La pollution de l’air est deux fois plus mortelle qu’estimé jusqu’alors

548  Un article de Novethic, par Concepcion Alvarez, le 19/03/2019.

On savait que c’était l’une des causes les plus importantes de mortalité au monde, mais de nouveaux chiffres révèlent que le problème était largement sous-estimé. La pollution de l’air tuerait en fait deux fois plus que ce qu’avaient prédit les précédentes estimations, selon une étude publiée dans la Revue européenne de cardiologie. Elle serait responsable chaque année de neuf millions de morts à travers le monde, soit plus que le tabac.

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À New Delhi, les niveaux de pollution dépassent jusqu’à 5 fois ceux fixés par l’OMS pour la qualité de l’air. @FlickR

Chaque année dans le monde, neuf millions d’êtres humains succombent de maladies liées à la pollution de l’air. Ils sont 2,8 millions uniquement en Chine, 800 000 en Europe dont 67 000 en France. Cette nouvelle estimation, publiée par la Revue européenne de cardiologie (European Heart Journal), est deux fois plus importante que les précédentes. À travers la planète, on estime que neuf habitants sur dix respirent un air pollué. Environ un sur dix en mourra.

Comment expliquer un tel écart avec les données antérieures ? Les outils statistiques se basaient principalement jusqu’alors sur les risques de cancer ou les effets immédiats sur l’appareil respiratoire, sans s’intéresser aux risques cardiovasculaires. Or les chercheurs estiment qu’entre 40 et 80 % de ces décès prématurés sont dus à des maladies cardiovasculaires.

« Cela veut dire que la pollution de l’air fait plus de morts chaque année que le tabac, responsable de 7,2 millions de décès en 2015 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », a affirmé l’un des auteurs. « On peut éviter de fumer, mais on ne peut pas éviter d’être soumis à un air pollué », a-t-il ajouté.

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D’après Santé publique France, la majeure partie des impacts de la pollution atmosphérique sur la santé résultent d’une exposition au jour le jour et à long terme, même en dessous des seuils réglementaires. Ce n’est pas forcément pendant les pics que le risque est le plus important.

Autre idée reçue : on serait davantage protégé dans sa voiture ou dans le métro que dans la rue. Mais c’est en fait tout le contraire. L’air du métro parisien peut atteindre des niveaux de pollution jusqu’à 30 fois supérieurs à celui de l’extérieur.

La pollution de l’air est classée comme cancérogène de type 1 (avéré) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), instance spécialisée de l’OMS. Plusieurs villes ont fait de cette bataille leur fer de lance, à l’image de Paris. La maire Anne Hidalgo est à la tête d’un mouvement mondial qui entend bannir les voitures polluantes des villes dans les prochaines décennies.

L’article de Novethic est ici.

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