Si la France n’agit pas, l’artificialisation des sols augmentera de 44 % d’ici 2050

Novethic  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 30/01/2020.

Oui, la France peut parvenir à son objectif de zéro artificialisation nette en 2050, mais il va falloir mettre les bouchées doubles alors que, depuis 1981, les terres artificialisées ont augmenté de 70 %. Baisse des biens inoccupés dans le parc immobilier, recyclage du foncier, augmentation de la densité de bâti… Les leviers sont identifiés. Reste à les actionner, car si l’État reste dans l’inaction, d’ici 30 ans, l’artificialisation des sols aura augmenté de 44 % au détriment de la biodiversité.

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L’État pourrait réduire l’artificialisation des sols de 74 % d’ici 2050. CC0

Entre la bétonisation et la sauvegarde de la biodiversité, il va falloir choisir. Et pour l’instant, la balance semble pencher du côté de l’artificialisation des sols. Depuis 1981, selon France Stratégie, organisme d’étude rattaché au Premier ministre, les terres artificialisées ont augmenté de 70 % alors même que la population n’a crû que de 19 % sur la même période. Face à cette dramatique situation, le gouvernement s’est fixé en 2018 l’objectif « zéro artificialisation nette » d’ici trente ans. En attendant la stratégie nationale, qui devrait être publiée mi-février, le Conseil général au développement durable (CGDD) vient de publier une étude prospective avec des pistes à suivre.

Cinq scénarios ont été mis sur la table variant de l’inaction à la meilleure manière de répondre à la bétonisation galopante. Ainsi, dans un des scénarios le plus ambitieux, l’artificialisation pourrait baisser de 46 % d’ici 2050. Pour cela, plusieurs leviers doivent être actionnés. Entre autres actions à mettre en place, le CGDD recommande une baisse de 8 à 6 % d’ici 10 ans des biens inoccupés dans le parc immobilier ou encore un taux de renouvellement urbain qui passerait de 42 % en 2015 à 70 % en 2050, ce qui signifie de fortement recycler les ressources bâties ou du foncier qui est déjà artificialisé. Si la densité de bâti triplait passant de 0,15 à 0,45 en 2050 – c’est-à-dire bâtir plus en étages -, l’artificialisation pourrait même dégringoler de 74 %.

 « La France a perdu un quart de sa surface agricole sur les 50 dernières années »

« En fin de compte, l’atteinte de zéro artificialisation nette dépendra de l’effort réalisé dans toutes les dimensions de la construction évoquées », note l’organisme qui conditionne la réussite de cet objectif à une hausse de la renaturation de surfaces initialement artificialisées. Au contraire, si la France reste inactive en matière de lutte contre l’artificialisation des terres, la bétonisation augmentera de 44 % d’ici 2050. Or, après avoir baissé pendant sept ans, l’artificialisation en France a augmenté de nouveau en 2017. « La France a perdu un quart de sa surface agricole sur les 50 dernières années », rappelait le Président de la République en mars 2019 lors du Salon de l’Agriculture.

Le problème, relevait l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) dans une étude, est que l’artificialisation progresse même quand elle n’est pas nécessaire. « En dix ans, la superficie des terres artificialisées a augmenté de 13 % alors que la croissance du produit intérieur brut est de 6 % et celle de la démographie de 5 % », détaillait Alice Colsaet, doctorante à l’Iddri et autrice de l’étude.

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