One Planet Summit : 50 États sont désormais engagés à préserver 30 % de la planète d’ici 2030

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 12/01/2021.

La France organisait lundi 11 janvier un One Planet Summit consacré à la biodiversité. Elle a ainsi donné le coup d’envoi d’une année qui s’annonce décisive avec la tenue au second semestre de la COP15 sur la diversité biologique en Chine. Celle-ci doit aboutir à un nouvel accord mondial. L’un des objectifs désormais défendu par une cinquantaine de pays, est de placer 30 % de la planète sous protection d’ici 2030.

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Une trentaine de dirigeants sont intervenus lors du One Planet Summit biodiversité, organisé par l’Elysée lundi 11 janvier. capture d’écran

C’est l’un des objectifs phare de la prochaine COP15 sur la biodiversité, qui se tiendra au second semestre en Chine. Porté initialement par la France et le Costa Rica, au sein de la Coalition de la haute ambition pour la nature et les peuples, il vise à protéger 30 % de la planète d’ici 2030, dit objectif « 30×30 ». Ce lundi 11 janvier, lors du One Planet Summit Biodiversité, organisé par Emmanuel Macron à l’Élysée, 50 États ont annoncé endosser à leur tour cet objectif. D’ores et déjà, 15 % des espaces terrestres et 7 % des océans sont sous protection.

« Au niveau international, aucun des objectifs fixés pour la décennie écoulée en termes de protection de la biodiversité n’a été atteint, a rappelé Emmanuel Macron. L’avenir, et celui de notre planète, dépend de ce que nous faisons ici et maintenant. Commencer l’année 2021 avec ce One planet Summit est très important car c’est l’année de la réconciliation de tous nos défis ». Il appelle à ce qu’un maximum de pays rejoigne cette coalition de l’ambition avant la COP15.

Le Brésil, la Chine ou encore l’Australie, grands absents

Parmi les pays engagés dans l’objectif 30×30, on trouve désormais l’Allemagne, le Canada, le Chili, la Colombie, la Finlande, la Grèce, l’Italie, l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Japon, le Pakistan, le Rwanda, les Émirats arabes unis ou encore la République démocratique du Congo, deuxième poumon écologique de la planète. Ensemble, ils abritent 30% de la biodiversité terrestre mondiale, un quart des réserves mondiales de carbone terrestre, 28 % des zones prioritaires de biodiversité océanique et plus d’un tiers des réserves de carbone océanique. Mais le Brésil, la Chine, la Russie, l’Indonésie et l’Australie, qui comptent d’importants réservoirs de biodiversité, font partie des grands absents.

L’implication des peuples autochtones dans la mise en place d’aires protégées est également un sujet d’inquiétude alors qu’ils sont les garants de 80 % de la biodiversité mondiale. « La France et le Costa Rica ont mis en place un groupe de travail avec les groupes et les ONG qui représentent les populations autochtones afin de déterminer des indicateurs pour la cible de 30 % qui offre des garanties aux représentants des populations autochtones et des communautés locales », a précisé Sanjayan Muttulingam, le directeur exécutif de Conservation International.

« De plus, alors que cela devrait être une priorité, le traité sur la haute mer, seul outil juridiquement contraignant pour protéger les océans et actuellement en discussion à l’ONU, n’a même pas été évoqué lors de ce sommet » déplore François Chartier, chargé de campagne Océans pour Greenpeace France. « Pour atteindre une protection de 30 % de l’océan, des aires marines protégées (AMP) devront être établies en haute mer », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, a également réagi la coalition d’ONG High seas alliance. Prévue en mars dernier, la conférence de négociation finale sur le traité de la haute mer a été reportée en raison de la pandémie de coronavirus.

« Agenda de progrès »

Afin de montrer l’exemple, la France a confirmé qu’elle atteindrait l’objectif de 30 % d’espaces protégés dès 2022, dont 10 % sous protection forte, et a présenté sa stratégie nationale des aires protégées d’ici 2030. Le plan de relance propose en outre de replanter 7 000 km de haies autour des cultures sur les parcelles agricoles et à l’intérieur de celles-ci en deux ans, à hauteur de 50 millions d’euros. Paris lance aussi avec six autres pays la Coalition pour une Méditerranée exemplaires 2030 avec des actions visant la protection de la biodiversité, la pêche durable, la lutte contre la pollution marine et la durabilité du transport maritime.

L’Hexagone prend par ailleurs l’engagement d’orienter 30 % de sa finance climat bilatérale vers les solutions fondées sur la nature et lance avec l’Allemagne le programme de recherche-action Prezode (Prevention of the emergence of zoonotic diseases) dédié à la prévention de nouvelles pandémies issues de réservoirs animaux autour de l’approche One Health (une seule santé pour la biodiversité, les animaux et les hommes). Enfin le projet de grande muraille verte pour lutter contre la désertification au Sahel a recueilli 14,3 milliards de dollars.

« Certains vont rétorquer que ces sommets ne sont que du blabla, que ça ne va pas assez vite mais il y a des habitudes à changer, à bousculer. Je crois que si nous sommes précis et concrets avec des dates et des chiffres, comme nous l’avons été aujourd’hui, c’est extrêmement utile, en assurant un suivi et de la transparence sur les résultats. Ce qui a été fait aujourd’hui s’inscrit dans un agenda de progrès », a conclu le Président de la République. Il donne rendez-vous au Congrès mondial de la Nature, qui se tiendra à Marseille début septembre, pour un premier bilan.

L’article de Novethic est ici.

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