Les Pays-Bas mettent fin à l’élevage de vison après des cas de Covid-19 chez les animaux

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 05/07/2020.

Alors que plusieurs visons d’élevage néerlandais ont été contaminés par le Covid-19, transmettant probablement le virus à deux employés, les Pays-Bas ont décidé de mettre fin à l’industrie de fourrure de vison. Le pays, quatrième producteur au monde, devait y mettre un terme en 2024 mais le Covid-19 a précipité leur fermeture.

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Fin avril, face à la propagation du virus, entre 500 000 et 600 000 visons ont été abattus. CC0

Les Pays-Bas accélèrent la cadence. Le quatrième producteur de fourrure de vison au monde avait décidé de tourner la page de cette industrie en 2024, mais face à la propagation du Covid-19 dans les fermes à vison, les députés néerlandais ont voté pour la fermeture immédiate des élevages. « C’est une avancée énorme : le massacre d’animaux pour leur fourrure aux Pays-Bas touche enfin à sa fin », a déclaré la présidente du parti animaliste, Esther Ouwehand. « En plus d’être moralement répréhensible, l’élevage de visons est maintenant tout simplement intenable car il constitue une menace pour la santé publique. Arrêter l’élevage de visons maintenant et pas en 2024 sauvera des millions de visons d’une vie misérable », a-t-elle ajouté.

Le pays compte plus de 128 fermes d’élevage de visons et a produit environ 4,5 millions de peaux en 2018, selon l’association Humane Society International. Les députés n’ont pas encore détaillé la date de fermeture, ni les indemnisations des éleveurs. Mais les associations estiment que d’ici la fin de l’année, tous les élevages auront fermé. Une « décision historique » saluée par l’association de défense des animaux Peta.

« Une contamination des visions aux hommes est possible »

Fin avril, des cas de Covid-19 ont été identifiés pour la première fois dans deux élevages de visons. Face à la propagation, des centaines de milliers de visons ont alors été abattus, entre 500 000 et 600 000. Une décision notamment motivée par la contraction du Covid-19 par deux employés d’élevage contaminés. « À l’origine, on pense que le virus était différent dans le réservoir animal. Là, on parle du même virus, passant dans plusieurs sens, de l’homme au vison puis du vison à l’homme sans savoir comment précisément », explique Sophie Le Poder, professeure de virologie à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, dans le journal le Monde.

Les recherches sont en cours, mais plusieurs scientifiques attestent qu’une contamination des visons aux hommes est possible. « Dans un élevage, il y a beaucoup d’animaux réunis en lieu clos dans un même endroit. Dans ces circonstances exceptionnelles le virus circule. À force d’exposition, la transmission a pu se produire »,  explique à France 3 le professeur Jean-Luc Guèrin, responsable du laboratoire en virologie à l’École nationale vétérinaire de Toulouse

Pour rappel, entre Zika, Ebola, la grippe aviaire, etc., 65 % des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses, c’est-à-dire des agents pathogènes transmis des animaux à l’homme. Le secteur de l’élevage et de la viande est d’ailleurs appelé à se responsabiliser sur la question.

L’article de Novethic est ici.

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