Pollution de l’air : il ne fait pas bon respirer au pied du mont Blanc

325  Un article de Science et Avenir, le 11/03/2018.

La vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, connaît d’intenses pics de pollution de l’air. En cause, le trafic routier et le chauffage au bois. Après des décennies d’atermoiement, les autorités et les habitants prennent conscience de l’urgence sanitaire et esquissent des solutions.

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À Chamonix, on les appelle fièrement des « mulets ». Ces mini-bus électriques sillonnent gratuitement les rues de la petite station alpine de près de 10.000 habitants. Ils font partie des mesures mises en place depuis six ans pour tenter de réduire l’usage des transports polluants dont les émissions étouffent littéralement plus de 160.000 personnes dans la vallée de l’Arve qui relie Chamonix à Contamine-sur-Arve (Haute-Savoie). Las ! il ne fait toujours pas bon vivre au pied du mont Blanc où l’atmosphère excède les normes de salubrité plus de 35 jours par an. À l’instar de Paris, Lyon ou Marseille, cette région touristique ne parvient pas à répondre aux exigences des directives européennes.

Pis : selon l’enquête épidémiologique publiée en septembre 2017 par Santé publique de France, l’exposition à la pollution de l’air des 41 communes concernées est la cause directe de 8 % de la mortalité de la vallée, soit 85 décès par an. La longévité d’un habitant ayant aujourd’hui 30 ans sera – si rien n’est fait – amputée de neuf mois du fait de cette inhalation permanente de particules fines et d’oxydes d’azote. Au total, les habitants de l’Arve perdent aujourd’hui près de 1.800 années d’existence. « Cette étude apparaît plus alarmante que nous ne le pensions », s’indigne Anne Lassman-Trappier, présidente de l’association locale Inspire 74 qui place désormais tous ses espoirs dans un nouveau Plan de protection de l’atmosphère (PPA), plus draconien qui devrait être rendu public à la mi-2018.

Ces mauvais résultats signent l’échec du premier PPA élaboré en 2012 pour tenter de lutter contre les pics de pollution. En cause notamment : l’intense trafic routier, avec plus de 600 000 camions partant chaque année à l’assaut du tunnel du Mont-Blanc. L’ensemble du trafic routier est d’ailleurs responsables de 70 % des émissions d’oxydes d’azote sur l’ensemble du département. Et le chauffage au bois dans 18.000 cheminées à foyer ouvert, responsable de 57 % des émissions de particules fines l’hiver. Des conditions aggravées par la situation géographique de la vallée qui subit lors d’épisodes anticycloniques un phénomène « d’inversion thermique » (…..)

La suite de l’article de Science et Avenir est ici

 

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