Pas-de-Calais : pendant le confinement, certains agriculteurs ont la main lourde sur le Roundup

524  Un article de France Bleu Nord, par Matthieu Darriet, le 20/04/2020.

Suite à des contrôles de l’Office français de la biodiversité, des agriculteurs font l’objet d’une enquête pour ne pas avoir respecté les règles d’utilisation des désherbants. La justice a été saisie pour des cas flagrants, à Marck et Saint-Omer.

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Dans le marais audomarois, un maraîcher a été verbalisé pour avoir pollué l’eau avec du désherbant Roundup. (Photo archives) © Radio France – Matthieu Darriet

Certains agriculteurs profitent-ils du confinement pour se lâcher, loin des regards, sur les produits phytosanitaires ? C’est en substance la question que se pose l’Office français de la biodiversité. Ses agents assermentés de la Police de l’eau viennent de mener des contrôles dans le Pas-de-Calais.

Suite à des signalements, ces contrôles se sont portés sur la zone littorale du département, en particulier dans le secteur de Marck, près de Calais. Egalement ciblé, le très fragile et très protégé, marais audomarois, sur la commune de Saint-Omer. Dans ce dernier cas, selon nos informations, il s’agirait d’une personne qui a déjà été rappelée à l’ordre plusieurs fois, y compris par ses collègues agriculteurs.

Du Roundup dans l’eau

Pesticides

 

Des Pv ont été dressés suite à des épandages non-conformes de Rondup, sur des parcelles avant leur mise en culture. Le problème porte sur les libertés prises par ces producteurs avec les règles d’utilisation de ce désherbant puissant et très controversé. Il a été répandu sur des fossés et des points d’eau, en dehors des parcelles visées. 4 km de fossés ont ainsi été contaminés au Roundup, provoquant une pollution des eaux superficielles. Quant à la destruction de la végétation de bordure des parcelles, elle a des conséquences sur la biodiversité, en attaquant les habitats des amphibiens, des insectes et des petits mammifères.

Dossiers transmis à la justice

Les PV établis par les inspecteurs de la police de l’eau ont été transmis à la justice pour ouverture d’enquêtes par les procureurs de Boulogne-sur-mer et Saint-Omer. Pour utilisation  irrégulière de produits phytopharmaceutiques, les contrevenants encourent 150.000 d’amende et 6 mois de prison.

L’article de France Bleu Nord est ici.

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