La vérité sur le pellet fabriqué avec des déchets de bois

Dans l’article de Reporterre publié hier, les auteurs constatent qu’EDF connait parfaitement le problème de l’utilisation des déchets de bois dans les centrales électriques et son passage à l’échelle industrielle. Celui ci est impossible puisque les granulés de bois ainsi produit contiennent de nombreuses impuretés et leur utilisation intensive conduit rapidement à une dégradation des installations. C’est ce que nous ne cessons de dire depuis que Jeferco a décidé d’utiliser des bois souillés pour son projet d’usine à pellets industriels d’Anor. Les déchets de peintures, de colles et de vernis vont obstruer les presses et provoquer explosions ou incendies, comme cela arrive trop souvent avec des usines similaires.

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Explosion puis incendie à l’usine Bretagne Pellets de Mauron, en Bretagne, le 26 février 2018.

Nous voulons ici rappeler quelques vérités sur le projet Jeferco d’Anor :

  • Les branchages et bois rémanent ne sont pas une ressource « valorisable » et doivent rester sur place car ils sont indispensables à la richesse biologique des sols qui sont déjà trop sollicités par les coupes à blanc.
  • Bruler des arbres ou des billons de bois n’est pas une solution pour lutter contre le dérèglement climatique. De nombreuses études montrent que l’utilisation de la biomasse pour produire de l’énergie génère des rejets plus polluants que les énergies fossiles et accroît l’industrialisation des forêts.
  • Les nuisances de ce projet l’emportent largement sur ces avantages : pollutions directes et indirectes, dégradation des routes, nuisances pour les espèces protégées vivant sur le site et à proximité ou de passage.
  • La création d’une vingtaine d’emplois ne peut pas être une excuse permettant de faire n’importe quoi. Surtout lorsque cette activité met en péril d’autres emplois au sein des filières bois, tourisme ou agriculture biologique.
  • Le projet Jeferco correspond bien à une recherche de profits et non pas à un prétendu souci de « transition énergétique » ou de « troisième révolution industrielle ». Il profite avant tout de l’opportunité créée par la politique énergétique européenne et française permettant d’obtenir plus de subventions. C’est du « Greenwashing » (de l’éco-blanchiment).
  • La société Jeferco cherche 20 millions d’euros avec seulement 700 000 € d’apport. Et depuis son « plan B », pour une seconde usine dans les Vosges,  la société cherche 40 millions d’euros mais toujours avec le même apport.

Fumer tue

Les instances régionales et quelques élus zélés sont en train d’essayer de faire passer en force cette usine expérimentale de fabrication de pellets industriels à partir de déchets de bois, dont les américains déclarent que ça ne fonctionne pas. Cette unité de production ne serait que la partie visible d’une politique européenne qui prétend répondre au dérèglement climatique en utilisant nos forêts pour produire de l’électricité. Cette nouvelle forme de convoitise sur le bois est une menace majeure pour l’ensemble des milieux forestiers qui devraient rester un de nos atouts dans la lutte contre le dérèglement climatique, car aujourd’hui tout le monde le sait, nos forêts sont les usines à recycler le CO².

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A propos Jazz Man

Clarinettiste amateur, j'aime le jazz.
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