Des potagers à louer sur les toits des hôtels parisiens

548  Un article de Novethic, par Marina Fabre, le 14/06/2018.

Sur le toit de l’hôtel Yooma, à deux pas de la Tour Eiffel, s’étend 1000 mètres carrés de potagers installés par Peas and Love. La société propose de louer chacune des 250 parcelles de ce potager aux habitants du quartier pour « reconnecter les urbains à la nature ». Dès le jour de l’ouverture, le 3 mai, le site affichait complet et 600 clients sont actuellement sur liste d’attente.

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À première vue, l’hôtel Yooma, situé à deux pas de la Tour Eiffel, ressemble aux autres hôtels du quartier. Il faut monter sur son toit pour comprendre ce qui le différencie. Ici s’étendent 1 000 mètres carrés de potagers urbains. En ce début du mois de juin, les fraises pointent déjà le bout de leur nez tandis que les choux-raves sont prêts à être cueillis.

Ce potager a été installé par l’entreprise Peas and Love, venue de Bruxelles. Elle propose aux habitants du quartier de louer, pour 38 euros par mois, une des 250 parcelles de ce potager géant. « L’idée c’est de reconnecter le citoyen à la nature en lui proposant d’avoir accès à une source de fruits et légumes qui est bonne, de saison, goûteuse, nutritive et qui est surtout sans pesticide et sans insecticide », explique Jean-Patrick Scheepers, fondateur de Peas and Love.

Des potagers adaptés aux urbains

Chaque parcelle comprend 70 emplacements de plantes. Elles sont toutes entretenues par un ingénieur agronome. La société a choisi de s’adapter à l’urbain « qui n’a pas le temps, celui qui n’a pas la connaissance et qui n’a pas l’espace », avance Jean-Patrick Scheepers. Les clients les « urbans Farmers », comme Peas and Love les surnomme, viennent donc essentiellement récolter leurs fruits et légumes.

Grâce à une application développée par la société, les clients savent quand les framboises sont mûres et prêtes à être cueillies, quels traitements l’ingénieur a utilisé sur les salades, comment il a stimulé la pousse des radis, etc. Et si les apprentis jardiniers veulent eux-mêmes cultiver leurs parcelles, Peas and Love propose des ateliers de formation compris dans leur abonnement.

30 nouvelles fermes à Paris sous cinq ans

« Avoir une ferme sur un toit donne des bénéfices écosystémiques au quartier. Elle améliore la biodiversité, diminue l’effet de chaleur en ville et améliorer la gestion des eaux. Cela a aussi un impact sur la santé des clients. En mangeant différemment, de saison, avec des herbes aromatiques, avec des choses saines, on va arrêter de manger de la merde et cuisiner autrement », croit le fondateur de Peas and Love.

La société, qui vient de lever 1,2 million d’euros auprès d’Otium Brands et de business angels, compte ouvrir 150 fermes urbaines en Europe d’ici cinq ans, dont 30 à Paris. Pour l’instant, elle exploite quatre fermes dans les capitales belge et française. Plusieurs groupes et collectivités sont déjà intéressés comme AccorHôtels et la mairie de Paris. Il faut dire que la demande est énorme. Les 250 parcelles de l’hôtel Yooma ont été prises d’assaut dès l’ouverture. 600 clients sont désormais sur liste d’attente…

L’article et la vidéo de Novethic sont ici.

 

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 200 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel mais le préfet abandonne. Le 15 juin 2017, il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie un rapport de 400 pages, ses conclusions et son avis : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco, sans tenir compte de l'avis défavorable de l'enquête publique. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter, ne tenant aucun compte de l'avis défavorable émis par le commissaire enquêteur. Et au même moment, nous découvrons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter à Damblain : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la société Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais "un acte de régularisation du premier projet ayant un caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en demande de non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Le 20 juin 2019, la Cour d'appel de Douai prend un arrêté selon lequel "il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de la société Jeferco". Le 26 aout 2019, la société Jeferco dépose un pourvoi en cassation auprès du Conseil d’État qui a 3 mois pour examiner et admettre ou refuser cette demande. Le second projet est en cours d'instruction au Tribunal Administratif de Lille. Une clôture de l'instruction est annoncée pour le 30 septembre 2019. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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