Carrefour, Biocoop, Casino… à qui profite le bio en France ?

548  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 19 juin 2018.

Les produits bio connaissent un vrai boom en France avec 8,3 milliards d’euros de vente en 2017. Carrefour est le premier distributeur, avec 1,3 milliard de chiffre d’affaires, suivi de près par Biocoop, coopérative indépendante et pionnière de la bio. Casino, qui détient Monoprix et Naturalia, est cependant au coude-à-coude avec le pure player historique.

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Le bio change d’échelle. En 2017, la vente de produits issus de l’agriculture biologique a atteint les 8,3 milliards d’euros. Le secteur représente désormais 134 500 emplois et plus de 5 000 exploitations. Cette croissance fulgurante attire la grande distribution. Plusieurs groupes dont Carrefour, Leclerc ou encore Casino ont annoncé vouloir ouvrir des points de vente de proximité spécialisés dans le bio.

Aujourd’hui, Carrefour est considéré comme le leader du bio. Un produit sur deux est vendu par le groupe aux 40,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Son PDG, Alexandre Bompart souhaite tripler ses ventes de bio passant de 1,3 à 5 milliards d’euros dans le secteur d’ici 2022. « J’ai une grande ambition pour Carrefour : devenir le leader mondial de la transition alimentaire en offrant à nos clients, tous les jours et partout, une alimentation de qualité, fiable à un prix raisonnable », a déclaré Alexandre Bompart.

Biocoop, coopérative indépendante deuxième distributeur 

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Sur la deuxième marche du podium : Biocoop, leader des enseignes spécialisées. Cette coopérative indépendante mise sur des valeurs fortes qui attirent les plus militants. « Notre rôle est de maintenir une agriculture bio paysanne et de proximité basée sur le commerce équitable. Nous défendons une bio de cohérence, c’est notre valeur ajoutée », expliquait à Novethic Claude Gruffat, président de Biocoop, le 16 avril dernier. Ce réseau de magasins a atteint, en 2017, un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros.

Situer Casino dans le classement s’avère difficile. Le groupe détient des enseignes poids lourds du bio en France dont Monoprix qui pèse 400 millions d’euros dans le bio et Naturalia, l’enseigne spécialisée avec 240 millions de chiffres d’affaires. Le groupe compte aussi Franprix, Leader Price, Casino… Son chiffre d’affaires global avoisine les 14 milliards d’euros. Or, le groupe ne donne qu’une fourchette, assez large, de la part du bio dans ses recettes : entre 3 et 7 %. Selon nos calculs, la fourchette basse ferait de Casino le troisième distributeur de bio en France, la fourchette moyenne, 5 %, le placerait en leader du bio.

La grande distribution industrialise le bio

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En quatrième position du classement, on trouve Leclerc. Le groupe a accumulé du retard par rapport à ses concurrents sur la bio avec 713 millions de chiffre d’affaires dans le secteur. Mais Michel Édouard-Leclerc, patron du groupe éponyme, veut mettre les bouchées doubles. Objectif : 200 magasins bio en France « dans l’esprit du bio, comme les pionniers du bio », insiste-t-il.

L’arrivée en masse de la grande distribution dans le secteur créé un bouleversement. Les enseignes historiques comme la Vie Claire – réseaux indépendants représentant 270 millions de chiffre d’affaires -, Biocoop ou même Léa Nature craignent une industrialisation du bio. « Le risque avec la grande distribution est de voir se développer une agriculture bio industrialisée et productiviste », prévient Claude Gruffat.

L’article complet de Novethic est ici.

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 300 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel. Le 15 juin 2017, Il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie ses conclusions, son avis et un rapport de 400 pages : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter. Et au même moment, nous apprenons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la Sas Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais un acte de régularisation du premier projet ayant un "caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Ce qui va annuler toute la procédure liée au premier projet. Verdict fin juin, probablement. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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