Bayer croule sous les menaces judiciaires liées au Roundup de Monsanto

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 29/11/2019.

Le géant de l’agrochimie Bayer, qui a avalé Monsanto en 2018, a aujourd’hui du mal à digérer le géant des OGM. 42 700 plaintes liées au Roundup visent le mastodonte aux États-Unis et le risque financier est estimé entre 15 et 20 milliards de dollars. À la dernière Assemblée générale, les actionnaires du groupe ont même désavoué la direction. Elle doit aujourd’hui montrer patte blanche pour se réveiller d’un cauchemar qui s’annonce de plus en plus sombre.

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En trois mois, le nombre de plaintes visant Bayer liées au Roundup de Monsanto a plus que doublé.

Le rachat de Monsanto par Bayer était-il une erreur ? À voir l’explosion de procédures le visant, on pourrait le penser. Fin juillet, le mastodonte allemand Bayer faisait face à 18 000 plaintes aux États-Unis concernant le Roundup, l’herbicide phare de Monsanto. Près de trois mois plus tard, le nombre de plaintes a plus que doublé. Dans un communiqué du 30 octobre, Bayer fait état de 42 700 plaintes concernant le glyphosate.

« Le nombre de poursuites ne nous dit rien de leur recevabilité »

« Nous nous attendions à une augmentation considérable du nombre de cas », a avancé Werner Baumann, directeur général de Bayer, « Cependant, le nombre de poursuites ne nous dit rien de leur recevabilité », a-t-il tempéré. Par trois fois Bayer a été condamné à indemniser les plaignants. Si les amendes ont parfois atteint des records avec deux milliards d’euros de dommages et intérêts prononcés par un juge californien notamment, elles ont largement été revues à la baisse en appel. Mais dans les trois affaires, les jurys ont établi un lien entre le glyphosate et les cancers des plaignants. Un point essentiel qui donne de l’espoir aux nombreux requérants.

Les avocats ont sorti l’artillerie lourde pour les convaincre. Selon Bayer, l’avalanche de plaintes résulte de la stratégie offensive d’avocats spécialisés dans les class action (actions judiciaires collectives) qui auraient dépensé 50 millions de dollars en annonces télévisuelles au cours des trois derniers mois pour attirer les plaignants. Malgré les tensions, la société allemande a dû montrer patte blanche car elle a engagé un processus de médiation demandé par la justice américaine. Il faut dire que le PDG, Werner Baumann, n’a pas vraiment le choix.

Les actionnaires désavouent la stratégie du PDG

L’homme, qui a porté le rachat de Monsanto, est affaibli depuis la dernière Assemblée générale du groupe lors de laquelle les actionnaires n’ont pas donné le quitus à la direction (à 55%). Depuis la fusion avec le géant américain, le cours de l’action de Bayer s’est effondré et sa capitalisation boursière a fondu de moitié pour atteindre environ 52 milliards d’euros, soit moins que les 54 milliards d’euros mis sur la table pour le rachat de Monsanto. « Dans une entreprise normale, le PDG et le président du conseil de surveillance seraient partis depuis longtemps », a taclé un actionnaire cité dans Financial Times.

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Le glyphosate, principal composant du Roundup, est classé « cancérogène probable pour l’homme » par l’OMS.

C’est toute la stratégie de Bayer qui est remise en question. Le président du conseil de surveillance, Werner Wenning « pensait que Monsanto rendrait Bayer inaccessible », explique un banquier au quotidien britannique, « L’ironie, c’est qu’elle l’a rendue plus vulnérable et que les poursuites judiciaires américaines sont maintenant une potentielle « pilule empoisonnée ». En juillet, alors que le nombre de plaintes atteignait le seuil des 18 000 procédures, un cabinet d’expertise avait évalué la facture entre 15 et 20 milliards de dollars. Des chiffres qui demandent à être fiabilisés mais qui donnent tout de même une estimation de l’ampleur de l’impact pour le groupe.

L’article de Novethic est ici.

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Une commission indépendante met en garde contre une famille de fongicides

France Info  Un article de Franceinfo, par Etienne Monin, le 19/11/2019.

Ces produits, très utilisés dans l’agriculture ou pour traiter les pelouses de certains stades, pourraient être dangereux pour l’homme.

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Les fongicides largement utilisés dans l’agriculture sont pointés du doigt par la Commission nationale Déontologie et Alertes en santé publique et environnement. (Sébastien Jarry / MAXPPP)

La Commission nationale déontologie et alertes en santé publique et environnement (Daspe) a émis mardi 19 novembre, une alerte au sujet d’une famille de fongicides utilisés en France, vous révèlent franceinfo et Le Monde. Cette autorité indépendante considère que « tous les dangers n’ont pas été pris en compte dans les procédures de mise sur le marché » pour le SDHI. Il s’agit d’une famille de molécules utilisée dans des produits fongicides répandus, notamment dans l’agriculture et dans le traitement des pelouses de certains stades.

Le principe de précaution nécessaire

Dans son avis, la commission ne se prononce pas sur les risques du fongicide, elle considère même qu’il y a des incertitudes sur leur existence mais elle pointe un angle mort dans la réglementation européenne : les études de mise sur le marché n’ont pas pris en compte certains dangers. Les travaux récents des scientifiques français qui alertent sur la toxicité sont de qualité et posent un doute sérieux, selon la commission.

« Il y a des procédures réglementaires qui sont assez figées, affirme mardi 19 novembre sur franceinfo Denis Zmirou-Navier, président de la Commission nationale de déontologie et alertes en santé publique et environnement. C’est sur la base de ces critères que différents États membres européens se prononcent sur une demande d’industriels de mise sur le marché. Mais la science évolue, la recherche se poursuit. A ce moment-là, il faut évoluer, réagir et c’est cette alerte que nous lançons ».

Il y a aujourd’hui une divergence d’analyse entre scientifiques et Agence de sécurité sanitaire. La commission considère qu’il existe des « incertitudes substantielles sur les risques qui seraient induits chez l’homme ». Elle propose de faire évoluer les procédures pour prendre en compte les travaux des chercheurs et pouvoir activer plus facilement le principe de précaution.

Qu’est ce qu’on fait quand la science montre des éléments qui n’étaient pas pris en compte 5 ans, 10 ans avant ? On mène de nouvelles recherches et nous appelons de manière très forte à des financements publics indépendants pour permettre d’éclairer ces points d’incertitude qui demeurent.Denis Zmirou-Navierà franceinfo

Des scientifiques avaient publié une tribune dans la presse en 2018. L’Agence de sécurité sanitaire, l’ANSES, avait considéré en janvier dernier qu’il n’y avait pas matière à alerte sanitaire. Mais il y a un peu plus de dix jours, une équipe de l’INSERM a publié une étude pour alerter autour de la toxicité sur les cellules humaines.

L’article de Franceinfo est ici.

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L’agribashing, une fable qui freine l’indispensable évolution de l’agriculture

Reporterre  Un article de Reporterre, par François Veillerette , le 23/10/2019.

François Veillerette est directeur de l’association Générations futures.


L’agribashing n’existe pas, défend l’auteur de cette tribune. Ce ne sont pas les agriculteurs mais le système agricole qui est critiqué. Et vouloir interdire une telle critique est dangereux, nous explique-t-il.

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« Agribashing ». C’est le terme à la mode depuis plusieurs mois dans le monde agricole français. Cet anglicisme, qu’on pourrait traduire par « dénigrement » ou « lynchage médiatique » dont serait victime l’agriculture, est sur les lèvres de tous les représentants de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA, majoritaire), sa présidente, Christiane Lambert, en tête.

Générations futures publie une carte de vente des pesticides en France fondée sur des chiffres officiels ? Agribashing ! Les émissions Envoyé spécial ou Cash Investigation diffusent des programmes montrant les conséquences des pesticides ou sur le glyphosate ? Agribashing encore ! Le quotidien Le Monde révèle le dessous du scandale des « Monsanto Papers » ? Agribashing toujours ! Les riverains des zones cultivées demandent à être protégés des pulvérisations de pesticides ? Agribashing plus que jamais !

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MAXPPP/Sébastien Jarry

La FNSEA met maintenant tellement en avant ce supposé agribashing qu’elle en a même fait un de ses principaux motifs de récrimination lors de ses dernières manifestations. Et il ne s’agit pas d’une simple plainte pour la forme : en demandant « l’arrêt de l’agribashing », le but n’est pas seulement de faire capoter quelques réformes contraignantes mais aussi de restreindre la liberté d’expression des personnes ou organisations critiquant le système agricole actuel. Le syndicat aimerait qu’on restreigne la possibilité de publier des documents fondés sur des données publiques, comme l’a fait Générations futures récemment. Le président de la FDSEA de l’Aude n’a ainsi pas hésité à demander « l’élaboration de règles d’utilisation des données publiques agricoles », dont on se doute qu’elles ne favoriseraient pas une meilleure transparence.

Il est légitime de mettre ces sujets dans le débat public

Par ailleurs, la pression est également mise sur les journalistes. Un théoricien de l’agribashing a ainsi produit un rapport sur ce thème pour une branche régionale de la FNSEA dans lequel il a été jusqu’à compter le nombre d’occurrences des termes liés aux pesticides et ceux liés au cancer dans les articles du journaliste du Monde Stéphane Foucart, lui reprochant de s’acharner sur les pesticides et de vouloir faire passer de façon subliminale le message « pesticides égale cancer » !

L’équipe d’Envoyé spécial, d’Élise Lucet, a également subi des attaques sans précédent après la diffusion d’un sujet sur le glyphosate en janvier dernier. Les plaintes de la FNSEA ont apparemment été bien entendues par le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, qui déclarait quelques jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture : « Ma priorité est de faire remonter le revenu des agriculteurs et lutter contre l’agribashing. » Depuis, il a même annoncé vouloir créer un « observatoire de l’agribashing ». Même le président Macron a cru devoir apporter son soutien face au « sentiment d’agribashing » des agriculteurs lors du dernier Salon de l’agriculture là encore.

Mais, de quoi s’agit-il vraiment ? Il faut d’abord éviter la confusion entre l’agribashing mis en avant par la FNSEA et les quelques agressions dont ont été victimes récemment des agriculteurs. Il s’agit là de délits que nous condamnons fermement et qui sont punis par la loi. L’agribashing mis en avant par la FNSEA vise particulièrement les critiques nombreuses faites sur les pollutions de l’environnement et de l’alimentation par les pesticides et les conditions d’élevage, qui ont suscité des interrogations et des exigences croissantes de la société ces dernières années.

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Photo d’illustration.

Sur la question des pesticides, les critiques ont été légitimées sur le fond par la reconnaissance de la réalité scientifique de la dangerosité des pesticides (selon une expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale [Inserm] de 2013). L’usage excessif de pesticides a même été officiellement reconnu par l’État et un plan de réduction de leur usage a été adopté il y a plus de dix ans (malheureusement, faute de volonté politique il n’a produit qu’une augmentation de l’usage des pesticides).

Il est donc tout à fait légitime de mettre ces sujets dans le débat public, qu’on soit une ONG ou un média. Cela ne constitue en aucun cas une volonté d’agresser l’agriculture mais l’expression d’une exigence croissante sur les questions sanitaires et environnementales. D’ailleurs, la journaliste de L’Opinion Emmanuelle Ducros, peu suspecte d’agribashing car se considérant elle-même comme un « relais de parole du monde agricole », le reconnaît : « L’agribashing n’existe pas », a-t-elle déclaré lors d’un récent débat à la Maison de la chimie, à Paris. Et d’indiquer qu’il s’agit plus d’un problème de ressenti des agriculteurs face aux critiques dont le système agricole fait l’objet.

Cette stratégie de disqualification de toute critique du système agroalimentaire 

Mais cette campagne outrancière de la FNSEA sur un agribashing fantasmé pourrait menacer la liberté d’expression et d’information si le pouvoir politique ne réagissait pas en remettant les choses à leur juste proportion ou si les organes de presse se laissaient intimider. Nous attendons des responsables politiques et des médias qu’ils réaffirment le principe d’une totale liberté d’expression dans ce domaine.

Mais aussi, et peut-être surtout, la poursuite de cette stratégie de disqualification de toute critique du système agroalimentaire, au motif qu’elle constituerait un insupportable agribashing, constituerait une grave menace pour les agriculteurs eux-mêmes. En effet, comment penser que le monde agricole saurait faire évoluer sa vision et prendre un virage vers une indispensable agroécologie si toute critique un peu sévère des pratiques actuelles devenait taboue au motif d’agribashing ? La stratégie qui consiste à crier à l’agribashing n’aurait qu’un effet : accroître encore le divorce entre le système agricole actuel et la société qui aime l’agriculture mais lui demande de changer. À l’opposé de cette vision, une critique factuelle des modes de production agricoles — fut-elle parfois sévère — est indispensable à l’émergence d’un nouveau contrat entre la société et le monde agricole, afin d’élaborer un nouveau modèle intégrant les préoccupations sociales, économiques, sanitaires et écologiques pour le bien-être de tous.

L’article de Reporterre est ici.

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Une nouvelle série d’accidents rappelle les dangers de la chasse

424  Un article du Monde, par Pierre Bouvier, le 20/11/2019.

Chaque année, l’Office de la chasse et de la faune sauvage recense plus d’une centaine « d’accidents » de chasse, faisant une dizaine de morts.

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La saison de la chasse est ouverte. Et avec elle, son lot d’accidents. Le 26 octobre, à l’occasion d’une battue aux sangliers, à Varilhes, en Ariège, un septuagénaire a été mortellement atteint par une balle, tirée par un autre chasseur. C’était le premier accident mortel de la saison 2019-2020, qui s’est ouverte graduellement entre le 23 août et le 29 septembre en France métropolitaine.

Depuis, les accidents se succèdent, ne rencontrant souvent qu’un écho local. Ainsi, jeudi 14 novembre, un homme qui tondait sa pelouse à Quincampoix, près de Rouen, était blessé à l’œil. Le lendemain, un chasseur tuait accidentellement une personne partie à la cueillette des champignons à Villars-les-Bois, en Charente-Maritime, tandis que dans la Vienne voisine, un chasseur en tuait un autre à Montamisé. Le jour suivant, dans le même département, un jeune de 16 ans blessait mortellement un homme de 47 ans dans les bois du château de la Mothe-Chandeniers, aux Trois-Moutiers.

Il est encore trop tôt pour dire si la saison sera plus meurtrière que la précédente, mais en moyenne, tous les ans, plus d’une centaine « d’accidents » de chasse faisant une dizaine de morts sont recensés.

Dans un rapport publié le 13 juin, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), dressait le bilan de la saison précédente (juin 2018-mai 2019) et relevait que 131 accidents avaient été recensés. Sur ce total, 132 victimes (sic) ont été identifiées – dont 22 n’étaient pas chasseuses – et sept personnes ont été tuées, dont un « non-chasseur », contre treize la saison précédente (dont trois victimes non chasseuses). Ce chiffre est le plus bas jamais enregistré depuis la création du réseau national « sécurité à la chasse », en 1997. « En vingt ans, le nombre d’accidents a été divisé par deux, et les accidents mortels par quatre », rappelle David François, adjoint au chef de la division du permis de chasser, à l’ONCFS.

Plus de 1 000 accidents de chasse depuis 2009

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Source : Office national de chasse et de la faune sauvage (ONCFS)

Le nombre de 131 accidents est en hausse par rapport à la saison précédente, qui avait connu le chiffre le plus bas jamais enregistré (113) et reste sous la moyenne des dix dernières années (140), note l’ONCFS.

Le comportement individuel des auteurs des accidents

« Dans 95 % des cas, ce sont des fautes de sécurité liées au comportement individuel des auteurs, ajoute M. François. Seulement 5 % des accidents sont liés à de grands ricochets imprévisibles, toutes chasses confondues. » Il ajoute que deux accidents sur trois se produisent dans le cadre des chasses au grand gibier (un sur trois au petit gibier).

Dans le cadre des battues au grand gibier, la majorité des accidents est liée à des tirs dans un angle inférieur à 30° par rapport aux voisins (angle qui, au-delà de 30°, limite au maximum les risques de ricochets). En deuxième position des accidents de chasse en battue au grand gibier apparaît le fait de tirer dans ou en direction de la traque.

Pour les accidents au petit gibier, ils sont essentiellement dus à des tirs à hauteur d’homme, sans visibilité, face à une haie par exemple. Enfin, un accident sur trois, toutes chasses confondues, est un auto-accident : le chasseur se blesse tout seul en manipulant son arme. « L’ensemble de ces situations accidentogènes sont évaluées par l’ONCFS dans le cadre des exercices pratiques du permis de chasser et si elles ne sont pas acquises, elles sont éliminatoires pour les candidats », note David François.

Le 28 mai, le tribunal correctionnel de Foix (Ariège) condamnait un chasseur à dix-huit mois de prison avec sursis. Le tribunal l’a jugé responsable de la mort d’un autre chasseur sur lequel il avait tiré par accident en 2015, à Ignaux. Il était soupçonné de ne pas avoir respecté cette fameuse règle de sécurité des 30°, principe élémentaire de la chasse.

L’article du Monde est ici.

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Brésil : la déforestation en Amazonie au plus haut depuis 2008

325  Un article de Sciences et Avenir, le 18/11/2019.

La déforestation en Amazonie brésilienne a touché 9.762 km2 d’août 2018 à juillet 2019. Du jamais vu depuis 2008.

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Vue aérienne de la forêt amazonienne le long de la route Transamazonique (BR-230) dans l’État brésilien de Para le 13 mars 2019 – Photo Mauro Pimentel, AFP

La déforestation en Amazonie brésilienne a touché 9.762 km2 d’août 2018 à juillet 2019, du jamais vu depuis 2008 et une augmentation de 29,5% sur un an, selon les dernières données officielles rendues publiques lundi. Cette période de référence prise en compte par l’Institut national de recherches spatiales (INPE) englobe les sept premiers mois de mandat du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, un climatosceptique favorable à l’ouverture de la forêt vierge aux activités minières ou agricoles.

« Près de 20% de l’Amazonie a déjà été dévastée et nous nous rapprochons du point de non retour »

D’août 2007 à juillet 2008, la déforestation avait atteint 12.911 km2, avant de diminuer les années suivantes. La semaine dernière, l’INPE avait déjà fait état d’une augmentation de 93% de la déforestation de janvier à septembre par rapport à la même période de l’an dernier. Ces chiffres se situaient début 2019 dans la moyenne des dernières années, jusqu’à une hausse significative à partir de juin.

Greenpeace a dénoncé lundi la réduction de moyens destinés à la lutte contre la déforestation depuis l’arrivée au pouvoir du président Bolsonaro. « Son gouvernement est en train de jeter à la poubelle tout ce qui a été fait ces dernières années en matière de protection de l’environnement », a déploré Cristiane Mazzetti, l’une des responsables de Greenpeace au Brésil. « Près de 20% de l’Amazonie a déjà été dévastée et nous nous rapprochons du point de non retour, quand elle se transformera en savane », a averti Mauricio Voivodic, directeur de l’antenne brésilienne Fonds mondial pour la nature (WWF).

Une recrudescence des foyers d’incendie en Amazonie

La déforestation entraîne également une recrudescence des foyers d’incendie en Amazonie, un grand nombre d’agriculteurs pratiquant le brûlis sur les zones déboisées pour pouvoir les cultiver. La multiplication de ces feux de forêt au mois d’août a suscité une vague de critiques de la communauté internationale contre le président Bolsonaro et la politique du gouvernement brésilien en matière environnementale. Selon les données satellite de l’INPE, il y a eu pratiquement autant d’incendies en Amazonie entre janvier et septembre (66.750) que sur l’ensemble de l’année 2018 (68.345).

L’article de Sciences et Avenir est ici.

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Des métaux lourds dans les pellets fabriqués à Anor.

https://1.gravatar.com/avatar/196208b23e77634969a011a5a28f55bd?s=400&d=mm  Un article de JazzMan, le 30/11/2019.

L’article de La Voix du Nord publié ici hier posait la question de la présence de bois radioactif dans les Hauts-de-France. Le pellet produit à Anor serait destiné aux industriels et n’aurait aucune norme. On est donc tenté de penser qu’en l’absence de contrôle il pourrait être fabriqué à partir de bois radioactif. Cette possibilité est réelle mais notre objectif n’est pas de faire un procès d’intention. En revanche, nous avons des certitudes, à propos des pollutions, car selon la définition donnée par Jeferco dans son brevet : « le bois de classe B est du bois peint, collé, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP ». Rien que ça !

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Des bois de classe « B », dits bois souillés.

Mais qu’est-ce donc que ces « métaux lourds » et que risque-t-on ?

On appelle métaux lourds les éléments chimiques métalliques naturels  comme le plomb, le mercure, le cadmium, l’arsenic, le nickel, l’aluminium, le cuivre, l’étain,  le zinc ou encore le manganèse. Ces métaux lourds, au nombre de 41, peuvent représenter un risque pour notre santé. Leur utilisation dans l’industrie et dans l’agriculture est responsable de nombreuses contaminations. En effet, les rejets dans l’air de particules métalliques très fines retombent sur les végétaux et les animaux contaminant ainsi notre alimentation. En parallèle, les métaux lourds, comme le plomb, ont longtemps été utilisés dans les peintures. Si les sources de contamination aux métaux lourds sont variées, les voies de contamination le sont tout autant puisqu’ils peuvent être à la fois inhalés ou absorbés. Notre organisme n’est pas capable d’éliminer totalement ces métaux, qui s’y accumulent et se stockent principalement dans les os, les poumons, le foie, les reins et le cerveau. « Chez l’homme, ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires. Certains, comme le cadmium, l’arsenic, le nickel et le chrome sont cancérigènes«  explique le ministère de la transition écologique.

Dans quels maladies les métaux lourds peuvent-ils être suspectés ?

Des observations et études montrent que ces métaux toxiques ont un rôle dans la plupart des maladies apparues ou devenues plus fréquentes ces dernières années, que l’on nomme maladies émergentes. Ce sont notamment :

  • Le Syndrome fibromyalgique (SFM),
  • Le Syndrome de fatigue chronique (SFC),
  • La sclérose en plaque (SEP),
  • Les maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer),
  • Les troubles envahissants du développement (TED), notamment l’autisme,
  • Les troubles de déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH),
  • Les allergies et intolérances,
  • Les maladies auto-immunes,
  • La dépression.

L’intoxication aux métaux est toujours associée à d’autres facteurs avec lesquels se crée un contexte favorable à la maladie. Elle peut, dans certains cas, avoir un rôle déterminant ainsi qu’une action limitant la guérison. Il faut aussi rappeler que la toxicité chronique résulte de doses répétées ou d’expositions durant une période relativement longue.

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L’usine à pellets de Marienbourg (Be). Photo VdN.

On constate donc que fabriquer du pellet avec des bois souillés, dits de classe B, comporte de très gros risques pour la santé des populations voisines de cette usine à polluer. Et même si le promoteur de l’usine expérimentale de pellets industriels assure que les filtres capturerons toutes les poussières, rien n’est moins sure et c’est même faux pour les particules fines (PM 2,5). Le chargement des trains et camions à partir des silos, les tapis roulants dont le capotage ne serait pas totalement étanche, les bennes qui stockeraient les cendres (20 000 M³/an) et l’envol des poussières présentes sur le sol sont autant d’occasions favorisant la présence de ces poussières dans l’air que nous respirerions à Anor.

Voilà ce que nous promettent Jean-François Rosado, président, actionnaire unique, gérant, directeur général, représentant, mandataire ou encore associé unique de la Société JEFeRCo (acronyme de J-F Rosado and Co) et Jean-Luc Pérat, maire d’Anor.

Source : www.santé-vivante.fr

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Du bois de chauffage radioactif vendu dans les Hauts-de-France?

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Un article de La Voix du Nord, par Pierre-Laurent Flamen, le 16/11/2019.

Au terme d’une très belle enquête, nos confrères de la RTBF ont démontré que du bois de chauffage radioactif, venu de Biélorussie, était vendu en Belgique. Qu’en est-il dans notre région ? La question mérite d’être posée.

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Dans certaines grandes surfaces de bricolage, le bois de chauffage en vente pourrait présenter des origines douteuses. Photo THIERRY THOREL / La Voix du Nord – VDNPQR

Ambiance automnale dans cette grande surface de bricolage dans la métropole lilloise. Sur l’immense parking, des stères et des stères de bois de chauffage s’étalent à la vue des éventuels acheteurs. Au pied d’une des palettes, un papier détaillant l’article en vente. Le bois est originaire de l’Union européenne, sans autre précision. C’est une société luxembourgeoise qui est à la tête du business, Combulux, spécialisée dans l’import-export de bois. Retour à la grande surface. On se renseigne sur les stères. Questions diverses : prix ? Volumes ? Quelles essences ? Origine ? Pour cette dernière question, la réponse du vendeur est un peu évasive : « Je crois que ça vient de Slovénie. » On n’en saura pas davantage.

« Une grosse concurrence des pays de l’Est »

En Belgique, les journalistes de la RTBF sont parvenus à démontrer que du bois de chauffage biélorusse acheté dans une grande surface à Liège était contaminé au césium 137. Radioactif, donc. Qu’en est-il chez nous ? Maëva Frérot, chargée de mission bois énergie pour l’interprofession du bois dans les Hauts-de-France, vient d’entendre parler de cette question de radioactivité. En revanche, elle connaît bien la filière bois : « En ce qui concerne le bois de chauffage, on est confrontés à une grosse concurrence des pays de l’Est, surtout de Pologne. C’est presque une concurrence déloyale. » Quant aux granulés : « Ça vient plutôt des USA mais il y en a peut-être qui viennent des pays de l’Est. »

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On n’a rien contre les pays de l’Est bien évidemment. Mais depuis la catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986, certaines forêts sont encore particulièrement contaminées (voir carte). C’est le cas notamment en Biélorussie, Ukraine et Russie. Mais aussi en Scandinavie (Finlande, Norvège, Suède) et en Autriche. À la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) implantée à Valence (Drôme), on ne se fait pas d’illusion sur la contamination du bois par le césium 137. Ingénieur en physique nucléaire et directeur du laboratoire de la CRIIRAD, Bruno Chareyron confirme : « Il y a possibilité de détecter du césium 137 y compris dans du bois produit par les forêts françaises. » La radioactivité provient de la catastrophe de Tchernobyl mais aussi « des essais nucléaires dans les années 50 et 60 ainsi que de la radioactivité naturelle. » Mais le césium 137 « se retrouve à des niveaux faibles » dans nos forêts.

« Davantage dans les cendres »

En revanche, la CRIIRAD a déjà été alertée pour des alarmes de portiques dans des centres d’enfouissement des déchets. « Avec des chaufferies à haut rendement, on peut se retrouver avec des cendres présentant un taux de radioactivité non négligeable. On peut se retrouver avec 10 becquerels par kilo de bois et 100 fois plus dans les cendres. » Et Bruno Chareyron de conclure : « Il faut des procédures de contrôle pour éviter que la France importe du bois de forêts très contaminées. Il faut que les pouvoirs publics mettent en place des normes claires. Et là dessus, on est face à un grand vide. »

L’article de La Voix du Nord est ici.

 

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