Municipales : Contre l’effondrement de la biodiversité, les maires ont un rôle à jouer

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 05/02/2020.

C’est un véritable désastre. La France, comme le reste du monde, assiste à un effondrement de la biodiversité, des insectes aux oiseaux en passant par le végétal. Les maires sont en première ligne pour protéger ce patrimoine naturel. Plusieurs villes comme Lyon, Nantes ou Brest se sont engagées dans cette voie mais le chemin est encore long. Voici le cinquième épisode de notre série dédiée aux enjeux écologiques des élections municipales de 2020.

Vanneau huppé

Le Vanneau huppé. En une quinzaine d’années seulement, près d’un tiers des oiseaux ont disparu des campagnes françaises.

Ce sont des chiffres chocs que l’humanité a encore du mal à assimiler. Selon un rapport de l’ONU sur la biodiversité, publié en avril dernier, sur les huit millions d’espèces végétales et animales présentes sur Terre, près d’un million pourraient disparaître dans les prochaines décennies. Et la France n’échappe pas à l’effondrement de sa biodiversité. En une quinzaine d’années seulement, près d’un tiers des oiseaux ont ainsi disparu des campagnes françaises, ont calculé dans une étude le CNRS et le Muséum d’histoire naturelle. Les raisons sont multiples, allant des pratiques agricoles intensives à l’exploitation des ressources en passant par le réchauffement climatique.

Face à cette situation, les villes sont en première ligne. Et certaines prennent le problème à bras-le-corps. Lyon a par exemple été élue capitale de la biodiversité en 2019 par l’Agence française pour la biodiversité. Une première pour une intercommunalité. L’Agence a félicité la « capitale des Gaules » pour avoir associé son travail sur le climat à celui sur la place des arbres, de l’eau et de la nature citant ainsi l’augmentation de la surface d’espaces publics ombragés, le stockage de l’eau dans les espaces verts, la plantation de nouveaux arbres…

Renaturation de friche, zéro phyto,…

La municipalité de Saint Lunaire dans l’Ille-et-Vilaine a reçu le prix de la « meilleure petite ville pour la biodiversité » pour, entre autres, sa réduction de l’éclairage public ou le passage au zéro phyto. Du côté du Maubeuge-Val de Sambre, « meilleure intercommunalité pour la biodiversité », c’est la renaturation de friches industrielles dans un contexte de désindustrialisation massive qui a été mis à l’honneur. Des mesures diverses et multiples qui dépendent des besoins du territoire. Car la lutte contre la perte de biodiversité peut aussi être un outil.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) cite ainsi cette commune d’Occitanie fréquemment exposée au risque de ruissellement lors de violents orages l’été. La ville de 3 500 habitants a décidé de planter des arbres et arbustes aimant l’humidité autour des trois bassins destinés à recueillir le trop-plein de fortes averses pour faciliter l’évacuation de l’eau. Mais il ne s’agit pas non plus de jouer aux apprentis sorciers car toucher au vivant peut modifier tout un écosystème.

S’entourer d’experts et sensibiliser le grand public

À l’occasion des élections municipales, le collectif « La marche pour la biodiversité » a publié une cinquantaine de mesures à mettre en place dans les villes. Cela va de la désartificialisation des cours de récréation des écoles à la préservation des prairies sauvages en passant par la… limitation des ruches domestiques. Une mesure qui va à contre-courant de la tendance actuelle. Face à l’effondrement des colonies d’abeilles, de plus en plus d’entreprises et de municipalités ont en effet installé des ruches sur leur toit. Or, les ruches urbaines participent à l’expansion des abeilles domestiques mais représentent à terme un danger pour les abeilles sauvages, pourtant pilier de la biodiversité grâce à leur rôle de pollinisateurs. D’où l’importance de savoir s’entourer d’experts dans le domaine.

C’est ce qu’a par exemple fait Nantes, en mettant en place un comité d’experts dédié à la biodiversité de la ville ou Brest qui a créé une Direction de l’Écologie urbaine. Mais il ne faudra pas non plus négliger les actions de sensibilisation auprès des citoyens. En juin, l’Observatoire des villes vertes s’est associé à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour identifier les pratiques qui tendent à se généraliser dans les villes les plus engagées dans la lutte contre l’effondrement de la biodiversité. Après avoir inventorié la faune et la flore, mis en place un plan Biodiversité, « la formation et la sensibilisation au patrimoine vert semblent être les prochaines grandes étapes d’une démarche globale vers une ville « biodiverse », note l’Observatoire.

L’article de Novethic est ici.

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