Anor, un village au cœur écologique ?

Un article de Laurent Caux, président de l’association Anor Environnement.

0863.jpg

Dans le bulletin municipal du mois de juillet 2019, l’édito du maire d’Anor commence par « Un bel anniversaire pour la Commune d’Anor, 10 ans au service de l’Environnement et de la biodiversité ». Depuis la création du « Collectif Bocage en Danger », le maire s’est lancé dans un matraquage médiatique par l’intermédiaire du bulletin municipal, de l’hebdomadaire « Le courrier de Fourmies » et de la radio « EchoFm » afin de faire croire à ses concitoyens qu’il avait fait de « son » village une « ville au cœur écologique ».

S’il est vrai que de bonnes actions ont été entreprises à Anor pour l’environnement, il n’est nul besoin de maquiller la réalité afin d’en tirer profit. Une chaudière à bois déchiqueté permet de chauffer deux logements et le siège d’une radio, dans l’ancienne école du Point du Jour, ça n’en fait pas pour autant un réseau de chaleur. Et 220 m² de panneau solaires sur le toit d’une salle communale ne font pas une centrale  photovoltaïque.

My Anor

De la même manière, l’opération « My Anor My Mobility » (voir l’article « Anor championne du climat ») présentée comme un « coaching individualisé en éco-conduite » permettant à chaque Anorien de devenir « Un héros au volant » a permis au maire d’obtenir la distinction « Fier de ma commune » au niveau national, parmi 39 dossier examinés dans sa catégorie (et non pas 570 comme le dit la presse). Pourtant, depuis le lancement de cette opération plus personne n’en a entendu parler ! Sur sa page facebook, aucun résultat sur l’efficacité du projet ni sur la quantité de CO² économisé ou sur la compensation carbone rapportée depuis février 2018, date de son lancement en grande pompe. Et ce ne sont pas 175 volontaires qui ont tenté cette « expérience » mais seulement 47 habitants d’après les déclarations médiatiques du maire.

Puisque 80% des Haies sont classées et protégées par le PLU (Plan Local d’Urbanisme), comment expliquer que les planteurs de patates aient pu en arracher autant à Anor ? Le préfet a-t-il autorisé le retournement des terres du bocage ?

Camions de bois

Si on parle d’écologie à Anor, on ne peut passer sous silence le fait que le maire défend la construction d’une usine expérimentale de pellets industriels. Cette usine, classée ICPE A – Installation Classée Pour l’Environnement avec Autorisation, un cran en dessous d’une usine type Sévézo – présenterait, si elle était construite, des dangers pour la commodité du voisinage proche et éloigné, la santé, la sécurité, la salubrité publique, l’agriculture, la protection de la nature et de l’environnement ainsi que de la biodiversité, notamment pour la zone humide présente sur le site. Elle serait expérimentale car aucun test n’a jamais été réalisé grandeur nature et des risques d’explosion existent. Ces pellets industriels, destinés à l’exportation, n’auraient aucune norme contrairement aux pellets domestique. Les dégâts seraient incalculables avec 72 passages de camions par jour sur des routes inadaptées, un fonctionnement 24 h sur 24 et 11 mois par an avec éclairage toutes les nuits, le bruit des broyeurs insupportable pour les riverains, un risque sanitaire pour les plus fragiles (crèches, écoles, personnes âgées, EPHAD) et une pollution des nombreuses zones écologiques remarquables du territoire. Est-ce cela le « bien vivre à Anor » ?

265

Plutôt qu’une usine de pellets, voilà ce qu’il faudrait voir à l’entrée d’Anor.

Alors même que le maire nous considère comme des « contre-tout » et qu’il nous a banni de la liste des associations communales, Anor Environnement – qui est seulement contre tout ce qui pollue – a imaginé en 2017 des alternatives à cette usine. En effet, critiquer sans rien proposer n’aurait pas de sens. Donc, une des propositions était de construire un parc photovoltaïque de 12 à 15 ha à la place de l’ex-future usine de pellets pour qu’Anor se dote d’un vrai champ photovoltaïque et non pas d’un simple toit.

Une autre proposition était de mettre en place des petits barrages hydroélectriques sur les 5 plus grandes cascades ou chutes d’eau du village, permettant ainsi de fabriquer de l’électricité dans le cadre d’une régie municipale. Si Fourmies envisageait la même chose avec les chutes d’eau des étangs des Moines, la régie municipale deviendrait alors intercommunale et profiterait ainsi à tous les habitants du sud Avesnois. Voilà donc bien un cocktail de projets innovants d’énergie réellement renouvelable  et non polluante, contrairement à cette « usine à pellets de l’ancien monde ». Nous pourrions parler aussi des agriculteurs bio, qui œuvrent au quotidien pour le maintien de la biodiversité et pour la qualité alimentaire. Ou encore prendre pour exemple Loos-en-Gohelle, ville pilote du développement durable, car elle a bien un vrai cœur écologique.

Alors pourquoi le maire d’Anor met-il tant d’acharnement à vouloir passer pour un grand écologue ? Craindrait-il l’apparition d’une liste verte aux prochaines élections municipales ?

AnorEnvi_Logo3

Cet article a été publié dans Biodiversité - Écologie, L'usine à pellets d'Anor, Transition énergétique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.