Nord : l’option « chasse » d’un lycée agricole fait polémique

Le Point  Un article du journal Le Point, le 21/06/2020.

Une pétition demandant la fin de cette option « cynégétique et faune sauvage » a recueilli plus de 80 000 signatures, relate « La Voix du Nord ».

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Tout est parti d’un témoignage anonyme diffusé sur Facebook par le naturaliste Pierre Rigaux. Dans cette vidéo, un jeune homme raconte comment il a été choqué après avoir participé à une battue dans le cadre d’une option qu’il suivait au lycée. Publié sur Facebook, ce témoignage (dans lequel le nom de l’établissement en question n’est pas cité) a suscité des milliers de réactions. Parmi elles, celle de Gabrielle Paillot, relate La Voix du Nord. Cette militante pour les droits des animaux a décidé de réagir en lançant dans la foulée une pétition sur « mesopinions.com » pour demander la fin de l’option « chasse » en question, baptisée « cynégétique et faune sauvage » et proposée dans les lycées agricoles de Bapaume (Nord) et Limoux (Aude) notamment.

« À l’heure où des milliers de personnes s’opposent à la chasse à courre, à la chasse en enclos et à toute forme de destruction de la faune sauvage, il est inconcevable que l’on puisse voir une telle option dans certains instituts agricoles. De plus, on ne compte plus les incidents de chasse sur les promeneurs. La France, notre beau pays doit être un exemple de bien-être, de respect de la nature et des animaux », peut-on lire sur le texte adossé à cette pétition, qui a recueilli plus de 80 000 signatures au 21 juin.

« L’objectif, ce n’est pas le tir »

En réaction, Willy Schraen, président de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, a également décidé de lancer une pétition, il y a quelques jours, pour demander le maintien de l’option « cynégétique et faune sauvage » au lycée Saint-Éloi-de-Bapaume. « Cette option, qui n’a évidemment rien à voir avec la pratique de la chasse, permet aux futurs agriculteurs de mieux se familiariser avec la faune sauvage de leur future exploitation. On y tente de mieux concilier la production agricole et la faune sauvage, en favorisant la relation entre économie et pratiques agricoles respectueuses de la faune », selon cette pétition, qui a recueilli un peu plus de 9 000 signatures alors qu’elle a été relayée sur les réseaux sociaux par plusieurs pages dédiées à la chasse.

Ce discours fait écho à celui tenu par un enseignant de l’établissement scolaire en question dans L’Avenir de l’Artois. « L’objectif, ce n’est pas le tir. C’est de connaître les espèces, aménager le territoire pour enrichir la biodiversité. » Les lycéens de Bapaume ne manient pas les armes quand ils suivent cette option, au contraire de ceux de Limoux, comme France 3 l’expliquait dans un reportage en 2017. Le site de l’établissement de Limoux précise que les élèves doivent aussi constituer et rédiger « un dossier sur une espèce de la faune sauvage locale avec discussion autour d’une problématique ». Mais les enseignements suivis conditionneraient les élèves à devenir chasseurs, assurent les opposants à cette option.

Directement cité dans la pétition de Gabrielle Paillot, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation, n’a pas commenté officiellement cette polémique. Selon La Voix du Nord, le lycée Saint-Éloi-de-Bapaume n’aurait pas l’intention de retirer cette option à la rentrée malgré les critiques. Mais en plus de la Fédération de chasse du Pas-de-Calais, des intervenants opposés à la chasse, comme ceux de la Ligue pour la protection des oiseaux, devraient être invités durant la formation des lycéens afin d’équilibrer le débat.

L’article du Point est ici.

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