Cinq ans de l’Accord de Paris : la Convention citoyenne pour le climat au cœur du bilan de la France

  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 12/12/2020.

Ce samedi 12 décembre, la France organisait un événement spécial pour les cinq ans de l’Accord de Paris, en amont d’un sommet international. L’ensemble des participants a rappelé l’absolue nécessité d’associer les citoyens et plus globalement les acteurs non-étatiques dans la lutte contre le changement climatique. Au cœur de ce plaidoyer, la Convention citoyenne pour le climat, un exercice de démocratie inédit.

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La France organisait ce samedi une conférence bilan et de réflexion pour les cinq ans de l’Accord de Paris. @Ministère des Affaires étrangères

« Ojos que no ven, corazón que no siente » (Yeux qui ne voient pas, cœur qui ne sent pas), a lancé en espagnol Josep Borell, vice-président de la Commission européenne. Par cette seule expression, il a résumé ce que l’ensemble des intervenants, présents ce samedi à la conférence organisée par la France pour célébrer les cinq ans de l’Accord de Paris, sont venus dire à la tribune : sans l’adhésion de tous, et notamment des citoyens, la transition ne sera pas possible. En ligne de mire, la Convention citoyenne pour le climat (CCC), une initiative française qui soulève l’enthousiasme.

« La CCC a démontré que les citoyens sont davantage prêts à faire la transition que ce que certains politiques ne le pensent. Le meilleur moyen d’y arriver, c’est d’associer les citoyens, de les consulter et de décider ensemble. C’est pourquoi, il est essentiel de respecter leur travail et tenir parole », a tenu à rappeler Laurence Tubiana, co-présidente du comité de gouvernance de la CCC. Une référence au futur projet de loi issu de la CCC, accusé de ne pas être suffisamment ambitieux.

Pas de changement sans les citoyens

Pour Claire Tutenuit, déléguée générale d’Entreprises pour l’environnement, « les trois mondes – pouvoirs publics, entreprises et citoyens – doivent coopérer ». « Sans les habitants, les consommateurs, les salariés, les épargnants, sans leur volonté et leur adhésion au changement, rien n’est possible. La grande question, aujourd’hui, c’est de trouver comment les embarquer pour qu’ils isolent leur maison, changent leurs habitudes alimentaires, etc. Comment reproduire le travail de la CCC non pas à 150 mais à plusieurs millions ? », interroge-t-elle.

Même plaidoyer du côté de la jeunesse. Nathan Méténier, jeune conseiller climat auprès du Secrétaire général des Nations unies, appelle ainsi à « inclure plus largement les peuples autochtones et les marginalisés, qui sont aujourd’hui les premières victimes du changement climatique ». « C’est en associant les citoyens qu’on pourra faire la transition et ce serait le plus beau des cadeaux pour l’anniversaire de l’Accord de Paris », ajoute-t-il.

Anne Hidalgo, la maire de Paris, déplore elle aussi « le déficit dans l’association des pouvoirs locaux, trop souvent perçus comme des contre-pouvoirs ou des pouvoirs adjacents, dans la lutte contre le changement climatique ». « A l’échelle européenne, nous sommes en demande pour être partie prenante du plan de relance afin qu’il soit réellement traduit sur le terrain », explique-t-elle.

Intégrer la biodiversité

La scientifique Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, a rappelé l’importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre avant 2030, pour espérer limiter le réchauffement global à 2°C, voire 1,5°C. « L’action climatique progresse mais nous devons gagner en efficacité et en rapidité. Chaque année compte. Et si chacun peut agir à son échelle, les pouvoirs publics ont une responsabilité très importante sur le court-terme. Vos choix sont très importants », a-t-elle insisté, alors que pour plusieurs mesures de la CCC, le gouvernement veut repousser les échéances.

Une convention mondiale sur le climat, à l’instar des CCC française et britannique, est en cours de finalisation pour être lancée avant la COP26. Ce serait la plus grande expérience de démocratie participative jamais tentée. L’assemblée plénière serait composée de 1000 personnes, sélectionnées par le biais d’une loterie, et des événements locaux organisés aux niveaux national, régional et local. Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, ne s’est pas épanchée sur la CCC, rappelant simplement qu’il s’agissait d’un « renouveau du pacte écologique et démocratique ».

Elle a en revanche souligné l’importance d’allier préservation de la biodiversité et lutte contre le changement climatique et rappelé la tenue le 11 janvier prochain d’un One Planet Summit consacré à la biodiversité. « C’est une thématique qui touche bien plus les citoyens que le climat et cela tombe bien, car les solutions sont souvent les mêmes. Il est temps de travailler sur les deux sujets conjointement. C’est de là que peut naître l’espoir », a confirmé Claire Tutenuit.

L’article de Novethic est ici.

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