Le bêtisier de l’étude d’impact !

Il y a 3 ans, les 28 et 30 avril 2015, deux articles nous parlaient des mensonges relevés dans l’étude d’impact ICPE de la société Jeferco pour son usine de pellets d’Anor. Puisqu’ils sont toujours d’actualité, il est intéressant de remettre ces articles à la une !


Voici ce qu’on peut lire dans l’étude d’impact page 121, concernant les pollutions engendrées par le trafic poids lourds et ferroviaire du projet :
« Ces émissions ont été considérées dans l’évaluation des risques sanitaires (voir annexe 3). Il apparaît qu’elles sont négligeables au vu des émissions de la chaudières ». Et plus bas sur la même page on explique que : « (…) les faibles émissions des véhicules particuliers en comparaison des poids lourds nous a permis d’exclure ces émissions de l’évaluation des risques sanitaires ». Jeferco nous explique que les émissions des voitures venant sur le site sont minimes par rapport aux camions et que les émissions des camions sont minimes comparés à celles de la chaudière. Donc rien n’est chiffré car toutes les émissions de polluants sont faibles et négligeables, selon Jeferco ! Ils auraient pu ajouter que les émissions de la chaudière (290 tonnes/an de polluants maximum) apparaissent négligeables dans l’évaluation des risques sanitaires, par rapport à la centrale nucléaire de Gravelines. En fait, toutes ces données, même faibles, sont additionnables et non pas négligeables.

Vous en voulez d’autres car il y en a plein comme ça :
Concernant l’expédition de granulés par camions :
=> Étude d’impact page 98 : « 30 000 t/an – Poids lourds de 38 tonnes – Capacité 25 tonnes – Nombre 1200/an. C’est sur le schéma du process. »
=> Étude d’impact page 135 : « (…) expédition des granulés par camions (…) 30 000 tonnes par an à l’aide de semi-remorques de 44 tonnes de PATC, pour 30 tonnes de charge utile, ce qui représente environ 1000 camions par an, soit une moyenne de 4 camions/jour.« 

Et que ce soit 1000 ou 1200 camions/an ça fait toujours 4 camions/jour. En fait il y a deux version et on peut choisir celle qu’on veut. Mais les autorités qui ont approuvé ce projet n’ont pas choisi puisqu’elles n’ont rien vu. Ce qui signifie qu’elles n’ont pas lu cette étude d’impact avant de l’approuver !

 

Camions de bois

Anor en 2020 ?


Allez, je vous donne un autre exemple, qui est tout aussi comique.

Étude d’impact page 121 – 4.1.5 – Impact sur les odeurs :
« Le projet pourra induire des émanations olfactives provenant du stockage de bois important, à l’origine d’odeur de bois mouillé dans l’environnement proche. Cependant, au vu de la proximité de forêts vis-à-vis de l’installation, ces émissions ne seront que mineures par rapport à leur environnement. »

Autrement dit, vous habitez un pays qui pue donc vous ne ferez pas la différence ! Or, c’est le bois coupé qui est vecteur d’odeur de bois mouillé. Le bois sur pied n’a que de bonnes odeurs. Me semble-t-il !!

A vouloir trop en faire pour plaire à la DREAL, on finit par écrire des âneries ….


NOUVEAU

Et j’ajoute une autre coquille, qui n’a jamais été publié :

Étude d’impact page 149 – 6.2 : « Les dispositions qui concernent le projet de parc éolien (…..). » Pellet ou éolien ? Ne serait-ce pas un copier-coller non corrigé ?

Étude d’impact page 149 – 6.3 : « Le SAGE est une déclinaison locale des enjeux du SDAGE. Il doit être compatible avec les orientations fondamentales du SDAGE Rhône Méditerranée (…..) ».

SDAGE Artois-Picardie ou SDAGE Rhône-Méditerranée ?

Le copier-coller non corrigé concerne donc bien un parc éolien en région Rhône-Alpes ou PACA ! Les autorités (DREAL, Autorité Environnementale, Enquêteur publique, Conseil Municipal, CODERST) ayant donné un avis favorable à cette étude d’impact ICPE, et le préfet qui l’a signé, n’ont pas vu ces deux erreurs. Ça n’est pas très grave en soit puisque c’est juste un oubli de correction, mais cela signifie, malgré tout, que ces autorités ont signé ou donné un avis favorable à ce projet sans lire l’étude d’impact qui est le document explicatif du projet !

Enfin, il faut noter que la rivière l’Oise traverse Anor après avoir pris sa source en Belgique. Anor est donc concerné pour 90 % par le SDAGE Seine maritime et seulement pour 10 % de son territoire par le SDAGE Artois-Picardie. Encore un point que le promoteur de l’ex-usine à pellets a raté !

Etude Impact Page 149

Étude d’impact ICPE JEFERCO page 149

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