propre météo. Ils génèrent ainsi des pyrocumulonimbus, des nuages « cracheurs de feu » qui, peu chargés en pluie, provoquent des orages géants avec un fort potentiel de création d’éclairs. Ceux-ci, en frappant le sol, produisent de nouveau incendie, créant un cercle vicieux mortifère.

Il y a quelques semaines, une fuite alarmante du prochain rapport du Giec décrivait un scénario apocalyptique. Si les scientifiques assurent qu’il y a encore du travail sur sa version définitive, les impacts du changement climatique frappent déjà en Amérique, en Afrique, en Asie, en Europe, en Océanie et en Antarctique. Aucun continent n’est épargné. Dans le National Geographic, Ana Vicedo Cabrera, auteure principale et épidémiologiste spécialisée dans le changement climatique à l’université de Berne, résume : « Le changement climatique n’est pas une question future. C’est une question actuelle et qui affecte d’ores et déjà notre santé de façon spectaculaire ».

L’article de Novethic est ici.

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L’Europe fait un pas pour mieux gérer et protéger ses forêts

Un article de l’association Canopée, par Sylvain Angerand, le 16/07/2021.

Dans la continuité de la présentation de son plan climat, la Commission européenne présente aujourd’hui sa stratégie européenne pour les forêts. Des propositions qui vont dans le bon sens mais qui pourraient être insuffisantes, avec une pression sur les forêts qui augmente. Notre analyse.

Forêt de Mormal (Nord) en octobre 2017.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour Canopée : « Pour la première fois à ce niveau, un cadre est proposé pour construire une politique forestière s’appuyant sur les écosystèmes et avec un objectif clair de restauration de la biodiversité. L’enjeu est maintenant de renforcer ces propositions et de les protéger face aux intérêts d’une partie des industriels, partisans d’une gestion forestière intensive».

Les propositions clés de ce texte sont les suivantes :

  • La Commission fixe comme une précondition l’importance d’avoir des forêts en bonne santé et diversifiées pour fournir de nombreux services, notamment la production de bois. Elle demande explicitement à faire évoluer les méthodes de gestion forestière ;
  • Des pratiques comme les coupes rases doivent être strictement encadrées et les monocultures, qui représentent aujourd’hui l’essentiel des plantations, doivent être découragées ;
  • A l’inverse, la Commission propose de réorienter les aides pour soutenir les propriétaires publics et privés de forêts vers des méthodes de gestion préservant mieux les sols, encourageant la diversité d’arbres ou encore le maintien d’un couvert continu d’arbres ;
  • Pour mieux identifier ces pratiques, la Commission propose de réfléchir à la création d’un nouveau certificat permettant de mieux identifier les produits en bois issus d’une gestion forestière « proche de la nature »;
  • La Commission propose de mettre en place un système centralisé pour suivre l’état des forêts en Europe. Une étape indispensable pour restaurer un état écologique favorable des forêts mais qui se heurte de façon frontale aux intérêts de l’industrie ;
  • Enfin, la Commission pointe l’impact direct de la hausse de la récolte de bois sur le puits de carbone forestier qui diminue. Malheureusement, ce texte reflète les tensions internes au sein de la Commission puisque c’est, en grande partie, à cause de la directive sur les énergies renouvelables que la récolte de bois pour l’énergie augmente de façon très forte. Une politique qui n’est pas remise en cause.

En juin 2021, une première version de cette stratégie a fuité et a entrainé une levée de boucliers immédiate des partisans d’une gestion forestière plus intensive des forêts. En soutien aux propositions de la Commission, Canopée a coordonné une tribune pour faire entendre la voix de plus de 1500 acteurs de la filière forêt bois (gestionnaires, techniciens, propriétaires, exploitants, scientifiques, associatifs…).

Sylvain Angerand, conclut : « Le fait que la Commission ait résisté aux sirènes des partisans d’une gestion forestière plus intensive des forêts est à souligner. La bataille va néanmoins s’intensifier dans les prochains mois. Ce qui se joue, c’est la construction d’une vision fédératrice et enthousiasmante de la forêt s’appuyant sur un nouveau contrat de société entre les forestiers et les citoyens. »

L’article de Canopée est ici

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L’Europe est embourbée dans le Traité sur la charte de l’énergie, un frein à la transition énergétique

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 19/07/2021.

Le Traité sur la Charte de l’énergie (TCE), signé à la sortie de la guerre froide, est une épine dans le pied de Bruxelles. Le texte, qui permet à des investisseurs de l’énergie, y compris dans les secteurs les plus polluants, d’attaquer un État pour sa politique climatique, doit être modernisé. Mais les négociations patinent au sein de l’UE. Quelque 400 organisations ont demandé début juillet une sortie collective des États membres avant la COP26 en novembre, une position soutenue par la France.

Des militants se sont rassemblés à Bruxelles le 6 juillet, alors que s’ouvrait le sixième cycle des négociations.
@Friendsofearth

C’est un frein dans la politique environnementale des États européens. Signé en 1994, le Traité sur la charte de l’énergie (TCE) a été conçu pour faciliter les relations énergétiques dans l’ensemble du continent eurasien. Or, aujourd’hui il est accusé par les associations environnementales de « protéger les pollueurs ». Le TCE donne en effet l’opportunité aux investisseurs de l’énergie d’attaquer un État s’il met en place une politique contraire à ses intérêts. En s’appuyant sur le TCE, l’énergéticien allemand RWE a ainsi confirmé début février poursuivre les Pays-Bas au sujet de sa politique de sortie du charbon, arguant que cette décision lui ferait perdre plus d’un milliard d’euros.

Face à cette situation, la Commission européenne entend réformer ce Traité. Mais des documents fuités entre deux cycles de négociations en juin et juillet soulignent que seuls « des progrès limités » ont été réalisés. Ainsi, au cours des négociations, la Commission européenne a soutenu une modernisation du texte en proposant de réduire progressivement la protection des investissements dans les énergies fossiles. 

« Après deux heures de négociations, il était clair que la proposition de l’UE ne bénéficiait pas d’un soutien suffisant. Aucune des grandes parties prenantes n’était prête à soutenir la proposition de l’UE dans sa forme actuelle. Il serait nécessaire d’examiner où pourrait se situer la flexibilité de l’UE », souligne les documents fuités consultés par Euractiv, qui ajoutent qu’ « aucun progrès substantiel n’a été réalisé sur la définition de l’activité économique dans le secteur de l’énergie ». Or, pour modifier le traité, l’unanimité est nécessaire. Parmi les 54 membres, le Kazakhstan et le Japon se sont déjà fermement opposés à la modernisation du texte.

D’autres solutions envisagées

En cas d’échec, 400 organisations européennes, comme le collectif Stop CETA-Mercosur, WeMove ou Greenpeace ont demandé début juillet une sortie collective de l’Union européenne avant la COP26 en novembre. La France a soutenu cette position devant la Commission en février, en particulier pour une raison : une clause du traité soumet les signataires aux règles du TCE pendant encore vingt ans à compter de leur départ. Une sortie commune pourrait annuler cet engagement entre les 27 membres, voire permettrait de négocier un second traité visant à annuler la contrainte pour les pays sortants.

D’autres pistes sont envisageables, comme la sortie organisée d’une poignée de pays, l’Espagne et le Luxembourg ont par exemple apporté leur soutien à la position française, ou un départ unilatéral. Mais ces initiatives isolées rendraient plus ardues les négociations pour échapper à la clause. Et la menace est réelle : l’Italie a été attaquée en justice au nom du TCE un an après son départ en 2016 par la compagnie pétrolière et gazière Rockhopper Exploration suite à un refus d’attribution d’une concession de forage en Adriatique. La société réclame jusqu’à 350 millions de dollars. Le verdict est attendu en juillet.

L’article de Novethic est ici.

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Après les annonces européennes, la France se retrouve avec une loi climat déjà obsolète

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 16/07/2021.

L’Exécutif a voulu faire de la loi Climat et Résilience un gage fort de son engagement climatique. Mais les nouveaux objectifs de la Commission européenne vont bien plus loin que les objectifs français en matière d’émissions de CO2. Emmanuel Macron se retrouve pris entre une loi obsolète à faire appliquer et un risque que de nouvelles exigences mettent en avant la nécessité de mener une transition juste qui ne lèse personne.

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En mai 2021, des manifestation avait eu lieu devant l’Assemblée nationale lors de la loi Climat et Résilience. @ThomasSamson/AFP

La loi Climat et résilience, portée par la ministre Barbara Pompili, a pour ambition de donner au mandat d’Emmanuel Macron une dimension environnementale affirmée en engageant une réduction des émissions de CO2 de 40 % en 2030 par rapport à 1990. Pour cela, il s’agit d’agir sur mille leviers de notre vie quotidienne (pub, transports, logement…), comme le voulait la Convention citoyenne sur le climat. Le Sénat et l’Assemblée nationale viennent à peine de s’entendre sur un texte commun à faire voter dans les mois qui viennent. Et soudainement, même pas encore voté, le texte se révèle dépassé.

En effet, mercredi 14 juillet, la Commission européenne a publié 14 propositions très ambitieuses pour abaisser les émissions de l’Europe de 55 % en 2030. Ce plan, appelé « Fit for 55 » (« paré pour les 55 »), met en avant le prix du carbone qui deviendra l’alpha et l’oméga de l’action climatique, la fin de la vente des véhicules thermiques dès 2035 ou encore de nouveaux engagements sur l’impact du secteur agricole. « L’Europe est le tout premier continent à présenter une architecture verte complète : nous avons l’objectif, et désormais la feuille de route pour l’atteindre », se réjouit la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Le spectre de la transition juste

La France est tenue de décliner ce plan dans son droit. Plan qui va bien au-delà de ce que Paris envisage. Et chaque point d’émission de CO2 en moins est un chantier gigantesque. On peut arguer que les propositions de la Commission doivent maintenant être débattues par les 27 pays membres et que les intérêts des uns et des autres vont amener à réduire un peu l’ambition de Bruxelles. La diplomatie française par exemple se dit désireuse de laisser plus de place aux véhicules hybrides et veut modérer l’extension du marché carbone à de nouveaux secteurs.

La France a été échaudée par la crise des gilets jaunes dont l’étincelle a été la hausse des taxes sur les carburants. Elle sait combien est sensible la question de la transition juste. C’est-à-dire changer de modèle sans pénaliser les foyers les plus modestes. Or déjà que plusieurs secteurs industriels faisaient la moue en lisant les objectifs de la loi climat, ils sont alarmés par les objectifs européens. Dès la parution du plan, François Roudier, porte-parole de la Plateforme automobile assure que 150 000 emplois du secteur sont menacés. Ce qui est sans doute vrai. La transition d’un tel secteur va détruire énormément d’emplois et en créer d’autres (batteries, informatique…). Mais ce ne seront pas les mêmes postes.

Prudence de la France

Autre secteur inquiet dont on connaît le poids en France : l’agriculture. Si le premier syndicat, la FNSEA, dit juger « pertinent la proposition de la Commission », il fait aussi faire preuve de prudence. La fédération « s’interroge quant à l’éventuelle révision de la trajectoire nationale qui conduit à la neutralité carbone en 2050, déjà inscrite dans la loi française (…) Alors que la Stratégie Nationale Bas Carbone française est déjà extrêmement ambitieuse, sera-t-il possible de faire encore plus que prévu ? ».

La situation d’Emmanuel Macron est délicate. Il doit faire appliquer une loi climat et résilience pour garantir son engagement climatique. Mais celle-ci est non seulement jugée insuffisante par les observateurs et elle ne permet pas à la France de tenir les engagements européens. De nouveaux engagements climatiques vont décrédibiliser la propre loi de son gouvernement et risquent de réveiller le feu de la colère sociale. Plusieurs ONG alertent déjà de l’impact du prix du CO2 sur le portefeuille des citoyens, c’est le cas du réseau Action Climat. Dans son discours du 12 juillet, le Président a parlé d’un nouveau concept, inconnu jusqu’alors. Il a dit vouloir « réconcilier la croissance et l’écologie de production ». Personne ne sait trop ce qu’est « l’écologie de production », mais peut-être est-ce là sa solution à cette équation.

L’article de Novethic est ici.

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En Allemagne, les inondations obligent les politiques à prendre le climat « plus au sérieux »

Un article de Reporterre, par Thomas Schnee, le 16/07/2121.

Berlin (Allemagne), correspondance

Après les violentes pluies et inondations en Allemagne, qui ont causé la mort d’une centaine de personnes, la question du changement climatique est au centre des débats et entre dans les élections législatives.

Une femme dans une rue dévastée après les inondations à Bad Neuenahr-Ahrweiler, dans l’ouest de l’Allemagne, le 16 juillet 2021. – © Christof Stache/AFP

Les destructions causées par les pluies et inondations monstres qui se sont abattues sur l’Allemagne du sud-ouest, essentiellement dans les Länder de Rhénanie-Palatinat et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, auraient-elles pu être limitées ? Et à quel point vont-elles influencer la campagne électorale pour les législatives, le 26 septembre, qui démarre outre-Rhin ? Si l’heure n’est pas encore aux réponses, ces deux questions émergent du débat naissant qui accompagne le drame des inondations.

Pour l’instant, la retenue est encore de mise, car en dépit de la décrue des eaux, la catastrophe n’est pas achevée. Vendredi 16 juillet, à la mi-journée, la police de Coblence, dans le centre du pays, faisant état de 108 morts pour les deux Länder concernés. Mais ce décompte macabre ne cesse d’augmenter : près de 1 300 avis de recherche ont été déposés pour des personnes portées disparues au cours de la nuit fatidique. Évidemment, l’effondrement des réseaux téléphoniques dans plusieurs arrondissements ne facilite pas le travail des sauveteurs.

« La souffrance ne fait qu’augmenter », a ainsi déploré sur la chaîne allemande ZDF la ministre-présidente sociale-démocrate de Rhénanie-Palatinat, Malu Dreyer, en décomptant plus de cinquante morts dans le Land qu’elle dirige et des destructions considérables, de nombreuses infrastructures ayant été emportées par les crues. Dans certains endroits, les crues soudaines ont fait monter le niveau de l’eau de 4 mètres en moins de deux heures, emportant et balayant hommes, voitures et bâtiments sur leur passage. Vendredi encore, un glissement de terrain meurtrier dans la commune de Erftstadt-Blessem, près de Cologne, a emporté plusieurs maisons et leurs habitants.

« Tout faire pour arrêter le réchauffement climatique »

« Ce que nous avons vu ici était un événement extrême, avec des précipitations continues qui ont duré 48 heures », explique Andreas Friedrich, du service météorologique allemand, qui précise qu’une pluie considérée comme « extrême » peut atteindre 40 litres par mètre carré et par heure. Or, dans les régions touchées par les orages dans la Ruhr, il est tombé plus de 160 litres de pluie par mètre carré entre mardi et jeudi matin, tandis que dans la région de l’Eifel, au sud de Cologne, ce chiffre était de 140 à 160 litres.

Pour Dirk Jansen, directeur régional du Bund, l’une des principales associations allemandes de protection de l’environnement, le changement climatique est clairement en action, mais pas seulement : « Les dégâts humains et matériels causés par les flots sont aussi dus à l’impossibilité des sols d’absorber le trop-plein d’eau. Non seulement les sols étaient déjà détrempés, mais la densité de bâtiments, de routes et de champs agricoles que nos lois ont permis empêche tout simplement le trop-plein d’eau de s’écouler dans le sol. Le résultat, ce sont des crues violentes comme dans la vallée de l’Ahrtal, où les dégâts sont majeurs. »

L’événement a aussi pris une dimension politique dès jeudi. « Nous allons être confrontés à de tels événements encore et encore. Cela signifie que nous devons accélérer les mesures de protection du climat », a déclaré face à une brigade de pompiers de Hagen le candidat Armin Laschet (CDUCSU), qui se pose en héritier naturel de la chancelière Angela Merkel. Pendant ce temps, le ministre des Finances Olaf Scholz, tête de liste des sociaux-démocrates, rendait une visite de soutien à sa camarade de parti Malu Dreyer, promettant un paquet d’aides financières dès la semaine prochaine : « Nous devons aussi tout faire pour arrêter le réchauffement climatique », a-t-il également assuré.

Pour le politologue berlinois Gero Neugebauer, ces postures ne sont guère étonnantes ; mais la catastrophe peut être à double tranchant pour les partis de la coalition gouvernementale : « Conservateurs et sociaux-démocrates parlent depuis des semaines de protection de l’environnement et du climat, mais leurs actions sont limitées et leurs programmes sont confus. Le retour du sujet climatique va donc effectivement les obliger à préciser leurs intentions. Cela devrait aussi permettre aux écologistes de remonter après un début de campagne un peu amateur. Dans tous les cas, ces inondations pourraient bien obliger le prochain gouvernement à prendre ses engagements climatiques plus au sérieux. »

L’article de Reporterre est ici.

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[La vidéo des solutions] Sur l’île Saint-Denis, une ancienne friche industrielle polluée devient une ferme florale d’ampleur

Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 15/07/2021.

Dépolluer les sols, faire revenir la biodiversité, créer des emplois porteurs de sens… L’association Fleurs d’Halage s’est lancé le défi de transformer une ancienne friche industrielle de 3,6 hectares polluée aux métaux lourds en ferme florale. Malgré les obstacles, l’association va produire 100 000 fleurs cette année et devenir ainsi le plus grand producteur horticole du Grand Paris. Un succès qui fait des émules.

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L’association veut « réhabiliter les humains en réhabilitant les friches » en employant des personnes en insertion.    Florine Morestin

Des coquelicots sauvages, une serre géante, des chemins boisés et quelques jardiniers arrosant leur semis sous un soleil de plomb. Difficile d’imaginer que ce cadre champêtre est situé sur l’île Saint-Denis, à deux pas d’Épinay-sur-Seine et des barres d’immeubles. C’est pourtant ici que l’association Fleurs d’Halage a décidé de se lancer dans un projet écologique et social : transformer une ancienne friche industrielle en ferme florale. Et le défi n’est pas facile. Car l’île Saint-Denis possède un lourd héritage environnemental.

« On a exporté pendant des décennies les terres polluées de la capitale ici. À cela s’est ajoutée une forte activité industrielle qui a largué du goudron, du béton… Le résultat c’est que par exemple, dans cette friche industrielle où des matériaux de voirie ont été entreposés, le sol est pollué aux métaux lourds », explique Stéphane Berdoulet, directeur de l’association. « On avait le choix entre deux solutions : exporter à notre tour des terres polluées vers l’extérieur, déportant ainsi le problème vers un autre territoire marginalisé ou chercher des solutions alternatives qui redonnent leur place à la nature et à sa capacité de résilience », ajoute le directeur.

Des fleurs locales, de saison, sans pesticide

C’est à ce moment-là que l’idée de créer une filière horticole locale est née. Impossible, avec le niveau de pollution, de se lancer dans la production de produits alimentaires. L’option d’une culture ornementale est venue naturellement. D’autant qu’elle répond à une vraie problématique : aujourd’hui 85 % des fleurs vendues en France ont été importées, venant du Kenya ou des Pays-Bas particulièrement. es dernières sont produites dans des conditions environnementales très discutables. On trouve en moyenne dans un bouquet entre 4 et 25 pesticides, dont certains sont interdits en France.

Fleurs d’Halage, qui est devenu le plus grand producteur du Grand Paris avec l’objectif de vendre 100 000 fleurs d’ici la fin de l’année 2021, s’est lancée dans la culture de fleurs locales, de saison et non pesticidées. Dans la serre de 1200m2, c’est un régal pour les amoureux des plantes. Du haut de leurs tiges, les tournesols lèvent leurs têtes. À l’extérieur, Hanane, salarié en insertion, arrose patiemment les semis plantés plus tôt afin qu’ils résistent à la chaleur. Le thermomètre affiche déjà 30°C en cette matinée de juin.

250 000 fleurs en 2022

L’association qui veut « réhabiliter les humains en réhabilitant les friches » s’appuie sur des salariés éloignés de l’emploi dans un territoire à fort taux de pauvreté urbaine. Hanane est arrivé il y a sept mois dans l’association. « J’aime beaucoup ce métier et j’aimerais travailler le sol pour le reste de ma vie. C’est la nature : si on travaille bien on aura de beaux fruits », explique le jardinier qui a exercé le métier de cuisinier pour les hôpitaux de Paris pendant une dizaine d’années. « J’avais déjà appris à faire des semis dans mon pays, en Afghanistan, mais ici on apprend tout de A à Z, même la vente. Et j’ai également réalisé des bouquets », explique-t-il.

Les fleurs cultivés par l’association sont revendus chez des fleuristes partenaires comme le Ritz ou le château de Versailles mais aussi à des AMAP locales. L’ambition est de produire 200 000 à 250 000 fleurs d’ici 2022. La prochaine étape sera d’ouvrir de nouveaux espaces similaires en Île-de-France pour implanter un nouveau site de production. « Cela va nous permettre d’augmenter le volume mais aussi de passer des accords avec la filière cosmétique, avec qui on est en discussion, pour produire des principes actifs pour la cosmétique bio », raconte Stéphane Berdoulet.

L’article et la vidéo de Novethic sont ici.

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Climat : La Commission européenne livre son plan de bataille

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 15/07/2021.

Fin de la vente de voitures thermiques neuves en 2035, révision du marché carbone, développement des énergies renouvelables … Le plan climat de l’Union européenne a été annoncé par la Commission le 14 juillet. À travers 14 textes législatifs, il doit permettre d’atteindre l’objectif d’une réduction de 55 % des émissions de CO2 d’ici 2030 tout en assurant une transition juste et équitable pour l’ensemble des citoyens européens.

En 2019, Ursula von der Leyen présentait le Pacte Vert européen, pour faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone d’ici 2050. @CE

Après le temps des discussions, le temps de l’action. La Commission européenne a dévoilé le 14 juillet sa très attendue feuille de route pour atteindre les objectifs climatiques de l’Union européenne. À la fin de l’année 2020, l’institution avait rehaussé l’ambition de l’Europe en la matière en sollicitant une réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55% par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2030, et la neutralité carbone d’ici à 2050.

Baptisé « Fit for 55 » (« paré pour les 55 »), le plan de mise en œuvre comprend 14 textes législatifs pour réviser les mesures existantes ou en initier de nouvelles pour lutter contre le changement climatique. « L’Europe est le tout premier continent à présenter une architecture verte complète: nous avons l’objectif, et désormais la feuille de route pour l’atteindre », s’est félicitée la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Il s’agit d’un premier pas : l’ensemble des propositions doivent encore être négociées avec les 27 membres du bloc et les eurodéputés. Les discussions devraient aboutir d’ici 2023.

Fin des voitures thermiques et révision du marché carbone

L’arsenal des mesures aura un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens européens. La Commission a par exemple acté la fin de la vente de voitures thermiques neuves (essence, diesel), d’ici 2035. Pour accompagner cette évolution, l’institution souhaite encourager le déploiement de points de recharge électrique et hydrogène. Il s’agit d’une mesure clé : l’utilisation de la voiture compte pour 15% des émissions de CO2 de l’UE. Autre grand tournant, la taxation à partir de 2023 du kérosène pour les vols au sein de l’UE. Le secteur était jusqu’alors épargné. Bruxelles entend également encourager le développement des énergies renouvelables en relevant à 40% leur part dans le mix énergétique en 2030, contre 32% actuellement.

Le second grand chantier concerne la réforme du marché carbone européen (ETS) qui permet aux entreprises d’acheter des « droits à polluer ». L’objectif est d’encourager les entreprises à réduire leurs émissions pour économiser l’achat de permis ou gagner de l’argent en revendant des quotas. Ce système concerne déjà des secteurs comme celui de l’aluminium, de l’acier, du ciment, ou de l’électricité et pourrait s’étendre au transport maritime pour les plus gros navires (fret et croisières). Un second marché du carbone devrait être mis en place à partir de 2025 pour le transport routier et le chauffage des bâtiments. La Commission entend également réduire drastiquement l’allocation de quotas gratuits. Ces mesures vont relever le prix du carbone. Pour permettre à l’Europe de rester compétitive, une taxe sur les importations de matériaux tels que l’acier et le béton devrait être mise en place.

Inquiétude sur la hausse des taxes

L’extension du marché carbone est au cœur risque des dissensions car il risque d’avoir un impact direct sur le portemonnaie des citoyens européens. La France, touchée par la crise des gilets jaunes, se montre notamment frileuse au sujet de la création du second marché carbone, qui devrait avoir pour conséquence l’augmentation du prix de l’essence. L’eurodéputé Pascal Canfin et plusieurs ONG regroupées dans le Réseau Action Climat se sont mobilisés contre cette mesure.

« Notre plan combine la réduction d’émissions carbone avec des mesures pour préserver la nature et placer l’emploi et l’équité sociale au cœur de cette transformation », a cependant rassuré la cheffe de l’exécutif européen. La Commission souhaite par exemple la mise en place d’un nouveau Fonds social pour le climat pour aider les citoyens à atténuer les coûts et assurer l’équité de cette transition. Doté de 72,2 milliards d’euros sur sept ans, il permettra de financer la rénovation de bâtiments, un accès à des solutions de mobilité à émissions faibles ou nulles, et même un soutien aux revenus.

L’article de Novethic est ici.

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Inondations meurtrières : l’Europe sous le choc du changement climatique

Un article de Reporterre, par Émilie Massemin, le 17/07/2021.

Les cumuls de pluie observés en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en France et en Suisse sont exceptionnels pour la saison. Ces précipitations extrêmes sont une conséquence du changement climatique, et nous appellent à agir, souligne un climatologue auprès de Reporterre.

Dans la ville belge de Verviers, le 15 juillet 2021. – © Anthony Dehez/Belga/AFP

Le bilan des précipitations dévastatrices qui ont frappé une partie de l’Europe ces derniers jours ne cesse de s’alourdir. Vendredi 16 juillet à 16 h, 103 décès avaient déjà été dénombrés en Allemagne et près de 1 300 personnes étaient encore recherchées, dans les villes les plus touchées de Cologne, Erftstadt-Blessem, Euskirchen (Rhénanie du Nord-Westphalie) et Bad Neuenahr-Ahrweiler (Rhénanie-Palatinat). 20 personnes au moins sont mortes et autant sont portées disparues en Belgique, où 112 communes — en particulier Liège, Chaudfontaine, Spa et Verviers (Wallonie) — ont subi des inondations, d’après la ministre de l’Intérieur belge.

D’autres territoires aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse et en France se sont retrouvés les pieds dans l’eau, ou craignent de le devenir. Vendredi à 17 h, plusieurs lacs suisses avaient atteint leur niveau de danger maximal et les villes de Lucerne et d’Yverdon-les-Bains étaient inondées. À la même heure, huit départements français, le Nord, l’Aisne, les Ardennes, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Marne, la Meuse, et la Saône-et-Loire, étaient encore placés en vigilance orange pour les crues par Météo-France — ils étaient treize dans la nuit de jeudi à vendredi. Une forte crue qualifiée de « très importante et atypique pour la saison » par la préfecture était en cours sur les tronçons de l’Aisne et de la Chiers, dans les Ardennes. Les pluies continuaient aussi de tomber dans certaines régions de l’ouest de l’Allemagne, faisant dangereusement monter le niveau du Rhin et de plusieurs de ses affluents.

Les pluies ont été d’une abondance rarement observée. « 154 millimètres de pluie sont tombée mercredi 14 juillet à Cologne, dont 145 millimètres de 8 h à 20 h. C’est-à-dire qu’il est tombé en douze heures ce qui tombe habituellement en juillet et août réunis, sachant qu’il ne s’agit pas d’une région particulièrement sèche. Localement, les cumuls ont pu atteindre 200 millimètres », indique à Reporterre François Gouraud, prévisionniste à Météo-France. Le même phénomène s’est produit en France, mais avec une intensité moindre : « Depuis lundi [12 juillet], il pleut tous les jours quasiment en permanence. Les cumuls ont atteint aussi 150 millimètres, mais sur plusieurs jours, ce qui a minoré la vitesse de montée des fleuves. » Les conséquences de ces fortes précipitations ont été aggravées par le fait que les sols, déjà saturés d’eau par un début juillet pluvieux, n’ont pas pu absorber grand-chose.

« Goutte froide » et courant-jet 

Cette situation, exceptionnelle pour la saison, est due à un phénomène de « goutte froide », explique le prévisionniste : une poche d’air froid à quelques 5 400 mètres au-dessus de nos têtes, entrant en conflit avec les masses d’air au-dessus du sol et provoquant une instabilité importante avec des pluies et des orages. « Ces gouttes froides se succèdent depuis fin juin, explique M. Gouraud. Ce qui est inhabituel, c’est qu’elles bougent aussi lentement et que les pluies soient aussi fortes. »

La faute au changement climatique ? Assurément, selon le professeur en climatologie à l’Université catholique de Louvain Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). « Quand l’air est plus chaud, il contient plus de vapeur d’eau, explique-t-il à Reporterre. Cela signifie que, quand les conditions sont réunies pour que cette vapeur d’eau se condense, les précipitations ainsi créées sont automatiquement plus intenses. » Une étude, publiée le 6 juillet dans Nature Communications, confirme cette tendance.

Un autre phénomène pourrait être à l’œuvre, « même s’il n’est étudié que depuis quelques années et ne fait pas encore l’objet d’un consensus », précise M. van Ypersele : la modification du courant-jet (jet-stream), un courant d’air situé à une dizaine de kilomètres d’altitude aux latitudes moyennes. « Ce courant, qui se déplace d’ouest en est à une vitesse d’environ 300 kilomètres/heure, entraîne les zones de haute et de basse pression en-dessous qui déterminent la météo, explique le professeur en climatologie. Il est entraîné par le contraste de température entre l’Équateur et les pôles. Or, cette différence de température diminue, du fait du réchauffement plus rapide des pôles en raison de la fonte de la banquise. » En conséquence, le courant-jet ralentirait et deviendrait plus sinueux. « Ce qui fait qu’une perturbation, au lieu de traverser une région en une journée, va le faire en trois jours et entraîner des dégâts plus importants. »

D’après Météo-France, les pluies devraient se calmer ce week-end. Mais ces épisodes de précipitations extrêmes pourraient devenir plus fréquents et plus intenses, d’après M. van Ypersele. « Il va falloir prendre des mesures d’adaptation pour réduire la gravité des dégâts, en rendant les constructions plus résilientes et en aidant l’eau à pénétrer dans le sol plutôt qu’à circuler en surface, dit-il. Mais, surtout, la prévention fondamentale de ce phénomène reste la protection du climat par la sortie des énergies fossiles et la décarbonation de nos sociétés. »

L’article de Reporterre est ici.

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Loi climat : sénateurs et députés trouvent un accord

Un article de Novethic, par Marina Fabre avec AFP, le 13/07/2021.

Le projet de loi climat et résilience est sur les rails. Les députés et sénateurs ont finalement trouvé un accord dans la nuit du 12 juillet. Le texte définitif pourrait être définitivement adopté cet été et promulgué dans la foulée. Si les parlementaires et le gouvernement saluent ce compromis, les associations environnementales dénoncent la faible ambition de la loi.

La loi climat et résilience devrait être adoptée dès la fin du mois de juillet.
CC BY DavidGrandmougin

C’est une surprise. Alors que les députés et sénateurs se sont écharpés sur la loi climat au point de faire capoter le référendum sur l’introduction de la protection de l’environnement dans la Constitution, ils ont finalement trouvé un accord, en Commission, à l’issue de neuf heures de discussion dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 juillet. « C’est une étape importante de franchie », s’est réjoui Jean-René Cazeneuve (La République en marche, LRM), le rapporteur général du texte côté Assemblée. Le Sénat, dominé par la droite, « est revenu sur les reculs environnementaux qui étaient des lignes rouges pour le gouvernement, sur l’artificialisation des sols, les menus végétariens et encore la rénovation énergétique des logements », s’est-on aussi félicité à Matignon. La commission mixte a retenu cependant les apports du Sénat pour le volet d’accompagnement, notamment sur le forfait mobilités durables. « Il faut saluer cette capacité à dépasser les clivages politiques pour faire avancer l’écologie toujours plus loin », s’est enthousiasmée sur Twitter la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, qui a porté le projet de loi devant les assemblées. « Nous allons faire entrer l’écologie dans nos vies », a vanté celle qui promeut « une écologie du quotidien ».

La bataille des Parlementaires 

« L’un des combats les plus durs » entre députés et sénateurs a porté sur l’extension des zones à faibles émissions, sans véhicules polluants, aux agglomérations métropolitaines de plus de 150 000 habitants d’ici le 31 décembre 2024. « On ne voulait pas de changement de calendrier ou de dérogations », a insisté Jean-René Cazeneuve. Le député évoque sur d’autres points un texte « complété » par des éléments venus du Sénat pour développer l’hydroélectricité ou pour impliquer davantage les collectivités locales.

Concernant l’implantation d’éoliennes, les députés se sont opposés à un droit de veto du maire souhaité par le Sénat. « Sans remettre en cause l’objectif », le maire pourra donner « son avis », selon le député LRM, qui souligne la « bonne qualité du travail bicaméral ».

Cet accord ouvre la voie à une adoption définitive du texte à la fin du mois de juillet, a appris l’AFP de sources gouvernementale et parlementaire. Du côté des ONG environnementales, l’heure n’était pourtant pas à la fête. Si le projet de loi doit aider la France à atteindre l’objectif de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, cette ambition est plus faible que l’Union européenne qui vise une réduction de 55 % de réduction d’émission pour la même date. 

« Une honte »

« La faiblesse du texte adopté est une honte eu égard aux enjeux auxquels nous faisons face », a dénoncé le président de France Nature Environnement, Arnaud Schwartz qui rappelle que le dérèglement climatique sévit fortement en ce moment avec les dômes de chaleur, la famine à Madagascar ou encore les températures records en Sibérie. « Si une opération sauvetage a pu être menée par les parlementaires sur quelques mesures, il n’y a pas eu de miracle et la loi reste très éloignée des objectifs climatiques et des attentes des citoyens », considère le WWF France. 

« On voit mal comment la France pourra respecter ses engagements de l’Accord de Paris, alors que le Conseil d’État vient de lui donner 9 mois pour prouver qu’elle tiendra ses objectifs », abonde Greenpeace France. La plus haute juridiction administrative française a en effet relevé le 1er juillet que les trajectoires actuelles de la France ne lui permettent pas de respecter ses engagements dans le cadre de l’accord de Paris. La trajectoire sera d’autant plus difficile à respecter que l’Union européenne s’apprête à revoir à la hausse ses objectifs, avec des répercussions attendues pour la France. 

L’article de Novethic est ici.

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L’Europe est embourbée dans le Traité sur la charte de l’énergie, un frein à la transition énergétique

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 19/07/2021.

Le Traité sur la Charte de l’énergie (TCE), signé à la sortie de la guerre froide, est une épine dans le pied de Bruxelles. Le texte, qui permet à des investisseurs de l’énergie, y compris dans les secteurs les plus polluants, d’attaquer un État pour sa politique climatique, doit être modernisé. Mais les négociations patinent au sein de l’UE. Quelque 400 organisations ont demandé début juillet une sortie collective des États membres avant la COP26 en novembre, une position soutenue par la France.

Des militants se sont rassemblés à Bruxelles le 6 juillet, alors que s’ouvrait le sixième cycle des négociations.
@Friendsofearth

C’est un frein dans la politique environnementale des États européens. Signé en 1994, le Traité sur la charte de l’énergie (TCE) a été conçu pour faciliter les relations énergétiques dans l’ensemble du continent eurasien. Or, aujourd’hui il est accusé par les associations environnementales de « protéger les pollueurs ». Le TCE donne en effet l’opportunité aux investisseurs de l’énergie d’attaquer un État s’il met en place une politique contraire à ses intérêts. En s’appuyant sur le TCE, l’énergéticien allemand RWE a ainsi confirmé début février poursuivre les Pays-Bas au sujet de sa politique de sortie du charbon, arguant que cette décision lui ferait perdre plus d’un milliard d’euros.

Face à cette situation, la Commission européenne entend réformer ce Traité. Mais des documents fuités entre deux cycles de négociations en juin et juillet soulignent que seuls « des progrès limités » ont été réalisés. Ainsi, au cours des négociations, la Commission européenne a soutenu une modernisation du texte en proposant de réduire progressivement la protection des investissements dans les énergies fossiles.

« Après deux heures de négociations, il était clair que la proposition de l’UE ne bénéficiait pas d’un soutien suffisant. Aucune des grandes parties prenantes n’était prête à soutenir la proposition de l’UE dans sa forme actuelle. Il serait nécessaire d’examiner où pourrait se situer la flexibilité de l’UE », souligne les documents fuités consultés par Euractiv, qui ajoutent qu’ « aucun progrès substantiel n’a été réalisé sur la définition de l’activité économique dans le secteur de l’énergie ». Or, pour modifier le traité, l’unanimité est nécessaire. Parmi les 54 membres, le Kazakhstan et le Japon se sont déjà fermement opposés à la modernisation du texte.

D’autres solutions envisagées

En cas d’échec, 400 organisations européennes, comme le collectif Stop CETA-Mercosur, WeMove ou Greenpeace ont demandé début juillet une sortie collective de l’Union européenne avant la COP26 en novembre. La France a soutenu cette position devant la Commission en février, en particulier pour une raison : une clause du traité soumet les signataires aux règles du TCE pendant encore vingt ans à compter de leur départ. Une sortie commune pourrait annuler cet engagement entre les 27 membres, voire permettrait de négocier un second traité visant à annuler la contrainte pour les pays sortants.

D’autres pistes sont envisageables, comme la sortie organisée d’une poignée de pays, l’Espagne et le Luxembourg ont par exemple apporté leur soutien à la position française, ou un départ unilatéral. Mais ces initiatives isolées rendraient plus ardues les négociations pour échapper à la clause. Et la menace est réelle : l’Italie a été attaquée en justice au nom du TCE un an après son départ en 2016 par la compagnie pétrolière et gazière Rockhopper Exploration suite à un refus d’attribution d’une concession de forage en Adriatique. La société réclame jusqu’à 350 millions de dollars. Le verdict est attendu en juillet.

L’article de Novethic est ici.

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De nouveaux dômes de chaleur apparaissent dans le monde, boostés par le réchauffement climatique

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin avec AFP, le 12/07/2021.

Les dômes de chaleur, que nous avions vu s’abattre mortellement sur le Canada, se sont reproduits ces derniers jours en Espagne, au Maghreb et dans l’ouest des États-Unis. Naturellement ces événements sont possibles mais rares. Toutefois, le changement climatique accroît significativement leur possibilité d’occurrence, selon des experts du lien entre phénomènes météorologiques et réchauffement global.

Dimanche 11 juillet, la température a atteint 55°C dans la vallée de la mort aux États-Unis.
@DavidBecker-GettyImagesNorthAmerica-Getty Images via AFP

En juin, le monde a observé avec effroi le dôme de chaleur qui s’est abattu plusieurs jours dans l’ouest du Canada. Vancouver a approché des 50°C et la ville de Lytton au Nord-Est a été dévorée à 90 % par un incendie provoqué par les hautes températures. Cette catastrophe, qui a coûté la vie à des dizaines d’humains et à près d’un milliard de crustacés qui ont littéralement cuit sur leurs rochers, n’était pas qu’un épiphénomène.

Ces derniers jours, un nouveau dôme de chaleur s’est formé entre l’Espagne et le Maroc. À Séville, des températures de 44°C ont été enregistrées. Quant au Maroc, le mercure est monté jusqu’à 50°C. Outre-Atlantique, ce sont les États-Unis qui sont à nouveau touchés. Une dangereuse vague de chaleur est survenue ces deux derniers jours avec des pointes de températures pouvant aller jusqu’à 55°C dans la Vallée de la mort et 47°C à Las Vegas.

150 fois plus fréquent

Ces phénomènes climatiques ne sont pas inédits, mais ils sont bien plus puissants qu’anticipé. Les chercheurs du World Weather Attribution, spécialistes du lien entre météo et changement climatique, ont estimé que le réchauffement a rendu cet événement au minimum 150 fois plus susceptible de se produire. La vague de chaleur, qui a frappé fin juin l’ouest des États-Unis et du Canada, aurait été « presque impossible«  sans le réchauffement climatique causé par les humains, assurent-ils.

« Il n’y a aucun doute, le changement climatique a joué un rôle majeur« , a déclaré lors d’un point presse Friederike Otto, de l’université d’Oxford, l’une des auteures de l’étude. Ils ont déterminé que les températures enregistrées ont été environ 2°C plus élevées qu’elles l’auraient été si cet épisode de chaleur extrême avait eu lieu au début de la révolution industrielle. Une série de facteurs ont rendu cet événement possible mais les scientifiques soulignent notamment le rôle de la sécheresse ayant sévi dans l’ouest des États-Unis au printemps. Des sols secs conduisent à une moindre évaporation, qui aurait permis de limiter la chaleur.

Pour l’instant, aucune vague de chaleur similaire n’est prévue en France, mais rien ne laisse penser que le pays sera préservé à l’avenir. Une perspective qui doit pousser les autorités à travailler à l’adaptation de nos infrastructures qui doivent être capables de résister à des températures extrêmes. En effet, outre les impacts sur la santé, ces fortes chaleurs peuvent abîmer les routes, altérer les réseaux électriques, déformer les voies ferrées, etc.  

L’article de Novethic est ici.

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Pollution de l’air : l’État sous la menace d’une amende de 10 millions d’euros

Un article de Reporterre, par Gaspard d’Allens, le 13/07/2021.

Le rapporteur public du Conseil d’État a tancé l’inaction française en matière de lutte contre la pollution de l’air. Le magistrat a proposé, lundi 12 juillet, de condamner le gouvernement à 10 millions d’euros d’amende. L’avis définitif sera rendu dans quelques jours.

La tour Eiffel n’est pas dans le brouillard, mais dans la pollution.

L’étau se resserre sur l’État français. Le marteau de la justice plane au-dessus de son action et pourrait bien lui rappeler ses engagements. Lundi 12 juillet, le Conseil d’État a évalué très sévèrement sa politique de lutte contre la pollution de l’air. Les conclusions du rapporteur public ont été implacables. Considérant la faiblesse des mesures prises depuis le début du quinquennat, le magistrat a proposé de condamner le gouvernement à 10 millions d’euros d’amende. Cette astreinte financière pourra être répétée tous les six mois en fonction du niveau de pollution de l’air observé dans certaines grandes agglomérations françaises.

Le rapporteur public a proposé de répartir la somme ainsi perçue entre certaines agences publiques. L’Ademe, l’Agence de la transition écologique, recevrait 3,3 millions d’euros, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) 2 millions d’euros. 330 000 euros seraient donnés à Air Paris et à Air Rhône-Alpes. 170 000 euros pour Atmo sud et pour Atmo Occitanie, des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air. Enfin, 1 %, soit 100 000 euros, seraient réservés aux quelques 77 associations requérantes. La situation est assez cocasse car la justice administrative enjoint l’État à renflouer financièrement certaines de ses agences alors qu’il avait lui-même décidé de baisser leur budget.

Dans un communiqué, les principaux requérants dont les Amis de la Terre, se sont félicités « de la fermeté du rapporteur public ». Pour l’avocat Louis Cofflard, à l’origine du recours, « cette conclusion est un signal fort pour la santé et le changement climatique : le désengagement de l’État ne pourra plus rester impuni », dit-il à Reporterre.

« La pollution de l’air est un terrible fardeau »

Le Conseil d’État devrait rendre son avis définitif dans les prochains jours. Les écologistes espèrent qu’il suivra, comme il le fait dans la majorité des affaires, l’analyse de son rapporteur public. Si c’est bien le cas, « l’événement sera historique », prévoit Louis Cofflard. « Jamais une astreinte aussi élevée n’a été infligée à l’État pour exécuter une décision prise par le juge administratif », précise-t-il.

Cette amende marquerait l’aboutissement d’un long combat judiciaire. Tout a débuté en 2017 quand le Conseil d’État, saisi par les Amis de la Terre, a ordonné au gouvernement de mettre en œuvre des plans relatifs à la qualité de l’air afin de respecter les normes de concentration en particules fines et en dioxyde d’azote fixées par l’Union européenne dès 2008. Le Conseil d’État remarquait, à l’époque, que les seuils de pollution étaient dépassés dans plus de treize zones en France. Il enjoignait l’État à agir mais ses injonctions étaient restées lettre morte.

En 2020, la plus haute juridiction administrative constatait que le gouvernement n’avait toujours pas pris les mesures demandées dans huit des treize zones. Elle décidait alors de relancer la procédure, quitte à être plus agressive. Elle donnait six mois à l’exécutif pour changer la situation sous peine d’amende et invitait à tirer un premier bilan, six mois plus tard, en juillet 2021. Elle soulignait déjà « la gravité des conséquences en termes de santé publique » et « l’urgence qui en découle ». Selon différentes estimations, la pollution de l’air entraînerait entre 40 000 et 100 000 morts prématurées par an en France. En moyenne, elle coûterait plus de 900 euros par personne chaque année. Et rien qu’à Paris, son coût s’évaluerait à 3,5 milliards d’euros par an. « La pollution de l’air est un terrible fardeau », a répété à plusieurs reprises le rapporteur public, au cours de l’audience, lundi dernier.

« Cette condamnation doit servir d’électrochoc »

Les écologistes espèrent que ses conclusions pourront faire bouger les lignes. Dans tous les cas, elles frappent le gouvernement comme un camouflet. « Cette condamnation financière doit servir d’électrochoc, pense ainsi l’avocat Louis Cofflard. Elle doit nous donner l’occasion d’engager réellement la transition écologique pour changer les infrastructures et les modalités de transports, afin de rendre nos villes plus sobres, plus douces, et tout simplement plus vivables. »

Les associations environnementales requérantes rappellent qu’en matière de pollution de l’air, le gouvernement n’a pratiquement rien fait. L’exécutif a entériné une réforme minimale de la fiscalité automobile en refusant de pénaliser significativement les véhicules les plus polluants et en écartant les aides pour les ménages les plus précaires. Les niches fiscales accordées au transport routier, mais aussi au transport aérien, continuent de pénaliser le report vers d’autres mobilités moins émettrices.

En parallèle, le projet de loi Climat s’est mué en fiasco. D’ailleurs, ironie du calendrier, sa commission mixte paritaire se réunissait au même moment que l’audience du Conseil d’État ce lundi. Les parlementaires peaufinaient la dernière version du texte de loi, encore amoindrie par son passage au Sénat. Le dispositif des zones à faible émission (ZFE) est notamment sur la sellette. Créées pour limiter la circulation des voitures les plus anciennes et les plus polluantes, les ZFE étaient présentées par le gouvernement comme le principal outil pour lutter contre la pollution de l’air. À l’origine, le projet de loi de Climat prévoyait leur extension à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’ici à 2025. Mais au cours de son examen au Sénat, la majorité de droite a décidé de retarder le calendrier de cinq ans. « Il est indispensable que les parlementaires reviennent sur ces modifications, estime Valentin Desfontaines, du Réseau Action Climat. Ce serait un préalable. »

Le chargé de mission rappelle que la décision du Conseil d’État n’est pas isolée. La France est aussi poursuivie par la Cour de justice de l’Union européenne qui l’avait condamnée le 24 avril 2019 pour non-respect des normes européennes. L’État avait fait l’objet d’une nouvelle mise en demeure le 2 décembre 2020 en raison de l’insuffisance de son action. Il avait normalement jusqu’au 3 février dernier pour prouver qu’il mettait en œuvre toutes les mesures nécessaires pour respecter au plus vite ces valeurs. Sinon, la France pourrait se voir imposer des sanctions financières d’au moins 240 000 euros par jour de retard, prévenait la Cour de justice.

Cette situation est d’autant plus regrettable que les normes européennes utilisées comme référence datent de 2008 et sont jugées largement moins sévères que celles recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour les particules fines, « le décalage est très inquiétant », alerte Valentin Desfontaines, les seuils européens pour les particules en suspension PM2,5 sont 2,5 fois plus élevés que ceux prescrits par l’OMS et les seuils européens pour les PM10 sont deux fois plus élevés également. En bref, le gouvernement n’arrive même pas à respecter des normes désormais jugées insuffisantes.

L’article de Reporterre est ici.

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[Bonne nouvelle] La pêche électrique officiellement interdite dans toutes les eaux de l’Union européenne

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 11/07/2021.

Fin de partie pour la pêche électrique. Ce 1er juillet, elle a été officiellement interdite dans toutes les eaux en Europe. Si elle est prohibée depuis 1998 dans la zone, l’UE avait jusqu’alors accordé des dérogations aux Pays-Bas face à la pression des pêcheurs néerlandais, défenseurs de cette méthode de capture. Celle-ci est pourtant accusée d’avoir des impacts désastreux sur la biodiversité marine.

A shrimp cutter with lifted fishnets and a flock of seagulls in the evening sun

Les Pays-Bas ne respectaient pas les quotas autorisés par la dérogation. 84 bateaux étaient équipés de filets électriques en 2018, contre les 14 autorisés par la réglementation. @jokuephotography/ IStock

Les débats durent depuis plus de vingt ans. C’est désormais en vigueur : la pêche électrique est interdite dans l’ensemble des eaux européennes depuis le 1er juillet. Cette méthode consiste à envoyer des décharges électriques dans l’eau pour paralyser les poissons et faciliter leur capture. Interdite depuis 1998 aux côtés de la pêche aux explosifs ou au poison, elle était jusqu’ici toujours pratiquée par les Pays-Bas, défenseurs de ce procédé.

Sous la pression des pêcheurs néerlandais, la Commission européenne avait en effet autorisé des dérogations dans la partie sud de la Mer du Nord. Mais en  juillet 2019, le règlement européen a entériné son interdiction complète et définitive pour 2021. Les Pays-Bas avait saisi la Cour de justice pour obtenir l’annulation de la décision. Le recours a été rejeté en avril. « Pour les poissons qui étaient menacés par la barbarie de la pêche électrique, aujourd’hui est un autre jour », a salué le 1er juillet l’eurodéputé Younous Omarjee (LFI) sur le réseau social Twitter.

Pour les poissons qui étaient menacés par la barbarie de la #pêcheelectrique, aujourd’hui est un autre jour. Mais pour les océans , en passe de devenir des cimetières marins, le pire reste à être évité @Bloom_FR @L214 pic.twitter.com/I3zbGEEMXI

— younous omarjee (@younousomarjee) July 1, 2021

Un effet dévastateur sur la biodiversité

La pêche électrique, qui agit comme un taser sur les écosystèmes marins, est accusée d’avoir un effet dévastateur sur la biodiversité. Entre autre parce que cette méthode est non sélective : elle touche les espèces non visées ainsi que les œufs et les juvéniles. « Nombre de scientifiques constatent le manque criant de recherches et de connaissances en la matière », souligne dans un rapport le député français Jean-Pierre Pont en 2018. « Ce type de courant provoque des convulsions incontrôlées si violentes que 50 % à 70 % des cabillauds de grandes tailles présentent une fracture de la colonne vertébrale et des hémorragies internes à la suite de la décharge », est-il inscrit dans le document.

Les Pays-Bas avancent que la pêche électrique est plus économique, et permet d’éviter de racler les fonds marins pour récupérer les poissons plats nichés dans les sédiments, comme la sole. Cette méthode de pêche est déjà interdite dans une quinzaine de pays, notamment aux États-Unis, en Arabie Saoudite, en Chine, au Vietnam et au Brésil.

L’article de Novethic est ici.

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TotalEnergies met fin à l’importation d’huile de palme sur son site de La Mède

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Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 09/07/2021.

TotalEnergies a acté la fin de l’huile de palme sur ses sites. Le PDG de l’entreprise, Patrick Pouyanné, a annoncé cesser l’importation de cette huile controversée dans son site de La Mède et dans toute la compagnie à partir de 2023. C’est la fin d’un bras de fer engagé par les associations environnementales depuis plusieurs années.

« Bioraffinerie » Total de La Mède (Bouches-du-Rhône).

TotalEnergies a choisi de mettre de l’huile dans ses rouages. Son PDG, Patrick Pouyanné, a annoncé que le géant énergétique français cesserait d’utiliser la très controversée huile de palme d’ici deux ans. Il l’annonce dans un entretien publié le 5 juillet dans le quotidien régional La Provence. « À compter de 2023 il n’y aura plus d’huile de palme à La Mède, ni nulle part dans la compagnie », a-t-il affirmé. Le site de La Mède, situé dans les Bouches-du-Rhône, possède une raffinerie produisant jusqu’à 500 000 tonnes de biocarburants par an, destinés à aux industries automobile et aérienne. 

Cette décision met fin à un combat qui oppose le groupe à des ONG environnementales depuis plusieurs années. En mars, six associations, dont Greenpeace, avaient contesté devant la justice l’autorisation préfectorale d’exploitation de la raffinerie de La Mède, reprochant au groupe l’importation de l’huile végétale, à l’origine de déforestation en Indonésie et en Malaisie. Un mois plus tard, la justice a partiellement annulé l’autorisation d’exploitation du site, estimant incomplète l’étude d’impact environnemental, qui ne prenait pas en compte les effets indirects liés à la déforestation.

Total, rebaptisé fin mai TotalEnergies pour refléter le fait de vouloir devenir une compagnie multi énergies, a décidé de « repenser un certain nombre de sujets qui ont pu créer des polémiques, dont la fameuse huile de palme », explique le PDG.

Les filières alternatives de La Mède seront préservées

« Nous avons tiré la leçon de cette polémique », a affirmé le patron, se disant « convaincu que faire du biocarburant à base d’huile végétale a maintenant moins d’avenir car on se heurte à la question de l’affectation des terres agricoles ». Augmenter la fabrication d’agrocarburants, produits à partir de matières organiques, nécessite d’augmenter la superficie de terres agricoles destinées à la production, et conduit par exemple à la destruction de zones forestières. « Total doit cependant tirer immédiatement les conclusions qui s’imposent : cesser toute incorporation d’huile de palme, mais aussi d’huile de soja qui présentent les bilans les plus désastreux en matière environnementale », a souligné Greenpeace.

Cette décision ne remet cependant pas en question l’avenir du site des Bouches-du-Rhône. « Le modèle économique de La Mède, compte tenu des filières alternatives qui se sont développées, sera préservé », a assuré le PDG, envisageant de « sans doute investir dans un biométhaniseur pour valoriser les terres qui nous servent à filtrer les huiles ». La biométhanisation est un processus naturel permettant de produire du biogaz à partir de la décomposition de matières organiques végétale ou animale.

L’article de Novethic est ici.

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Les précipitations extrêmes sont bien causées par le changement climatique

Un article de Reporterre, par Hortense Chauvin, le 09/07/2021.

Les activités humaines, par les émissions de gaz à effet de serre, jouent un rôle déterminant dans la survenue de précipitation extrêmes, selon une étude parue dans « Nature Communications ». Un signal anthropique a été identifié dans tous les records de précipitation étudiés de 1982 à 2015.

Tempête Alex : entre Breil-sur-Roya et Tende (Alpes-maritimes), le 02 octobre 2020.

Des stations de métro inondées, des toits et des arbres arrachés, des avenues transformées en lac… Tel est le spectacle auquel a assisté impuissante la population moscovite, le 28 juin dernier, après un violent épisode de pluie. Plus de 50 millimètres d’eau sont tombés sur la capitale russe en l’espace d’une journée. Cet évènement est loin d’être un cas isolé : de nombreux épisodes de précipitations extrêmes ont été observés à travers le monde au cours des dernières années. Une étude, publiée le 6 juillet dans Nature Communications, montre que ces évènements ne sont pas uniquement dus à la variabilité naturelle du climat. Les activités humaines, et en particulier les émissions de gaz à effet de serre, ont joué un rôle déterminant.

De nombreux modèles avaient déjà montré que le réchauffement climatique devrait entraîner une intensification des précipitations dans les années à venir. Jusqu’à présent, les scientifiques éprouvaient cependant des difficultés à prouver que cela avait été le cas historiquement. « Étant donné que le monde s’est déjà réchauffé de plus d’un degré Celsius depuis la révolution industrielle, il est logique que des changements dans le cycle de l’eau aient commencé à se produire », dit à Reporterre Gavin Madakumbura, doctorant à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et coauteur de cette étude.

À mesure que l’air se réchauffe, la quantité de vapeur d’eau qu’il contient augmente

D’autre part, la majorité des études publiées précédemment sur le sujet n’avaient identifié un lien de causalité entre les activités humaines et les précipitations extrêmes qu’à une échelle régionale, et non mondiale. « Afin de détecter une influence humaine, les méthodes utilisées auparavant nécessitaient des bases de données couvrant plusieurs décennies, précise le chercheur. Mais ces bases de données sont rares, et limitées à quelques régions seulement. »

C’est en utilisant un réseau de neurones artificiels (un système informatique inspiré du fonctionnement du cerveau humain) que l’équipe de scientifiques est parvenue à surmonter ces limites. « Cela nous a permis de ne pas nous focaliser uniquement sur les tendances à long terme, et d’utiliser des bases de données relativement plus courtes », précise Gavin Madakumbura. Leurs résultats sont sans appel : un « signal anthropique » a pu être identifié dans l’ensemble des records de précipitation étudiés (datant de 1982 à 2015). Autrement dit, les épisodes de pluie et de neige extrêmes s’intensifient à mesure que les pressions des humains sur leur environnement augmentent.

Villa des Cèdres, Breil-sur-Roya, après le passage de la tempête Alex, le 02/10/2020.

Le fait que le réchauffement du climat entraîne des précipitations plus violentes peut sembler contre-intuitif. Le changement climatique peut pourtant « non seulement rendre les endroits plus secs, mais également intensifier les précipitations », selon Gavin Madakumbura. À mesure que l’air se réchauffe, la quantité de vapeur d’eau qu’il peut contenir augmente. « Ce mécanisme peut rendre les tempêtes plus violentes. Et cette intensification devrait être plus ou moins homogène spatialement dans le monde. »

« Ces résultats confirment l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre » 

Si cette étude a le mérite de prouver l’existence d’un lien entre précipitations extrêmes et activités humaines, certains aspects de la question doivent encore être précisés : « Nous n’avons pas quantifié dans quelle mesure chaque type d’activités humaines contribue aux précipitations extrêmes, dit Gavin Madakumbura. Les émissions de gaz à effet de serre, les aérosols et les changements d’usage des sols peuvent tous avoir une influence. »

Quel que soit le rôle précis de chacun de ces facteurs, cette étude exhorte à réduire rapidement notre pression sur l’atmosphère. « Ces résultats confirment l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter des effets encore plus importants dans les années à venir », a indiqué par courriel à Reporterre Alex Hall, directeur du Centre pour la science climatique de UCLA et coauteur de cette étude. Sans réduction drastique et rapide des émissions de gaz à effet de serre, l’intensification des précipitations devrait en effet se poursuivre, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour l’espèce humaine : érosion du sol, augmentation des pertes agricoles, multiplication des inondations… Comme le souligne l’étude, les conséquences sociétales de ces évènements pourraient être « dévastatrices ».

L’article de Reporterre est ici.

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Crime d’écocide : vers une définition universelle pour l’intégrer aux côtés des crimes contre l’humanité

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 08 juillet 2021.

La reconnaissance du crime d’écocide par la Cour pénale internationale poursuit son chemin. Un comité d’experts commissionné par l’association Stop Écocide a rendu fin juin une définition du crime d’écocide, après six mois de travaux. L’objectif est de pallier l’absence de cadre juridique pour traiter l’écocide au niveau international, et pouvoir ainsi mieux juger les abus, comme les déforestations massives ou les déversements de pétrole.

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L’agent orange est un herbicide utilisé par les États-Unis au Vietnam lors de la guerre (1955-1975) qui a ravagé les forêts, les cultures vivrières et provoqué des maladies. Suite à cet évènement, le Vietnam a été le premier pays à criminaliser l’écocide. @Brian K. Grigsby, SPC5

Intégrer le crime d’écocide parmi les crimes les crimes les plus graves. L’idée infuse depuis les années 70. Un comité de juristes spécialistes du droit pénal international et du droit de l’environnement a publié le 22 juin une définition juridique de l’écocide, avec pour objectif, d’amender le Statut de Rome de la Cour pénale Internationale, qui définit les crimes internationaux sur lesquels la Cour a un pouvoir juridictionnel. L’objectif est donc d’ajouter les atteintes à l’environnement aux côtés du crime de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et du crime d’agression.

Commissionnés par l’association Stop Ecocide, les experts parmi lesquels la française Valérie Cabanes ou le juriste sénégalais de l’ONU Dior Fall Sow ont défini l’écocide comme des « actes illégaux ou arbitraires commis en sachant la réelle probabilité que ces actes causent à l’environnement des dommages graves qui soient étendus ou durables ». Pendant six mois, les experts ont puisé dans des textes philosophiques, religieux, de loi, et dans la jurisprudence internationale pour établir une définition universelle. « Le résultat final est un parfait équilibre entre ce qui doit être fait pour protéger concrètement les écosystèmes et ce qui sera acceptable juridiquement par les États », a souligné dans un communiqué la présidente de la Fondation Stop Écocide, Jojo Mehta qui évoque un « moment historique ».

Une définition inexistante à l’échelle internationale

« Il n’y a actuellement aucun cadre juridique pour traiter l’écocide au niveau international et donc aucun système pour tenir les décideurs des entreprises et des gouvernements responsables des dommages et abus environnementaux tels que les déversements de pétrole, la déforestation massive, les dommages causés aux océans ou la grave pollution des eaux, a déploré l’association Stop Écocide. L’inscription de l’écocide dans le droit international permettrait que les auteurs soient traduits en justice devant la Cour pénale internationale ou dans toute juridiction qui l’a ratifiée. »

Mais le processus est encore incertain et peut durer plusieurs années. Quatre conditions doivent être remplies. L’un des 123 États ayant ratifié le statut de Rome doit d’abord proposer une demande pour l’amender. Dans un second temps, une majorité de pays doit ensuite valider l’examen de l’amendement lors de l’assemblée annuelle de la Cour pénale internationale et au moins 82 pays doivent ensuite voter en sa faveur. Chaque pays doit enfin le ratifier.

Des questions sur l’interprétation

L’Association Française des Magistrats pour le droit de l’Environnement (AFME) a, quant à elle, livré un avis plus mitigé sur le réseau social Twitter. « Nous apprécions cette contribution, a déclaré l’association sur le réseau social Twitter. Cependant nous nous interrogeons sur cette définition qui pourrait poser des problèmes importants aux juges et aux procureurs ». Elle pointe du doigt une définition « très théorique ». Elle risque de poser des problèmes d’interprétation, et demande un examen plus « approfondi » de cette définition.

À l’échelle nationale, des pays se sont déjà engagés pour la reconnaissance de l’écocide. Le premier à l’avoir criminalisé dans son droit est le Vietnam en 1990, suite à l’utilisation de l’herbicide appelé « agent orange » comme arme de guerre par les États-Unis. Depuis, une dizaine d’autres ont suivi, comme la Russie, l’Arménie ou la Géorgie, sans y avoir recours.  En Europe, le ministre de la Justice belge Vincent Van Quickenborne envisage l’introduction de l’écocide dans le droit pénal belge. Du côté de la France, l’écocide pourrait être intégré au projet de loi Climat et résilience mais en tant que « délit », ce qui en amoindri la portée.

L’article de Novethic est ici.

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Victoire de l’équipe écologiste : la chasse à la glu est interdite en France

Un article de Reporterre, par Laury-Anne Cholez, le 29/06/2021.

Les associations de défense des oiseaux bataillaient depuis des années contre la chasse à la glu, méthode de chasse qu’elles jugent cruelle. Le Conseil d’État, confirmant une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, l’a interdite lundi 28 juin.

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Une grive piégée à la glu. © Chantelat/SIPA

C’est une victoire pour les défenseurs des oiseaux et la fin d’une longue bataille juridique. Lundi 28 juin, le Conseil d’État a définitivement interdit la chasse à la glu, une méthode de chasse « traditionnelle » contre laquelle luttaient les associations depuis de longues années.

Elle consistait à capturer différentes espèces de grives et de merles noirs qui venaient se coller sur des tiges en bois engluées, qu’ils prenaient pour des branches d’arbres. Ils étaient ensuite enfermés dans des cages, afin de servir d’appâts pour attirer leurs congénères grâce à leur chant. Selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) près de 40 000 volatiles étaient capturés de cette manière avec de nombreux dommages collatéraux. « Je pense qu’un oiseau englué sur trois était une espèce protégée », explique à Reporterre Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO.

La LPO et l’association One Voice réclamaient la fin de cette technique depuis des années. Elle est interdite en Europe depuis la directive européenne dite « oiseaux » du 30 novembre 2009. « Après Malte, nous étions le dernier pays à pratiquer cette chasse », dit Allain Bougrain-Dubourg à Reporterre. Pourtant, le gouvernement persistait à accorder des dérogations aux chasseurs sous la forme d’arrêtés qui étaient attaqués par les associations. Au terme d’un interminable jeu de ping-pong juridique, le Conseil d’État a finalement tranché en se rangeant derrière la décision rendue par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) en mars 2021 qui estimé « qu’un État membre ne peut pas autoriser une méthode de capture d’oiseaux, comme la chasse à la glu, entraînant des prises accessoires dès lors qu’elles sont susceptibles de causer aux espèces concernées des dommages autres que négligeables ». « Parfois, le Conseil d’État tranche sans avis extérieur mais le dossier étant sensible, il a préféré laisser la responsabilité à la CJUE plutôt que de prendre la décision seul », analyse Allain Bougrain-Dubourg.

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Fauvette babillarde (Sylvia curruca) capturée à la glu – © CABS

Dans son communiqué de presse, le Conseil d’État observe que ni le gouvernement ni la fédération de chasseurs n’ont été capables d’apporter de preuves suffisantes permettant d’affirmer que la chasse à la glu ne conduisait à « capturer qu’en petite quantité des oiseaux appartenant à d’autres espèces que celles recherchées ». Il estime aussi qu’il est impossible d’affirmer « que les oiseaux capturés accidentellement ne subiraient que des dommages négligeables, une fois relâchés et nettoyés, en particulier au niveau de leur plumage », ce qu’affirment les chasseurs adeptes de cette méthode. « Nous avions mis des caméras cachées pour démontrer que ces oiseaux protégés étaient piégés. On leur arrachait les plumes et on les jetait au sol, en les laissant agonisants », assure Allain Bougrain-Dubourg. Le président de la LPO se réjouit de cette décision car « c’est l’une des premières fois où la cour prend en compte la question du bien-être animal pour la faune sauvage alors que c’est d’habitude réservé aux animaux domestiques ».

Dans un message publié sur Twitter, Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, estime que cette décision est « une avancée pour la biodiversité ». Un tweet repris par l’association One Voice. Il reste peut-être à revenir devant le Conseil d’État pour faire barrage aux arrêtés autorisant les autres chasses traditionnelles dénoncées par les associations.

L’article de Reporterre est ici.

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Voiture électrique : Nicolas Hulot et Laurent Berger demandent une « transition juste » pour le secteur automobile

Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 30/06/2021.

La voiture de demain sera électrique. Plutôt que de subir ce changement, la filière automobile française doit l’anticiper, faute de quoi le pays en subira de lourdes conséquences sociales. Ce principe d’une « transition juste », réclamée en leur temps par les Gilets jaunes, est expliqué dans un rapport de la Fondation Nicolas Hulot et de la CFDT.

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Une voiture électrique est plus facile à construire qu’une voiture thermique et demande moins de main d’œuvre. @AstuceProd

Changer de modèle économique et engager une transition écologique nécessite de créer de nouvelles filières et de nouveaux emplois. La contrepartie est que d’autres secteurs auxquels il va falloir tourner le dos vont subir des pertes d’emplois et des fermetures d’usines dont parfois dépendent de grands bassins de vie. Le secteur automobile en est un bon exemple. Avec l’accélération de l’électrification du parc de voitures, le besoin de main-d’œuvre change et diminue.

La CFDT et la Fondation Nicolas Hulot publient mercredi 30 juin un rapport qui veut démontrer, à partir de l’exemple de la filière moteur dans l’automobile, qu’il est possible de concilier transition écologique et emploi. L’ONG et le syndicat réclament même l’organisation d’états généraux de l’automobile pour en discuter.

Perte de production en France

« Cette étude veut montrer qu’au-delà des mots, on peut aller vers une transition écologique juste pour les travailleurs », a déclaré le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger lors d’une conférence de presse. L’étude, réalisée en partenariat avec le cabinet d’expertise Syndex, rappelle que la filière automobile va être soumise à rude épreuve dans les années à venir, à la fois parce que le nombre de véhicules produits en France est voué à diminuer et parce que les véhicules électriques sont moins gourmands en main-d’œuvre que les thermiques.

Elle explore quatre scénarios d’évolution pour la filière moteur. Celui qu’elle privilégie permet à la fois de mieux protéger l’emploi – un tiers de plus en 2050 que par rapport à un scénario où l’on poursuit les politiques actuelles – et d’opérer la transition écologique, avec l’objectif de 100 % de véhicules zéro émission en 2035 et une évolution des usages (autopartage, report vers les transports collectifs…).

Clés d’une telle hypothèse : la relocalisation d’une partie de la production, le développement de l’économie circulaire (recyclage, conversion des voitures d’occasion thermiques en voitures électriques), la création d’une filière pour produire des batteries en France. Sur ce dernier point la France est en retard avec moins de 10 % des projets européens. Nicolas Hulot a souligné que la France avait à l’heure actuelle deux projets de « gigafactories » – des « usines géantes » fabriquant des batteries – et a appelé « à faire en sorte de changer d’échelle et qu’un peu comme l’Allemagne on multiplie ces structures ». Renault vient cependant d’annoncer un troisième projet en France, qui sera créé par la jeune société grenobloise Verkor, avec une première ligne pilote prévue pour 2022. À l’heure actuelle, notre voisin allemand compte néanmoins déjà 10 projets de grandes usines de batteries.

Accélérer la transition

L’ancien ministre a invité le gouvernement à « anticiper«  davantage les évolutions à venir, pour que la France ne soit pas à la traîne de ses concurrents européens et asiatiques, et à « avancer un certain nombre d’échéances« . « Pour l’instant la fin de la vente des véhicules thermiques, dans la loi de programmation en France, est pour 2040, nous voulons l’avancer à 2030 pour les véhicules essence et diesel (hors hybrides, NDLR), et à 2035 pour l’ensemble de la flotte« , a-t-il expliqué.

Les deux hommes ont réclamé une « conditionnalité » écologique et sociale des aides publiques, afin de peser sur les choix stratégiques de l’industrie automobile. Le rapport propose aussi d’utiliser le label « Origine France garantie » comme levier en faveur de la relocalisation, proposant d’en faire « un critère d’achat public » et de « soutenir un niveau d’aide différencié entre les produits labellisés et ceux qui ne le sont pas«  – les auteurs reconnaissent toutefois les limites que pose la politique commerciale de l’UE au soutien de l’économie locale par la commande publique.

L’article de Novethic est ici.

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« Les effectifs des gardes forestiers sont taillés à la hache »

Un article de Reporterre, par Gaspard d’Allens, le 28/06/2021.

475 postes de gardes forestiers de l’Office national des forêts (ONF) seront supprimés d’ici quelques années. Philippe Canal, porte-parole du syndicat Snupfen Solidaires, dénonce une situation «déplorable» et une politique productiviste au détriment des écosystèmes.

Mobilisation des forestiers à Toulouse, en 2018. – © Gaspard d’Allens/Reporterre

On a appris le 18 juin que l’Office national des forêts (ONF), l’établissement qui gère les forêts publiques françaises, allait supprimer 475 postes dans les prochaines années. Les syndicats fustigent « une privatisation rampante ». Avec des conséquences multiples : manque de moyens pour protéger les forêts à l’heure du changement climatique, dégradation des conditions de travail, perte de sens. Reporterre fait le point avec Philippe Canal, porte-parole du Snupfen Solidaires, le syndicat majoritaire des gardes forestiers.


Reporterre — Comment réagissez-vous à l’annonce de la suppression de 475 postes ?

Philippe Canal — Très mal, mais il n’y a malheureusement aucune surprise, on s’y attendait. Ce plan s’inscrit dans les logiques néolibérales qui sous-tendent la gestion de l’ONF depuis des décennies. Les gardes forestiers disparaissent, les effectifs sont taillés à la hache. Depuis vingt ans, l’Office a perdu plus de 5 000 emplois, soit près de 4 postes sur 10. Nous étions 13 000 en 2000, nous ne sommes plus que 8 000. Depuis trois ans, la direction a arrêté de recruter des fonctionnaires et préfère passer par des contractuels de droit privé, qui coûtent moins cher, mais ne peuvent effectuer des missions de police et donc protéger aussi efficacement la forêt. En bref, on remet en cause nos statuts et on nous enlève des moyens financiers et humains pour exercer nos missions.

Le dernier quinquennat sous Emmanuel Macron a été terrible, même si les gouvernements précédents n’ont pas fait mieux. En cinq ans, on a perdu plus d’un millier d’emplois. Rien qu’en 2019, 400 postes ont été supprimés. On a également appris cette année que la direction souhaitait vendre la moitié des maisons forestières en France. Si les forestiers n’habitent plus en forêt, comment feront-ils pour la surveiller et la protéger au plus près ?

Philippe Canal, à droite, lors d’une mobilisation à Épinal (Vosges) en juin 2019. © DR

Le gouvernement justifie cette politique en expliquant que l’ONF est en déficit…

Nous récusons ces termes et ce langage qui vient tout droit du monde de l’entreprise. L’ONF n’est pas en déficit, il est en manque criant de financements, c’est différent ! Le vocabulaire que l’on utilise a un sens. Un service public existe parce qu’il répond à des missions d’intérêt général qui nécessitent des investissements sur le long terme ; il n’a pas pour but premier d’être rentable. L’ONF a un rôle de protection et de police qui ne peut pas répondre à des objectifs purement financiers. Nos forêts ne sont pas des usines à bois. Elles captent le carbone, filtrent l’eau, préservent la biodiversité. Ce sont d’abord et avant tout des biens communs.

Nous devons donc changer le modèle économique de l’ONF. Aujourd’hui, il est clair que nous ne pouvons plus financer un service public principalement avec les recettes issues de la vente du bois des forêts publiques. Depuis plusieurs décennies, les cours du bois sont orientés à la baisse comme la plupart des matières premières agricoles. En trente ans, la récolte en forêts d’État a augmenté de 30 % mais les recettes ont diminué de 30 %. Cela ne peut plus continuer ainsi, d’autant que la situation risque de se dégrader davantage avec le changement climatique, l’augmentation des sécheresses, des tempêtes et des pathogènes. Nous devons rompre avec ce modèle qui pousse au productivisme au détriment des écosystèmes.

Un garde forestier lors d’une mobilisation à Épinal (Vosges), en juin 2019. © DR

Quelles vont être les conséquences de la baisse d’effectifs sur le plan écologique ?

Il y aura beaucoup moins de présence sur le terrain. Moins de monde pour surveiller que les exploitations n’abîment pas les sols et les arbres, pour superviser les chantiers. Les travaux seront faits à la hâte. Il y aura moins d’études sur les enjeux environnementaux. Soumis à la pression, au surmenage, nous aurons moins de temps à accorder aux écosystèmes, moins d’expertise. Aujourd’hui, l’ONF ne représente que 8 000 personnes réparties sur 10 % du territoire national. En métropole, les forêts publiques représentent 4,3 millions d’hectares. Sachant qu’une partie du personnel est aussi dans des bureaux, il reste finalement très peu de monde dans les bois.

Il y a vingt ans, un forestier gérait en moyenne 1 000 hectares ; il s’occupe désormais de 1 500 à 2 000 hectares. En outre-mer ou sur les contours de la Méditerranée, des forêts entières sont désertées, étant considérées comme peu productives. Avec cette situation, il ne faudra pas s’attendre à des miracles en matière de prévention des incendies et de protection de l’environnement. Toute l’observation, qui est la qualité principale de notre métier — savoir lire et comprendre une forêt, anticiper ses changements — risque d’être bâclée. Contrairement à ce que nous dit la direction, c’est une illusion de croire que les outils technologiques comme les lidar ou les drones le feront à notre place.

Par le projet de loi de Finances de 2020, le gouvernement avait déjà décidé de supprimer 95 emplois à l’ONF, malgré l’opposition unanime des députés.

La forêt domaniale de Fourmies en octobre 2016.

À ce stade, ce n’est plus de l’entêtement, c’est une forme d’acharnement. De la pure idéologie ! Tous les rapports et les audits faits sur l’ONF ont montré comment ces politiques entraînaient une dégradation des conditions de travail, un stress important et de nombreux suicides. Chez nos collègues, il y a une perte de sens, une vraie souffrance éthique. Mais le gouvernement s’obstine. S’il n’ose pas encore supprimer entièrement le service public forestier, il maintient son cap et avance ses pions progressivement. À ce rythme, l’ONF va finir par perdre tout crédit. Les communes forestières commencent à se plaindre du service rendu qui, il est vrai, baisse du fait des suppressions de postes. Insidieusement, ils rendent désirable le secteur privé. Et le jour où l’ONF n’apparaîtra plus comme un efficace défenseur de la forêt, nous n’aurons plus aucun avenir.

Pour protester contre ces réformes, vous avez fait des marches à travers la France en 2018. Il y a quelques mois, vous avez aussi occupé un site de la direction. Que comptez-vous faire maintenant ?

Il nous parait indispensable de renforcer la convergence avec les grandes organisations environnementales, les communes forestières et les élus locaux. On constate avec satisfaction le développement d’un mouvement citoyen qui a pris conscience des enjeux forestiers et qui se mobilise. Il se passe quelque chose dans la société, c’est très important. Mais la politique, elle, reste verrouillée. Nous organisons en septembre de nouvelles manifestations, nous sommes toujours déterminés. La lutte est salvatrice, elle nous donne de la force et nous permet de rester debout. On sent toutefois beaucoup de fatalisme, d’usure et une colère face aux projets d’industrialisation des forêts.

L’article de Reporterre est ici.

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L’essentiel de la transition énergétique

Un article de France Nature Environnement (FNE), le 24/06/2021.

« Transition énergétique » : l’expression est à la mode, mais que signifie-t-elle concrètement ? Engagée depuis longtemps sur le sujet, France Nature Environnement publie un livret pédagogique et visuel pour en résumer les enjeux et faire valoir les axes principaux de son plaidoyer. En d’autres termes, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la transition énergétique sans oser le demander !

Pourquoi la transition énergétique est-elle indispensable ? Comment la mener ? Quels objectifs la France s’est-elle fixée et peut-elle vraiment les atteindre ? Quels sont les avantages et les limites des différentes sources d’énergie ? C’est à toutes ces questions que nous avons essayé de répondre pour vous permettre de comprendre en un clin d’œil les principaux enjeux de la transition énergétique.

Pour France Nature Environnement, une transition énergétique réussie repose sur trois grands principes :

  1. plus de sobriété pour réduire nos besoins,
  2. plus d’efficacité pour limiter le gaspillage énergétique, notamment dans les deux secteurs les plus énergivores que sont les transports et le bâtiment,
  3. un mix 100% renouvelable pour réduire les impacts —sanitaires, politiques, sociaux, environnementaux…— de la production d’énergie.

Vous découvrirez également le rôle des réseaux de transport et de distribution, l’importance de solutions de stockage efficaces, ou encore le potentiel des projets participatifs et citoyens d’énergie renouvelable. De quoi vous faire toucher du doigt la richesse et la complexité de ce sujet passionnant… Si vous souhaitez en savoir plus, la bibliographie téléchargeable recense un grand nombre de ressources utiles. Bonne lecture !

DÉCOUVRIR LE LIVRET

L’article de FNE est ici.

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Au pied du Mont-Blanc, les habitants ne supportent plus la pollution de l’air

Un article de Reporterre, par Justin Carrette, le 26/06/2021.

Dans les Alpes, la vallée de l’Arve accumule les preuves de son haut degré de pollution. Début 2021, de nouvelles analyses alarmantes ont été dévoilées par le collectif de citoyens Coll’Air Pur. Mais les réactions des pouvoirs publics semblent avoir beaucoup de mal à dépasser le stade du discours.

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Sur les hauteurs de Passy, le nuage de pollution est visible à l’œil nu en hiver. – © Coll’Air Pur

« On est des réfugiés climatiques. » Ketty Bertolotti a quitté la vallée de l’Arve en octobre 2020, pour fuir « le dôme de pollution persistant » qui flottait au-dessus de Domancy, la commune où elle résidait dans le bas de la vallée. « Tout l’hiver en sortant de chez moi avec mes trois enfants et en voyant cette brume épaisse de pollution, je me disais que ce n’était plus possible de vivre ici. Je culpabilisais. »

L’hiver 2016 a fini de convaincre Ketty et sa famille de quitter la vallée. Durant trente-cinq jours consécutifs, la pollution de l’air avait atteint des niveaux records, bien supérieurs aux valeurs limites européennes. Les enfants ne pouvaient parfois plus sortir à la récréation, et des manifestations éclataient partout dans la vallée de l’Arve, de Chamonix à Passy. « Honnêtement, si j’avais eu une bouteille d’oxygène à portée de main, j’en aurais pris », dit-elle en repensant à cet épisode.

Désormais installée dans la région niçoise, Ketty Bertolloti ne regrette pas son départ. « Cet hiver j’ai regardé l’indice de la qualité de l’air autour de Saint-Gervais-les-Bains, le niveau de pollution était souvent au rouge, alors qu’ici, à Nice, on a passé presque toute la saison dans le vert. »

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Le nuage de pollution et la fumée de l’incinérateur de Passy. © Coll’Air Pur

Avant de quitter la vallée, elle a accepté de faire participer ses trois enfants à l’étude menée par le collectif de citoyens Coll’Air Pur. En septembre 2020, trois centimètres de cheveux ont été prélevés à soixante-seize enfants de la vallée et à six adultes, avant d’être envoyés au laboratoire indépendant toxSeek. Les résultats de cette analyse, obtenus au début de l’année 2021 « sont très inquiétants », dit Mallory Guyon, cofondatrice en 2018 du collectif, et médecin généraliste dans la commune des Houches, voisine de celle de Chamonix-Mont-Blanc.

Des taux anormaux de cadmium cancérigène dans les cheveux des enfants

« On a retrouvé un taux de cadmium en moyenne trois fois plus élevé dans les cheveux des enfants de la vallée que dans le groupe témoin du laboratoire », souligne-t-elle. « C’est une claque puisqu’on sait que le cadmium est une substance cancérigène, qui a des effets notamment sur les os, les reins, l’appareil respiratoire et la reproduction. Il y a là un enjeu sanitaire majeur. »

En plus du cadmium, le laboratoire a informé le collectif que neufs profils d’enfants étaient particulièrement à risques, surexposés aux « terres rares » [1], et que certains profils étaient à surveiller en raison d’une présence anormale de plomb et de mercure, qui sont tous deux des substances neurotoxiques. La fille de Ketty Bertolloti faisait partie de ces profils « à risque », selon le laboratoire toxSeek. « On s’est demandé pourquoi c’était la seule de nos enfants qui présentait des taux aussi inquiétants. On s’est rendu compte que c’était la seule de nos trois enfants qui allait en classe près de l’incinérateur. »

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Sur les hauteurs de Passy, le nuage de pollution est visible à l’œil nu en hiver. L’inversion de température et l’aérologie nulle empêche les polluants de se disperser. © Coll’Air Pur

L’incinérateur de Passy est en effet régulièrement pointé du doigt par les écologistes de la vallée. Cette structure brûle en moyenne 60 000 tonnes de déchets par an et rejetterait un grand nombre de polluants dans l’air, selon les militants, en particulier à Passy et dans les communes alentour, un territoire très encaissé où la circulation de l’air est presque nulle.

En 2019, Coll’Air’Pur avait fait tester des œufs de la commune de Passy près de l’incinérateur par un laboratoire indépendant. Conclusion : une majorité d’entre eux dépassait les taux de dioxines et de PCB autorisés pour la consommation.

« Ici on ne cherche pas à trier les déchets mais à les brûler. »

« Les élus remettent sans cesse en cause nos analyses, alors qu’ils connaissent très bien ces chiffres. Seulement, il ne faut pas faire peur aux habitants ou aux touristes », déplore Muriel Auprince, autre militante au collectif. « On demande de prendre en compte ces analyses pour réfléchir à des solutions. »

Le collectif tente d’apporter des solutions dans la vallée avec la création d’une recyclerie du Mont-Blanc et d’un Repair Café pour recycler les déchets et ainsi éviter leur incinération. Le tri des déchets dans la vallée de l’Arve est pour le moment « quasi inexistant », selon Muriel Auprince. « On se croirait à la préhistoire par rapport à d’autres régions, puisque ici on ne cherche pas à trier les déchets mais à les brûler. »

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Une file de camions sur la route qui mène au tunnel du Mont-Blanc. © Justin Carrette/Reporterre

Un constat partagé par l’association Alternatiba ANVCOP21 qui multiplie les actions spectaculaires depuis le début de l’année pour réclamer plus d’actions en faveur de la qualité de l’air. « S’il y avait des politiques publiques plus ambitieuses pour le compost et le tri, on brûlerait moins de déchets », affirme Nicolas Orsier, militant à Alternatiba ANVCOP21.

Contacté par Reporterre, Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains et président de la communauté de communes du Mont-Blanc, se dit prêt à agir sur le dossier de l’incinérateur : « Il faut agir là-dessus car l’incinérateur est en fin de vie et d’un autre temps. Il n’est plus aux normes et il est polluant, donc l’enjeu, c’est de diminuer nos déchets, et ça c’est le rôle des élus locaux. »

Le transport routier joue lui aussi un rôle dans la qualité de l’air de la vallée. Plus de mille camions montent chaque jour dans la vallée vers le tunnel du Mont-Blanc. Le 13 mars 2021, les militants d’Alternatiba ANVCOP21 ont mis en place un faux péage sur l’autoroute pour réclamer plus de ferroutage et des moyens pour financer le report modal, c’est-à-dire permettre aux poids lourds d’emprunter les rails plutôt que le tunnel. « Les structures qui permettraient de mettre les camions sur les rails existent, mais on ne les utilise pas. On se demande s‘il y a une volonté politique sur cette question », dit Nicolas Orsier.

Macron passé, rien n’a changé

En février 2020, Emmanuel Macron s’était rendu dans la vallée, à Saint-Gervais-les-Bains, et avait affirmé que « l’État souhaite prendre ses responsabilités et investir dans le ferroviaire ». Plus d’un an plus tard, rien n’a changé pour les poids-lourds, et l’aire de régulation des camions du Fayet dans le bas de la vallée, a même été refaite à neuf. Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains qui avait accueilli le président de la République dans sa commune, dit que « ça ne va certainement pas assez vite, et je suis le premier à le dire à chaque réunion. Seulement ceux qui croient qu’on peut tout arrêter avec un bouton magique sont naïfs ou ils nous trompent. »

L’inertie des pouvoirs publics dans la vallée a d’ailleurs été reconnue en novembre 2020 par le tribunal administratif de Grenoble, qui avait souligné une « carence fautive de l’État » dans sa lutte contre la pollution de l’air.

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L’action coup de poing d’Alternatiba pour bloquer les camions sur l’autoroute menant au tunnel du Mont-Blanc, le 13 mars. © Alternatiba Vallée de l’Arve

D’autres sources de pollutions existent dans la vallée de l’Arve, notamment l’industrie métallurgique et le chauffage individuel au bois. Ces polluants s’ajoutent à ceux de l’incinérateur et du trafic routier pour constituer un cocktail toxique pour les habitants. Jean-Marc Peillex le reconnaît : « Le problème de la qualité de l’air est un problème de santé publique dans la vallée. » Selon Santé Publique France, la pollution de la vallée de l’Arve causerait à elle seule 85 décès par an. En juin 2020, une fille de douze ans résidant à Sallanches, juste à côté de Passy, est morte de plusieurs tumeurs au cerveau. Sa disparition pourrait en partie être due, selon certains médecins, à la pollution de l’air.

« Lors des pics de pollution, on a des pics de consultations, observe la docteure Mallory Guyon, principalement pour des problèmes pulmonaires, cardiovasculaires ou ORL. De l’asthme, des bronchites, des otites ou des toux de laryngites par exemple ». Cette toux est d’ailleurs si répandue au pied du Mont-Blanc qu’elle a gagnée le nom de « toux de la vallée ».

L’article de Reporterre est ici.

[1] Les terres rares sont une famille de métaux assez commune, dont l’extraction et l’utilisation ont explosé ces dernières années. Elles servent notamment dans le raffinage du pétrole, la fabrication de verres ou de batteries rechargeables. Les poussières et les résidus liées à leurs exploitations pourraient être toxiques pour la santé.

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GIEC : prudence sur l’extrait du sixième rapport terrifiant sur le réchauffement climatique

Un article de Novethic, par Pauline Fricot,le 23/06/2021.

Les publications du GIEC sont très attendues, elles sont la boussole de la lutte contre le réchauffement climatique. Un brouillon du sixième rapport, dont la publication est prévue pour début 2022, a fuité dans la presse. Sécheresse, famine, niveau insuffisant de préparation…Les conclusions sont alarmantes et pires encore que les dernières de 2014. Prudence cependant, alertent les scientifiques et le GIEC lui-même, le travail est encore en cours et le document va fortement évoluer.

Rivière asséchée, Éthiopie (Afrique). Istock / @piyaset

L’Agence France Presse a eu accès à un brouillon des travaux des experts de l’ONU pour le climat et il semble que les observations soient encore pires que celles des derniers travaux de 2014. Les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l’humanité qui en dépend vont s’accélérer et devenir douloureusement palpables bien avant 2050, ont estimé dans une première version le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui fait autorité en la matière.

Mais ces conclusions sont encore à prendre avec précaution. Dans un communiqué publié dans la foulée, le GIEC alerte sur le fait que le texte en question n’est qu’un document de travail qui a circulé « entre décembre et janvier 2021 », en vue de la publication du sixième rapport, prévue pour février 2022.

Des conclusions alarmantes sur le réchauffement climatique

Trois points ressortent de ces premières conclusions. Dans un premier temps, les experts ont abaissé le seuil au-delà duquel le réchauffement peut être considéré comme acceptable. En signant l’accord de Paris en 2015, le monde s’est engagé à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, si possible +1,5°C. Ce ne serait pas suffisant. Dépasser +1,5°C pourrait déjà entraîner « progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles », cite l’AFP.  Même à ce seuil, il est déjà peut être trop tard pour certains organismes qui n’auront pas le temps de s’adapter, comme les coraux, dont un demi-milliard de personnes dépendent pour vivre. Sur le long terme, « la vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes », mais « l’humanité ne le peut pas« , alerte la première version du texte.

Parallèlement, nous n’avons pas encore les armes pour faire face aux conséquences violentes du réchauffement climatique. Même en limitant la hausse à 2°C, jusqu’à 80 millions de personnes supplémentaires auront faim d’ici à 2050 et à +1,5°C déjà, dans les villes, 350 millions d’habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d’eau. La seule porte de sortie est la mise en place de mesures radicales et drastiques, « à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement », visant à « redéfinir notre mode de vie et de consommation », rapporte l’AFP.

Un rapport qui doit encore « fortement évoluer »

Ces conclusions n’ont pas été commentées par les scientifiques. « Le GIEC ne commente pas le contenu des projets de rapports tant que les travaux sont encore en cours » et sur la base de « documents de travail » a souligné le groupe d’experts dans un communiqué.

Chaque rapport du GIEC demande un travail colossal sur plusieurs années. « 260 auteurs et des 1168 relecteurs » sont impliqués dans le processus, rappelle la co-présidente du GIEC Valérie Masson Delmotte, qui ajoute que plus de 40 000 commentaires seront pris en compte pour ajuster les conclusions. « Une version de travail qui va encore fortement évoluer », conclut le climatologue Christophe Cassou sur le réseau social Twitter. Une première partie du rapport, évaluant les bases physiques du changement climatique, doit être officiellement publiée le 9 août.

L’article de Novethic est ici.

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Loi climat et résilience : un nouveau coup porté par le rapporteur du Conseil d’État

Un article de Novethic, par Pauline Fricot,, le 25/06/2021.

L’étau se resserre autour du projet de loi Climat. Dans le cadre de l’audience de Grande-Synthe le 11 juin, ville qui a attaqué l’État pour inaction climatique, le rapporteur public appelle le gouvernement à prendre des mesures à la hauteur des objectifs climat de la France, dans un délai de neuf mois. Soit le temps qu’il reste à l’Exécutif pour faire voter son projet de loi, qui est examiné par le Sénat depuis le 14 juin.

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Le conseil d’État.

Le maire de Grande-Synthe n’entendait pas voir sa ville sombrer sous les eaux. Jugeant sa commune vulnérable, le maire Damien Carême avait demandé à l’État de redoubler d’efforts pour lutter contre le réchauffement climatique. L’ancien élu de la ville du Nord avait saisi le Conseil d’État en janvier 2019. En novembre 2020, la plus haute juridiction avait donné trois mois au gouvernement pour livrer des justifications sur sa trajectoire.

Celles-ci n’ont pas convaincu le rapporteur public Stéphane Hoynck. Dans le cadre d’une audience très attendue le 11 juin 2021, il a suggéré au Conseil d’État d’enjoindre le gouvernement à « prendre toutes mesures utiles permettant d’infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre produites sur le territoire national afin d’assurer sa compatibilité avec les objectifs » de la France, soit une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990 et la neutralité d’ici 2050.

Le rapporteur conseille de laisser un délai de neuf mois à l’État pour présenter sa stratégie. Durant ce délai, le gouvernement doit faire voter la loi Climat et résilience, comme l’espère le Ministère de la Transition écologique. Les sénateurs entament, depuis le 14 juin, son examen. « Le conseil d’État est à deux doigts de contraindre le gouvernement à une vraie loi climat sous peine d’astreinte financière », s’est réjoui la députée Delphine Batho sur Twitter.

« Une décision importante »

Le rapporteur public n’a pas manqué de pointer du doigt le projet de loi. Notant que le poids carbone des mesures proposées par la Convention citoyenne n’avait pas été chiffré, le rapporteur a cependant souligné que quelle que soit la marge d’incertitude, le texte ne semblait pas aller dans le sens du gouvernement, qui estimait qu’il n’était pas nécessaire de prendre des mesures supplémentaires pour atteindre l’objectif climatique de la France. Le Conseil d’État avait déjà rendu un avis sévère sur le projet de loi en février, le jugeant en partie défaillant.

Le Ministère de la transition écologique s’est montré prudent. « On ne va pas prendre en compte des conclusions avant même que le Conseil d’État ne les ait données, a détaillé un représentant en conférence de presse le 14 juin. Mais on ne peut que partager ce que le rapporteur a demandé : prendre toutes les mesures utiles pour respecter les engagements de la France ». La haute juridiction devrait rendre sa décision en juillet 2021.

L’article de Novethic est ici.

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Déforestation : opération stop Cabrillo !

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 Un article de Greenpeace, le 07/06/2021.

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Après le blocage d’un entrepôt de stockage de soja importé dans le port de Saint-Nazaire le 31 mai, Greenpeace a une nouvelle fois agi pour mettre un terme à la déforestation importée.

Cette fois, nos activistes ont fait face à l’arrivée d’un cargo transportant du soja en provenance du Cerrado, une savane ravagée par la culture de cette légumineuse produite et exportée afin de nourrir les animaux d’élevage. Ce bateau, le Cabrillo, fait 225 mètres de long : nos activistes ont défié ce géant à proximité du port de Saint-Nazaire où il s’apprêtait à débarquer sa cargaison.

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Pour protéger les forêts du monde entier, l’heure n’est plus aux discours politiciens. La situation au Brésil est désastreuse : la politique destructrice de Jair Bolsonaro attise les flammes qui dévorent des écosystèmes exceptionnels. Ce mois de mai a été particulièrement dévastateur pour le Cerrado et la forêt amazonienne, deux écosystèmes touchés par un nombre d’incendies jamais vu depuis 2007. Ce même mois, la déforestation de l’Amazonie brésilienne a d’ailleurs atteint un niveau record. La France ne peut pas être complice d’un tel drame : elle doit tout faire pour y mettre un terme. Cela ne pourra passer que par la fin de la déforestation importée.

Mais le gouvernement, là encore, préfère communiquer sur des fausses solutions et fermer les yeux sur le drame en cours. Aidez-nous à lui ouvrir les yeux : interpellez-le une nouvelle fois à nos côtés en cliquant ici et partagez notre action sur Twitter en utilisant le hashtag #StopCabrillo !

L’article de Greenpeace est ici.

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La biodiversité et le climat sont un seul et même combat, alertent le GIEC et l’IPBES dans une collaboration inédite

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 10/06/2021.

La perte de la biodiversité et le changement climatique ont des origines communes liées aux activités économiques humaines et se renforcent mutuellement. @Ipbes / BiodivresityClimateScience

C’est la première fois que ces deux institutions de référence livrent un rapport en commun. Après cinq mois de travail, des experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) et le climat (Giec) tirent la sonnette d’alarme. Alors que les politiques nationales et internationales tendent à compartimenter la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité, les cinquante experts réunis soulignent qu’« aucun de ces enjeux ne sera résolu avec succès s’ils ne sont pas abordés ensemble ».

« Pendant longtemps, nous avons envisagé le climat et la biodiversité comme deux choses différentes », a détaillé en conférence de presse la professeure en écologie humaine Pamela McElwee de l’Université Rutgers (États-Unis). « Les politiques ont également suivi cette trajectoire […]. Le climat a progressivement pris plus d’importance, d’après moi parce que l’on en ressent les effets alors que les feux en Australie peuvent paraître plus lointains. Les deux sont pourtant intimement liés ». C’est en effet un cercle vicieux :  la sécheresse favorise les feux de forêts qui libèrent du CO2 dans l’atmosphère et amplifient à leur tour le réchauffement climatique. « Des politiques de réduction des émissions ambitieuses permettent de protéger la biodiversité et les contributions apportées par la nature permettent d’atténuer le changement climatique », résume le professeur Hans-Otto Pörtner, co-président du comité scientifique.

Des compromis

Ces deux défis doivent d’autant plus être pensés en synergie que des actions ciblées pour lutter contre le changement climatique peuvent nuire à la nature et vice-versa. Par exemple, la compensation carbone,  stratégie largement prisée par les entreprises qui consiste à planter des arbres pour absorber les émissions, peut favoriser le remplacement de forêts d’espèces diverses par une monoculture plus fragile. « Les forêts de plantation peuvent être un vrai désastre et sont extrêmement vulnérables à la sécheresse ou aux parasites », a ainsi alerté lors d’un point presse Camille Parmesan, de l’université britannique de Plymouth, une des experts du rapport. Le développement de certaines énergies renouvelables peut quant à elle entraîner l‘exploitation de métaux rares, dont les conséquences sont parfois catastrophiques pour l’environnement.

Les solutions existent

« Heureusement, beaucoup de solutions existent », détaille le biologiste Peter Smith. « La première chose à faire est d’abord de préserver nos écosystèmes », et notamment ceux qui sont riches en carbone et en biodiversité comme les forêts, les zones humides ou les mangroves. Le rapport souligne que la réduction de la déforestation et de la dégradation des forêts peut à elle seule contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine de 0,4 à 5,8 gigatonnes d’équivalent en dioxyde de carbone chaque année. Une contribution non négligeable : en 2019, 43,1 gigatonnes de CO2 ont été émis dans le monde.

La seconde action fondée sur la nature la plus efficace et la moins chère pour atténuer le changement climatique consiste à restaurer les écosystèmes dégradés, détaillent les experts. Et le temps presse : selon le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (Pnue), depuis le début de la civilisation, le monde a perdu la moitié de ses forêts et de ses récifs coralliens et 70 % de ses zones humides. La stratégie est particulièrement encouragée par l’ONU, qui a lancé le 5 juin, la Décennie de la restauration des écosystèmes.

L’article de Novethic est ici.

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Droit de l’environnement : des magistrats créent une association pour combler le manque de formation

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 10/06/2021.

Complexe, diffus, tentaculaire… Le droit de l’environnement est connu pour être particulièrement ardu. Et pourtant, c’est l’un des grands absents des bancs de l’université. À l’heure où les procès pour le climat explosent, des magistrats ont lancé le 5 juin l’Association française des magistrats pour le droit de l’environnement et le droit de la santé environnementale (AFME) pour améliorer les connaissances et être force de propositions auprès des décideurs.

Le droit de l’environnement est complexe : il trouve ses racines dans environ 500 conventions internationales.
@audioundwerbung / Istock

Le nombre de procès climatiques a augmenté de 75 % ces trois dernières années. Mais la formation des magistrats n’a pas anticipé cette explosion : le droit de l’environnement, discipline récente née dans les années 70, peine encore aujourd’hui à être intégré dans le cursus universitaire des étudiants. Pour pallier ce manque, une poignée de magistrats a créé le 5 juin l’Association française des magistrats pour le droit de l’environnement et le droit de la santé environnementale (AFME).

L’objectif est de faciliter les échanges entre les professionnels et l’apport d’une expertise. L’association se pense avant tout comme une société savante. « Notre statut ne nous donne pas le droit de donner un avis juridique à une association ou une entreprise par exemple, même à titre gratuit, détaille Jean-Philippe Rivaud, président de l’AFME et substitut général près de la cour d’appel de Paris. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne va pas engager des discussions. L’idée est de réfléchir sur les problématiques pour améliorer les connaissances communes, échanger avec les ministères, les parlementaires, être force de propositions auprès des décideurs et développer la coopération à l’échelle internationale. »

Besoin de lisibilité

Le succès de l’association est révélateur d’une demande bien présente. « Nous avons été surpris, environ 200 magistrats sont déjà membres, c’est énorme à l’échelle de l’institution », affirme le président. Le projet est né d’une discussion en ligne lancée en 2010, qui a connu un succès grandissant ces deux dernières années. « On sait bien que dans la magistrature judiciaire, le droit de l’environnement n’est pas connu. Certains magistrats ont rejoint l’association en nous disant qu’ils n’y connaissaient rien », détaille le Jean-Philippe Rivaud. Y compris chez les plus jeunes, le manque de formation est criant : « Aujourd’hui, la majorité des étudiants en droit à l’Université n’ont pas de cours sur l’environnement « . Une carence que tente de combler l’École Nationale de la Magistrature (ENM), qui propose depuis deux ans des formations sur la justice et l’environnement ou le droit animal.

D’autant plus que le droit de l’environnement est particulièrement ardu. D’abord parce qu’il est diffus. « En France, il trouve ses sources dans environ 500 conventions internationales. Le code pénal de l’environnement est présent dans 15 codes différents, comme le code rural, le code forestier… Il est complètement illisible en pratique », déplore le président de l’association.

Ensuite, parce qu’il repose sur la science. « C’est une particularité du droit de l’environnement. Il faut guider scientifiquement nos réflexions pour proposer des solutions exécutables et efficaces, et comprendre les enjeux de sujets aussi divers que la biologie marine, les perturbateurs endocriniens ou la disparition d’une espèce », ajoute Jean-Philippe Rivaud. C’est pourquoi l’association entend intégrer un conseil scientifique avec des experts reconnus dans des disciplines variées, comme la médecine, les sciences du climat ou la biologie. De son côté, le gouvernement travaille à la création d’un défenseur de l’environnement, sur le modèle du défenseur des droits, chargé de veiller et conseiller sur le respect de la législation.

L’article de Novethic est ici.

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Devoir de vigilance : les entreprises sont de plus en plus poursuivies en justice par des ONG

Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 09/06/2021.

La France a été le premier pays de l’Union européenne à se doter d’une loi sur le devoir de vigilance obligeant les multinationales à prendre en compte leurs impacts environnementaux et sociaux sur l’ensemble de leurs chaînes de valeur. Deux ans après, onze procédures ont été lancées contre Casino, Total ou Suez, marquant une « judiciarisation de la RSE ». Une démarche qui inspire au niveau européen. 

En mars dernier, Casino a été assigné en justice sur la base de son devoir de vigilance pour son implication dans la déforestation en Amazonie. @Greenpeace

C’était il y a quatre ans. La France, pionnière en la matière, adoptait une loi obligeant les entreprises à prévenir les risques sociaux, environnementaux et de gouvernance liée à leurs chaînes de sous-traitance. Après deux ans de rodage, le temps du contentieux est venu. Depuis 2019, le cabinet De Gaulle Fleurance et Associés comptabilise 11 procédures fondées sur le devoir de vigilance. « Il y a une vraie montée en puissance. On n’est pas sur une loi cosmétique », plaide Pierrick Le Goff, principal auteur du rapport publié fin mai par le cabinet d’avocats.

La dernière affaire date du 7 juin. Quatre organisations, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont assigné Suez en se reposant sur le devoir de vigilance. Les ONG lui reprochent de ne pas avoir mis en place de mesures préventives et correctives suffisantes pour prévenir des fuites de pétrole dans une usine d’eau potable alimentant plus de 140 000 personnes dans la ville d’Osorno au Chili.

Le 3 mars dernier, pour la première fois, c’est une chaîne de supermarché, Casino, qui a été assignée. Les ONG, dont Notre Affaire à tous et Sherpa, estiment que ses ventes de produits à base de viande bovine d’Amérique du sud participent à la déforestation et à l’accaparement de terres des autochtones.

Un virage culturel

« Il y a une judiciarisation de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) », croient Sébastien Mabile et François de Cambiaie, les deux avocats qui sont en charge du dossier qui oppose un collectif d’associations et de collectivités à Total. « Aujourd’hui, la RSE ce n’est plus de belles paroles sans engagements, il y a une responsabilisation des entreprises et le contentieux fait partie de la palette mise à disposition pour faire bouger les lignes », ajoutent-ils.

Si la crainte d’un contentieux pousse les entreprises à élaborer un devoir de vigilance, ce dispositif, associé à la loi Pacte, marque un « tournant culturel », selon l’avocat Pierrick Le Goff. « C’est comme la ceinture de sécurité. Au début, lorsque l’obligation est apparue, on la mettait pour éviter une amende. Maintenant on s’attache pour se protéger. Pour le devoir de vigilance, même si la loi a provoqué le mouvement, elle est aujourd’hui entrée dans les mœurs de l’entreprise », décrypte Pierrick Le Goff.

Une inspiration pour l’Union européenne

Reste encore à améliorer le dispositif. Aujourd’hui, la loi « qui tient sur une page A4 » ne précise pas les juridictions compétentes. La solution serait probablement de désigner des tribunaux judiciaires dédiés pour traiter des litiges concernant le devoir de vigilance. En attendant une possible amélioration, c’est sur le front européen que les lignes bougent. Inspirée par la France, la zone voudrait calquer le dispositif à son échelle.

Le 10 mars dernier le Parlement européen a d’ailleurs adopté un texte ambitieux sur la question afin de guider la Commission. Celle-ci devrait proposer de nouvelles règles d’ici la fin de l’année. Le Parlement voudrait même interdire l’importation de produits fabriqués au mépris des droits humains comme des vêtements issus des camps de travail ouighours. « La proposition européenne d’un devoir de vigilance est un élément de réponse à la catastrophe environnementale et sociale engendrée par l’avidité des entreprises multinationales », tacle dans une tribune publiée dans le Monde l’eurodéputée et porte-parole d’Oxfam Manon Aubry.

L’article de Novethic est ici.

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Les géants Bayer et Nufarm attaqués en justice par la Ligue de protection des oiseaux

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 06/06/2021.

Si les néonicotinoïdes sont réputés pour être des « tueurs d’abeilles », leur effet toxique sur les oiseaux est cependant moins connu. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a porté plainte le 25 mai contre Bayer et Nufarm, pour faire reconnaître le rôle des géants de l’agrochimie dans le déclin de 30 % de l’avifaune dans les espaces agricoles en France. La ligue espère faire cesser la commercialisation des produits concernés et obtenir réparation.

En France, la population de Bruants jaunes a chuté de 33 % entre 2004 et 2017.
@TheOtherKev / Pixabay

Un tiers. C’est la proportion colossale d’oiseaux qui a disparu des champs de l’Hexagone ces deux dernières décennies. La ligue de protection des oiseaux (LPO) n’entend pas laisser les campagnes sombrer dans le silence. Aux côtés du Fonds de dotation et association « Intérêt à Agir », la Ligue a attaqué en justice Bayer et Nufarm, les deux plus gros producteurs en France d’imidaclopride, le néonicotinoïde le plus utilisé dans l’agriculture depuis les années 1990. Quatre sociétés importatrices de l’insecticide sont également visées. La LPO accuse les géants de l’agrochimie d’être en partie responsable « du déclin des populations d’oiseaux des milieux agricoles ».

La LPO souhaite faire reconnaître la responsabilité des géants de l’agrochimie pour obtenir réparation. Elle demande au Tribunal de « faire cesser immédiatement toute commercialisation de produits contenant de l’imidaclopride ». La demande vise notamment l’adoption de la loi de décembre 2020, permettant de déroger à l’interdiction d’utilisation en vigueur depuis 2018, en cas de danger sanitaire pour les betteraves sucrières, suite à l’épisode de jaunisse qui avait dévasté les cultures françaises.

« Les néonicotinoïdes symbolisent un modèle agricole productiviste qui a conduit nos paysans dans une impasse économique et fait disparaître les oiseaux de nos campagnes [ …], détaille le président de la LPO, Allain Bougrain Dubourg, dans un communiqué. Les responsables de ce désastre doivent rendre des comptes. »

« Une hécatombe »

L’imidaclopride a deux effets sur les oiseaux. Le premier est direct : l’ingestion de graines enrobées de la substance intoxique les animaux. « Six graines suffisent à tuer instantanément une Perdrix grise », alerte l’association dans un communiqué. Le second est indirect : avec le déclin des insectes induit par le recours aux néonicotinoïdes, les oiseaux peinent à se nourrir et à alimenter les oisillons.

Sur l’ensemble du territoire, les populations d’oiseaux des villes et des champs s’effondrent. Le 31 mai, la LPO, aux côtés du Muséum national d’histoire naturel (MNHN) et l’Office français de la biodiversité (OFB) alertaient sur le phénomène. « 36 % des espèces évaluées sont en déclin », détaillait Caroline Moussy, de la Ligue. Dans le milieu agricole, « c’est une hécatombe », estimait Benoit Fontaine, scientifique au MNHN, qui pointe du doigt l’intensification de l’agriculture, les grandes parcelles et la disparition des haies, la mécanisation, et l’usage de pesticides, « en particulier les néonicotinoïdes ». Début mai, l’Union européenne a définitivement interdit trois insecticides néonicotinoïdes, dont l’imidaclopride.

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[Bonne Nouvelle] Le G7 s’engage à cesser de subventionner les centrales à charbon dès cette année

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 30/05/2021.

L’ère de la plus polluante des énergies fossiles semble toucher à sa fin. Les pays du G7 ont déclaré le 21 mai, vouloir cesser de financer les centrales à charbon dès cette année pour aller vers une électricité décarbonée « autant que possible » à l’horizon 2030. Un premier pas, alors que le G7 s’est engagé en 2016 à mettre fin aux subventions de toutes les énergies fossiles d’ici 2025.

La centrale à charbon EDF de Cordemais.

L’avenir du charbon n’a pas bonne mine. Les ministres de l’Environnement des pays du G7, réunis le 21 mai en visioconférence ont annoncé vouloir mettre fin aux aides publiques destinées aux centrales à charbon fin 2021, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Le charbon est la plus polluante des énergies fossiles. L’accord entre ces pays industrialisés, qui rassemble l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, le France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni est un premier pas : en 2016, les pays du G7 se sont engagés à mettre fin aux subventions de toutes les énergies fossiles d’ici 2025.

« Le G7 convient que tout nouvel investissement dans la production d’électricité à partir du charbon dans le monde doit cesser maintenant, car il n’est pas compatible avec l’objectif » de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici la fin du siècle, précise le communiqué. Pour la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze, il s’agit « d’un pas en avant important car ce n’est qu’ainsi que nous, pays industrialisés, pouvons exiger de manière crédible que d’autres nous suivent dans cette voie ». Le charbon est la deuxième énergie la plus consommée dans le monde, et au premier rang pour la production d’électricité.

Atteindre la neutralité carbone avant 2050

Parallèlement, les pays du G7 se sont engagés à recourir à un approvisionnement en électricité « décarboné autant que possible dans le courant des années 2030 », c’est-à-dire sans charbon, pétrole ou gaz. Les ministres souhaitent également que leurs pays atteignent la neutralité climatique « au plus tard en 2050 ». L’Allemagne a récemment relevé ses objectifs climatiques pour y parvenir dès 2045.

Le Royaume-Uni, qui préside actuellement le G7, entend lui aussi montrer l’exemple. Fin avril, le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré que la Grande-Bretagne réduirait de 78% ses émissions de carbone d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 1990. Le pays organisera la conférence sur le climat COP26  en novembre à Glasgow. Initialement prévu pour novembre 2020 et repoussé à cause du Covid, ce sommet qui réunira des dirigeants issus de 196 pays, interviendra, selon ses organisateurs, alors que le monde se trouve à « un moment critique » et constituera « un dernier espoir » dans la lutte pour préserver le climat.

L’article de Novethic est ici.

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Les pisseurs de glyphosate publient des résultats alarmants

Un article de Reporterre, par Julie Lallouët-Geffroy, le 03/06/2021.

Les tout premiers résultats de la Campagne Glyphosate sont alarmants : près de 7 000 personnes ont participé à l’action débutée en 2018 en urinant dans un bocal. Et 99,7 % d’entre eux présentent des traces importantes de cet herbicide dangereux.

Youn Ar Guen, l’un des Pisseurs involontaires de glyphosate, lors d’une campagne à Saint-Brieuc en 2018.
© Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre

Installer des paravents pour que les participants puissent se déshabiller sereinement, accueillir l’huissier de justice, émarger, étiqueter, faire chauffer les tubes pleins d’urine et sceller le tout. On est loin des banderoles et des slogans des actions habituelles. Pendant deux ans, les militants engagés dans la Campagne Glyphosate France ont organisé des collectes d’urine pour détecter les résidus de la molécule du glyphosate. Ce produit herbicide dangereux pour la santé et l’environnement reste autorisé, malgré les promesses d’Emmanuel Macron. Les premiers résultats de la campagne, qui viennent d’être publiés, sont alarmants : 99,7 % des 6 796 participants [1] présentent des traces de cet herbicide dans leurs urines.

En moyenne, 1,17 nanogramme de glyphosate par millilitre (ng/ml) a été retrouvé sur ces personnes âgées de 6 mois à 94 ans, «soit un taux près de douze fois supérieur à la norme [européenne] de qualité de l’eau qui est de 0,1 ng/ml». Le plus fort taux atteint même 7,01 ng/ml. Des chiffres édifiants, à la hauteur de cette campagne de longue haleine.

De juin 2018 à janvier 2020, ces 6 796 participants sont arrivés à 6 heures du matin un samedi, à jeun, pour passer aux toilettes et effectuer un prélèvement. « C’était un moment surréaliste, sourit Jérôme Niay, ingénieur en agroalimentaire qui a orchestré la pisserie de Rennes en juin 2019. Vivre ensemble ce moment incongru et ensuite partager le petit-déjeuner, cela crée des liens forts et durables. » Toutes les personnes qui sont venues ce samedi matin de 2019 se sont revues cinq mois plus tard pour déposer d’un bloc leur plainte au tribunal de Rennes. « Maintenant, on attend le procès, qui n’est pas encore prévu. » Il faudra en effet être patient, probablement compter des années. « Avec mon travail, dit l’ingénieur en agroalimentaire, j’ai l’habitude de travailler sur des dossiers pendant trois ou cinq ans, la durée de la campagne ne me faisait pas peur. »

« Tout le monde était imprégné de glyphosate »

En Bretagne, une association dédiée aux collectes d’urine a été créée : les Pisseurs involontaires de glyphosate, les Pig, allusion aux nombreux élevages porcins de la région. Ensuite, chaque territoire a pu créer sa propre association pour gérer les flux d’argent. Chaque participant a déboursé 90 euros pour l’analyse d’urine, 135 avec le dépôt de plainte.

Patrick Chatelet, par exemple, a ainsi pu organiser une collecte dans la salle polyvalente de Dolo, dans la campagne des Côtes-d’Armor : « Les gens te donnent de l’argent et attendent des résultats concrets. Il fallait assurer. »

Patrick Chatelet attend beaucoup du futur procès pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement. © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre

Au moment de prendre sa retraite en 2018, Patrick s’est installé à Plédéliac, près de Lamballe. Déjà engagé à Greenpeace lorsqu’il vivait à Dunkerque, où il était « plus impliqué dans les actions que dans le suivi des dossiers », il a voulu rendre utile son temps disponible : « Je ne voulais pas rester inactif. » Un ami lui a parlé de la pisserie de Pontivy, la première de Bretagne en février 2019, qui a servi de test et formé les référents locaux sur le protocole à suivre. « Je pensais y aller pour prendre des infos et les transmettre ensuite à quelqu’un d’autre. » Finalement, Patrick s’est impliqué plus que prévu, « ça m’a bien pris la tête », sourit-il.

Pas très loin de chez lui, Laëtitia Rouxel, elle, s’est chargée de mettre en place une collecte à Dinan, en juin 2019. « C’était stressant, il y avait un huissier, il fallait bien respecter le protocole. » Peu de temps après, les résultats d’analyse sont arrivés et il a fallu les envoyer aux participants. « Pour notre collecte à Dinan, le taux de glyphosate allait de 0,50 à 2,50 ng/ml d’urine », se souvient Laëtitia. Encore bien au-dessus du seuil de 0,1 ng/ml autorisé pour les résidus toxiques agricoles dans l’eau potable. « C’est un jeune homme de 15 ans qui a eu le taux de 2,50 ng/ml. Ça l’a bousculé, il était en colère. Moi, j’ai failli faire tester ma fille qui avait 2 ans et demi à l’époque. J’ai renoncé, j’avais peur que ça me secoue trop. »

Et puis il y a eu les dépôts de plainte : « On est allés au tribunal de Saint-Malo presqu’un an après, c’était long, mais ce sont des étapes qui structurent le groupe. »

Habituée aux pétitions, manifestations et actions spectaculaires, Laëtitia a eu vent de la Campagne Glyphosate en voyant une affiche dans les toilettes d’un salon bio. Le lieu idéal pour faire la promotion des pisseries. « J’ai trouvé que c’était une super idée, qu’aller en justice pouvait être efficace. » Elle espère que « cette future action judiciaire aura l’effet d’un bulldozer ».

Les Pisseurs involontaires de glyphosate affichant la concentration de l’herbicide présente dans leurs urines, en 2018. © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre

À Rennes, Jérôme Niay en est également convaincu : « En allant sur le terrain juridique, on enlève le caractère émotionnel de la contamination. On pose les éléments du débat avec des faits objectifs et scientifiques. » Patrick Chatelet, de Plédéliac, espère aussi beaucoup du procès dont la date se fait attendre. Tout comme Isabelle Georges, qui s’occupe de la coordination à l’échelle de la Bretagne. Pour elle, cette action judiciaire « est du concret. On provoque le changement, on ne le réclame pas ». Durant deux ans, elle a passé des soirées à composer une carte recensant les pisseurs bretons, avec « un point par personne ». Un travail minutieux « qui permet de se rendre compte qu’on est loin d’être seul ». De se rendre compte, aussi, de l’ampleur du problème : « Nous avons démontré que tout le monde était imprégné de glyphosate. On le voit dans les urines. »

Près de 5 000 plaintes déposées

En Bretagne, 26 pisseries ont été organisées depuis 2018, 800 prélèvements effectués et 708 plaintes déposées. En France, 175 pisseries ont été mises en place dans 63 départements, 6 848 prélèvements d’urine ont été effectués (dont 6 796 ont pu être analysés) et près de 5 000 plaintes déposées. 800 autres sont encore à déposer avant d’engager tous ensemble le procès.

Et pourtant, les 6 796 pisseurs, dont l’âge moyen est de 51 ans, ne sont pas représentatifs de la population française. La plupart d’entre eux vivent en zone rurale, font du sport, fument peu et 20 % se déclarent végétariens. La moitié de la cohorte mange largement bio, et lorsqu’elle consomme de la bière, du vin ou un jus de fruits, il est bio plus de la moitié du temps. « Il est à craindre que les résultats sur l’ensemble de la population française soient beaucoup plus inquiétants », s’interroge ainsi la Campagne Glyphosate dans son rapport.

L’article de Reporterre est ici.

[1] Au total, 6 848 personnes ont effectué un prélèvement, mais 52 d’entre eux n’ont pas pu être utilisés et analysés.

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« C’est qui le patron » : avec l’explosion des ventes, le modèle de la marque des consommateurs est devenue une référence

Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 28/05/2021.

« C’est qui le patron » a franchi la barre des 100 millions de briques de lait vendues chez Carrefour. Le seuil est symbolique mais il indique combien la marque, qui rémunère au juste prix les producteurs, est devenue incontournable en seulement quatre ans. Prise en exemple par Emmanuel Macron pour sortir de la crise agricole, elle s’exporte désormais en Grèce, en Espagne, au Maroc… et infuse lentement la grande distribution.

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La marque des consommateurs a vendu sa cent millionième brique de lait chez Carrefour la semaine dernière. C’est qui le patron

C’était en 2016. Face à la détresse des paysans, au revenu faible, au surendettement, à un taux de suicide élevé, des consommateurs engagés décident de créer la marque « C’est qui le patron ». Le but : améliorer la rémunération des producteurs en payant quelques centimes de plus sa bouteille de lait. Quatre ans et demi plus tard, le succès est là. La marque a ainsi vendu chez son distributeur Carrefour 100 millions de bouteilles de lait. Au total, c’est plus de 220 millions de litres de lait qui ont été écoulés. « Nous sommes fiers d’avoir été la première enseigne à soutenir cette démarche vertueuse pour nos clients et les producteurs français », a réagi le distributeur.

« C’est qui le patron » est devenue une valeur sûre. Marque alimentaire qui progresse le plus en France depuis deux ans, elle enregistre, sur le lait et le beurre bio les plus « fortes ventes de l’histoire de l’agroalimentaire pour une nouvelle marque », s’enorgueillit la coopérative qui a décidé, depuis la crise sanitaire et l’explosion de ses ventes, de reverser la totalité de ces bénéfices de 2021 aux producteurs et personnes en difficulté. « Qu’une marque sans commerciaux ni publicité arrive à ce niveau, c’est tout un symbole », se félicite le fondateur de C’est qui le patron, Nicolas Chabanne, « C’est un rêve éveillé ».

La marque C’est qui le patron s’exporte

Et ce modèle exemplaire, recette miracle à la crise du monde agricole, se multiplie à l’étranger. Près d’une dizaine de pays l’ont déjà adopté, sous des formes variées. Grèce, Maroc, Espagne… une cinquantaine de produits ont été créés sur le principe des votes collectifs commencés en France. Chez « C’est qui le patron » ce sont en effet les consommateurs sociétaires qui votent le cahier des charges d’un produit (bio, sans OGM, local…) et son prix. Un modèle qui est devenu une référence pour le Président de la République.

C’est d’ailleurs en s’inspirant de cette démarche qu’Emmanuel Macron a fait voter une loi à l’issue des États généraux de l’alimentation (Egalim) visant à inverser la construction du prix. Les producteurs doivent ainsi soumettre un prix aux distributeurs et industriels à partir des coûts de production agricole, et non l’inverse. Mais malgré cette tentative de rééquilibrage des forces, le compte n’y est pas. « La loi Egalim n’est pas allée au bout des choses », a reconnu Julien Denormandie, auprès de Public Sénat. Le ministre de l’Agriculture a promis des aménagements et plus de fermeté face à la guerre des prix qui ruine les producteurs. En attendant, les initiatives se multiplient pour tenter de dégager davantage de revenus pour les producteurs.

Un label équitable face à la détresse du monde agricole

Certaines marques ont ainsi calqué le modèle de C’est qui le patron. L’enseigne Intermarché a ainsi lancé la marque citoyenne « Les éleveurs vous disent merci » en 2018 et a reversé 4,6 millions d’euros à leurs producteurs depuis. Même démarche pour Candia avec « Les laitiers responsables ». Une concurrence vue d’un bon œil par Nicolas Chabanne. En février dernier, C’est qui le patron a d’ailleurs accepté de partager les cahiers des charges de ses produits à la grande distribution et aux marques indépendantes pour permettre aux acteurs de l’agroalimentaire de suivre ce chemin. « C’est un succès qui profite aux producteurs, c’est tout ce qui compte », avance Nicolas Chabanne.

La situation de paysans français est telle que le label équitable Max Halevaar, fondé pour soutenir les producteurs vulnérables d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie va étendre son dispositif de certification à la France car « la détresse des agriculteurs n’est plus seulement la réalité des autres ». Les filières lait et blé sont les premières à être labellisées.

L’article de Novethic est ici.

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La Vendée entend planter un million d’arbres dans le cadre de son plan biodiversité et climat

Un article de Novethic, par  Pauline Fricot, le 23/05/2021.

La Vendée voit les choses en grand : dans le cadre de son plan Climat et biodiversité, le département entend planter plus d’un million d’arbres. Les agriculteurs seront invités à prendre part au projet. Si le projet doit permettre de protéger la faune et la flore locale, l’objectif est aussi de capter 5 550 tonnes de carbone chaque année.

Plantations dans la commune de Le Poiré sur vie. @Conseil départemental de Vendée

Ils sont les premiers arbres qui cachent la forêt. Le 22 mars, près de 4 500 jeunes pousses ont été mises en terre dans la commune vendéenne d’Essarts-en-Bocage. Et ce n’est qu’un début : quelque 300 000 arbres devraient prochainement recouvrir la parcelle de 1 500 m2. Le projet s’inscrit au cœur du plan Biodiversité et climat adopté par le département en septembre 2020. L’objectif est ambitieux : il envisage de planter 1,1 million d’arbres d’ici à 2023.

L’une des priorités du projet est de préserver la faune et la flore locale. Les essences ont été choisies avec soin. Chaque zone géographique, du Marais breton au Marais poitevin, en passant par les bocages et les littoraux, recevra des plantations d’arbres et d’arbustes spécifiques à son milieu naturel. « Chêne, érable, charme, châtaignier, cormier, prunellier, prunier, noisetier, sureau, frêne, merisier, orme, tilleul, genet, fusain ou encore houx : le département a fait le choix d’y planter exclusivement des essences locales », a indiqué le président du conseil départemental de la Vendée, Yves Auvinet, à Ouest-France.

Capter du carbone

Les agriculteurs seront invités à prendre part au projet. Environ 200 000 arbres et bosquets seront plantés à partir de cet automne en lien avec les exploitants volontaires pour améliorer le bien-être des animaux et bénéficier du travail des insectes pollinisateurs. Dans ce cadre, les agriculteurs bénéficieront d’une aide financière pour les travaux et l’achat des plants. Mais l’objectif est aussi de capter du carbone. Selon le conseil départemental, le projet permettrait de stocker chaque année « entre 3 300 et 5 550 tonnes de CO2 ».

Le Plan Vendée Biodiversité et climat entend également développer la transition énergétique du département en créant 55 000 m2 de panneaux solaires et sensibiliser 25 000 jeunes par an à la biodiversité, et réduire la consommation. « C’est un plan ambitieux pour notre territoire et qui s’étend sur trois ans avec 62 solutions concrètes et opérationnelles en faveur de la transition écologique, environnementale et énergétique », explique le Département, qui s’est donné les moyens de sa réussite : 50 millions d’euros seront investis sur trois ans.

L’article de Novethic est ici.

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Le Parlement européen veut revoir la responsabilité environnementale des entreprises

Un article de Euronews, le 20/05/2021.

Mieux définir les crimes contre l’environnement et engager les entreprises à davantage de responsabilité climatique. C’est le sens de l’initiative adoptée jeudi par le Parlement européen. Les eurodéputés souhaitent pouvoir poursuivre les responsables de délits environnementaux qui représentent la 4e activité criminelle la plus profitable au monde.

water pollution in river.

« Écocide », du grec « oîkos », maison et du latin « cide », tuer, signifie littéralement « détruire notre maison » @Toa55/Istock

« On pourrait poursuivre les personnes responsables ou les entreprises devant une cour pénale pour qu’ils soient punis comme aux États-Unis », suggère le rapporteur du texte dans l’hémicycle Antonius Manders (PPE).

Pour les Verts il est nécessaire de reconnaître les crimes d’écocide, autrement dit les atteintes les plus graves contre la planète comme les marées noires ou les catastrophes nucléaires. Cette reconnaissance permettrait de changer la donne politique et juridique explique Marie Toussaint.

L’eurodéputée écologiste précise que le but n’est pas de punir les sociétés et leurs responsables. Mais « quand on parle de gouvernance des entreprises on voit bien que l’intérêt économique de court terme dirige toujours l’action des dirigeants d’entreprise qui sont sous pression par exemple de leurs actionnaires. Et bien, si on met en place des règles pénales les actionnaires n’auront plus de moyen de faire pression sur les dirigeants de Total, d’Esso, de Shell pour qu’ils continuent à exploiter des énergies fossiles de sorte à mettre en danger le vivant », insiste l’élue française.

Cette initiative ne fait que refléter la position du Parlement européen. C’est désormais aux députés de faire vivre ce texte pour convaincre la Commission européenne et les États membres.

L’article et la vidéo d’Euronews sont ici.

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La voie du procès est de plus en plus plébiscitée par les militants climatiques qui multiplient les succès

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 25/05/2021.

Depuis l’emblématique procès Urgenda aux Pays-Bas en 2015, qui a contraint le gouvernement néerlandais à rehausser ses ambitions climatiques, les procès environnementaux se multiplient partout dans le monde, et obtiennent de plus en plus gain de cause. Début mai l’Allemagne a par exemple revu ses objectifs climat en un temps record suite à sa condamnation.

Entre 2017 et 2020, le nombre de procès climatique a augmenté de 75% à travers le monde. @CC0

Les tribunaux sont-ils aujourd’hui le lieu le plus efficace pour adresser les différends climatiques ? L’Allemagne en est le dernier exemple en date. Fin avril, la Cour constitutionnelle donnait raison aux quatre associations environnementales qui accusaient le pays de ne pas assez agir pour le climat et a enjoint l’État à revoir ses ambitions à la hausse d’ici 2022. Contre toute attente, le gouvernement allemand a réagi dans la foulée. Une semaine plus tard, il annonçait de nouveaux objectifs : une réduction de 65 % des gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990, contre 55% auparavant.

Et ce n’est pas la première attaque en justice à obtenir gain de cause. Depuis l’emblématique procès de la fondation Urgenda aux Pays-Bas en 2015, qui avait obtenu du gouvernement néerlandais qu’il réduise ses émissions de gaz à effets de serre, les plaintes se multiplient. Un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) estime que le nombre de procès climatiques a augmenté de 75 % entre 2017 et 2020.

En juillet 2020, environ 1 550 procès dans 38 pays étaient ouverts à travers le monde. Début février 2021, c’était au tour de la France d’être jugée responsable d’avoir échoué à remplir ses objectifs dans le cadre du procès mené par l’Affaire du Siècle. Et la justice pourrait également imposer à l’Hexagone de rehausser ses ambitions d’ici l’automne. « Il y a de plus en plus de procès climatiques mais ils obtiennent aussi de plus en plus de victoires, de plus en plus de succès », résume Marie Toussaint, eurodéputée, qui a contribué au lancement de l’Affaire du siècle.

Des mobilisations essentielles

Ces succès sont d’abord une conséquence de la préoccupation grandissante de la société civile pour les questions environnementales, et leur médiatisation. « La réussite de ces procès n’est possible que grâce à la mobilisation importante qu’il existe derrière, ajoute l’eurodéputée.  Je pense notamment aux marches pour le climat, ou dernièrement, en 2018, aux étudiants des grandes écoles qui ont signé un appel à ne plus travailler dans les entreprises les plus polluantes. Dans le cas de l’Allemagne, l’émergence des Verts sur la scène politique a également joué un rôle ». À moins de quatre mois des élections pour la chancellerie, les écologistes obtiennent plus d’un quart des intentions de vote et devancent la CDU, le parti de la chancelière sortante Angela Merkel.

S’ils sont déjà en train de se multiplier, les procès climatiques pourraient aussi avoir à l’avenir encore davantage d’impact. « Aujourd’hui, les injonctions des tribunaux à agir ne sont souvent pas très précises, mais elles le seront de plus en plus », explique Marie Toussaint. Actuellement, les juges se prononcent souvent sur une obligation de résultat : il enjoint un objectif précis à un État sans dicter la façon d’y parvenir. Une obligation de moyens permettrait d’aller plus loin, en obligeant le gouvernement à adopter des moyens précis et obligatoires qui engageraient directement la responsabilité des gouvernements.

L’article de Novethic est ici.