La baisse des émissions de CO2 due au Covid-19 devrait se répéter chaque année pour atteindre nos objectifs climatiques

Novethic  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 26/05/2020.

Selon deux études publiées récemment, la baisse des émissions de CO2 depuis le début de l’année atteint 8,5 % par rapport à 2019. Sur l’ensemble de l’année 2020, leur diminution pourrait atteindre 7,5 %. C’est ce qu’il faudrait réaliser chaque année, d’ici 2030, pour espérer contenir le réchauffement global sous la barre des 1,5°C, conformément aux objectifs de l’Accord de Paris.

Achieve zero co2 emission

Sur l’ensemble de l’année, la baisse pourrait être comprise entre 4,2 % et 7,5 % par rapport à 2019, en fonction des mesures de déconfinement. (iStock)

Sur les quatre premiers mois de l’année, les émissions de CO2 mondiales ont baissé de 8,5 %, selon une étude publiée par la Cornell University (1). Une chute historique ! Sur l’ensemble de l’année, la baisse pourrait être comprise entre 4,2 % et 7,5 % par rapport à 2019, en fonction des mesures de déconfinement et du degré de retour à la vie normale. À titre de comparaison, l’ONU environnement estime que pour limiter le réchauffement global à 1,5°C, il faudrait réduire nos émissions de CO2 de 7,6 % par an, d’ici 2030.

Cela laisse entrevoir l’immensité des efforts qu’il faudrait réaliser pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. En somme, il faudrait une baisse de ce type chaque année. C’est pourquoi les experts rappellent qu’il ne faut pas se réjouir trop vite de cette chute inédite des émissions et recommandent des investissements massifs dans la transition bas-carbone, la rénovation énergétique et la mobilité propre.

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Une goutte d’eau

« Le confinement de la population a entraîné des changements profonds dans l’utilisation de l’énergie et les émissions de CO2 », a déclaré Corinne Le Quéré, auteure principale d’une autre étude sur la chute des émissions de CO2 liée au Coronavirus et publiée dans la revue Nature Climate Change (2). « Mais ces chutes seront probablement temporaires, car elles ne reflètent pas des changements structurels dans les systèmes économiques, de transports ou énergétiques », ajoute celle qui préside le Haut Conseil pour le Climat français.

Le site Carbon Brief rappelle ainsi que sans le confinement « la quantité totale de CO2 dans l’atmosphère aurait augmenté de 0,68 % en 2020, par rapport à la moyenne mondiale de 2019 ». Avec la pandémie, l’augmentation sera de 0,60 %… Une goutte d’eau ! « C’est comme réduire le débit du robinet sur une baignoire. L’eau monte toujours, mais juste moins vite », souligne Richard Betts, directeur des études sur les impacts climatiques à l’Office national de météorologie britannique.

« Une légère réduction des émissions de CO2 ne réduit pas immédiatement les concentrations atmosphériques, elle ne fait que ralentir le taux d’augmentation. Pour que le CO2 cesse de s’accumuler dans l’atmosphère, les émissions d’origine humaine devraient baisser d’environ 50 % à court terme (les puits naturels compensant déjà environ 50% des émissions). Les réductions d’émissions devraient être encore plus importantes à long terme, car les puits s’affaibliront si le CO2 commence à se stabiliser » prévient Carbon Brief dans une note (3).

L’article de Novethic et l’infographie sont ici.

(1) Voir l’étude de Cornell University (les résultats sont régulièrement mis à jour)

(2) Voir l’étude publiée dans la revue Nature Climate Change

(3) Voir la note de Carbon Brief

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