Arrêté anti-pesticides : le maire de Langouët prêt à «contre-attaquer»

462  Un article du Parisien, par , le 21/08/2019.

Daniel Cueff, maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), passe ce jeudi devant le tribunal administratif pour défendre son arrêté contre l’épandage des pesticides à proximité des habitations.

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Plusieurs maires ont déjà pris des arrêtés municipaux contre les épandages à proximité des habitations. MAXPPP/Sébastien Jarry

C’est en rock star que devrait être accueilli Daniel Cueff, ce jeudi à Rennes. Sa scène? La salle d’audience du tribunal administratif, où le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) est convoqué à 9h30 pour avoir refusé de retirer un arrêté municipal interdisant l’épandage de pesticides à proximité des habitations du village. Dehors, il y aura « 500 à 600 personnes probablement », rougit l’élu, un peu décontenancé par le torrent de soutiens déclenché par son initiative. Le voilà inondé de coups de fil, « des mots d’amour, des dessins, 37 000 mails, 265 cartes postales ». Il les a comptés mais pas encore lues.

Son arrêté, pris le 18 mai, intime aux exploitants agricoles de son secteur, en majorité des éleveurs de vaches laitières dont les cultures servent à nourrir les bêtes, de cesser l’épandage de pesticides dans un périmètre de 150 m autour des maisons. La préfecture, qui estime qu’une telle décision est du ressort du ministère de la Transition écologique, a porté l’affaire en justice.

Les agriculteurs inquiets

L’élu, militant du bio depuis des décennies, ne s’en plaint pas. « J’ai du solide, je n’y vais pas pour me défendre mais pour contre-attaquer », confie-t-il, avec l’espoir de gagner plus qu’une tribune : le recul de l’utilisation du glyphosate, ce produit controversé, dont l’interdiction en France, depuis longtemps promise, n’interviendra pas avant 2021.Chez les exploitants, on s’inquiète devant les conséquences que pourrait avoir une victoire de l’élu breton, alors qu’au moins une dizaine d’autres communes ont pris des arrêtés similaires. Les agriculteurs sont nombreux à voir dans ces textes une menace sérieuse pour leur activité.

« Il faut que les règles soient prises en concertation, plaide Eugénia Pommaret, la directrice de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), qui regroupe les fabricants de produits phytosanitaires. Nous travaillons sur des formulations des produits en granulés plutôt qu’en poudre, par exemple, ce qui réduit les risques. Les agriculteurs s’équipent aussi avec du nouveau matériel, plantent des haies pour protéger le voisinage, mais cela demande du temps. »

Du temps, Paulette Deschamps, la maire (PS) du Perray (Yvelines) estime qu’elle n’en a plus. Elle aussi a décidé de restreindre l’usage des pesticides dans sa commune de 7 000 habitants, après avoir vu en avril, au cours d’une promenade du dimanche, un champ couvert d’une herbe « entièrement rouge » de pesticide. Une vision si « spectaculaire » que l’élue a proposé aux habitants des analyses d’urine gratuites, et pris son arrêté dans la foulée.

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