Les pétroliers, ces champions des renouvelables

  Un article de Novethic, par Ludovic Dupin, le 15/09/2019.

Bon gré mal gré, les pétroliers investissent de plus en plus dans les énergies renouvelables. Et leur puissance financière fait qu’à terme, ce sont eux qui vont capter l’essentiel de la croissance de ce secteur des nouvelles énergies. C’est d’ailleurs pour cela que le fonds souverain norvégien, décidé à limiter son exposition au pétrole, garde en portefeuille des majors comme Shell, qui vise à devenir le plus grand électricien au monde.

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9000 foyers japonais sont alimentés en énergie solaire par la centrale Total de Nanao.

Les réserves de pétrole sont bien plus abondantes que ce que beaucoup avaient prédit. Et le monde en consomme de plus en plus. Autant dire que, malgré l’urgence climatique, le pétrole est loin d’avoir abattu sa dernière carte. Cela ne veut pourtant pas dire que les pétroliers ne vont pas changer leur fusil d’épaule.

Du moins, c’est ce que croit le fonds souverain norvégien. Il vient de bousculer le monde de l’or noir en annonçant qu’il allait désinvestir 37 milliards de dollars des entreprises productrices de pétrole. Un séisme venant d’un fonds qui a justement bâti sa fortune de 1 000 milliards de dollars sur le pétrole de la mer du nord. Pourtant, dans le détail, les majors comme BP, Shell ou Total sont épargnés par cette politique.

Pourquoi ? L’un des arguments du fonds est que ces grands pétroliers sont les plus à même d’investir dans les énergies renouvelables à terme. Souvent poussés, voire contraints, par leurs investisseurs, c’est eux qui devraient capter l’immense majorité de la croissance du secteur dans les années à venir… puissance financière oblige !

Shell le plus grand… électricien

Comme pour donner raison au fonds norvégien, Shell vient d’annoncer fièrement que le groupe sera le plus grand électricien de la planète en 2030, essentiellement due à une diversification dans les énergies propres (ce qui implique renouvelables et gaz). Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour que Shell concurrence un EDF ou un électricien chinois.

Dans le Financial Times, Maarten Wetselaar, responsable du pôle gaz et énergies renouvelables de Shell, a des arguments de poids. D’une part, le groupe annonce des investissements compris entre un et deux milliards de dollars chaque année dans les énergies renouvelables. D’autre part, il juge que Shell est plus souple que les électriciens classiques coincés par « leur lourd héritage de centrales à charbon et nucléaire et leur stratégie très centralisée ».

Le Français Total a aussi engagé cette diversification vers l’électricité renouvelable après les rachats de Lampiris, de Direct Energie et de fabricants de panneaux solaires. Si aujourd’hui on voit des géants comme Shell ou Total bousculer leur cœur de métier pour embrasser un peu la transition énergétique, cela veut dire que toutes les entreprises au monde peuvent le faire.

L’article et la vidéo de Novethic sont ici.

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 200 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel mais le préfet abandonne. Le 15 juin 2017, il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie un rapport de 400 pages, ses conclusions et son avis : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco, sans tenir compte de l'avis défavorable de l'enquête publique. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter, ne tenant aucun compte de l'avis défavorable émis par le commissaire enquêteur. Et au même moment, nous découvrons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter à Damblain : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la société Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais "un acte de régularisation du premier projet ayant un caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en demande de non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Le 20 juin 2019, la Cour d'appel de Douai prend un arrêté selon lequel "il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de la société Jeferco". Le 26 aout 2019, la société Jeferco dépose un pourvoi en cassation auprès du Conseil d’État qui a 3 mois pour examiner et admettre ou refuser cette demande. Le second projet est en cours d'instruction au Tribunal Administratif de Lille. Une clôture de l'instruction est annoncée pour le 30 septembre 2019. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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