La première usine d’extraction du CO2 de l’air pourrait ouvrir prochainement en Suisse .

325  Un article de Sciences et Avenir, par Erwan Lecomte, le 10 mai 2017.

L’entreprise suisse Climeworks devrait mettre en marche le 31 mai 2017 la première installation à l’échelle industrielle d’extraction du CO2 de l’air.

C’est à la fin du mois, le 31 mai 2017, que la première usine dédiée à la capture du CO2 de l’air devrait être mise en service. Oeuvre de la société suisse Climeworks, cette installation est basée à Hinwil, à 5 kilomètres environ à l’est de Zurich. « L’usine » se présente sous la forme de 18 gros ventilateurs enchâssés dans des cubes empilés sur trois rang. Leurs pales brassent l’air afin de le faire circuler contre un matériau faisant office de filtre, à la surface duquel il va se lier chimiquement. Cette opération s’effectue à température ambiante. Une fois que les filtres sont saturés, il suffit de les chauffer à 90°C pour détacher les molécules de CO2 qui se retrouvent alors de nouveau à l’état gazeux. L’opération s’effectuant en vase clos, l’usine de Climeworks peut alors disposer d’un gaz composé presque exclusivement de dioxyde de carbone pur… que l’entreprise a l’intention de vendre. Car contrairement à nombre de prototypes qui se positionnent plutôt sur le marché de la compensation carbone, Climeworks espère parvenir à faire du CO2 une ressource exploitable commercialement. Le CO2 peut intéresser de nombreux marchés : cultures sous serres qui ont besoin de réalimenter leurs végétaux en dioxyde de carbone, pour gazéifier des boissons ou contribuer à fabriquer des biocarburants…

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Si l’on en croit les chiffres fournis par Climeworks, cette première installation pourrait extraire 900 tonnes de CO2 atmosphérique par an. Pour comparaison, une voiture émet en moyenne 2 tonnes de CO2 par an. L’objectif est avant tout de prouver que le dispositif, opérationnel en laboratoire, fonctionne à une échelle industrielle. Car même si l’usine parvient effectivement à retirer une partie du CO2 de l’air, il est primordial pour les chercheurs de vérifier que le bilan carbone global du dispositif est bien négatif. En effet, pour faire fonctionner ses ventilateurs cette usine consommera une grande quantité d’électricité… qui ne doit surtout pas produire de carbone sous peine de réduire voire d’annihiler le bénéfices environnemental de cette installation. Il est à noter que le procédé de nettoyage régulier des filtres par chauffage devrait, lui, consommer peu d’électricité puisque la chaleur nécessaire à l’opération sera émise par un incinérateur voisin, celui de l’entreprise Kezo. C’est d’ailleurs lui aussi qui devrait alimenter le dispositif en électricité.

Si cette installation est la première d’une taille que l’on peut qualifier d’industrielle, ce n’est toutefois pas la seule du genre. D’autres entreprises travaillent également à extraire le dioxyde de carbone de l’air. On peut ainsi citer les prototypes de l’entreprise canadienne Carbon Engineering ou, à moindre échelle, l’installation récente de colonnes Morris expérimentales remplies d’algues photosynthétiques. Mais même si ces dispositifs s’avèrent fonctionnels, ils ne doivent pas nous faire oublier l’impérieuse nécessité d’agir sur le principal levier : réduire les émissions de CO2 issues des activités humaines, comme s’y sont engagés les pays signataires de l’accord de Paris en décembre 2015.

L’article de Sciences et Avenir est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en mai 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact, avis de l’autorité environnementale, avis de la commissaire enquêteur, avis du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une unité de fabrication de granulés de bois et une centrale biomasse. J'ai été atterrés par ce que j'y ai lu. Plusieurs riverains étaient du même avis, nous avons donc créé un collectif. Au bout de quelques mois ce collectif est devenu une association : Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient une autorisation complémentaire permettant d'utiliser du bois de classe B (bois peints, collés, vernis et contenant potentiellement des métaux lourds) dans le process de fabrication de son pellet industriel. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter que le préfet du Nord avait accordé à la société Jeferco.
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