L’Europe a échoué à enrayer le déclin de la biodiversité

Reporterre  Un article de Reporterre, le 09/06/2020.

Comment enrayer la sixième extinction de masse ? En Europe, la biodiversité connaît un déclin ininterrompu depuis plusieurs années, notamment pour les espèces présentes sur des terres agricoles. Depuis 1990, les effectifs des populations d’oiseaux des champs et de papillons des prairies – de bons indicateurs de l’évolution de la biodiversité – ont diminué de plus de 30 %.

Papillon

En 2011, la Commission a adopté une stratégie visant à enrayer la perte de biodiversité à l’horizon 2020, en mobilisant notamment la Politique agricole commune (PAC). La Cour des comptes européenne a cherché à tirer un bilan de cette stratégie : pour ce faire, ses auditeurs se sont rendus en Allemagne, en Irlande, à Chypre, en Pologne et en Roumanie.

Leur conclusion, publiée le 5 juin, est sans appel : « La politique agricole commune n’est pas parvenue à inverser la tendance à la baisse que connaît la biodiversité depuis des décennies, et l’agriculture intensive reste l’une des principales causes de la perte de biodiversité. »

« Jusqu’ici la PAC n’a pas suffi à contrer le déclin de la biodiversité des terres agricoles, lequel représente une grave menace pour l’agriculture et l’environnement », a déclaré Viorel Ștefan, membre de la Cour des comptes européenne responsable du rapport, intitulé Biodiversité des terres agricoles : la contribution de la PAC na pas permis d´enrayer le déclin.

D’une part la stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité souffre de graves lacunes : manque d’objectifs clairs et mesurables, mauvaise coordination des politiques. D’autre part, la majeure partie des fonds de la PAC (les paiements directs aux exploitations agricoles) a un impact limité sur la biodiversité.

Les rapporteurs de la Cour des compte recommandent donc à la Commission « de mieux coordonner la stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, d’accroître la contribution des paiements directs et du développement rural à la biodiversité des terres agricoles, d’assurer un suivi plus précis des dépenses budgétaires et d’élaborer des indicateurs fiables pour évaluer l’incidence de la PAC ».

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