Dans les Deux-Sèvres, au moins un million de faisans et de perdrix élevés pour être chassés

M  Un article du journal Le Monde, par Perrine Mouterde, le 24/09/2020.

L’association L214, qui publie des images tournées sur l’un des sites de la société Gibovendée, appelle à l’interdiction de l’élevage d’animaux pour la chasse.

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Doit-on continuer à élever des millions d’animaux uniquement destinés à la chasse ? C’est la question que pose l’enquête publiée jeudi 24 septembre par L214. L’association de défense des animaux diffuse des images obtenues dans un élevage situé à Missé (Deux-Sèvres) de la société Gibovendée, l’un des leaders du marché. Des dizaines de rangées de cages qui s’étendent sur des centaines de mètres, avec à l’intérieur des dizaines de milliers de faisans et de perdrix reproducteurs… « Ces images confirment ce que j’ai vu dans de nombreux élevages plus petits, affirme le naturaliste et militant anti-chasse Pierre Rigaux, qui travaille de longue date sur ce sujet et s’est associé à L214 pour cette enquête. Mais Gibovendée a une ampleur tout à fait différente. »

L’entreprise, qui n’avait pas souhaité réagir mercredi soir, affirme élever chaque année au moins un million d’oiseaux et produire près de 20 millions d’œufs à couver. Au total, selon le Syndicat national des producteurs de gibiers de chasse (SNPGC), ce sont quelque 10 millions de faisans et près de 5 millions de perdrix rouges et grises qui sont produits annuellement en France. A titre de comparaison, les faisans sauvages seraient entre 8 et 11 millions en Europe.

Lâchés quelques heures avant les tirs

L’association L214, qui appelle à l’interdiction de ces élevages, dénonce les conditions dans lesquelles vivent ces oiseaux reproducteurs, et notamment le fait qu’ils soient placés dans de petites cages grillagées. « Ces oiseaux restent génétiquement un peu plus sauvages que des animaux strictement domestiques et sont donc très nerveux, précise Pierre Rigaux. Les éleveurs leur mettent des ustensiles en plastique dans le bec pour éviter qu’ils s’entre-tuent à cause de la proximité, ce qui provoque des dégâts physiques. »

Jean-Christophe Chastang, le président du SNPGC, qui dénonce une méthode d’intrusion de L214 dans l’élevage « illégale et ignoble », dément fermement ces accusations. « Nous avons une activité saine, encadrée, réglementée et extrêmement contrôlée », assure-t-il.

L’article du Monde est ici.

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