Le loup régulent la biodiversité. L’abattre est absurde

317 Un article de La Relève et La Peste, par Marine Wolf , le 18/10/2019.

Par rapport aux autres pays d’Europe, la chasse et plus particulièrement l’abattage de loups tient en France une place considérable. Une vidéo diffusée en août 2019 montrait par exemple des hommes armés et cagoulés dans le Parc national des Écrins, espace naturel protégé, revendiquant leur droit de tuer ces animaux.

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La chasse au loup, cette absurdité

Au-delà du caractère irrationnel de la chasse au loup, généralement basée sur une peur moyenâgeuse (les loups sont les méchants des contes, nos ancêtres les voyaient comme une menace) ou sur le simple plaisir d’abattre des animaux, celle-ci s’avère surtout inefficace. Non seulement elle ne constitue pas une solution à l’attaque des élevages, elle a l’effet inverse.

Chez les loups, le mâle alpha a un rôle clé dans la recherche de nourriture. Si lui ou un autre membre important de la meute est tué, les autres loups se retrouvent désemparés. Leur faim augmente et ils multiplient les attaques sur les proies les plus faciles : les troupeaux d’élevage. Ainsi, dans un très grand nombre de cas, après la mise en place de la mesure d’abattage les dégâts infligés aux troupeaux augmentent.

D’autres mesures existent contre l’attaque de loup, comme les clôtures électrifiées ou la présence d’un patou (chien de protection), et ont montré leur efficacité. Ces moyens préventifs nécessitent bien sûr des moyens humains et économiques, mais sont principalement financés par l’État. De plus, les pertes liées aux attaques sont elles aussi indemnisées par l’État. Alors pourquoi l’abattage de loups est-il encore toléré ?

Arrêtez de chasser, les loups se chargent de réguler !

Cette question est étroitement liée à la chasse, dont les lobbies sont extrêmement présents en France. Cette activité est aujourd’hui un loisir, qui pour légitimer son existence se prétend indispensable à l’équilibre de la faune. Les mouflons sont par exemple soumis à un plan de chasse, sous prétexte de régulation. Or, ces animaux constituent précisément des proies dont se nourrit le loup. Sans la chasse, les proies sauvages du loup sont plus nombreuses, et son besoin d’attaquer les troupeaux d’élevage diminue.

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Crédit photo : Thomas Bonometti

Le rôle essentiel et bénéfique du loup pour l’écosystème n’est plus à démontrer. Dans le parc de Yellowstone aux États-Unis, où il a récemment été réintroduit, la manière dont il a transformé l’espace naturel tient même du miracle. Les loups y ont chassé les cerfs, dont la diminution a permis le développement des plantes. Les plantes ont attiré des insectes, qui ont attiré des oiseaux et de nombreux animaux. Des espèces qui avaient disparu, comme le castor, se sont même réinstallées.

L’article de La Relève et La Peste est ici.

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