Les États-Unis s’engagent à réduire de 50 % leurs émissions d’ici 2030, revenant ainsi dans le combat climatique

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 22/04/2021.

Joe Biden l’avait annoncé. Le 22 avril, Jour de la Terre, les États-Unis dévoileraient leurs nouvelles ambitions climatiques lors du Sommet sur le climat. Promesse tenue. Le pays s’est engagé à diminuer de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Alors que la population états-unienne reste l’une des plus sceptiques en matière changement climatique, le Président mise sur l’emploi pour tenter de faire accepter l’ambition.

Le Sommet pour le climat rassemble des dirigeants du monde entier pour préparer la COP26.
Brendan Smialowski / AFP

Lors de l’inauguration du Sommet virtuel sur le climat, tenu à l’occasion de Earth Day (le jour de la planète), le Président Joe Biden s’est engagé le 22 avril à réduire les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis de 50 % d’ici à 2030 par rapport à 2005. Un engagement plus ambitieux que le précédent, porté par Barack Obama, qui visait une réduction de  26 % à 28 % des émissions à l’horizon 2025. Alors que la COP26 approche, et que de nombreux États n’ont pas annoncé leurs nouvelles contributions dans la lutte contre le réchauffement climatique, l’objectif est affirmé : « mettre le monde au défi de relever ses ambitions et combattre la crise climatique ».

Depuis son arrivée au pouvoir, Joe Biden ne cesse de donner des gages de sa bonne volonté. Dès le premier jour de son mandat, en janvier 2021, il annonçait le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris, après le retrait orchestré par l’administration de Donald Trump. Une initiative saluée lors du Sommet. La chancelière allemande Angela Merkel s’est déclarée « enchantée » du retour des États-Unis dans le combat pour le climat. « Le monde a besoin de votre contribution », a-t-elle ajouté.  « Je veux saluer l’annonce de la contribution américaine c’est un choix historique sur le chemin qui nous mène vers Glasgow », a quant à lui salué Emmanuel Macron, lors de son allocution.

Verdir le « rêve américain »

Mais Joe Biden s’est voulu rassurant, dans un contexte d’explosion du chômage. Alors que l’ancien Président Donald Trump misait sur le développement de secteurs très polluants comme le charbon ou l’extraction du pétrole et du gaz de schiste pour créer de l’emploi, Joe Biden promet que la lutte contre le réchauffement climatique est une aubaine bien plus prometteuse. « Ce moment ne se résume pas à la préservation de notre planète. Quand les gens parlent de climat, je pense emploi. Je vois une opportunité de créer des millions d’emplois syndiqués, bien rémunérés et de classe moyenne. »

Il a surtout tenté de rassurer les ouvriers issus des « vieilles » économies (agriculture, bâtiment, industrie…) dont les emplois sont les premiers touchés. « Je vois des ouvriers qui posent des milliers de kilomètre de ligne de transmission pour un réseau propre moderne et résilient, a-t-il dépeint. Je vois des travailleurs qui bouchent des centaines de milliers de puits de pétrole et de gaz abandonnés qui ont besoin d’être nettoyés [….]. Je vois les agriculteurs américains déployer des outils de pointe et faire du sol de notre pays la prochaine frontière de l’innovation en matière de carbone ». Une façon de faire accepter ses ambitions nouvelles, alors que la population états-unienne compte parmi les plus climatosceptiques dans le monde.

L’article de Novethic est ici.

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