La radulanine A, cet herbicide naturel « presque aussi efficace que le glyphosate »

729  Un article de France Inter, par Lisa Guyenne, le 0

Des chercheurs viennent de découvrir les propriétés désherbantes d’une molécule que l’on trouve à l’état naturel : la radulanine A. Les travaux n’en sont qu’à leurs débuts, mais ils pourraient représenter une avancée majeure dans la transition vers la fin du glyphosate.

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La radulanine A est naturellement produite par les hépatiques, une sorte de mousse (image d’illustration) © Maxppp / Christian Watier

Le glyphosate, version bio ? Des chercheurs du CNRS, de Polytechnique et de la Sorbonne viennent de déposer une demande de brevet pour un nouvel herbicide naturel, issu de la radulanine A. On retrouve cette molécule dans les hépatiques, des mousses végétales présentes notamment dans les forêts et les zones humides.

« On est presque aussi efficace que le glyphosate »

Testée en laboratoire sur l’arabette, une mauvaise herbe très répandue, les résultats ont été plus que probants. « On a montré que nos molécules étaient actives à des concentrations très proches de celles du glyphosate. C’est ce qui nous a interpellés », explique Bastien Nay, directeur de recherches au CNRS et chercheur au laboratoire de synthèse organique à l’École polytechnique. L’arabette jaunit rapidement, puis meurt. « On est presque aussi efficace que le glyphosate », confirme le chercheur.

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À ceci près que la radulanine A, elle, est naturelle. Dans un contexte de très forte contestation du glyphosate, et alors que les pesticides chimiques sont bannis de la commercialisation aux particuliers depuis le 1er janvier, cette découverte offre de nombreuses possibilités. « Je pense qu’il y a une pression de la société qui fait que certaines choses sont de moins en moins possibles. Donc pour nous, il y a plein d’ouvertures grâce à l’origine naturelle de ces produits. »

« Extrêmement difficile de rivaliser avec le glyphosate »

Pour autant, d’ici à retrouver la radulanine A dans les rayons de votre jardinerie, il faudra au moins plusieurs années. Le brevet vient d’être déposé, la recherche doit encore avancer. Et se mesurer au glyphosate n’est pas une mince affaire.

« C’est extrêmement difficile, parce que le glyphosate est une molécule très simple, facile à synthétiser, disponible en très grande quantité, et à moindre coût », explique Bastien Nay. « Si on veut rivaliser, il faudrait arriver à produire notre molécule en grande quantité. Ce sera nécessaire, si l’on veut l’utiliser dans un champ ou en conditions réelles. »

Reste aussi à trouver des financements pour poursuivre les recherches, et bien sûr, évaluer le risque sanitaire de la radulanine A. Des tests de toxicité devront être effectués sur l’Homme comme sur l’environnement.

L’article de France Inter est ici.

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 300 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel. Le 15 juin 2017, Il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie ses conclusions, son avis et un rapport de 400 pages : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter. Et au même moment, nous apprenons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la Sas Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais un acte de régularisation du premier projet ayant un "caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Ce qui va annuler toute la procédure liée au premier projet. Verdict fin juin, probablement. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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