Développer les énergies renouvelables est favorable à la relance économique

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 04/06/2020.

Le développement des énergies renouvelables pourrait tout à la fois relancer l’économie et prévenir le monde d’une nouvelle crise, climatique cette fois. C’est ce que croit l’Agence internationale des énergies renouvelables. Dans un nouveau rapport, elle développe plusieurs scénarios de transition. Parmi les plus ambitieux, les externalités positives sur la santé et l’environnement seraient jusqu’à huit fois plus importantes que le surcoût engendré, tout en créant massivement de l’emploi et du PIB. Cela vaut le coup d’essayer !

Hand holding light bulb in front of global show the world's consumption with icons energy sources for renewable, sustainable development. Ecology concept

Avec des scénarios de transition ambitieux, les externalités positives pourraient être jusqu’à huit fois plus importantes que les surcoûts engendrés. iStock

La crise du Covid-19 peut être l’occasion de sortir des énergies fossiles et développer massivement les énergies renouvelables pour atteindre les objectifs climatiques internationaux tout en relançant la croissance économique, estime l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), dans la première édition de son Panorama mondial des énergies renouvelables, publié en avril (1). L’Irena y développe plusieurs scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, en comparant les surcoûts aux bénéfices sur la santé et l’environnement.

Le scénario énergétique dit « planifié », qui s’appuie sur les contributions nationales climatiques des pays, suppose un investissement de 95 000 milliards de dollars. Le scénario de transformation, qui permettrait de limiter le réchauffement global à 2°C d’ici la fin du siècle en réduisant les émissions de 70 % entre aujourd’hui et 2050, induit un investissement supplémentaire de 19 000 milliards de dollars. Mais les externalités positives engendrées sont estimées entre 50 000 et 142 000 milliards de dollars, soit de 3 à 8 fois le surcoût.

Encore plus ambitieux, le scénario de décarbonation profonde de l’énergie (zéro émission entre 2050 et 2060) suppose un surcoût de 35 000 à 45 000 milliards de dollars pour des bénéfices évalués entre 62 000 et 169 000 milliards de dollars, soit entre 1,5 et 5 fois l’investissement supplémentaire consenti. Ce scénario permettrait en outre de viser 1,5°C de réchauffement d’ici la fin du siècle.

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Au niveau mondial, ce sont 42 millions d’emplois supplémentaires qui pourraient être créés d’ici 2050, principalement en Asie. La croissance mondiale serait en hausse de 2,4 % par rapport au scénario planifié. Là encore, l’Asie mais aussi l’Union européenne, seraient les grandes régions gagnantes, tandis que le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord ou l’Océanie verraient leur PIB reculer.

Pour réussir la transition énergétique, l’Irena préconise l’électrification, une meilleure flexibilité du système, le maintien des énergies renouvelables conventionnelles comme l’hydraulique, la géothermie et le solaire thermique et le développement de l’hydrogène vert.

Une autre étude (2), réalisée par plusieurs universités anglaises, montre également que « que les projets verts plus d’emplois, génèrent des rendements à court terme plus élevés et conduisent à des économies de coûts à long terme accrues par rapport aux mesures de relance traditionnelles ». Ils ont passé en revue plus de 700 politiques de relance économique lancées pendant ou depuis la crise financière de 2008.

« La réduction des émissions initiée par COVID-19 pourrait être de courte durée », a déclaré Cameron Hepburn, auteur principal et directeur de la Smith School of Enterprise and Environment de l’Université d’Oxford. « Mais ce rapport montre que nous pouvons choisir de reconstruire mieux, en conservant bon nombre des améliorations récentes que nous avons vues en matière d’air plus pur, de retour de la nature et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. »

L’article de Novethic et son infographie sont ici.

(1)  Voir le rapport de l’Irena

(2)  Voir l’étude de plusieurs universités anglaises sur les plans de relance post-2008

Cet article a été publié dans Dérèglement climatique, Environnement, Transition énergétique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.