Ohain : le maire toujours déterminé à mener la croisade anti-pesticides

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Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 25/08/2019.

Le maire d’Ohain, Alain Rattez, a écrit à ses collègues du Sud-Avesnois. Il dénonce la charte de bon voisinage présenté par l’État et un syndicat agricole et les encourage à maintenir leur arrêté anti-pesticides.

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Le maire d’Ohain maintient son arrêté anti-pesticides. Photo d’illustration.

Il y a du nouveau sur le front des arrêtés municipaux anti-pesticides. Et ce, après que le sous-préfet, Alexander Grimaud, eut demandé aux maires de les retirer. À Anor, Jean-Luc Pérat, l’a ainsi «  suspendu  » : « Le représentant de l’État m’a donné des garanties. J’attends désormais du concret. C’est pourquoi je n’ai pas supprimé mais suspendu l’arrêté. Si rien ne vient, il sera à nouveau d’actualité ».

Le premier maire ayant sonné la charge, celui d’Ohain, Alain Rattez, se montre plus incisif. Pas question pour lui de supprimer l’arrêté. Il a même écrit à ses collègues pour les motiver à rester comme lui, sur ses positions :

« La charte de bon voisinage présentée lundi 29 juillet en sous-préfecture n’est qu’un rappel  des textes actuels. Elle n’apporte rien de nouveau. Elle donne des garanties tout à fait insuffisantes et ne présente aucune sanction si elle n’est pas respectée. Le syndicat agricole FDSEA du Nord tente de nous faire signer ce texte cumulant erreurs, omissions et amalgames, et saupoudré de rappels des lois en vigueur pour faire sérieux, afin de nous dissuader de conserver nos arrêtés qui protègent vraiment la population ».

Éviter des recours aux tribunaux administratifs

Et d’ajouter :

« Nos communes se trouvent dans le périmètre du Parc Naturel Régional de l’Avesnois. Une charte devrait prendre en compte cette spécificité, être précise. Elle devrait être adaptée finement à notre territoire, spécifier les moyens donnés au Parc pour contrôler, prévoir des sanctions adaptées … Une charte est beaucoup moins protectrice et moins facile à faire respecter qu’un arrêté qui est maîtrisé par le maire. Contrairement à cette charte, notre arrêté prend en compte la santé de nos populations voulue par l’Europe, rappelée par le Conseil d’État et exigible dès à présent. Ne nous laissons pas intimider par ceux qui voudraient nous voir signer un texte vague et non contraignant afin de continuer en toute impunité leurs pratiques délétères ».

La suite ? Obliger les agriculteurs à ne plus épandre de pesticides près des habitations ? Impossible puisque, après vérification par les gendarmes, toutes les exploitations contrôlées étaient en règle. La solution viendra peut-être du législateur et une loi pour imposer cette distance de 100 mètres. Ce qui éviterait à l’État d’engager une multitude de recours devant les tribunaux administratifs.

L’article de La Voix du Nord est ici (réservés aux abonnés).

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