Ohain : Le maire prend position sur l’épandage de pesticides et les haies arrachées

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Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 13/05/2019.

Après avoir constaté des épandages et des prairies labourées (pour de la pomme de terre) dans sa commune, le maire d’Ohain, Alain Rattez, a pris un arrêté municipal : toute utilisation de pesticides est désormais soumise à déclaration préalable. Et pour toute haie protégée arrachée, une plainte sera déposée.

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Arrachage de haies – Photo Sami BELLOUMI – VDNPQR

Suite et pas fin. Après que nous eûmes évoqué des épandages de pesticides pour traiter la transformation de prairies en champs de pommes de terre, dans des communes du Sud-Avesnois, dont celle d’Ohain – village de 1 200 habitants –, son maire, Alain Rattez, passe à l’offensive. Le week-end dernier, il a pris un arrêté municipal visant à encadrer l’utilisation des pesticides sur le territoire communal. Ainsi, dorénavant,

« la pulvérisation et le traitement des sols sont soumis à déclaration préalable de l’agriculteur auprès du maire, au moins 48 heures avant le traitement. Cette déclaration devra mentionner rigoureusement la parcelle, les produits utilisés, les cultures concernées et les périodes envisagées d’ensemencement, de traitement ou de pulvérisation ».

Protéger le bio

De plus, « les parcelles concernées par la pulvérisation feront l’objet d’une signalétique » – également d’un affichage en mairie et d’une information des riverains – et « la pulvérisation et le traitement des sols sont interdits à moins de 100 mètres des habitations, de la garderie et de l’école ». Pourquoi une telle démarche ?

« Parce que dans l’attente de l’entrée en vigueur d’une interdiction, il y a urgence à protéger les intérêts sanitaires des personnes susceptibles d’entrer en contact avec ces produits de traitement. Et, en premier lieu, les jeunes enfants, les promeneurs, les chasseurs, les habitants, etc. ».

Mais aussi les exploitations sous le label « Bio » situées sur le territoire communal. Sans oublier la protection des agriculteurs eux-mêmes. « Il va nous appartenir de vérifier qu’ils ont été formés et sont titulaires de l’attestation ad hoc, pour l’utilisation des produits ».

Plainte déposée

Maire d'Ohain

Alain Rattez, maire d’Ohain

Et le maire va plus loin : « Il ne faut pas se voiler la face. Ce retour des labours et des pesticides, c’est aussi le paysage bocager qui en prend un coup ». Notamment les arrachages de haies qui permettent d’agrandir les parcelles pour faire passer les engins agricoles. « C’est, à certains endroits, impressionnant, souligne M. Rattez. Et c’est préjudiciable quand nous avons fait d’importants efforts dans le cadre de la réorganisation foncière en 2014 : pas moins de 4 500 mètres de haies ont été replantées. Ce n’est pas pour les détruire aujourd’hui ».

Alors, le premier magistrat a trouvé la parade : « Nous avons conservé des vues aériennes de la commune d’il y a cinq ans. On va en refaire. Puisque, dans le cadre de notre plan local d’urbanisme (PLU), des haies sont protégées. Si depuis elles ont été arrachées, une plainte sera déposée ».

L’article de La Vois du Nord est ici.

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