Anor : le commissaire enquêteur émet un avis défavorable pour l’usine à pellets

114  Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 08/08/2018.

Rebondissement dans le projet d’implantation d’une usine de fabrication de granulés de bois sur la commune d’Anor. Suite à la seconde enquête publique qui s’est déroulée en juin, le commissaire enquêteur a émis un avis défavorable à l’arrivée de cette installation classée. Ce sera au préfet de trancher.

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Décidément, rien ne passe comme prévu dans le projet d’implantation d’une usine à pellets. Dernier exemple en date, les conclusions du commissaire enquêteur qui a émis un avis (personnel) défavorable à l’arrivée d’une telle installation classée. Suite à la seconde enquête publique, qui s’est déroulée au mois de juin, consultable (1) de tous. Sur le papier, ce projet, lancé en 2014 et porté par la société Jeferco, prévoyait la construction de l’une des plus grandes usines d’Europe, pour un coût de 20 M€, sur 6,9 hectares (avec une surface plancher de 2 998 m2) et une production de 120 000 tonnes de granulés de bois par an, essentiellement destinés aux industriels.

Mais, depuis, l’avenir de ce site industriel fut surtout évoqué devant la Justice entre le promoteur et les opposants. Sur des points comme la provenance et la qualité des bois, l’impact environnemental sur la faune et la flore, la pollution engendrée, etc. Cela a débouché, dans le cadre d’une longue procédure, sur l’annulation de l’arrêté du 18 décembre 2014 où le préfet autorisait Jeferco à exploiter. Jugement qui fut finalement remis en cause, l’entreprise retrouvant ses droits. Néanmoins, l’arrêté étant limité dans le temps (jusqu’au 18 décembre 2017), il était trop tard pour poser la première pierre.

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ANOR, la force de la nature.

Principe de précaution

D’où un nouveau dossier déposé et une nouvelle enquête publique. Dans laquelle, tout au long de plus de 400 pages, le commissaire considère, entre autres, que :

«Les orientations du plan local d’urbanisme ne sont pas respectées ; le projet est situé dans le bocage de l’Avesnois (dans des zones de protection spéciales et un parc naturel régional) ; plusieurs établissements recevant des populations sensibles (écoles, maison de retraite, hôpital) sont recensés dans un rayon de trois kilomètres ; le risque sanitaire lié aux polluants atmosphériques existe ; le projet impactera la qualité de l’air ; il est indéniable qu’il peut y avoir des nuisances sonores ; les exploitations agricoles bio sont en jeu…  ».

Il précise également que tous les avis défavorables (dont une pétition de plusieurs milliers de signatures) proviennent des riverains directement concernés ; les favorables, des élus, partenaires financiers et professionnels que ne seront jamais impactés par les gênes occasionnées. Et de conclure qu’il convient donc «d’appliquer le principe de précaution».

Et maintenant?

Et maintenant, que va-t-il se passer ? Le préfet a, entre ses mains, l’enquête publique. Il est devant l’alternative suivante : soit il suit l’avis défavorable du commissaire enquêteur et le projet s’arrête définitivement ; soit il passe outre et publie un nouvel arrêté d’exploiter. Sachant que suite aux différents recours déposés par les opposants de l’association Anor Environnement, l’État a déjà été condamné dans ce dossier, s’agissant du premier arrêté. Et il n’avait pas interjeté appel. À suivre.

L’article de La Voix du Nord est ici.

(1) Le rapport, les avis et les conclusions sont consultables dans leur intégralité sur le site de la préfecture du Nord : www.nord.gouv.fr (Jeferco dans le moteur de recherche).

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