Ohain : Quand l’ancienne décharge d’ordures ménagères, désormais enfouie, refait surface…

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Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 08/02/2019.

Évoquant des réticences sur le projet d’implantation d’une usine à pellets sur la commune d’Anor dont il est le maire, lors des vœux de la communauté de communes Sud Avesnois, son président, Jean-Luc Pérat, s’est lancé dans une diatribe s’agissant de l’ancienne décharge d’ordures ménagères d’Ohain. Alors, qu’en est-il aujourd’hui ?

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La décharge d’ordures ménagères d’Ohain, en activité de 1981 à 1999, est maintenant fermée.

Cela a jeté un froid mais surtout a instillé un doute dans la salle. Quoi ? Le paragraphe (NDLR : lire ci-dessous) du président de la communauté de communes Sud Avesnois, Jean-Luc Pérat, lors de son discours des vœux, quand il a évoqué le projet d’implantation d’une usine à pellets sur Anor dont il est le maire. En réponse à son collègue d’Ohain et vice-président de l’intercommunalité à l’environnement, Alain Rattez, qui avait, lors de ses vœux, réalisé un réquisitoire contre cette même usine à pellets.

En clair, M. Pérat est revenu insidieusement sur la décharge d’ordures ménagères d’Ohain, en activité de 1981 à 1999. Alors, quelle est la situation aujourd’hui ? Sa gestion est-elle maîtrisée ? Ou le site, dorénavant rebouché, présente-t-il une menace écologique ? C’est ce que nous avons cherché à savoir… une fois la tension retombée. « Je n’étais pas maire quand elle a ouvert ses portes, indique d’abord M. Rattez. Mais sa fermeture a été un argument de ma campagne électorale quand j’ai été élu en 1989. Et cela a été par la suite le cas. »

S’agissant des détails plus techniques, cette décharge est toujours implantée sur huit hectares, sur un terrain à proximité de la route départementale 963 (route de Trélon). « C’était, quand elle fonctionnait, une décharge à ciel ouvert, précise le premier magistrat ohainais, qui n’a pas connaissance du tonnage annoncé par son homologue anorien. Un centre d’enfouissement technique (CET) comme il y en avait beaucoup en France. C’était l’époque où il était privilégié la mise en terre plutôt que l’incinération. C’est l’inverse maintenant. Les lieux avaient été choisis pour leur teneur en sable qui doit éviter la contamination des nappes phréatiques. » Ainsi, pendant 18 ans, ils ont accueilli les ordures ménagères du sud de l’Avesnois (l’ancien canton de Trélon élargi). Qui appartenaient « à tout le monde ».

Société privée

Et depuis sa fermeture ? « La société privée SITA, qui s’occupe du site, a déjà effectué plusieurs centaines de milliers d’euros d’aménagements et la décharge est contrôlée en permanence pour éviter toute pollution, » répond M. Rattez. Et de poursuivre sur la forme :

Maire d'Ohain

Alain Rattez, maire d’Ohain

« Ce débat, c’est du niveau cour de récréation. Sinon, on peut souligner également que l’actuelle maison de retraite d’Anor a été construite à proximité d’un étang comblé aussi par des ordures. Sachant que ce n’est pas parce que nous avons fait des mauvais choix par le passé qu’il faut les reproduire de nos jours où, rappelons-le, le droit à polluer n’existe pas. »

Le prochain bureau de l’intercommunalité risque d’être tendu.

Verbatim

Maire d'Anor

Jean-Luc Pérat, maire d’Anor

« Facile de donner des leçons de plus blanc que blanc quand on oublie qu’en 1981 une décharge à ciel ouvert s’est installée sur Ohain jusqu’en 1999. Où y sont enfouies plusieurs milliers de tonnes de déchets sur des profondeurs importantes (27 500 tonnes), se moquant à l’époque des nuisances olfactives et visuelles, touchant Trélon et Wallers, des risques sur les nappes phréatiques et j’en passe. Aujourd’hui encore, ces déchets sont là, recouverts de sable et de terre. C’est l’histoire, certes, mais elle est encore présente sous nos pieds, mais cachée c’est mieux. »

Jean-Luc Pérat, président de la communauté de communes Sud Avesnois

La réponse de SITA

Après SERTIRU et Netrel, c’est désormais l’entreprise SITA (filiale du groupe Suez) qui gère le site de l’ancienne décharge d’Ohain. Où « tout est réglementaire » :

« Nous avons des équipes dédiées et des savoir-faire pour suivre cette installation classée, explique le service communication. Ici, il s’agit de déchets résiduels non valorisés mais qui ne sont pas dangereux et pour lesquels nous assurons une surveillance sur le long terme, jusqu’en 2030, soit trente ans après la fermeture. C’est la loi. »

Et parmi les contrôles effectués, la société est dans l’obligation, plusieurs fois dans l’année, de surveiller les effluents de la fermentation, gazeux et liquides – les lixiviats issus des eaux de ruissellement qui sont collectées et retraitées – et le tassement des déchets dans le sous-sol : « Cela fait l’objet de prélèvements et d’analyses, notamment pour maîtriser l’impact sur l’air et les eaux souterraines. » À cela s’ajoutent des travaux de réaménagement, notamment de revégétalisation. « Et le tout est, bien sûr, réalisé sous couvert des services de l’État, » souligne-t-on chez SITA.

L’article de La Voix du Nord est ici.

A propos Jazz Man

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