La centrale biomasse de Gardanne devrait redémarrer début janvier

  Un article de france bleu, par Camille Payan, le 29/12/2020.

La cour administrative d’appel de Marseille vient de donner son feu vert pour autoriser à nouveau l’exploitation de la centrale biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône). Elle avait cessé toute activité depuis juin 2017 à cause de son impact sur les forêts du Sud-Est.

La centrale thermique de Provence, à Gardanne.

Depuis plus de trois ans, la centrale biomasse de Gardanne, la plus grande de France, était à l’arrêt. Les machines vont pouvoir reprendre du service début janvier : la cour administrative d’appel de Marseille a rétabli son autorisation d’exploitation. En juin 2017, le tribunal administratif de Marseille avait annulé l’autorisation de l’exploitant, à l’époque le groupe allemand Uniper, estimant qu’il n’avait pas suffisamment évalué l’impact d’une telle usine sur les forêts du Sud-Est.

Mais dans un arrêt en date du 24 décembre et rendu public lundi, la cour administrative d’appel a estimé « que l’exploitation forestière et la production d’électricité étaient des activités distinctes (…) et qu’elles ne pouvaient être regardées comme participant à la réalisation d’un même programme ». La cour a ainsi suivi les conclusions du rapporteur public lors de l’audience du 11 décembre.

70 emplois directs

Quelque 300 millions d’euros ont été investis dans cette centrale biomasse qui génère, selon son exploitant, 70 emplois directs. D’une puissance de 150 mégawatts, elle doit fournir à terme 6% de la production d’électricité de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en consommant 850.000 tonnes de biomasse. Cette unité biomasse est désormais cruciale pour l’avenir du site car l’unité charbon, déjà à l’arrêt depuis deux ans, ne reprendra pas, (en raison de l’engagement d’Emmanuel Macron de fermer les quatre dernières centrales à charbon de France).

Critiquée pour son gigantisme

La biomasse doit contribuer à la transition énergétique, mais l’usine de Gardanne est critiquée par des associations écologistes pour son gigantisme. France Nature Environnement estime qu’elle « prévoit l’abattage de centaines de milliers d’arbres par an, leur transport sur plusieurs centaines de kilomètres, pour produire une électricité qui coûtera trois fois le prix du marché » des arguments réfutés par l’État notamment.

Le 22 décembre dernier, les différents acteurs institutionnels et privés ont signé un « pacte pour la transition écologique et industrielle de Gardanne-Meyreuil » qui prévoit notamment de développer une activité bois autour de l’usine avec l’implantation d’une scierie ou le développement d’une filière hydrogène pour les usages locaux et de e-méthanol (carburant de synthèse vert).

L’article de France Bleu est ici.

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