Barrage illégal de Caussade : encore une prime à la délinquance écologique

155  Un communiqué de FNE, le 11/03/2020.

Inacceptable. Construit et rempli illégalement par et pour quelques agriculteurs de la Coordination Rurale, le barrage de Caussade dans le Lot-et-Garonne sera utilisé cet été. Il y a quelques semaines pourtant, la préfecture demandait à ce qu’il soit vidé. À l’encontre de l’État de droit, de la sécurité des riverains, de la nécessaire adaptation de notre agriculture au changement climatique et d’un juste partage de la ressource en eau, l’État cède donc au chantage et à la violence. Tout en assurant que le lac sera vidangé cet automne. France Nature Environnement déplore le message envoyé quant au respect du droit.

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Le barrage de Caussade en juillet 2019. © Alain Pitton/Reporterre

Les irrigants pourront utiliser l’eau du barrage cet été

Ce 10 mars 2020, des élus du Lot-et-Garonne se sont fait les portes paroles d’un petit nombre d’agriculteurs, irrigants et menaçants, devant Mme Wargon, Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, pour arracher le droit d’utiliser l’eau illégalement stockée en vue de l’irrigation estivale de leurs cultures. Le 26 février 2020, la préfète du Lot-et-Garonne avait pourtant mis en demeure de le vidanger, car une étude de sécurité commanditée par la Chambre d’Agriculture elle-même soulignait des risques de rupture de l’ouvrage.

Devant cette annonce incompréhensible pour la sécurité de la population située en aval mais aussi pour le respect du droit, France Nature Environnement a interpellé Mme Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire, et Mme Wargon ce même mardi 10 mars. Contrairement à ce qu’ont annoncé les élus à la sortie de leur réunion, les deux ministres ont confirmé à France Nature Environnement que cet arrangement n’équivaut aucunement à une démarche de régularisation et que les exigences de l’État pour un retour à la légalité restent entières.

La politique du chantage et de la violence récompensée

Il n’en demeure pas moins que « cette nouvelle concession, qui consiste à laisser utiliser cet été l’eau du barrage de Caussade, est une véritable prime à la délinquance écologique ! Des passe-droits sont donnés à ceux qui ont refusé les règles de gestion du bien commun qu’est l’eau, alors que ce type de projet devrait toujours être issu d’un vrai projet de territoire, collectif, prenant en compte tous les usages. L’État cautionne un accaparement illégal de l’eau dans un contexte de menaces verbales et physiques de la part d’irrigants et syndicalistes agricoles, ceci est inacceptable en démocratie ! », fustige Michel Dubromel, président de France Nature Environnement. C’est un très mauvais signal pour le déploiement des Projets Territoriaux de Gestion de l’Eau, prônés par les Assises de l’Eau.

Le risque à court terme sur la sécurité publique est évidemment inadmissible et France Nature Environnement est prêt à engager la responsabilité de l’État à ce sujet. Des vies humaines sont en danger. Mais ceci ne doit pas masquer les risques à moyen terme pour une gestion quantitative de l’eau, qui sont pourtant avérés. Développer massivement l’irrigation est une mauvaise réponse face à la raréfaction de la ressource en eau. C’est encore plus vrai dans le bassin versant du Tolzac où la multiplication des retenues (plus de 700 recensées, de toute taille) aggrave le problème. Le Comité de Bassin Adour-Garonne avait identifié ce territoire pour qu’une stratégie plus globale y soit envisagée afin de répondre aux besoins de l’agriculture irriguée sans écraser les autres usages et détruire les milieux aquatiques. Les dérives de Caussade constituent un précédent gravissime pour la gestion quantitative de l’eau.

Le barrage de Caussade, symbole de l’agriculture intensive

Coûteux et destructeur de biodiversité, le projet de barrage de Caussade participe au maintien d’un mode agricole intensif, qui prône le développement de l’irrigation pour s’adapter au changement climatique, au détriment du cycle naturel de l’eau et des autres usagers. Il a d’ailleurs reçu de nombreux avis défavorables tout au long de l’instruction administrative. Le projet avait finalement été stoppé par le tribunal administratif de Bordeaux le 13 novembre 2018 grâce à l’action de la SEPANSO Aquitaine et de France Nature Environnement. Malgré cette décision de justice interdisant les travaux, ceux-ci ont commencé le 22 novembre 2018 et se sont prolongés en 2019, jusqu’à la finalisation de l’ouvrage… sans aucun contrôle technique. Toujours au dépit de la loi, le lac a ensuite été rempli, laissant planer la perspective d’une rupture de la digue et d’une vague de 920 000m3 inondant la vallée.

C’est la raison pour laquelle le 26 février 2020, la préfecture du Lot-et-Garonne a exigé, dans un courrier aux élus locaux, une vidange du lac. Une demande qui a conduit les agriculteurs de la Coordination Rurale à se rassembler près de ce dernier, afin d’en empêcher l’accès aux forces de l’ordre.

Le communiqué de FNE est ici.

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Pour le climat, il y aura « un avant et un après coronavirus »

Reporterre  Un article de Reporterre, par Gaspard d’Allens, le 17/03/2020.

En ralentissant l’activité économique, la pandémie de coronavirus baisse aussi les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique. Mais le répit ne pourrait être que de courte durée… À moins que la situation ne provoque une prise de conscience inédite.

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Populations confinées, usines à l’arrêt, transports paralysés… Le coronavirus pèse sur l’économie mondiale et grippe l’activité industrielle avec, comme corollaire inattendu, une chute des émissions de gaz à effet de serre. C’est sans doute l’un des rares effets positifs de la crise sanitaire : dans de nombreux pays, la pollution de l’air a considérablement diminué, offrant à la planète un bref moment de répit.

Ce phénomène est particulièrement visible en Chine, le berceau de l’épidémie, où plusieurs instances scientifiques ont scruté, depuis l’espace et à travers les données récoltées par leurs satellites, les évolutions du taux de particules fines et de polluants dans l’atmosphère. Leur constat est sans appel.

En janvier et février dernier, la concentration de dioxyde d’azote (NO2), un gaz très toxique émis par les véhicules et les sites industriels, a diminué de 30 % à 50 % dans les grandes villes chinoises par rapport à la même période en 2019. Le taux de monoxyde de carbone (CO) a, quant à lui, baissé de 10 % à 45 % dans toute la région entre Wuhan et Beijing. Les niveaux de particules fines ont aussi chuté de 20 % à 30 % en février par rapport aux trois années précédentes.

Depuis décembre, l’économie chinoise tourne au ralenti et consomme moins de charbon, de pétrole et d’acier. Le pays a ainsi vu ses émissions de gaz à effet de serre s’effondrer d’au moins un quart entre le 3 février et le 1er mars comparé à 2019, selon une estimation du Centre de recherche sur l’énergie et la qualité de l’air. L’épidémie aurait conduit à une réduction de 200 millions de tonnes de rejets de CO2, ont calculé les chercheurs.

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« Les émissions de polluants sont intimement liées à l’activité économique, dit à Reporterre le climatologue Philippe Ciais. Si la croissance s’arrête subitement comme en ce moment, on baisse directement les émissions. C’est logique. L’épisode du coronavirus nous apporte une preuve élémentaire face aux climatosceptiques et tous ceux qui croient encore qu’il n’existe pas de corrélation entre les activités humaines et le taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. »

« La réduction de la pollution de l’air en Chine a probablement sauvé bien plus de vie que le coronavirus en a tué »

Sur les images des satellites, l’évolution de la concentration du dioxyde d’azote est particulièrement frappante. Le nuage orange qui flotte d’ordinaire au-dessus des villes chinoises a entièrement disparu après un mois de mesures restrictives et de confinement. « C’est spectaculaire. L’ampleur est inédite, explique Philippe Ciais. La lutte contre le coronavirus a transformé radicalement l’air respiré par les Chinois. »

C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. Pour plusieurs scientifiques, l’épidémie aurait indirectement sauvé des vies. « Les mesures de confinement et de ralentissement économique, en Chine, sont de bonnes nouvelles de santé publique, souligne le chercheur François Gemenne. Le nombre de vies épargnées grâce à la baisse de la pollution atmosphérique est plus important que le nombre de morts causés par le coronavirus. »

Il y a eu pour l’instant, en Chine, 3.500 décès liés au coronavirus tandis que la pollution atmosphérique tue en moyenne chaque année 1,1 million de personnes dans le pays, en proie à de violentes périodes « d’airpocalypse ».

Un chercheur de l’université Stanford, en Californie, Marshall Burke, a fait différents calculs. Il estime notamment que l’amélioration de la qualité de l’air en Chine a sauvé la vie de 4.000 enfants de moins de cinq ans et de 73.000 personnes âgées. « La réduction de la pollution en Chine a probablement sauvé vingt fois plus de vies que celles qui ont été perdues en raison du virus », écrit-il sur le site web G-Feed, un groupe de travail sur la société et l’environnement.

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Beijing (Pékin) souffre d’une pollution atmosphérique majeure.

Le constat d’une baisse des émissions de gaz à effet de serre et des particules fines n’est pas spécifique à la Chine. Il s’observe dans plusieurs régions du monde et notamment en Italie. Dans la vallée industrielle du Pô, dans le nord de la péninsule, la chute des émissions de dioxyde d’azote est considérable.

Dans un communiqué publié vendredi 13 mars 2020, l’Agence spatiale européenne écrit que, « bien qu’il puisse y avoir de légères variations dans les données en raison de la couverture nuageuse et des changements météorologiques, nous pensons que la réduction des émissions coïncide avec la mise en confinement de l’Italie, la diminution du trafic et des activités industrielles ».

« Les conséquences de la récession sur les investissements écologiques »

Même s’il est encore trop tôt pour l’affirmer publiquement, plusieurs scientifiques, interrogées par Reporterre, s’accordent sur l’idée que les émissions de CO2 au niveau mondial vont baisser à court terme du fait du ralentissement économique. En février 2020, le trafic aérien a diminué de 4,3 %, en raison de l’annulation de dizaines de milliers de vols vers les zones touchées par la pandémie. Cette tendance va s’accroître avec les récentes annonces de Donald Trump et de l’Union européenne, qui ferment leurs frontières. Ces derniers jours, plusieurs dirigeants politiques, comme Emmanuel Macron, ont aussi plaidé pour une nécessaire relocalisation de l’activité productive.

« Le coronavirus peut avoir plusieurs conséquences indirectes et difficilement mesurables sur les émissions de gaz à effet de serre, estime le chercheur François Gemenne. En écornant le bilan économique de Donald Trump, par exemple, l’épidémie peut participer à sa défaite électorale. Ce qui serait plutôt une bonne chose pour le climat. »

Contacté par Reporterre, le scientifique Hervé Le Treut nuance l’idée d’une future embellie climatique. « On est encore loin d’inverser la courbe. Les émissions ont continué d’augmenter ces dernières années. Le changement climatique est lié à l’accumulation de gaz à effet de serre produits depuis plusieurs décennies, ce n’est pas quelques jours ou mois de pause qui changeront le phénomène. C’est complètement marginal. »

Surtout, la relance qui suivrait la pandémie pourrait s’avérer particulièrement polluante, comme en 2008 au sortir de la crise financière, où on avait assisté à un rebond des émissions. La Chine pourrait rouvrir ses usines à charbon et les différents gouvernements faire le choix d’investissements dans les énergies fossiles pour relancer l’activité économique le plus rapidement possible.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’attend à ce que les retombées économiques du Covid-19 réduisent la demande mondiale de pétrole pour l’année à venir, mais son directeur exécutif, Fatih Birol, s’inquiète aussi des « conséquences de la récession sur les investissements écologiques. La crise pourrait compromettre la transition vers des énergies propres », alerte-t-il dans The Guardian.

« Il existe encore beaucoup d’incertitudes », juge, prudemment, le climatologue Hervé le Treut, avant d’affirmer qu’« il y aura un avant et un après coronavirus d’un point de vue climatique. L’épidémie et les mesures prises à son encontre vont créer un choc psychologique dans nos sociétés. L’épisode que nous allons vivre ne va pas nous laisser indemnes. Il aura des conséquences sur les politiques environnementales à venir, prévoit-il. Le déni envers le coronavirus et le changement climatique est finalement assez similaire, c’est toujours face à la catastrophe que nous réagissons en urgence. »

L’article de Reporterre est ici.

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Nord-Pas-de-Calais : La moitié des oiseaux nicheurs menacée de disparition

Journal 20 minutes  Un article de 20 Minutes, par Mikaël Libert, le 11/12/2019.

En parallèle à la sortie de son dernier atlas, le Groupe ornithologique et naturaliste dresse un constat alarmant

Tarier des près

Le tarier des près a disparu du Nord-Pas-de-Calais. — D.Huyghe / GON

Quand les oiseaux désertent nos campagnes. Le Groupe ornithologique et naturaliste (GON) vient de publier un ouvrage intitulé Les oiseaux nicheurs du Nord-Pas-de-Calais (Ed. Biotope). Cet atlas de plus de 500 pages compile des centaines de milliers de données sur les 176 espèces d’oiseaux typiques de l’ancienne région. Un beau livre qui dévoile néanmoins une réalité beaucoup moins réjouissante : la moitié de ces espèces sont menacées.

Il y a quelques mois, le conservatoire botanique de Bailleul avait diffusé la liste rouge de la flore régionale menacée de disparition. Le principe est le même ici avec la faune et le bilan n’est guère plus reluisant. « Cet atlas est un état des lieux des connaissances liées aux oiseaux nicheurs, le dernier en date remontant à 1996 », explique Rudy Pischiutta, directeur du GON Nord-Pas-de-Calais. Cet ouvrage, aboutissement d’un travail mené par de nombreuses personnes entre 2009 et 2015, contient lui aussi une liste rouge : « 44 % des 176 espèces répertoriées sont menacées à plus ou moins long terme dont 11 % sont en danger critique d’extinction », insiste l’ornithologue. Rien que sur la période d’étude, la Pie-grièche grise et le Tarier des prés ont disparu.

La protection des espèces fonctionne quand elle existe

Ce sont les espèces dites « communes » qui ont beaucoup décliné ces dernières années, « particulièrement celles que l’on trouvait dans les milieux agricoles comme l’alouette des champs », constate Rudy Pischiutta. Pour autant, le directeur du GON ne stigmatise personne en particulier : « Il n’y a jamais une seule raison. Certes l’intensification de l’activité agricole y est pour beaucoup mais il y a aussi le facteur de pression humaine comme l’artificialisation des campagnes. Le réchauffement climatique menace aussi les espèces dites à affinité septentrionale ».

Cigogne-2

Protégée, la population de cigognes blanches est en augmentation. – B.Boulangé / GON

A l’inverse, le GON remarque que les espèces protégées se portent plutôt bien. Ainsi, la population de cigognes blanches croît à l’instar des rapaces et des hérons. « Quand il y a des actions de protection, on voit tout de suite que ça fonctionne. Mais la logique de protection est basée sur des besoins humains plutôt que sur les besoins de la nature », déplore-t-il. La tourterelle de bois, par exemple, est toujours considérée comme gibier et peut être chassée alors que sa population a diminué de 70 % en 20 ans. Même constat pour la perdrix grise.

La situation est-elle désespérée ? Le directeur du GON n’est pas si pessimiste : « La région part de loin et, avec seulement 1 % de son territoire protégé, elle est au pied du mur. En revanche, on constate une évolution des consciences et il est relativement facile de se faire entendre par les agriculteurs ou les autorités », reconnaît Rudy Pischiutta. Avec un peu de bonne volonté, il restera peut-être quelques oiseaux dans le ciel du Nord-Pas-de-Calais dans dix ans, pour le prochain atlas.

L’article de 20 Minutes est ici.

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Dax : il reconnaît avoir braconné 10.000 oiseaux depuis 2011

524  Un article de France Bleu Landes, le 04/03/2020.

Dans les Landes, un homme de 68 ans sera jugé en septembre prochain par le tribunal de Dax pour des faits de braconnage. Le Landais, qui a fait l’objet d’une longue surveillance, reconnaît avoir braconné 10.000 oiseaux en huit ans et les avoir revendus à des personnalités du « mundillo dacquois ».

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Photo d’illustration © Maxppp – Le Lievre Nicolas

L’affaire débute en 2015 avec un signalement de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage au parquet de Dax. Ses agents ont repéré un homme qui braconne des petits oiseaux protégés dans les forêts autour de Dax. L’homme chasse à la matole, mais il est discret.

Décision est alors prise de faire appel à la gendarmerie pour bénéficier de plus de moyens d’enquête. Les gendarmes le repèrent et pour le suivre, ils installent une balise GPS sous sa voiture. C’est ce qui permettra de l’interpeller le 19 décembre 2019, après quatre ans d’enquête.

Des carnets de comptes

Quand les enquêteurs se rendent chez lui, ils découvrent des carnets de comptes, remplis de chiffres. Le braconnier est en effet organisé. Face aux enquêteurs, il reconnait avoir braconné 10.000 petits oiseaux protégés : des passereaux, des rouges-gorges ou encore des moineaux. Les faits remontent à 2011 et se sont poursuivis jusqu’à la fin de l’année 2019.

L’homme explique braconner pour assouvir sa passion de la tauromachie : faire des voyages en Espagne et assister aux corridas. Il a besoin d’argent et pour cela il revend le fruit de ses chasses illégales. Chez lui, il conditionne des brochettes de cinq petits oiseaux qu’il congèle. Il vend ensuite ces brochettes entre 25 et 30 euros. Depuis 2011, on peut estimer le montant du trafic à 50.000 euros.

Des acheteurs identifiés 

Mais ce n’est pas tout. Sur les carnets, le nom des acheteurs est codé par des surnoms, il y en a dix. Mais, huit vont être identifiés par la police. Parmi les huit personnes identifiées, trois sont de gros acheteurs qui font également partie du « mundillo dacquois ».  Le plus gros de ces acheteurs, qui a acheté tout de même plus de 1.000 oiseaux au braconnier, est une figure dacquoise bien connue, mais dont on ne peut pas aujourd’hui révéler le nom. Tout ce que l’on sait de source judiciaire c’est que cet acheteur est un ancien international français de rugby et ancien joueur de l’US Dax.

Le braconnier et les trois plus gros acheteurs de petits oiseaux protégés sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Dax le 17 septembre 2020 pour répondre de leurs actes devant la justice. Le braconnier, connu de la justice pour des faits similaires, a déjà été condamné deux fois. Mais, sur les 10.000 oiseaux, la justice ne peut en retenir que 8.500 car il y a prescription des faits entre 2011 et 2013.

L’article de France Bleu Landes est ici.

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3600 scientifiques interpellent la « désastreuse » politique agricole européenne

RTBF Info  Un article de rtbf.be, par Maxime Paquay, le 09/03/2020.

3600 scientifiques, dont 137 Belges demandent aux institutions européennes d’améliorer  » drastiquement «  la proposition pour la Politique Agricole Commune afin qu’elle « cesse de nuire à l’environnement ». Leur constat est sans appel. Pour eux, la PAC, telle que proposée actuellement, voit ses ambitions environnementales diluées et risque de mettre en danger le Pacte Vert pour l’Europe.

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Photo d’illustration.

Une déclaration qui intervient au moment même où le budget européen 2021-2027 est en cours négociation, y compris la part qui devrait être allouée à la PAC et à quelles conditions.

« Dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète. »

Sécurité alimentaire, protection de la biodiversité et atténuation du changement climatique, les signataires proposent dix actions urgentes pour « inverser les processus destructeurs en cours et permettre de dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète ». Il est question de 60 milliards d’euros annuels (l’ensemble des subsides aux institutions européennes) dont 40% constituent le budget de la PAC. « L’argent public ne devrait financer que des pratiques agricoles qui respectent l’environnement », concluent les signataires.

« PAC, moteur central des crises du climat et de la biodiversité »

La PAC actuelle, disent ces 3600 scientifiques est un « moteur central des crises du climat et de la biodiversité, et […] elle échoue à répondre aux enjeux socio-économiques des zones rurales« . Ils dénoncent une distribution injuste entre agriculteurs, avec son corollaire : le financement de pratiques « qui détruisent la biodiversité à grande échelle, en contribuant au changement climatique et à la dégradation des sols et des terres ».

Oligarchie industrielle

Actuellement, le premier déterminant du montant des “aides aux revenus” versé à un agriculteur est la taille de sa ferme : 80% des paiements vont à 20% des plus grandes fermes en Europe. Une répartition qui « sert les intérêts d’une oligarchie agro-industrielle », affirme la déclaration, en s’appuyant sur une enquête du New York Times, fin 2019, qui a révélé que sur les 65 milliards de dollars par an que l’UE dépense pour subventionner l’agriculture, « une partie de cet argent […] enrichit les politiciens et finance la corruption ».

« Moins ils ont de terre, moins ils ont d’aide et de revenu, et moins ils peuvent s’agrandir – quelle que soit la qualité environnementale de leurs pratiques. »

Parmi les propositions émises par les signataires :

  • Mettre un terme aux pratiques destructrices pour l’environnement, en éliminant immédiatement les aides liées à la production, en éliminant progressivement les paiements directs, au bénéfice d’un soutien significativement accru à la transition des exploitations vers une agriculture respectueuse de la nature.
  • Dédier 10% de la surface agricole aux habitats naturels et semi-naturels comme les haies, les bandes fleuries, fossés, talus et mares.
  • Des financements spécifiques accordés aux fermiers pour des activités de protection de la nature.

La possibilité d’un désastre

La déclaration dénonce le cercle vicieux dans lequel se trouvent de nombreux petits agriculteurs. « Moins ils ont de terre, moins ils ont d’aide et de revenu, et moins ils peuvent s’agrandir – quelle que soit la qualité environnementale de leurs pratiques », estime Emmanuelle Beguin de Natagora, qui ajoute que « la proposition de PAC de la Commission porte en elle la possibilité d’un désastre ».

L’article de rtbf.be est ici.

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Le Conseil d’État récuse une nouvelle fois la gestion adaptative des espèces

Alliance des opposants à la chasse  Un article de l’Alliance des opposants à la chasse, le 27/02/2020.

Courlis cendré

Courlis cendré (Numenius arquata) – Crédit photo : Aurélien Audevard

Courlis cendré et gestion adaptative : petit rappel …

« La frange ultra protectionniste des scientifiques membres du comité de gestion adaptative avait émis un avis défavorable à cette chasse sous prétexte d’absence de données sur l’espèce et notamment des données de prélèvements, alors que les chasseurs avaient transmis celles-ci de longue date au Ministère de l’Ecologie. »

« La Ministre Emmanuelle Wargon reconnaissant cet argument comme fallacieux avait pris la décision d’ouvrir la chasse sur un quota restreint s’appuyant notamment sur deux rapports dont un de l’ONCFS lui-même, indiquant qu’un prélèvement durable serait au moins de l’ordre de 4,5 fois supérieur au prélèvement actuel. »

« De plus, la FNC a développé une application smartphone unique au monde pour la saisie des prélèvements en temps réel. Les chasseurs, dont certains peu familiarisés avec les nouvelles technologies, se sont mobilisés pour acquérir un smartphone et utiliser cette application. A la demande de la Ministre, les fédérations des chasseurs ont organisé la collecte d’ailes des oiseaux prélevés. Tous ces efforts sont balayés une nouvelle fois par une décision arbitraire, sur de faux arguments. »

« Le Conseil d’État vient de récuser une nouvelle fois la gestion adaptative des espèces, proposée et souhaitée par les chasseurs, en annulant l’arrêté du Ministère de l’Écologie qui autorisait le prélèvement de 6 000 courlis cendrés depuis le 3 août. « 

L’article de l’Alliance des opposants à la chasse est ici.

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Confinement : la chasse (finalement) suspendue… contre l’avis des chasseurs !

30 millions d'amis  Un article de la Fondation 30 Millions d’amis, le 21/03/2020.

Malgré l’urgence du confinement et la gravité de la crise sanitaire, le Président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen annonçait, en concertation avec le ministère de la Transition écologique, des mesures… dérogatoires pour les chasseurs ! Un laisser-passer finalement désavoué moins de 48 heures plus tard. 30millionsdamis.fr fait le point.

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Depuis le 19 mars et jusqu’à nouvel ordre, sont effectivement suspendues « toute action de régulation ou de chasse », mais aussi « le piégeage et le gardiennage » ainsi que « l’agrainage (1) du petit gibier ou des sangliers ». Les chasseurs pourront continuer de nourrir – individuellement et accompagnés de leur attestation et de leur permis de chasser – leurs animaux qui ne se trouvent pas sur leur lieu de résidence, comme les chiens, les chevaux et les appelants, à savoir les oiseaux captifs utilisés pour attirer d’autres congénères afin de les tuer…

Les chasseurs désavoués

Un véritable revirement, donc. Car à l’annonce du confinement, seules les chasses collectives avaient été déclarées interdites, à l’instar des battues aux sangliers et des battues administratives impliquant un lieutenant de louveterie. La saison de la chasse à courre, quant à elle, avait été clôturée avec deux semaines d’avance.

En revanche, certaines pratiques désastreuses pour la faune sauvage restaient possibles : chasse individuelle des corvidés, chasse individuelle du sanglier à l’approche, mais aussi, piégeage, remplissage des agrainoirs et nourrissage des appelants (seule cette dernière pratique reste aujourd’hui autorisée). Le 18 mars 2020, l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) s’était indignée contre ces « garanties scandaleuses qui semblaient avoir été obtenues par le patron de la FNC auprès du ministère de la Transition écologique, pour permettre aux chasseurs et piégeurs de continuer leurs macabres acivités à l’égard de la faune sauvage, et ce, malgré l’état d’urgence sanitaire en vigueur ». Sur Twitter, Willy Schraen avait alors tenté de justifier la poursuite de la chasse par « la nécessité de protéger les cultures, pour que demain tout le monde puisse se nourrir, même les technos de l’écologie »

Un peu de répit pour la faune sauvage

La suspension de la chasse devrait donc profiter à la faune sauvage : « une aubaine pour la biodiversité », selon l’Aspas. « Le printemps arrive à grand pas, et avec lui, la période fragile des naissances. L’association avait dénoncé avec force la décision de l’État de prolonger au niveau national la chasse des sangliers jusqu’à fin mars, à cause justement du risque important de dérangement pour toute la faune en cette période critique de reproduction ».

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Sanglier avec ses marcassins en train de chercher de la nourriture. © Luc souret

 « Cette période est un temps de pause pour les animaux sauvages qui profitent d’une accalmie  très passagère », confirme Benoît Thomé, Président d’Animal Cross, à 30millionsdamis.fr.  Des animaux habituellement chassés pourraient même réadapter leurs habitudes. Ainsi, le sanglier – qui n’est naturellement pas un animal nocturne – s’est habitué à sortir la nuit pour échapper aux chasseurs. « Si les chasseurs restent confinés, il est donc possible que les sangliers se ré-adaptent et sortent en journée, ajoute Xavier Japiot, naturaliste et auteur de « Sauvages et urbains – à la découverte des animaux dans la ville » (éd. Arthaud). Il en est de même pour le chevreuil ».

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui expriment déjà leur difficultés à vivre enfermés, loin de la nature. A l’inverse, certains animaux sauvages profitent de l’éloignement des humains. « Confiné chez lui, l’Homme ne se rend que trop compte combien il est difficile de vivre éloigné de la nature ; car, sans elle, il est déséquilibré, note B. Thomé. Loin des arbres et des animaux sauvages, il titube. Souhaitons que, lorsqu’il  retrouvera cette nature – c’est vrai aussi du chasseur – l’Homme comprenne enfin tout ce qu’il lui doit, tout ce qu’elle lui apporte et qu’il n’a pas le droit d’y porter atteinte ».

L’article de 30 Millions d’Amis est ici.

(1) Agrainage : Fait d’attirer le gibier en répandant du grain sur un terrain de chasse

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