Pour sauver une forêt corrézienne, des particuliers l’achètent

462  Un article du Parisien, par Franck Lagier, le 25/04/2019.

Des particuliers ont récolté 48 000 euros pour éviter un déboisement.

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Extrait du film « le Temps des forêts ». (ATELIER DOCUMENTAIRE)

Meurtris de voir les paysages de leur enfance transformés en collines taillées à blanc, des particuliers ont entrepris de sauver toute une forêt. Pour arriver à leur fin, ils l’ont tout simplement… achetée. «En Corrèze, les coupes rases se multiplient. Les groupements forestiers abattent de 1 à 4 hectares d’un coup pour des raisons économiques à court terme sans se soucier des conséquences. C’est légal mais ils ne reboisent pas forcément, détournent parfois les cours d’eau», assure Alexandre Prisme, membre fondateur de « Faîte et racines ». Cette association a réussi à réunir 48 000 € pour acquérir 8 ha dans le secteur de la Xaintrie (Corrèze) grâce à une campagne de financement participatif sur le site helloasso.

«Nous avons été surpris, très étonnés de voir qu’autant de gens étaient sensibles à cette problématique», reconnaît Alexandre Prisme. Les dons ont afflué de partout. «Les deux premiers mois, 10 % des Corréziens ont mis la main à la poche. Nous avons reçu des sommes de toute la France et de particuliers vivant aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande ou encore en République tchèque. C’est la magie d’internet ! Un Français a même versé 4 000 € pour préserver cette forêt.»

L’association espère continuer sur sa lancée en achetant d’autres parcelles. Elle compte surtout montrer aux propriétaires la voie pour une gestion durable des forêts.

«Des pratiques respectueuses de la nature peuvent aussi être économiquement viables. Prélever 10 % du bois chaque année assure aux propriétaires forestiers un revenu régulier, termine Alexandre Prisme. Et la biodiversité est préservée».

L’article du Parisien est ici.

 

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 300 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel. Le 15 juin 2017, Il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie ses conclusions, son avis et un rapport de 400 pages : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter. Et au même moment, nous apprenons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la Sas Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais un acte de régularisation du premier projet ayant un "caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Ce qui va annuler toute la procédure liée au premier projet. Verdict fin juin, probablement. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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