Déforestation : Douze millions d’hectares de forêts tropicales ont été détruits en 2018

Journal 20 minutes  Un article de 20 minutes, le 25/04/2019.

Les forêts primaires, essentielles pour le climat et la biodiversité, sont particulièrement touchées.

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C’est l’équivalent du Nicaragua qui disparaît chaque année. En 2018, le monde a perdu 12 millions d’hectares de forêts tropicales, a révélé mardi le World ressources institute (WRI). Parmi elles, 3,64 millions de forêts tropicales primaires essentielles pour le climat et la biodiversité. Soit la taille de la Belgique.

Les chiffres ne sont pas bons. Selon ce rapport annuel mené par Global Forest Watch, 2018 se classe comme la quatrième plus mauvaise année en termes de déforestation de la forêt tropicale, après 2016, 2017 et 2014. Les pays les plus concernés sont le Brésil, l’Indonésie, la République démocratique du Congo, la Colombie et la Bolivie.

«Il est tentant de saluer une deuxième année de baisse après le pic de 2016», commente Frances Seymour de WRI. «Mais si on regarde sur les 18 dernières années, il est clair que la tendance globale est toujours à la hausse».

Un rythme de destruction inquiétant

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En Asie, les forêts sont rasées pour produire de l’huile de palme.

La perte de forêts tropicales primaires inquiète plus particulièrement les chercheurs. «Ce sont les forêts qui ont le plus grand impact en termes d’émissions de carbone et de biodiversité», souligne Mikaela Weisse, du WRI. Ces espaces boisés stockent du carbone et abritent une faune et une flore importante.

Le rythme de destruction des forêts primaires est particulièrement inquiétant en République démocratique du Congo, tandis qu’il a ralenti de 63 % en Indonésie par rapport au pic de 2016, souligne cette étude. L’Indonésie a bénéficié de mesures gouvernementales et de deux années relativement humides, défavorables aux incendies, mais le phénomène El Nino pourrait changer la donne en 2019.

La situation pourrait empirer

Le Brésil est le pays qui a perdu la surface la plus importante de forêts tropicales primaires, devant la RDC et l’Indonésie. En Colombie, la perte de forêt primaire a augmenté de 9 % entre 2017 et 2018, alors que l’accord de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a contribué à rendre plus accessible certains territoires, selon l’étude.

WRI pointe aussi du doigt la situation au Ghana et en Côte d’Ivoire, qui ont perdu le plus de forêts tropicales primaires entre 2017 et 2018 en pourcentage (60 % et 26 %). La situation pourrait encore empirer au Brésil car selon l’ONG Imazon, la déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté de 54 % en janvier 2019 et l’arrivée au pouvoir du président d’extrême droite Jair Bolsonaro – par rapport à janvier 2018.

L’article de 20 minutes est ici.

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 200 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel mais le préfet abandonne. Le 15 juin 2017, il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie un rapport de 400 pages, ses conclusions et son avis : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco, sans tenir compte de l'avis défavorable de l'enquête publique. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter, ne tenant aucun compte de l'avis défavorable émis par le commissaire enquêteur. Et au même moment, nous découvrons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter à Damblain : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la société Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais "un acte de régularisation du premier projet ayant un caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en demande de non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Le 20 juin 2019, la Cour d'appel de Douai prend un arrêté selon lequel "il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de la société Jeferco". Le 26 aout 2019, la société Jeferco dépose un pourvoi en cassation auprès du Conseil d’État qui a 3 mois pour examiner et admettre ou refuser cette demande. Le second projet est en cours d'instruction au Tribunal Administratif de Lille. Une clôture de l'instruction est annoncée pour le 30 septembre 2019. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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