Le Coronavirus a des effets très positifs sur la pollution de l’air due au trafic routier

Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 28/04/2020.

Jamais l’air n’aura été aussi pur. En tout cas pour ce qui est de la pollution atmosphérique liée au trafic routier et aux centrales thermiques. Plusieurs études révèlent des baisses de concentration d’oxydes d’azote pouvant aller jusqu’à 70 % à Paris. En revanche, la pollution aux particules fines n’est pas impactée par le confinement car elle est davantage liée aux épandages agricoles, au chauffage et à des températures particulièrement douces.

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La pollution de l’air due au trafic routier a considérablement diminué dans les grandes villes en raison du confinement.

Les concentrations d’azote (NO2 et NOx), produit principalement par les véhicules et les centrales thermiques, ont chuté dans les grandes villes françaises et européennes en raison du confinement imposé par la crise du Coronavirus. A Paris, les émissions de dioxyde d’azote (NO2) ont ainsi baissé de 54 % en un mois, comparé à la même période l’année dernière. Si on prend en compte l’ensemble des oxydes d’azote (NOx), émis aux deux tiers par le trafic routier, la chute atteint même 70 % dans la capitale. Cette baisse est également constatée à Nantes, Strasbourg ou encore dans l’agglomération grenobloise.

« L’indicateur NOx est plus stable que le simple NO2 en période de variation importante de température », explique Atmo France dans son étude (1). Mais que l’on prenne l’un ou l’autre des indicateurs, la baisse est quoiqu’il en soit « remarquable », relève Simonetta Cheli, experte de l’Agence spatiale européenne. « Du jamais vu en 40 ans de mesure pour Airparif, avec une telle ampleur et autant de stations », confirme l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France.

Pas d’impact sur les particules fines

En revanche, « l’impact du confinement est resté moins visible sur les particules (PM10 et PM2,5), avec des niveaux toujours soutenus certains jours », relève Airparif. Le seuil d’alerte a ainsi été franchi le 28 mars dernier pour les PM2,5, principalement à cause de l’agriculture. La diminution du trafic routier ne permet donc pas toujours de compenser ces émissions qui sont liées aux épandages agricoles, au chauffage résidentiel et à des température plus douces.

« Une météo printanière (…) a favorisé les réactions chimiques et la formation de particules », explique Airparif. Mais « avec des conditions de trafic normales, les niveaux auraient été plus conséquents et plus problématiques du fait du rôle aggravant joué par la pollution de l’air dans l’épidémie de Covid-19″, souligne l’organisme.  

Selon une récente étude parue dans la revue de la Société européenne de cardiologie, la pollution de l’air est responsable de 8,8 millions de décès prématurés par an dans le monde, dont 68 000 dans l’Union européenne. A titre de comparaison, la crise du Coronavirus a tué plus de 200 000 personnes dans le monde dont la moitié sur le territoire européen.

« Nos résultats montrent qu’il existe une « pandémie de pollution de l’air’ », commente Thomas Münzel, responsable de cette recherche. Or, « les deux tiers environ des décès prématurés sont imputables à la pollution d’origine humaine, principalement due à l’utilisation de combustibles fossiles (…) et sont potentiellement évitables », conclut-il.

L’article de Novethic est ici.

(1) Voir l’étude d’Atmo France

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