Fourmies : L’usine à pellets a été finalement déprogrammée du conseil municipal

114  Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 16/10/2018.

C’était la principale délibération du dernier conseil municipal, lundi. Il devait être proposé à l’assemblée communale de donner un avis défavorable sur le projet d’implantation d’une usine à pellets, sur la commune d’Anor. Mais le sujet a été renvoyé à une future séance parce que de nouvelles précisions étaient attendues.

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C’était la principale délibération du dernier conseil municipal, lundi soir, à Fourmies : il devait être proposé à l’assemblée communale de donner un avis défavorable, motivé par « trop d’incertitudes », sur le projet (1) d’implantation d’une usine à pellets (ou granulés de bois) sur la commune d’Anor, porté par la société Jeferco. Un avis se fondant sur le dernier rapport du commissaire-enquêteur, « sur les plans environnemental, économique, légal, de la sécurité des personnes et des biens, de l’acceptation citoyenne, de la transparence et du montage du dossier ».

Sauf que la montagne a accouché d’une souris. Car, en préambule, le maire, Mickaël Hiraux, a demandé de retirer cette délibération de l’ordre du jour : « Elle devait se baser uniquement sur le rapport du commissaire-enquêteur et j’ai reçu des informations de la sous-préfecture comme quoi il était faussé ». « Faussé, ça veut dire quoi ? », a interpellé, dans l’opposition, Franck Berteaux. Réponse du premier magistrat :

« Oui. Nous avons donc demandé des précisions. Nous venons de les recevoir mais nous n’avons pas eu le temps de les étudier. C’est pourquoi nous représenterons cette délibération lors d’une prochaine séance ».

Une motion qui, finalement, ne servira peut-être pas à grand-chose puisque le dossier doit être visiblement tranché, ces jours-ci, par le préfet. Qui, malgré l’avis « défavorable«  du commissaire-enquêteur, pourrait signer un nouvel arrêté d’exploitation – alors que l’État a déjà été condamné dans ce dossier. La suite ? Si ce n’est pas le cas, on en restera là.

Si c’est le contraire, ça risque de bouger rapidement dans le Sud-Avesnois… entre des associations de défense de l’environnement qui ont déjà annoncé immédiatement un recours en justice, des communes qui pourraient quitter le Parc naturel régional (PNR) de l’Avesnois, voire des opposants qui souhaiteraient constituer une ZAD dans le lieu retenu qui possède plusieurs appellations naturelles de protection, etc. À suivre.

L’article de La Voix du Nord est ici.

(1) Le projet prévoit de construire une des plus grandes usines à pellets d’Europe, pour un coût de 20 M€ sur 7 hectares avec une surface plancher de 3 000 m2 et une production de 120 000 tonnes de granulés de bois par an, destinés aux industriels.

Commentaire :

Le préfet a demandé leurs avis au commune de Fourmies, Anor, Trélon et Ohain. Anor et Ohain l’ont donné en juin 2018 (durant l’enquête publique), Fourmies aurait du faire la même chose. Ceux qui ne donnent pas d’avis sont réputés donner un avis favorable. Et c’est, parait-il la troisième fois que le Maire de Fourmies « déprogramme » le débat sur l’usine de pellets d’Anor. A trop vouloir ménager la chèvre et le choux … on se retrouve souvent « le cul entre deux chaises ».

Une chose est sure : si cette autorisation est accordée nous aurons recours à la justice pour la faire annuler.

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