Mobilisation sur le climat : les jeunes se structurent pour agir dans la durée

548  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 17/04/2019.

Élections européennes, action de désobéissance civile, grèves, les jeunes Français engagés pour le climat passent à la vitesse supérieure. Après le succès la journée de mobilisation internationale du 15 mars, qui a mis 200 000 jeunes dans la rue à travers tout le pays, le mouvement Youth for Climate France vient de tenir ses premières assises. L’objectif est d’obtenir du gouvernement une trajectoire claire pour rester sous les 1,5°C de réchauffement.

0791

Le mouvement de grève pour le climat a commencé à prendre de l’ampleur en France avec la visite de la Suédoise Greta Thunberg à Paris le 22 février. @Youth for Climate France

« Heureusement qu’il y a ces jeunes. Ils vont peut-être parvenir à réveiller les adultes face à la catastrophe que ma génération et celle de leurs parents n’ont pas vu venir ou su arrêter », commente Mireille, une passante septuagénaire, qui s’est arrêtée pour observer la grève pour le climat organisée sous les fenêtres de l’Assemblée nationale, à Paris, le 12 avril dernier. À Lyon, à Montpellier, ou encore à Bordeaux, quelques milliers de jeunes ont encore troqué leurs cahiers contre des pancartes pour réclamer plus d’action contre le réchauffement climatique.

Même si on est loin de la grève internationale du 15 mars, qui avaient réuni 200 000 jeunes à travers toute la France – faisant de l’Hexagone l’un des pays les plus mobilisés – le mouvement des jeunes pour le climat ne s’est pas éteint, bien au contraire. Le week-end dernier, les premières assises de Youth for Climate (YFC) France se sont tenues à Nancy, signe de la pérennité de la mobilisation. « Nous ne souhaitons pas privilégier la quantité mais la qualité, c’est important de prendre du temps justement pour se structurer et préparer le long terme » explique Hugo Viel, 21 ans, étudiant en 4e année d’école d’ingénieur et membre de YFC France.

Formation à la désobéissance civile et aux interviews

Entre 100 et 150 référents locaux, en particulier des lycéens mais aussi quelques collégiens, étaient réunis pour la première fois depuis le lancement de Youth for Climate France, en février. Au programme : du media training, des formations au crowdfunding, à la désobéissance civile ou encore à la communication sur les réseaux sociaux. La réflexion a aussi porté sur la structuration du mouvement.

« En amont de ces assises, la coordination nationale avait été dissoute pour permettre à chacun d’arriver sur un pied d’égalité, explique Hugo Viel. Et nous nous sommes mis d’accord pour travailler en groupes thématiques (presse, international, mobilisation, sensibilisation, plaidoyer…) Au sein de chacune de ces « patates » comme on les a baptisées, chacun s’organise comme il veut, il n’y a pas de hiérarchie. »

Contre la « République des pollueurs »

D’ici la fin de l’année, leur agenda est bien chargé. Dans le cadre des élections européennes, La jeunesse pour le climat de Strasbourg a lancé un appel à tous les candidats pour reconnaître l’urgence climatique et prendre des mesures à très court terme. Youth for Climate France va également participer à l’action de désobéissance civile non violente prévue le vendredi 19 avril contre « la République des pollueurs » à l’appel des ONG Greenpeace, ANV-COP 21 et Les Amis de la Terre. Il s’agit de dénoncer la proximité du gouvernement avec les plus gros intérêts économiques du pays.

Le mouvement ne renonce pas pour autant aux grèves. La prochaine mobilisation internationale, de l’ampleur de celle du 15 mars, sera organisée le vendredi 24 mai. Et le 21 juin, tous les jeunes Européens engagés pour le climat sont invités à se rassembler à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Des camps d’été proposeront enfin des formations tous azimuts avant l’assemblée générale de l’ONU, en septembre. « On ne s’arrêtera pas tant que nous n’aurons pas une trajectoire claire pour rester sous les 1,5°C de réchauffement » assure le jeune Hugo Viel, qui enchaîne les plateaux télé et radio pour alerter le plus largement possible.

L’article de Novethic est ici.

Publicités

A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 300 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel. Le 15 juin 2017, Il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie ses conclusions, son avis et un rapport de 400 pages : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter. Et au même moment, nous apprenons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la Sas Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais un acte de régularisation du premier projet ayant un "caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Ce qui va annuler toute la procédure liée au premier projet. Verdict fin juin, probablement. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
Cet article a été publié dans Dérèglement climatique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s