Le glyphosate modifierait le cerveau et la flore intestinale selon une étude

191-1  Un article de la radio RTL, par Paul Turban, le 11/06/2019.

Une étude de l’Université de Rennes 1 montre que le glyphosate modifierait le cerveau, la flore intestinale et le comportement de rates. Des effets accentués par les adjuvants ajoutés à la molécule dans les versions commerciales de l’herbicide.

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Photo d’illustration. © Dusan Kostic

Du nouveau dans la controverse autour de la dangerosité du glyphosate. Le célèbre herbicide, notamment commercialisé sous la marque Round Up de la firme Monsanto, provoquerait des modifications du cerveau, du microbiote intestinal (flore intestinale) et du comportement. C’est ce que révèle une étude de L’Irset – Université de Rennes 1, relevée par France 3 Bretagne, menée sur des rats femelles enceintes.

Les mères rates ayant ingérées du « Roundup 3+ » ont, à la naissance de leurs petits, « un comportement de léchage significativement plus élevé ». Ce léchage est indispensable au développement du jeune rat. Cela s’explique, selon le Professeur Thierry Charlier, par une variation de la synaptophysine. Cette protéine au nom barbare est impliquée dans la communication entre les neurones. Une communication particulièrement affectée dans l’hippocampe (zone de la mémoire et de l’émotion) et dans le cortex préfrontal (zone de la décision).

La flore intestinale modifiée

Le glyphosate « cible très spécifiquement un enzyme qui n’est pas produit par les animaux mais que l’on retrouve chez les plantes… et chez les bactéries. » Dans l’étude bretonne, il est montré que le glyphosate, sous sa forme pure et sous sa forme commerciale, affecterait les différentes communautés bactériennes de l’intestin.

Or, « il est clairement attesté par ailleurs qu’une altération de ce microbiote impacte le cerveau et le comportement ». De nombreuses études, précise le chercheur, montrent un lien, y compris chez les hommes, entre le microbiote et « divers troubles et pathologies tels qu’Alzheimer, Parkinson, ou le trouble du spectre autistique. »

« On ne peut exclure que l’ingestion de cet herbicide, dont les résidus sont retrouvés dans l’alimentation quotidienne, entraîne un impact sur le microbiote et en conséquence puisse modifier le fonctionnement du cerveau et le comportement. » Cela bien que le lien causal soit « extrêmement complexe à mettre en évidence. »

Des formules commerciales plus dangereuses ?

Le glyphosate, nom d’une molécule, n’est jamais utilisé pur. Il est mélangé, dans les formules épandues par les agriculteurs, à des adjuvants. Ceux-ci permettent notamment une meilleure pénétration du glyphosate dans les plantes, et augmentent son efficacité. Or, ces adjuvants :

« pourraient avoir un effet sur les vertébrés mais pourraient également interagir avec le glyphosate pour impacter le microbiote, la physiologie du cerveau et/ou le comportement. Le traitement a été réalisé grâce à une ingestion journalière, pendant la gestation et pendant la lactation, de gaufrettes vanillées contenant 5mg de glyphosate/kg (poids de l’animal) /jour, sachant que la dose maximale sans effet observée est actuellement fixée à 50 mg/kg/jour. » 

Le professeur Thierry Charlier précise que « les conséquences à long terme ne sont pas connues. » L’étude, qui doit donc être complétée par de nouvelles recherches, a été publiée dans le Journal of Neuroendocrinology.

L’article de RTL est ici.

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