Depuis 2015, le climat a connu une évolution stupéfiante

Reporterre  Un article de Reporterre, par Émilie Massemin, le 10/12/2020.

Depuis l’adoption de l’Accord de Paris, en 2015, les climatologues observent une augmentation sans précédent des températures et une multiplication des événements météorologiques extrêmes — typhons, canicules, pluies torrentielles…

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Le samedi 12 décembre 2015 à 19 h 32, Laurent Fabius, président de la COP21, marquait d’un coup de marteau l’adoption de l’Accord de Paris pour le climat par l’ensemble des 195 délégations du monde entier présentes au Bourget ce jour-là. Objectif : contenir le réchauffement climatique « nettement en-dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et […] poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C ». Un an plus tôt, le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de 2014 — qui établissait entre autres que la période 1983-2013 était probablement la période la plus chaude depuis 1.400 ans et que la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère avait atteint son niveau le plus haut depuis 800.000 ans — a joué un rôle crucial dans l’adoption de cet accord. Comment la recherche scientifique sur le climat a-t-elle évolué depuis ces deux dates cruciales ? Reporterre fait le point.

Des observations de plus en plus inquiétantes

Depuis l’adoption de l’Accord de Paris, les vagues de chaleur et les événements climatiques extrêmes se sont multipliés. « Je suis marqué par l’accumulation de données ces cinq dernières années, dit Jean Jouzel, l’ancien vice-président du groupe scientifique du Giec, à Reporterre. En 2015, nous sortions à peine d’un plateau dans le réchauffement qui avait commencé en 2000. Depuis, les cinq dernières années sont parmi les plus chaudes jamais enregistrées. Tout ce qui avait été envisagé dans les années 1980 est devenu réalité, que ce soit pour le rythme de réchauffement, l’augmentation du niveau de la mer, l’augmentation du nombre et de l’intensité des événements climatiques extrêmes. » Ainsi, l’année 2020 a connu un nombre record de tempêtes suffisamment fortes pour être nommées. Fin novembre, Sydney, qui traverse une canicule sévère, enregistrait la température nocturne la plus élevée jamais mesurée auparavant. En octobre, le Colorado était ravagé par le plus grand incendie de son histoire tandis ce que des inondations tuaient plus d’une centaine de personnes au Vietnam.

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Des habitants à Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, après les pluies torrentielles d’octobre 2020.

De nouvelles avancées scientifiques sur le climat et son évolution

La compréhension de ces phénomènes météorologiques extrêmes a récemment franchi une nouvelle étape. « Depuis 2013-2014 a émergé un ensemble d’études qui s’intéressent à l’influence des activités humaines sur ces événements, explique à Reporterre Christophe Cassou, chercheur au Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs) et spécialiste de la variabilité climatique. Par exemple, on a pu calculer que les activités humaines et leurs émissions de gaz à effet de serre rendaient cinq à dix fois plus probable la survenue d’épisodes caniculaires tels que celui qui a touché la France en 2019. » Aujourd’hui, cette influence des activités humaines est devenue prédominante. « 2020 sera l’année la plus chaude ou la deuxième plus chaude jamais enregistrée. Normalement, les records de température globale chaleur surviennent en présence du phénomène El Niño. Mais là, 2020 se caractérise par un événement inverse que l’on appelle La Niña. Normalement, cet événement tend à réduire la température globale et cela montre bien à quel point la hausse des températures liées aux activités humaines surpasse les fluctuations naturelles. »

La suite de l’article de Reporterre est ici.

A propos Jazz Man

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