Melomys Rubicola, premier mammifère officiellement éteint à cause du réchauffement climatique

548  Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 30/03/2019.

Il a été observé pour la dernière fois en 2009 et une vaste traque scientifique en 2014 n’a pas permis de le retrouver. L’Australie a dû se résoudre à officialiser l’extinction d’un petit rongeur qui habitait un banc de sable au large de ses côtes. C’est le premier mammifère officiellement disparu en raison du réchauffement climatique.

Melomys Rubicola

Ce petit rongeur ne vivait que sur une île qui a été trop endommagé par les tempêtes et l’élévation des océans. @IanBell/QueenslandDepartmentofEnvironment

L’Humanité n’aura pas connu bien longtemps Melomys Rubicola. Ce rongeur, d’une quinzaine de centimètres, a été découvert en 1845. Et le 18 février 2019, le gouvernement australien a officiellement annoncé sa disparition. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a confirmé l’annonce dans la foulée.

En réalité, celui-ci n’avait plus été observé depuis 2009. En 2014, une équipe de scientifiques avait constaté sa disparition après une traque de quelques semaines, à l’aide de pièges et de caméras. L’extinction a été constaté dans une publication officielle en 2016. Pour les chercheurs de l’Université du Queensland, la cause de cette perte est le changement climatique.

Melomys Rubicola ne vivait qu’en un seul habitat sur Terre : l’Île australienne de Bramble Cay, un banc de sable de seulement quatre hectares à quelques mètres au-dessus des eaux. Ce petit espace lui suffisait pour se nourrir de végétaux et d’œufs de tortues. Pour les chercheurs,

« le principal facteur responsable de la disparition de cette population est certainement l’inondation océanique (…) à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie, entraînant une perte dramatique d’habitat et peut-être aussi une mortalité directe d’individus ».

Extinction massive

Ils ajoutent : « Les informations disponibles sur l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques (…) laissent penser que les changements climatiques induits par l’homme sont à l’origine de la disparition de Melomys Rubicola ». La surface de l’île, qui mesurait 250 mètres de long, où vivait le rongeur a été divisée par deux ces dernières années.

Au-delà de ce petit mammifère et du réchauffement, la Terre fait face à une nouvelle extinction massive des espèces. Dans le rapport Planète Vivante 2018, réalisée tous les deux ans, l’ONG WWF a calculé qu’en 40 ans, 60 % des populations d’animaux sauvages sur Terre ont disparu : poissons, mammifères, oiseaux, amphibiens et reptiles. En cause, on retrouve : l’agriculture intensive, la dégradation des sols, la surpêche, la pollution plastique…

L’article de Novethic est ici.

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 300 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel. Le 15 juin 2017, Il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie ses conclusions, son avis et un rapport de 400 pages : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter. Et au même moment, nous apprenons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la Sas Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais un acte de régularisation du premier projet ayant un "caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Ce qui va annuler toute la procédure liée au premier projet. Verdict fin juin, probablement. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
Cet article a été publié dans Biodiversité - Écologie, Dérèglement climatique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.