450 ans pour disparaître, non-recyclable… Avec les incivilités, l’utilisation des masques vire au désastre écologique

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 27/05/2020.

Ce sont les nouveaux mégots. Partout en France, les éboueurs retrouvent des masques chirurgicaux qui jonchent les trottoirs. Une association vient même d’en retrouver au fond de la Méditerranée. Cette situation est un vrai désastre écologique : les masques mettent 400 à 450 ans à se dégrader et ne se recyclent pas. Pour limiter les dégâts un député LR veut que l’amende encourue pour ce type de délit passe de 68 à 300 euros.

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Un masque prend 450 ans à se dégrader dans la nature. Marina Fabre

C’est un autre fléau de la crise du Covid-19. Alors que les livraisons de masques jetables arrivent enfin à bon port, depuis des semaines, les villes et éboueurs constatent que de plus en plus de masques et gants jonchent les rues de l’Hexagone. « Quand certains sortent des transports en commun où le masque est obligatoire, ils s’en débarrassent aussitôt », explique Dominique Lemesle, directeur général délégué chargé des services urbains à Lyon. Et du trottoir à la mer, il n’y a qu’un pas.

L’association Opération mer propre vient en effet d’en retrouver au fond de la Méditerranée. « On les attendait, ils sont arrivés, mais pas au bon endroit », ironise l’association sur son compte Facebook. « Si rien ne change, ça va devenir un vrai désastre écologique et peut être même sanitaire », explique le plongeur Laurent Lombard. Il faut dire que ces « nouveaux mégots » sont des déchets très polluants qui prennent de 400 à 450 ans à se dégrader selon plusieurs associations.

Un risque de contamination

« Un masque par terre, en plus de générer une pollution, c’est une rupture dans notre chaîne commune de protection face au virus, car c’est potentiellement un déchet infecté que l’on met dans l’espace public », explique le cabinet de la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, dans L’Obs. « Il y a quelque chose d’assez paradoxal à chercher à se protéger soi-même du virus tout en participant potentiellement par ailleurs à sa propagation ». 

Face à cette situation, le ministère a lancé une campagne de sensibilisation concernant la gestion des masques usagés. L’affiche indique une démarche en trois étapes pour éviter la pollution et la contamination : il faut d’abord placer son masque dans un sac poubelle dédié, le conserver 24 heures puis le jeter dans un sac pour ordures ménagères.

Organiser d’urgence une filière de recyclage

De plus, les masques chirurgicaux, en matière thermoplastique, ne se recyclent pas. « Il y a eu pas mal d’incompréhension, certains pensant que c’était recyclable », explique à l’AFP Marc-Antoine Belthé, directeur du développement chez Veolia Recyclage. « En termes de volume, ça pèse peu, mais on a vu arriver d’un seul coup et très régulièrement ces déchets « porteurs de risques pathogènes ». D’où la demande début mai de 27 députés LREM demandant à la ministre Brune Poirson, dans une lettre, d’organiser une filière de récupération et de recyclage des masques « dans les meilleurs délais » afin d’assurer « un réemploi des masques qui permettrait d’éviter un énorme gâchis de matières ». 

En attendant, pour que chaque citoyen prenne ses responsabilités, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Paugret a déposé une proposition le 18 mai pour lutter contre les incivilités liées aux masques et gants jetés sur la voie publique. Il demande ainsi que l’amende passe de 68 à 300 euros. « La France vient de commander un milliard de masques », explique-t-il à France Info. « Cela veut dire que dans les semaines qui arrivent, ils vont devenir un objet qui va se populariser de manière très forte. Il y a un enjeu sanitaire, car les masques sont potentiellement contaminants. Et il y a surtout un enjeu environnemental en termes de pollution », résume-t-il.

L’article de Novethic est ici.

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