L’Europe fait un pas pour mieux gérer et protéger ses forêts

Un article de l’association Canopée, par Sylvain Angerand, le 16/07/2021.

Dans la continuité de la présentation de son plan climat, la Commission européenne présente aujourd’hui sa stratégie européenne pour les forêts. Des propositions qui vont dans le bon sens mais qui pourraient être insuffisantes, avec une pression sur les forêts qui augmente. Notre analyse.

Forêt de Mormal (Nord) en octobre 2017.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour Canopée : « Pour la première fois à ce niveau, un cadre est proposé pour construire une politique forestière s’appuyant sur les écosystèmes et avec un objectif clair de restauration de la biodiversité. L’enjeu est maintenant de renforcer ces propositions et de les protéger face aux intérêts d’une partie des industriels, partisans d’une gestion forestière intensive».

Les propositions clés de ce texte sont les suivantes :

  • La Commission fixe comme une précondition l’importance d’avoir des forêts en bonne santé et diversifiées pour fournir de nombreux services, notamment la production de bois. Elle demande explicitement à faire évoluer les méthodes de gestion forestière ;
  • Des pratiques comme les coupes rases doivent être strictement encadrées et les monocultures, qui représentent aujourd’hui l’essentiel des plantations, doivent être découragées ;
  • A l’inverse, la Commission propose de réorienter les aides pour soutenir les propriétaires publics et privés de forêts vers des méthodes de gestion préservant mieux les sols, encourageant la diversité d’arbres ou encore le maintien d’un couvert continu d’arbres ;
  • Pour mieux identifier ces pratiques, la Commission propose de réfléchir à la création d’un nouveau certificat permettant de mieux identifier les produits en bois issus d’une gestion forestière « proche de la nature »;
  • La Commission propose de mettre en place un système centralisé pour suivre l’état des forêts en Europe. Une étape indispensable pour restaurer un état écologique favorable des forêts mais qui se heurte de façon frontale aux intérêts de l’industrie ;
  • Enfin, la Commission pointe l’impact direct de la hausse de la récolte de bois sur le puits de carbone forestier qui diminue. Malheureusement, ce texte reflète les tensions internes au sein de la Commission puisque c’est, en grande partie, à cause de la directive sur les énergies renouvelables que la récolte de bois pour l’énergie augmente de façon très forte. Une politique qui n’est pas remise en cause.

En juin 2021, une première version de cette stratégie a fuité et a entrainé une levée de boucliers immédiate des partisans d’une gestion forestière plus intensive des forêts. En soutien aux propositions de la Commission, Canopée a coordonné une tribune pour faire entendre la voix de plus de 1500 acteurs de la filière forêt bois (gestionnaires, techniciens, propriétaires, exploitants, scientifiques, associatifs…).

Sylvain Angerand, conclut : « Le fait que la Commission ait résisté aux sirènes des partisans d’une gestion forestière plus intensive des forêts est à souligner. La bataille va néanmoins s’intensifier dans les prochains mois. Ce qui se joue, c’est la construction d’une vision fédératrice et enthousiasmante de la forêt s’appuyant sur un nouveau contrat de société entre les forestiers et les citoyens. »

L’article de Canopée est ici

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