Ohain : malgré la pression de l’État, le maire durcit son arrêté antipesticides

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Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 07/11/2019.

Après avoir écrit au président de la République s’agissant de son arrêté antipesticides, le maire d’Ohain, Alain Rattez, a ajouté des clauses concernant les baux communaux qui arrivent à échéance le 31 décembre. Sur ces terrains représentant 30 hectares, « tous les produits phytosanitaires seront interdits ».


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Désormais, sur les terrains communaux loués à des agriculteurs, « tous les produits phytosanitaires seront interdits ».

Le maire d’Ohain, Alain Rattez, fut l’un des premiers, en France, à prendre un arrêté antipesticides – et il résiste depuis aux demandes d’annulation de l’État.

Une décision motivée pour que «  le gouvernement prenne des mesures efficaces pour limiter les nuisances dues à l’épandage de produits phytopharmaceutiques à proximité des habitations  ». Et, pour lui, les propositions ne vont pas dans le bon sens. «  On ne peut pas fixer une distance minimale des habitations à 5 mètres pour les cultures basses et à 10 mètres pour les cultures hautes. Je demande simplement l’application de la règle zéro pesticide de synthèse à moins de 100 mètres des habitations même si les surfaces agricoles restent bien évidemment cultivables avec des produits moins dangereux pour la santé publique, » a-t-il d’ailleurs écrit au président de la République. Et d’enfoncer le clou puisque le premier magistrat a ajouté des clauses concernant les baux communaux. Ohain étant propriétaire de 30 hectares de terrains :

Maire d'Ohain

Alain Rattez, maire d’Ohain (Nord)

 » Ils arrivent à terme le 31 décembre. Afin de préserver les habitations des produits phytosanitaires, des baux environnementaux, avec des clauses restrictives seront proposés : les pâtures louées en herbes pourront être retournées si l’agriculteur s’engage à passer au bio avec une alternance des cultures ; sur les terres labourées, tous les produits  phytosanitaires seront interdits, seules les préparations non préoccupantes et les produits bio seront autorisés. »

Les locataires sont actuellement consultés pour trouver des solutions comme « procéder à un mini aménagement foncier, privilégiant des échanges entre les propriétaires de terrains à proximité des habitations et les parcelles dont la commune est propriétaire en dehors de l’agglomération ». Cerise sur le gâteau :  « Les agriculteurs signataires des baux environnementaux qui s’engagent à passer au bio pourront bénéficier d’une baisse du fermage pouvant aller jusqu’à 25 %. »

Sachant que « si toutes ces prescriptions ne sont pas respectées, les biens municipaux ne seront pas loués et mis en jachère ».

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