Échec des objectifs de pêche durable : la France navigue en eaux troubles

Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 09/03/2021.

Adieu le cabillaud de la Mer du Nord ou le Merlu de la Mer méditerranée. En 2019, selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la Mer (Ifremer), encore 20 % des populations de poissons ont été surpêchées. Si l’état écologique des principales espèces pêchées en France s’améliore nettement depuis une vingtaine d’années, l’Hexagone est encore loin d’atteindre l’objectif fixé de 100% de pêche durable pour 2020.

Le merlu de Méditerranée a été classé comme population effondrée par l’Ifremer.
Piola666 / Istock

L’Union Européenne s’était fixée l’objectif d’atteindre 100% de populations de poissons en bon état en 2020. L’Hexagone est encore loin du compte. Selon le bilan annuel sur l’état écologique des principales espèces débarquées dans les ports de France métropolitaine, publié mi février par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la Mer (Ifremer), environ 20% des populations de poissons sont encore surpêchées. Soit parce que, malgré un nombre d’individus jugé bon, la pression de la pêche est trop importante, soit parce que tous les indicateurs sont au rouge comme pour la sole de la mer du Nord. Pire, l’Ifremer estime que 2% des populations sont effondrées, comme le merlu de Méditerranée, où les reproducteurs ne sont plus assez nombreux pour reconstituer la population.

Le nouveau rapport s’appuie sur les données de 2019, avant la pandémie. Environ 400 000 tonnes de poissons ont été capturés cette année-là. Le rapport a évalué 160 populations, parmi les plus pêchées en France. Pour juger de la viabilité de chacune d’entre elles, l’Institut a calculé la quantité d’individus de poissons, notamment les reproducteurs par rapport aux quantités d’animaux pêchés.

Mais la situation s’améliore

En revanche, la situation s’améliore nettement depuis deux décennies. En 2019, 60 % des volumes de poissons pêchés en France étaient issus de populations exploitées durablement, contre 48 % en 2018 et seulement 15% il y a vingt ans. Sur ces 60% de populations gérées durablement aujourd’hui, 47% proviennent de populations en « bon état », comme les coquilles Saint-Jacques de la Manche ou les merlus du Golfe de Gascogne, de la mer Celtique et de la Mer du Nord. Les 13% restants sont issues de populations jugées reconstituables, c’est-à-dire où la pression de pêche est dans les normes, mais où la quantité de reproducteurs est encore insuffisante, comme le thon rouge de la Méditerranée.

La Méditerranée est souvent pointée du doigt pour sa surpêche. L’Ifremer y a concentré une partie de ses recherches. Certaines espèces sont particulièrement touchées, comme le merlu et le rouget barbet. À l’été 2019, un premier plan pluriannuel de la gestion de la pêche en Méditerranée occidentale a vu le jour. Le but est de permettre une protection plus efficace des populations dans cette région, avec par exemple la mise en place d’une fermeture de trois mois de certains sites pour protéger les juvéniles. D’après le Conseil de l’Union européenne, au rythme actuel, plus de 90 % des poissons qui vivent au fond de la mer en Méditerranée occidentale seraient surexploités d’ici 2025.

L’article et l’infographie de Novethic sont ici.

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