À Rouen, l’eau potable menacée par un dépôt géant de pesticides

389  Un article de Reporterre, par Julie Lallouët-Geffroy, le 23/03/2018.

La préfecture de Seine-Maritime a autorisé la construction d’une plateforme de stockage de produits chimiques. Pourtant, elle connaissait les conclusions d’un rapport géologique signalant le risque « élevé » de pollution des eaux potables de la métropole rouennaise.

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À Vieux-Manoir (Seine-Maritime), au nord de Rouen, le site de stockage de la société Odièvre héberge aujourd’hui 100 tonnes de produits phytosanitaires. La coopérative agricole Cap Seine, propriétaire d’Odièvre, a entrepris des travaux pour faire passer ce seuil à 4.000 tonnes, ce qui classera le site en Seveso seuil haut. Les militants écologistes et riverains s’opposent à ce projet depuis le début, le jugeant contradictoire avec la volonté du gouvernement de réduire la consommation de ces substances dans l’Hexagone, mais aussi parce qu’ils s’inquiètent des conséquences sanitaires et environnementales. Et il y a de quoi.

Alors que la préfecture se penchait sur l’étude d’impact et d’autres documents justifiant la construction de cette nouvelle plateforme de pesticides, elle a sollicité le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) pour en savoir plus sur les conséquences éventuelles pour la qualité des eaux qui approvisionnent la métropole de Rouen. Ce rapport a été rendu aux autorités le 6 juin 2017. Le 21 du même mois, la préfecture signait l’autorisation d’exploitation du site.

« Ceci conduirait à mettre en péril l’alimentation en eau potable du secteur, et notamment au niveau de la métropole Rouen Normandie » 

Ce rapport du BRGM, aucun militant n’a pu le consulter pendant des mois, à croire qu’il s’était perdu entre les services. À force de sollicitations auprès des autorités, puis de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), les associations Vieux-Manoir en colère, celle de défense et de promotion des cinq communes du plateau de Buchy et France nature environnement ont obtenu sa divulgation.

Voici sa conclusion :

« Dans l’état des connaissances actuelles, il ressort que le risque est a priori élevé, que des polluants introduits dans le sous-sol au droit du site du Projet Odièvre, se retrouvent à court, moyen ou long terme dans plusieurs captages destinés à l’alimentation en eau potable situés en aval, en particulier dans ceux situés dans les vallées du Crevon, du Haut-Cailly, voire du Robec. Ceci conduirait à mettre en péril l’alimentation en eau potable du secteur, et notamment au niveau de la métropole Rouen Normandie. » (…..)

La suite de l’article de Reporterre est ici

 

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