Arrachage de haies : huit agriculteurs jugés

Un article de La Thiérache, par Clément Raveaux, le 23/09/2021.

Pour avoir détruit l’habitat d’espèces animales protégées, huit agriculteurs de Thiérache se sont retrouvés devant la justice. Tous ont pratiqué l’arrachage de haies pour cultiver leurs terres. Tous minimisent leurs actes.

Afin d’expliquer leurs procédures, la police de l’environnement était au procès. Depuis les années 90 et le remembrement, certains agriculteurs ont pris l’habitude de détruire les haies pour agrandir les zones cultivables.

240 mètres de haies à Plomion, 256 mètres de haies à Besmont, 308 mètres de haies à Thenailles, 350 mètres de haies à Iviers et Dohis, 1 et 1,5 km de haies à La Flamengrie…

Ce vendredi 17 septembre, au tribunal correctionnel de Laon, les jugés du jour ne sont pas le public de délinquants habituel. Sur le banc des prévenus, huit agriculteurs comparaissent pour les mêmes faits : la destruction non autorisée de l’habitat d’espèces animales protégées. En clair : pour de l’arrachage de haies. « 1ere cause de la perte de biodiversité mondiale », comme l’a rappelé le chef de service départemental de l’Office français de la biodiversité.

3 ans encourus pour arrachage de haies

La destruction d’habitat des espèces est désormais passible de 3 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende. Une peine de prison potentiellement lourde. « Autant que le vol simple » a rappelé la substitute du procureur, Anne Decarpentrie, pour faire saisir aux prévenus la gravité de leurs actes.

« 3 ans, c’est à la hauteur des dégâts sur la biodiversité », lance-t-elle à des agriculteurs presque surpris d’être là. Tous ceux qui ont été jugés ce jour se sont présentés sans avocat. Et tous ont minimisé les faits. « On se retranche derrière de petites excuses mesquines et pathétiques », s’est agacée Anne Decarpentrie. « C’est exaspérant, ça montre le niveau de l’indifférence à la protection de la Terre ».

Constatations incontestables

Dans chacun des cas, c’est la police de l’environnement, bras armé de l’Office français de la biodiversité (OFB), qui a constaté les faits, dans sa mission de « surveillance du territoire, et grâce à des comparaisons photographiques », a rappelé la présidente, Karell Chan. « L’habitat est le lieu qui peut être utile à la reproduction, au nourrissage ou au repos des espèces protégées. Un seul de ces éléments, ou les trois », explique alors l’officier de l’OFB. Ce qui est le cas des haies du bocage thiérachien. « Elles abritent plusieurs types d’espèces… »

L’article de La Thiérache est ici.

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