Abandon de l’usine à Pellets torréfiés de Bugeat-Viam, en Corrèze

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Les associations environnementales diffamées dans un article du journal La Montagne.

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Dans un article du journal La Montagne daté du 13 décembre 2019 et titré «L’usine de pellets jetée aux oubliettes ? Les opposants affirment que le projet est abandonné ; élus et promoteur, le contraire.», les associations de protection de l’environnement sont gravement mises en cause et diffamées. N’ayant pas été contactées par Tanguy Ollivier, auteur de l’article, elles souhaitent exprimer un droit de réponse.

Les associations accusées de « malhonnêteté intellectuelle »

Nos associations sont accusées par Monsieur Pierre-Henri Gaudriot de «malhonnêteté intellectuelle». Cette affirmation est reprise dans l’article à deux reprises, en particulier en gros et gras dans un encart. Cette malhonnêteté serait liée à nos déclarations «annonçant» l’abandon du projet, ce qui selon l’article reprenant les propos de M. Gaudriot ne serait pas le cas.

Le porteur du projet industriel autorisé sur ce site, Monsieur Gaudriot président de la société CIBV, reconnaît pourtant dans le même article : «ce sera sans moi en effet, mais peut-être que d’autres y arriveront». L’article reconnaît également que «le projet ne sera en revanche pas porté par la société CIBV». À ce jour le porteur de projet a donc clairement annoncé l’abandon de son projet, compte tenu de la situation :
• De liquidation judiciaire de ses sociétés ;
• D’un processus industriel reconnu comme non opérationnel ;
• De l’abandon des investissements prévus.

Qu’un autre projet soit porté par un autre opérateur avec d’autres investissements, sur le même site, nos associations ne s’y opposent pas par principe à condition que celui-ci respecte le contexte social, environnemental et la réglementation, composantes élémentaires qui manquaient à celui de Mr Gaudriot. Cet autre projet devra déposer une nouvelle demande d’autorisation et sera soumis à l’ensemble de la procédure d’autorisation environnementale.
Les faits sont donc tenaces : le projet autorisé en avril 2018, porté par M. Gaudriot, avec son process et ses investissements est abandonné de son propre aveu.

Si une forme de «malhonnêteté intellectuelle» dans la description de la réalité existe, elle n’est pas de notre fait. Elle sert les intérêts financiers de M. Gaudriot qui tente désespérément de vendre ses sociétés en faillite (CIBV, Lyaudet Ingen’R, Somival, Ballario Revea,…). Cette «malhonnêteté intellectuelle» sert également les intérêts de certains élus désireux de ne pas perdre la face en période électorale, ce que nous déplorons profondément.

L’action des associations amalgamées avec des « actes de sabotage et menaces » !

Cette partie de l’article est inadmissible et également diffamatoire.
D’une part, nos associations ne forment pas «un collectif d’opposants» comme l’article l’exprime à plusieurs reprises. Nos associations sont autonomes, administrées de façon transparente et poursuivent un objet reconnu d’intérêt général. Nous sommes des associations de protection de l’environnement, et avons toujours joué le jeu démocratique dans ce dossier comme dans les autres.

D’autre part, nous n’avons jamais été mis en cause directement ou indirectement dans les actes d’incendie volontaire, de dégradation et de menaces mentionnés dans l’article et qui concernent d’ailleurs d’autres projets en Creuse et Corrèze. Le fait de citer les déclarations de M. Fonfrède à ce sujet dans un article consacré au projet Gaudriot produit un amalgame choquant, insultant et diffamatoire.

De même qu’est choquant de laisser croire que le projet CIBV serait soutenu par l’ensemble des «élus» de la région, ce qui n’est pas le cas depuis l’origine de celui-ci.
Enfin, l’action devant le tribunal administratif ne constitue pas une «action judiciaire» comme l’article le dit à plusieurs reprises. Cette action s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’État de droit et des procédures démocratiques administratives.

Ce recours n’est pas suspensif, de sorte que M. Gaudriot pouvait tout à fait démarrer l’installation de l’usine dès avril 2018. Ce n’est donc pas l’exercice par nos associations de notre droit à l’accès à la justice qui a bloqué ce projet, mais bien le choix de l’investisseur public principal, la Caisse des dépôts et consignations et sa Banque des territoires.

Ce choix de la Caisse de dépôts est avant tout motivé par la défense de l’utilisation cohérente des deniers publics, mais cela l’auteur de l’article ne le dit pas car il n’a interrogé que les promoteurs de l’industriel. En l’occurrence ici, et on oublie souvent de le rappeler, M. Gaudriot a perdu le bénéfice de la confiance de l’État en même temps qu’il a perdu la confiance de la société CARBONEX avec laquelle il avait obtenu le soutien des «projets d’avenir» du Ministère de l’Ecologie.

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