L’arbre, au cœur d’une agriculture performante et résiliente

806.jpg  Un article de Jacques Caplat, le 16/05/2016.

La Journée de la Terre mettait cette année l’arbre à l’honneur. Voilà une occasion d’insister sur le rôle central que peut, et que doit, jouer l’arbre dans l’agriculture de demain.

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Un malentendu européen

Alors que les arbres sont intimement intriqués avec l’agriculture traditionnelle africaine, sud-américaine et asiatique, ils ont longtemps été vus par les agriculteurs européens comme des adversaires. Cet aveuglement et ce contresens sont peut-être des conséquences de la logique des défrichages des 1.000 dernières années, où l’agriculture se concevait comme une victoire sur la forêt. Ils relèvent plus sûrement et de toute façon d’une logique réductionniste, consistant à «réduire» l’agriculture à des modèles simplistes oubliant les interrelations entre les éléments du système.

En effet, à première vue, les arbres font baisser les rendements : ceux-ci sont plus faibles en dessous des branches, tout les agriculteurs le constatent. En revanche, ils n’ont longtemps pas disposé des outils scientifiques pour constater que les rendements sont plus importants au milieu d’une parcelle cernée d’arbres qu’au milieu d’un espace dénudé, ce qui est «perdu» sous l’arbre étant regagné plus loin. Si l’on élargit le regard en intégrant la temporalité, le bénéfice des arbres est encore supérieur puisqu’ils enrichissent les sols à long terme, année après année. Enfin, il ne faut pas oublier que l’arbre lui-même produit de la biomasse utilisable pour l’agriculture (branches servant de fourrage d’appoint), le chauffage, l’alimentation humaine (châtaignes, noix, cerises, pommes, olives…) ou l’artisanat et l’industrie (bois d’œuvre).

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Stabiliser et enrichir les sols

Quoi de plus fertile qu’un sol forestier ? Sans aucune intervention humaine, les forêts construisent des sols stables, riches en matière organique et extrêmement bien structurés. Outre la fertilité durable procurée par la matière organique (débris de feuilles, de brindilles et de végétaux herbacés qui s’incorporent progressivement au sol), les sols forestiers possèdent une structure exceptionnelle, c’est-à-dire qu’ils sont à la fois aérés et souples, ce qui permet la circulation de l’air et de l’eau, et d’une stabilité incomparable (ils ne se délitent pas sous la pluie, ils maintiennent une cohérence même lorsqu’ils sont soumis à des outils mécaniques ou des incidents climatiques). Cet équilibre fécond entre souplesse et solidité hors norme s’explique par plusieurs caractéristiques des arbres.

En protégeant la terre des pluies violentes et des vents, les forêts évitent son érosion et son compactage. Par le bris régulier et épars de brindilles et par la chute saisonnière des feuilles, les forêts apportent au sol une matière organique riche et particulièrement facile à incorporer aux argiles. Par des systèmes racinaires complexes, profonds et denses, les arbres émiettent la roche, aèrent la terre, et évitent la constitution de mottes compactes ou de glacis limoneux. Enfin, les racines denses et profondes permettent littéralement d’irriguer le sol, c’est-à-dire de faciliter l’infiltration des eaux de pluie, ce qui leur évite de stagner ou de ruisseler, et ce qui permet leur stockage dans la matière organique des sols et leur réutilisation en saison sèche.

L’arbre agit donc sur le sol par dessus et par dessous. Par dessus, il l’enrichit et le protège. Par dessous, il l’émiette, le structure, l’aère et l’irrigue. Une vraie merveille agronomique.

Un support de biodiversité

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J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans d’autres billets l’importance de renouer un lien fertile entre agriculture et environnement. Il est urgent, et vital, que les agriculteurs cessent de considérer le milieu naturel et les organismes sauvages comme des adversaires qu’il faudrait contrôler voire éliminer. L’agriculture n’a de sens que lorsqu’elle est inscrite dans son environnement, c’est-à-dire lorsqu’elle s’appuie sur lui au lieu de le combattre. Il ne s’agit pas de lutter contre le milieu naturel, mais de savoir en émerger de façon positive et dynamique.

Dans cette perspective, l’arbre devient incontournable. Je devrais plutôt écrire «les arbres», car une diversité d’essences est hautement souhaitable : il ne faut pas reproduire à l’échelle des arbres l’erreur d’uniformité qui caractérise nos cultures agricoles. Les arbres représentent des milieux de vie et des abris pour toute une flore et une faune exceptionnelle – bien au-delà des insectes et oiseaux auxquels nous pouvons spontanément songer.

En particulier, les arbres jouent un rôle précieux de régulateur agricole. En abritant des insectes prédateurs de certains parasites, en hébergeant des oiseaux, des chauves-souris et des batraciens, les haies et les arbres isolés permettent de limiter les attaques contre les cultures et d’en améliorer les rendements. Dans les fermes céréalières, par exemple, la présence de haies conduit à limiter les dégâts des limaces et à éviter que ces dernières ne détruisent une partie des jeunes pousses. Elles abritent en effet des carabes (sortes de scarabées), dont aussi bien les larves que les adultes se nourrissent de limaces. Même la présence de lierre peut être positive, car ce végétal sert de refuge hivernal pour les coccinelles, qui se nourriront ensuite des pucerons en les régulant.

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À l’heure où certains ministres ou chercheurs exaltent le biocontrôle, c’est-à-dire le remplacement d’une partie des pesticides chimiques par l’achat régulier d’insectes prédateurs d’autres insectes (ce que l’on appelle les auxiliaires des cultures), il convient de rappeler que la véritable agroécologie ne consiste pas à acheter chaque année des insectes exogènes – mais à permettre leur vie permanente et leur reproduction sur la ferme, dans le cadre d’un écosystème cohérent ! Pourquoi acheter sans cesse des coccinelles ou des carabes, alors qu’il suffit de maintenir des haies pour qu’ils s’installent durablement sur place ?

Il ne faut pas oublier enfin que les arbres sont extrêmement utiles aux animaux… domestiques. La santé (et la productivité) d’un troupeau disposant d’ombre en été et d’abris contre le vent sont nettement meilleures que celles d’un troupeau laissé dans un pré nu.

L’article de Changeons d’agriculture est ici.

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Invitation à un rassemblement estival

L’association Anor Environnement sera présente en Corrèze, invitée à participer au rassemblement estival « Les rencontres de la forêt » suivi  de CIBV’Estival. Si vous êtes dans cette belle région du plateau de Millevaches, n’hésitez pas à venir nous rencontrer.

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Le programme de ces deux manifestations est ici :

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Record : 202 157 avions en une journée. Signe d’une société se précipitant vers un crash climatique

317  Un article par Laurie Debove, le 12/07/2018.

Ce nouveau record fait froid dans le dos… 202 157 avions en une journée. C’est le record enregistré le 29 juin 2018 par le site collaboratif suédois FlightRadar24, soit le plus grand nombre d’avions ayant volé dans le ciel le même jour. Loin de s’en réjouir, il faut au contraire voir dans cette hausse exponentielle le signe d’une société se précipitant vers un crash climatique incontrôlable, et agir en conséquence en mettant en place des garde-fous essentiels.

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Démocratisation et exonération

La vidéo relayée par Flightradar24 pourrait être hypnotisante si elle n’était pas aussi troublante. Ce record est ressenti comme la suite logique d’une longue série. Déjà, 2017 avait été une année prolifique pour l’aviation avec plus de quatre milliards d’usagers ayant pris l’avion, soit une hausse de 7,1 % par rapport à 2016. En 2036, le nombre de passagers aériens pourrait arriver à 7,8 milliards de personnes prenant l’avion sur un an ! Ces chiffres incluent les vols commerciaux et privés.

Ainsi, d’après l’International Air Transport Association, le trafic aérien croît de 6 % à 8 % chaque année. Une catastrophe pour le climat quand on sait que si l’aviation était un pays, ce serait le septième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre et que le secteur pollue autant que les 129 pays les moins émetteurs.

Ce développement continu est possible grâce aux nombreux investissements réalisés par les compagnies pour créer de nouveaux appareils et terminaux, mais aussi aux exonérations dont bénéficie l’aviation. Ces tarifs préférentiels favorisent la multiplication des vols low-cost, participant à la démocratisation de ce mode de transport (particulièrement pour les pays riches) au détriment de transports beaucoup plus écologiques comme le train.

Prendre l’avion est moins cher que le train, mais beaucoup plus polluant

Selon l’ADEME, « pour de longues distances, le train est le moyen de transport le moins énergivore et le moins polluant : à taux de remplissage comparable, un voyage Paris-Marseille produit environ 10 fois moins de CO2 en train qu’en avion. » Et pourtant, une étude menée par GoEuro révèle que les vols intérieurs ont un coût moyen de 14,74€/100 km contre 17,59€/100 km pour le train. Ainsi, l’avion est 20 % moins cher au kilomètre que le train en France !

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L’aviation civile internationale n’est même pas incluse dans l’accord de Paris sur le climat, c’est à dire qu’elle n’est soumise à aucune régulation internationale, si ce n’est la « bonne volonté » des pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Pour lutter contre ce non-sens, le mouvement Utopia propose sur le site web Parlement et Citoyens un projet de loi pour mettre fin à l’exonération fiscale pour le transport aérien intérieur en France.

Une proposition en ce sens avait déjà été déposée fin 2015 lors de la COP 21, pour être finalement rejetée. Le projet de loi du mouvement Utopia vise donc à taxer les vols intérieurs, majoritairement empruntés par les classes aisées, pour financer la reprise de la dette de la SNCF par l’Etat, soit nos impôts :

« L’État vient tout juste de reprendre 35 milliards d’euros de dette de la SNCF – soit 1228€ par ménage selon Le Monde. Pour financer cette dette, investir dans le réseau, voire avoir une politique tarifaire plus accessible pour le train, notre demande serait d’aller plus loin que la levée de la taxation, et de taxer le kérosène dans des proportions suffisantes pour que les vols intérieurs soient à minima au coût des trajets en train, voire jusqu’à 50 % plus chers afin que leur prix soit dissuasif d’un côté et permette de l’autre plus d’accessibilité au train et moins de voitures sur les routes. »

Dans un article publié sur The Conversation, le doctorant Aurélien Bigo, spécialisé sur la transition énergétique dans les transports, plaide pour un développement du transport ferroviaire pour atteindre une neutralité carbone d’ici 2050. Il dénonce notamment le « manque d’ambition » des études gouvernementales par rapport aux visions de l’ADEME et l’association Negawatt.

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Pour le Réseau Action Climat : « Contrairement à ce qu’affirment l’industrie et les compagnies aériennes, les innovations technologiques (moteurs et carburants) et les nouveaux processus dans le secteur ne suffiront pas à compenser la hausse du trafic. Même dans le scénario le plus ambitieux, les projections révèlent un fossé de 153 à 387 millions de tonnes de CO2 pour atteindre l’objectif de 50 % de réduction d’émissions pour 2050, soit environ le tiers des émissions actuelles. »

Si l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été un premier pas, il reste de nombreuses mesures à mettre en place pour que le transport aérien soit traité à la hauteur de la pollution qu’il génère et de l’énergie qu’il consomme. Va-t-on devoir vivre un crash climatique pour que les politiques régulent enfin l’expansion de l’aviation ?

L’article de La Relève et La Peste est ici.

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Eclipse lunaire du 27 juillet 2018 : des précisions

Après l’article paru le samedi 13 juillet sur l’éclipse lunaire du 27 juillet, voici des explications plus précises sur cet évènement. Et, au même moment, un second évènement aura lieu : l’opposition de Mars. Tous ces détails sont expliqués de manière simple et accessible sur la page Twitter @astropierre.

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Bonsoir à tous et toutes. Cette fin de mois, deux beaux événements astronomiques auront lieu dans le ciel ( & ) et je vois déjà de grosses âneries publiées là-dessus. Allez, c’est parti pour une bonne petite mise au point astro !

Dans la suite, je rappellerai d’abord ce qu’est une éclipse de Lune, et ce que celle-ci a de spécial. Puis ce qu’est une opposition de Mars et ce que celle-ci a de spécial aussi. Et je finirai par une FAQ de trucs que vous risquez de lire à droite et à gauche sur la toile…

Allez, commençons par l’éclipse. Une éclipse de Lune, ça se produit lorsque la Lune pénètre dans l’ombre de la Terre. Pendant quelques dizaines de minutes à quelques heures, elle devient plus sombre et semble «disparaître» du ciel. Souvent elle ne devient pas parfaitement noire mais prend plutôt une teinte rougeâtre sombre. Cela est dû à l’atmosphère terrestre qui « filtre » la lumière du Soleil.

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Souvent elle ne devient pas parfaitement noire mais prend plutôt une teinte rougeâtre sombre. Cela est dû à l’atmosphère terrestre qui « filtre » la lumière du Soleil (rappelons, pour la suite de l’explication, que le Soleil émet une lumière globalement blanche. On rappellera aussi que le blanc n’est pas une couleur mais la somme de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, qu’on appelle « spectre visible).

Lorsque la lumière du Soleil (blanche) traverse l’atmosphère terrestre, la partie bleue du spectre visible est diffusée par l’atmosphère, et à force, ce sont surtout les rayons rouges qui émergent de l’autre côté et vont teinter la Lune de cette couleur carmin.

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La conséquence de l’image précédente, c’est que la Lune ne devient pas rouge tout de suite. Elle commence par traverser une zone de pénombre, où son éclat diminue, puis, seulement, arrive dans l’ombre complète, où elle devient rouge, avant d’en ressortir un peu plus tard. Remarquez, au passage qu’il est très rare que l’alignement soit tellement parfait pour que la Lune passe EXACTEMENT au centre de l’ombre de la Terre. En fait, ça n’arrive quasiment jamais.

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Parfois, on me demande : «Si la Lune fait un tour autour de la Terre en un mois (~27 jours), comment se fait-il qu’à chaque fois qu’elle passe derrière la Terre, il n’y a pas une éclipse de Lune ?» Bonne question (merci d’avoir demandé). En fait, la Lune ne tourne pas exactement dans le même plan que l’orbite de la Terre. Son orbite est inclinée de 5° environ, et donc, la plupart du temps, elle passe soit au-dessus soit en-dessous de l’ombre de la Terre. C’est pour ça qu’il n’y en a que quelques-unes par an.

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Bon, maintenant qu’on sait ce qu’il faut sur les éclipses de Lune en général, passons à celle qui va survenir ce 27 juillet 2018. Tout d’abord, comme toute éclipse, elle ne peut être vue par tout le monde. Une partie des pays ne sera tout simplement pas du bon côté pour ça.

Voici la carte de l’éclipse de Lune de ce 27 juillet 2018. Nous allons la déchiffrer un peu :

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Ce qu’elle nous dit, c’est que les pays comme le Soudan, l’Ethiopie, l’Arabie Saoudite et l’Inde verront toute l’éclipse : l’entrée dans la pénombre, l’entrée dans l’ombre, le joli moment rouge, la sortie de l’ombre et celle de la pénombre. Parfait pour eux… Chouette. «Mais», me direz-vous, «et la France ? Je vois bien qu’il y a des traits bizarres. On n’est ni dans la zone parfaite, ni dans la région des pas-de-bol, n’essaye pas de nous la faire à l’envers, c’est pas bon, hein ? Ne nous ménage pas ! Crache le morceau !!!».

Alors déjà, on se calme, et ensuite, oui, pour la France, ce ne sera pas parfait-parfait. En Fait, la France ne sera pas suffisamment bien alignée pour voir le début de l’éclipse (qui commencera alors que, de chez nous, la Lune sera encore en-dessous de l’horizon). Plus précisément, la Lune se lèvera, vers 21h, au moment du maximum de l’éclipse (Lune au milieu de l’ombre de la Terre). Au fur et à mesure que la Lune se lève dans le ciel, on verra donc 50 minutes d’ombre (rougeâtre), puis la pénombre, jusqu’à la fin de l’éclipse peu après 23h. On aura donc droit, en France, à exactement la moitié de l’éclipse, sitôt qu’on la verra apparaître à l’horizon. C’est mieux que rien.

Alors, qu’est-ce qu’elle a de spécial, cette éclipse de Lune ?… Vous vous rappelez lorsque je vous disais, tout à l’heure, qu’il était très rare que la Lune passe bien au milieu de l’ombre de la Terre ? Eh bien c’est justement ce qui va arriver lors de celle-ci. Et cet alignement quasi-parfait en fera la plus longue éclipse de Lune du XXI ème siècle. Plus de 6 heures d’éclipse, d’un bout à l’autre (pénombre + ombre). Pas mal, non ?

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Source : Tomruen — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Enfin, et pour terminer sur cette éclipse, je rappelle que l’observation d’une éclipse de Lune NE REPRÉSENTE AUCUN DANGER. Ce sont les éclipses de Soleil qui représentent un danger potentiel pour l’œil. Le Soleil envoie infiniment trop de lumière pour être regardé en face, même lors d’une éclipse de Soleil. Mais la lumière de la Lune n’est absolument pas dangereuse pour l’œil. Vous pouvez la regarder à l’œil nu, avec les jumelles du grand-père, la lunette astronomique de votre fille, le télescope du voisin, ce que vous voulez, il n’y a aucun danger, alors profitez-en !!!

OK, le 27 Juillet, il y a une belle éclipse de Lune. Parfait. Mais le meilleur, dans tout ça, c’est qu’au même moment, au même endroit dans le ciel, un autre événement astronomique viendra chatouiller vos rétines : une opposition de la planète Mars ! Une opposition, c’est, par définition, lorsque 2 corps se trouvent à l’opposé l’un de l’autre. Ici, c’est Mars et le Soleil qui sont opposés par rapport à la Terre.

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Cela implique plusieurs choses. D’abord, comme Mars et le Soleil sont opposés, ça signifie que, vu depuis la Terre, lorsque le Soleil se couche (à l’Ouest), Mars se lève (à l’opposé, à l’Est). Mars est donc visible toute la nuit dans le ciel (et rien que ça, c’est cool). Mais surtout, lors d’une opposition martienne, la Planète Rouge est au plus proche de la Terre, sur son orbite. Cela signifie qu’elle brille plus fort dans le ciel, et que dans un télescope, elle est légèrement plus grosse, donc plus facile à observer.

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«Est-ce que c’est rare ?», me demanderez-vous alors ? «Pas trop», vous répondrai-je avec la précision et l’exactitude qui me caractérise. Bon, sans rigoler, une opposition martienne, ça arrive tous les 2 ans et 50 jours. Ce qui est intéressant là-dedans, c’est que comme l’orbite de Mars est assez elliptique (ovale), Mars et la Terre ne sont pas toujours à la même distance à chaque opposition.

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Du glyphosate dans du miel ? La justice ouvre une enquête

325  Un article de Science et Avenir avec AFP, le 06/07/2018.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire pour « administration de substances nuisibles » après une plainte d’un syndicat d’apiculteurs de l’Aisne contre Bayer. Une « première » saluée par les apiculteurs.

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Le syndicat apicole de l’Aisne, qui réunit 200 apiculteurs pour la plupart amateurs, avait porté plainte début juin 2018 contre Bayer après que du glyphosate a été détecté dans le miel d’un de leurs membres. L’enquête ouverte par le parquet de Lyon pour « administration de substances nuisibles » en est à son début. Il travaille pour le moment en lien avec le Pôle de Santé publique du tribunal de grande instance de Marseille sur ce dossier, sans viser spécifiquement le groupe Bayer. De son côté, la multinationale indique simplement avoir appris l’information « par voie de presse » et précise n’avoir toujours pas été informé d’un dépôt de plainte.

« Je suis ravi qu’on prenne cette affaire très au sérieux et qu’on s’attaque au problème du miel en France. Il concerne certes la santé des abeilles, mais aussi celle des hommes. A ma connaissance, c’est une première », a réagi auprès de l’AFP l’avocat du syndicat apicole, Me Emmanuel Ludot. « Ça prouve que malheureusement, il y a du glyphosate partout dans la nature. On n’y échappe pas », poursuit Gilles Lanio, président de l’Union nationale des apiculteurs de France (Unaf).

12% des lots fournis contiennent du glyphosate

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« C’est une bonne chose, pour moi mais aussi pour tous les autres apiculteurs qui vivent de ça. Il faut faire quelque chose, beaucoup de ruches crèvent »,a réagi auprès de l’AFP l’apiculteur en question, Sylvère Obry. Apiculteur amateur dans l’Aisne, cet ex-ouvrier agricole de 78 ans possède 90 ruches et a l’habitude de vendre ses excédents au groupe Famille Michaud Apiculteurs, le plus gros acteur du miel en France (marque « Lune de Miel »). Famille Michaud Apiculteurs, qui analyse tous les miels, avait refusé trois des fûts de Sylvère Obry en février 2018. Soit 900 kilos de miel toutes fleurs. Le groupe y avait détecté des traces de l’herbicide qualifié de « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Interrogé début juin par l’AFP, la Famille Michaud Apiculteurs avait indiqué que des « substances exogènes dont le glyphosate » étaient régulièrement détectées dans le miel. Sur la dernière récolte, le taux de contamination au glyphosate était de 12% parmi les lots fournis au groupe en France, et sept apiculteurs avaient dû récupérer leurs livraisons, selon Vincent Michaud, PDG du groupe.

Un niveau inférieur au seuil maximal

Il s’agit de la première plainte déposée contre un produit Monsanto depuis que Bayer a racheté le géant de l’agrochimie américain, acquisition qui reste toutefois soumise à l’approbation définitive des autorités de la concurrence américaines. La licence du glyphosate a été renouvelée dans l’Union européenne pour cinq ans en novembre. Pour la France, le glyphosate sera interdit « dans ses principaux usages » d’ici 2021, et « pour tous les usages » d’ici 5 ans, a promis le gouvernement.

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Les miels refusés de M. Obry présentaient une contamination de 16 ppb (soit 16 particules de glyphosate dans un milliard de particules), un niveau toutefois inférieur au seuil maximal de 50 ppb autorisé par la réglementation européenne. « Le miel est un cas particulier car il est le seul produit alimentaire fait par un animal qui échappe à tout contrôle:  l’abeille butine dans un rayon de 3,5 km autour de la ruche » explique Vincent Michaud, PDG du groupe. En 2015, une enquête pénale sur la commercialisation par le groupe Bayer de l’insecticide Gaucho et ses conséquences pour les abeilles s’était soldée par un non-lieu. L’Unaf avait alors dénoncé « l’impuissance totale des juridictions pénales françaises à apporter une réponse efficace aux infractions environnementales ».

L’article de Science et Avenir est ici.

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Eclipse lunaire du 27 juillet 2018 : la plus longue du siècle

302  Un article de PositivR, par Axel Leclercq, le 03/07/2018.

Cette fois, vous aurez tout le temps qu’il faut pour profiter du spectacle. Le phénomène, observable depuis la France, sera particulièrement long.

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Si les éclipses vous fascinent, ne ratez pas l’éclipse lunaire du 27 juillet 2018 : ce sera la plus longue du siècle et, si la météo est de notre côté, elle devrait être visible depuis n’importe quel point de l’Hexagone ! Lumière sur un événement à ne pas rater.

Une éclipse lunaire, c’est quand le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés et que, par conséquence, notre satellite naturel est masqué par l’ombre de la Terre.

La dernière fois que notre planète a connu un tel événement (non visible depuis la France), c’était le 31 janvier 2018. Cela avait alors duré 1 heure et 16 minutes. Mais, cette fois, le phénomène, qui sera total, durera 1 heure, 42 minutes et 57 secondes, soit la plus longue éclipse lunaire qu’il nous sera donné de voir pendant tout le 21ème siècle…

Pourquoi un tel record ? Parce que la Lune sera particulièrement éloignée de la Terre, or, plus notre satellite est loin de nous plus sa vitesse orbitale est lente, plus il met de temps à traverser l’ombre de notre planète. Et ici, cerise sur le gâteau, lorsque la Lune se situera au centre de l’ombre de la Terre, elle prendra une couleur cuivrée. Regardez :

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Source : Tomruen — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Selon le site Time and Date, nous devrions pouvoir observer le phénomène dès 21h30 et l’éclipse lunaire sera totale à 22h21.

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Congo : des parcs naturels classés ouverts à l’exploitation pétrolière

717  Un article de Mr Mondialisation, le 03/07/2018.

Visiblement, même les zones protégés, et donc théoriquement préservées des exploitations industrielles, doivent faire profil bas devant l’avidité des pétroliers et le manque de courage de la part des dirigeants. Après le Congrès américain, qui autorisait l’exploration pétrolière et gazière au sein de l’Arctic National Wildlife Refuge » en décembre dernier, c’est au tour de la République démocratique du Congo d’envisager des activités extractives dans deux parcs naturels classés à l’Unesco, selon un document ayant fuité la semaine passée. 

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Ce qui est fait peut être défait : trois espaces protégés légalement, l’un aux États-Unis et les deux autres en République démocratiques du Congo, pourraient voir arriver les pétroliers d’ici quelques mois. Dans chacun des deux pays, les représentants politiques ont manifesté leur volonté de prendre des décisions allant en ce sens. D’aucuns seraient tentés de dire que c’est un échec des politiques visant à protéger certains espaces des avidités industrielles par le droit.

Une biodiversité unique menacée

En République démocratique du Congo, ce sont deux parcs naturels classés au patrimoine mondial de l’Unesco qui sont concernés. Le Virunga – dont 172 075 hectares soit 21,5% de sa surface totale du parc sont menacés – et le Solonga, pour lesquels les chiffres ne sont pas encore disponibles. Les réserves sont estimées à « 6,758 milliards de barils avec les recettes budgétaires additionnelles de sept milliards de dollars ». Difficile d’y résister. Le 3 mai dernier, l’ONG Global Witness avait révélé qu’une commission interministérielle chargée par le gouvernement étudiait le déclassement partiel de ces deux réserves. Ces espaces abritent pourtant une faune et une flore exceptionnelles, d’où leur classement parmi les parcs nationaux et les sites de l’Unesco. Selon l’ONG Global Witness, « le parc de la Salonga abrite près de 40 % de la population mondiale de bonobos, tandis que celui des Virunga constitue un habitat vital pour de nombreuses espèces protégées, les hippopotames, les éléphants et certains des derniers gorilles des montagnes au monde ».

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Ce projet intervient quelques mois à peine après une décision de même type prise par les États-Unis le 20 décembre dernier. Le Congrès américain autorisait alors l’exploration pétrolière dans l’Arctic National Wildlife refuge, l’une des plus vastes réserves naturelles d’Alaska (78 000 km2), près de 40 après son classement en 1980. Ici aussi, c’est la promesse de l’or noir qui a guidé la chambre : on estime que le sous-sol de cette région recèlerait environ 7,7 milliards de barils de pétrole. Désormais se sont 6 070 km2 de la plaine côtière qui pourraient bien voir arrivés les immenses foreuses. Le ton est donné : pour perpétuer notre modèle économique global, il faudra sacrifier jusqu’au dernier espace naturel, officiellement protégé ou non.

Pressions sur le marché du brut

La convoitise pour l’or noir s’explique par la raréfaction globale de la ressource (qui se matérialise notamment par la baisse du taux de retour énergétique) et les tensions nationales ou internationales dans certains pays ou régions producteurs, notamment au Venezuela et en Iran. Entre 2017 et 2018, les cours du brut ont augmenté de 45 %, passant de 45 à 80 dollars, faisant même planer les craintes d’une nouvelle crise économique globale, comme en témoigne une note de la banque Natixis. Rappelons que la consommation mondiale de pétrole représente 97,4 millions de barils de brut par jour.

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Dans ce contexte, et alors que le pétrole est toujours le principal moteur de l’économie mondiale, il n’est pas étonnant de voir certains pays redoubler d’efforts pour assurer leur approvisionnement, oubliant la menace climatique au profit d’intérêts économiques de très court terme. En dépit des multiples alertes des scientifiques et bien que les énergies renouvelables se développent, non sans effets secondaires, les émissions de gaz à effet de serre continuent de progresser. Le dernier rapport de l’agence internationale de l’énergie est d’ailleurs bien sombre. D’ici 2040, les émissions de gaz à effet de serre devraient augmenter de 5 % et la demande en énergie devrait faire un bond en avant de 30 % sur la même période. Des perspectives particulièrement inquiétantes pour l’environnement. Mais, en dépit de la situation, il n’est pas l’heure de baisser les bras pour les militants écologistes.

L’article de Mr Mondialisation est ici.

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