Pluies diluviennes et canicules : Météo France anticipe un climat extrême en 2100

  Un article de Novethic, par Pauline Fricot, le 09/02/2021.

Températures maximales dépassant les 50°C, sécheresses, épisodes de pluie intenses plus fréquentes… Météo France a publié le 1er février de nouvelles projections climatiques pour 2100, selon trois scénarios, du plus optimiste (+2,2°C ) au moins vertueux (+3.9°C). Le rapport a permis de souligner les disparités régionales, particulièrement importantes.

À Paris, la Seine est sortie de son lit, inondant les voies de circulation.  JMLPYT Istock

Seine, Garonne, Rhône… Les débordements de fleuves se multiplient depuis plusieurs jours. Et ce n’est qu’un avant goût. Depuis la fin du mois de décembre, il est tombé deux fois plus de pluie qu’à la même date l’an passé. Si l’on s’en tient aux nouvelles projections publiées par Météo France le 1er février : avec le réchauffement climatique, les épisodes de pluies seront de plus en plus intenses ces prochaines décennies, tout comme les périodes de sécheresse qui atteindront un niveau encore jamais connu dans l’Hexagone.

L’Institut français a établi trois scénarios, liés à différents niveaux d’émissions de CO2. Le premier, dit RCP 2.6, pour Representative Concentration Pathway, envisage une baisse rapide des émissions de gaz à effet de serre permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2070. Le second, RCP 4.5, imagine des émissions en hause jusqu’en 2050 avant de décroître. Le troisième, RCP 8.5, simule une augmentation continue jusqu’à la fin du siècle. Les hausses de température seraient respectivement de 1°C, 2,2°C et 3,9°C.

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Le réchauffement atteindrait +3,9°C en 2100, par rapport à notre climat actuel, si nous n’agissons pas maintenant (scénario RCP 8,5). En limitant dès maintenant nos émissions (RCP 4,5), possible de limiter la hausse à 2,2°C.
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— Météo-France (@meteofrance) February 1, 2021

L’extrême devient la norme :

« Nous sommes actuellement sur une trajectoire qui n’est pas incompatible avec un scénario 8.5 », explique Patrick Josse, directeur des services climatiques à Météo France. Mais dans chacune des modélisations, le rapport met en avant des évènements climatiques plus extrêmes et plus fréquents. Le record de 46°C mesuré en juin 2019 dans l’Hérault ne ferait plus exception. Avec des températures supérieures à 2°C par rapport à la période pré-industrielle , « les étés les plus chauds que l’on connaît actuellement deviendront la norme, prédit le climatologue. Les étés « chauds » seront encore plus chauds, avec des températures maximales qui pourront approcher voire dépasser les 50 °C. Un mercure comparable à l’Afrique du Nord aujourd’hui. » 

Les jours de chaleurs seront également multipliés par deux selon le scénario le plus optimiste, et jusqu’à 10 fois pour le scénario 8.5. Cela signifie 20 à 35 jours de canicules par an contre seulement trois à quatre entre 1976 et 2005. Les précipitations seront plus importantes en hiver, baisseront l’été (jusqu’à -22%), et les périodes sans pluies augmenteront de 30 à 50% en 2100.

Une disparité régionale

L’étude de Météo France a permis d’apporter plus de précisions à l’échelle régionale : « Les chiffres ont été affinés, précisés, et déclinés sur l’ensemble de la France. Cela permet de faire apparaître des contrastes régionaux, qui sont sinon invisibilisés » détaille Patrick Josse. Les épisodes pluvieux plus nombreux et plus intenses concerneront notamment le Nord, le Nord-Est et le littoral de la Manche alors que le réchauffement sera plus important au sud-est. Dans les trois scénarios, la hausse des températures est plus marquée sur les zones de montagnes, comme dans les Alpes et les Pyrénées.

« L’évolution pour 2040-2050 est déjà jouée, puisque les gaz à effet de serre sont déjà présents dans l’atmosphère, précise Patrick Josse. Jusque là, l’enjeu va donc être avant tout de pouvoir s’adapter à des changements de cette amplitude. Les choix que l’on fait aujourd’hui seront en revanche déterminants pour la deuxième moitié du siècle. »

L’article de Novethic est ici.

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