Langouët, le village “avec un temps d’avance en matière d’écologie”

France3 Bretagne.jpg  Un article de France3 Bretagne, par Krystell Veillard, le 26/02/2019.

A Langouët, petite commune de 603 habitants, située en Ille-et-Vilaine, l’équipe municipale s’emploie depuis 20 ans à faire de l’écologie sociale une réalité, et ambitionne aujourd’hui de réduire son empreinte sur la planète grâce à une politique d’urbanisme fondée sur l’économie circulaire.

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À Langouët (35), toutes les nouvelles maisons seront dotées d’un jardin pour que les habitants puissent se lancer dans la permaculture. / © Marie de Langouët

Sous l’impulsion du maire Daniel Cueff, un écologiste convaincu qui a fait ses armes contre le projet de centrale nucléaire de Plogoff, à la fin des années 70, le village s’est forgé une réputation de laboratoire. Il fait figure de cheville ouvrière de « Bruded », un réseau d’échanges d’expériences en urbanisme durable, qui regroupe 160 collectivités de la région.

Une cantine 100% bio locale depuis 2004

Dotée d’une cantine 100% bio locale depuis 2004, la commune de Langouët a dit « non » au désherbage chimique dès 1999 et produit aujourd’hui plus d’électricité solaire que n’en consomment ses bâtiments publics, chauffés au bois.

Des logements bénéfiques à l’environnent

En matière de logement, « nous étions dans une démarche de développement durable avec des bâtiments basse consommation. Aujourd’hui, nous travaillons sur des logements  bénéfiques pour l’environnement, ce qui nous amène à choisir des matériaux de construction capteurs de carbone et 100% récupérables », explique le maire de la commune qui a réalisé son premier « éco-hameau » en 2005, le second en 2015.

Des maisons qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment

Maisons en bois, bientôt en terre, isolants naturels, chauffe-eau solaire, récupération des eaux de pluie, poêle à granulés, « plus on avance, plus on améliore les performances  énergétiques des bâtiments », se félicite Daniel Cueff. Les deux prochains « éco-hameaux » devraient dépasser, selon lui, la réglementation thermique applicable en 2020, avec des maisons qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

Démarche d’urbanisme « circulaire »

Le maire a fait entrer en 2017 sa commune dans une démarche d’urbanisme « circulaire » accompagnée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Selon cette logique, les nouvelles maisons devraient pouvoir être démontées et leurs matériaux réutilisés. Ce que confirme l’architecte Sarah Fruit, chargée de concevoir sept maisons dans le centre-bourg. « Nous voulons créer une ‘banque’ des matériaux de construction utilisés dans la commune », explique la jeune femme. « Chaque matériau aura sa fiche répertoriant son origine et la façon dont il peut être réutilisé ». L’idée étant de privilégier au maximum les matériaux locaux, biosourcés (bois, terre, paille) ou de réemploi en adaptant le mode de construction aux ressources locales.

« Habiter autrement » 

Le prochain plan local d’urbanisme réservera aussi une parcelle à l’habitat léger, mobile ou démontable (yourtes, tiny houses) afin de répondre à la nouvelle demande  « d’habiter autrement », que ce soit pour des raisons budgétaires, de mobilité ou par désir de nature.
Langouët, un petit paradis vert ? En s’y promenant, on ne constate guère de différence avec un autre bourg, sauf que le bois et les panneaux solaires y sont davantage présents, et que les habitants ont la main verte. Frédéric Hanier, qui dépense « moins de 200 euros de chauffage par an » dans sa maison éco-conçue, a pourtant l’impression qu’à Langouët « on a toujours un temps d’avance en matière d’écologie ». Un sentiment partagé par Nicole Duperron-Anneix, ancienne institutrice, pour qui les habitants ont « développé un vrai sentiment de citoyenneté écologique »

Des projets par toujours reproductibles   

Interrogé, le climatologue Jean Jouzel évoque dans cette commune des « réalisations remarquables et exemplaires aux plans régional, français et européen »« A en croire les médias, tout est déjà fait, mais il y a encore du chemin », tempère Xavier Lessieu, artisan dans le bâtiment. De fait, les projets, aussi ambitieux soient-ils, font l’objet d’une mise en oeuvre prudente, donnant parfois lieu à des renoncements. Ainsi, l’idée de reproduire le prototype de maison « bioclimatique » testé à Langouët par des ingénieurs, a-t-elle été abandonnée au motif qu’elle nécessitait trop d’espace.

Toujours de nouveaux projets

Ce qui n’empêche pas le village de continuer à innover. « Langouët a été précurseur sur le renouvellement urbain en économie circulaire, il va l’être à nouveau avec l’installation d’un équipement collectif de production d’électricité solaire pour la consommation locale et la création d’une ferme en permaculture pour tendre vers  l’autonomie maraîchère ». Un appel à projet est d’ailleurs en cours. « A chaque fois, se rajoutent de nouveaux objectifs », commente Mikaël Laurent, coordinateur de Bruded.
Dernière initiative en date: la mise à disposition d’un véhicule électrique en autopartage pour essayer de « décarboner » la mobilité des Langouëtiens.

L’article de France3 Bretagne est ici.

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 300 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel. Le 15 juin 2017, Il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie ses conclusions, son avis et un rapport de 400 pages : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter. Et au même moment, nous apprenons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la Sas Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais un acte de régularisation du premier projet ayant un "caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Ce qui va annuler toute la procédure liée au premier projet. Verdict fin juin, probablement. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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