Jeferco a un plan « B »

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Lors de l’enquête publique de juin 2018, nous avons pu constater que le président de la société Jeferco n’était pas du tout motivé à vouloir informer la population sur son projet d’usine à pellets. En effet, la tenue d’une réunion publique – obligatoire selon le code de l’environnement – n’a jamais eu lieu en 2018, malgré les efforts et l’insistance du commissaire enquêteur (retranscrit dans son rapport de 400 pages). De la même manière les réponses du promoteur aux questions posées par les citoyens lors de l’enquête publique ont aussi un caractère obligatoire. Et sur plus de 400 questions posées, celui-ci n’a répondu qu’à moins de la moitié.

Ces deux faits marquants de l’enquête publique posent plusieurs questions :

  • Pourquoi risquer à ce point un avis défavorable ?
  • Pourquoi se retrancher derrière la réunion publique de 2014, alors que plus de la moitié du projet a changé sans que la population en soit informée ?
  • Pourquoi y a-t-il autant d’erreurs dans le dossier mis en enquête publique ?

En cherchant des réponses à toutes ces légèretés, nous avons trouvé un autre projet Jeferco similaire à celui d’Anor. Déposé en préfecture des Vosges, ce deuxième projet a été mis en enquête publique du 03 au 20 juillet 2018 à Damblain.

Jeferco Damblain

Situé sur une ancienne base aérienne de l’Otan, la zone industrielle de Damblain a été aménagé par le conseil départemental qui a fait construire, pour la desserte ferroviaire, un raccordement ferrée de 900 mètres ainsi que quatre embranchements de 450 mètres à l’intérieur du site. Pour la desserte routière, un accès direct à l’autoroute A31 a été créé spécifiquement pour assurer la desserte de ce site. L’investissement du département est de 34 millions €, celui de l’État est de 11 millions d’euros, soit un total de 45 M € d’argent public investit ici.

Le projet vosgien n’est pas tout à fait identique à celui du Nord. Les clients visés seraient les mêmes et les quantités égales : 120 000 tonnes de pellets par an à partir de 210 à 240 000 tonnes de matière première (billons, bois de classe A et B dans les mêmes proportions). Mais on constate que la surface des bâtiments serait plus importante de 25 % dans les Vosges (4000 M² contre 3000 dans le Nord) et que le nombre de silos serait de 9 à Damblain contre 5 à Anor. De la même manière, la surface totale du site Jeferco serait de 20 ha à Damblain mais de 7 ha à Anor. De plus, les premières habitations sont à 900 mètres du site dans les Vosges alors qu’on compte 90 habitations dans un rayon de 500 mètres autour du site dans le Nord, soit environ 300 habitants.

Il existe malgré tout une similitude entre ces deux projets : les subventions. Elles seraient de 2,3 millions d’euros (Région et ADEME) à Anor, auxquelles il faut ajouter 1,5 million € de la communauté de communes remboursable sur 15 ans, et de 3 millions d’euros à Damblain (Région et ADEME).

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Ces deux projets vont permettre de fabriquer de l’électricité, en Allemagne ou au Danemark, en brulant du bois. C’est la pire utilisation du bois de nos forêts, à l’exact opposé de la démarche de reforestation qu’il faudrait avoir afin de mieux supporter le dérèglement climatique en cours et à venir.

 

 

A propos Jazz Man

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2 commentaires pour Jeferco a un plan « B »

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