TotalEnergies met fin à l’importation d’huile de palme sur son site de La Mède

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Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 09/07/2021.

TotalEnergies a acté la fin de l’huile de palme sur ses sites. Le PDG de l’entreprise, Patrick Pouyanné, a annoncé cesser l’importation de cette huile controversée dans son site de La Mède et dans toute la compagnie à partir de 2023. C’est la fin d’un bras de fer engagé par les associations environnementales depuis plusieurs années.

« Bioraffinerie » Total de La Mède (Bouches-du-Rhône).

TotalEnergies a choisi de mettre de l’huile dans ses rouages. Son PDG, Patrick Pouyanné, a annoncé que le géant énergétique français cesserait d’utiliser la très controversée huile de palme d’ici deux ans. Il l’annonce dans un entretien publié le 5 juillet dans le quotidien régional La Provence. « À compter de 2023 il n’y aura plus d’huile de palme à La Mède, ni nulle part dans la compagnie », a-t-il affirmé. Le site de La Mède, situé dans les Bouches-du-Rhône, possède une raffinerie produisant jusqu’à 500 000 tonnes de biocarburants par an, destinés à aux industries automobile et aérienne. 

Cette décision met fin à un combat qui oppose le groupe à des ONG environnementales depuis plusieurs années. En mars, six associations, dont Greenpeace, avaient contesté devant la justice l’autorisation préfectorale d’exploitation de la raffinerie de La Mède, reprochant au groupe l’importation de l’huile végétale, à l’origine de déforestation en Indonésie et en Malaisie. Un mois plus tard, la justice a partiellement annulé l’autorisation d’exploitation du site, estimant incomplète l’étude d’impact environnemental, qui ne prenait pas en compte les effets indirects liés à la déforestation.

Total, rebaptisé fin mai TotalEnergies pour refléter le fait de vouloir devenir une compagnie multi énergies, a décidé de « repenser un certain nombre de sujets qui ont pu créer des polémiques, dont la fameuse huile de palme », explique le PDG.

Les filières alternatives de La Mède seront préservées

« Nous avons tiré la leçon de cette polémique », a affirmé le patron, se disant « convaincu que faire du biocarburant à base d’huile végétale a maintenant moins d’avenir car on se heurte à la question de l’affectation des terres agricoles ». Augmenter la fabrication d’agrocarburants, produits à partir de matières organiques, nécessite d’augmenter la superficie de terres agricoles destinées à la production, et conduit par exemple à la destruction de zones forestières. « Total doit cependant tirer immédiatement les conclusions qui s’imposent : cesser toute incorporation d’huile de palme, mais aussi d’huile de soja qui présentent les bilans les plus désastreux en matière environnementale », a souligné Greenpeace.

Cette décision ne remet cependant pas en question l’avenir du site des Bouches-du-Rhône. « Le modèle économique de La Mède, compte tenu des filières alternatives qui se sont développées, sera préservé », a assuré le PDG, envisageant de « sans doute investir dans un biométhaniseur pour valoriser les terres qui nous servent à filtrer les huiles ». La biométhanisation est un processus naturel permettant de produire du biogaz à partir de la décomposition de matières organiques végétale ou animale.

L’article de Novethic est ici.

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